Agénor Bardoux

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Agénor Bardoux
Image illustrative de l'article Agénor Bardoux
Fonctions
Vice-président du Sénat
8 mars 188913 janvier 1893
Sénateur inamovible
1er janvier 188223 novembre 1897
Président du conseil général du Puy-de-Dôme
18781883
Ministre de l'Instruction Publique, des Cultes et des Beaux-Arts
13 décembre 187730 janvier 1879
Sous-secrétaire d'État à la Justice
15 mars 18759 novembre 1875
Député du Puy-de-Dôme
8 février 187127 octobre 1881
Maire de Clermont-Ferrand
18701871
Biographie
Nationalité Française
Profession avocat, écrivain

Agénor Bardoux, de son nom complet Benjamin, Joseph, Agénor Bardoux[1], né à Bourges le 15 janvier 1829, mort le 23 novembre 1897 à Paris, est un avocat, écrivain et homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Durant sa jeunesse, Agénor Bardoux montre une vocation poétique, qui l'amène à côtoyer Louis Bouilhet et Gustave Flaubert, à qui il dédiera une de ses œuvres. Il participe, en 1862, avec Bouilhet, à la révision du texte de Salammbô avant sa publication[2]. Flaubert se souviendra plus tard de cette proximité, quand il trouvera un emploi à son jeune disciple Guy de Maupassant au cabinet d'Agénor Bardoux, ministre de l'Instruction publique[3],[4].

Montrant un vif intérêt pour le droit, il devient en 1856 avocat au barreau de Clermont-Ferrand[5] et, en 1869, bâtonnier de l'ordre des avocats de la métropole auvergnate[6]. Durant le Second Empire, influencé par les convictions marquées de son parrain, l'avocat et député Louis-Chrysostome Michel, dit « Michel de Bourges »[2], installé à Bourges quelques années avant sa naissance, il n'hésite pas à professer sa foi républicaine, qui n'est pas contredite par sa collaboration[7] à la Revue de droit français et étranger, fondée en 1855 par Édouard Laboulaye, longtemps adversaire résolu de la politique autoritaire menée sous le règne de Napoléon III.

Son engagement politique se traduit, au niveau local, par son élection au conseil municipal de Clermont-Ferrand en 1869 et le conduit à assumer, en 1870 et 1871, le mandat de maire de Clermont-Ferrand.

Il s'intéresse également à la gestion des affaires départementales et, en raison de ses attaches avec la commune de Saint-Saturnin[8], se porte victorieusement candidat, en 1871, aux fonctions de conseiller général du canton de Saint-Amant-Tallende, et est réélu sans discontinuer jusqu'en 1895. Il exerce en outre, de 1878 à 1883, les fonctions de président du conseil général du Puy-de-Dôme.

Sur le plan national, il est élu en 1871 représentant du Puy-de-Dôme à l'Assemblée nationale puis, après l'instauration du bicaméralisme en 1875, élu député en 1876 et réélu en 1877. À l'Assemblée puis à la Chambre, il est président du groupe centre gauche, ardent partisan de la République mais non anticlérical.

Il exerce à deux reprises des fonctions gouvernementales, d'abord comme sous-secrétaire à la Justice, dans le courant de l'année 1875, puis comme ministre de l'Instruction publique, des Cultes et des Beaux-Arts de décembre 1877 à janvier 1879 dans le gouvernement présidé par Jules Dufaure.

Battu lors du renouvellement de la Chambre des députés, en 1881, il est en revanche élu sénateur inamovible en décembre 1882. Au Sénat, il rédige de nombreux rapports parlementaires sur des sujets divers (loi électorale, éducation, questions juridiques, budget, la distribution de la presse, la propriété artistique et littéraire, etc.)

Indépendamment de sa carrière politique, Agénor Bardoux est aussi l'auteur de nombreux ouvrages sur la vie littéraire française au XIXe siècle, sur Chateaubriand et son entourage, sur les légistes français aux XVIe et XVIIIe siècles, etc. Ses travaux lui valurent d'être élu en 1890 à l'Académie des sciences morales et politiques (section morale et sociologie).

Vie familiale[modifier | modifier le code]

Fils d'un directeur des contributions indirectes[9] et petit-fils d'un maître arquebusier et d'un employé au cadastre, Agénor Bardoux épouse, à l'âge avancé de 44 ans, le 15 juillet 1873 à Montpellier, Clémence Villa (1847-1939), de 18 ans sa cadette, fille d'un grand notable du département de l'Aveyron, Achille Villa, banquier, président du tribunal de commerce de Millau, maire de Millau et conseiller général.

De cette union est issu Jacques Bardoux (1874-1959), sénateur (1938-1940) puis député (1945-1955) du Puy-de-Dôme, qui est lui-même :

Mandats électifs[modifier | modifier le code]

Mandats locaux
Mandats nationaux
  • Représentant du Puy-de-Dôme à l'Assemblée nationale, du 8 février 1871 au 31 décembre 1875 ;
  • Député du Puy-de-Dôme, siégeant à la Chambre des députés, du 20 février 1876 au 21 août 1881 ;
  • Sénateur inamovible, élu le 7 décembre 1882 par le Sénat et y siégeant jusqu'à sa mort en 1897.
  • Vice-président du Sénat, élu le 8 mars 1889, réélu les 16 janvier 1890, 15 janvier 1891 et 13 janvier 1892, réélu à cette fonction, contre sa volonté, le 10 janvier 1893, ses collègues sénateurs choisissant finalement, le 11 janvier 1894, de respecter sa volonté de décliner toute nouvelle candidature à la vice-présidence.

