Eugène Claudius-Petit

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Eugène Claudius-Petit
Fonctions
Député de la 15e circonscription de Paris
3 avril 19732 avril 1978
Législature 5e (Ve République)
Groupe politique UC
Prédécesseur Michel de Grailly
Successeur Yves Lancien
Député de la 4e circonscription de la Loire
3 avril 19671er avril 1973
Législature 3e et 4e (Ve République)
Prédécesseur Théo Vial-Massat
Successeur Roger Partrat
30 novembre 19589 octobre 1962
Législature 1re (Ve République)
Prédécesseur circonscription créée
Successeur Théo Vial-Massat
Ministre du Travail et de la Sécurité sociale
19 juin 19543 septembre 1954
Gouvernement Mendès France
Prédécesseur Paul Bacon
Successeur Louis Aujoulat
Maire de Firminy
3 mai 19533 avril 1971
Prédécesseur Marcel Combe
Successeur Théo Vial-Massat
Ministre de la Reconstruction et de l'Urbanisme
11 septembre 19487 janvier 1953
Gouvernement Queuille I
Bidault II et III
Queuille II
Pleven I
Queuille III
Pleven II
Faure I
Pinay
Prédécesseur René Coty
Successeur Pierre Courant
Député de la Loire
21 octobre 19452 janvier 1956
Législature 1re et 2e Assemblée constituante, 1re, 2e et 3e (IVe République)
Groupe politique UD-GRG-UDSR
Biographie
Nom de naissance Eugène Petit
Date de naissance 22 mai 1907
Lieu de naissance Angers (Maine-et-Loire)
Date de décès 24 octobre 1989 (à 82 ans)
Lieu de décès Paris (4e)
Nationalité Française
Parti politique UDSR
Profession Professeur de dessin

Eugène Petit (il a ajouté par la suite son pseudonyme de résistance « Claudius »), est un homme politique français, né le 22 mai 1907 à Angers et décédé le 24 octobre 1989 à Paris. Il participa à de nombreux gouvernements de la IVe République et fut l'initiateur du projet urbanistique de Firminy-Vert.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de cheminot, il fréquente l'école primaire de sa ville natale, puis devient apprenti et fait son tour de France de compagnon artisan. Il travaille chez un ébéniste à Paris puis au sein de la Société Rambault Meubles à Angers. Il suit des cours qui lui permettent de devenir professeur de dessin. De tempérament anarchiste, il milite brièvement dans la mouvance libertaire. Il anime également une section syndicale CGTU puis adhère au Sillon après une rencontre avec Marc Sangnier.

Il entre dans la Résistance sous le pseudonyme de Claudius. En 1942, il appartient au comité de direction de Franc-Tireur où il fait entrer Pierre Degon à ses côtés. En 1943 il fut un des membres fondateurs du CNR où il représente les MUR (Mouvements unis de la Résistance). Il quitte la France pour rejoindre Londres puis Alger où il est délégué à l'Assemblée consultative provisoire. De retour à Paris, il préside le Mouvement de libération nationale.

Il est fait compagnon de la Libération, est décoré de la Croix de guerre et de la Légion d'honneur.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Il est élu député de la Loire à la première et à la seconde Assemblée nationale constituante, puis à l'Assemblée nationale de 1946 à 1955 sous l'étiquette Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR).

Au cours de la IVe et de la Ve république, Claudius-Petit, qui considérait que la politique était un combat pour « ceux qui n'ont rien de matériel » est une des figures d'un centrisme moderniste et social. Nommé ministre de la Reconstruction et de l'Urbanisme le 11 septembre 1948, il mène une vaste politique d'équipement et de planification dans une France de l'après guerre qui doit réparer les dégâts du conflit et faire face à une pénurie de logements sans précédent.

En février 1950 il présente devant le conseil des ministres un rapport publié en brochure sous le titre Pour un plan national d'aménagement du territoire qui est considéré comme le manifeste fondateur de la politique qui est menée au cours du demi-siècle suivant. Afin de combattre les trop grandes inégalités de peuplement et d'activité, tout en harmonisant le logement aux nécessités industrielles, Claudius-Petit prône pour un engagement important en matière d'investissements et de réglementation.

