René Viviani

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
René Viviani
René Viviani en 1912.
René Viviani en 1912.
Fonctions
72e président du Conseil des ministres français
et Ministre des Affaires étrangères (cf ci dessous)
(84e chef du gouvernement)
Président Raymond Poincaré
Gouvernement Viviani I et II
Prédécesseur Alexandre Ribot
Successeur Aristide Briand
Ministre des Affaires étrangères
Premier ministre lui même
Prédécesseur Théophile Delcassé
Successeur Aristide Briand
Premier ministre lui même
Prédécesseur Léon Bourgeois
Successeur Gaston Doumergue
Député de la Seine
Député de la Creuse
Sénateur de la Creuse
19221925
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Sidi-Bel-Abbès, Algérie
Date de décès (à 61 ans)
Lieu de décès Plessis-Robinson
Nationalité française
Parti politique PRS (1910-1922)
GD (1922-1925)
Profession avocat
Présidents du Conseil français

René Jean, Raphaël, Adrien Viviani, né à Sidi-Bel-Abbès en Algérie le et mort au Plessis-Robinson le , est un homme politique français[1], député de la Seine de 1893 à 1902 et de 1906 à 1910, puis de la Creuse de 1910 à 1922, cofondateur du journal L'Humanité avec Jean Jaurès, ancien ministre du Travail, président du Conseil, au moment de la déclaration de la guerre de 1914 – 1918.

Biographie[modifier | modifier le code]

Un avocat député socialiste[modifier | modifier le code]

Son père, Édouard Viviani (1833-1910), avocat sous le second Empire, était conseiller général d'Oran. Né en 1862 à Tlemcen, René Viviani, lycéen à Oran, obtient une licence de droit à Paris et devient avocat en Algérie, puis à Paris où il est secrétaire de la conférence des avocats. Il défend les droits de militants socialistes et de syndicalistes, en particulier ceux des chemins de fer, en Province. Entré dans la mouvance socialiste, (il est rédacteur en chef de la Petite République), son éloquence lui vaut en 1893 une demande de sanction du ministre de la Justice à cause de ses protestations contre les violences policières au Quartier latin.

Élu dans le 5e arrondissement député de la Seine lors des législatives de 1893, ré-élu en 1898, il y est battu par un nationaliste en 1902. Toujours avocat, il est un des conseils et des arbitres des ouvriers durant la grande grève de Carmaux durant laquelle son éloquence est sanctionnée par le tribunal d'Albi et de Toulouse (1894). C'est lui qui obtient la libération du premier suspect de l'attentat prétendu contre le patron Réssiguier, en intervenant auprès du ministre de la Justice Trarieux.

A la Chambre, il fait voter une loi permettant que les femmes puissent être avocates (1900) avec le centriste Raymond Poincaré et se fait remarquer par sa virulence lors du Scandale de Panamá. Ses positions au sujet de la crise religieuse sont vivement laïques et anticléricales. Secrétaire de Millerand, proche de Jean Jaurés, il l'assiste avec Aristide Briand, publiant avec eux l'action du parti socialiste au Parlement en 1902, et fondant le journal L'Humanité en 1904, dont il est un temps rédacteur en chef.

Après un congrès important du parti socialiste français à Rouen, il participe à ses côté à l'unification des socialistes dans la SFIO (1905). En 1906, il retrouve un mandat de député, en se faisant élire député de la Creuse à Bourganeuf.

Un ministre socialiste indépendant[modifier | modifier le code]

Ses amis Millerand et Briand devenus ministres, avaient été exclus par les socialistes qui refusaient toute participation à un gouvernement bourgeois. Il doit choisir entre son parti et la proposition ministérielle que lui fait le 1er cabinet Clemenceau en 1906: il entre au gouvernement comme premier titulaire du « Ministère du Travail et de la Prévoyance sociale» (du 25 octobre 1906 au 3 novembre 1910 sous le gouvernement d'Aristide Briand); Il y fait voter des lois réformistes (repos hebdomadaire, assurances du travail, salaire de la femme mariée, non saisie des biens familiaux). Après sa réélection comme député en 1910, il fonde le Parti républicain socialiste et refuse de revenir dans le gouvernement entre 1910 et 1913 (refus des propositions des gouvernements Monis, Poincaré et Barthou). Il revient au gouvernement dans le gouvernement Doumergue (du 9 décembre 1913 au 9 juin 1914) avec le portefeuille de l'Instruction publique et des Beaux-arts).

