Jean-Christophe Lagarde

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Jean-Christophe Lagarde
Jean-Christophe Lagarde à une réunion publique en 2007 à Paris.
Jean-Christophe Lagarde à une réunion publique en 2007 à Paris.
Fonctions
2e président de l'Union des démocrates et indépendants
En fonction depuis le 13 novembre 2014
Prédécesseur Jean-Louis Borloo
Yves Jégo (intérim)
Député de la 5e circonscription de la Seine-Saint-Denis
En fonction depuis le 19 juin 2002
Élection 16 juin 2002
Réélection 17 juin 2012
Prédécesseur Bernard Birsinger (PCF)
Maire de Drancy
En fonction depuis le 17 mars 2001
Prédécesseur Gilbert Conte (PCF)
Conseiller général du Canton du Bourget
19 mars 20012 janvier 2003
Prédécesseur Jacques Gonzalez (PCF)
Successeur Vincent Capo-Canellas (UDF)
Conseiller régional d'Île-de-France
15 mars 199817 décembre 2002
Biographie
Date de naissance 24 octobre 1967 (47 ans)
Lieu de naissance Châtellerault (Vienne)
Nationalité Française
Parti politique UDI

Jean-Christophe Lagarde, né le 24 octobre 1967 à Châtellerault (Vienne), est un homme politique français, maire de Drancy depuis 2001 et député de la 5e circonscription de la Seine-Saint-Denis depuis 2002. Soutien de François Bayrou pendant la campagne présidentielle de 2007, il rejoint ensuite le Nouveau Centre, puis fonde, en 2012, le parti de centre-droit Force européenne démocrate. En septembre 2012, il rejoint l'UDI lancée par Jean-Louis Borloo. Il est élu président de ce même parti, le 13 novembre 2014.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Débuts en politique[modifier | modifier le code]

Né à Châtellerault, il vit ses trois premières années à Montreuil. Sa famille s'installe à Drancy en 1970. Son père est informaticien et sa mère secrétaire[1].

Il milite dès 1987 pour la campagne de Raymond Barre, et en 1989 il est élu conseiller municipal de Drancy sur la liste d'union RPR/UDF. En 1990, il adhère au Centre des démocrates sociaux. La même année, il devient président des Jeunes démocrates sociaux (JDS) de la Seine-Saint-Denis, fonction pour laquelle il délaisse ses études d'histoire. Il rencontre François Bayrou lors d'un congrès dans les Pyrénées en 1991.

Candidat de l'union UDF/RPR aux élections législatives de 1993 et de 1997 dans la cinquième circonscription de la Seine Saint-Denis, il est battu au premier tour par le député sortant Jean-Claude Gayssot.

Tête de liste de l'union de l'opposition aux élections municipales de 1995 à Drancy, il met pour la première fois de l'histoire locale en ballotage le maire sortant Maurice Nilès, figure historique du Parti communiste français, grand résistant, ancien député et maire de la ville depuis trente-six ans. Celui-ci est cependant réélu dans une triangulaire avec le FN au second tour.

Il est élu président national des JDS en 1996 puis des Jeunes UDF en 1998 et le reste jusqu'en 2001. En 1998, il est élu conseiller régional d'Île-de-France.

Maire de Drancy et député de Seine-Saint-Denis[modifier | modifier le code]

Lors des élections municipales du 11 mars 2001, Jean-Christophe Lagarde remporte dès le premier tour les élections municipales de la ville de Drancy avec 50,84 % des voix, après 66 ans de gestion communiste dans une des villes de la ceinture rouge. Il est élu un an plus tard lors des élections législatives député de la circonscription Drancy-Bobigny le 16 juin 2002, pour la XIIe législature (2002-2007), dans la cinquième circonscription de la Seine-Saint-Denis, par 22 voix de majorité, ravissant ainsi une circonscription ancrée à gauche depuis plus de 70 ans. Il fait partie du groupe parlementaire Union pour la démocratie française.

Le 26 novembre 2004, il est le seul député à voter contre l'élargissement de l'Union européenne à 25, le jugeant prématuré et risquant de rendre l'Union moins gouvernable[2],[3].

