David Douillet

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David Douillet
David Douillet, en septembre 2007.
David Douillet, en septembre 2007.
Fonctions
Député de la 12e circonscription des Yvelines
En fonction depuis le 20 juin 2012
Prédécesseur Joël Regnault
19 octobre 200929 juillet 2011
Prédécesseur Jacques Masdeu-Arus
Successeur Joël Regnault
Ministre des Sports
26 septembre 201110 mai 2012
Président Nicolas Sarkozy
Gouvernement François Fillon III
Prédécesseur Chantal Jouanno
Successeur Valérie Fourneyron
Secrétaire d'État chargé des Français de l'étranger
29 juin 201126 septembre 2011
Président Nicolas Sarkozy
Gouvernement François Fillon III
Prédécesseur poste créé
Successeur Édouard Courtial
Biographie
Date de naissance 17 février 1969 (45 ans)
Lieu de naissance Rouen (Seine-Maritime, France)
Nationalité Français
Parti politique UMP
Diplômé de BTS action commerciale à INSEP
Profession Consultant, ex-sportif de haut niveau

David Douillet, né le 17 février 1969 à Rouen (Seine-Maritime), est un judoka français, devenu homme politique.

Il est l'un des judokas français les plus titrés de l'histoire. Il évoluait dans la catégorie des « poids lourds », la plus massive en judo[1]. Son palmarès compte deux titres olympiques obtenus en 1996 à Atlanta et 2000 à Sydney. Il est aussi quadruple champion du monde et champion d'Europe. Certaines de ses récompenses ont également été remportées en « toutes catégories », où aucune limite de poids n'est imposée.

Ces performances et son association avec l'opération caritative « Les Pièces Jaunes » en font une personnalité populaire pendant et après sa carrière. Reconverti en homme d'affaires, puis en consultant sportif pour le groupe Canal+, il se rapproche progressivement du milieu politique. En 2009, il obtient de premières responsabilités au sein de l'UMP dont il intègre le bureau exécutif. À la fin de cette même année, lors d'une législative partielle, il est élu député dans la 12e circonscription des Yvelines, à la suite de la déchéance de Jacques Masdeu-Arus.

Le 29 juin 2011, il est nommé secrétaire d’État chargé des Français de l'étranger. Le 26 septembre 2011, à la suite de la démission de Chantal Jouanno, il est nommé ministre des Sports. Il est réélu député lors des élections législatives françaises de 2012.

Carrière sportive[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

David Douillet commence le judo à l'âge de 11 ans dans la commune de Neufchâtel-en-Bray non loin de sa ville natale de Rouen. Disposant de qualités physiques exceptionnelles pour son âge (1,80 m et 80 kg à 11 ans), il suit les cours de Jacques Lemaître qui lui apprend les rudiments du sport[2]. Grâce à ses performances et ses résultats scolaires, il intègre la section sport-études du lycée Île de France (aujourd'hui Lycée Victor et Hélène Basch) à Rennes. En 1986, il est remarqué à l'occasion d'une démonstration par Jean-Luc Rougé — premier judoka français champion du monde — qui lui fait intégrer l'INSEP à Paris[3] ; il a alors 17 ans. « Il dépassait déjà les autres d'une tête et après l'avoir vu sur le tapis, je lui ai tout de suite réservé une chambre à l'INSEP, le centre d'entraînement de l'élite du sport français », relate Rougé. Licencié à Maisons-Alfort et s'entraînant dans le Bois de Vincennes où siège l'INSEP, il côtoie les meilleurs judokas français. Ainsi, il rencontre son idole Fabien Canu, double champion du monde à la fin des années 1980.

Deux ans après, il réalise de premières bonnes performances au niveau national en devenant champion de France juniors. Toujours en 1988, il monte sur la troisième marche du podium des championnats de France seniors, dans la catégorie des poids lourds (plus de 95 kg)[4]. De nouveau médaillé de bronze aux championnats de France en 1989, il obtient la même médaille quelques semaines auparavant lors des Championnats d'Europe juniors organisés à Athènes[4].

