Hezbollah

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Hezbollah
حزب الله
Image illustrative de l'article Hezbollah
Logo officiel
Présentation
Chef Hassan Nasrallah
Fondation 1982
Siège Beyrouth, Liban
Fondateur Mohammad Hussein Fadlallah
Ragheb Harb
Religion Islam chiite
Idéologie Socialisme islamique
Antisionisme
Islamisme
Antiaméricanisme
Site web www.moqawama.org/
Politique au Liban
Image illustrative de l'article Hezbollah

Le Hezbollah (arabe : ‮حزب الله ḥizbu-llāh, « Parti de Dieu »), fondé en juin 1982, mais révélé publiquement en février 1985, est un mouvement politique chiite libanais possédant une branche armée (Al-Muqawama al-Islamiyya, Résistance islamique) qui est à son origine. Il fut créé en réaction à l'invasion israélienne du Liban en 1982, en s'appuyant sur un financement iranien. Parti politique officiel au Liban, le Hezbollah est diversement perçu par la communauté internationale, les États-Unis, le Canada, l'Australie, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et Bahreïn, l'ayant placé sur leur liste des organisations terroristes. Le 22 juillet 2013, l'Union européenne a aussi classé la branche militaire du Hezbollah sur sa liste des organisations terroristes. Les six pays arabes du Golfe Persique ont placé le Hezbollah sur leur liste noire ne faisant aucune distinction entre cette organisation et sa branche militaire.

Sommaire

Description[modifier | modifier le code]

Emblème[modifier | modifier le code]

L'emblème du Hezbollah est vert, couleur de l'islam, sur fond jaune. Il est composé du mot « Hezbollah » en calligraphie de style coufique, dont l'alif du mot Allah se transforme en un bras brandissant un fusil d'assaut de type AK-47, surmonté d'un extrait de verset du Coran écrit en rouge (Al-Maidah, V, 56) فإن حزب الله هم الغالبون (fāʾinna ḥizb allāh hum al-ġālibūn) ; « […] Et quiconque prend pour alliés Allah, Son messager et les croyants, [réussira] car c'est le parti d'Allah qui sera victorieux. ». En bas de l'image, on trouve en écriture rouge المقاومة الإسلامية في لبنان (al-muqāwamah al-islāmīyah fī lubnān) « résistance islamique au Liban ».

Le globe terrestre, le rameau, le poing tenant une AK-47 et d'autres détails encore rappellent l'emblème des Gardiens de la Révolution islamique d'Iran[1].

Charte[modifier | modifier le code]

Le 1er décembre 2009, Hassan Nasrallah a rendu publique la nouvelle charte du Hezbollah. Cette charte[2] remplace la charte initiale de février 1985[3].

La charte recentre les objectifs et la vision du parti à long terme. « La résistance face à la menace israélienne reste sa priorité ». Elle balaye par la même occasion l'image d'un parti fermé tel que présenté par ses adversaires. C'est ainsi que le Hezbollah appelle l'État libanais à renforcer « le rôle de la femme dans la société, l'indépendance de la justice, la lutte contre la corruption, la décentralisation, et la préservation de toutes les libertés publiques. Il se prononce contre toute forme de partition du pays, y défend le multicommunautarisme. Il refuse toute forme d'implantation ou de naturalisation des réfugiés palestiniens, tout en prônant une extension de leurs droits ».

Cette charte marque un glissement sémantique : le Hezbollah passant de la revendication initiale d'un État islamique à un programme politique applicable dans un « État moderne » avec des références aux normes du droit international. Le Hezbollah continue aussi son immersion dans le cadre libanais en utilisant le mot « nation ». Plusieurs des principes évoqués dans la charte (non-discrimination des femmes, démocratie) sont toutefois peu appliqués en réalité[4]. D'autre part, la charte ne fait plus mention du principe du velayat-e faqih qui donnait à l'Iran, et en particulier au Rahbar (ou Guide de la Révolution), une autorité morale et religieuse sur le Hezbollah[5].

Elle stipule au sujet d’Israël que le Hezbollah « s'oppose catégoriquement à tout compromis avec Israël ou de à reconnaître sa légitimité » soulignant que « cette position est définitive, même si tout le monde reconnaît Israël »[6].

Positionnement géopolitique[modifier | modifier le code]

Les Musulmans chiites, qui forment la base principale du soutien au Hezbollah, représentent 27 %[7] de la population totale du Liban, ils sont pour la plupart concentrés au sud du pays qui représente environ 10 % de l'ensemble du territoire libanais. Cette région est sous le contrôle du Hezbollah[8]. Ce parti est aussi fortement implanté dans la plaine de la Bekaa, notamment à Baalbek qui est l'un de ses bastions dans cette région[9].

Nature du Hezbollah[modifier | modifier le code]

Le Hezbollah a révélé son existence le 16 février 1985 en publiant son manifeste fondateur dans le quotidien libanais as-Safir[10]. Il est estimé qu'à partir de ce moment les groupes le composant ont fusionné en une organisation unifiée. Cette plate-forme a juré fidélité à l'ayatollah Khomeini, exhorté la mise en place d'un régime islamique, et a appelé à l'expulsion des États-Unis, de la France et d'Israël du territoire libanais, ainsi qu'à destruction de ce dernier[11].

Le Hezbollah est placé sur la liste officielle des organisations terroristes du Canada[12], des États-Unis d'Amérique[13], de l'Australie pour sa branche extérieure[14], de Bahreïn[15].

Le 10 mars 2005 le Parlement européen avait adopté une résolution (par 473 voix pour et 33 contre)[16] déclarative et non contraignante pour les États membres qualifiant le Hezbollah de terroriste par le texte suivant : « considère qu'il existe des preuves irréfutables de l'action terroriste du Hezbollah et qu'il convient que le Conseil prenne toutes les mesures qui s'imposent pour mettre un terme à cette action ». Imad Fa'iz Mughniyah qui fut l'officier supérieur des services de renseignements du Hezbollah avait été inclus sur sa liste de terroristes[17].

Le 22 juillet 2013, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne ont inscrit la branche militaire du Hezbollah sur la liste des organisations terroristes la considérant comme « étant liée à des actes terroristes perpétrés sur le territoire européen », principalement l'attentat de Bourgas dont il est tenu responsable par le gouvernement bulgare [18] (avant que ce dernier ne change de position). Hassan Nasrallah a réagi à cette décision en déclarant qu'elle « rendait l’Union européenne « responsable » de toute attaque israélienne contre le Liban ». Il a ajouté qu'elle « donnait une couverture légale à toute attaque contre le Liban, car Israël peut maintenant faire valoir qu’il combat le terrorisme et qu’il bombarde des cibles terroristes » et qu’elle « n’apporterait aux Européens qu'échec et déception »[19]. Il a raillé la distinction faite entre les branches politique et militaire de son organisation qualifiant cette distinction de « falsification »[20].

Le 28 juillet 2013, le Koweït, l’Arabie saoudite, Bahreïn, le Qatar les Émirats arabes unis et Oman ont placé le Hezbollah sur leur liste noire ce qui implique des restrictions financières et de séjour dans ces pays pour les membres du Hezbollah. Ils estiment « que les vrais objectifs du Hezbollah transcendent les frontières du Liban et du monde arabe » et qu'il agit « illégalement contre des innocents en utilisant ses milices méprisables »[21].

Le Hezbollah est tenu pour responsable de nombreuses prises d'otages d'occidentaux, principalement des diplomates et journalistes, ainsi que de soldats israéliens, d'attentats meurtriers contre la Force multinationale de sécurité à Beyrouth dont deux attentats en 1983 contre les contingents américain et français de cette force faisant 299 victimes. Hassan Nasrallah, dans un entretien avec Alain Gresh avait déclaré s'opposer au terrorisme[22]. Le Hezbollah jouissait d'une certaine popularité dans le monde arabo-musulman du fait de ses actions au Liban du Sud contre l’armée israélienne et ses attaques contre le territoire israélien. Depuis son intervention militaire dans la guerre civile en Syrie au côté de l’armée syrienne, il est, ainsi que son chef, contesté dans le monde arabe sunnite. Sa doctrine s'inspire du principe du velayat-e faqih, c'est-à-dire la primauté des théologiens (velayat-e faqih signifie « gouvernement du docte ») sur la communauté chiite.

L'ONU ne classe pas le Hezbollah dans sa liste des organisations terroristes mais le Conseil de sécurité de l'ONU appelle à son désarmement.

Organisation du pouvoir[modifier | modifier le code]

Le Conseil consultatif exécutif (Majlis ach-Choura al-Qarar) présidé par le secrétaire général Hassan Nasrallah est constitué de 7 membres ainsi que de deux représentants de l'Iran, il prend ses décisions par consensus[23],[24].

Le secrétaire général possède une autorité importante, mais non absolue. Cela permet notamment d'éviter que le décès du secrétaire général ne "décapite" totalement le mouvement[réf. nécessaire].

Le Conseil consultatif est composé de conseils subalternes appelés conseils fonctionnels : le Conseil exécutif, le Conseil de la magistrature, le Conseil politique et le Conseil militaire ou Conseil du Jihad. Chacun de ces conseils est responsable de plusieurs bureaux opérationnels chargés de questions spécifiques[25].

Les représentants du Hezbollah au parlement libanais influencent les orientations de l'organisation. Ils sont considérés comme plus modérés et réformistes, comme le montre l'éviction de Mohammed Ra'ad de la tête du Conseil exécutif[réf. nécessaire].

Certaines personnalités, chefs historiques du mouvement, ont une influence privilégiée. Ils disposent de droits de vote privilégiés au Conseil consultatif.[réf. nécessaire]

Les agences de sécurité (Amn al-Hizb), outre leur mission de protection des chefs du Hezbollah, jouent un rôle important de contrôle de la mise en œuvre des décisions auprès des différentes composantes de l'organisation. Leur influence dépasse cependant ces missions, et leur pouvoir s'exerce sur le Comité consultatif, et même sur Nasrallah en personne[26]. Leur pouvoir s'exerce par la limitation des contacts des dirigeants du parti avec le monde extérieur, l'imposition de sanctions disciplinaires, y compris la destitution d'un cadre. Durant le conflit de 2006, Hassan Nasrallah avouera au journaliste d'Al Jazeera Ghassan Ben-Jedo qu'il n'avait aucune idée d'où il se trouvait, puisqu'on lui avait bandé les yeux comme ce dernier.[réf. nécessaire]

Une autre agence créée en 2000 influence les décisions. Il s'agit d'une agence de « contre-espionnage » (Amn al-Muddad), ne faisant pas partie intégrante de l'organigramme du Hezbollah[réf. nécessaire], mais incluant certains de ses membres ainsi que des agents libanais, anciens du parti, dont certains sont soupçonnés par les États-Unis d'avoir organisés des attentats terroristes sanglants.

Branche militaire[modifier | modifier le code]

En 2002, la branche militaire du Hezbollah est estimée comprendre entre 3 000 et 3 500 hommes, plus une « réserve » de 3 000 autres ainsi qu'un nombre inconnu de « shouhadas (martyrs) » engagés dans les actions terroristes [27]. Selon des recoupements effectués sur la base d'informations émanant de sources israéliennes et chrétiennes libanaises, à cette époque, cette force était composée de deux bataillons d'infanterie de 250 combattants dont un motorisé dans les quartiers sud de Beyrouth, sept du même type dont trois motorisés dans la plaine de la Bekaa et sept autres dont cinq motorisés au Sud-Liban[27].

