Ludovic-Oscar Frossard

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Louis-Oscar Frossard
Louis-Oscar Frossard, député de la Martinique (1929)
Louis-Oscar Frossard, député de la Martinique (1929)
Fonctions
Parlementaire français
Député 1928-1940
Gouvernement IIIe république
Groupe politique SFIO (1928-1935)
NI (1935-1936)
USR (1936-1940)
Secrétaire général du Parti communiste français
Prédécesseur Création du poste
Successeur Louis Sellier
Secrétaire général de la SFIO
19181920
Prédécesseur Louis Dubreuilh
Successeur Paul Faure
Ministre d'État
Président Albert Lebrun
Gouvernement Camille Chautemps (4)
Biographie
Date de naissance 5 mars 1889
Date de décès 11 février 1946
Résidence Martinique, puis Haute-Saône
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Louis-Oscar Frossard, souvent désigné sous les noms de L-O Frossard ou Ludovic-Oscar Frossard, né le 5 mars 1889 à Foussemagne (Territoire de Belfort) et décédé le 11 février 1946 à Paris, a été secrétaire général de la SFIO à partir de 1918 puis secrétaire général du jeune Parti communiste français issu du Congrès de Tours. Il sera ministre dans sept gouvernements entre 1935 et 1940.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un artisan bourrelier radical-socialiste anticlérical et anti-dreyfusard, Louis-Oscar Frossard suit des études en école primaire supérieure puis entre à l'école normale de Belfort en 1905 pour devenir instituteur et est ensuite nommé à l'école de Petit-Croix. Militant socialiste, il est à plusieurs reprises inquiété par sa hiérarchie et son antimilitarisme lui vaut finalement d'être révoqué de l'enseignement[1] en 1913, peu de temps après la fin de son service militaire.

Il s'installe alors dans le Haut-Rhin et devient le premier responsable socialiste de ce département, principal rédacteur du journal local Germinal et candidat socialiste à l'élection législative de 1914 dans la 1re circonscription de Belfort.

Pendant la guerre, il participe avec Jean Longuet et Paul Faure aux combats de la minorité socialiste, de tendance "pacifiste", mais "patriote" [2]. Il devient délégué permanent à la propagande, puis secrétaire du parti socialiste en octobre 1918.

En 1919, il est candidat sur la liste socialiste menée par Longuet aux élections législatives dans le département de la Seine, mais n'est pas élu.

Partisan de la "reconstruction" d'une Internationale socialiste, il se convertit à l'adhésion à l'Internationale communiste (IC) à la suite d'un voyage en Russie en 1920, il défend cette thèse lors du Congrès de Tours. Secrétaire général du jeune Parti communiste français, mais hostile à la "bolchévisation" du parti, désavoué par l'Internationale sur son attitude au IIe Congrès du PCF, et refusant la 22e condition de Moscou (le Komintern interdisant l'appartenance à la franc-maçonnerie), il démissionne le 1er janvier 1923. Il crée alors le Parti communiste unitaire (PCU) qui devient en 1924 après fusion avec d'autres groupes dissidents l'Union socialiste communiste[1]. Il est alors candidat aux législatives sur une liste du Cartel des gauches dans le département de la seine, mais n'est pas élu.

Il rejoint ensuite la SFIO, d'abord en se rapprochant de Longuet au sein de la rédaction de la "nouvelle revue socialiste", qu'il dirige de 1925 à 1930, puis par l'adhésion. Il est élu député socialiste en 1928 de la Martinique et 1932 de Haute-Saône, succédant dans la circonscription de Lure à un autre socialiste, Charles Cotin. Homme de presse, il est le patron du quotidien Le Soir. Il est aussi conseiller général de Lure et maire de Ronchamp (Haute-Saône)[2]. Il quitte le parti et le groupe socialistes pour être ministre du Travail dans les cabinets Bouisson, Laval IV et Sarraut II (1er juin 1935-4 juin 1936). Peu associé au mouvement du Front Populaire, il n'en reste pas moins lié à la gauche modérée. Réélu député "républicain-socialiste" de la Haute-Saône en 1936, il retrouve des fonctions ministérielles dès janvier 1938 : ministre d'État de 4e cabinet Chautemps, puis ministre de l’Information de 2e cabinet Blum (mars-avril 1938) et enfin ministre des Travaux publics de 3e Daladier (10 avril-23 août 1938). Il démissionne pour protester contre le "virage à droite" du gouvernement sur les quarante heures[1].

Il reprend le ministère des travaux publics et des transmissions le 21 mars 1940 dans cabinet Paul Reynaud comme président du Conseil, maintenu en fonctions dans le gouvernement que forme Pétain en juin 1940 pour signer l'armistice (jusqu'au 27 juin). En juillet, il vote pour donner les pleins pouvoirs à Pétain. Il refuse de siéger au Conseil national de l'État français, mais poursuit des activités de journaliste sous l'Occupation. Il anime, en zone Sud Le Mot d'ordre, où il vante les bienfaits de la Révolution nationale, seule à même de réformer l'injustice de la société[3]. Ses activités vichystes lui vaudront d'être inquiété, mais il sera acquitté à la Libération[1]. Il meurt en 1946.

Il était le père d'André Frossard converti au catholicisme à 20 ans, ami de Jean-Paul II, écrivain, journaliste au Figaro[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Philippe Robrieux, Histoire intérieure du parti communiste, T1 et T4, Fayard
  2. a et b Gilles Candar, Jean Longuet, un internationaliste à l'épreuve de l'histoire, Presses universitaires de Rennes
  3. L-O Frossard, Le discours à la jeunesse. Qu'est ce que la Révolution nationale ?, le Mot d'ordre, 3 janvier 1941

Article connexe[modifier | modifier le code]