Hezbollah
| Hezbollah حزب الله |
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Logo officiel |
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| Présentation | |
|---|---|
| Chef | Hassan Nasrallah |
| Fondation | 1982 |
| Siège | Beyrouth, Liban |
| Fondateur | Mohammad Hussein Fadlallah Ragheb Harb |
| Religion | Chiisme |
| Idéologie | Socialisme islamique |
| Site web | www.moqawama.org/ |
| Politique au Liban | |
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Le Hezbollah (arabe : حزب الله ḥizbu-llāh, « Parti de Dieu »), fondé en juin 1982, est un mouvement politique chiite libanais possédant une branche armée (Al-Muqawama al-Islamiyya, Résistance islamique) qui est à son origine et qui fut créé en réaction à l'invasion israélienne du Liban en 1982, en s'appuyant sur un financement iranien. Il n'a aucun lien avec le Hezbollah turc. Parti politique officiel au Liban, le Hezbollah est diversement perçu par la communauté internationale, les États-Unis, le Canada, l'Australie, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et le Bahreïn l'ayant placé sur leur liste des organisations terroristes[1].
Description [modifier]
Emblème [modifier]
L'emblème du Hezbollah est vert, couleur de l'islam, sur fond jaune. Il est composé du mot « Hezbollah » en calligraphie de style coufique, dont l'alif du mot Allah se transforme en un bras brandissant un fusil d'assaut de type AK-47, surmonté d'un extrait de verset extrait du Coran écrit en rouge (Al-Maidah, V, 56) فإن حزب الله هم الغالبون (fāʾinna ḥizb allāh hum al-ġālibūn) ; « […] Et quiconque prend pour alliés Allah, Son messager et les croyants, [réussira] car c'est le parti d'Allah qui sera victorieux. ». En bas de l'image, on trouve en écriture rouge المقاومة الإسلامية في لبنان (al-muqāwamah al-islāmīyah fī lubnān) « résistance islamique au Liban ».
Le globe terrestre, le rameau, le poing tenant une AK47 et d'autres détails encore rappellent l'emblème des Gardiens de la Révolution islamique d'Iran[2].
Nature du Hezbollah [modifier]
L'organisation est placée sur la liste officielle des organisations terroristes du Canada[3], des États-Unis d'Amérique[4] et de l'Australie (uniquement sa branche extérieure)[5].
À l'inverse, le Hezbollah est considéré comme un mouvement de résistance par la Syrie[réf. souhaitée] et l'Iran[réf. souhaitée].
La position de l'Union européenne est contrastée : par la voix du président de l'Union en exercice au 1er août 2006, l'Union européenne signale que le Hezbollah ne sera pas inscrit sur la liste des organisations terroristes[réf. nécessaire] ; toutefois, le Conseil de l'Union européenne inclut l'officier supérieur des services de renseignements du Hezbollah Imad Fa'iz Mughniyah (alias Mughniyah, Imad Fayiz) sur sa liste de terroristes[6]. Cette classification est contraignante mais ne concerne pas la branche civile du parti et sa branche armée située à l'intérieur du Liban.
À la différence du Conseil de l'Union européenne, le Parlement européen a adopté le 10 mars 2005 une résolution (par 473 voix pour et 33 contre)[7] déclarative et non contraignante pour les États membres qualifiant le Hezbollah de terroriste par le texte suivant : « considère qu'il existe des preuves irréfutables de l'action terroriste du Hezbollah et qu'il convient que le Conseil prenne toutes les mesures qui s'imposent pour mettre un terme à cette action ».
L'ONU ne classe pas le Hezbollah dans sa liste des organisations terroristes mais le Conseil de sécurité de l'ONU appelle à son désarmement.
Le Hezbollah est tenu pour responsable de nombreuses prises d'otages d'Occidentaux, pour l'essentiel diplomates et journalistes, et de soldats israéliens occupant le sud-Liban dans les années 1980 et de l'orchestration d'attentats spectaculaires et meurtriers contre les forces occidentales présentes au Liban à cette époque. Il jouit d'une certaine popularité dans le monde arabo-musulman pour avoir contribué au retrait israélien du Liban du Sud en mai 2000 [réf. nécessaire]. Il s'inspire du principe du velayat-e faqih, c'est-à-dire la primauté des théologiens (velayat-e faqih signifie « gouvernement du docte ») sur la communauté chiite.
Enfin, Hassan Nasrallah déclara à plusieurs reprises ne pas soutenir le mouvement terroriste Al-Qaida: « Nous, nous rejetons les actes (de terrorisme) qui ont cours, nous les considérons comme des crimes, et ceux qui commettent ces actes sont des criminels et non pas des martyrs. »[8] En effet, le chef du Hezbollah distingue l'idée de résistance face à Israël et l'attitude terroriste d'Al-Qaida.
Organisation du pouvoir [modifier]
Le Conseil consultatif exécutif (Majlis ach-Choura al-Qarar) est constitué de 7 membres et présidé par le secrétaire général Hassan Nasrallah. Il prend ses décisions par consensus[9].
Le secrétaire général possède une autorité importante, mais non absolue. Cela permet notamment d'éviter que le décès du secrétaire général ne "décapite" totalement le mouvement.
