Ambroise Croizat

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Ambroise Croizat
Fonctions
Parlementaire français
Député 1936-1940
puis 1945-1951
Gouvernement IIIe république-IVe république
Groupe politique PCF
Biographie
Date de naissance
Date de décès (à 50 ans)
Résidence Seine

Ambroise Croizat est un homme politique français, né le à Notre-Dame-de-Briançon (Savoie) et mort le à l'hôpital Foch de Suresnes. Il fut l'un des fondateurs de la Sécurité sociale[1] et du système des retraites en France. Il est également secrétaire général de la Fédération CGT des travailleurs de la métallurgie et Ministre du travail et de la Sécurité sociale de 1945 à 1947.

Enfance[modifier | modifier le code]

Son père, Antoine Croizat, était ouvrier[2] et sa mère, Louise Jeannette Piccino, employée dans un tissage de velours. Il travaille en usine dès l'âge de 13 ans lorsque son père est appelé sous les drapeaux en 1914. Apprenti métallurgiste, il suit en même temps des cours du soir et devient ouvrier ajusteur-outilleur dans la région lyonnaise.

Parcours politique[modifier | modifier le code]

En 1917, il s'inscrit aux Jeunesses socialistes et adhère au Parti socialiste en 1918. Il se déclare partisan de l'affiliation du parti SFIO à l'Internationale communiste. Il anime les grandes grèves de la métallurgie lyonnaise. Ambroise Croizat entre lui-même au Parti communiste dès sa fondation en 1920 et il est l'un des dirigeants des Jeunesses communistes de 1920 à 1928. Il devient un permanent du Parti communiste en 1925. En 1928[3], il est nommé secrétaire de la Fédération unitaire des métaux. En 1929 – et jusqu'à sa mort en 1951 – il est membre du Comité central, puis membre du Bureau de la Fédération de la jeunesse. Il déploie une intense activité militante dans de multiples endroits en France[4]. En 1936, au moment où se réalise l'unité syndicale, il devient secrétaire général de la Fédération unique des métallurgistes, qui regroupe alors 20 % des effectifs de la CGT[5][réf. incomplète].

Aux élections générales législatives du 26 avril 1936, il est élu dans la deuxième circonscription du 14e arrondissement de la Seine[6]. Il est négociateur de la convention de la métallurgie parisienne, négociateur des accords Matignon, rapporteur sur la loi des conventions collectives à la Chambre. Il est également négociateur dans le secteur des grands magasins et membre à la Chambre de la commission sur les armements[7][réf. incomplète]. Arrêté dans la nuit du 7 au 8 octobre 1939 — comme d'autres députés communistes —, déchu de son mandat de député le 20 février 1940, il est condamné le 3 avril à cinq ans de prison et à 4 000 francs d'amende[8][réf. incomplète]. Ayant transité par 14 prisons, il finit par être transféré en mars 1941 au bagne de la Maison Carrée dans la banlieue d'Alger. Libéré le 5 février 1943, trois mois après le débarquement allié en Afrique du Nord, il est nommé par la CGT clandestine à la commission consultative du gouvernement provisoire d'Alger. Ce n'est qu'une fois sa déchéance annulée le 28 octobre 1944[9] qu'il peut siéger à l'Assemblée consultative provisoire, au titre de la CGT. À la Libération, il est élu membre des deux Assemblées constituantes (scrutins du 21 octobre 1945 et du 2 juin 1946) puis de l'Assemblée nationale de 1946 à 1951.

Croizat est ministre du Travail du général de Gaulle du 21 novembre 1945 au 26 janvier 1946, puis ministre du Travail et de la Sécurité sociale du 26 janvier au 16 décembre 1946 (gouvernements Gouin et Bidault) et du 22 janvier au 4 mai 1947 (fin de la participation communiste au gouvernement). C’est à ce poste qu’il dirige la mise en place du système de protection sociale : assurance maladie, système de retraites, les allocations familiales, et l’amélioration du droit du travail français, avec les comité d'entreprise, la médecine du travail, la réglementation des heures supplémentaires, le statut des mineurs[4].