Premiers Jeux olympiques[modifier | modifier le code]

En 1990, il dispute les Championnats d'Europe par équipes, une compétition que la France termine au second rang du classement général final[4]. À la fin de l'année, il s'illustre lors de la prestigieuse Coupe Jigoro Kano tenue à Tokyo. Il y atteint la finale qu'il perd face au triple champion du monde japonais Naoya Ogawa[4]. L'année suivante, en janvier 1991, il remporte son premier titre de champion de France seniors en s'imposant en finale face à Georges Mathonnet, un autre espoir du judo français de deux ans son aîné[4]. En vertu de cette victoire, il est sélectionné pour les Championnats d'Europe 1991, son premier championnat individuel senior. À Prague, en République tchèque, il obtient la médaille de bronze ne concédant une défaite que face au Polonais Rafał Kubacki[4]. Quelques semaines plus tard, à Nîmes, il enlève deux médailles d'argent aux Championnats du monde militaires en s'alignant à la fois dans les catégories poids lourds et open (toutes catégories)[4].

Conservant son titre national en 1992, il dispute les Championnats d'Europe organisés à Paris. À un peu plus de deux mois des Jeux olympiques, le rendez-vous européen permet de déterminer les qualifications et sélections nationales[5]. Bien qu'éliminé dès le deuxième tour, il valide sa participation en obtenant la médaille de bronze par le biais des repêchages[4]. En juillet, les Jeux se déroulent à Barcelone en Espagne. Il y hérite d'un parcours relevé puisqu'il doit affronter l'Allemand Henry Stöhr (vice-champion olympique en titre) et le Japonais Naoya Ogawa (quadruple champion du monde). Ne réussissant pas à porter une attaque franche sur le Français, Stöhr est disqualifié pour non-combativité. Un mouvement de jambes du Japonais Ogawa lors du combat suivant met ippon Douillet qui ne peut plus prétendre à l'or olympique. Repêché, il est opposé au Cubain Franck Moreno Garcia lors du combat pour la médaille de bronze. Réalisant un mouvement de jambes quelques secondes avant la fin du duel, David Douillet termine troisième et remporte sa première récompense olympique à 23 ans.

Succès internationaux[modifier | modifier le code]

En 1993, les Championnats du monde se déroulent à Hamilton au Canada. Troisième du Tournoi de Paris en début d'année puis vice-champion d'Europe à Athènes en mai, il aborde ambitieux les mondiaux. Vainqueur de l'Estonien Indrek Pertelson au premier tour, du Polonais Kubacki en demi-finale, il s'impose en finale contre le Géorgien David Khakhaleichvili, champion olympique en titre et favori, grâce à un waza-ari à une minute trente de la fin du combat[6][7]. Il prend ainsi sa revanche sur celui qui l'avait battu en finale des précédents Championnats d'Europe[4]. Sacré champion du monde à 24 ans, il est le premier français lauréat du titre mondial dans la catégorie des poids lourds. Toujours dans cette catégorie, il devient champion d'Europe l'année suivante à Gdansk en Pologne en battant en final le local Rafał Kubacki[4]. Entretemps, en octobre 1993, il remporte le titre de champion d'Europe par équipes nationales à Francfort[4].

Dans l'optique des Jeux olympiques de 1996, les Championnats du monde 1995 tenus à Chiba au Japon constituent une étape obligatoire pour espérer participer au rendez-vous américain[8]. Pour la première fois à ce niveau, il s'aligne à la fois dans la catégorie des poids lourds et celle des toutes catégories. Terminant chacun de ses combats par ippon, il conserve tout d'abord sa médaille d'or en poids lourds. Après le Nippon Naoya Ogawa, l'Espagnol Ernesto Pérez en demi-finale, il bat l'Allemand Frank Möller en moins de deux minutes lors de la finale[9]. Il est le deuxième français conservant son titre mondial après Fabien Canu à la fin des années 1980. Trois jours après cette première victoire, il se qualifie en finale des toutes catégories et bat le Russe Sergei Kossorotov par une immobilisation au sol[10]. Il devient le troisième judoka à réaliser ce doublé, les deux premiers étant Yasuhiro Yamashita en 1981 et Naoya Ogawa en 1989[11].

