Jeannette Bougrab

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Jeannette Bougrab
Jeannette Bougrab lors des états généraux de la Femme, en 2010.
Jeannette Bougrab lors des états généraux de la Femme, en 2010.
Fonctions
Secrétaire d'État chargée de la Jeunesse et de la Vie associative
14 novembre 201010 mai 2012
Gouvernement François Fillon III
Prédécesseur Marc-Philippe Daubresse
Présidente de la HALDE
23 mars 201014 novembre 2010
Prédécesseur Louis Schweitzer
Successeur Éric Molinié
Présidente de l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances
21 janvier 201021 février 2011
Prédécesseur Alix de la Bretesche
Successeur Salima Saa
Biographie
Date de naissance 26 août 1973 (41 ans)
Lieu de naissance Châteauroux (Indre)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique UMP
Profession Conseillère d'État
Avocate

Jeannette Bougrab, née le 26 août 1973 à Châteauroux (Indre)[1], est une universitaire française devenue maître des requêtes au Conseil d'État, membre de l'UMP. Elle a été présidente de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (HALDE) du 16 avril 2010 au 14 novembre 2010, date à laquelle elle est nommée au secrétariat d'État à la Jeunesse et à la Vie associative dans le gouvernement de François Fillon. En 2013, elle est chroniqueuse dans le Grand Journal de Canal+, présenté par Antoine de Caunes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses débuts, ses études[modifier | modifier le code]

Jeannette Bougrab est née d'un père ouvrier métallurgiste et harki, décoré de la Légion d'honneur à titre militaire[2].

Après des études de droit à Orléans, elle obtient un DEA (1997), puis un doctorat (2002)[1] en droit public à l'université Panthéon-Sorbonne : Les origines de la Constitution de la Quatrième République[3]. Juriste au Conseil constitutionnel avant de devenir maître de conférences en droit public à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne jusqu'en 2007, et à l'Institut d'études politiques de Paris de 2007 à 2009[4], elle est remarquée par Pierre Mazeaud[5].

Elle a adopté une fille — lors d'une procédure en célibataire — prénommée May[6].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Elle s'engage en politique à l'UMP sous la présidence d'Alain Juppé et est nommée secrétaire nationale chargée d'un rapport sur « les discriminations dans l’accès au marché de l’emploi ». Grâce au soutien de Pierre Mazeaud, elle est nommée membre du Haut conseil à l'intégration en 2002[7]. À son arrivée à la tête de l'UMP, Nicolas Sarkozy lui confie le secrétariat national des nouvelles adhésions, aux côtés d'Yves Jégo.

Elle est aussi membre du conseil d’administration de l’Institut du monde arabe, du Conseil d'analyse de la société et du Conseil d'orientation et de réflexion de l'assurance (Cora)[8] dépendant de la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA).

Lors des élections législatives des 10 et 17 juin 2007, elle est candidate investie par l'UMP dans la 18e circonscription de Paris (Barbès, porte de Clignancourt, une partie des Grandes Carrières, Montmartre) face au député socialiste sortant, Christophe Caresche. À l'issue d'une campagne violente[4], distancée lors du premier tour malgré le soutien de personnalités comme David Douillet, Luc Ferry et Alexandre Adler, elle perd au soir du second tour avec 36,71 % des voix contre 63,29 % pour Christophe Caresche[9], réalisant le plus bas score jusqu'alors enregistré dans la circonscription pour une élection législative, nettement en dessous de celui réalisé par Xavier Chinaud lors de la législative de 2002 avec 42,63 %[10], et par ailleurs, le second plus bas score de la droite à Paris lors de scrutin[11]. À l'issue de l'élection, elle se déclare déçue d'avoir été cantonnée à un rôle « d'animateur de réunions communautaires » pour Nicolas Sarkozy[réf. nécessaire], de n'avoir obtenu que de haute lutte son investiture aux législatives, dans une circonscription bastion de la gauche, et a annoncé vouloir s'éloigner de la politique partisane pour se consacrer à l'écriture[12].

Décrite dans les médias comme proche de Claude Guéant[13] et d'Alain Juppé[4], elle entre le 14 novembre 2010, au gouvernement Fillon comme secrétaire d'État à la Jeunesse et à la Vie associative.

En déclarant le 30 janvier 2011 sur France Info que le président égyptien Hosni Moubarak devait quitter le pouvoir, elle entre en contradiction avec la position officielle du gouvernement français[14]. Convoquée et rappelée à l'ordre par le Premier ministre François Fillon, elle a dû faire un mea culpa par communiqué[15].

