Anne-Marie Idrac

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Anne-Marie Idrac
Anne-Marie Idrac, en septembre 2009.
Anne-Marie Idrac, en septembre 2009.
Fonctions
Secrétaire d’État au Commerce extérieur
18 mars 200813 novembre 2010
Gouvernement François Fillon II
Prédécesseur Hervé Novelli
Successeur Pierre Lellouche
Députée de la 3e circonscription des Yvelines
1er juin 199726 septembre 2002
Prédécesseur Paul-Louis Tenaillon
Successeur Christian Blanc
Secrétaire d’État aux Transports
18 mai 19952 juin 1997
Président Jacques Chirac
Gouvernement Alain Juppé I
Alain Juppé II
Prédécesseur Bernard Bosson (indirectement)
Successeur Jean-Claude Gayssot (indirectement)
Biographie
Date de naissance 27 juillet 1951 (63 ans)
Lieu de naissance Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor)
Nationalité Française
Parti politique Nouveau Centre
Conjoint Francis Idrac
Diplômée de Université Paris II
IEP de Paris
ENA
Profession Chef d'entreprise

Anne-Marie Idrac, née Anne-Marie Colin le 27 juillet 1951 à Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor), est une dirigeante d'entreprises et femme politique française.

Elle a été notamment secrétaire d’État aux Transports de 1995 à 1997, députée de 1997 à 2002, présidente de la RATP, puis de la SNCF, secrétaire d'État chargée du Commerce extérieur auprès de la ministre de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi dans le second gouvernement François Fillon du 18 mars 2008 au 13 novembre 2010. Elle est, depuis 2011, administrateur de sociétés et consultante.

Biographie[modifier | modifier le code]

Titulaire d'une licence en droit de l'Université Paris II, ancienne élève de l'Institut d'études politiques de Paris, et de l'École nationale d'administration (promotion Simone Weil)[1], elle est, de 1974 à 1995, administrateur civil dans divers postes aux ministères de l'Équipement, du logement, de l'environnement, de l'urbanisme et des transports ; elle est notamment la première femme directeur général d'un établissement public d'aménagement, celui de Cergy-Pontoise de 1990 à 1993, et directeur des Transports terrestres, de 1993 à 1995.

En 1995, elle est appelée au gouvernement en tant que femme issue de la société civile, au poste de secrétaire d'État aux Transports, qu'elle occupe sous les deux gouvernements Juppé, faisant ainsi partie des « Juppettes ». Elle conduit notamment la réforme législative de 1996 qui a permis le désendettement de la SNCF par la création de Réseau ferré de France (RFF), et l'expérimentation dans cinq régions de la décentralisation des trains régionaux (TER), généralisée en 2001 par Jean-Claude Gayssot. En 1996, le doublement des pistes de l'aéroport Paris-Charles-de-Gaulle et l'implantation de FedEx sur le site de Roissy sont décidés.

Fille d'André Colin, figure du MRP puis des partis politiques qui lui ont succédé au centre, elle choisit de rejoindre François Bayrou à Force démocrate, puis à l'UDF.

Elle est élue députée UDF de la troisième circonscription des Yvelines en 1997 et réélue en 2002. Elle a siégé également au conseil régional d'Île-de-France (1998-2002) au titre de l'UDF et a été secrétaire générale de la Nouvelle Union pour la démocratie française (UDF), ainsi que porte-parole de François Bayrou lors de sa première campagne présidentielle en 2002.

En septembre 2002, elle démissionne de ses mandats et fonctions politiques pour assumer la présidence de la RATP, sur proposition du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, en remplacement de Jean-Paul Bailly, appelé à la présidence de La Poste. Christian Blanc (apparenté UDF), qui avait été l'un de ses prédécesseurs à la RATP, et avec qui elle avait mené à bien la fusion Air France/Air Inter, lui a succédé à l'Assemblée nationale.

Ses années de mandat à la RATP sont marquées notamment par le lancement de l'automatisation de la ligne 1 du métro parisien, l'instauration d'un service garanti contractuel en cas de grève, la conception du projet de métro circulaire de banlieue à banlieue (reprise par son successeur Pierre Mongin sous le nom de « Métrophérique »), et quelques contrats à l'étranger (Casablanca, Florence, Johannesbourg), nouveautés pour l'entreprise francilienne.

Reconduite à ce poste pour un mandat de cinq ans en juillet 2004, elle en démissionne le 12 juillet 2006 pour succéder à Louis Gallois à la tête de la SNCF. À ce titre, première femme à présider la SNCF, elle est aussi la première vice-présidente de l'Union internationale des chemins de fer (UIC).

Le classement établi par la revue Fortune des femmes les plus puissantes du monde la positionne alors en 3e position (6e en 2007).

Au deuxième semestre 2007, dans un contexte de grèves dures, elle mène à bien la mise en œuvre de la loi sur le « service minimum » puis la réforme du régime spécial de retraites des cheminots par harmonisation avec celui de la fonction publique. Ces réformes conduites par Anne-Marie Idrac sont des symboles de la capacité de changements structurels impulsés par Nicolas Sarkozy et François Fillon, qui les cite à Davos en janvier 2008 sous le thème « France is back ». Elle mène parallèlement un lobbying intense en faveur du train dans le cadre français du Grenelle de l'environnement et à l'échelle communautaire en relation avec le commissaire Jacques Barrot, déclarant vouloir faire de la SNCF le « leader de l'éco-mobilité » en Europe, ceci dans le contexte nouveau de la concurrence non plus seulement de l'avion et de la route mais avec d'autres entreprises ferroviaires.

Anne-Marie Idrac, le 2 juillet 2008.