Consécration olympique puis blessures[modifier | modifier le code]

Sélectionné pour les Jeux olympiques de 1996 organisés à Atlanta, au Georgia World Congress Center, Douillet passe les premiers tours sans difficultés face au Belge Harry Van Barneveld, au Luxembourgeois Müller et à l'Autrichien Krieger[4]. En demi-finale, il est opposé au Japonais Naoya Ogawa, ce même judoka qui l'avait battu au même stade du tournoi olympique de Barcelone quatre ans plus tôt. À l'issue d'un combat serré qualifié de « finale avant la finale » par le Français[12], il se qualifie pour la finale lors de laquelle il affronte l'Espagnol Ernesto Perez Lobo qui avait été battu par le Français lors des mondiaux de Chiba. À trois minutes de la fin de cette finale, Douillet réalise un uchi-mata — fauchage intérieur de la cuisse — en bordure de tapis jugé ippon[13]. Il devient ainsi le second Français champion olympique des poids lourds, après Angelo Parisi aux Jeux de Moscou en 1980. Le jour-même, il reçoit sa médaille d'or des mains du Néerlandais Anton Geesink, champion olympique en 1964. Mais il a dû attendre 1997 pour se voir décerner la vraie médaille d'or olympique pourtant conquise l'année précédente. En effet, les organisateurs américains des Jeux d'Atlanta avaient interverti les cérémonies de remise des médailles des compétitions masculines et féminines. Ainsi, le Néerlandais Anton Geesink, champion olympique toutes catégories en 1964, remet au judoka français la médaille d'or destinée à la judokate chinoise Fuming Sun, championne olympique des poids lourds chez les femmes. Ce n'est qu'en 1997 à Paris, lors des Mondiaux 1997, que les différents acteurs sont une nouvelle fois réunis pour décerner les bonnes médailles cette fois-ci[14].

Le 30 septembre 1996, David Douillet est sérieusement blessé au mollet et à l'épaule droite dans un accident de moto[15]. Malgré la convalescence et les huit mois de rééducation, il déclare trouver dans cette péripétie le moyen de se relancer après le contre-coup de sa médaille d'or olympique : « Cet accident m’a redonné l’envie. Après Atlanta, j’avais l’impression d’avoir fait le tour. J’avais tout gagné... Puis, après l’accident, j’avais un nouveau challenge, celui de redevenir d’abord un athlète, puis un athlète performant[16]. » Retrouvant son poids de forme estimé à 125 kg, il renoue avec la compétition des Jeux méditerranéens en juin 1997 à Bari. Il obtient une médaille d'or grâce à sa victoire en finale contre le champion d'Europe en titre, Selim Tataroğlu[4]. Il retrouve ce même judoka en demi-finale des Championnats du monde organisés à Paris quelques mois plus tard. Qualifié pour la finale, il bat le Japonais Shinichi Shinohara par disqualification de ce dernier[17]. Il égale ainsi dans l'histoire des mondiaux Yasuhiro Yamashita en remportant une troisième couronne mondiale chez les poids lourds, la quatrième de sa carrière. Cette victoire clôt une période marquée non seulement par son accident de moto mais aussi par les difficultés financières rencontrées par l'entreprise dont David Douillet est alors actionnaire[18]. Toutefois, une douleur à l'épaule gauche l'écarte une nouvelle fois des tatamis après les mondiaux de Paris[15]. De même, en août 1998, il est victime d'une entorse au poignet, une blessure qui l'écarte des compétitions plusieurs mois durant.

Deuxième titre olympique avant la retraite[modifier | modifier le code]

David Douillet Judo pictogram.svg
Illustration manquante : importez-la
Contexte général
Sport pratiqué Judo
Période active 1988 (premier championnat de France senior) - 2000
Biographie
Nationalité sportive Française
Naissance 17 février 1969
Taille 1,96 m
Palmarès
Or Arg. Bro.
Jeux olympiques 2 0 1
Championnats du monde 4 0 0
Championnats d'Europe 1 1 2
Meilleurs résultats en Grands Chelems
Tournoi Paris Moscou Rio Tokyo
Résultat médaille d'argent : 1

Après presque deux années marquées par les blessures et de nombreux forfaits, il est sélectionné pour les Championnats d'Europe 1999 se tenant à Bratislava en Slovaquie. Aligné uniquement en toutes catégories, il est battu en quart-de-finale par l'Espagnol Pérez puis en repêchages par le Néerlandais Dennis van der Geest, terminant donc à la septième place[4]. L'année suivante, sont organisés à Birmingham les Championnats du monde 1999, étape essentielle à moins d'un an des Jeux olympiques d'été de 2000. Cependant, il doit déclarer forfait à deux jours de la compétition en raison d'une pubalgie[19]. Malgré cette blessure, il réaffirme son objectif en déclarant à propos des Jeux : « Sydney ? Il faudrait qu’on me coupe une jambe pour que je n’y aille pas[19]