Mort de maladie, ses funérailles sont accompagnées par une très grande manifestation : un million de participants endeuillés, selon Michel Etievent[4].

Contributions[modifier | modifier le code]

Surnommé le « ministre des travailleurs », son nom reste attaché aux grandes lois relatives à la Sécurité sociale : mise en place de celle-ci, organisation administrative des caisses et des élections aux conseils d'administration des caisses et régimes des fonctionnaires. Son influence s'exerce aussi sur les projets concernant les comités d'entreprise, le statut des délégués du personnel, les conventions collectives, la prévention et la réparation des accidents du travail, le régime des prestations familiales. En vingt-huit mois, il accomplit ainsi une œuvre considérable.

"Jamais nous ne tolérerons que ne soit renié un seul des avantages de la sécurité sociale. Nous défendrons à en mourir et avec la dernière énergie, cette loi humaine et de progrès..." Dernier discours d’Ambroise Croizat à la tribune de l’Assemblée Nationale, en octobre 1950[10].

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Il épouse tout d'abord Germaine Marie Girod, dont il divorce pour épouser en secondes noces le 11 mars 1939, à Bagneux, Denise Mettetal (1912-1972). Il eut une fille naturelle qu'il reconnut le 1939-03-011er mars 1939, et, par son épouse, un fils, le 1940-02-2626 février 1940[11].

Il meurt à la suite d'une intervention chirurgicale quelques mois après le décès de son fils dans un accident du travail. Le Parti communiste lui fait de grandioses funérailles : son corps est exposé à la Maison des métallurgistes (aujourd'hui Maison des métallos) puis au siège de la CGT ; un million de personnes l’accompagnent au cimetière du Père-Lachaise où il est inhumé[12].

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Postérité[modifier | modifier le code]

En 2011 le journal Fakir obtient son entrée dans Le Petit Robert[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Ambroise Croizat, 60 ans après sa mort », France inter,‎ 10 février 2011
  2. Adolphe Antoine Croizat (1867-1937), ferblantier, fut militant socialiste puis communiste de Lyon. En 1906, il lança la première grève en Savoie. Il gérait aussi Le Travail, journal régional du parti communiste. Voir : http://humanite.fr/node/406566 et Jean Marie Mayeur, Arlette Schweitz, Les Parlementaires de la Seine sous la Troisième République, vol. 1.
  3. On trouve aussi 1927. Voir : http://humanite.fr/node/406566
  4. a, b et c Michel Etievent, « Ambroise Croizat, "militant ambulant" », L’Humanité, publié le 31 janvier 2001
  5. Michel Dreyfus, Le Siècle des communismes.
  6. http://www.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche.asp?num_dept=2074
  7. Jean-Pierre Le Crom, Deux siècles de droit du travail : l'histoire par les lois.
  8. Monique Houssin, Résistantes et Résistants en Seine-Saint-Denis : un nom, une rue, une histoire.
  9. Après la décision du Conseil des ministres du 28 octobre 1944, prise en vertu de l'ordonnance du 9 août 1944, relative au rétablissement de la légalité républicaine ; on trouve aussi novembre 1943 comme date de début de mandat.
  10. Michel Étiévent, Ambroise Croizat, ou L'invention sociale
  11. Jean-Marie Mayeur, Arlette Schweitz, Les Parlementaires de la Seine sous la Troisième République, vol.  1.
  12. Ambroise Croizat « S’unir pour donner à la France d’autres espoirs ! »
  13. « Trous de mémoire », Fakir,‎ 13 juillet 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Étiévent, Ambroise Croizat, ou L'invention sociale : suivi de lettres de prisons, 1939-1941, Gap, La Ravoire, 1999, 184 p.
  • Michel Etiévent, Marcel Paul, Ambroise Croizat : chemins croisés d'innovation sociale, Éd. Gap, Challes-les-Eaux, 2008, 181 p. (ISBN 978-2-7417-0373-0)
  • Pierre Gastineau, « Ambroise Croizat », dans « Double mètre » : vie et mort d'un syndicaliste : Alfred Lemaire, 1901-1945, Publibook, Paris, 2005, p. 173-174 (ISBN 2-7483-1044-6)