Le Président du Conseil de 1914[modifier | modifier le code]

La nouvelle assemblée étant très à gauche, on fait appel à lui pour constituer un nouveau cabinet. Son échec semble ouvrir la voie à un 4e gouvernement Ribot qui échoue à son tour. Le Président de la République rappelle alors Viviani qui parvient à constituer un Premier gouvernement : il est président du Conseil le 13 juin, avec le poste de Ministre des Affaires étrangères.

Mais la situation internationale se dégrade brusquement avec la crise de juillet qui fait suite à l'attentat de Sarajevo ().

Viviani est en Russie aux côtés du président de la République quand survient l'ultimatum autrichien à la Serbie. La crise va plonger la France dans Première Guerre mondiale le , jour de la déclaration de guerre de l'Allemagne.

De tempérament pacifique et partisan de l'arbitrage, il tente de sauver la paix (recul de l'armée à dix kilomètres de la frontière). Mais il prépare aussi la mobilisation et, recevant Jaurès, lui laisse peu d'espoir à la veille de son assassinat. Le 1er août, il ordonne la mobilisation du pays (3 août) puis annonce l'entrée en guerre dans un discours marquant à la Chambre (4 août). Il remanie son gouvernement dans un sens d'Union nationale (26 août). Il cède alors les affaires étrangères à Doumergue puis à Théophile Delcassé. Il préside le gouvernement à Paris et à Bordeaux lors de la première bataille de la Marne.

Il se retire le laissant la place à Aristide Briand. À partir de ce 5e gouvernement, il détient successivement les portefeuilles de ministre de la Justice (1915/16), ministre de la Justice et de l'Instruction publique (6e gouvernement Briand 1916/17) et ministre de la Justice (1917).

Il se rend en Russie (1916), puis aux États-Unis (1917) avec Joffre, afin d'obtenir leur entrée en guerre.

Mis à l'écart par Clemenceau, nommé président du Conseil en novembre 1917, il est de plus très affecté par le décès au front de son beau-fils.

Une fin de carrière à l'écart[modifier | modifier le code]

René Viviani en 1921.

Réélu député en 1919, on le nomme en 1920/21, représentant de la France au Conseil de la Société des Nations (SDN). En 1921, il se rend avec Briand à la conférence navale de Washington.

Le 15 octobre 1922, Viviani est élu sénateur de la Creuse, mais affecté par le décès de sa femme Isabelle (fondatrice d'une école ménagère à Épinal) en février 1923, il est victime d'une crise d'apoplexie lors d'une prise de parole à la première Chambre de la Cour (8 juin 1923) et en reste paralysé jusqu'à sa mort le 6 septembre 1925.

Il fut proche de Lisbeth Baugier, petite-fille d'un notable républicain niortais du XIXe siècle, qui fut l'épouse du préfet Alfred Baffrey, son neveu.

Clemenceau le qualifia un jour « d'orateur péripatéticien, (qui) faisait des harangues kilométriques », et, citant Fénelon à son propos : « L'éloquence démagogique, c'est l'art de parler seul et longtemps » (cité par Gilbert Prouteau et Jean Martet, son ancien secrétaire)[réf. nécessaire].

Postérité[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yvert Benoît (dir.), Premiers ministres et présidents du Conseil. Histoire et dictionnaire raisonné des chefs du gouvernement en France (1815-2007), Paris, Perrin, 2007, 916 p.
  • « Dictionnaire des Parlementaires français », Jean Jolly (1960/1977)
  • Guyot Dominique, « Viviani, premier ministre du travail (1863-1925) », Cahiers de l'Institut régional du travail - Université de la Méditerranée Aix-Marseille II, nº 19, novembre 2010.
  • Jean-Marc Valentin, René Viviani, 1863-1925, un orateur, du silence à l'oubli, Presses universitaires de Limoges, 2013, 298 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ayant habité dans le 17e arrondissement de Paris, 72, Boulevard de Courcelles

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]


Précédé par René Viviani Suivi par
Alexandre Ribot
Président du Conseil
-
-
Aristide Briand
Aristide Briand
Ministre français de la Justice
Raoul Péret
Léon Bourgeois
Ministre français des Affaires étrangères
1914-1914
Gaston Doumergue
Théophile Delcassé
Ministre français des Affaires étrangères
1915-1915
Aristide Briand