Un grand nombre d'institutions plus secondaires forment le deuxième cercle du pouvoir exécutif au sein du Hezbollah. Les principales sont la Convention Générale et le bureau politique. La Convention Générale est dirigée par un Conseil exécutif de 12 membres. Elle élit les membres du Conseil exécutif, met en œuvre ses décisions, formule les choix effectués au quotidien et gère les relations extérieures avec les autres forces politiques libanaises. Chacun des membres du Conseil exécutif a en charge un portefeuille (santé, éducation, affaires régionales, etc.). Le Conseil consultatif exécutif a cependant le dernier mot vis-à-vis de la Convention Générale comme du bureau politique en ce qui concerne les décisions-clés.
Les représentants du Hezbollah au parlement libanais influencent les orientations de l'organisation. Ils sont considérés comme plus modérés et réformistes, comme le montre l'éviction de Mohammed Ra'ad de la tête du Conseil exécutif.
Certaines personnalités, chefs historiques du mouvement, ont une influence privilégiée. Ils disposent de droits de vote privilégiés au Conseil consultatif.
Les agences de sécurité (Amn al-Hizb), outre leur mission de protection des chefs du Hezbollah, jouent un rôle important de contrôle de la mise en œuvre des décisions auprès des différentes composantes de l'organisation. Leur influence dépasse cependant ces missions, et leur pouvoir s'exerce sur le Comité consultatif, et même sur Nasrallah en personne[10]. Leur pouvoir s'exerce par la limitation des contacts des dirigeants du parti avec le monde extérieur, l'imposition de sanctions disciplinaires, y compris la destitution d'un cadre. Durant le conflit de 2006, Hassan Nasrallah avouera au journaliste d'Al Jazeera Ghassan Ben-Jedo qu'il n'avait aucune idée d'où il se trouvait, puisqu'on lui avait bandé les yeux comme ce dernier [réf. nécessaire].
Une autre agence créée en 2000 influence les décisions. Il s'agit d'une agence de « contre espionnage » (Amn alMuddad), ne faisant pas partie intégrante de l'organigramme du Hezbollah, mais incluant certains de ses membres ainsi que des agents libanais, anciens du parti, dont certains sont soupçonnés par les États-Unis d'avoir organisés des attentats terroristes sanglants.
Liens avec l'Iran [modifier]
La filiation du Hezbollah avec l'Iran est historique[11],[12],[13],[14],[15],[16]. En effet, la conception de la politique de ce mouvement découle à l'origine de l'idéologie développée par Rouhollah Khomeini, le Velayat-e faqih (gouvernement du docte)[11]. Une « libanisation » du mouvement s'opère cependant à partir de la fin des tensions liées à la guerre Iran-Irak en 1988, puis par la participation aux élections libanaises en 1992.
L'Iran fournit néanmoins le Hezbollah en moyens financiers et en armes[17],[18] et selon certaines sources influence ses décisions[19],[20], théorie rejeté par le mouvement[21]. Le Guide de la Révolution intervient sur les décisions stratégiques, mais permet surtout aux dirigeants locaux d’asseoir leur légitimité, leur permettant ainsi de faire face aux oppositions internes. Plus directement, l'Iran garde une influence sur les agences de sécurité et de renseignement du Hezbollah. Téhéran ne revendique toutefois qu'une partie de ce soutien et compare ses relations avec le Hezbollah à celles qu'entretiennent les États-Unis avec Israël.
De son côté, le Hezbollah, qui dispose d’une représentation officielle à Téhéran, se veut un mouvement d'abord nationaliste et tient à se démarquer de sa filiation originelle. Cependant, lors d’une interview donnée à l’occasion du premier anniversaire de la guerre du Liban de 2006, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a affirmé que son organisation avait combattu pour l’Iran, propos qui ont été censurés par la télévision iranienne en raison de l’embarras qu’ils ont suscité.[réf. nécessaire] Les adversaires libanais de Nasrallah affirment depuis longtemps que la loyauté de ce dernier est envers l'Iran, et que le Liban n'est pas sa priorité[22].
Le 14 février 2013 a été rendu public qu'un iranien identifié comme étant le général Hassan Shateri aurait été assassiné par des « agents et des partisans du régime sioniste » lors d'un voyage de Damas à Beyrouth. Press TV, chaîne d'information iranienne en langue anglaise a confirmé l'information précisant qu'il conduisait « les projets de reconstruction financés par l'Iran au Liban du Sud ». Selon le Sunday Times il était un commandant de haut de la Force Al-Qods du Corps des Gardiens de la révolution islamique et il aurait été tué dans le raid aérien présumé de l’armée de l'air israélienne qui aurait eu pour cible en Syrie un convoi d'armement à destination du Hezbollah. Saeed Kamali Dehghan, un journaliste iranien travaillant pour le Guardian britannique, a estimé que l'Iran soutien le régime syrien de Bachar al-Assad et le Hezbollah, en leur fournissant un soutien militaire et financier. Selon lui, la Syrie offre à l'Iran un accès au Liban et au Hezbollah ce qui revêt une importance stratégique pour les dirigeants iraniens du fait de la proximité géographique entre le Hezbollah et Israël. Après la guerre du Liban en 2006 entre l'armée israélienne et le Hezbollah, des unités d'élite iraniennes se sont positionnées au Liban du Sud « afin d'apporter leur assistance et aider à réorganiser les infrastructures dévastées par la guerre de cette région ». le 3 février 2012, le chef suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a déclaré publiquement que son pays « fournissait une assistance au Hezbollah et au Hamas palestinien. Il avait aussi précisé « que l'Iran intervenait dans les « affaires anti-israéliennes » et que cela « avait apporté la victoire du Hezbollah en 2006 et au Hamas en 2009 » ajoutant que l« 'Iran aidera tout pays ou groupe qui confronte le "cancer" Israël »[23],[24],[25],[26].
