Alain Joyandet

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Alain Joyandet
Alain Joyandet, en 2010.
Alain Joyandet, en 2010.
Fonctions
Sénateur de la Haute-Saône
En fonction depuis le 1er octobre 2014
2 octobre 199518 juin 2002[1]
Député de la 1re circonscription de la Haute-Saône
19 juin 200219 avril 2008
Prédécesseur Christian Bergelin
Successeur Patrice Debray
5 août 201019 juin 2012
Prédécesseur Patrice Debray
Successeur Alain Chrétien
Secrétaire d'État à la Coopération et à la Francophonie
18 mars 20084 juillet 2010
Gouvernement François Fillon II
Prédécesseur Jean-Marie Bockel
Successeur Poste supprimé de juill. à nov. 2010
Henri de Raincourt (UMP)
Yamina Benguigui (PS) (Francophonie)
Maire de Vesoul
19 juin 199514 janvier 2012
Prédécesseur Loïc Niepeceron
Successeur Alain Chrétien
Biographie
Date de naissance 15 janvier 1954 (60 ans)
Lieu de naissance Dijon, Côte-d'Or
Nationalité Drapeau de la France française
Parti politique RPR, UMP
Profession Éditeur

Alain Joyandet, né le 15 janvier 1954 à Dijon, est un entrepreneur et un homme politique français, membre du RPR puis de l'UMP.

Industriel et patron de presse locale, il a été secrétaire d'État chargé de la Coopération et de la Francophonie, du 18 mars 2008 au 4 juillet 2010, date à laquelle, mis publiquement en difficulté au sein du gouvernement, il démissionna de son poste.

Il a été maire de Vesoul pendant 17 ans, de 1995 à 2012, et député de la 1re circonscription de la Haute-Saône.

En 2014, deux ans après avoir quitté tous ses mandats politiques, il redevient sénateur.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et formation[modifier | modifier le code]

Il est le fils d'un hôtelier-restaurateur devenu marchand de bestiaux et d'une commerçante.

Il suit des études secondaires au lycée Montchapet à Dijon, puis au lycée Cournot à Gray et entame des études de médecine à Dijon avant de bifurquer vers le journalisme.

Homme de médias[modifier | modifier le code]

Entre 1974 et 1978, il travaille alors pour l'hebdomadaire de Haute-Saône La Presse de Gray[2]. En 1981, il lance La Presse de Vesoul, et avec la libéralisation des ondes, fonde un réseau de radios locales, dont Radio Val-de-Saône (RVS). En 1982, il fonde et préside le Club des créateurs d’entreprises de la Haute-Saône[2].

Il rachète en 1986 le Groupe des éditions comtoises (GREC), propriétaire de La Presse de Gray, et regroupe ces entreprises au sein de la Société nouvelle des éditions comtoises (Snec), groupe médiatique d'une cinquantaine de salariés en 2009[3], qui comprend également à partir de 1996, Franche-Comté impressions, imprimerie basée à Auxonne[2]. Il prend également en 1986 la présidence du club de football USFC Vesoul, qu'il abandonnera lors de son élection à la mairie de Vesoul, neuf ans plus tard[2].

Membre fondateur en 1991 du GIE « Les Indépendants », devenu « Les Indés Radios », regroupant des radios régionales, il revend ses stations à NRJ Group. En 2005, il lance L'Hebdo de Besançon[3]. Il est également propriétaire à 99 % de Médiatour, SARL au capital d'1,85 million d'euros, qui regroupe ses activités nautiques et dont sa femme est gestionnaire. Médiatour possède 80 % de trois sociétés : Bateaux Moteur Bavaria France, Europe Yachts et Yachting Selection, qui sont toutes trois gérées par sa fille et qui achètent, vendent et louent des bateaux de plaisance[4].

Maire de Vesoul et parlementaire[modifier | modifier le code]

Il entre en politique en 1989, comme conseiller municipal d'opposition de Vesoul, s'opposant notamment à la privatisation de la gestion de l'eau de ville[5]. En 1992, il prend la tête de la Communauté de communes de l'agglomération de Vesoul et devient vice-président du conseil général de la Haute-Saône après son élection dans le canton de Vesoul-Ouest[3].Il est élu maire de la ville en 1995, face au maire socialiste sortant Loïc Niepceron, et sénateur de la Haute-Saône. Il quitte la présidence de la Communauté de communes de l'agglomération de Vesoul en 1998, et est réélu à la mairie en 2001.