Il s'efforce de mener ce programme, conservant son poste dans les gouvernements Henri Queuille (1), Georges Bidault (2), Henri Queuille (3), René Pleven (1) et Henri Queuille (3) jusqu'au 7 janvier 1953.

Il est ensuite Ministre du Travail et de la Sécurité sociale du 19 juin au 3 septembre 1954 dans le gouvernement Pierre Mendès France avant d'assumer l'intérim du ministère du Logement du 14 août au 3 septembre 1954. Il démissionne après le rejet de la CED.

Au ministère du Logement, il dépose des projets de loi relatifs à l'acquisition d'habitations et à l'équipement industriel, la procédure de codification des textes législatifs concernant l'urbanisme et l'habitat. Il lutte contre les taudis.

Battu aux élections de 1956, il retrouve son siège à l'Assemblée nationale de 1958 à 1962, puis de 1967 à 1978 sous différentes étiquettes centristes.

Autres activités[modifier | modifier le code]

De 1961 à 1975, il est président de l’Union Centrale des Arts décoratifs.

De sa création en 1956 à 1977, il dirige la Sonacotra, Société nationale de construction pour les travailleurs (Sonacotral, Société nationale de construction pour les travailleurs algériens jusqu'aux accords d'Évian de 1962) principal gestionnaire de foyers de travailleurs migrants en France.

Catholique pratiquant, très respecté des autres parlementaires, sa position est décisive lors du dernier jour du débat sur l'avortement, le 19 décembre 1974 : « En conclusion, et précisément parce que je n'ai pas laissé au vestiaire mes convictions spirituelles, je ne peux pas me défaire de la solidarité qui me lie à la société dans laquelle je vis. Pour obéir à mes exigences, je suis avec ceux qui souffrent le plus, avec celles qui sont condamnées le plus, avec celles qui sont méprisées le plus (...) À cause de cela, à cause de Lui, je prendrai ma part du fardeau. Je lutterai contre tout ce qui conduit à l'avortement, mais je voterai la loi »[1].

Firminy-Vert[modifier | modifier le code]

Ami de Le Corbusier, il se lance dans une vaste opération de rénovation de sa ville de Firminy. Élu maire en 1953, il rêve d'édifier à côté de la cité « noire » minière et sidérurgique, « une ville du XXe siècle qui soit le meilleur de son temps », une sorte de petite Brasilia, un condensé d'architecture moderne.

En 1955, il commande plusieurs bâtiments à Le Corbusier, dont la maison de la Culture, une « cité radieuse », un stade et l'Église Saint-Pierre.

Décorations[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • « Pour un plan national d'aménagement du territoire », Les grands textes de l'aménagement du territoire et de la décentralisation. Christel Alvergne, Pierre Musso, DATAR (Avant-propos de Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre), 2004, (ISBN 2110052392)
  • Benoît Pouvreau, Danièle Voldman, Un politique en architecture : Eugène Claudius-Petit (1907-1989), préf. de Dominique Claudius-Petit, éd. Le Moniteur, coll. « Architextes », 2004, 358 p., (ISBN 2281192237)
  • Benoît Pouvreau, "La politique d'aménagement du territoire d'Eugène Claudius-Petit", dans revue XXe siècle, no 79 –2003/3, p. 43-52 [lire en ligne]
  • Hommage à Eugène Claudius-Petit, fondateur du corps des architectes-conseils de l'État, éd. Thotm, 2007, 36 p. [lire en ligne]
  • Biographie sur le site de l'Ordre de la libération
  • Biographie de l'Assemblée nationale

Les papiers personnels d'Eugène Claudius-Petit sont conservés aux Archives nationales sous la cote 538AP[4].

Références[modifier | modifier le code]

  1. 3e séance du jeudi 28 novembre 1974
  2. Nom des rues de Saint-Étienne
  3. Description de « La Goupille »,
  4. Archives nationales