Les mois qui suivent, sa préparation est cependant perturbée par de nouveaux problèmes physiques au dos. Il n'effectue ainsi sa rentrée qu'un mois et demi avant l'événement olympique lors d'une compétition à Bonn[15]. Battu en demi-finale par l'Allemand Frank Möller, il prend la troisième place d'une compétition mineure mais essentielle pour envisager un retour au haut-niveau[20]. Ce retour est jugé encourageant par son entraîneur Marc Alexandre mais il ne cache pas les inquiétudes quant aux retards accumulés dans sa préparation[20].

En dépit des doutes sur sa condition physique, David Douillet est présent à Sydney en Australie pour la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques. En effet, il est désigné porte-drapeau de la délégation française par le CNOSF succédant ainsi à l'athlète Marie-José Pérec[21]. Une semaine après cette cérémonie, le 22 septembre 2000, se déroule le tournoi des poids lourds auquel David Douillet participe finalement[22]. Après une première victoire par forfait[23], il affronte lors du deuxième tour le Turc Selim Tataroğlu, récent médaillé d'argent européen. Vainqueur par ippon grâce à un o-uchi-gari, il se qualifie pour les quarts-de-finale lors desquels il bat par disqualification le Belge Harry van Barneveld[23]. Sortant vainqueur du combat face à l'Estonien Indrek Pertelson, il se qualifie pour la finale grâce à un ippon réalisé en moins d'une minute. Il y affronte le Japonais Shinichi Shinohara, double champion du monde l'année passée à Birmingham. Cette revanche des Championnats du monde 1997 tourne de nouveau à l'avantage du Français mais est marqué par une controverse. Une minute et trente secondes après le début du match, un mouvement de jambes est sanctionné d'un yuko en faveur de Douillet. Ce mouvement est contesté par le camp japonais estimant que Shinohara a contré le Français dans son attaque par un uchimata-sukashi. Ainsi, Yasuhiro Yamashita, l'entraîneur de Shinohara, proteste énergiquement après le combat estimant que son judoka méritait un ippon sur cette séquence, comme l'avait par ailleurs jugé un des trois arbitres[24]. Sanctionné quelques secondes plus tard pour non-combativité, Douillet reprend l'avantage dans la dernière minute en bénéficiant d'un second yuko, un avantage définitif. En remportant un deuxième titre olympique d'affilée, David Douillet devient le judoka le plus titré de l'histoire lors des championnats internationaux[25] : avec six titres internationaux majeurs (deux titres olympiques, quatre titres mondiaux), il dépasse le Japonais Yamashita (un titre olympique, quatre titres mondiaux) en activité dans les années 1970 et 1980. Par ailleurs, cette victoire marque la fin de la carrière de David Douillet qui annonce sa retraite sportive juste après la compétition[26].

Popularité[modifier | modifier le code]

Bien qu'il ne soit plus le judoka le plus médaillé aux Jeux olympiques depuis le troisième titre olympique du japonais Tadahiro Nomura en 2004, David Douillet conserve une place prépondérante dans les bilans mondiaux. Il est ainsi l'un des quatre judokas triples médaillés aux Jeux. Aux Championnats du monde, il est l'un des quatre judokas sacrés à quatre reprises, les trois autres étant les Japonais Naoya Ogawa, Shozo Fujii et Yasuhiro Yamashita (seul son compatriote Teddy Riner fait mieux avec sept titres). Son second titre olympique en 2000 lui vaut de recevoir le titre de « Champion des champions français » décerné par le quotidien sportif français L'Équipe[27], une deuxième récompense après celle similaire de 1996.

Il a fait, aussi, son entrée dans le dictionnaire Larousse en novembre 1997, une reconnaissance rare pour un sportif toujours en activité[28]. La même année, le musée Grévin réalise une statue de cire de lui[28], une première pour un judoka français.

