Centrisme

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Le terme centrisme est utilisé pour désigner les courants politiques du centre. Le centrisme peut se percevoir soit comme l'affirmation d'une force politique distincte de la droite et de la gauche, soit comme un compromis entre les deux. Le terme peut également être associé à l'idée de modération entre des antagonismes politiques : conservatisme et progressisme sur le plan des réformes, socialisme, libéralisme et conservatisme sur le plan des idées, interventionnisme et laissez-faire sur le plan économique.

Historique[modifier | modifier le code]

Sous la Révolution[modifier | modifier le code]

Cela remonte au tout début de l’histoire parlementaire lorsqu'un centre politique est apparu après la Révolution française. Dans l’Assemblée de 1791, la force principale (plus de 300 députés) mais inorganisée, est constituée par des députés qui sont attachés aux principes et aux conquêtes de 1789 mais qui craignent autant la surenchère des proches du roi que ceux des révolutionnaires extrémistes. Ils sont représentés dès la constitution de l'assemblée nationale, fruit de la réunion des ordres (clergé, noblesse et Tiers-État) par la tendance girondine et par deux orateurs Mirabeau et Barnave, adepte d'une monarchie constitutionnelle sans suprématie du pouvoir législatif.

En 1793, ils seront baptisés la « Plaine[1] ». Ce terme vient de l'opposition entre eux et les Montagnards qui sont les révolutionnaires extrémistes et qui ont décidé de se placer en haut et à gauche de l'Assemblée[2]. C'est ainsi que naît la lutte entre la Montagne et la Plaine.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, le centre est incarnée par des modérés qui regroupent plusieurs tendances : orléanistes, libéraux et catholiques sociaux de la deuxième république (Alphonse de Lamartine, François Arago) qui s'opposent au royalisme puis au bonapartisme, tout en refusant un retour à l'Ancien Régime ou l'avènement d'une république autoritaire comme le fût la Ire République, ou encore plus tardivement l'adhésion aux thèses socialistes. Les Républicains seront considérés à gauche durant la première moitié du XIXe siècle, puis passeront à droite sous l'influence d'Adolphe Thiers, tenant d'un républicanisme conservateur gardien de l'ordre public et de la propriété privée, repris ensuite par le radicalisme qui y ajoutera l'anticléricalisme laïc.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Au XXe siècle, le centre est mû par deux grandes évolutions. En premier lieu, le ralliement définitif de la droite orléaniste à la République qui positionnera la démocratie chrétienne au centre de l'échiquier politique, d'autant qu'elle est rapidement concurrencée à sa droite par l'émergence de forces plus conservatrices ou héritières de la tradition bonapartiste (gaullistes). En second lieu, la modération d'une partie des socialistes abandonnant les références au marxisme et assumant leur adhésion à la social-démocratie et une économie sociale de marché, à la fois de libre accès mais régulée.

Centrisme selon les pays[modifier | modifier le code]

Au Canada[modifier | modifier le code]

Les partis Libéral du Canada ainsi que de ses provinces sont considérés au centre du spectre politique. Comme le Parti Libéral du Canada (PLC), certains parti libéral de provinces comme le Parti Libéral du Québec (PLQ ) peuvent se retrouver proche de la droite sous l'impulsion de son chef comme ce le fut avec Jean Charest.

En Belgique[modifier | modifier le code]

Les partis démocrates chrétiens (Centre démocrate humaniste et Christen-Democratisch en Vlaams) sont généralement considérés comme centristes, car ils se situent au centre de l'échiquier politique, entre les courants libéral et socialiste. Ce sont des défenseurs assidus de l'économie sociale de marché.

Les divergences entre ces deux partis sont clairement apparues après les élections fédérales de 2007 et l'échec de la formation d'un gouvernement Orange bleue. Ainsi, le Centre démocrate humaniste est désormais considéré comme un parti de gauche allié du PS alors que le Christen-Democratisch en Vlaams comme centre-droit à tendance nationaliste flamande, vu son alliance avec les indépendantistes flamands de la N-VA.

Cependant le Christen-Democratisch en Vlaams et la N-VA se sont depuis séparés, ce qui fait de ces deux parti politique une force Centriste indépendante.

En France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Centrisme en France.

Le centrisme est un courant politique et philosophique possédant un comportement caractéristique, des structures propres et une culture spécifique. Ce courant peut se constituer au sein de partis de gauche ou de droite, ou bien au contraire défendre une position indépendante, au-dessus des clivages traditionnels.

En France, le centrisme peut-être regroupé au sein de trois grandes familles politiques : les modérés, démocrates et démocrates-chrétiens, les radicaux et les sociaux-démocrates, sociaux-libéraux et chrétiens sociaux. Plus récemment, s'y est adjoint l'apport de mouvements écologistes comme Ecologie bleue.

En Suisse[modifier | modifier le code]

Le Parti démocrate-chrétien est un parti anciennement chrétien-conservateur qui est aujourd'hui à cheval entre le centre-droit et le centre-gauche. Le Parti chrétien-social s'étale quant à lui entre la gauche modérée et le centre-gauche.

Centrisme chez les trotskistes[modifier | modifier le code]

Les trotskistes utilisent le terme centrisme pour désigner un mouvement ou un parti politique oscillant entre réformisme et révolution.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ou, par leurs détracteurs, le « Marais ».
  2. Lorsqu’ils prendront plus de place, ils occuperont le haut, de gauche à droite.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alexandre Vatimbella, Le Centrisme, la politique du juste équilibre, CREC Editions, 2009.
  • Serge Berstein, Le centre à la recherche de sa culture politique, pp.19-24, Vingtième siècle. revue d'histoire, octobre 1994.
  • Sylvie Guillaume (dir.), Centre et centrisme en Europe au XIXe et XXe siècles : regards croisés, Bordeaux, MSH, 2006.
  • Sylvie Guillaume (dir.), Le centrisme en France aux XIXe et XXe siècles : un échec ?, Bordeaux, MSH, 181p, 2005.
  • François Roth, Les modérés dans la vie politique française 1870-1965, Nancy, PUN, 585p, 2000.
  • Aurelian Craiutu, Le Centre introuvable. La pensée politique des doctrinaires sous la Restauration, Paris, Plon, 2006.
  • Jean-Pierre Rioux, Les Centristes: de Mirabeau à Bayrou, Fayard, Paris, 320p, 2011.
  • Jean-Claude Delbreil, Centrisme et démocratie chrétienne. Le Parti Démocrate Populaire des origines au MRP 1919-1944, Paris, Publications de la Sorbonne, 485p, 1990.
  • Rosemonde Sanson, L'Alliance républicaine et démocratique. Une formation du centre (1901-1920), Rennes, PUR, 562p, 2003.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]