Autres activités[modifier | modifier le code]

Après son échec aux élections législatives de 2007, elle est nommée maître des requêtes au Conseil d'État au tour extérieur par décret du 28 septembre 2007[16].

Elle est membre du Conseil d'orientation et de réflexion de l'assurance (CORA)[17], créé par le lobby des assureurs[18].

De décembre 2012 à septembre 2013[réf. nécessaire], elle est avocate associée au sein du cabinet américain Mayer Brown[19]. En avril 2014, elle quitte la profession d'avocat en se faisant « omettre » du barreau de Paris[20].

Elle a rejoint le 26 août 2013, en tant que chroniqueuse, la formule remaniée du Grand Journal de Canal+, désormais présenté par Antoine de Caunes[21].

Elle réintègre le Conseil d'État le 1er juillet 2014[22].

Présidente de la HALDE[modifier | modifier le code]

Elle est nommée, par décret présidentiel du 21 janvier 2010[23], présidente du conseil d'administration de l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances (ACSE).

Proposée par la présidence de la République le 23 mars 2010[24], elle est nommée officiellement présidente de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (HALDE) le 16 avril suivant[25].

Elle doit défendre l'autonomie de son institution face à la volonté des parlementaires de réduire les moyens alloués à la HALDE et d'intégrer ses fonctions à celles du Défenseur des droits, créé par la réforme constitutionnelle de 2008. Elle est, en interne, contestée par des salariés, qui lui reprochent « un management brutal et irrespectueux[26] » et désavouée par certains de ses services qui défendent, contre sa volonté, une salariée de la crèche Baby-Loup licenciée pour avoir porté un voile[4].

En juin 2010, elle est mise en difficulté par Le Canard enchaîné qui l'accuse d'avoir obtenu le doublement de son indemnité de présidente de la HALDE (passant de 6 900 à 14 000 euros mensuels)[27], affirmation qu'elle récuse et contre laquelle elle porte plainte pour diffamation[28] : Jeannette Bougrab est finalement déboutée en mai 2011, le tribunal correctionnel de Paris estimant que l'enquête menée par le journal était sérieuse et les chiffres avancés étaient « tout sauf fantaisistes[29] ».

Ses prises de position face au sort des femmes dans la réforme des retraites en septembre 2010, et celles de son institution contre la proposition de soumettre les candidats à l'immigration à des tests d'ADN, lui valent des inimitiés dans la majorité présidentielle[13].

Elle prête serment le 19 décembre 2012 pour devenir avocate[30]. Elle exerce désormais au sein du cabinet international Mayer Brown. Elle dirige l’activité Compliance et maitrise des risques du cabinet. Elle a également pour rôle de développer le pôle droit public de la firme qui compte plus de 75 avocats à Paris. Elle a aussi pour mission d’œuvrer à l’implantation du cabinet dans les pays du Moyen-Orient et au Maghreb[19].

Convictions[modifier | modifier le code]

Elle se réclame de la droite, se déclare partisane du gaullisme social[31]. Favorable au mariage homosexuel et à l'adoption d'enfants par des couples homosexuels[32], elle se montre réservée dans son rapport sur Les Discriminations dans l’accès au marché de l’emploi, quant à la notion de discrimination positive, lui préférant la notion de « mobilisation positive » et est opposée aux quotas ethniques[4].

Elle se réclame comme athée, laïque et « profondément républicaine »[33],[34].

