Copte

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Copte
Période du Ier au XVIIe siècle environ ; survit comme langue liturgique des églises de rite copte
Parlée en Égypte
Classification par famille
Codes de langue
ISO 639-2 cop
ISO 639-3 cop
IETF cop
Inscriptions coptes et arabes dans une église du Vieux Caire

Le copte est une langue afro-asiatique descendant de l'égyptien ancien. Elle est la langue liturgique des chrétiens d'Égypte : les Coptes.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le terme « Copte » vient du grec ancien Αἰγύπτιος / Aigúptios qui signifie Égyptien, déformé (après syncope phonétique) par les Coptes en Kuptios puis, suite aux conquêtes arabes de 641, en قِبط / Qibṭ, prononcé Hipt en Basse-Égypte et Gibt en Haute-Égypte et au Caire. C'est cette dernière forme qui, empruntée par le français, donne l'ethnonyme Copte, lequel sert aussi à désigner la langue. Ce terme est d'abord attesté en français sous la forme cofte en 1665 pour désigner les chrétiens d'Égypte et deviendra copte en 1704[1].

Les sources disponibles[modifier | modifier le code]

La langue copte est la seule descendance de l'égyptien ancien. C'est donc une langue afro-asiatique. On compte plusieurs dialectes :

  • bohaïrique ;
  • sahidique ;
  • fayoumique ;
  • oxyrhynchite (ou moyen-égyptien);
  • akhmimique ;
  • lycopolitain (ou subakhmimique).

Seul le bohaïrique est encore utilisé et uniquement dans la liturgie. Il a remplacé, en tant que langue liturgique, le sahidique au XIe siècle. C'est à partir de ce choix que l'émergence d'une identité copte contemporaine a probablement pu se faire.

Les documents de Nag-Hammadi sont en sahidique ancien.

Par ailleurs, le mot sa'id vient d'un mot copte/égyptien désignant la fleur du désert égyptien fleurissant en quelques heures sous l'effet d'une pluie passagère, et se flétrissant aussi rapidement.

L'étude de la grammaire copte s'appuie sur deux démarches linguistiques, diachronique et synchronique, dont le choix reste sujet à controverse. Les deux démarches partent du principe que l'étude des dialectes permet de remonter à la grammaire copte originelle. À défaut de cette investigation, les chercheurs en sont réduits à ne se focaliser que sur le copte liturgique, qui serait une normalisation plus ou moins arbitraire de la langue copte antique.

On retrouve ce cas de figure dans d'autres disciplines, comme par exemple :

  • l'étude du sanskrit où la normalisation de la grammaire date de l'époque de Panini ;
  • l'étude de l'hébreu où la normalisation prend le nom de Massora ;
  • l'étude du latin normalisé au Xe siècle ;
  • l'étude de l'arabe normalisé par la grammaire coranique.

La première démarche est la linguistique synchronique : les dialectes sont d'abord repérés géographiquement, puis étudiés par rapport au contexte historique local. Ainsi parlera-t-on de copte « subakhmimique », de copte « mésokémite » ou « crypto-méso-kémite ».

L'analyse diachronique du copte[2][modifier | modifier le code]

La deuxième démarche est la linguistique diachronique. C'est celle qu'a utilisée Champollion[3] pour déchiffrer les hiéroglyphes. Elle consiste à étudier la généalogie des langues, en particulier de leurs structures grammaticales. Dans cette démarche, les recherches ont permis d'établir des invariants grammaticaux remarquables entre les textes hiéroglyphiques des pyramides[4] et les structures grammaticales des dialectes coptes.

En l'occurrence, la liste de ces invariants est scindable en deux types :

  • les invariants que l'on retrouve uniformément dans tous les dialectes du copte, appelés pandialectaux ;
  • les invariants que l'on retrouve dans un dialecte plus qu'un autre : les invariants dialectaux. À ce titre, le bohaïrique renvoie le plus à des archaïsmes.

Une liste non-exhaustive d'invariants :

  • le participe conjonctif : la structure est similaire à « idaafa » en arabe, et se traduirait en français par des mots composés du type « porte-monnaie » ou « monte-charge ». On y trouve une partie nominale et une partie verbale ;
  • l'infinitif à valeur d'impératif (utilisé pour « baliser » le début des versets des textes des pyramides) ;
  • l'ampliatif post-fixé ;
  • l'effet « sandhi », ou modification lexicale des préfixes et suffixes avant agglutination. C'est un effet identifié à l'étude du sanskrit ;
  • le genre toujours masculin de l'infinitif en copte, bien que le genre féminin existe.

Écriture et prononciation[modifier | modifier le code]

Manuscrit Copte

La langue copte s'écrit au moyen de l'alphabet copte, semblable au grec en majuscules, complété par sept caractères démotiques qui servent à noter des phonèmes que l'alphabet grec ne pouvait rendre. Naturellement, il est logique d'étudier la prononciation de l'alphabet par étude du démotique. Toutefois, cette démarche est contestée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir le CNRTL
  2. Conférence de M. Gérard Roquet, (École Pratique des Hautes Études, Paris).
  3. « Je me livre entièrement au copte. Je veux savoir l'égyptien comme mon français parce que sur cette langue sera basé mon grand travail sur les papyrus égyptiens », voir l'article Champollion.
  4. les coffin texts de James Peter Allen

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Pierre du Bourguet, Les Coptes, Que sais-je ? no 2398, 1989
  • Richard Smith, A concise Coptic-English lexicon, SBL resources for biblical study 35 (ISBN 0884140393) ;
  • James Peter Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts (ISBN 1589831829) ;
  • Wolfgang Kosack: Lehrbuch des Koptischen.Teil I:Koptische Grammatik.Teil II:Koptische Lesestücke, Graz 1974.
  • Wolfgang Kosack: Der koptische Heiligenkalender. Deutsch - Koptisch - Arabisch nach den besten Quellen neu bearbeitet und vollständig herausgegeben mit Index Sanctorum koptischer Heiliger, Index der Namen auf Koptisch, Koptische Patriarchenliste, Geografische Liste. Christoph Brunner, Berlin 2012, ISBN 978-3-9524018-4-2.
  • Wolfgang Kosack: Schenute von Atripe De judicio finale. Papyruskodex 63000.IV im Museo Egizio di Torino. Einleitung, Textbearbeitung und Übersetzung herausgegeben von Wolfgang Kosack. Christoph Brunner, Berlin 2013, ISBN 978-3-9524018-5-9.
  • Wolfgang Kosack: Koptisches Handlexikon des Bohairischen. Koptisch - Deutsch - Arabisch. Verlag Christoph Brunner, Basel 2013, ISBN 978-3-9524018-9-7.
  • Thomas O. Lambdin, Introduction to Sahidic Coptic, Macon, Ga., Mercer University Press. (ISBN 0865540489) ;
  • J. Vergote. Peeters, Grammaire Copte, vol. Ia, Ib, IIa, IIb., Leuven,‎ 1992 (ISBN 9068314254) ;
  • Jaroslav Cerný and Sarah Israelit Groll, A Late Egyptian Grammar, Rome, Biblical Institude Press,‎ 1984 ;
  • W. E. Crum, Coptic Dictionary, New York, Oxford University Press,‎ 1939, 2000 (ISBN 0198644043) ;
  • Magdi Sami, Histoire des Coptes d'Égypte,‎ 2005;
  • M. Gerspach, Les tapisseries coptes, Quantin, Paris,‎ 1890.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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