Jean-Marcel Jeanneney

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Jean-Marcel Jeanneney
Image illustrative de l'article Jean-Marcel Jeanneney
Fonctions
Ministre d'État, garde des Sceaux, ministre de la Justice
6e ministre de la justice de la Ve République
Président Alain Poher
Gouvernement Maurice Couve de Murville
Prédécesseur René Capitant
Successeur René Pleven
Ministre d'État
Président Charles de Gaulle
Gouvernement Maurice Couve de Murville
Ministre des Affaires sociales
Président Charles de Gaulle
Gouvernement Georges Pompidou III
Georges Pompidou IV
Successeur Maurice Schumann
Ministre de l'Industrie
Ministre de l'Industrie et du Commerce du au
Président Charles de Gaulle
Gouvernement Michel Debré
Député de la 2e circonscription de l'Isère
Législature IVe (Cinquième République)
Prédécesseur Pierre Mendès France
Successeur Pierre Volumard
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Paris
Date de décès (à 99 ans)
Lieu de décès Paris
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique UDR

Jean-Marcel Jeanneney, né le dans le 7e arrondissement de Paris et mort le dans la même ville, est un homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Éléments personnels[modifier | modifier le code]

Franc-comtois d'origine, il est le fils unique de Jules Jeanneney, président du Sénat de 1932 à 1942. Licencié en lettres, diplômé d'économie à l'École libre des sciences politiques (1936), docteur en droit et agrégé de sciences économiques, il a enseigné aux universités de Grenoble et de Dijon. Il participe activement à la création de l'Institut d'études politiques de Grenoble en 1948, et en est même considéré comme le fondateur[1].

Il enseigne comme professeur de politique économique à l'Université de Paris I à partir de 1970 et entre à la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP). Il participe en 1981 à la création de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), et le préside jusqu'en 1989.

Marié à Marie-Laure Monod, il est le père de huit enfants (5 filles et 3 garçons), dont Jean-Noël Jeanneney, ancien président de Radio France et de la Bibliothèque nationale de France.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

De 1944 à 1946, Jean-Marcel Jeanneney est directeur de cabinet de son père, ministre d'État dans le Gouvernement provisoire de la République française. Il participe au comité Rueff-Pinay, réuni en 1958 par Jacques Rueff pour étudier la réforme économique française.

Ministre de l'Industrie et du Commerce, puis seulement de l'Industrie, dans le gouvernement Michel Debré (1959-1962), il est ensuite ambassadeur et haut représentant de France en Algérie (juillet 1962 - janvier 1963), le premier après l'indépendance. Il est nommé au Conseil économique et social en 1964, puis occupe les fonctions de ministre des Affaires sociales du au , dans les gouvernements Georges Pompidou III et IV. Lors des élections législatives de juin 1968, il est élu de justesse député (UDR) de l'Isère contre Pierre Mendès France.

Il est ministre d'État dans le gouvernement Maurice Couve de Murville (1968-1969), chargé du dossier de la régionalisation et la réforme du Sénat qui est repoussé lors du référendum du 27 avril 1969 et entraîne le départ du général de Gaulle de la présidence de la République. Il assure ensuite l'intérim au ministère de la Justice pendant quelques semaines.

De 1967 à 1989, Jean-Marcel Jeanneney est maire de Rioz (Haute-Saône). Il siège également à l'assemblée départementale de la Haute-Saône, qu'il préside de 1970 à 1971. Il prend peu à peu ses distances vis-à-vis de la majorité qui soutient Georges Pompidou, déclarant notamment ne plus croire au « gaullisme sans de Gaulle ». Le , il démissionne de l'UDR et rejoint l'année suivante le Mouvement réformateur de Jean Lecanuet et Jean-Jacques Servan-Schreiber.

Il apporte son soutien à François Mitterrand au second tour de l'élection présidentielle de 1974. Il vote également pour le candidat socialiste en 1981, mais sans prendre position publiquement, en raison de ses « relations amicales avec Raymond Barre[2] ». Après la victoire de la gauche, il est représentant personnel du nouveau président pour la préparation du sommet des pays industriels à Ottawa. En 2007, il appelle une nouvelle fois à voter pour le candidat du Parti socialiste dans une lettre adressée au Nouvel Observateur et relayée sur le site de Ségolène Royal[3].

Il meurt à Paris le , deux mois avant ses cent ans[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr)Jean-Marcel Jeanneney et Olivier Ihl, « L'histoire de Sciences Po Grenoble - 1948-1970 : Les années de fondation », sur olivierihl.fr (consulté le 12 octobre 2010)
  2. Jean Mauriac, L'Après de Gaulle, éd. Fayard, 2006, p. 349.
  3. Jacques Julliard, « Ségolène et de Gaulle », Le Nouvel Observateur, 12 avril 2007.
  4. « Décès de Jean-Marcel Jeanneney », dépêche AFP reprise par Le Figaro, le 17 septembre 2010.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]