En 2006, Asharq Al-Awsat un quotidien panarabe, rapporte que selon une source proche d'un haut fonctionnaire de la Garde révolutionnaire iranienne, l'Iran a fourni au Hezbollah environ 11 500 missiles et autres projectiles. Selon cette source, « plus de 3 000 membres du Hezbollah ont suivi une formation en Iran, qui comprenait la guérilla, le tir de missiles et d'artillerie, l'utilisation de drones, la guerre maritime et les opérations de guerre conventionnelle ainsi que la formation de 50 pilotes pour les deux dernières années » ajoutant que le Hezbollah possèderait quatre types de missiles sol-sol, dont la portée de certains serait de 150 kilomètres [28].

En 2007, l'adjoint de Nassralah, Naim Qassem (en), a déclaré dans une interview à la télévision des Gardiens de la révolution iraniens que « les attentats suicides, les attaques terroristes et même les tirs d'artillerie contre des civils israéliens doivent tous être approuvés au préalable par les Ayatollah à Téhéran »[29].

En 2008, le Royaume-Uni a inscrit la branche militaire du Hezbollah sur sa liste des organisations terroristes. Le Département de l'Intérieur britannique a déclaré que cette décision avait été prise du fait que « l'aile militaire du Hezbollah apporte un soutien actif aux militants en Irak responsables d'attaques contre les forces de la coalition et des civils irakiens » ainsi qu'à « la formation à l'utilisation de bombes meurtrières » et « qu'elle fournit un soutien à des groupes terroristes palestiniens dans les Territoires palestiniens occupés tels que le Jihad islamique palestinien »[30].

En 2013, Vincent Geisser, estime que la branche militaire du Hezbollah est une « véritable armée conventionnelle et confessionnelle » qui dispose de 5 000 à 8 000 combattants et d'une réserve de jeunes chiites formés dans ses camps, ainsi que d'un arsenal important[31].

Les combattants du Hezbollah ne portent pas d'uniformes au cours des combats, ce qui rend leur identification parmi les civils difficile. Ils opèrent dans des zones à forte densité civile ce qui force ses adversaires à s'engager dans des combats de guérilla urbaine. Cette tactique militairement efficace accroit le potentiel de pertes civiles, ceux-ci étant souvent au centre des zones de combat ou à proximité de cibles militaires. Ils opèrent aussi à partir ou à proximité de positions de la Force intérimaire des Nations unies au Liban. Leur tactique inclut aussi des opérations suicide et la pose d'engins explosifs sur le bord des routes utilisées par l’armée israélienne le long de la frontière libanaise ainsi que l’enlèvement de soldats durant ces attaques[32].

Le Hezbollah a développé après le retrait israélien du sud-Liban en 2000 un vaste réseau de tunnels pour l'acheminement et l’approvisionnement de ses miliciens en armements sophistiqués tels que des missiles antinavire, missiles sol-sol et missiles antichar des équipements de vision nocturne, des drones et aussi pour couvrir leurs mouvements. Depuis le conflit avec Israël en 2006 des moyens encore plus sophistiqués ont été acheminés via la frontière syrienne dans cette région. Il est estimé que le Hezbollah y a accumulé plus de 40 000 roquettes dans les villages chiites proches de la frontière israélienne[32].

Hormis cet arsenal le Hezbollah est en possession de missiles Fateh-110 (en), Zelzal I et II et Scud D avec lesquels il menace les centres urbains sur tout le territoire israélien. Robert Gates qui fut le secrétaire à la Défense des États-Unis. a déclaré que « le Hezbollah possède de loin plus de roquettes et de missiles que la plupart des gouvernements au monde »[32].

Du point de vue doctrinaire selon le modèle iranien, l'endoctrinement des combattants du Hezbollah commence dans les écoles et les colonies de vacances pour enfants. Les responsables du Hezbollah leur inculque « l'amour du martyre » et proclament « leur fierté que contrairement aux juifs et aux chrétiens et autres infidèles qui aiment la vie, les chiites aiment et recherchent la mort »[32].

Liens avec l'Iran[modifier | modifier le code]

La filiation du Hezbollah avec l'Iran est historique[33],[34]. Son idéologie se base sur celle développée par Rouhollah Khomeini, le premier le guide de la révolution iranienne, appelée le velayat-e faqih (gouvernement du docte) en persan[33].

Contrairement à Hassan Nasrallah, le guide spirituel du Hezbollah, Mohammad Hussein Fadlallah, principale autorité religieuse chiite au Liban, a des réserves à propos de la doctrine du velayat-e faqih. Après la mort de Khomeini en 1989, Fadlallah ne se sent pas tenu de suivre son successeur Ali Khamenei sur toutes les questions. Cependant, la majorité des membres du Hezbollah ont reconnu Ali Khamenei non seulement comme walî (guide politique) mais comme marja (guide spirituel), choix singulier puisque Khamenei n’est pas reconnu comme marja en Iran même ; ses représentants officiels au Liban sont Hassan Nasrallah et Muhammad Yazbak ; certains membres du Hezbollah préfèrent cependant reconnaître un autre marja, soit Fadlallah, soit l’Irakien Ali Sistani[35].

L'Iran soutien le Hezbollah en moyens financiers et en armes, il est son principal donateur [36],[37],[38] et selon certaines sources influence ses décisions[39],[40]. Le Guide de la Révolution intervient sur les décisions stratégiques, mais permet surtout aux dirigeants locaux d’asseoir leur légitimité, leur permettant ainsi de faire face aux oppositions internes. Plus directement, l'Iran garde une influence sur les agences de sécurité et de renseignement du Hezbollah.

De son côté, le Hezbollah dispose depuis l'origine d’une représentation officielle à Téhéran et envoie des étudiants en Iran. Une école de l'association Al-Mahdî, dépendant du Hezbollah, a été créée à Qom pour les familles d'étudiants libanais en Iran; elle compte 80% d'élèves libanais et 20% d'autres nationalités[41]. Cependant, le Hezbollah se veut un mouvement d'abord nationaliste et marque parfois la distance avec sa filiation originelle. Lors d’une interview donnée à l’occasion du premier anniversaire de la guerre du Liban de 2006, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a affirmé que son organisation avait combattu pour l’Iran, propos qui ont été censurés par la télévision iranienne en raison de l’embarras qu’ils ont suscité. Les adversaires libanais de Nasrallah affirment depuis longtemps que la loyauté de ce dernier est envers l'Iran et que le Liban n'est pas sa priorité[42].

Le 14 février 2013 a été rendu public qu'un Iranien identifié comme étant le général Hassan Shateri aurait été assassiné par des « agents et des partisans du régime sioniste » lors d'un voyage de Damas à Beyrouth. Press TV, chaîne d'information iranienne en langue anglaise, a confirmé l'information précisant qu'il conduisait « les projets de reconstruction financés par l'Iran au Liban du Sud ». Selon le Sunday Times, il était un commandant de haut de la Force Al-Qods du Corps des Gardiens de la révolution islamique et aurait été tué dans le raid aérien présumé de l’armée de l'air israélienne qui aurait eu pour cible en Syrie un convoi d'armement à destination du Hezbollah. Saeed Kamali Dehghan, un journaliste iranien travaillant pour le Guardian britannique, a estimé que l'Iran soutient le régime syrien de Bachar al-Assad et le Hezbollah, en leur fournissant un soutien militaire et financier. Selon lui, la Syrie offre à l'Iran un accès au Liban et au Hezbollah, ce qui revêt une importance stratégique pour les dirigeants iraniens du fait de la proximité géographique entre le Hezbollah et Israël. Après la guerre du Liban en 2006 entre l'armée israélienne et le Hezbollah, des unités d'élite iraniennes se sont positionnées au Liban du Sud « afin d'apporter leur assistance et aider à réorganiser les infrastructures dévastées par la guerre dans cette région ». Le 3 février 2012, le chef suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a déclaré publiquement que son pays « fournissait une assistance au Hezbollah et au Hamas palestinien ». Il avait aussi précisé que « l'Iran intervenait dans les « affaires anti-israéliennes » et que cela « avait apporté la victoire du Hezbollah en 2006 et au Hamas en 2009 », ajoutant que « l'Iran aidera tout pays ou groupe qui confronte le "cancer" Israël »[43],[44],[45],[46].

Liens avec le Hamas[modifier | modifier le code]

La relation entre le Hezbollah et le Hamas a commencé en 1992 avec l'expulsion des centaines de dirigeants et de militants du Hamas vers le Liban où ils établirent un camp dans le sud du pays contrôlé par le Hezbollah. Initialement pris en charge par l'organisation chiite, les dirigeants du Hamas rencontrent par la suite des représentants de la Garde révolutionnaire iranienne au Liban puis à Téhéran. Ces rencontres ont amorcé le financement, l'équipement et la formation du Hamas par le Hezbollah ainsi que par l'Iran[47]. La coopération s'est accrue en 1994 après les Accords d'Oslo en vue de « torpiller » les négociations de paix israélo-palestiniennes conjointement avec le Jihad islamique palestinien, puis avec la Seconde Intifada en 2000 et après le conflit entre le Hezbollah et Israël en 2006 que les islamistes palestiniens estiment comme étant un « modèle de guerre réussie » contre l'armée israélienne[48].

Rôle social[modifier | modifier le code]

Article détaillé : [Hezbollah social services (en)].
Article détaillé : Services sociaux du Hezbollah.

Le Hezbollah est actif dans le domaine social par le biais d'hôpitaux, d'écoles et d'orphelinats. Au début de 2006, selon un rapport de l'IRIN, le mouvement finançait 4 hôpitaux, 12 cliniques, 12 écoles, 2 centres d'équipement agricole, des programmes sociaux et environnementaux, fournissant des services gratuits ou à bon marché à certaines des régions les plus défavorisées du pays[49]. Il coiffe aussi un mouvement de scoutisme, Al-Mahdî, et une entreprise de construction, Jihâd al-binâ (en). Il a joué un rôle important dans la reconstruction du Sud[50] et des quartiers chiites de Beyrouth[51]. Cependant, depuis 2008, les financements se sont ralentis et le monopole politique et social du Hezbollah finit même par décourager l'investissement dans ses fiefs[52].

Un financement controversé[modifier | modifier le code]

L'Iran est le principal donateur du mouvement, la Syrie participe aussi à son financement[53] ainsi que des ONG à travers le monde, telle que l’Islamic Resistance Support Association, des dons ou une « taxe islamique » d'un cinquième des revenus de la population chiite libanaise et de la diaspora libanaise, bien que ces « donations » soient généralement volontaires elles peuvent aussi être forcées ou le fruit d'intimidations[32] ainsi qu'un grand nombre de sociétés lui appartenant ou d'investissements parfois légaux et légitimes mais le plus souvent illégaux[32] qui lui permettent de générer des bénéfices, de blanchir des fonds ou de faire transiter « avec l’apparence de la légalité » des espèces à destination de militants à travers le monde[27].

Peu à peu le Hezbollah diversifie ses sources de financement : il est soupçonné de se financer par le biais du commerce de diamants illicite, du trafic de drogue, du racket, de la contrebande. Il est accusé nommément par le Département d'État des États-Unis de trafic d'héroïne et de cannabis[54] même si le groupe a toujours nié ce financement illégal[55].

Le montant annuel des subventions reçues par le Hezbollah de la part de l'Iran est estimé de 200 millions[55] à un milliard de dollars assistance militaire non comprise[32].