En 2005, il est l'un des porte-drapeau de la candidature malheureuse de Paris 2012 pour l'organisation des Jeux olympiques dans la capitale française. De 1999 à 2003, il est membre du CLPD ou Conseil de lutte et de prévention contre le dopage[29]. Reconnu pour son palmarès au niveau international, il est l'une des quarante personnalités sportives membres de l'Académie des Laureus World Sports Awards[30] (seul français avec Marcel Desailly).

De 1997 à 2009, David Douillet est parrain de l'opération caritative « Pièces Jaunes » organisée par la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France, présidée par Bernadette Chirac. Après son deuxième titre olympique, il est nommé ambassadeur pour la jeunesse auprès de l'UNESCO en 2001[31]. Ces actions participent à sa notoriété puisqu'il est, plusieurs années durant, l'une des personnalités préférées des Français[32]. Autre signe de sa notoriété, il a sa marionnette dans l'émission satirique populaire Les Guignols de l'info diffusée sur Canal+.

Reconversions[modifier | modifier le code]

Un homme d'images[modifier | modifier le code]

Affaires[modifier | modifier le code]

Sa carrière sportive finie, David Douillet se reconvertit d'abord en chef d'entreprise. Avant sa retraite, celle-ci est mise à mal lorsque la société Travelstore, une agence de voyage dont David Douillet était actionnaire, connaît la faillite en août 1997 ; il se dit alors victime d'une escroquerie[33]. Il est impliqué en 2000 dans une affaire de complicité et recel de banqueroute par détournement d'actifs de la société Travelstore, dont il détenait 21 % du capital. Il bénéficie en 2002 d'une amnistie[34] mais plusieurs médias se sont interrogés sur la pertinence d'un amendement de cette loi d'amnistie votée en 2002[35] qui permet l'arrêt des poursuites avant le jugement et profite également à d'autres sportifs proches du couple Chirac, notamment Guy Drut (député UMP impliqué dans l'affaire des marchés publics d'Île-de-France et bénéficiaire d'un emploi fictif à la Sicra, filiale de Vivendi) ou Jean-François Lamour[36],[37],[38],[39].

Sport[modifier | modifier le code]

Il prête son nom à plusieurs marques de matériel sportif de remise en forme, des équipements pour le camping ou la randonnée ainsi que des kimonos sous la signature DD (Double D)[40], et même à un jeu vidéo de simulation du judo, David Douillet Judo[41], ou encore à une piste de ski située à Les Ménuires[42].

Il est nommé au sein du comité directeur de la Fédération française de judo en 2005 et 2008[41],[43].

Télévision[modifier | modifier le code]

Après un passage au sein de sociétés de production de télévision[41] et sur les chaînes du groupe France télévisions, il rejoint Canal+ où il est consultant judo[41]. Il a auparavant acquis des droits de diffusion des compétitions comme le Tournoi de Paris et les Championnats du monde de judo[41]. Il agit également dans la préparation des retransmissions d'événements comme les Jeux olympiques ou les 24 heures du Mans sur la chaîne cryptée. En outre, il apparaît occasionnellement dans des spots publicitaires.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Parcours[modifier | modifier le code]

David Douillet s'investit en politique à partir de 2009.

David Douillet, ministre des Sports, lors d'une réunion publique début 2012[44].

Le 4 mars 2009, il est nommé secrétaire national à la vie sportive de l'UMP[45]. Le 10 septembre 2009, Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche et présidente du comité UMP des Yvelines, annonce que David Douillet demande à être investi par l'UMP pour être candidat à l'élection législative partielle dans la 12e circonscription des Yvelines des 11 et 18 octobre 2009[46]. Avec 52,10 % des suffrages exprimés au second tour, il est élu député face au maire socialiste de Poissy, Frédérik Bernard[47]. À l'Assemblée nationale, il est membre de la commission du développement durable et de l'aménagement du territoire.

Le 21 mars 2010, il est élu conseiller régional d'Île-de-France pour le département des Yvelines sur la liste d'opposition UMP de Valérie Pécresse[48].

Le 29 juin 2011, il est nommé secrétaire d'État auprès du ministre d’État, ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé des Français de l'étranger[49]. Joël Regnault lui succède le mois suivant à l'Assemblée nationale.

Le 26 septembre 2011, il est nommé ministre des Sports en remplacement de Chantal Jouanno, démissionnaire pour siéger au Sénat[50],[51]. Il conserve son poste jusqu'à la démission du gouvernement de François Fillon, le 10 mai 2012.

