Jean-Pierre Jouyet

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Jean-Pierre Jouyet
Jean-Pierre Jouyet en 2009.
Jean-Pierre Jouyet en 2009.
Fonctions
25e secrétaire général de la
présidence de la République française
En fonction depuis le 16 avril 2014
(6 mois et 9 jours)
Président François Hollande
Prédécesseur Pierre-René Lemas
Directeur général de la
Caisse des dépôts et consignations
19 juillet 201216 avril 2014
(1 an, 8 mois et 28 jours)
Prédécesseur Antoine Gosset-Grainville
Successeur Pierre-René Lemas
Président de l'Autorité des marchés financiers
15 décembre 200818 juillet 2012
(3 ans, 7 mois et 3 jours)
Prédécesseur Michel Prada (en)
Successeur Gérard Rameix
Secrétaire d'État chargé
des Affaires européennes
18 mai 200713 décembre 2008
(1 an, 6 mois et 25 jours)
Président Nicolas Sarkozy
Gouvernement François Fillon I
François Fillon II
Prédécesseur Catherine Colonna
Successeur Bruno Le Maire
Biographie
Date de naissance 13 février 1954 (60 ans)
Lieu de naissance Montreuil (Seine, France)
Nationalité française
Parti politique Sans étiquette
Diplômé de SciencesPo.
ENA
Profession Haut fonctionnaire

Jean-Pierre Jouyet, né le 13 février 1954 à Montreuil, est un haut fonctionnaire, avocat et homme politique français.

Secrétaire d'État chargé des Affaires européennes du gouvernement Fillon en 2007, il est président de l'Autorité des marchés financiers de 2008 à 2012. Il occupe ensuite les fonctions de directeur général de la Caisse des dépôts et consignations et de président de la banque publique d'investissement (BPI) entre 2012 et 2014.

Le 16 avril 2014, il est nommé secrétaire général de la Présidence de la République, en remplacement de Pierre-René Lemas[1].

Parcours académique[modifier | modifier le code]

Titulaire d'un diplôme d'études approfondies (DEA) de droit public et diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (IEP), il est un ancien élève de l'ENA, promotion Voltaire (1980).

Directeur d'études à l'Institut d'études politiques de Paris de 1981 à 1988, il y est chargé de cours en 1996-1997. Il siège également au Conseil d'administration de la Fondation nationale des sciences politiques depuis 2006[2]. Depuis novembre 2011, il est professeur associé à l'université de Paris Dauphine[3].

Il est maître de conférences à l'ENA en 1982 puis en 2006-2007. Il préside la Commission chargée de réfléchir à l'évolution de la procédure de sortie de l'ENA[4]. Il est président d'honneur de l'Institut Aspen France après en avoir été Président jusque juin 2013, date à laquelle Cyril Benoit lui a succédé. Il est également membre du comité scientifique de l'Institut du Bosphore et du comité de parrainage du collège des Bernardins. Il est enfin membre du club Le Siècle [5].

De 8 juillet 2011 à avril 2013, il préside le Conseil d'administration de l'Institut Pasteur[6].

Carrière administrative et politique[modifier | modifier le code]

Nommé à l'Inspection générale des finances à la sortie de l'ENA, il occupe ensuite le poste de chef de bureau au service de la législation fiscale au sein du ministère des Finances. Il est, de 1988 à 1991, le directeur de cabinet de Roger Fauroux, ministre de l'Industrie et de l'Aménagement du territoire.

En 1991, il devient chef adjoint du cabinet de Jacques Delors, président de la Commission européenne, puis chef de cabinet de 1994 à 1995[7].

De 1995 à 1997, il est avocat associé au cabinet Jeantet Associés.

En 1997, il est appelé dans l'équipe de Lionel Jospin, Premier ministre, dont il sera le directeur adjoint de cabinet[8] jusqu'en 2000[7]. À ce titre, il contribue à la préparation de l'entrée de la France dans la zone euro.

En 2000, il occupe ensuite le poste de directeur du Trésor, jusqu'à l'arrivée de Nicolas Sarkozy, ministre de l'Économie et des Finances en 2004. Celui-ci le fait nommer ambassadeur chargé des questions économiques internationales.

Brièvement président de Barclays France en 2005, il est ensuite nommé chef du Service de l'Inspection générale des finances, poste qu'il occupe jusqu'en 2007.

Président d'honneur du club Témoin, où il avait succédé à François Hollande, depuis 1999 et président du club Démocratie en 2000, il est l'un des initiateurs et signataires de l’appel « des Gracques » à une alliance PS-UDF pendant la campagne présidentielle de 2007[9].

Le 18 mai 2007, il devient secrétaire d'État chargé des affaires européennes auprès du ministre des Affaires étrangères et européennes, Bernard Kouchner, dans le gouvernement de François Fillon. Il a pour mission la préparation et le bon déroulement des négociations de la présidence française du Conseil de l'Union européenne, au deuxième semestre 2008[10].