Rôle social [modifier]
Par ailleurs le Hezbollah traite d'affaires sociales par le biais d'hôpitaux, d'écoles, d'une chaîne de télévision et d'orphelinats. Il est le premier employeur au Liban[réf. nécessaire]. Suite aux élections législatives de mai-juin 2005, le mouvement compte 14 sièges au parlement libanais qui en compte 128[27]. On remarque qu'à chaque élection, le mouvement présente des candidats sunnites et chrétiens en plus de candidats chiites. Le Hezbollah est actif principalement dans la vallée de la Bekaa, dans la banlieue sud de Beyrouth et au sud du Liban.
On peut noter que le mouvement a une forte mixité [réf. souhaitée] : si seulement quelques femmes ont participé à des actions combattantes, elles sont très nombreuses dans les structures sociales et certaines ont des hommes sous leur direction[réf. souhaitée]. Pour autant les cellules féminines sont représentées par un homme à la Majlis Choura[réf. nécessaire] (assemblée de la consultation - organe directionnel du mouvement - où sont également présents 2 représentants de l'Iran). Selon les dirigeants du Hezbollah[réf. nécessaire], une femme pourrait entrer à la Majlis Choura, mais l'occasion ne s'est pas encore présentée.[réf. souhaitée]
Le Hezbollah s'est fait remarquer dans le monde musulman en étant favorable au Mut`a (qui n'existe que chez les chiites), traduit littéralement par « mariage de jouissance » et aussi appelé mariage temporaire. Comme son nom l'indique cette forme d'union est temporaire et ses modalités (dont la durée) résultent d'un contrat. Dans les années 1980, de nombreux islamistes sunnites et politiques ont accusé le Hezbollah de pratiquer une prostitution déguisée[réf. nécessaire].
Un financement controversé [modifier]
Le financement du Hezbollah est obscur. Initialement le groupe était financé par l'Iran, puis par la Syrie ainsi que par des fonds privés[réf. nécessaire]. Peu à peu le Hezbollah diversifie ses sources de financement : il est soupçonné de se financer par le biais de commerce de diamants illicites, de trafic de drogue, de racket, de contrebande. Il est accusé nommément par le Département d'État des États-Unis de trafic d'héroïne et de cannabis[28] même si le groupe a toujours nié ce financement illégal[29].
Le montant annuel des subventions reçues par le Hezbollah de la part de l'Iran est estimé à 200 millions de dollars en 2011[29].
Le Hezbollah est impliqué dans le trafic de drogue dans la Bekaa depuis sa formation au début des années 1980[réf. nécessaire]. À partir de la fin des années 1980, il s'appuie sur une partie de la diaspora libanaise en Amérique du Sud pour prendre contact avec les transporteurs de drogue en Colombie, Argentine, Brésil, Paraguay[réf. nécessaire]. Ce trafic n'est au début pas une priorité du Hezbollah et rapporte peu[réf. nécessaire]. Le Hezbollah bénéficierait d'une dérogation spéciale à la jurisprudence islamique via une fatwa lui autorisant le commerce de drogues car celles-ci arrivent sur le marché occidental et détruisent les ennemis du Hezbollah[29]. Dans les années 2000, les montants versés par l'Iran sont estimés en baisse[30] et le Hezbollah doit diversifier ses revenus. Il s'implique donc de manière croissante dans le trafic de drogue au point d'en faire une de ses principales sources de revenus[29]. Dans la région frontalière entre le Brésil, l'Argentine et le Paraguay, le Hezbollah s'implique aussi dans la contrebande, la production de faux documents et de faux billets et le trafic d'armes[29],[31]. Le United States Southern Command estime en 2004 que les groupes terroristes islamistes lèvent entre trois cents millions et cinq cent millions de dollars par an en Amérique latine, principalement dans la zone de la triple frontière et dans les zones franches d'Iquique, Colón, Maicao, et l'île de Margarita[32]. Suivant l'évolution globale du trafic de drogue, le Hezbollah est aussi présent en Afrique de l'Ouest (Guinée-Bissau, Bénin, Mauritanie, Congo, Togo) où il s'appuie sur des membres de la diaspora libanaise[29].
Suite à un coup de filet des polices brésiliennes et équatoriennes, mené le 21 juin 2005, mettant à jour un réseau international de trafic de drogues, des soupçons se portent sur ce mouvement comme éventuelle destination des fonds issus de ce trafic[33],[34],[35].
Durant l'été 2009, l'arrestation du financier Salah Ezzedine, qui s'occupe des comptes du Hezbollah, dévoile une escroquerie de type chaîne de Ponzi dont les pertes pour le parti et plusieurs de ses adhérents porterait sur un milliard de dollars américain[36],[37].