Pour le référendum sur le TCE de mai 2005, Jean Christophe Lagarde est l'un des rares députés UDF, (avec Jean Lassalle), qui prône un « non » au traité établissant une Constitution pour l'Europe en dénonçant la fin de la volonté fédéraliste européenne, jugeant ce texte trop timoré et faisant la part trop belle aux partisans d'une Europe seulement économique et interdisant la création d'une Europe politique[4]. Les Drancéens donnent une nette majorité (73 %) au « non ». À l'automne 2005, il a une analyse différente des émeutes des banlieues[5] et dénonce la ghettoïsation d'une partie des Français et ses conséquences. Son analyse, très différente de celle du Ministre de l'Intérieur de l'époque (Nicolas Sarkozy ), lui vaut les foudres de l'UMP, Éric Raoult disant de lui qu'il est un « Sarkozy de l'UDF dans le 9-3 », et Roger Karoutchi, patron de l'UMP d'Île-de-France déclarant « C'est un sectaire qui est en train de mal tourner »[1]. Le 1er décembre 2006, il devient le plus jeune vice-président de l'Assemblée nationale.

Porte-parole de François Bayrou lors de la campagne présidentielle de 2007, il affirme ses divergences avec celui-ci lorsqu'il esquisse un rapprochement avec Ségolène Royal. Après le premier tour de l'élection présidentielle, il prend ses distances avec lui et se présente en candidat libre, après avoir refusé d'appeler à voter pour Nicolas Sarkozy. Lors des élections législatives de 2007, Jean-Christophe Lagarde se représente sans étiquette (ses documents de campagne feront mention des deux communes de sa circonscription Bobigny et Drancy en guise de tendance politique) pour un second mandat tout en étant investi sans l'avoir demandé par l'UDF/Mouvement démocrate[réf. nécessaire]. Il est réélu au second tour le 17 juin avec 59,87 % des voix.

Deux jours après son élection, il annonce son adhésion au groupe Nouveau Centre, groupe composé d'anciens parlementaires UDF qui avaient soutenu Nicolas Sarkozy entre les deux tours des présidentielles[6],[7]. Pourtant, le 14 février 2008, il signe, avec 16 autres personnalités politiques de tous bords, l'« Appel du 14 février » pour une vigilance républicaine lancé par l'hebdomadaire Marianne[8]. Suite au refus de la loi rétroactive à l’Assemblée nationale, et sur proposition de Jean-Christophe Lagarde, le Nouveau Centre fait alliance avec le Fetia Api (Financement : 870 000 d’euros pour le Nouveau Centre et 30 000 euros pour le Fetia Api). Le Fetia Api (« Nouvelle étoile ») est un parti politique de la Polynésie française, proche de l'UDF puis du Nouveau Centre qui le soutient (afin notamment de pouvoir bénéficier du financement public des partis politiques, plus aisé pour les partis qui se présentent outre-mer)[9].

En 2008, lors des élections municipales, Jean-Christophe Lagarde remporte à nouveau dès le premier tour la ville de Drancy avec 69,5 % des voix et emporte 42 sièges des 49 qui composent le conseil municipal[10].

Membre du groupe d'études sur le problème du Tibet de l'Assemblée nationale[11]. Il est élu vice-président de l'Assemblée nationale le 16 novembre 2010, en remplacement de Maurice Leroy, nommé ministre de la Ville dans le gouvernement Fillon III, jusqu'à la fin de la mandature en juin 2012. Il est vice-président du groupe d'amitié France-Qatar à l'Assemblée nationale de 2007 à 2012[12].

Le 24 janvier 2012, alors qu'il s'était déjà montré hostile à la candidature du Président de son parti Hervé Morin, il annonce son soutien à Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle de la même année en cosignant une tribune dans Le Figaro avec d'autres parlementaires du Nouveau Centre et les ministres Maurice Leroy et François Sauvadet.

Candidat aux élections législatives de juin 2012 dans la cinquième circonscription de la Seine Saint-Denis (Bobigny, Drancy, Le Bourget), il est réélu le 17 juin 2012 pour un troisième mandat par 56,73 % des suffrages exprimés. Il est élu le 20 juin 2012 porte-parole du nouveau groupe centriste UDI présidé par Jean-Louis Borloo à l'Assemblée nationale avant le lancement de ce parti à ce nom.

Le 31 janvier 2014, il annonce qu'il brigue un troisième mandat à la mairie de Drancy. Il est réélu avec 75,06 % des suffrages exprimés, lors du premier tour du 23 mars 2014.

Président de l'UDI[modifier | modifier le code]

Jean-Christophe Lagarde a été numéro deux du Nouveau Centre en devenant président exécutif du nouveau parti centriste lors du congrès de Nîmes du 17 mai 2008. Fonction qu'il quittera en même temps que le parti, en 2012[réf. nécessaire]. Le 10 juillet 2012, afin de débloquer la construction d'un parti centriste à partir du groupe parlementaire UDI, Jean-Christophe Lagarde annonce la création d'un nouveau parti de centre-droit, baptisé Force européenne démocrate[13]. Il participe alors à la mise en place du parti, l'Union des démocrates et indépendants.