Secrétaire national du RPR chargé des nouvelles technologies, il met en place dans sa ville, à partir de 1998, le projet Etoile, qui vise à connecter à Internet les établissements scolaires et les administrations et à initier des habitants au multimédia via un espace public numérique[6]. Membre du bureau politique du RPR puis de l'UMP, il est proche d'Alain Juppé puis de Nicolas Sarkozy. Il devient ensuite secrétaire national aux fédérations de l'UMP.

Il quitte le Sénat lorsqu'il est élu député de la première circonscription de la Haute-Saône, lors des législatives de juin 2002. Il est réélu député le 10 juin 2007, pour la XIIIe législature (2007-2012), sous l'étiquette UMP. Début 2012, il annonce quitter son poste de maire de Vesoul, qu'il occupait depuis 17 ans[7]. La succession avait été préparée depuis plusieurs années : son report de 2010 à 2012 avait causé des tensions avec Alain Chrétien[8]. Il annonce peu après qu'il ne se présentera pas pour un nouveau mandat de député, bien qu'il ait obtenu l'investiture de l'UMP[9].

Secrétaire d'État chargé de la Coopération et de la Francophonie[modifier | modifier le code]

Alain Joyandet, en janvier 2008.

Homme de confiance de Nicolas Sarkozy et proche des milieux maçonniques[10], il est nommé, lors du remaniement ministériel suivant les élections municipales de 2008, secrétaire d'État chargé de la Coopération et de la Francophonie dans le gouvernement François Fillon II, en remplacement de Jean-Marie Bockel. Il conserve la mairie de Vesoul et son suppléant à l'Assemblée nationale, Patrice Debray, lui succède comme député.

Comme secrétaire d'État, à l'opposé de son prédécesseur qui avait affirmé vouloir mettre fin à la Françafrique, il renoue les relations avec les dirigeants africains, rencontrant à Libreville Omar Bongo trois semaines après sa nomination. Alors que son ministre de tutelle, Bernard Kouchner, s'occupe peu de ce continent, Alain Joyandet se fait la voix du secrétaire général de l'Élysée Claude Guéant et le conseiller de Nicolas Sarkozy, Robert Bourgi, qui mènent une diplomatie parallèle dans ces pays. Il défend une politique pragmatique, soutenant l'élection d'Ali Bongo au Gabon[11]. Après être intervenu pour le règlement de la crise politique à Madagascar, il acte l'arrivée au pouvoir du putschiste Andry Rajoelina[12]. Il est critiqué lorsqu'il se montre aux côtés de putschistes, le Mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz et le Guinéen Moussa Dadis Camara[13]. Son action s'appuie sur une vision « entrepreneuriale » de la coopération, via l'encouragement de l'investissement privé en Afrique plutôt que les prêts, sans parvenir à s'affirmer vis-à-vis de l'Agence française de développement, et sur la promotion de la francophonie[13],[11]. Sa proposition de faire financer partiellement l'aide au développement en Afrique par un loto a reçu un accueil contrasté[14].

Seul candidat à la primaire, il est désigné par les militants UMP pour conduire la liste du parti à l'élection régionale de 2010 en Franche-Comté, obtenant 2 365 voix[15]. En tête du premier tour, cité en exemple par Nicolas Sarkozy pour sa ténacité et sa défense du bilan gouvernemental lors de la campagne, il s'incline face à la socialiste Marie-Guite Dufay, dans une triangulaire avec le Front national, la liste qu'il conduit recueillant 38,35 % des voix contre 47,43 à celle de son adversaire de gauche[16], sans que sa carrière ministérielle ne soit remise en cause. Durant cette campagne, il gère le rapatriement de deux jeunes franc-comtoises condamnées pour trafic de drogue en République dominicaine[12].