Le Hezbollah est impliqué dans le trafic de drogue dans la Bekaa depuis sa formation au début des années 1980[55]. À partir de la fin des années 1980, il s'appuie sur une partie de la diaspora libanaise en Amérique du Sud pour prendre contact avec les transporteurs de drogue en Colombie, Argentine, Brésil, Paraguay[32]. . Le Hezbollah bénéficierait d'une dérogation spéciale à la jurisprudence islamique via une fatwa lui autorisant le commerce de drogues car celles-ci arrivent sur le marché occidental et détruisent les ennemis du Hezbollah[55]. Dans les années 2000, les montants versés par l'Iran sont estimés en baisse[56] et le Hezbollah doit diversifier ses sources de financement. Il s'implique donc de manière croissante dans le trafic de drogue au point d'en faire une de ses principales sources de revenus[55]. Dans la région frontalière entre le Brésil, l'Argentine et le Paraguay, le Hezbollah s'implique aussi dans la contrebande, la production de faux documents et de faux billets et le trafic d'armes[55],[57]. Le United States Southern Command estime en 2004 que les groupes terroristes islamistes lèvent entre trois cents millions et cinq cents millions de dollars par an en Amérique latine, principalement dans la zone de la triple frontière et dans les zones franches d'Iquique, Colón, Maicao, et l'île de Margarita[58]. Suivant l'évolution globale du trafic de drogue, le Hezbollah est aussi présent en Afrique de l'Ouest (Guinée-Bissau, Bénin, Mauritanie, Congo, Togo) où il s'appuie sur des membres de la diaspora libanaise[55].

À la suite d'un coup de filet des polices brésiliennes et équatoriennes, mené le 21 juin 2005, mettant au jour un réseau international de trafic de drogue, des soupçons se portent sur ce mouvement comme éventuelle destination des fonds issus de ce trafic[59],[60],[61].

Le Hezbollah est aussi actif dans les pays d'Afrique centrale et occidentale où vivent de nombreux expatriés libanais chiites. Impliqué dans le trafic de diamant, il génère aussi grâce à des activités commerciales des revenus financiers en espèce qu'il exfiltre de ces pays par le biais de passeurs de l'organisation[32].

Aux États-Unis il est lié à différents types d’activité criminelles, contrebande de cigarettes et escroqueries par cartes de crédit des libanais membres du Hezbollah ayant obtenus par des mariages en blanc des « cartes vertes » ont tenté d’acquérir des technologies à double usage. Le Hezbollah classé comme organisation terroriste aux États-Unis ne peut y récolter légalement des fonds[32].

En Europe, la collecte de fonds pour le Hezbollah est autorisée pour le financement des ses activités sociales sans qu'aucun contrôle ne permette de vérifier si ces fonds ne sont pas utilisés pour financer les activités de sa branche militaire, la division entre ces deux pôles du Hezbollah étant artificielle[32].

Durant l'été 2009, l'arrestation du financier Salah Ezzedine, qui s'occupe des comptes du Hezbollah, dévoile une escroquerie de type chaîne de Ponzi, dont les pertes pour le parti et plusieurs de ses adhérents s'élèveraient à un milliard de dollars américains[62],[63].

Politique envers Israël et le peuple juif[modifier | modifier le code]

Depuis la création du Hezbollah [64],[65], la destruction de l’État d'Israël est l'un des principaux objectifs du mouvement. Selon des traductions du manifeste du Hezbollah en arabe de 1985, celui-ci proclame : « notre lutte ne prendra fin que lorsque cette entité, Israël sera éliminée »[64]. Selon un haut dirigeant du Hezbollah, le général Naim Qassim, la lutte contre Israël est un dogme fondamental de l’idéologie du Hezbollah et la raison principale de son existence [66]. Sur la page d'accueil de la télévision Al Manar, la page défilante "Ainsi parle Sayed Nasrallah" diffuse en permanence des slogans appelant à l'élimination d'Israël et à la libération d'Al Quds (Jérusalem), "capitale du ciel et de la terre"[67].

Le Hezbollah justifie la poursuite de sa lutte armée contre Israël comme étant une réponse aux "opérations militaires israéliennes contre le Liban" et comme une politique de "résistance à l'occupation par Israël du territoire libanais", ceci en dépit du retrait israélien du Liban en mai 2000 qui a été confirmé par l'Organisation des Nations unies, ce que conteste le Hezbollah qui considère les Fermes de Chebaa comme faisant partie du territoire libanais, ce que l'ONU récusait jusqu'en 2007 [68],[69]. En juillet 2007, l'ONU demande à Israël d'évacuer les fermes de Chebaa[70]. À ce jour, celles-ci sont toujours sous contrôle israélien. Le Hezbollah invoque aussi le Djihad comme idéologie motivant sa politique envers Israël [71].

Les dirigeants du Hezbollah affirment que leur organisation fait une distinction entre le judaïsme et le sionisme. Cependant, diverses déclarations antisémites leur sont attribuées. En 1998 Hassan Nasrallah, durant un discours mis en ligne sur son site officiel marquant la journée de l'Achoura, a déclaré qu’« Israël était l’État des petits-enfants [les Juifs sionistes] de singes et de porcs », les dénonçant comme étant "les assassins des prophètes". Le 28 septembre 2001, il déclare à la télévision du Hezbollah Al Manar que les Juifs sont "les créatures les plus lâches et les plus avares"[72],[73],[74]. L'historien Robert S. Wistrich (en), spécialiste de l'étude de l'antisémitisme, considère que "l’idéologie antisémite" des dirigeants du Hezbollah, tout comme celle du Hamas "prônant la Guerre sainte", s'appuie sur "la stigmatisation des Juifs comme ennemis de l'humanité, ayant des plans sataniques pour asservir les Arabes". Wistrich souligne que Mohammad Hussein Fadlallah, qui fut chef spirituel du Hezbollah, a accusé les Juifs de "chercher à saper ou anéantir l'islam et l'identité culturelle arabe afin d'accroitre leur domination économique et politique"[75]. Al Manar, accusé par l'Anti-Defamation League de propager de la propagande antisémite [76], a diffusé un reportage affirmant que "pendant des années Israël a disséminé le virus du sida et d'autres maladies dans le monde arabe", et un autre appelant à "la guerre contre les Juifs et la destruction d'Israël" [77]. Ibrahim Mousaoui, directeur du service anglophone de la télévision du Hezbollah et membre de son bureau politique, a déclaré que "les Juifs sont une tumeur sur le front de l'histoire"[78],[79],[80]. Sur la même antenne, Nasrallah a salué les négationnistes David Irving et Roger Garaudy [81]. Selon le ministère israélien des Affaires étrangères, le chef du Hezbollah a déclaré que "les Juifs ont inventé la légende des atrocités nazies » et qu'ils sont « un cancer susceptible de se répandre de nouveau à tout moment". Robert Satloff (en), directeur du Washington Institute for Near East Policy (en), cite dans le Washington Post une déclaration de Nassralah à ses partisans dans laquelle il déclare que "les Juifs ont inventés la légende de la Shoah"[82].

Politique envers l'islam sunnite[modifier | modifier le code]

Le Hezbollah affirme refuser toute opposition entre chiites et sunnites en insistant sur la solidarité nationale et musulmane. Son groupe parlementaire, le Bloc de la fidélité à la Résistance, compte deux députés sunnites. Il est cependant vivement attaqué par certains prédicateurs sunnites salafistes et ces attaques se sont durcies depuis le début de la guerre civile syrienne. En novembre-décembre 2012, Muhammad Yazbak, un des deux chefs religieux du Hezbollah, a été au centre d'une polémique à la suite d'un discours où il mettait en cause Aïcha, veuve du Prophète, figure respectée par les sunnites. Hassan Nasrallah, puis Yazbak lui-même ont dû rétracter ces propos en appliquant une fatwa d'Ali Khamenei qui interdisait d'insulter les figures historiques du sunnisme[83].

Un mouvement armé entre résistance et terrorisme[modifier | modifier le code]

Guerre civile libanaise, 1982 – 1990[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

En 1969, les accords du Caire amènent le transfert au Liban du commandement de l'Organisation de libération de la Palestine et de ses différentes milices, Fatah, FPLP, FDLP. Un certain nombre de volontaires libanais, dont des chiites, rejoignent les fedayins palestiniens dans la guerre de harcèlement qui les oppose à Israël. Pendant la guerre civile libanaise de 1975-1990, ils se trouvent solidaires des Palestiniens contre les milices chrétiennes des Kataëb et des Forces libanaises soutenues par Israël. Les chiites, jusque-là peu politisés, commencent à former leurs propres groupes. Le Hezbollah réunit diverses mouvances, principalement le Amal islamique (une dissidence d'Amal) et la branche libanaise du parti Ad-Daawa.

Depuis 1979, une aile islamique s'était constituée au sein du Amal autour d'Hussein Moussavi. En 1982, Nabih Berri, le chef d'Amal, participe à un Comité de Salut public au côté de Béchir Gemayel (chef des Forces libanaises).

Hussein Moussavi et Ibrahim el Amine, représentants d'Amal à Téhéran, font scission et créent avec l'appui de 500 Gardiens de la Révolution islamique iraniens le Amal islamique. Le rassemblement de celui-ci avec divers groupuscules chiites donne naissance au Hezbollah. Son guide spirituel est le cheikh Mohammad Hussein Fadlallah. À l'époque, les objectifs déclarés du parti étaient d'étendre la révolution islamique iranienne, et de créer un État islamique au Liban[84], ce qui lui fit donner le nom de « parti de Dieu » (Hezbollah), à l'origine dans une intention critique.

Une force anti-israélienne et anti-occidentale[modifier | modifier le code]

Fondé en juin 1982[réf. nécessaire] avec l'appui de l'Iran, en réaction à l'invasion israélienne de juin 1982, le Hezbollah s'inspire du modèle de la révolution islamique iranienne et devient rapidement la principale organisation s'opposant à l'occupation par Israël du sud du Liban.

C'est le 16 février 1985 qu'il a révélé publiquement son existence en publiant son manifeste fondateur[10]

Aujourd'hui, il a renoncé à cet objectif. Dans les régions à prédominance chiite, il prend progressivement la place de son rival Amal, accusé de corruption tandis le Hezbollah est reconnu selon certains pour sa probité et son aide aux défavorisés[85]..

Les premières actions connues contre les intérêts occidentaux remontent à janvier 1983 où une grenade fut lancée contre une patrouille militaire française. En mars de cette même année, ce sont deux patrouilles américaines qui furent attaquées.

En avril 1983, le Hezbollah organise l'attentat-suicide contre l'ambassade américaine de Beyrouth, faisant 63 morts. Le 23 octobre 1983, deux attentats-suicides simultanés contre la force multinationale d'interposition font 248 morts américains et 58 morts français. Les États-Unis et la France accusent le Hezbollah et l'Iran d'être derrière l'attentat. Le Hezbollah dans un premier temps nie toute implication[86] puis reconnaîtra en être l'acteur et l'instigateur [87][réf. insuffisante]. La pratique du terrorisme semble faire l'unanimité au sein du Hezbollah, malgré les quelques objections juridiques de Fadlallah, déclarant que l'islam interdisait à ses membres de se suicider [88].