Le 29 juin 2014, il annonce dans Le Journal du dimanche sa candidature à la présidence de l'UDI, rejoignant une course qui oppose déjà Jean-Christophe Fromantin, Yves Jégo (avec Chantal Jouanno) et Hervé Morin. Il déclare que « le centre n'est pas le milieu, la moyenne, la synthèse mais un autre chemin, une alternative pour notre pays » et entend « conquérir le pouvoir » en portant un « Centre conquérant » [14].

Il arrive en tête du premier tour, devançant Hervé Morin (35,9% contre 31,5%), et obtient pour le second le soutien d'Yves Jégo, arrivé troisième avec 21,5 % des voix[15]. La Seine-Saint-Denis et en particulier sa ville de Drancy lui apportent un vote massif avec 2 192 votants pour son département (dont 1 377 pour Drancy) loin devant les Hauts-de-Seine avec 1 193 voix[16]. Il remporte le second tour et devient alors président de l'UDI[17].

Le 11 décembre 2014, il est désigné vice-président du Parti démocrate européen[18].

Positionnement politique[modifier | modifier le code]

Cannabis

Il s'est prononcé en faveur de la légalisation du cannabis, estimant que cela poserait certes « des problèmes de santé publique, qui se posent de toute façon même avec la prohibition » mais que « les gains en termes de sécurité publique seraient considérables, car on pourrait ainsi éviter que se constituent à tous niveaux les mafias de la drogue »[19].

Islam

En 2004, il a voté contre la loi sur les signes religieux dans les écoles publiques[20], dénonçant à la veille des régionales une manipulation électoraliste qui n'avait pas de réel objet, puisque les cas problématiques se comptaient sur les doigts d'une main.

Il reconnait avoir caché la construction d'une mosquée à Drancy, avant les élections municipales de 2008, pour éviter que cela ne crée des tensions[réf. à confirmer][21]. Le journal en ligne islamophobe Riposte laïque l'accuse d'avoir ainsi porté atteinte aux principes de la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905[22]. En 2008, Jean-Christophe Lagarde revient sur cette décision dans son livre Les Hypocrisies Françaises (éditions du Cherche Midi) dans lequel il argumente sur la nécessité pour l'État de trouver la place de l'Islam en France, afin d'éviter que cette religion ne soit une arme aux mains d'États étrangers, et dénonce ce qu’il appelle « les blocages et les illogismes de la société française ».

Mariage des couples de même sexe

En 2013, Jean-Christophe est l'un des députés de l'UDI à voter le projet de loi sur le mariage homosexuel[23].

Gratuité de la restauration scolaire

En 2007, alors qu'il instaure la gratuité de la restauration scolaire dans la communauté de communes Le Bourget-Drancy en Seine Saint-Denis, il dépose dans le même temps en proposition de loi pour généraliser la mesure dans toute la France. Cette action s'inscrit dans un débat vieux de plusieurs années sur la gratuité de la restauration scolaire, un débat devenu secondaire au regard des réalités budgétaires des collectivités territoriales[24].

Affaires judiciaires[modifier | modifier le code]

Après plusieurs procédures lancées en 2010 alors qu'était pressenti son entrée au gouvernement[25], il est condamné en décembre 2012 à 5 000 € d’amende pour attribution illégale de marché public, dans le cadre confidentiel d’une procédure de plaider-coupable à Paris[26]. En 2013, l'association de soutien à son action municipale rembourse 51 712 € à la municipalité de Drancy pour des frais qu’elle avait indûment engagés au profit de l’association, ce qui lui permet d'éteindre les poursuites[26]. Le 28 juin 2013, il est relaxé des poursuites pour favoritisme dont il faisait l'objet dans un dossier d'attribution de marché public accordé à un architecte pour la tribune du stade Guy-Môquet, à Drancy[27].

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Mandats actuels :

Anciens mandats :

Partis politiques :

  • Président de l'UDF de la Seine-Saint-Denis en 2004
  • 19/06/2007 - 2012 ; Membre du Nouveau Centre
  • 17/05/2008 - 2012 : Président exécutif du Nouveau centre
  • Secrétaire général de l'UDI (depuis octobre 2012)
  • Président de Force européenne démocrate (depuis juillet 2012)

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il est marié[28] avec Aude Lavail-Lagarde, ancienne militante de l'UDF du Languedoc et actuellement adjointe au maire de Drancy et conseillère régionale d'Île-de-France. Le couple Lagarde a quatre enfants[réf. nécessaire].

