Charles Millon

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Charles Millon

William Cohen et Charles Millon (à droite),
le 25 mars 1997.

Ministre de la Défense de la France
16e ministre de la Défense de la Ve République
18 mai 1995 - 2 juin 1997
Président(s) Jacques Chirac
Gouvernement(s) Juppé I
Juppé II
Prédécesseur(s) François Léotard
Successeur(s) Alain Richard
Président du Conseil régional de Rhône-Alpes
1988 - 1999
Prédécesseur(s) Charles Béraudier
Successeur(s) Anne-Marie Comparini
Biographie
Né(e) le 12 novembre 1945 (63 ans)
Lieu de naissance Drapeau de la France Belley (Ain)
Nationalité Française

Ministre de la Défense
Charles Millon
Parlementaire français
Naissance
Décès
Mandat Député
1978 - 1995
1997 - 2001
Début du mandat
Fin du mandat {{{fin du mandat}}}
Circonscription Ain
Groupe parlementaire UDF (1978-1993)
UDFC (1993-1995)
DLI (1997-2001)
Ve République

Charles Marie Philippe Millon, né le 12 novembre 1945 à Belley (Ain), est un homme politique français, longtemps membre de l'UDF (droite), avant de fonder La Droite suite à son exclusion de l'UDF, prononcée après avoir contracté une alliance avec le FN lors des élections régionales de 1998. Député de l'Ain de 1977 à 1995, il a été Ministre de la Défense du gouvernement Alain Juppé, de 1995 à 1997.

Sommaire

[modifier] Biographie

Né dans une famille de droite, nostalgiques de l'Indochine et de l'Algérie française [1], Charles Millon fait sa scolarité chez les maristes[1]. Il fait ses études secondaires à l'institution Lamartine (Belley) puis à l'école Sainte-Marie (Lyon), avant d'entamer des études de droit et d'économie à Lyon. À vingt ans, en 1965, il est membre du club de droite L'Astrolabe de Michel Delsol, son futur beau-père. Groupe anti-communiste, l'Astrolabe mêle divers courants de droite, dont des monarchistes, des chrétiens ralliés à la République dans les années 1930, des humanistes proches de Jacques Maritain et des personnalistes proches d'Emmanuel Mounier[1].

Il y rencontre sa femme, Chantal Delsol, proche de l'Opus Dei [1], et professeur de philosophie. Disciple de Julien Freund, elle se définit comme « libérale néoconservatrice ». Editorialiste au Figaro et à Valeurs actuelles, Chantal Delsol est depuis 2007 membre de l'Académie des sciences morales et politiques. Le couple a six enfants, dont un adopté.

Millon fonde en 1966 le club Charles Péguy, situé rue Sala, dans le quartier Ainay, qui dirige en 1968 le Madel, (Mouvement autonome des étudiants lyonnais), opposé au « désordre » de Mai 68 [1]. Il peut rencontrer à l'occasion Bruno Gollnisch près de l'Église Saint-Georges, fief des traditionalistes [1]. Catholique pratiquant, il est alors favorable à la peine de mort et contre l'avortement. Exempté du service national, il obtient une licence en sciences économiques, et un diplôme d'études supérieures de sciences économiques.

Alors âgé de 32 ans, Millon est élu maire de Belley en mars 1977. L'année d'après, il est élu député de l'Ain en tant que candidat de l'UDF, il siège à l'Assemblée sous les couleurs de ce parti jusqu'en 1995. Par ailleurs conseiller juridique et fiscal [2], il fait partie des adhérents directs de l'UDF.

L'un des plus farouches opposants à la loi de nationalisation de 1982, il publie en 1984 L'Extravagante histoire des nationalisations. Vice-président de l'Assemblée de 1986 à 1988 [3], lors de la première cohabitation, il devient l'année suivante président du groupe UDF à l'Assemblée, poste qu'il conserve jusqu'en 1995, lorsqu'il devient ministre de la Défense [3].

Millon est élu président du conseil régional de Rhône-Alpes en 1988, et le reste jusqu'en janvier 1999. À cette fonction, il met en place plusieurs projets : le Permis de Réussir pour stimuler l'autonomie des lycées et la créativité des équipes pédagogiques, les Contrats globaux de développement, permettant d'apporter une aide à des opérations multiformes de développement et aménagement initiées par les différents territoire rhônalpins, la liaison Lyon-Turin, les jumelages avec la Catalogne, le Bade-Wurtemberg et la Lombardie, la participation de la France aux Olympiades des métiers, la création du Mondial des métiers et Lyon 96.

[modifier] Ministre de la Défense (1995-1997)

Après l'élection présidentielle de 1995, il est nommé par Jacques Chirac Ministre de la Défense du gouvernement Juppé (RPR). Il est chargé du dossier sur la transformation de l'armée française basée sur la conscription en armée de métier. Cette loi est abandonnée suite à la dissolution de l'Assemblée nationale en 1997. Un nouveau projet de loi sera présenté à la nouvelle assemblée et promulguée le 28 octobre 1997.