Politique envers Israël et le peuple juif [modifier]
Depuis la création du Hezbollah [38] [39], la destruction de l’État d'Israël est l'un des principaux objectifs du Hezbollah. Selon des traductions du manifeste du Hezbollah en arabe de 1985 celui-ci proclame : « notre lutte ne prendra fin que lorsque cette entité, [Israël] sera éliminée »[38]. Selon un haut dirigeant du Hezbollah, le général Naim Qassim, la lutte contre Israël est un dogme fondamental de l’idéologie du Hezbollah et la raison centrale de son existence [40].
Le Hezbollah justifie la poursuite de sa lutte armée contre Israël comme étant une réponse aux « opérations militaires israéliennes contre le Liban » et comme une politique de « résistance à l'occupation par Israël du territoire libanais » ceci en dépit du retrait israélien du Liban en mai 2000, qui a été confirmé par l'Organisation des Nations unies, ce que conteste le Hezbollah qui considère les Fermes de Chebaa comme faisant partie du territoire libanais, ce que l'ONU récuse [41] [42]. Il invoque aussi le Djihad comme idéologie motivant sa politique envers Israël [43].
Les dirigeants du Hezbollah prétendent que leur organisation fait une distinction entre le judaïsme et le sionisme. Cependant, diverses déclarations antisémites leur sont attribuées. En 1998, Hassan Nasrallah durant un discours mis en ligne sur son site officiel marquant la journée de l'Achoura, a déclaré qu’« Israël était l’État des petits - enfants [les Juifs sionistes] de singes et de porcs », les dénonçant comme étant « les assassins des prophètes ». Le 28 septembre 2001 il déclare à la télévision du Hezbollah, Al Manar, que les Juifs sont « les créatures les plus lâches et les plus avares » [44] [45] [46]. Robert S. Wistrich, un historien spécialisé dans l'étude de l'antisémitisme, considère que « l’idéologie antisémite » des dirigeants du Hezbollah, tout comme celle du Hamas « prônant la Guerre sainte », s'appuie sur « la stigmatisation des Juifs comme ennemis de l'humanité ayant des plans sataniques pour asservir les Arabes ». Wistrich souligne que Mohammad Hussein Fadlallah qui fut chef spirituel du Hezbollah, a accusé les Juifs « de chercher à saper ou anéantir l'islam et l'identité culturelle arabe afin d'accroitre leur domination économique et politique » [47]. Al Manar qui est accusé de propager de la propagande antisémite [48] a diffusé un reportage affirmant que « pendant des années Israël a disséminé le virus du sida et d'autres maladies dans le monde arabe » et un autre appelant à « la guerre contre les Juifs et la destruction d'Israël » [49]. Ibrahim Mousaoui, directeur du service anglophone de la télévision du Hezbollah et membre de son bureau politique a déclaré que « les Juifs sont une tumeur sur le front de l'histoire » [50] [51] [52]. Sur la même antenne, Nasrallah a salué les négationnistes David Irving et Roger Garaudy [53]. Selon le ministère israélien des Affaires étrangères, le chef du Hezbollah, a déclaré que les Juifs « ont inventés la légende des atrocités nazies » et qu'ils sont « un cancer susceptible de se répandre de nouveau à tout moment. ». Robert Satloff, directeur du Washington Institute for Near East Policy, cite dans le Washington Post une déclaration de Nassralah à ses partisans dans laquelle il déclare que « les Juifs ont inventés la légende de la Shoah » [54].
Histoire [modifier]
1982 - 1990 : la guerre civile [modifier]
Fondé en juin 1982 avec l'appui de l'Iran, en réaction à l'invasion israélienne de juin 1982, le Hezbollah est rapidement devenu la principale organisation s'opposant à l'occupation par Israël du sud du Liban.
Le Hezbollah réunit diverses mouvances, principalement le Amal islamique (une dissidence d'Amal) et la branche libanaise du parti Ad-Daawa.
Depuis 1979, une aile islamique s'était constituée au sein du Amal autour d'Hussein Moussavi. En 1982, Nabih Berri, le chef d'Amal, participe à un Comité de Salut public au côté de Béchir Gemayel (chef des Forces libanaises).
Hussein Moussavi et Ibrahim el Amine (représentants d'Amal à Téhéran) claquent la porte et fondent avec l'appui de 500 « gardiens de la révolution » iraniens le Amal islamique. Le rassemblement de celui-ci avec divers groupuscules chiites donne naissance au Hezbollah. Son guide spirituel était le cheikh Mohammad Hussein Fadlallah. À l'époque, les objectifs déclarés du parti étaient d'étendre la révolution islamique iranienne, et de créer un état islamique au Liban[55], ce qui leur donna le nom de « parti de Dieu » (Hezbollah) à l'origine par la critique. Aujourd'hui, il a renoncé à cet objectif. Dans les régions à prédominance chiite, il prend progressivement la place de son rival Amal, accusé de corruption tandis le Hezbollah est reconnu selon certains pour sa probité et son aide aux défavorisés[56]..
Les premières actions connues contre les intérêts occidentaux remontent à janvier 1983 où une grenade fut lancée contre une patrouille militaire française. En mars de cette même année, ce sont deux patrouilles américaines qui furent attaquées.