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jean-Christophe Lagarde, l'homme qui rêve de « faire péter le système », Le Figaro, 3 mars 2007
  2. http://www.assemblee-nationale.fr/12/scrutins/jo0394.asp
  3. http://nouveaucentremoselle.wordpress.com/2009/03/02/le-nouveau-centre-cest-le-parti-de-la-reforme-equitable-jean-christophe-lagarde-le-24-fevrier-a-montigny-les-metz/
  4. Anna Borrel, « Lagarde, un centriste contre le Traité de Lisbonne », Marianne,‎ 11 février 2008 (lire en ligne)
  5. « Jean-Christophe Lagarde La rage d'un jeune maire de banlieue », Le Monde,‎ 1er novembre 2006 (lire en ligne)
  6. L'ex-Modem Jean-Christophe Lagarde rejoint le Nouveau centre, Le Nouvel Obs, 19 juin 2007
  7. Trois questions à Jean-Christophe Lagarde, Le Point, 20 juin 2007
  8. L'Appel républicain de Marianne dans Marianne no 565 du 16 février 2008.
  9. Julien Martin, « Comment les alliés de Sarkozy ont touché le jackpot à Tahiti », Rue89, mis en ligne le 28 novembre 2007, consulté le 26 juin 2010
  10. « Nouveau conseil municipal », ministère de l'Intérieur,‎ 9 mars 2008 (consulté le 24 mars 2008)
  11. Groupe d'études sur le problème du Tibet
  12. Immensément riche, le petit émirat francophile multiplie les investissements dans l'Hexagone. Qui en a fait un partenaire économique et diplomatique de choix. Mais l'activisme qatarien commence à faire des vagues au sein du monde politique., Nathalie SILBERT, Les Echos, no 21108, 24 janvier 2012
  13. Le député Jean-Christophe Lagarde va créer un nouveau parti centriste
  14. http://www.lejdd.fr/Politique/UDI-Jean-Christophe-Lagarde-se-declare-candidat-dans-le-JDD-673706
  15. « Présidence de l'UDI: Jego soutient Lagarde », nouvelobs.com,‎ 28 octobre 2014 (consulté le 28 octobre 2014)
  16. Laureline Dupont, « La Seine-Saint-Denis, cette terre centriste ! », lepoint.fr,‎ 28 octobre 2014 (consulté le 28 octobre 2014)
  17. Sylvia Zappi et Abel Mestre, « Jean-Christophe Lagarde, itinéraire d’un centriste façon "Seine-Saint-Denis style" », lemonde.fr, 13 novembre 2014.
  18. Désignation de la nouvelle composition de la Présidence du PDE/EDP
  19. Cannabis : Bayrou aussi est contre la dépénalisation, Arnaud Aubron, rue89.com, 22 mars 2007
  20. Dassault : symbole de l’incurie de la classe politique, Étienne Lahyre, bvoltaire.fr, 27 février 2013
  21. « OUI, je vous ai volontairement caché que ce serait une mosquée. Je voulais montrer la normalité d’un tel projet. Contrairement à tous ces maires qui annoncent dans les médias qu’ils veulent une mosquée, moi, je l’ai. Je n’ai pas voulu l’annoncer à la population car cela aurait forcément créé des tensions. », déclaration de Jean-Christophe Lagarde, 6 septembre 2008
  22. Jeanne Bourdillon, « Jean-Christophe Lagarde, la mamamouchi de Drancy, et sa petite mosquée chérie », Riposte laïque, mardi 9 septembre 2008, [1], consulté le 6 octobre 2008
  23. Mariage homosexuel : l'Assemblée vote le projet de loi sur lemonde.fr du 12 février 2013
  24. "Gratuité des cantines : une fausse bonne idée?" Locatis.info du 9 janvier 2007
  25. « Nouveau centre: Jean-Christophe Lagarde visé par deux plaintes », 20minutes.fr,‎ 12 novembre 2010 (consulté le 8 avril 2010)
  26. a et b « Le député Jean-Christophe Lagarde rattrapé par la justice », LeParisien.fr,‎ 6 avril 2013 (consulté le 8 avril 2013)
  27. Le député-maire de Drancy relaxé, Le Figaro, 28 juin 2013.
  28. « Drancy: le système Lagarde : Sa garde rapprochée », L'Express,‎ 11 octobre 2007 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]