Les représailles franco-américaines contre des positions du Hezbollah et de l'armée syrienne sont peu efficaces.[réf. souhaitée]

Recours aux prises d'otages[modifier | modifier le code]

Suit un ensemble d'actions faisant connaître le mouvement, notamment des prises d'otages telles que celles, en 1985, du journaliste Jean-Paul Kauffmann et du chercheur français Michel Seurat - ce dernier étant décédé en captivité - et un détournement d'avion le 14 juin 1985 (un passager abattu). Selon la journaliste Dominique Lorentz, l'affaire des otages du Liban aurait été intimement liée au règlement du contentieux nucléaire franco-iranien autour du consortium Eurodif[89].

L'affaire de l'enlèvement de quatre diplomates soviétiques en 1985 fut réglée par la force ALFA, une unité du KGB, en exécutant des proches des preneurs d'otages après l'assassinat d'un des diplomates. Les autres otages furent libérés rapidement[90].

Enlèvement du colonel américain Higgins[modifier | modifier le code]

Le 17 février 1988, le colonel américain Richard Higgins, officier de l'ONUST (Organisme des Nations unies pour la surveillance de la trêve au Proche-Orient), est enlevé au Liban par le Hezbollah.

Le 28 juillet 1989, un commando israélien enlève au Sud-Liban le cheikh Abdel Karim Obeid, chef spirituel et militaire du Hezbollah. Il connaît les tenants et les aboutissants des opérations de prises d'otages occidentaux depuis 1984, dont une quinzaine sont encore entre les mains de l'organisation.

Le 31 juillet 1989, le Hezbollah diffuse un film-vidéo de la pendaison du colonel Higgins, mais d'après des sources américaines le colonel aurait été torturé puis exécuté dès le mois de décembre 1988.

Le président George Bush envoie des émissaires à Damas et à Beyrouth auprès des dignitaires chiites, et donne l'ordre à deux forces aéronavales, comprenant 46 navires de guerre, de se déployer en Méditerranée orientale et à l'entrée du golfe Persique.

Cette démonstration de force a peu d'effet, hormis la destruction d'un avion de ligne iranien, le vol 655 Iran Air, par un croiseur américain. Le cessez-le-feu entre l'Iran et l'Irak puis la mort de l'imam Rouhollah Khomeini, guide de la République iranienne, mettent l'Iran dans une position d'attente, tandis que la Syrie de Hafez el-Assad se rapproche des États-Unis et obtient leur accord pour étendre son influence au Liban.

Attentats hors du Liban jusqu'en 1990[modifier | modifier le code]

Le Hezbollah perpètre une série d'attentats en France du 23 février 1985 au 17 septembre 1986 dont celui de la rue de Rennes, devant le magasin Tati provoquant au total la mort de quinze personnes et trois cents blessés. L'attentat de la rue de Rennes est le dernier et le plus meurtrier (7 morts et 55 blessés) d'une série commencée le 4 septembre (12 morts en tout). Ils sont revendiqués par le CSPPA (Comité de solidarité avec les prisonniers politiques arabes et du Proche-Orient), une couverture dissimulant le Hezbollah[91],[92] qui réclame la libération du chef libanais Georges Ibrahim Abdallah, un laïc d'origine chrétienne. Le chef du commando terroriste responsable des attaques, Fouad Ali Saleh, un Tunisien formé en Iran, est arrêté en mars 1987.

Guerres entre groupes musulmans[modifier | modifier le code]

De 1985 à 1987, Amal affronte le Parti socialiste progressiste, le Hezbollah et les Palestiniens dans un épisode appelé "guerre des camps". Début 1987, Amal est en déroute et la Syrie intervient militairement pour soutenir son plus proche allié. Des combats éclatent entre les militaires syriens et le Hezbollah. L'Iran intervient alors pour imposer un cessez-le-feu.

À partir d'avril 1988, le Hezbollah et Amal s'affrontent violemment dans la guerre inter-chiite pour la domination du sud de Beyrouth, dans des combats qui font 600 morts en 2 semaines et qui voient le Hezbollah occuper 95 % de la zone dès le 11 mai. L'armée syrienne s'interpose alors, le 25 mai, pour faire cesser les combats. Cette guerre fratricide chiite se clôturera par une trêve en janvier 1989 puis un accord de paix en octobre 1990[93].

Conflit au sud du Liban 1990-2005[modifier | modifier le code]

Retrait israélien et poursuite des affrontements[modifier | modifier le code]

Entre 1990 et 2000, le Hezbollah renforce son alliance avec la Syrie et consolide son aile militaire. Il poursuit sa guérilla face à Israël dans un conflit qui dépasse largement le cadre du sud du Liban. À la suite d'incessants tirs de roquettes Katioucha du Hezbollah sur la ville de Qiryat Shemona, Israël engage l'Opération Raisins de la colère en avril 1996, qui se solde par la mort de 154 civils dont 107 au cours du bombardement de Cana de 1996[94].

À partir de 1992, le Hezbollah est de nouveau accusé d'attentats hors du Liban, en particulier l'attentat contre le centre culturel juif de Buenos Aires en 1994, et considéré comme mouvement terroriste par une grande partie de la communauté internationale.

Après le retrait israélien du Liban de mai 2000, une controverse éclate au sujet du secteur dit des fermes de Chebaa. Ce territoire occupé par Israël au cours de la guerre des Six Jours est considéré comme syrien par l'ONU et Israël, mais libanais par le Liban, le Hezbollah et la Syrie. Les cartes officielles de l'ONU indiquent que les fermes de Chebaa se trouvent en territoire syrien, mais à la suite du retrait israélien, la Syrie et le Liban déclarent que ce territoire est libanais. L'ONU ne décide pas du tracé des frontières, mais puisque le gouvernement syrien refuse de notifier à l'ONU la souveraineté du Liban sur ces territoires, l'ONU considère actuellement les fermes de Chebaa comme syriennes. En conséquence, l'ONU considère le retrait israélien achevé, en accord avec les termes de la résolution 425 (1978).

Les hostilités ne cessent pas entre Israël et le Hezbollah. Épisodiquement, ce dernier mène des attaques contre les forces militaires israéliennes dans ce territoire des fermes de Chebaa ou en lançant des roquettes Katioucha sur le nord d'Israël, tandis qu'en représailles les forces israéliennes pénètrent dans l'espace aérien libanais ou bombardent le Hezbollah situé en territoire libanais.

Tentative de désarmement dans le cadre de la résolution 1559 (2004 - 2005)[modifier | modifier le code]

En septembre 2004, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté par 9 voix pour (Allemagne, Angola, Bénin, Chili, Espagne, États-Unis, France, Roumanie, Royaume-Uni) et 6 abstentions (Algérie, Brésil, Chine, Pakistan, Philippines, Russie)[95] une résolution exigeant, entre autres, le désarmement de l'ensemble des forces non gouvernementales au Liban (« 3. Demande que toutes les milices libanaises et non libanaises soient dissoutes et désarmées »). Le Hezbollah fut très clairement désigné par les diplomates comme concerné, au premier chef, par cette résolution. Le Hezbollah a refusé, à ce jour, tout désarmement. Une partie des forces de l'opposition libanaise anti-syrienne favorables à l'exécution pleine et entière de cette résolution (c'est-à-dire un état libanais souverain) propose un plan de désarmement, que le Hezbollah refuse tant qu'il pense que l'armée libanaise ne peut pas assurer son travail au Sud-Liban. En mai 2005, les tractations se poursuivaient pour inciter le Hezbollah à proposer un plan de désarmement.

La huitième session de la conférence de dialogue visant à parvenir à un accord sur le désarmement du Hezbollah s’est ouverte le 8 juin 2006 à Beyrouth la capitale sur fond de désaccord. Les principaux dirigeants musulmans et chrétiens estiment que l’armée libanaise ne pourrait répondre face à la puissance militaire israélienne. Le Hezbollah estime être capable de « riposter aux agressions israéliennes contre le Liban » et demande le retrait israélien du secteur des fermes de Chebaa et le retour des Libanais prisonniers en Israël, tandis qu'Israël réclame une sécurisation de sa frontière nord contre toute attaque et le retour de ses soldats faits prisonniers par le Hezbollah.

Un parti politique intégré au jeu gouvernemental[modifier | modifier le code]

Participation au gouvernement libanais[modifier | modifier le code]

À la suite des élections de mai-juin 2005, le Hezbollah obtient 11 % des suffrages et le Bloc de la résistance et du développement, auquel il appartient, 27,4 %. Concernant l'équilibre politique intérieur et extérieur, le Hezbollah prône désormais l'entente et le dialogue, sans ingérence extérieure. Son chef, sayyed Hassan Nasrallah, appelle au dialogue et se prononce en faveur d'un « gouvernement d'unité nationale ». Fort de ses 14 députés (sur 128), le Hezbollah rejoint pour la première fois le gouvernement le 19 juillet 2005. Il obtient officiellement un ministère sur 24, celui de l’Énergie attribué à Mohammad Fneich, ou trois officieusement puisque Faouzi Saloukh et Trad Hamadé, respectivement nommés aux postes de ministre des Affaires étrangères et du Travail, sont considérés comme pro-Hezbollah.

Alliance avec les chrétiens du Courant patriotique libre[modifier | modifier le code]

Le 6 février 2006, le Hezbollah signe un protocole d'entente mutuelle[96] avec le parti chrétien du général Michel Aoun, le Courant patriotique libre. Cette entente est un accord articulé autour de 10 thèmes dont la proposition d'une stratégie de défense nationale, la lutte contre la corruption au sein de l'État libanais, le sort des disparus de la guerre civile, le retour des Libanais ayant fui en Israël, l'établissement de relations diplomatiques avec la Syrie, le refus à tout retour de la tutelle étrangère, et l'édification d'un État moderne. Ce document est le premier texte dans lequel le Hezbollah aborde le problème de son stock d'armes à travers la proposition d'une stratégie de défense nationale.[réf. nécessaire]

Forte de sa victoire populaire et politique au lendemain de la guerre de l'été 2006, la nouvelle coalition, à laquelle se joignent plusieurs petits partis, se révèle majoritaire en termes de suffrages exprimés lors des élections législatives de 2009, mais reste minoritaire à l'Assemblée nationale en raison du mode particulier de scrutin.

Assassinat de Rafiq Hariri et révolution du Cèdre[modifier | modifier le code]

Le 14 février 2005, Rafiq Hariri, premier ministre du Liban, est assassiné dans un attentat à l'explosif contre son cortège, le tuant ainsi qu'une vingtaine de personnes et blessant une centaine de personnes sur la route du bord de mer de Beyrouth.

La crise politique qui s'ensuit amène la révolution du Cèdre et le retrait des forces syriennes du Liban. La position politique du Hezbollah est temporairement affaiblie, mais le conflit de 2006 contre Israël va de nouveau lui permettre de se poser comme champion de la résistance arabe face aux Israéliens.

Crise politique de 2006 à 2008[modifier | modifier le code]

Au sortir de la guerre contre Israël à l'été 2006, le Hezbollah et ses alliés réclament la formation d'un gouvernement d'union nationale intégrant l'opposition alors formée par le Bloc du changement et de la réforme, principale force politique chrétienne du pays. Face au refus de l'Alliance du 14 Mars, 6 ministres démissionnent et débute alors une crise politique sans précédent. Le Hezbollah rejoint le Bloc du changement et de la réforme dans l'opposition et manifeste dès le 1er décembre 2006[97] à ses côtés contre la politique du gouvernement Siniora. Cette situation perdure jusqu'en mai 2008.