Il se rend alors en Israël, approfondissant les liens déjà tissés en 1994 par le ministre François Léotard, qui avait signé l'accord-cadre de recherche franco-israélien [4]; de nouveaux contrats d'armement sont passés entre les deux Etats [4].

Il déclarera en 2009 avoir examiné, sur ordre du président Chirac, les contrats d'armement pouvant donner lieu à d'éventuelles rétrocommissions, et d'avoir bloqué pour ceux-ci le versement des commissions [5]. L'interruption de celles-ci dans le cadre d'une vente de sous-marins Agosta au Pakistan, décidées en 1994 (sous le gouvernement Balladur), serait le motif expliquant l'attentat du 8 mai 2002 à Karachi, qui a tué onze ingénieurs de la Direction des constructions navales (DCN) et qui était attribué à l'origine à Al Qaida [5].

[modifier] L'alliance électorale avec le FN (1998)

L'UDF se divise lors des élections régionales de 1998 sur la question des alliances avec le Front national (FN, extrême-droite), François Bayrou condamnant celle-ci tandis qu'Alain Madelin les soutient. Ne disposant pas de la majorité absolue pour diriger l'exécutif, Millon passe une alliance avec le FN, soulevant les critiques des élus de gauche mais aussi de droite. Cette alliance allant de l'UDF au FN remporte la présidence du conseil régional de Rhône-Alpes ainsi que l'ensemble des vice-présidences de commission.

Charles Millon, Jean-Pierre Soisson, Jacques Blanc et Charles Baur, tous élus avec les voix du FN, sont alors exclus de l'UDF. Tandis que Madelin et la plupart des personnalités UDF élues avec les voix de l'extrême-droite rejoignent le nouveau parti, « Démocratie libérale », Millon fonde « La Droite ».

Charles Millon considérait que le suffrage de 1998 avait donné une large majorité à la droite. Pour expliquer son action politique et pour convaincre, il fonda un mouvement politique éphémère (1998) nommé « La Droite » puis la Droite libérale-chrétienne. Selon lui, ce sont les insuffisances de la droite qui favorisent le succès de l'extrême droite. Il préconisait donc que chacun, droite et gauche, s'occupât de ses ailes extrémistes pour que la démocratie puisse fonctionner convenablement.

Par ailleurs, Millon fait l'objet d'une action judiciaire : le jour de son élection comme président, le doyen des conseillers, qui assumait la présidence par intérim, avait laissé Charles Millon et Bruno Gollnisch (FN) débattre alors que les règlements électoraux l'interdisaient. Il est destitué en décembre 1998. Anne-Marie Comparini (UDF) lui succède comme présidente du conseil régional en janvier 1999.

Après l'échec d'un projet de fusion entre « La Droite », le RPF de Pasqua et le CNI, Million décide la transformation de son parti en la « Droite libérale-chrétienne », effective en octobre 1999. Plusieurs personnalités appartenant à la droite très conservatrice sont présentes au congrès fondateur de « La Droite », dont notamment l'ex-ministre d'Etat de Giscard, Michel Poniatowski. Mais ce nouveau parti est un échec: à part Millon, seuls deux autres députés de « La Droite » s'y inscrivent. Christine Boutin, Alain Griotteray, Fabrice Saulais, ex-conseiller en communication de Bruno Mégret, ou Patrick Louis, président rhônalpin du MPF, font partie de son réseau parisien [1].

En 2000, il dépose sans succès, avec Michel Meylan, une « proposition de loi constitutionnelle portant reconnaissance du principe de sécurité juridique dans la Constitution » [6] Le même jour, il fait enregistrer une autre proposition, elle aussi renvoyée à examen futur, « limitant le recours aux dispositions fiscales de portée rétroactive. » [7].

Millon persiste toutefois, se présentant en tant que candidat dissident de la droite aux élections municipales de Lyon en 2001. Il bénéficie de plusieurs soutiens, dont celui de Gérard Pélisson, co-fondateur du groupe Accord; Monique Raimond, femme de l'ancien ministre des Affaires étrangères Jean-Bernard Raimond et directrice de la communication du groupe Cardin; Denys Aguettant, directeur de la fondation Canal +; Roger Michaux, ancien syndic de la Bourse de Lyon; Bruno Lacroix, ancien président du GIL (Groupement interprofessionnel lyonnais, branche locale du Medef); ou encore Chantal Mérieux, épouse d'Alain Mérieux, célèbre industriel [1]. Il obtient un score de plus de 25 %. Jean-Michel Dubernard (RPR) est le candidat de la droite parlementaire, Michel Mercier (UDF) s'étant retiré. Toutefois, au second tour, les divisions de la droite entre millonistes et RPR (il n'y eut fusion des listes à droite que dans un seul arrondissement) font le jeu de la gauche ; Gérard Collomb (PS) est alors élu.

Aux législatives de juin 2002, les deux autres députés de la Droite libérale-chrétienne ne sont pas réélues, entérinant l'échec du mouvement.

[modifier] A partir de 2003

Logo de la Droite libérale-chrétienne, parti fondé par Millon suite à son expulsion de l'UDF.