À la fin de son mandat, le 21 février 2008, c'est son numéro 2 Guillaume Pépy, avec qui elle avait selon ses termes « copiloté en confiance et dans l'affection »[2] l'entreprise, qui lui succède et reprend à son compte les orientations stratégiques fixées par Anne-Marie Idrac.

Au bilan important de ses dix-neuf mois de mandat, on note, outre la réforme du régime spécial de retraites des cheminots, et la mise en place du service minimum, le succès populaire du TGV Est européen, et le record du monde de vitesse sur rail. Se voulant en outre en rupture avec la politique précédente du « tout TGV », Anne-Marie Idrac assure le début de redressement et d'européanisation de l'activité fret et logistique du groupe SNCF en s'inspirant de l'exemple allemand, ainsi que la modernisation du transport régional — TER et Transilien (Île-de-France) — auquel elle consacre un plan d'actions appelé « nouvelle dynamique de proximité ».

Les résultats 2007 du groupe SNCF atteignent grâce à elle le niveau historique de plus de un milliard d'euros, autorisant pour la première fois l'entreprise à verser un dividende à son actionnaire État. En interne, Anne-Marie Idrac a innové en lançant un plan stratégique de développement concurrentiel à l'échelle européenne, assorti de chantiers de renouveau du dialogue social et de responsabilisation managériale.

Aujourd'hui en France signale que son départ a été salué par une standing ovation de quinze minutes des dirigeants de l'entreprise. Et c'est à l'unanimité que le conseil d'administration l'a nommée présidente d'honneur de la SNCF.

Le 18 mars 2008, elle est nommée secrétaire d'État chargée du Commerce extérieur et revient ainsi au gouvernement, alors qu'elle avait affirmé ne pas être « intéressée par le retour dans la vie politique » lors d'une conférence organisée par l'Agora à l'École des hautes études commerciales du Nord (EDHEC), le 12 février 2008[3].

À ce titre, elle préside au deuxième semestre 2008, dans le cadre de la présidence française de l'Union européenne, le conseil des vingt-sept ministres européens chargés du pilotage politique des négociations à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) conduites à Genève par le commissaire Peter Mandelson[4]. Elle s'emploie à Bruxelles et Genève à promouvoir les idées de réciprocité dans le commerce mondial et de lutte contre tous les dumpings. Elle rassemble tous les acteurs du commerce extérieur de la France dans une « Équipe de France de l'export », autour d'un objectif : 10 000 exportateurs de plus d'ici la fin du quinquennat, et parcourt le monde, en plus de cent voyages en trente mois de fonctions[5] à la demande du président de la République et au service des entreprises pour « chercher la croissance là où elle demeure dans la crise et là où elle sera après la crise ».

Elle est, depuis 2011, administrateur de sociétés et consultante.

Elle apporte son soutien à la candidature de François Bayrou pour l'élection présidentielle de 2012 et fait partie de son équipe de campagne[6].

Elle devient, en avril 2012, la première présidente de l'organisme de recherches « Océanides »[7],[8].

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Anne-Marie Idrac est la fille de l'homme politique André Colin et l'épouse de Francis Idrac, ancien préfet de région, inspecteur général des Finances. Elle est mère de quatre filles.

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Anne-Marie Idrac et le gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger, en septembre 2009, à Sacramento.
  • Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Aménagement du territoire, chargée des Transports, dans le gouvernement Alain Juppé I (du 18 mai au 6 novembre 1995)
  • Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Équipement, du Logement, des Transports et du Tourisme, chargée des Transports, dans le gouvernement Alain Juppé II (du 6 novembre 1995 au 2 juin 1997)
  • Secrétaire d’État chargée du Commerce extérieur, auprès de la ministre de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi, dans le gouvernement François Fillon II (du 18 mars 2008 au 13 novembre 2010)

Autres postes[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Le 13 décembre 2012, elle se voit remettre les insignes de commandeur dans l'ordre national du Mérite par Pierre Moscovici, ministre de l’Économie et des Finances[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Consulter l'article qui lui fut consacré lors du remaniement ministériel du gouvernement Fillon en mars 2008, sur Actu.cci.com, le site de la revue portant sur l'actualité des Chambres de Commerce et d'Industrie
  2. SNCF : Idrac « heureuse et fière » de son action, Challenges, 21 février 2008 http://www.challenges.fr/entreprises/20080221.CHA7877/sncf__idrac_heureuse_et_fiere_de_son_action.html
  3. Vidéo du débat sur Dailymotion : http://www.dailymotion.com/relevance/search/idrac/video/x54qs1_anne-marie-idrac-et-la-vie-politiqu_school
  4. Conférence de presse du 23 juillet 2008 au siège de l'OMC à Genève : http://www.dailymotion.com/user/commerce-exterieur/video/x8jrl2_point-presse-a-lomc_news
  5. Carte des déplacements d'Anne-Marie Idrac
  6. Bayrou dévoile son équipe de campagne, article du 7 décembre 2011, consulté le 15 décembre 2011.
  7. Océanides : Un projet international de recherche en histoire maritime et navale
  8. DCNS, initiateur d’Océanides : cinq millénaires d’histoire sur cinq continents
  9. [PDF]Communiqué de presse de Vallourec du 27 avril 2012.
  10. Composition du conseil d'orientation
  11. [PDF] Communiqué de presse de Bouygues du 27 avril 2012. Consulté le 30 avril 2012.
  12. [PDF] Communiqué de presse de l'entreprise Total du 11 mai 2012 relatif à l'assemblée générale 2012. Consulté le 26 mai 2012.
  13. Communiqué de presse du ministre de l'Économie et des Finances no 273 du 8 décembre 2012. Consulté le 14 décembre 2012.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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