Confrontation armée avec le gouvernement de Fouad Siniora[modifier | modifier le code]

Le 7 mai 2008 à Beyrouth, à la suite d'une annonce du gouvernement de Fouad Siniora jugée provocatrice (le démantèlement du réseau de communication de la résistance et le limogeage de Wafic Choukair, le chef de la sécurité de l'aéroport de Beyrouth, considéré comme un proche du Hezbollah), les partisans de l’opposition bloquent plusieurs routes dans Beyrouth dont celles de l’aéroport, provoquant de violents affrontements dans la capitale. Les hostilités qui impliquent chiites, sunnites et druzes surviennent au terme de plusieurs mois d’une grave crise politique entre la majorité et l’opposition et font plus de 80 morts[98].

Élections législatives de 2009 et retour au gouvernement[modifier | modifier le code]

Les élections législatives du 7 juin 2009 voient la victoire de la coalition du 14 mars, opposée au Hezbollah. Cependant, la coalition du 8 mars reste assez puissante pour peser sur la vie politique.

Le Hezbollah est battu dans le Grand Beyrouth où les seuls élus chiites sont un membre du 14 Mars et un d’Amal[99]. Rafiq Nasrallah[100], indépendant proche du Hezbollah, n’obtient que 21,8% des voix chiites dans le 3e District. En revanche, le parti a 2 élus au Mont Liban dans le district de Baabda [101], 4 dans la Bekaa dans le district de Baalbek-Hermel [102] et 5 dans le Sud où il est cependant distancé par le mouvement rival, Amal[103].

Avec les 11 députés chiites du Hezbollah, 2 députés sunnites et 1 maronite, le parti forme le Bloc de la fidélité à la Résistance.

Après 5 mois de négociations, en novembre 2009, le Hezbollah entre dans le gouvernement de Saad Hariri avec deux ministres : Hussein Hajj Hassan (Agriculture) et Mohammad Fneich (ministre d’État au Développement administratif).

Le Hezbollah, mis en accusation, quitte le gouvernement de Saad Hariri[modifier | modifier le code]

L'enquête sur l'assassinat de Rafiq Hariri se poursuit. Le 1er mars 2009, le Tribunal spécial des Nations unies pour le Liban (TSL) est chargé d’enquêter sur l'assassinat d'Hariri. Après l'impasse de la piste syrienne, les soupçons se portent de plus en plus sur le Hezbollah.

Le 8 août 2010, Hassan Nasrallah déclare avoir des « preuves », dont des vidéos, qui impliqueraient Israël et prouveraient sa complicité dans l'assassinat sans fournir ces preuves au TSL[104] du fait de la nature « politisée » puis déclare que le Hezbollah n’est « pas concerné par l'enquête internationale ». Israël a nié ses accusations.

Le 12 janvier 2011, le gouvernement de Saad Hariri tombe à la suite de la démission des onze ministres de l’opposition de l'Alliance du 8-Mars (dont le Hezbollah fait partie) du fait du refus de Saad Hariri de désavouer le TSL qui menacerait d'accuser des membres du Hezbollah[105]. Le 15 janvier 2011, des rumeurs publiées par divers médias[106],[107],[108] font état que le TSL mettrait en cause l'Iran et son Guide suprême de la Révolution islamique, l'Ayatollah Ali Khamenei.

Le 1er juillet 2011, le ministre de l'Intérieur libanais Marwan Charbel donne les noms de quatre suspects du Hezbollah cités dans les mandats d'arrêt émis le 30 juin par le TSL, à savoir Moustafa Badreddine, Salim Ayyash, Assad Sabra et Hussein Anaissi[109]. Le 3 juillet, Hassan Nasrallah rejette l'accusation et jure que les individus accusés ne seraient arrêtés par aucun gouvernement. Nasrallah décrit également le tribunal comme un complot étranger contre son parti[110].

Participation au gouvernement de Najib Mikati[modifier | modifier le code]

De juin 2011 à mars 2013, le Hezbollah participe de nouveau au gouvernement présidé par Najib Mikati et intégrant les partis pro-syriens. Il y compte deux ministres: Hussein Hajj Hassan à l'Agriculture et Mohammad Fneich, ministre d’État pour la réforme administrative. Les retombées de la guerre civile syrienne et les désaccords sur l'organisation des élections législatives provoquent la chute du cabinet.

Assassinat de Mohammad Chatah[modifier | modifier le code]

Le 27 décembre 2013, Mohammad Chatah conseiller et l’un des plus proches collaborateurs de Saad Hariri, considéré comme l’un des dirigeants les plus influent du mouvement du 14 Mars hostile au Hezbollah et au régime syrien, est assassiné ainsi que six autres personnes dans un attentat à la voiture piégée dans le centre de Beyrouth. Le Hezbollah et Bachar al-Assad sont tous deux mis en cause par plusieurs responsables politiques libanais qui demandent que soit formé un gouvernement excluant le Hezbollah. Farès Souaid, secrétaire général du mouvement du 14 Mars demande que les portefeuilles sécuritaires soient « entre les mains du 14 mars » expliquant que les membres de ce parti ne veulent plus « être des cibles de la machine à tuer du Hezbollah »[111],[112].

Procès des meurtriers présumés de Rafic Hariri[modifier | modifier le code]

Le 16 janvier 2014 a débuté le procès de quatre membres du Hezbollah accusés de l'assassinat en 2005 de Rafic Hariri. Selon l'accusation, Mustafa Badreddine, 52 ans, et Salim Ayyash, 50 ans, ont préparé et exécuté l'attentat. Hussein Oneissi, 39 ans, et Assad Sabra, 37 ans, sont accusés d'avoir envoyé à la chaîne d'information Al Jazeera « une fausse cassette vidéo pour revendiquer le crime au nom d'un groupe fictif ». L'accusation compte appeler huit témoins et prouver la culpabilité des accusés par « les relevés des communications entre plusieurs téléphones portables » qui appartiendraient aux accusés. Un cinquième suspect, Habib Merhi, avait été mis en accusation le 10 octobre 2013[113].

Participation au gouvernement de Tammam Salam[modifier | modifier le code]

Le gouvernement Mikati, chargé des affaires courantes, se maintient avec des pouvoirs réduits jusqu’au début de 2014. Le 15 février, un nouveau gouvernement est constitué autour de Tammam Salam, un sunnite modéré du courant du 14 Mars. Le Hezbollah a pesé sur sa formation en empêchant la nomination à l’Intérieur de son ancien adversaire, le général à la retraite Achraf Rifi, qui obtient cependant le ministère de la Justice[114]. Les deux ministres du Hezbollah se voient attribuer de nouveaux postes : Mohammad Fneich est nommé ministre d’État pour les Affaires parlementaires, et Hussein Hajj Hassan, ministre de l'Industrie[115].

Conflit israélo-libanais de 2006[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conflit israélo-libanais de 2006.

Boucliers humains[modifier | modifier le code]

Le 23 juillet 2006, le responsable humanitaire de l’ONU Jan Egeland déclare[116] qu'« Israël viole le droit humanitaire » en bombardant la ville de Beyrouth et, le lendemain, il critique le Hezbollah. Pour M. Egeland, « le Hezbollah doit cesser de se fondre lâchement [...] parmi les femmes et les enfants. [...] J'ai entendu qu'ils étaient fiers parce qu'ils avaient perdu très peu de combattants et que ce sont les civils qui subissent le plus gros [des attaques israéliennes]. Je ne pense pas que quiconque devrait être fier d'avoir plus de morts parmi les enfants et les femmes que les hommes armés. »[117]

Attaque de civils[modifier | modifier le code]

Le 29 août 2007, Human Rights Watch publie un rapport[118] dans lequel le Hezbollah est accusé d'avoir visé sciemment les populations civiles israéliennes, parfois de l'aveu même de commandants ou de combattants de l’organisation chiite. HRW reproche notamment au Hezbollah d’avoir tiré à l’aveugle en utilisant des roquettes non guidées pouvant s’écraser sur des zones civiles au lieu d’atteindre leurs cibles militaires éventuelles et d’avoir visé des villes comme Karmiel, Nahariya ou Kiryat Shmona qui étaient pourtant éloignées de toute cible militaire légitime apparente. Le Hezbollah est également accusé d’avoir fait usage, faute d’hélicoptères d'attaques, de chars lourds et de munitions à l'uranium appauvrit, de bombes artisanales à sous-munitions contenant des billes d'acier pouvant tuer ou gravement blesser dans un très large rayon autour de l'impact[119].

Avant la publication du rapport, le Hezbollah a lancé une vive campagne contre HRW par le biais de sa chaîne de télévision Al-Manar. La chaîne a qualifié HRW d’« association américaine greffée de juifs »[120] et des manifestations de plusieurs associations ont entraîné l'annulation de la conférence de presse que l’organisation américaine de défense des droits de l’homme avait prévu de tenir à Beyrouth. Selon Le Monde, la chaîne aurait ainsi un discours teinté d'antisémitisme.

Implication dans les conflits du Moyen-Orient depuis 2012[modifier | modifier le code]

Activités du Hezbollah dans les monarchies du Golfe[modifier | modifier le code]

Le Hezbollah a été plusieurs fois accusé d'activités subversives dans les monarchies du Golfe où vivent d'importantes communautés chiites.

Le 16 février 2013, Samira Rajab, ministre bahreïnie de l'Information a qualifié le Hezbollah libanais de « milice terroriste ». Elle a affirmé au quotidien saoudien Al-Watan que « le Hezbollah est présent à Manama ». Selon elle, un membre important de l'opposition chiite à Bahreïn a rencontré récemment Hassan Nasrallah au Liban. Elle a estimé que cela prouvait que « le Hezbollah interfère dans les affaires intérieures de Bahreïn ». Selon L'Orient-Le Jour, le Hezbollah a « affiché son soutien à la révolte populaire de l'opposition chiite au royaume depuis 2011 » ce qui a « affecté les relations bilatérales entre le Liban et Bahreïn », en particulier à la suite des attaques de Nasrallah à l'encontre du royaume sunnite[121].

En juin 2013, le Conseil de coopération du Golfe vote des sanctions contre le Hezbollah, concernant les permis de séjour et les opérations financières de ses membres, pour son rôle dans la guerre civile syrienne, déclarant que "la nature du parti et ses véritables objectifs qui dépassent le cadre du Liban et de la nation arabe"; le 10 juin, le Qatar a expulsé de son territoire 18 Libanais, sans toutefois confirmer qu'il s'agisse de membres du Hezbollah[122].

Raids israéliens contre le transfert d'armements à partir de la Syrie à destination du Hezbollah[modifier | modifier le code]

Le 31 janvier 2013, Selon le quotidien libanais L'Orient-Le Jour l’aviation israélienne a mené un raid sur le territoire syrien contre « un convoi se dirigeant vers le Liban ». Des sources sécuritaires libanaises ont affirmé qu’il s’agissait d’un « convoi armé en direction du Liban qui a été touché du côté syrien de la frontière vers 23h30 GMT ». Dans le même temps des missiles avaient touché un « centre de recherches sur les armes non conventionnelles » proche de Damas provoquant « un incendie et faisant au moins 2 morts » selon des témoins. Un diplomate occidental en poste au Liban a déclaré que « la cible était un camion transportant des armes, se dirigeant de Syrie vers le Liban » et que les armes à destination du Hezbollah « comprenait probablement des missiles antiaériens et antichars sophistiqués ». Des responsables israéliens avaient avertis à plusieurs reprises que Tsahal attaquerait des convois susceptibles de transporter des armes chimiques ou d’autres types d’armement équipant l’armée syrienne, tels que des missiles Scud ou des missiles antiaériens vers le Liban pour le Hezbollah. Selon la chaîne d'information saoudienne, Al-Arabiya qui citerait « un expert militaire israélien » le convoi ciblé transportait des missiles SA-17. Israël n'a fait aucun commentaire officiel[123] ,[124],[125].