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Parmi les nombreux ouvrages d'Agénor Bardoux :

  • Agénor Brady, Loin du monde : poésies, Paris, Michel Lévy frères,‎ 1857, 216 p. (lien notice BnF?)
    Œuvre publiée sous un nom de plume ressemblant à son état civil.
  • Agénor Bardoux, La Bourgeoisie française, 1789-1848, Paris, C. Lévy,‎ 1880, 456 p. (lien notice BnF?)
  • Agénor Bardoux, Dix Années de vie politique, Paris, G. Charpentier,‎ 1882, 383 p. (lien notice BnF?)
  • Agénor Bardoux, Études sociales et littéraires. Madame de Custine, d'après des documents inédits, Paris, C. Lévy,‎ 1888, 440 p. (lien notice BnF?)
  • Agénor Bardoux, Études d'un autre temps, Paris, C. Lévy, coll. « Bibliothèque contemporaine »,‎ 1889, 346 p. (lien notice BnF?)
  • Agénor Bardoux, Études sociales et politiques. La jeunesse de La Fayette, 1757-1792, Paris, C. Lévy,‎ 1892, 425 p. (lien notice BnF?)
  • Agénor Bardoux, Études sociales et politiques. Les dernières années de La Fayette, 1792-1834, Paris, C. Lévy,‎ 1892, 440 p. (lien notice BnF?)
  • Agénor Bardoux, Chateaubriand, Paris, Lecène, Oudin et Cie, coll. « Classiques populaires »,‎ mars 1893, 240 p. (lien notice BnF?)
  • Agénor Bardoux, Guizot, Paris, Hachette, coll. « Les grands écrivains français »,‎ 1894, 223 p. (lien notice BnF?)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Adolphe Robert (dir.), Edgar Bourloton et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français : depuis le 1er mai 1789 jusqu'au 1er mai 1889, vol. I : A-CAY, Paris, Bourloton,‎ 1889-1891 (lien notice BnF?, lire en ligne), p. 165. La Base de données historique des anciens députés, sur le site web de l'Assemblée nationale, modifie l'ordre des prénoms trouvé dans le Dictionnaire, et titre sa fiche biographique « Agénor, Benjamin, Joseph BARDOUX (1829-1897), tandis que le Sénat, dans sa fiche « BARDOUX Agénor - Ancien sénateur inamovible », qui donne aussi accès à un extrait de l'édition du Dictionnaire concernant la période postérieure à 1889, conserve l'ordre indiqué dans le Dictionnaire.
  2. a et b Roger Pierrot et Jacques Lethève (préf. Georges Le Rider), Gustave Flaubert : exposition du centenaire : 19 novembre 1980-22 février 1981, Bibliothèque nationale, Paris, Bibliothèque nationale (Paris),‎ 1980, 171 p. (ISBN 2-7177-1567-3, lien notice BnF?, lire en ligne), p. 101
  3. Roger Pierrot et Jacques Lethève (préf. Georges Le Rider), Gustave Flaubert : exposition du centenaire : 19 novembre 1980-22 février 1981, Bibliothèque nationale, Paris, Bibliothèque nationale (Paris),‎ 1980, 171 p. (ISBN 2-7177-1567-3, lien notice BnF?, lire en ligne), p. 116-117
  4. Voir : Gustave Flaubert - Guy de Maupassant. Correspondance, texte établi, préfacé et annoté par Yvan Leclerc, Paris, Flammarion, 1993.
  5. Ernest Glaeser, Biographie nationale des contemporains : rédigée par une société de gens de lettres, Paris, Glaeser,‎ 1878, 838 p. (lien notice BnF?, lire en ligne), p. 22
    La date d'accession au barreau, dans l'ouvrage dirigé par Ernest Glaeser, est à considérer avec les réserves qui s'imposent, lorsqu'on constate la présence, en début de notice, d'une double erreur, relativement répandue, qui allègue pour Agénor Bardoux une naissance survenue le 15 janvier 1830 à Clermont-Ferrand, au lieu des informations habituellement admises (le 15 janvier 1829 à Bourges).
  6. Georges Bonnefoy, Histoire de l'administration civile dans la province d'Auvergne et le département du Puy-de-Dôme : depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, suivie d'une revue biographique illustrée des membres de l'état politique moderne (députés et sénateurs), vol. 4, Paris, E. Lechevalier,‎ 1895-1902, 957 p. (lien notice BnF?, lire en ligne), p. 55
    La notice bibliographique du catalogue général de la Bibliothèque nationale de France concerne indistinctement les quatre volumes de l'ouvrage. La datation de l'année d'accession au bâtonnat est donnée juste après un portrait non signé, dessiné à la plume, d'Agénor Bardoux, probablement représenté avant l'âge de quarante ans ou peu après.
  7. Félix Ribeyre, Biographie des représentants à l'Assemblée nationale : 1e éd. (20 mai 1871), Angers, Bureaux de la publication,‎ 1871, 340 p. (lien notice BnF?, lire en ligne), p. 25
  8. Agénor Bardoux est propriétaire d'une maison à Saint-Saturnin, selon le site web de l'association Les Amis de Saint-Saturnin, consulté le 1er août 2011.
  9. Joseph Valynseele et Denis Grando (préf. Jean Guitton, ill. Philippe Lemelletier), À la découverte de leurs racines, vol. 1, Paris, L'Intermédiaire des chercheurs et curieux,‎ 1988, 224 p. (ISBN 2-901-065-03-1, lien notice BnF?), « Valéry Giscard d'Estaing », p. 112-113.