Henry de Jouvenel

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Henry de Jouvenel, sénateur, ambassadeur de France à Rome (1933).

Henry de Jouvenel des Ursins est un journaliste et un homme politique français, né le à Paris, ville où il est mort le .

Il est le frère du journaliste Robert de Jouvenel (1882-1924).

Biographie[modifier | modifier le code]

Descendant de Jean Juvénal des Ursins[1], Henry de Jouvenel s'intéresse d'abord aux affaires publiques et obtient le poste de directeur du cabinet du ministre du Commerce en 1905. Il entame par la suite une carrière de journaliste, notamment pour Le Journal, qui le conduit au poste de rédacteur en chef du quotidien Le Matin. C'est là qu'il rencontre Colette, qu'il épouse en secondes noces le 19 décembre 1912, et dont il a en 1913 une fille nommée Colette, surnommée « Bel-Gazou ». Ils divorceront en 1925.

En 1914, il est mobilisé et combat à Verdun. Après la guerre, il commence une carrière politique. Sénateur de la Corrèze de 1921 à 1933, il est nommé ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts du gouvernement Poincaré en mars 1924 avant de devenir haut-commissaire de la République française en Syrie et au Liban du 10 novembre 1925 au 23 juin 1926. C'est sous son administration que le Liban est organisé en république.

En 1927, Jouvenel fonde La Revue des vivants, qu'il dirige avec Henry Malherbe[2] jusqu'en 1935[3], revue à laquelle collaborent occasionnellement Romain Rolland, Georges Duhamel, ou encore Charles de Gaulle. Parallèlement, il est de 1927 à 1935 le premier président de l'Union des Français de l'étranger.

En 1932 et 1933, il est ambassadeur de France en Italie où il renoue en quelques mois des relations amicales avec le régime de Mussolini; il est ensuite nommé ministre de la France d'Outre-mer du deuxième gouvernement Daladier, en 1934, et assure plusieurs fois la fonction de délégué de la France à la Société des Nations. Proche d'Aristide Briand, il milite pour la paix.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Jouvenel épouse en 1902 Sarah-Claire Boas (1879-1967), fille aînée de l'ingénieur centralien Alfred Boas (1846-1909) ; celui-ci avait repris en 1874 au 63, boulevard de Charonne à Paris ce qui deviendra une des plus importantes ferblanteries et zingueries de France (450 employés en 1901), qui fit sa fortune.

Le couple a un fils,Bertrand (1903-1987)[4].

Ils occupent un temps un petit hôtel parisien au 6, rue Férou dont la comédienne et courtisane Dorothée Luzy (1747-1830) eut l'usufruit de 1767 à 1778[5]. Ils apportent dans cette maison, probablement agrandie et ornée par l'architecte Peyre (bas-reliefs sur la façade), un beau mobilier, des objets d'art et des boiseries provenant de plusieurs vieilles demeures, ce qui en fit « un véritable temple du bon goût »[6].

Henry de Jouvenel aura un second fils, Renaud (1907-1982), de sa liaison avec Isabelle de Comminges. Cette dernière, mariée à Maurice Pillet-Will, fils du banquier Frédéric Pillet-Will, ne pourra pas divorcer en raison de la maladie mentale de son époux.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Forme probablement francisée de l'italien Orsini[réf. nécessaire].
  2. La Revue des vivants : organe de la génération de la guerre sur www.europeana.eu
  3. Henry de Jouvenel par Christine Manigand sur Google Livres
  4. Colette entretiendra une liaison avec ce dernier qui conduira en 1923 à sa séparation avec Henry.
  5. Apparaissant dans les Mémoires secrets de Bachaumont (1763), elle y reçut successivement les hommages du poète Claude-Joseph Dorat, puis d'un jeune séminariste du nom de Talleyrand qui fut son amant de 1772 à 1774.
  6. Paul Jarry, « Le Quartier du Luxembourg », Les Vieux Hôtels de Paris, Paris, Charles Moreau, 1934.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christine Manigand, Henry de Jouvenel, Presses universitaires de Limoges, 2000

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]