Les 4 et 5 mai 2013, l’aviation israélienne a mené deux raids prés de Damas. Le premier aurait eu pour cible un entrepôt situé sur l'aéroport de Damas contenant des missiles sol-sol de fabrication iranienne Fateh-110 ayant une portée de 200 à 300 km, ce qui lui permettrait d'atteindre l'essentiel du territoire israélien. Le second, aurait visé un « centre de recherches scientifiques » à Jamraya considéré comme étant le principal centre de développement d'armes biologiques et chimiques, déjà touché fin janvier ainsi que deux objectifs militaires. Selon des sources américaines citées par les cibles visées étaient sous la protection de miliciens du Hezbollah et de la Force Al-Qods iranienne. CNN a précisé que selon « un haut responsable américain » le raid visait probablement des systèmes de lancement d'armes chimiques. Un bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'homme fait état de « la mort de 42 soldats » et ajoute que « le sort d'une centaine d'autres reste inconnu. ». Les autorités syriennes n'ont pas fourni de bilan officiel. Une chaine de télévision proche du Hezbollah a affirmé que la Syrie était désormais prête à fournir au Hezbollah des « armes de haute qualité » qu'elle n'avait pas fourni auparavant et qu'une décision de principe de riposter avait été prise par la Syrie, l'Iran et le Hezbollah [126],[127],[128], [129].

Le 9 mai 2013, Hassan Nasrallah a déclaré que la Syrie allait fournir à sa milice des armes "changeant les règles du jeu" comme réponse de la Syrie aux frappes israéliennes précisant dans un discours télévisé que « La Syrie fournira à "la résistance" des armes sophistiquées que "la résistance" n'a jamais obtenu auparavant ». Il a aussi annoncé que la Syrie allait permettre à des "groupes de résistance" de combattre Israël sur le plateau du Golan précisant que « ceux qui veulent une guerre contre la Syrie auront pour réponse l'ouverture d'un front sur le Golan pour tous les groupes de "la résistance populaire" »[130].

Le même jour, le vice-ministre des Affaires étrangères syrien, Fayçal Moqdad, a qualifié de « mensonges » les informations selon lesquelles des armes en provenance d'Iran sont fournies au Hezbollah par la Syrie. Il a affirmé « qu'il n'y a pas d'Iran et de Hezbollah en Syrie et qu'il n'y a pas de voitures qui transféraient des armes vers le Hezbollah au Liban »[131].

Ces attaques ont été condamnées par la Ligue arabe mais pas par l'ONU. Le Conseil de sécurité de l'ONU n'a pas été convoqué, l'appel de la Ligue arabe pour « une action immédiate de l'organe exécutif des Nations unies » pour mettre fin à ce qu'elle qualifie de « violation dangereuse de la souveraineté d'un État arabe » est resté sans écho[132].

Un responsable israélien a déclaré le 5 mai que « chaque fois que des informations parviendront à Israël sur un transfert de missiles ou d'armements de Syrie au Liban, ils seront attaqués »[133].

Le 24 février 2014, un raid attribué à l'aviation israélienne par des sources libanaises et l'OSDH, cible un convoi ou une base de missile du Hezbollah à la frontière libano-syrienne. La télévision du Hezbollah, Al-Manar, a démenti l'information affirmant « qu'aucun raid israélien n'a eu lieu sur le territoire libanais » tout en rapportant un « intense survol de l'aviation de l'ennemi sur la région nord de la Bekaa ». Des habitants de localités libanaises proches de la frontière, ont affirmé avoir vu des bombes éclairantes avant les raids. Le 26 février, le Hezbollah confirme les raids sur l'une de ses bases au Liban et annonce qu'il ripostera contre « cette nouvelle attaque contre le Liban, sa souveraineté et son territoire »[134],[135].

Intervention du Hezbollah dans la guerre civile syrienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre civile syrienne.

La position du Hezbollah sur « les exactions du pouvoir de Damas en territoire libanais » et qui prétend incarner « la résistance du Liban » a été critiquée, soulevant des interrogations sur sa « conception de la souveraineté » considérée comme étant « arbitraire » [136]. Adnan Mansour, ministre libanais des affaires étrangères issu du Hezbollah a refusé de convoquer l'ambassadeur syrien, comme le lui avait demandé le chef de l'État libanais, Michel Sleiman à la suite d'une incursion de l’armée syrienne de plus de 500 mètres en territoire libanais dans la région de Qaa. Selon des témoignages recueillis par la télévision libanaise MTV des soldats syriens auraient commis des destructions et de vols entraînant la fuite des habitants de la région. Des incidents similaires avaient provoqués la « colère » des habitants du Qaa, « outrés que l'armée, présente sur place, ne les ait pas protégés »[137]. La ligne officielle du Hezbollah est que la Syrie est « victime d'un complot ourdi par les États-Unis, avec la complicité d'États du Golfe, pour servir les intérêts d'Israël ». Bachar el-Assad est qualifié de « résistant », ayant appuyé « politiquement, matériellement et moralement » le Hezbollah ainsi que le Hamas et Jihad islamique. Le 18 juillet 2012, Hassan Nasrallah révèle que la majorité des 4 500 roquettes et missiles tirés sur Israël lors de la guerre de juillet 2006 « ont été livrés par la Syrie » et que « l'Occident veut la punir pour cela. » [138].

Le Hezbollah, est accusé de prendre part au conflit syrien de 2011-2012 afin de soutenir le régime chiite- alaouite de Bachar el-Assad. La milice chiite libanaise aurait envoyé près de 7 000 combattants dans le but de « mater les rebelles sunnites ».[réf. nécessaire] Le 27 juillet 2012, le quotidien libanais An Nahar rapporte que le Hezbollah aurait envoyé en Syrie son "unité 910 ", considérée comme une unité de combat, indiquant que des membres de cette unité combattraient avec l'armée syrienne à Homs, Al-Qusayr et Rastane et appuieraient aussi l'armée syrienne dans les combats à Alep en lui apportant un soutien opérationnel[139].

Le quotidien koweïtien Al Seyasseh indique, selon un officier de l’armée syrienne ayant fait défection, qu'avant cette bataille, plus de 147 combattants du Hezbollah et 85 Basij iraniens auraient été tués en Syrie[140],[141].

L'analyste libanais Djihad al Zein souligne que le Hezbollah et la « famille Assad » sont liés par une alliance stratégique et que le Hezbollah « restera avec le régime jusqu'à la dernière minute » du fait de l'alliance existante entre l'Iran et la Syrie dont le Hezbollah fait partie. Selon Le Nouvel Observateur citant un responsable libanais « Ce qui importe pour le Hezbollah, c'est que la ligne d'approvisionnement de Damas lui reste ouverte. Et il est prêt à faire tout ce qui sera nécessaire pour préserver cela. ». Haim Waxman, ambassadeur adjoint d'Israël auprès des Nations unies considère que « le Hezbollah et l'Iran font partie de la machine à tuer d'Assad et qu'ils franchiront toutes les lignes pour maintenir le régime Assad au pouvoir » [142].

Selon Libération, Hassan Nasrallah, aurait admis en 2012 que des membres Hezbollah combattaient les rebelles syriens, « mais à titre individuel ». Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, des libanais « sont membres des comités populaires syriens, pro-régime, et ont été entraînés par le Hezbollah »[143].

Le 20 février 2013, le général Selim Idriss, chef d'état-major de l'Armée syrienne libre (ASL) a menacé le Hezbollah de représailles contre le village libanais de Zeita. Il a accusé le parti chiite libanais de bombarder des villages syriens dans les environs de Qousseir [144].

Le 30 avril 2013, le chef du Hezbollah reconnaît officiellement la participation de combattants du Hezbollah aux combats en Syrie[145]. Lors d’une intervention sur la chaine de télévision du Hezbollah Al-Manar Hassan Nassrallah a déclaré que « les vrais amis de la Syrie empêcheront sa chute entre les mains des Américains, des Israéliens et des takfiris » et que « l’objectif de la guerre en Syrie est de la détruire et d’en faire un État faible et fragile à l’instar de certains pays du printemps arabe »[146].

Le 9 mai 2013, le quotidien libanais al-Akhbar rapporte que Bachar el-Assad a déclaré que la Syrie allait « tout donner au Hezbollah en reconnaissance de son soutien et qu'il allait suivre son modèle de "résistance" contre Israël » ajoutant « Pour la première fois, nous avons senti que nous et eux vivions la même situation et qu'ils ne sont pas seulement des alliés que nous soutenons » il aussi exprimé « sa confiance, satisfaction et grande gratitude envers le Hezbollah »[147].

Le 19 mai 2013, environ 1 700 combattants du Hezbollah s'engagent aux côtés des forces de Bachar el-Assad à l'assaut de la ville syrienne de Qousseir, localité à majorité sunnite, aux mains des « rebelles » opposés au régime syrien. Au moins 79 miliciens du Hezbollah auraient été tués durant la première semaine des combats et 141 depuis le début de son intervention dans les régions de Damas et de Homs, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH)[148]. Selon les avis d'experts cités par l'AFP la participation du Hezbollah à la guerre en Syrie « découle d'une décision iranienne de soutenir jusqu'au bout le régime syrien », les iraniens ayant demandé au Hezbollah de « s'engager une fois pour toute et de façon publique car cette guerre doit décider de l'avenir de l'alliance entre l'Iran et la Syrie et peut-être de toute la région » et du fait que « la perte du pouvoir par le clan Assad aurait des répercussions mortelles pour le Hezbollah, non seulement pour son approvisionnement en armes, le passage d'hommes et d'argent, mais aussi sur le plan politique car il ne bénéficierait plus du soutien total syrien » [149],[150].

Le 22 mai 2013 le ministre des affaires étrangères français Laurent Fabius a annoncé que la France proposera que la branche militaire du Hezbollah soit inscrite « sur la liste des groupes terroristes de l'Union européenne en raison de son soutien au régime de Damas »[151].

Le 29 mai 2013, Laurent Fabius a estimé que le Hezbollah avait déployé 3 000 à 4 000 combattants en Syrie. Le Département d'État des États-Unis a exigé que « le Hezbollah retire immédiatement ses combattants de Syrie » dénonçant « une escalade inacceptable ». Le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a condamné « l'intervention de combattants étrangers aux côtés des forces armées syriennes à Qousseir » et a demandé une enquête de l'ONU sur les violences dans cette ville[152].

Le 1er juin 2013, des tirs de roquette et de mortier provenant de Syrie frappent la région de Baalbek, bastion du Hezbollah, plusieurs combattants ont été tués lors d'affrontements entre rebelles syriens et des miliciens du Hezbollah. Les rebelles avaient menacés de mener des attaques contre la milice chiite, Salim Idriss, chef des rebelles syriens avait averti le 28 mai 2013 que « si le mouvement chiite libanais Hezbollah n'arrêtait pas dans les 24 heures son agression en Syrie, où ses hommes combattent aux côtés du régime, les forces insurgées les pourchasseraient même en enfer ». Dans ce contexte, un influent prédicateur islamique, Youssef al-Qaradâwî a appelé les musulmans sunnites à soutenir les rebelles en qualifiant le parti chiite de « parti de Satan » et les pays du Golfe ont annoncés envisager de prendre des sanctions contre le Hezbollah[153],[154],[155],[156],[157].