En avril 1983, le Hezbollah organisa l'attentat-suicide contre l'ambassade américaine de Beyrouth, faisant 63 morts. Le 23 octobre 1983, deux attentats-suicides simultanés contre la force multinationale d'interposition font 248 morts américains et 58 morts français. Les États-Unis et la France accusent le Hezbollah et l'Iran d'être derrière l'attentat. Le Hezbollah dans un premier temps nie toute implication[57] puis reconnaitra en être l'acteur et l'instigateur [58]. La pratique du terrorisme semble faire l'unanimité au sein du Hezbollah, malgré les quelques objections juridiques de Fadlallah, déclarant que l'islam interdisait à ses membres de se suicider [59].
Les représailles franco-américaines contre des positions du Hezbollah et de l'armée syrienne ne furent pas réellement significatives.[réf. souhaitée]
Suit un ensemble d'actions faisant connaître le mouvement, notamment des prises d'otages telles que celles, en 1985, du journaliste Jean-Paul Kaufmann et du chercheur français Michel Seurat - ce dernier étant décédé en captivité - et un détournement d'avion le 14 juin 1985 (un passager abattu). Selon la journaliste Dominique Lorentz, l'affaire des otages du Liban aurait été intimement liée au règlement du contentieux nucléaire franco-iranien autour du consortium Eurodif[60].
L'affaire de l'enlèvement de quatre diplomates soviétiques en 1985 fut réglée par la force ALFA, une unité du KGB, en exécutant de proches des preneurs d'otages après l'assassinat d'un des diplomates. Les autres otages furent libérés rapidement[61].
Le Hezbollah perpètre une série d'attentats en France du 23 février 1985 au 17 septembre 1986 dont celui de la rue de Rennes, devant le magasin Tati provoquant au total la mort de quinze personnes et trois cents blessés. L'attentat de la rue de Rennes est le dernier et le plus meurtrier (7 morts et 55 blessés) d'une série commencée le 4 septembre (12 morts en tout). Ils sont revendiqués par le CSPPA (Comité de solidarité avec les prisonniers politiques arabes et du Proche-Orient), une couverture dissimulant le Hezbollah[62],[63] qui réclame la libération du chef libanais Georges Ibrahim Abdallah. Le chef du commando terroriste responsable des attaques, Fouad Ali Saleh est arrêté en mars 1987. De 1985 à 1987, Amal affronte le Parti socialiste progressiste, le Hezbollah et les Palestiniens dans un épisode appelé « guerre des camps ». Début 1987, Amal est en déroute et la Syrie intervient militairement pour soutenir son plus proche allié. Des combats éclatent entre les militaires syriens et le Hezbollah. L'Iran intervient alors pour imposer un cessez-le-feu.
À partir d'avril 1988, le Hezbollah et Amal s'affrontent violemment pour la domination du sud de Beyrouth dans des combats qui font 600 morts en 2 semaines et qui voient le Hezbollah occuper 95 % de la zone dès le 11 mai. L'armée syrienne s'interpose alors, le 25 mai, pour faire cesser les combats. Cette guerre fratricide chiite se clôturera par une trêve en janvier 1989 puis un accord de paix en octobre 1990[64].
Contrairement à Hassan Nasrallah, le guide spirituel du Hezbollah, Mohammad Hussein Fadlallah a des réserves à propos de la primauté du faqih (la jurisprudence religieuse, nommée velayat-e faqih en persan), doctrine développée par le premier le guide de la révolution iranienne, Rouhollah Khomeini. Après la mort de Khomeyni en 1989, Fadlallah ne se sent pas tenu de suivre son successeur Ali Khamenei sur toutes les questions. L'influence de l'Iran sur le mouvement diminue tout en restant importante.
Le conflit au sud du Liban 1990-2000 [modifier]
Entre 1990 et 2000, le Hezbollah renforce son alliance avec la Syrie et consolide son aile militaire. Il poursuit sa guérilla face à Israël dans un conflit qui dépasse largement le cadre du sud du Liban. Suite à d'incessant tirs de roquettes Katioucha du Hezbollah sur la ville de Qiryat Shemona, Israël engage l'Opération Raisins de la colère en avril 1996, qui se solde par la mort de 154 civils dont 107 au cours du bombardement de Cana de 1996[65].
Le 17 mars 1992, un attentat à la bombe fait 29 morts et 242 blessés à l'ambassade israélienne en Argentine.
Le 18 juin 1994, un attentat à la bombe fait 86 morts et plus de 200 blessés dans un centre culturel juif de Buenos Aires.
L'État argentin a d'abord accusé formellement l'Iran et le Hezbollah d'être impliqués, et plusieurs membres de la communauté chiite locale sont arrêtés puis relâchés faute de preuve.
Cependant, le 25 octobre 2006, deux procureurs argentins recommandent à un juge d'ordonner l'arrestation de l'ancien président iranien Hachemi Rafsanjani et de sept autres hauts responsables iraniens, déclarant que "la décision d'attaquer" le centre "avait été prise en 1993 par les plus hautes autorités du gouvernement iranien de l'époque", et ajoutant que le Hezbollah libanais avait été chargé de commettre l'attentat[66]. Le 9 novembre 2006, suivant cette recommandation, le juge fédéral Rodolfo Canicoba Corral lance un mandat d'arrêt international contre M. Rafsandjani et des sept autres personnes et demande l'aide d'Interpol dans cette affaire. En 2008, l'ancien président argentin Carlos Menem est inquiété pour avoir protégé 2 syro-argentins ayant des liens avec un des diplomates iraniens incriminé[67].