Décoration[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Jeannette Bougrab, 33 ans. Candidate aux législatives dans le XVIIIe », Libération, 2 juin 2007.
  2. Jeannette Bougrab, « Une certaine idée de la France » in Qu'est-ce qu'être français ?, Hermann éditeurs, 2009, pp.17-22
  3. Ma République se meurt, page 127.
  4. a, b, c, d et e AFP, « Jeannette Bougrab, de la Halde au gouvernement », lepoint.fr, 14 novembre 2010
  5. Jeannette Bougrab - maître en intégration
  6. Ma République se meurt, pages 69 et 161.
  7. « La vague Sarkozy : La génération Sarkozy », Le Point, 17 mai 2007.
  8. FFSA.fr
  9. Le site officiel du ministère de l'Intérieur, de l'Outre-mer et des Collectivités territoriales
  10. « Paris (75) -- 18e circonscription (résultats officiels) », Ministère de l'Intérieur,‎ 16 juin 2002 (consulté le 23 novembre 2010)
  11. « Paris (75) -- 6e circonscription (résultats officiels) », Ministère de l'Intérieur,‎ 17 juin 2007 (consulté le 23 novembre 2010)
  12. L'Express, 5 juillet 2007, page 44
  13. a et b Samuel Laurent, « La Halde perd sa tête, avant de disparaître ? », lemonde.fr, 17 novembre 2010
  14. "Il faut que Moubarak parte".
  15. Le Figaro, « Jeannette Bougrab contrainte à un mea culpa sur l'Égypte », Le Figaro,‎ 30 janvier 2011 (consulté le 6 décembre 2012)
  16. Legifrance - Le service public de l'accès au droit
  17. Membres du CORA.
  18. Rue89.
  19. a et b « Le cabinet d’avocats Mayer Brown recrute Jeannette Bougrab, ancien ministre, en tant qu’avocat associé », Law in France,‎ 19 décembre 2012
  20. Pascal Ceaux, « Jeannette Bougrab renonce à la robe d'avocat », in lexpress.fr, 9 avril 2014.
  21. « Jeannette Bougrab rejoint le «Grand Journal» de De Caunes », in leparisien.fr, 19 juillet 2013.
  22. « Arrêté du 11 juillet 2014 portant réintégration (Conseil d'État) - MMe Bougrab (Jeannette) », legifrance.gouv.fr, 13 juillet 2014.
  23. Décret.
  24. Communiqué de la présidence de la République concernant J. Bougrab le 23 mars 2010.
  25. « Jeannette Bougrab : berrichonne, fille de harki et docteur en droit !!», L'Express, 19 avril 2010.
  26. Marie Bellan, « La présidente de la Halde en difficulté pour défendre son institution », Les Échos, 24 juin 2010
  27. « La nouvelle présidente de la Halde double son salaire », Le Monde.fr, 22 juin 2010.
  28. « Jeannette Bougrab porte plainte contre "Le Canard enchaîné" », LeMonde.fr avec l'AFP, 23 juin 2010.
  29. « Jeannette Bougrab perd en diffamation contre "Le Canard enchaîné" à propos de son salaire à la Halde »
  30. « Claude Guéant et Jeannette Bougrab deviennent avocats », Le Monde,‎ 19 décembre 2012
  31. Des brèches dans le fief socialiste
  32. interview au journal Têtu, mai 2006
  33. Jeannette Bougrab : l'impertinente de la République, Interview de Jeannette Bougrab par Patrick Williams, Elle, 1er février 2013
  34. Jeannette Bougrab, Ma république se meurt, éditions Grasset, 2013, Page 45 et suivantes.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Aux origines de la Constitution de la IVe République (préface de Nicole Belloubet-Frier). Dalloz, collection « Nouvelle bibliothèque de thèses » no 12, Paris, 2002. X-768 p. (ISBN 2-247-04490-5). Reproduction de la thèse de doctorat en droit public, soutenue en 2001 devant l'université de Paris-I.
  • « Le contrôle de constitutionnalité des lois dans l'élaboration de la Constitution du 27 octobre 1946 », Revue française de droit constitutionnel, n°38, 1999, p. 285-314.
  • « L'aide juridictionnelle, un droit fondamental ? », L'Actualité Juridique Droit Administratif, n°12, 2001, p. 1016-1024.
  • « La gauche et la décentralisation », La décentralisation à la française, éditions F. X. de Guibert, 2003, p. 249-263.
  • « L'égalité entre les femmes et les hommes dans les jurisprudences de la Cour européenne des droits de l'homme, de la Cour de justice des communautés européennes et des juridictions françaises », L'Actualité Juridique Droit administratif, n° 31, 2003, p. 1640-1647.
  • « Le juge administratif français et les lois nationales étrangères », in Mélanges en l'honneur du professeur Timsit, Bruylant, 2004, p. 267-288.
  • « L'accès à la justice », in Informations sociales, décembre 2004, n° 120, p. 60-69.
  • « La contribution de François Luchaire à l'élaboration de la Constitution de la Cinquième République », in Un Républicain au service de la République, mélanges en l'honneur du professeur François Luchaire, Presses universitaires de la Sorbonne, 2005, p. 141-158.
  • « Independence administrative authorities », in Roberto Caranta, (dir.), Independent Administrative Authorities a Comparative Perspective, British Institute of Internationale and Comparative Law, London, 2005, p. 47-63.
  • « Les articles 34 et 37 de la Constitution », in Bertrand Mathieu et Michel Verpeaux, La Réforme du travail législatif, Dalloz, 2005.
  • « Note sous CE Sect. 29 janvier 2003, Syndicat départemental de l'électricité et du gaz des Alpes-Maritimes et commune de Clans : Une relecture du principe d'intangibilité de l'ouvrage public », in Les Petites Affiches, 21 mai 2003, n° 101, p. 4-8.
  • Ma République se meurt, Paris, Éditions Grasset et Fasquelle, 2013, 224 p. (ISBN 978-2-246-75551-7)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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