En 2003, la cour administrative d'appel de Lyon déclare illégales les délibérations qui avaient permis à Charles Millon de bénéficier d'un appartement et de personnel de maison, pendant près de dix ans, lorsqu'il présidait la Région Rhône-Alpes. Il est condamné à 50 000 euros d'amende [3].

En septembre 2003, Millon est nommé ambassadeur à Rome auprès de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) par le gouvernement Raffarin. Au conseil régional de Rhône-Alpes, le groupe milloniste fusionne alors avec l'Union pour un mouvement populaire (UMP), et son parti est mis en sommeil. A Lyon, où Dominique Perben (UMP) créé en 2005 un comité de soutien pour sa candidature à la municipale de 2008 (« Lyon Nouvel Horizon »), Millon continue à présider le groupe « Unir pour Lyon », qui rassemble 19 élus municipaux [8].

Il démissionne de son poste au FAO le 31 août 2007.

Il rejoint en novembre 2007 l'Institut Thomas More, un think tank européen[9].

Discret sur la scène politique française depuis 2003, il annonce en juin 2008 son intention de se présenter aux élections sénatoriales du 21 septembre 2008 [10], sans toutefois recevoir l'investiture de l'UMP [11]. Cependant, il reçoit, le 30 août 2008, le soutien de certains élus UMP, NC et DVD non-inscrits lors d'un vote dont le règlement, contesté, est modifié la veille du scrutin[12].

Il n'est cependant pas élu, puisque deux sièges sont remportés par le PS (Rachel Mazuir et Jacques Berthou), et l'autre par l'UMP (Sylvie Goy-Chavent). Seulement en troisième position à l'issue du 1er tour, il est victime d'un « front anti-Millon » avec le maintien de Jean Chabry, conseiller général sans étiquette, allié de la droite au conseil général [13]. En maintenant quatre candidats, la droite permet un succès de la gauche qui ne maintenait que deux candidats.

En janvier 2009, le groupe Agro Energie Développement (Agroed), dirigé par Millon, porte plainte contre lui pour détournement de fonds [3].

[modifier] Synthèse des fonctions politiques

[modifier] Fonctions ministérielles

[modifier] Mandats parlementaires

  • 03/04/1978 - 18/06/1995 ; 01/06/1997 - 17/04/2001 (démission) : député UDF, UDFC puis DLI de l'Ain
  • 04/04/1986 - 14/05/1988 : vice-président de l'Assemblée nationale
  • 1989 - 1995 : président du groupe UDF à l’Assemblée nationale
  • Juin 1994 : président de la Commission spéciale chargée d'examiner le projet de loi d'orientation pour le Développement du Territoire

[modifier] Mandats locaux

  • 1977 - 2001 : maire de Belley (Ain)
  • 1985 - 1988 : conseiller général de l'Ain
  • 1978 - 2003 : conseiller régional de Rhône-Alpes
  • 1988 - 1999 : président du Conseil régional de Rhône-Alpes
  • 2001 - 2008 : conseiller municipal de Lyon (3e arrondissement) et conseiller communautaire
  • 2001 - 2008 : président des groupes Unir pour Lyon (ville de Lyon) et Union pour la Communauté (Grand Lyon)

[modifier] Autres fonctions


Précédé par Charles Millon Suivi par
François Léotard
Ministre français de la Défense
1995-1997
Alain Richard
Charles Béraudier
Président du Conseil régional de Rhône-Alpes
1988-1999
Anne-Marie Comparini

[modifier] Bibliographie

[modifier] Notes et références

  1. abcdefgh Demir Serge, Les fidèles de Charles Millon, L'Express, 8 novembre 2001
  2. Notice sur le site de l'Assemblée nationale
  3. abcd Samuel Laurent, Charles Millon soupçonné de malversations, Le Figaro, 9 janvier 2009
  4. ab Armement: Charles Millon veut doper les échanges avec Israël, Les Echos, n° 17337 du 17 fevrier 1997 • page 11.
  5. ab François Labrouillère, Charles Millon : «Chirac m’a demandé de bloquer des commissions illicites», Paris Match, 23 juin 2009
  6. Proposition de loi constitutionnelle portant reconnaissance du principe de sécurité juridique dans la Constitution, Assemblée nationale. Enregistré le 15 mars 2000. Renvoyée à la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République, à défaut de constitution d'une commission spéciale dans les délais prévus par les articles 30 et 31 du Règlement.
  7. PROPOSITION DE LOI ORGANIQUE limitant le recours aux dispositions fiscales de portée rétroactive.
  8. Catherine Lagrange, Charles Millon indésirable, Le Point, 29 mars 2007
  9. Charles Millon enrôlé dans un think tank européen, 16 novembre 2007, Libé Lyon
  10. Millon veut prendre le train des sénateurs, 23 juin 2008, 20minutes.fr
  11. Charles Millon veut revenir en politique via le Sénat, Le Monde, 30 août 2008
  12. Charles Millon élu candidat aux sénatoriales dans l'Ain, 31 août 2008, La Boussole 74
  13. Sénatoriales : l'ancien ministre Charles Millon en mauvaise posture, La Dépêche, 21 septembre 2008

[modifier] Liens externes

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