Après le retrait israélien du Liban de mai 2000, une controverse éclate au sujet du secteur dit des fermes de Chebaa. Ce territoire occupé par Israël au cours de la guerre des Six Jours est considéré comme syrien par l'ONU et Israël, mais libanais par le Liban, le Hezbollah et la Syrie. Les cartes officielles de l'ONU indiquent que les fermes de Chebaa se trouvent en territoire syrien, mais suite au retrait israélien, la Syrie et le Liban déclarent que ce territoire est libanais. L'ONU ne décide pas du tracé des frontières, mais puisque le gouvernement syrien refuse de notifier à l'ONU la souveraineté du Liban sur ces territoires, l'ONU considère actuellement les fermes de Chebaa comme syriennes. En conséquence, l'ONU considère le retrait israélien achevé, en accord avec les termes de la résolution 425 (1978).
Le conflit dure toujours entre Israël et le Hezbollah. Épisodiquement, ce dernier mène des attaques contre les forces militaires israéliennes dans ce territoire des fermes de Chebaa ou en lançant des roquettes Katioucha sur le nord d'Israël, tandis qu'en représailles les forces israéliennes pénètrent dans l'espace aérien libanais ou bombardent le Hezbollah situé en territoire libanais.
Le désarmement dans le cadre de la résolution 1559 (2004) [modifier]
En septembre 2004, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté par 9 voix pour (Allemagne, Angola, Bénin, Chili, Espagne, États-Unis, France, Roumanie, Royaume-Uni) et 6 abstentions (Algérie, Brésil, Chine, Pakistan, Philippines, Russie)[68] une résolution exigeant, entre autres, le désarmement de l'ensemble des forces non gouvernementales au Liban (« 3. Demande que toutes les milices libanaises et non libanaises soient dissoutes et désarmées »). Le Hezbollah fut très clairement désigné par les diplomates comme concerné, au premier chef, par cette résolution. Le Hezbollah a refusé, à ce jour, tout désarmement. Une partie des forces de l'opposition libanaise anti-syrienne favorables à l'exécution pleine et entière de cette résolution (c'est-à-dire un état libanais souverain) propose un plan de désarmement, que le Hezbollah refuse tant qu'il pense que l'armée libanaise ne peut pas assurer son travail au Sud-Liban. En mai 2005, les tractations se poursuivaient pour inciter le Hezbollah à proposer un plan de désarmement.
La huitième session de la conférence de dialogue visant à parvenir à un accord sur le désarmement du Hezbollah s’est ouverte le 8 juin 2006 à Beyrouth la capitale sur fond de désaccord. Les principaux dirigeants musulmans et chrétiens estiment que l’armée libanaise ne pourrait répondre face à la puissance militaire israélienne. Le Hezbollah estime être capable de « riposter aux agressions israéliennes contre le Liban » et demande le retrait israélien du secteur des fermes de Chebaa et le retour des Libanais prisonniers en Israël, tandis qu'Israël réclame une sécurisation de sa frontière nord contre toute attaque et le retour de ses soldats faits prisonniers par le Hezbollah.
Participation au gouvernement libanais [modifier]
Suite aux élections de mai-juin 2005, le Hezbollah obtient 11 % des suffrages et le Bloc de la résistance et du développement, auquel il appartient, 27,4 %. Concernant l'équilibre politique intérieur et extérieur, le Hezbollah prône désormais l'entente et le dialogue, sans ingérence extérieure. Son chef, sayyed Hassan Nasrallah, appelle au dialogue et se prononce en faveur d'un « gouvernement d'unité nationale ». Fort de ses 14 députés (sur 128), le Hezbollah rejoint pour la première fois le gouvernement le 19 juillet 2005. Il obtient officiellement un ministère sur 24, celui de l'énergie attribué à Mohammad Fneich, ou trois officieusement puisque Faouzi Saloukh et Trad Hamadé, respectivement nommés aux postes de ministre des affaires étrangères et du travail, sont considérés comme pro-Hezbollah.
Alliance avec les chrétiens du Courant patriotique libre [modifier]
Le 6 février 2006, le Hezbollah signe un protocole d'entente mutuelle[69] avec le parti chrétien du général Michel Aoun, le Courant patriotique libre. Cette entente est un accord articulé autour de 10 thèmes dont la proposition d'une stratégie de défense nationale, la lutte contre la corruption au sein de l'État libanais, le sort des disparus de la guerre civile, le retour des Libanais ayant fui en Israël, l'établissement de relations diplomatiques avec la Syrie, le refus à tout retour de la tutelle étrangère, et l'édification d'un État moderne. Ce document est le premier texte dans lequel le Hezbollah aborde le problème de son stock d'armes à travers la proposition d'une stratégie de défense nationale.[réf. nécessaire] Le mot Israël y est mentionné et fait figure de reconnaissance implicite de l'existence de l'État hébreu[69].
Forte de sa victoire populaire et politique au lendemain de la guerre de l'été 2006, la nouvelle coalition, à laquelle se joignent plusieurs petits partis, se révèle majoritaire en termes de suffrages exprimés lors des élections législatives de 2009, mais reste minoritaire à l'Assemblée nationale en raison du mode particulier de scrutin.
