Henry de Jouvenel

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Henry de Jouvenel, sénateur, ambassadeur de France à Rome (1933).

Henry de Jouvenel des Ursins, descendant de Jean Juvénal des Ursins - probablement forme francisée du nom Orsini - baron, est un journaliste et un homme politique français, né le 5 avril 1876 à Paris, ville où il est mort le 5 octobre 1935.

Biographie[modifier | modifier le code]

D'abord intéressé par les affaires publiques, il obtient le poste de directeur du cabinet du ministre du Commerce en 1905 puis il entame une carrière de journaliste, notamment pour Le Journal, qui le conduit au poste de rédacteur en chef du quotidien Le Matin.

C'est là qu'il rencontre Colette, qu'il épouse en secondes noces le 19 décembre 1912, et dont il eut en 1913 une fille nommée Colette, surnommée "Bel-Gazou".

Jouvenel eut un autre fils, Renaud, de sa maîtresse Isabelle de Comminges[1],[2].

En 1914 il est mobilisé et combat à Verdun.

Après la guerre, il commence une carrière politique. Sénateur de la Corrèze de 1921 à 1933, il est nommé ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts du gouvernement Poincaré en mars 1924 avant de devenir haut-commissaire de la République française en Syrie et au Liban du 10 novembre 1925 au 23 juin 1926. C'est sous son administration que le Liban est organisé en république.

En 1923 Colette le quitte après avoir entretenu une liaison avec son fils Bertrand de Jouvenel, né de son premier mariage en 1902 avec Sarah Claire Boas (1879-1967) la fille aînée de l'ingénieur centralien Alfred Boas (1846-1909), juif, radical et franc-maçon blessé lors de la guerre de 1870, qui en 1874 reprit au 63, boulevard de Charonne à Paris ce qui deviendra une des plus importantes ferblanteries et zingueries de France (450 employés en 1901), qui fit sa fortune.

Le couple occupa un temps un petit hôtel parisien du 6, rue Férou dont la comédienne et courtisane Dorothée Luzy (1747-1830) eut l'usufruit de 1767 à 1778 ; celle-ci, qui apparaît dès les Mémoires Secrets de Bachaumont (1763) y reçut successivement les vers galants de Dorat, puis les hommages plus concrets d'un jeune séminariste du nom de Talleyrand qui fut son amant de 1772 à 1774.

Les Jouvenel apportèrent dans cette maison, probablement agrandie et ornée par l'architecte Peyre (bas-reliefs sur la façade) et qui en 1909 fut vendue par les héritiers du comte de l'Escalopier au professeur Chantemesse, un beau mobilier, des objets d'art et des boiseries provenant de plusieurs vieilles demeures (un hôtel du 8, rue de Tournon à Paris, un ancien pavillon du château de Fontainebleau et le château de Forges, près de Montereau), ce qui en fit "un véritable temple du bon goût" selon Paul Jarry (Les vieux hôtels de Paris - le quartier du Luxembourg" - Paris, Charles Moreau successeur de Contet, 1934, ill. de 10 planches - arch pers.). Ils divorçèrent en 1925.

En 1927 Jouvenel fonde La Revue des vivants, Organe de la génération de la guerre, qu'il dirige avec Henry Malherbe[3] jusqu'en 1935[4], revue à laquelle collaborent occasionnellement Romain Rolland, Georges Duhamel, ou encore Charles de Gaulle. Parallèlement, il est de 1927 à 1935 le premier président de l'Union des Français de l'étranger.

En 1932 et 1933, il est ambassadeur de France en Italie où il renoue en quelques mois des relations amicales avec le régime de Mussolini; il est ensuite nommé ministre de la France d'Outre-mer du deuxième gouvernement Daladier, en 1934, et assure plusieurs fois la fonction de délégué de la France à la Société des Nations. Proche d'Aristide Briand, il milite pour la paix.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jouvenel n'a pu épouser Isabelle de Comminges, qui était toujours mariée avec Maurice Pillet-Will (fils de Frédéric Pillet-Will), victime d'une maladie mentale interdisant son divorce.
  2. Portrait par Albert Besnard, Portrait de la comtesse Pillet-Will (1900-1905) - collection privée - exposé lors de l'exposition Paris 1900, Ville Spectacle, au Petit-Palais du 2 avril au 17 août 2014.
  3. La Revue des vivants : organe de la génération de la guerre sur www.europeana.eu
  4. Henry de Jouvenel par Christine Manigand sur Google Livres

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christine Manigand, Henry de Jouvenel, Presses universitaires de Limoges, 2000

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]