Le 5 juin 2013 une résolution adoptée au Caire par les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe condamnent l'intervention du Hezbollah. Cette condamnation est suivie par celle de L'Arabie saoudite, chef de file des monarchies du Golfe qui ont promis de sanctionner les miliciens chiites en représailles à leur intervention en Syrie. Les opinions publiques arabes montrent une hostilité croissante contre ce mouvement qu'elles considèrent comme une émanation des Gardiens de la révolution iranienne. Cette tendance s'est amplifiée par le meurtre d'un manifestant protestant contre la participation du Hezbollah aux combats en Syrie devant l'ambassade d'Iran à Beyrouth par des miliciens du Hezbollah. Sarkis Naoum, éditorialiste du journal libanais An Nahar estime que « l’État dans l’État du Hezbollah existe déjà » et que cet assassinat « démontre que s'ils sont défiés, ils descendront dans la rue. Ils ont écrasé cette manifestation pour qu'elle ne se reproduise pas ailleurs ». Fawaz Gerges (en), spécialiste du Moyen-Orient considère que « la division entre les musulmans chiites et sunnites est aussi profonde et aussi large que les lignes de fracture entre les Arabes et les Israéliens » et que la « déclaration de Nasrallah est extrêmement évocatrice des tempêtes très violentes et menaçantes qui se développent dans les terres arabes ». Après la prise du bastion stratégique rebelle de Qousseir grâce au soutien crucial du Hezbollah, Laurent Fabius a « déploré le fait que les troupes de Bachar al-Assad et surtout le Hezbollah et les Iraniens, avec les armes russes, ont repris un terrain considérable ». En réaction à la chute de Qousseir, cinq roquettes ont été tirées sur la ville libanaise de Baalbek, contrôlée par la milice chiite [158],[159],[160],[161],[162],[163],[164].

Le 19 juin 2013, Al-Arabiya rapporte que les opposants au régime de de Bachar al-Assad accusent le Hezbollah d'avoir fait usage d'armes chimiques à Damas, spécifiquement du gaz sarin, conjointement avec l’armée syrienne[165].

Le 10 juillet 2013 le Conseil de sécurité des Nations unies a appelé mercredi le Hezbollah a ne plus s'impliquer directement dans le conflit syrien[166].

En novembre 2013, les forces du Hezbollah et du régime syrien sont engagées dans une série de combats dans la région du mont Qalamoun, carrefour stratégique entre Damas et les régions centrales de la Syrie, mais aussi base d'opération d'importants groupes rebelles dont le Front al-Nosra qui aurait organisé plusieurs attentats ou tentatives d'attentats contre le Hezbollah au Liban[167].

Le 29 décembre 2013, un responsable de Tsahal cité par le site du quotidien israélien Yediot Aharonot estime que « plus de 300 miliciens du Hezbollah ont été tués en Syrie, y compris ceux dont la mort n'a pas été déclarée »[168].

Répercussions au Liban de l'engagement du Hezbollah en Syrie[modifier | modifier le code]

Le 26 mai 2013, quelques heures après l'annonce par Hassan Nasrallah que « le Hezbollah se battra jusqu'au bout aux côtés de l’armée syrienne » deux roquettes de type Grad se sont abattues sur un quartier du sud de Beyrouth contrôlé par le Hezbollah, faisant au moins cinq blessés. Ces tirs sont considérés comme une réaction aux propos de Nassralah[169],[170].

Le 23 juin 2013, de violents combats ont opposé à Abra l'armée libanaise à des partisans d'un chef de faction salafiste, connu pour ses diatribes contre le Hezbollah du fait de son engagement en Syrie, 18 militaires libanais et des dizaines de militants salafistes ont été tués dans les affrontements. Le Courant du futur parti de l’ancien Premier ministre Saad Hariri, a accusé le Hezbollah « d’être intervenu "militairement" dans ces combats et a déclaré que « les problèmes du Liban ne peuvent être réglés tant que le Hezbollah ne retire pas ses milices de Syrie »[171].

Le 9 juillet 2013, un attentat a fait au moins 38 blessés, dans une zone commerçante du quartier de Bir al-Abed connue pour abriter de nombreux bureaux du Hezbollah[172]. Le 16 juillet, l'un de ses convois qui se dirigeait vers la frontière syrienne a été visé par une bombe, faisant 2 blessés[173]. Al-Manar, la chaîne de télévision du Hezbollah, citant des sources de sécurité libanaises, à annoncé qu'une semaine avant cette attentat, le chef de la CIA au Liban avait informé les services de sécurité libanais sur l'intention de groupes liés à Al-Qaïda de commettre une série d'attaques contre le Hezbollah. Selon ces informations, deux camions, chacun chargé de sept tonnes d'explosifs et conduits par des kamikazes, se dirigeaient en provenance de Syrie vers Dahiyeh, le bastion du Hezbollah à Beyrouth[174].

Le 15 août 2013, une voiture piégée explose à Roueiss, l'un des fiefs du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth. L'explosion fait au moins 22 morts et 300 blessés. Cet attentat survient le lendemain d'une interview de Nasrallah dans laquelle il affirmait que son parti prenait des mesures pour éviter des attentats dans les secteurs sous son contrôle. Deux groupuscules syriens inconnus ont revendiqué cet attentat qu'ils ont présenté comme une « riposte » à l'implication du Hezbollah dans les combats aux côtés du régime syrien[175].

Le 19 novembre 2013, un double attentat suicide cible l'ambassade d'Iran à Beyrouth faisant 25 morts et plus d'une centaine de blessés. Cet attentat est revendiqué par un groupe lié à Al-Qaïda qui a prévenu que « les attentats se poursuivraient au Liban tant que le Hezbollah continuerait de combattre en Syrie aux côtés du régime ». Il s'agit de la première attaque contre la République islamique depuis le début du conflit en Syrie. Parmi les victimes figurent, Ibrahim Ansari le « conseiller culturel » de l'ambassade et un gardien iranien. Après avoir accusé Israël [176],[177], Nasrallah met en cause les services secret saoudiens[178].

Le 4 décembre 2013, l'un des leaders du mouvement chiite et proche de son chef, Hassan al-Laqis, est, selon le Hezbollah, « assassiné d'une ou plusieurs balles dans la tête à l'aide d'un pistolet à silencieux » dans un quartier résidentiel de la banlieue de Beyrouth. Nasrallah accuse de nouveau les israéliens. Le porte-parole du ministère des affaires étrangères israélien, a démenti ces « accusations automatiques et sans fondement contre Israël », conseillant au Hezbollah de « chercher ailleurs des explications à ce qui leur arrive », et de « réfléchir à leurs propres actes »[179]. Selon des sources proches des services de renseignement israéliens, al-Laqis était responsable pour le Hezbollah de l'approvisionnement en armes en provenance d'Iran, dont des équipements de communication sophistiqués, des missiles et des drones[180],[181]. Le 28 décembre, un groupe jihadiste libanais, les Brigades Abdullah Azzam, a posté sur son site internet une vidéo affirmant qu'al-Laqis n'a pas été tué « par les Juifs » mais est mort dans le double attentat ayant frappé l'ambassade iranienne à Beyrouth[182].

Le 2 janvier 2014, cinq personnes sont tuées et 66 autres blessées dans un attentat à la voiture piégée dans le quartier de Haret Hreik, connu comme le carré de sécurité de la banlieue sud de Beyrouth ; il s'agit de la quatrième attaque contre ce bastion du Hezbollah, depuis juillet. L’État islamique en Irak et au Levant (EIIL, affilié à Al-Qaïda) a revendiqué l’attentat qualifiant le Hezbollah de « Parti du Diable » et promettant « qu’un lourd prix à payer attend ces ignobles criminels»[183],[184]. Le 21 janvier un nouvel attentat causé par une voiture piégée conduite par un kamikaze frappe le quartier de Haret Hreik au cœur du territoire du Hezbollah à Beyrouth, faisant au moins quatre morts et 35 blessés. Il a été revendiqué par le « Front Al-Nosra au Liban », considéré comme une branche d'un groupe syrien lié à Al-Qaida[185].

Le 19 février 2014, deux voitures piégées explosent à proximité d'un centre culturel iranien dans le quartier de Bir Hassan au sud de Beyrouth. L'attentat revendiqué par un groupe djihadiste proche d'Al-Qaida fait quatre morts et une centaine de blessés[186].

Attentats hors du Liban après 1990[modifier | modifier le code]

En 1992[modifier | modifier le code]

Le 7 mars 1992: Le responsable de la sécurité à l'ambassade d'Israël à Ankara est tué dans un attentat contre sa voiture. Les autorités turques tiennent le Hezbollah pour responsables [187].

Le 17 mars 1992, un attentat à la bombe fait 29 morts et 242 blessés à l'ambassade israélienne en Argentine.

En 1994[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Attentat de l'AMIA.

Le 18 juin 1994, à Buenos Aires (Argentine), un attentat à la voiture piégée détruit un bâtiment abritant plusieurs associations ou organisations juives, dont l'Association mutuelle israélite argentine AMIA, faisant 84 morts[188] et 230 blessés. C'est l'attentat à la bombe le plus meurtrier jamais commis sur le sol argentin. Les soupçons se portant dès le début sur l'Iran et le Hezbollah plusieurs membres de la communauté chiite locale sont arrêtés puis relâchés faute de preuve. L'une des pistes de l'enquête accuse le Hezbollah et l'Iran d'avoir organisé l'attentat[189]. En 2006, le procureur Nisman a accusé le gouvernement iranien et le mouvement libanais Hezbollah d'être responsables de l'attentat et a émis des mandats d'arrêts contre des officiels iraniens et Imad Moughniyah, membre du Hezbollah, qui fut assassiné en 2008 dans un attentat à la voiture piégée à Damas. Le 9 novembre 2005, le procureur avait affirmé que l'un des auteurs de l'attentat était mort lors de l'explosion, et qu'il s'agissait d'Ibrahim Berro (en), membre du Hezbollah. Cette affirmation provenait du Mossad, tandis que le Hezbollah affirmait que ce dernier avait été tué dans un combat contre l'armée israélienne au sud-Liban le 9 septembre 1994. En l'absence de prélèvements effectués sur la scène du crime, cette affirmation n'a jamais été démontrée[190]. À ce jour, les responsables de l'attentat n'ont pas été identifiés avec certitude.

Le lendemain de l'attentat de l'AMIA en Argentine, un avion de ligne intérieur à Panama, le vol Alas Chiricanas 901 (en) a explosé en vol, tuant les 18 passagers et 3 membres d'équipage, dont 12 juifs. L'enquête a déterminé qu'une bombe avait explosé à bord, et soupçonné un attentat suicide. Le Hezbollah a été soupçonné d’être impliqué dans cet attentat par les autorités américaines[191], mais celui-ci n'a jamais été résolu[192].