Le 17 juin 2012, il est réélu député de la 12e circonscription des Yvelines. Le 10 octobre 2012, il annonce qu'il soutient François Fillon lors du congrès pour la présidence de l'UMP[52].

Le 11 avril 2014, un peu moins de 3 semaines après l'élection du nouveau maire de Poissy, David Douillet, qui était sur sa liste, a décidé de démissionner de son mandat de conseiller municipal.

Le 9 décembre 2014, Nicolas Sarkozy, élu président de l'UMP, le nomme délégué général de l'UMP chargé des nouveaux adhérents[53].

Polémique[modifier | modifier le code]

En 2009, à l'occasion de son arrivée en politique, plusieurs médias relèvent des propos sexistes et homophobes [Note 1] dans les livres qu'il a publiés en 1998, 2000 et 2003[54]. En février 2013, pendant le débat sur le projet de loi sur le mariage des couples de même sexe à l'Assemblée nationale, auquel il s'oppose, Christiane Taubira rappelle et lit les propos incriminés[55].

Vie privée[modifier | modifier le code]

David Douillet a une fille nommée Myriam[56], un fils Jérémie (joueur professionnel de basket-ball), et un autre fils, Christopher, dont il ne connaîtra l'existence qu'en 2001 alors âgé de 10 ans. Avec sa seconde femme Valérie, ils sont à la tête d'une famille recomposée de 6 enfants. Chacun ayant eu 2 enfants d'une précédente union, ils ont eu un fils ensemble, Mattéo, et un enfant « caché » pour David[réf. nécessaire].

Récompenses et palmarès[modifier | modifier le code]

Championnats et Jeux olympiques[modifier | modifier le code]

Année Compétition Lieu Résultat Catégorie
1989 Championnats d'Europe juniors Athènes 3e Plus de 95 kg
1990 Championnats d'Europe par équipes Dubrovnik 2e Plus de 95 kg
1991 Championnats d'Europe Prague 3e Plus de 95 kg
1991 Championnats du monde militaires Nîmes 2e Plus de 95 kg
1991 Championnats du monde militaires Nîmes 2e Toutes catégories
1992 Championnats d'Europe Paris 3e Plus de 95 kg
1992 Jeux olympiques Barcelone 3e Plus de 95 kg
1993 Championnats d'Europe Athènes 2e Plus de 95 kg
1993 Championnats du monde Hamilton 1er Plus de 95 kg
1993 Championnats d'Europe par équipes Francfort 1er Plus de 95 kg
1994 Championnats d'Europe Gdansk 1er Plus de 95 kg
1994 Coupe du monde par équipes Paris 1er Plus de 95 kg
1994 Jeux de la francophonie Bondoufle/Paris 1er Plus de 95 kg
1995 Championnats du monde Chiba 1er Plus de 95 kg
1995 Championnats du monde Chiba 1er Toutes catégories
1996 Jeux olympiques Atlanta 1er Plus de 95 kg
1997 Jeux méditerranéens 1997 Bari 1er Plus de 95 kg
1997 Championnats du monde Paris 1er Plus de 95 kg
1999 Championnats d'Europe Bratislava 7e Toutes catégories
2000 Jeux olympiques Sydney 1er Plus de 100 kg

Autres[modifier | modifier le code]

  • Grade : Ceinture blanche et rouge 7e DAN au 7 avril 2010.
  • En club
    • médaille d'or Champion d'Europe par équipe avec le PSG Judo en 1995.
  • Championnats de France
    • médaille d'ormédaille d'or 2 titres de champion de France seniors, en 1991 et 1992.
    • médaille d'or 1 titre de champion de France juniors, en 1988.