Conflit israélo-libanais de 2006 [modifier]
Le 12 juillet 2006, le Hezbollah lance une attaque [réf. nécessaire] sur une unité israélienne qui effectuait une patrouille de routine [réf. nécessaire] en zone contestée. Israël accuse le mouvement chiite d'avoir effectué cette opération sur son territoire tandis que le Hezbollah affirme que les soldats attaqués s'étaient infiltrés en territoire libanais. Parmi les soldats du contingent qui composaient cette unité, trois sont tués et deux sont détenus par le Hezbollah. Une autre unité israélienne, tentant de libérer ces deux soldats, rencontre une forte opposition armée : huit de ses soldats sont tués. Cette opération est dénoncée par Israël comme une « agression » [réf. nécessaire].
La riposte israélienne était planifiée en prévision pour réagir à ce type de situation[70]. Le journaliste George Monbiot, dans The Guardian du 14 août 2006, cite ses confrères du San Francisco Chronicle qui rapportent que « plus d'un an [avant l’été 2006], un haut gradé de l'armée israélienne a commencé à faire des présentations sous PowerPoint, sur une base privée, à des diplomates, journalistes et groupes de réflexion américains et autres, du plan de cette opération actuelle en détails révélateurs ». Gerald Steinberg, professeur de sciences politiques à l'université de Bar-Ilan, a dit à ce journal que « de toutes les guerres d'Israël depuis 1948, celle (de l’été 2006) était celle pour laquelle Israël s'était le mieux préparé… À partir de 2004, la campagne militaire programmée pour durer environ trois semaines et à laquelle nous (avons assistée) […] avait déjà été bouclée et, depuis un an ou deux, elle avait été simulée et répétée à tous les niveaux ». De même, un « officiel israélien important » a déclaré au Washington Post que le raid du Hezbollah le 11 juillet 2006 avait fourni à Israël un « moment exceptionnel » pour anéantir cette organisation[réf. nécessaire].
De fait, dès le 12 juillet 2006, l'armée israélienne commence sa plus importante attaque du Liban depuis l'invasion de 1982. Un blocus aérien et maritime total est exercé sur le pays. L'attaque se déroule par voie aérienne principalement, avec bombardements quotidiens du Sud du Liban et des quartiers Sud de Beyrouth. Des commandos effectuent des missions ponctuelles, notamment à Baalbeck. Les grands axes routiers sont détruits par le bombardement systématique des ponts. Mais cela n'empêche pas le Hezbollah de poursuivre tout au long du conflit ses tirs de roquettes sur le nord d'Israël. Lors de l'intervention terrestre des forces israéliennes, il parvient même à remettre en cause la réputation d'invulnérabilité de leurs tanks Merkava (une cinquantaine de chars touchés) dont la production a dû par la suite être arrêtée[71].
À la fin du conflit, une grande partie des infrastructures du Liban est détruite et les pertes civiles côté libanais sont grandes, mais le Hezbollah réclame la victoire. Il met en avant le fait d'avoir tenu en échec Israël dans la plus longue guerre israëlo-arabe. Après 34 jours de guerre, 1 183 civils libanais ont été tués (décompte non définitif), alors que 160 morts dont 117 soldats sont décomptés en Israël. Une partie de la population, y compris une partie des chrétiens et des sunnites soutient le Hezbollah par ressentiment anti-israélien. Certaines personnalités libanaises chrétiennes comme la journaliste May Chidiac accusent le Hezbollah d'avoir déclenché unilatéralement une guerre désastreuse pour le pays. Le Hezbollah peut cependant s'appuyer sur un allié politique de poids : le Courant patriotique libre.
Boucliers humains [modifier]
Le 23 juillet 2006, le responsable humanitaire de l’ONU Jan Egeland déclare[72] qu'« Israël viole le droit humanitaire » en bombardant la ville de Beyrouth et, le lendemain, il critique le Hezbollah. Pour M. Egeland, « le Hezbollah doit cesser de se fondre lâchement [...] parmi les femmes et les enfants. [...] J'ai entendu qu'ils étaient fiers parce qu'ils avaient perdu très peu de combattants et que ce sont les civils qui subissent le plus gros [des attaques israéliennes]. Je ne pense pas que quiconque devrait être fier d'avoir plus de morts parmi les enfants et les femmes que les hommes armés. »[73]
Attaque de civils [modifier]
Le 29 août 2007, Human Rights Watch publie un rapport[74] dans lequel le Hezbollah est accusé d'avoir visé sciemment les populations civiles israéliennes, parfois de l'aveu même de commandants ou de combattants de l’organisation chiite. HRW reproche notamment au Hezbollah d’avoir tiré à l’aveugle en utilisant des roquettes non guidées pouvant s’écraser sur des zones civiles au lieu d’atteindre leurs cibles militaires éventuelles et d’avoir visé des villes comme Karmiel, Nahariya ou Kiryat Shmona qui étaient pourtant éloignées de toute cible militaire légitime apparente. Le Hezbollah est également accusé d’avoir fait usage, faute d’hélicoptères d'attaques, de chars lourds et de munitions à l'uranium appauvrit, de bombes artisanales à sous-munitions contenant des billes d'acier pouvant tuer ou gravement blesser dans un très large rayon autour de l'impact[75].
Avant la publication du rapport, le Hezbollah a lancé une vive campagne contre HRW par le biais de sa chaîne de télévision Al-Manar. La chaîne a qualifié HRW d’« association américaine greffée de juifs »[76] et des manifestations de plusieurs associations ont entraîné l'annulation de la conférence de presse que l’organisation américaine de défense des droits de l’homme avait prévu de tenir à Beyrouth. Selon Le Monde, la chaîne aurait ainsi un discours teinté d'antisémitisme.
