Henri Wallon (1812-1904)

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Henri Wallon vers 1875-1876.

Henri Alexandre Wallon, né à Valenciennes le et mort à Paris le , est un historien et homme politique français. Ce député monarchiste est célèbre pour avoir été à l'origine malgré lui de l'amendement qui a fait entrer le mot « république » dans les projets des lois constitutionnelles de 1875, ce qui a, en quelque sorte, définitivement « fondé » la Troisième République, auparavant provisoire.

Biographie[modifier | modifier le code]

S'étant consacré à une carrière littéraire, il devint, en 1840, professeur à l'École normale supérieure sous le patronage de Guizot, à qui il succéda comme professeur à la Sorbonne en 1846. Ses travaux sur l'esclavage dans les colonies françaises (1847) et sur l'esclavage dans l'Antiquité (Histoire de l'esclavage dans l'Antiquité, 1848, rééditée en 1879) le firent entrer, après la Révolution de 1848, dans une commission pour la réglementation du travail dans les possessions coloniales françaises et, en novembre 1849, il fut élu représentant de la Guadeloupe à l'Assemblée législative en demandant à être suppléé par un ancien esclave (Louisy Mathieu). Il démissionna en 1850, désapprouvant la mesure adoptée par la majorité pour restreindre le droit de vote. La même année, il fut élu membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, dont il devint secrétaire perpétuel en 1873.

Sous le Second Empire, il se retira de la vie politique et se consacra à sa charge de professeur d'histoire et à l'écriture de livres d'histoire, dont les plus originaux sont une biographie, Richard II, épisode de la rivalité de la France et de l'Angleterre (2 vols., 1864). Bien que républicain, il montra des vues résolument cléricales dans sa Jeanne d'Arc (2 vols., 1860 ; 2e rédacteur., 1875) ; La Vie de Notre Seigneur Jésus (1865), une réponse à la Vie de Jésus d'Ernest Renan ; et Saint Louis et son temps (1871 ; 4e éd., 1892), qui est également un ouvrage hagiographique.

Revenu à la politique après la guerre franco-prussienne, Wallon fut réélu dans le département du Nord en 1871 et prit une part active aux procédures de l'Assemblée. Il s'immortalisa en présentant sa proposition pour l'établissement de la République dont le président serait élu pour sept ans et rééligible ; après des discussions houleuses, elle fut adoptée par l'Assemblée le 30 janvier 1875. « Ma proposition, déclara-t-il, ne proclame pas la République, elle la fait. »

Article détaillé : Amendement Wallon.
Caricature parue en 1875 dans Le Trombinoscope de Touchatout.

Après l'établissement définitif de la République, Wallon devint ministre de l'Instruction publique et effectua beaucoup de réformes utiles, mais ses vues étaient trop conservatrices pour la majorité de la Chambre et il se retira en mai 1876. Il avait été choisi en tant que sénateur inamovible en décembre 1875. Retourné à ses études historiques, Wallon publia quatre ouvrages importants, sinon par leur contenu, du moins par les documents qui les accompagnent :

  • La Terreur (1873)
  • Histoire du tribunal révolutionnaire de Paris avec le journal de ses actes (6 vols., 1880-1882)
  • La Révolution du 31 mai et le fédéralisme en 1793 (2 vols., 1886)
  • Les Représentants du peuple en mission et la justice révolutionnaire dans les départements (5 volumes, 1880-1890).

Il publia par ailleurs un certain nombre d'articles dans le Journal des savants ainsi que des mémoires sur l'histoire de l'Académie des inscriptions.

À sa mort, en 1904, il fut enterré au cimetière du Montparnasse à Paris.

Henri Wallon est le grand-père du psychologue et homme politique Henri Wallon.

Dates[modifier | modifier le code]

Postérité[modifier | modifier le code]

Un lycée porte son nom à Valenciennes et un autre à Aubervilliers.

Un collège porte son nom à Saint-Martin-d'Hères (agglomération Grenobloise) à Lanester (agglomération de Lorient), un à Vigneux-sur-Seine et un autre à Aubervilliers

Un timbre à son effigie a été émis par La Poste le samedi 13 novembre 2004, date de l'émission « Premier Jour », à l'occasion de la célébration du centenaire de sa mort.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Nicolet, Henri Wallon : de l’esclavage antique à l’esclavage moderne, Académie des sciences morales et politiques, 2004. [lire en ligne]
  • Francis Przybyla, Le blé, le sucre et le charbon. Les parlementaires du Nord et leur action (1881-1889), Presses Univ. Septentrion, 2007, 448 p., dépliant.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]