Reconnaissances[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages de ou avec David Douillet
  • 110 % : 18 clés pour devenir un champion de la vie, J'ai lu, 2003.
  • L'âme du conquérant, Robert Laffont, 1998[59].
Ouvrages autour de David Douillet

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « C'est la mère qui a dans ses gènes, dans son instinct, cette faculté originelle d'élever les enfants » ou « On dit que je suis misogyne, mais tous les hommes le sont. Sauf les tapettes. » - L'âme du conquérant, 1998
  1. Jusqu'en 1998, la catégorie des « poids lourds » est réservée aux plus de 95 kg. Dès lors, seuls les plus de 100 kg peuvent y combattre.
  2. Charpentier et Boissonnade, op. cit., p. 738.
  3. Charpentier et Boissonnade, op. cit., p. 740.
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n (en) Profil de David Douillet, sur judoinside.com. Consulté le 14 octobre 2009.
  5. « Championnats d'Europe de judo : Campargue et Douillet retenus », sur humanite.fr, site de L'Humanité, 29 avril 1992. Consulté le 14 octobre 2009.
  6. « L’étonnante ascension de David Douillet », sur humanite.fr, site de L'Humanité, 2 octobre 1993. Consulté le 14 octobre 2009.
  7. Douillet en or massif, L'Equipe, p.15, 30 septembre 2014. Consulté le 30 septembre 2014.
  8. « Chiba, dernier test avant Atlanta », sur humanite.fr, site de L'Humanité, 29 septembre 1995. Consulté le 14 octobre 2009.
  9. « David Douillet réussit un doublé de poids », sur humanite.fr, site de L'Humanité, 29 septembre 1995. Consulté le 14 octobre 2009.
  10. « Douillet fait coup double », sur humanite.fr, site de L'Humanité, 2 octobre 1995. Consulté le 14 octobre 2009.
  11. Charpentier et Dussonnade, op. cit., p. 742.
  12. Fiche d'identité de David Douillet sur le site des Jeux olympiques d'été de 2008. Consulté le 14 octobre 2009.
  13. (es) « Un «Uchi-mata» rompe el sueño », sur elmundo.es, site de El Mundo, 21 juillet 1996. Consulté le 14 octobre 2009.
  14. Charpentier - Boissonnade, La Grande Histoire des Jeux olympiques, 1999, p 737.
  15. a, b et c Ludovic Mauchien, Dosier consacré au judoka français sur le site du quotidien français L'Équipe, sur lequipe.fr. Consulté le 15 octobre 2009.
  16. « Déterminé, Douillet sort de son nid », sur humanite.fr, site de L'Humanité, 9 octobre 1997. Consulté le 14 octobre 2009.
  17. « Douillet, un colosse dans l'histoire », sur humanite.fr, site de L'Humanité, 10 octobre 1997. Consulté le 15 octobre 2009.
  18. « David Douillet : " J’ai été piégé par des escrocs " », sur humanite.fr, site de L'Humanité, 7 août 1997. Consulté le 15 octobre 2009.
  19. a et b « David Douillet tourne le dos au Mondial », sur humanite.fr, site de L'Humanité, 5 octobre 1999. Consulté le 15 octobre 2009.
  20. a et b « David Douillet n'est pas encore Goliath », sur humanite.fr, site de L'Humanité, 14 août 2000. Consulté le 15 octobre 2009.
  21. « Douillet élu », sur liberation.fr, site de Libération, 7 septembre 2000. Consulté le 15 octobre 2009.
  22. Ludovic Mauchien, « Les hommes dans l'incertitude », sur lequipe.fr, site de L'Équipe. Consulté le 15 octobre 2009.
  23. a et b (en) Résultats complets des Jeux olympiques de 2000, sur la84foundation.org. Consulté le 15 octobre 2009.
  24. (en) « Furious Japanese claim French judo foul », sur bbc.com, site de la BBC, 22 septembre 2000. Consulté le 15 octobre 2009.
  25. (en) Barnaby Chesterman, 2000 Olympic Games in Sydney, Australia (DAY 7: WOMEN +78kg, MEN +100kg), sur twoj.org, site du The World of Judo Magazine. Consulté le 15 octobre 2009.
  26. « Douillet, c’est énorme ! », sur humanite.fr, site de L'Humanité, 23 septembre 2000. Consulté le 15 octobre 2009.
  27. Platini, joueur français du siècle, sur humanite.fr, site de L'Humanité, 27 décembre 2000. Consulté le 15 octobre 2009.
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  56. « Invités : David Douillet et Gérald De Palmas - TPMP », sur D8,‎ 8 janvier 2014 (consulté le 8 janvier 2014).
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  59. http://leplus.nouvelobs.com/contribution/196817;david-douillet-ministre-des-sports-tapettes-et-gonzesses-planquez-vous.html

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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