Sa location d'un jet privé pour 116 500 € afin de se rendre en Martinique, où il devait participer à une conférence internationale pour la reconstruction après le tremblement de terre d'Haïti, déclenche une polémique qui pousse le Premier ministre François Fillon à rappeler les règles concernant les conditions de déplacement des membres du gouvernement[17],[18]. Quelques mois plus tard, Le Canard enchaîné le soupçonne d'avoir bénéficié d'un permis de construire illégal pour l'agrandissement de sa maison de Grimaud (Var), permis auquel il renonce peu après tout en clamant son innocence[19].

Ébranlé par ces deux affaires et dans un climat plus général de mise en cause de plusieurs membres du gouvernement, il annonce sa démission du gouvernement le 4 juillet 2010[20]. Le porte parole du gouvernement Luc Chatel précise ensuite que ce sont le président Nicolas Sarkozy et le Premier ministre François Fillon qui ont demandé cette démission, en même temps que celle du secrétaire d'État au Grand Paris Christian Blanc, lui aussi au centre d'une polémique[21]. Toutefois, selon une partie de la presse française, c'est en réalité Alain Joyandet qui a pris l'initiative de sa démission, contre l'avis de Nicolas Sarkozy, qui aurait souhaité attendre la rentrée[22].

Il retrouve automatiquement son mandat de député un mois après son départ du gouvernement, le 5 août 2010.

Il devient secrétaire général adjoint de l'Association des Amis de Nicolas Sarkozy en 2012.

Il soutient la candidature de François Fillon pour la présidence de l'UMP lors du congrès d'automne 2012.

Il est réélu en 2014 à la présidence du conseil de surveillance du nouveau centre hospitalier de Vesoul (dont il est à la tête depuis 1995). La même année, il se présente aux élections sénatoriales en Haute-Saône et il l'emporte dès le premier tour.

Le 13 décembre 2014, il présente sa candidature pour les élections régionales de 2015 en région Bourgogne-Franche-Comté.

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Démissionne suite à son élection à l'Assemblée nationale
  2. a, b, c et d diplomatie.gouv.fr, France Diplomatie.
  3. a, b et c « Le système Joyandet à Vesoul : M. le maire au scanner », L'Express, 28 janvier 2009
  4. David Servenay, « Alain Joyandet, un homme d'affaires au gouvernement », Rue89, 24 février 2010.
  5. Séverin Husson, « Le système Joyandet à Vesoul : L'art du verrouillage », L'Express, 28 janvier 2009
  6. « Ces personnalités qui font avancer la région », Les Echos n° 18489 du 17 septembre 2001
  7. http://franche-comte.france3.fr/info/vesoul--l-adieu-a-la-mairie-d-alain-joyandet-72039688.html
  8. « Alain Joyandet cède la mairie de Vesoul à Alain Chrétien », MaCommune.info, 15 janvier 2012
  9. La Presse de Vesoul, 5 avril 2012
  10. Ludovic Vigogne, « Le système Joyandet à Vesoul : Au service du président », L'Express, 28 janvier 2009
  11. a et b Philippe Bernard, « Alain Joyandet, fidèle exécutant de la realpolitik africaine de Nicolas Sarkozy », Le Monde du 6 juillet 2010
  12. a et b « Alain Joyandet : voir Vesoul et parcourir l'Afrique », Nouvelobs.com et AFP, 5 juillet 2010
  13. a et b Marianne Enault, «  Joyandet, commis voyageur », leJDD.fr, 5 juillet 2010
  14. « Un loto pour financer l'aide au développement en Afrique », L'Express, 7 août 2009.
  15. « http://www.u-m-p.org/site/index.php », Les résultats aux primaires régionales.
  16. Élections régionales de 2010 - résultats en Franche-Comté sur le site du ministère de l'Intérieur.
  17. « Un ministre se paye un vol en jet privé à 116.500 euros pour sauver Haïti »
  18. « Matignon serre la vis sur les voyages », Le Figaro, 2 avril 2010.
  19. « Alain Joyandet renonce à son permis de construire », Le Monde, 22 juin 2010.
  20. « Alain Joyandet démissionne du gouvernement », Ouest France, 4 juillet 2010.
  21. Double démission au sommet, TF1-LCI, 4 juillet 2010.
  22. Voir, par exemple, Le Canard enchaîné du 7 juillet 2010, page 2, article intitulé « Quand l'Élysée refait le match »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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