Pierre-Olivier Lapie

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Pierre-Olivier Lapie
Fonctions
Député à la Chambre
3 mai 193631 mai 1942
Prédécesseur Désiré Ferry
Successeur Poste supprimé
Gouverneur du Tchad
12 novembre 194012 décembre 1942
Prédécesseur Félix Éboué
Successeur André Latrille
Député à l'Assemblée consultative provisoire
octobre 19433 août 1945
Prédécesseur Poste créé
Successeur Poste supprimé
Député de la première Assemblée constituante
21 octobre 194510 juin 1946
Prédécesseur Poste créé
Successeur Poste supprimé
Député à l'Assemblée nationale
10 novembre 19468 décembre 1958
Prédécesseur Poste créé
Successeur Poste supprimé
Sous-secrétaire d'État aux Affaires étrangères
16 décembre 194622 janvier 1947
Prédécesseur Félix Gouin
Successeur Pierre Schneiter (indirectement)
Ministre de l'Éducation nationale
12 juillet 195011 août 1951
Prédécesseur André Morice
Successeur André Marie
Vice-président de l'Assemblée nationale
19561958
Représentant de la France à la Communauté européenne du charbon et de l'acier
19591967
Biographie
Date de naissance 2 avril 1901
Lieu de naissance Rennes, France
Date de décès 10 mars 1994 (à 92 ans)
Lieu de décès Paris, France
Nationalité française
Parti politique Indépendant
Conjoint Yolande Friedmann
Enfant(s) Dominique Lapie
Profession Avocat
Pierre-Olivier Lapie
Fonctions
Parlementaire français
Député 1936-1942
puis 1945-1958
1936 –
Gouvernement IIIe République - IVe République
Groupe politique USR (1936-1942)
SFIO (1945-1958)
Biographie
Date de naissance 2 avril 1901, à Rennes
Date de décès 10 mars 1994, à Paris
Résidence Meurthe-et-Moselle

Pierre-Olivier Lapie, né le 2 avril 1901 à Rennes et décédé le 10 mars 1994 à Paris, est un avocat, un homme politique, un résistant et un écrivain français.

Élu député sous le Front populaire, il participe en 1940 à la campagne de Norvège, avant de s'engager dans la France libre. Gouverneur du Tchad de 1940 à 1942, il combat dans les rangs de la 1re division française libre, avant de siéger à l'Assemblée consultative provisoire. Élu député presque sans interruption entre 1945 et 1958 sous l'étiquette SFIO, il occupe plusieurs portefeuilles ministériels, avant de représenter la France dans les instances européennes et de se rapprocher des gaullistes de gauche.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils du philosophe Paul Lapie, futur recteur de l'académie de Paris, et de Marie Tanchou[1], Pierre-Olivier Lapie naît le 2 avril 1901 à Rennes, où son père est en poste à l'université[2]. Il fait des études primaires à Bordeaux, ses études secondaires à Paris, où il entre au lycée Buffon puis au lycée Condorcet, avant d'entrer à l'École libre des sciences politiques et à la faculté de droit de Paris. Auteur d'une thèse sur l'État actionnaire, il s'inscrit au barreau de Paris en 1925 comme avocat à la cour d'appel, et se spécialise dans les affaires de droit international. Membre de la Société de législation comparée et vice-président de la Section française de l'International Law Association, il devient un collaborateur de Joseph Paul-Boncour. En 1934, il est membre de l'Ordre nouveau, animé par Robert Aron[3].

Il est élu député USR (Union socialiste républicaine) de la 3e circonscription de Meurthe-et-Moselle lors des élections législatives des 26 avril et 3 mai 1936, avec 5 003 voix (sur 25 734 votants) au premier tour et 12 642 (sur 25 441 votants) au second (grâce au désistement du socialiste Nordemann et du communiste Thouvenin), face au modéré Désiré Ferry. À la Chambre, il fait partie des commissions de l'aéronautique, d'Alsace-Lorraine et des mines. En 1939, il demande de subordonner la reconnaissance du régime franquiste, après sa victoire dans la guerre d'Espagne, à l'instauration d'une loi d'amnistie.

Mobilisé le 2 septembre 1939 comme lieutenant de réserve de la Légion étrangère, il est envoyé sur le front de l'Est et devient officier de liaison au 1er régiment de la garde britannique. En février 1940, il se porte volontaire comme officier interprète pour le Corps expéditionnaire de Scandinavie[2] et participe comme capitaine à l'expédition de Norvège — il reçoit pour cela la Croix de guerre (Norvège) — au sein de la 13e demi-brigade de Légion étrangère[2], avant de rejoindre Londres dès le 22 juin 1940. De Gaulle le nomme directeur des Affaires extérieures dans son cabinet en juillet, fonction qu'il occupe jusqu'en septembre. À ce titre, il négocie l'accord du 7 août 1940 qui fixe les relations entre la France libre et le gouvernement britannique.

Après l'opération Menace et le ralliement des territoires de l'Afrique-Équatoriale française, il est nommé en novembre 1940 gouverneur du Tchad en remplacement de Félix Éboué. En 1942, il obtient un commandement au sein de la 13e demi-brigade de Légion étrangère et participe aux campagnes de Libye et de Tunisie. En janvier 1943, il est chargé d'une nouvelle mission de liaison avec les Britanniques et réussit à aplanir le conflit entre Montgomery et Larminat. En octobre suivant, il est désigné pour siéger à l'Assemblée consultative d'Alger[2].