À la fin de cette échéance, il est choisi par le président de la République Nicolas Sarkozy pour prendre la tête de l'Autorité des marchés financiers (AMF)[11]. Il est nommé par décret du 12 décembre 2008[12] pour remplacer Michel Prada (en). Dans le cadre de ses fonctions, il travaille à l'adoption de la loi du 22 octobre 2010 sur la régulation bancaire et financière qui lui confère, ainsi qu'à l'institution qu'il préside, de nouvelles prérogatives et missions[13]. Plusieurs réformes au sein de l'autorité sont mises en application au niveau des sanctions: publicité des sanctions, relèvement du plafond des amendes, mise en place du principe de transaction, droit du collège à faire appel des décisions de la commission des sanctions et au niveau de la défense: davantage de place laissée au contradictoire[14],[15]. Dans la foulée, il demande au législateur l'augmentation des ressources de l'AMF[16] afin qu'elle puisse assurer les nouvelles missions qui lui sont conférées par la loi de régulation bancaire et financière et qu'elle puisse s'adapter aux nouvelles technologies utilisées sur les marchés financiers[17]. Au contraire de son prédecesseur plus technicien, il donne à son mandat une dimension très politique.

Le 19 juillet 2012[18], il est nommé directeur général de la Caisse des dépôts et consignations, après avoir obtenu les 3/5es des voix de la Commission des Finances de l'Assemblée nationale et du Sénat le 10 juillet[19] et président de la Banque publique d'investissement (BPI) le 17 octobre suivant.

Le 9 avril 2014, sa future nomination par François Hollande, comme secrétaire général de la présidence de la République en remplacement de Pierre-René Lemas est annoncée[20]. Elle est rendue effective par l'arrêté du 16 avril et prend effet le même jour[1].

Pensée politique[modifier | modifier le code]

Profondément européen, il est un partisan de la social-démocratie[21].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Jean-Pierre Jouyet est marié en seconde noce avec Brigitte Taittinger, PDG des parfums Annick Goutal jusqu’en décembre 2012[22]. Fille de Claude Taittinger, elle est une des petites-filles de Pierre Taittinger et de Jean d'Aulan.

Publications[modifier | modifier le code]

Cet ouvrage raconte les six mois de présidence française du Conseil de l'Union européenne.

  • Nous les avons tant aimés, ou la chanson d'une génération, Paris, Robert Laffont, 2010. (ISBN 2221115716)

Ce livre a reçu le Prix du livre politique décerné par les Députés, le 2 avril 2011[25]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Arrêté du 16 avril 2014 portant nomination à la présidence de la République publié au Journal officiel du 17 avril.
  2. "Les membres du Conseil d'administration de la FNSP, archives du blog de Richard Descoings, directeur de SciencesPo., 16 avril 2008
  3. Depuis novembre 2011, il est professeur associé à l'université de Paris-Dauphine http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=?cidTexte=JORFTEXT000024753156&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id.
  4. "Il faut supprimer le classement de l'ENA"
  5. Jean-Pierre Jouyet, l’ami de François Hollande, est un fidèle du Siècle, mais il n’aime pas qu’on le sache,Reporterre.net, le 11 juillet 2012, consultée le 21 septembre 2012
  6. http://www.pasteur.fr/ip/easysite/pasteur/fr/presse/communiques-de-presse/2011/jean-pierre-jouyet
  7. a et b Biographie sur le site de l'ambassade de France en Iran
  8. Arrêté du 3 juin 1997, publié au JORF du 4 juin 1997.
  9. « Entretien de M. Jean-Pierre Jouyet avec Paris Match », sur le site de l'ambassade de France au Royaume-Uni.
  10. Interview à Libération
  11. « Jouyet bientôt président de l'Autorité des marchés financiers » L'Express 14 novembre 2008
  12. Décret du 12 décembre 2008 portant nomination du président de l'Autorité des marchés financiers - M. Jouyet (Jean-Pierre) publié au Journal officiel du 13 décembre 2008.
  13. Loi du 22 octobre 2010 sur la régulation bancaire et financière
  14. http://www.liberation.fr/economie/01012321383-bourse-l-amf-hausse-ses-actions
  15. http://www.liberation.fr/economie/01012321384-l-arsenal-de-dissuasion-s-est-modernise
  16. « L'AMF réclame plus de moyens », L'Expansion, 21 juin 2010
  17. http://www.senat.fr/seances/s201012/s20101207/s20101207006.html#section845
  18. Décret du 19 juillet 2012 portant nomination du directeur général de la Caisse des dépôts et consignations - M. Jouyet (Jean-Pierre) publié au Journal officiel du 20 juillet 2012.
  19. Caisse des dépôts : feu vert du Parlement à Jouyet, Le Figaro, 10 juillet 2012.
  20. « Jean-Pierre Jouyet nommé secrétaire général de l'Elysée », Le Monde, 9 avril 2014
  21. Bertille Bayart, « Jean-Pierre Jouyet, fidèle entre tous », Le Figaro, encart « Culture », jeudi 10 avril 2014, page 38.
  22. AFP, « Parfums Goutal : Brigitte Taittinger part », sur lefigaro.fr,‎ 3 décembre 2012 (consulté le 3 décembre 2012)
  23. Notice sur evene.fr
  24. "Jouyet raconte les coulisses de la présidence française"
  25. .Prix du livre politique décerné par les Députés