Cependant, le 25 octobre 2006, deux procureurs argentins recommandent à un juge d'ordonner l'arrestation de l'ancien président iranien Hachemi Rafsanjani et de sept autres hauts responsables iraniens, déclarant que "la décision d'attaquer" le centre "avait été prise en 1993 par les plus hautes autorités du gouvernement iranien de l'époque", et ajoutant que le Hezbollah libanais avait été chargé de commettre l'attentat[193]. Le 9 novembre 2006, suivant cette recommandation, le juge fédéral Rodolfo Canicoba Corral lance un mandat d'arrêt international contre M. Rafsandjani et des sept autres personnes et demande l'aide d'Interpol dans cette affaire. En 2008, l'ancien président argentin Carlos Menem est inquiété pour avoir protégé 2 syro-argentins ayant des liens avec un des diplomates iraniens incriminé[194].

En 2008[modifier | modifier le code]

En juin 2008, les forces américaines annoncent avoir capturé le no 2 de la branche militaire du Hezbollah durant la guerre en Irak en train d'entraîner l'armée du Mehdi[195].

En 2009[modifier | modifier le code]

En avril 2009, l'Égypte accuse le Hezbollah de préparer un attentat contre des touristes israéliens dans une station balnéaire du Sinaï. Des membres du Hezbollah sont arrêtés en territoire égyptien, les services secrets égyptiens affirmant que ces membres avaient en leur possession des explosifs et des armes. Neuf personnes ont été inculpées par un procureur égyptien[196].

Nasrallah a déclaré que le libanais arrêté le 19 novembre 2008 avec des égyptiens et des palestiniens était accusé de s'occuper « de contrebande d'armes et d'équipements pour la bande de Gaza ainsi que l'acheminement d'hommes par la frontière égyptienne » pour aider la « résistance à l'intérieur de la Palestine. Il a nié les accusations selon lesquelles le « Hezbollah cherche à nuire à la sécurité égyptienne ou envisage des attaques contre des cibles égyptiennes ». Il a accusé le régime égyptien de « travailler jour et nuit à la destruction des tunnels de Gaza et qu'il devrait être inculpés pour le siège de Gaza ». Le quotidien égyptien Al-Ahram, rapporte que parmi les personnes arrêtées se trouvaient deux employés d'une station de télévision iranienne ayant des bureaux au Caire [197].

Le 28 avril 2010, 26 hommes dont 4 en fuite sont condamnés à des peines allant de la perpétuité à six mois de prison pour avoir projeté des assassinats et planifié des attentats contre des sites touristiques et des navires empruntant le canal de Suez. Hassan Nasrallah déclare que « Ces jugements sont un honneur pour ces nobles frères de la résistance »[198].

En 2011[modifier | modifier le code]

En juillet 2011, le journal italien Corierre della Sera rapporte selon des sources américaines et turques, que le Hezbollah était derrière un attentat à Istanboul en mai 2011 ayant blessé huit civils turcs. Selon ce journal il s'agissait d'une tentative d'assassinat du consul d'Israël en Turquie qui avait pour but de venger la mort d'un scientifique iranien dans le domaine du nucléaire. L'Iran avait accusé le Mossad. Les services de renseignements turcs (MIT) ont démenti ces informations[199].

En 2012[modifier | modifier le code]

En janvier 2012 un Libanais, présumé membre du Hezbollah, a été arrêté à Bangkok. Le ministre de la Défense thaïlandais, Yuthasak Sasiprapha, a estimé que les cibles probables visées étaient l'ambassade d’Israël ou des synagogues[200].

Le 13 février 2012, une bombe apposée sur la voiture d'un diplomate israélien à New Delhi par un motard explose blessant quatre personnes, un diplomate israélien et 3 indiens, l'Iran et le Hezbollah sont suspectés d’être derrière cet attentat[201]. Le même jour, la police azérie interpelle à Bakou un nombre indéterminé de personnes liées à l'Iran et au Hezbollah qui sont soupçonnées de préparer des attentats dans le pays. Selon la télévision d’État, AzTV, citant des sources du ministère de la sécurité intérieure, les suspects avaient récoltées des informations sur des cibles potentielles et achetés des explosifs, des armes et des munitions[202].

Le 14 février 2012 un employé de l'ambassade israélienne à Tbilissi trouve un engin suspect dans sa voiture. La bombe est désamorcée. Le Hezbollah et l'Iran sont pointés du doigt par Israël[203].

Le 16 février 2012, un complot visant à assassiner le ministre de la Défense israélien, Ehud Barak, a été déjoué par les services de sécurité singapouriens en coopération avec le Mossad selon, Al Jarida un journal koweïtien qui a affirmé que « trois membres d'une cellule terroriste du Hezbollah et l'Iran ont été arrêtés par les services de sécurité de Singapour »[204].

En juillet 2012, un Libanais a été arrêté par la police chypriote qui le soupçonnait de planifier des attaques contre des touristes israéliens. Selon des responsables sécuritaires locaux, le suspect a reconnu être un membre du Hezbollah. Il était en possession de photographies de cibles israéliennes et d'informations sur les lieux fréquentés par des touristes israéliens et sur les autobus qu'ils utilisent ainsi que sur les vols de compagnies d'aviation israéliennes. Son objectif aurait été de planifier une attaque contre un autobus ou avion transportant ces touristes[205]. En février 2013, le suspect, Hossam Taleb Yaacoub, qui a aussi la nationalité suédoise, a admis lors de l'ouverture de son procès à Chypre être un membre de Hezbollah. Il a déclaré être venu dans ce pays pour un « voyage d'affaires » et qu'il n'avait pas eu l'intention de nuire. Il a avoué avoir été chargé de recueillir des informations sur des touristes israéliens de novembre 2011 à janvier 2012 et en juillet. Yaacoub a déclaré qu'avant qu'il quitte le Liban il avait rencontré « un homme masqué » qui lui a demandé de recueillir des informations « sur les vols en provenance d’Israël, les lignes d'autobus employées par les touristes israéliens, les restaurants cachers et d'autres endroits qu'ils fréquentent sur l'île ». Il a été inculpé d'appartenance à « une organisation criminelle dont le but est de frapper des citoyens israeliens dans le monde entier ». Il a reconnu avoir mené des missions similaires en Turquie, aux Pays-Bas et en France. Chypre étant membre de l'Union européenne, le verdict de la cour chypriote pourrait influencer le débat sur la qualification du Hezbollah comme organisation terroriste[206].

Le 18 juillet 2012 un attentat-suicide est perpétré par un terroriste à l’aéroport de Bourgas contre des autobus de touristes israéliens. Le bilan est de sept morts : cinq touristes israéliens, le chauffeur bulgare de l'un des autobus et le kamikaze. On compte aussi 32 blessés dont trois dans un état critique. L'attentat a visé l'un des bus transférant des vacanciers israéliens, peu après leur descente de leur avion-charter arrivé d'Israël avec 154 personnes à bord qui devaient se rendre à la station balnéaire de Slantchev Briag (Côte du Soleil), au nord de Bourgas.

En 2013[modifier | modifier le code]

Le 5 février 2013, le gouvernement bulgare désigne le Hezbollah comme étant responsable de l'attentat de Bourgas. Selon le ministre de l'Intérieur bulgare, il existerait « des informations concernant des financements et une appartenance au Hezbollah de deux personnes, dont l'auteur de l'attentat. » Le numéro deux du Hezbollah, Naïm Kassem, a accusé Israël de « mener une campagne d'accusations, d'allégations et de calomnies » contre cette organisation. Le gouvernement libanais qui est dominé par le Hezbollah et ses alliés, a annoncé que son pays allait « coopérer avec Sofia pour élucider les circonstances de l'attentat »[207],[208]. Le 15 février, le ministre de l'Intérieur bulgare a affirmé que les « poseurs de bombes » ont apporté un soutien à une partie des structures du Hezbollah au Canada et en Australie et ont eu des contacts avec d'autres représentants de cette organisation[209].

Ce développement a relancé le débat sur une possible inscription de cette organisation sur la liste des organisations terroristes de l'Union européenne[210],[211]. Le 21 février, le président israélien Shimon Peres a appelé les pays européens à inclure le Hezbollah dans cette liste. Il a déclaré qu'il a été « prouvé que le Hezbollah a perpétré l'attentat terroriste en Bulgarie, sur le sol européen, et a tué des civils innocents » il a par ailleurs déclaré « qu'aujourd'hui, il y a de nouvelles preuves des activités de cette organisation et de ses mandants iraniens à travers le monde, y compris à Chypre et au Nigeria »[212]. Nasrallah a déclaré dans un discours diffusé en vidéo-conférence, durant lequel il a menacé de tirer des missiles sur des infrastructures civiles majeures en Israël « en cas d'attaque israélienne contre le Liban », « qu'il ne voulait pas aborder les accusations des autorités bulgares »[213].

Le 23 mars 2013 un tribunal chypriote a reconnu coupable Hossam Taleb Yaacoub, un libanais détenant un passeport suédois ayant reconnu être membre du Hezbollah, de cinq chefs d'accusation dont la participation à une organisation criminelle, la participation à une action criminelle, blanchiment d'argent et « préparation d'attaques contre des intérêts israéliens dans l'île »[214]. Il a été condamné à 4 ans de prison le 28 mars. Des diplomates européens ont considérés que cette condamnation pourrait « infléchir la balance » pour que le Hezbollah soit inscrit sur la liste des organisations considérées comme terroristes par l'Union européenne. Le porte-parole de l'ambassade allemande à Washington a déclaré que la « tendance générale » était d'y inscrire la branche militaire de cette organisation[215],[216].

Le 30 mai 2013, Les autorités nigérianes ont annoncées l'arrestation entre le 16 et le 28 mai à Kano de trois libanais soupçonnés d'être des membres du Hezbollah. Les trois suspects ont reconnu durant leur interrogatoire être des membres de cette organisation qui les a « entrainé au terrorisme ». Un raid de l’armée sur la résidence de l'un d'entre-eux a permis de découvrir un bunker souterrain contenant de nombreuses armes et munitions dont des missiles anti-chars, des roquettes et des explosifs. Selon un porte-parole militaire « les armes et les munitions devaient être utilisées contre des installations israéliennes et des intérêts occidentaux au Nigeria »[217].Le 29 novembre l'un des suspects a été reconnu coupable et condamné par la haute cour de justice nigériane a deux peines de réclusion criminelle à perpétuité[218].

Le 4 juillet 2013, lors d'une réunion des chefs de la sécurité du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Ryad, le général Khaled al Absi, ministre délégué à l'Intérieur de Bahreïn, a justifié la décision des pays du Golfe de révoquer les permis de séjour de personnes liées au Hezbollah par « la découverte de plusieurs cellules terroristes du Hezbollah dans les États du Golfe, leur participation à la formation de groupes terroristes et leur implication flagrante en Syrie. »[219].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Walid Charara et Frédéric Domont, Le Hezbollah, un mouvement islamo-nationaliste, Fayard, 2004 (ISBN 978-2-2136-2009-1)
  • Jean-Loup Samaan, Les Métamorphoses du Hezbollah, Karthala, 2007 (ISBN 978-2-8458-6878-6)
  • Thierry Levy-Tadjine, Témoin au Liban avec le Hezbollah, L'Harmattan, 2008 (ISBN 978-2-2960-6619-9)
  • Collectif, sous la direction de Sabrina Mervin, Le Hezbollah. État des lieux, Actes Sud, 2008 (ISBN 978-2-7427-7420-3)
  • Didier Leroy, Hezbollah, la résilience islamique au Liban, L'Harmattan, 2012 (ISBN 978-2-296-10762-5), 314 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Emblème des gardiens de la Révolution islamique :
  2. charte politique du Hezbollah, Blog Nasr-Moqawama, 30 novembre 2009
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