Le 10 juillet 1945, il épouse Yolande Friedmann, avec laquelle il a une fille, Dominique[1].

Il est élu conseiller général de Nancy en septembre 1945 puis député à la première Assemblée constituante le 21 octobre suivant. Battu le 2 juin 1946, il est en revanche élu le 10 novembre suivant et reste député socialiste SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière) jusqu’en 1958. Il est sous-secrétaire d'État aux Affaires étrangères du gouvernement Léon Blum (3) du 16 décembre 1946 au 22 janvier 1947. Il est ministre de l'Éducation nationale du gouvernement René Pleven (1) (du 12 juillet 1950 au 10 mars 1951), puis du gouvernement Henri Queuille (3) (du 10 mars au 11 août 1951). Confronté à la question des subventions à l'enseignement privé, il demande à Joseph Paul-Boncour de prendre la tête d'une commission chargée de rapprocher les positions des défenseurs de la laïcité et ceux de l'enseignement privé ; ces travaux permettent d'envisager une politique contractuelle, qui a été mise en place en 1959 par Michel Debré, mais n'aboutissent pas, sur le moment, dans un contexte de campagne électorale. En septembre 1951, l'ancien ministre vote contre la loi Marie-Barangé, qui accorde des subventions à l'enseignement privé.

Il s’oppose à la Communauté européenne de défense. Lapie est vice-président de l’Assemblée nationale de 1956 à 1958. Il est aussi délégué à l'Unesco et à l'ONU.

Le 1er juin 1958, il vote l'investiture du général de Gaulle et, le 2 juin, la loi constitutionnelle. Le 30 novembre 1958, candidat dans la 7e circonscription de Meurthe-et-Moselle, il est battu au second tour, lors d'une triangulaire avec un gaulliste et un communiste.

Il représente la France à la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) de 1959 à 1967. Pierre-Olivier Lapie est nommé, en juillet 1959, président d'une commission d'enquête sur les rapports entre l'État et l'enseignement privé. Il est exclu du Parti socialiste et se rapproche des gaullistes de gauche. En 1965, il appelle à voter pour le général de Gaulle à l'élection présidentielle.

Il est membre de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe et de l’Assemblée parlementaire des Communautés européennes (aujourd'hui Parlement européen).

Pierre-Olivier Lapie est élu, en 1969, au quatrième fauteuil de la section générale de l'Académie des sciences morales et politiques, où il succède à Jean Lépine.

Il meurt le 10 mars 1994 à Paris.

L'iconothèque des Archives nationales d'outre-mer conserve un fonds privé à son nom[4].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • L'État actionnaire, Paris, Dalloz, 1925, IV-166 p.
  • Paul Lapie. Une vie, une œuvre, 4 septembre 1869-24 janvier 1927 (préface de Célestin Bouglé), Paris, Société universitaire d'éditions et de librairie, 1938, VIII-242 p.
  • Certitudes anglaises, Paris, Rieder, 1938, 96 p.
  • La Légion étrangère à Narvik (avant-propos du général de Gaulle, préface du major P.C. Wren), Londres, J. Murray, 1941, XX-102 p. (Paris, Flammarion, 1945, 157 p.)
  • Mes tournées au Tchad, Londres, John Murray, 1943, 178 p. (Paris, Office français d'éditions, 1945, 282 p.)
  • Le Tchad fait la guerre, Alger, Office français d'édition, 1943, 52 p. (Beyrouth, imprimerie du journal La Syrie et l'Orient, 1943)
  • Les Déserts de l'action, Paris, Flammarion, 1946, 293 p.
  • Cromwell, Paris, Flammarion, 1949, 283 p.
  • L'Europe de demain, armées intégrées ou communautés d'armement, Paris, Centre d'études de politique étrangère, 1953, 24 p.
  • Lisos ou l'Action, Paris, la Table ronde, 1955, 127 p.
  • Les Trois communautés, Charbon-acier, Marché commun, Euratom, Paris, Fayard, 1960, 239 p.
  • De Léon Blum à de Gaulle - Le caractère et le pouvoir, Paris, Fayard, 1971, 917 p. (il s'agit en fait d'une histoire de la IVe République)
  • Aujourd'hui, l'Angleterre, Paris, Plon, 1972, 350 p.
  • La Coopération franco-allemande, Paris, la Documentation française, 1973, 63 p.
  • Thésée ou la Contestation, Paris, A. Silvaire, 1974, 94 p.
  • Les Anglais à Paris : de la Renaissance à l'Entente cordiale Paris, Fayard, 1976, 307 p. (ISBN 2-213-00388-2)
  • Aristée : roman, Paris, J.-C. Lattès, 1979, 331 p.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b World biography, vol. 2, Institute for Research in Biography,‎ 1948, p. 2672-2673.
  2. a, b, c et d André-Paul Comor (2010), p. 851-852.
  3. Henry Coston, Partis, journaux et hommes politiques d'hier et d'aujourd'hui, Lectures français,‎ 1960, 620 p., p. 253.
  4. « Fonds Pierre Olivier Lapie au Centre des archives d'outre-mer »
  5. Archives nationales

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Pierre-Olivier Lapie, « Les volontaires de 40 », Revue de la France Libre, no 3b,‎ octobre-novembre 1946 (lire en ligne)
  • Pierre-Olivier Lapie, « Comment ils vinrent de Norvège », Revue de la France Libre, no 29,‎ juin 1950 (lire en ligne)