Crise politique de 2006 à 2008 [modifier]
Au sortir de la guerre israélo-libanaise de l'été 2006, le Hezbollah et ses alliés réclament la formation d'un gouvernement d'union nationale intégrant l'opposition alors formée par le Bloc du changement et de la réforme, principale force politique chrétienne du pays. Face au refus de l'Alliance du 14 Mars, 6 ministres démissionnent et débute alors une crise politique sans précédent. Le Hezbollah rejoint le Bloc du changement et de la réforme dans l'opposition et manifeste dès le 1er décembre 2006[77] à ses côtés contre la politique du gouvernement Siniora. Cette situation perdure jusqu'en mai 2008.
Le 7 mai 2008 à Beyrouth, suite à une annonce du gouvernement de Fouad Siniora jugée provocatrice (le démantèlement du réseau de communication de la résistance et le limogeage de Wafic Choukair, le chef de la sécurité de l'aéroport de Beyrouth, considéré comme un proche du Hezbollah), les partisans de l’opposition bloquent plusieurs routes dans Beyrouth dont celles de l’aéroport, provoquant de violents affrontements dans la capitale. Les hostilités qui impliquent chiites, sunnites et druzes surviennent au terme de plusieurs mois d’une grave crise politique entre la majorité et l’opposition et font plus de 80 morts[78].
Nouvelle charte politique du Hezbollah (2009) [modifier]
Fin 2009, le Hezbollah met en place une nouvelle charte. Cette charte[79] remplace la charte initiale[réf. nécessaire] élaborée lors de la naissance du mouvement en 1982, en pleine guerre civile.
La charte recentre les objectifs et la vision du parti à long terme. La résistance face à la menace israélienne reste sa priorité. Elle balaye par la même occasion l'image d'un parti fermé tel que présenté par ses détracteurs. C'est ainsi que le Hezbollah appelle l'État libanais à renforcer le rôle de la femme dans la société, l'indépendance de la justice, la lutte contre la corruption, la décentralisation, et la préservation de toutes les libertés publiques. Il se prononce contre toute forme de partition du pays, y défend le multicommunautarisme. Il refuse toute forme d'implantation ou de naturalisation des réfugiés palestiniens, tout en prônant une extension de leurs droits.
Cette charte marque un glissement semantique : le Hezbollah passant de la revendication initiale d'un État islamique à un programme politique applicable dans un « État moderne » avec des références aux normes du droit international. Le Hezbollah continue aussi son immersion dans le cadre libanais en utilisant le mot « nation ». Plusieurs des principes évoqués dans la charte (non-discrimination des femmes, démocratie) sont toutefois peu appliqués en réalité[80]. D'autre part, la charte ne fait plus mention du principe du velayat-e faqih qui donnait à l'Iran, et en particulier au Rahbar (ou Guide de la Révolution), une autorité morale et religieuse sur le Hezbollah[81].
Implication dans l'assassinat de Rafiq Hariri [modifier]
Le 14 février 2005, Rafiq Hariri, premier ministre du Liban, est assassiné dans un attentat à l'explosif contre son cortège, le tuant ainsi qu'une vingtaine de personnes et blessant une centaine de personnes sur la route du bord de mer de Beyrouth. Le 1er mars 2009 le Tribunal spécial des Nations unies pour le Liban (TSL) est chargé d’enquêter sur l'assassinat d'Hariri.
Le 8 août 2010, Hassan Nasrallah déclare avoir des « preuves », dont des vidéos, qui impliqueraient Israël et prouveraient sa complicité dans l'assassinat sans fournir ces preuves au TSL[82] du fait de la nature « politisée » puis déclare que le Hezbollah n’est « pas concerné par l'enquête internationale ». Israël a nié ses accusations.
Le 12 janvier 2011, le gouvernement de Saad Hariri tombe à la suite de la démission des onze ministres de l’opposition de l'Alliance du 8-Mars (dont le Hezbollah fait partie) du fait du refus de Saad Hariri de désavouer le TSL qui menaçerait d'accuser des membres du Hezbollah[83]. Le 15 janvier 2011, des rumeurs publiées par divers médias[84],[85],[86] font état que le TSL mettrait en cause l'Iran et son Guide suprême de la Révolution islamique, l'Ayatollah Ali Khamenei.
Le 1er juillet 2011, le ministre de l'Intérieur libanais Marwan Charbel donne les noms de quatre suspects du Hezbollah cités dans les mandats d'arrêt émis le 30 juin par le TSL, à savoir Moustafa Badreddine, Salim Ayyash, Assad Sabra et Hussein Anaissi[87]. Le 3 juillet, Hassan Nasrallah rejette l'accusation et jure que les individus accusés ne seraient arrêtés par aucun gouvernement. Nasrallah décrit également le tribunal comme un complot étranger contre son parti[88].
Soutien du Hezbollah à l'opposition chiite à Bahreïn [modifier]
Le 16 février 2013, Samira Rajab, ministre bahreïnie de l'Information a qualifié le Hezbollah libanais de « milice terroriste ». Elle a affirmé au quotidien saoudien Al-Watan que « le Hezbollah est présent à Manama ». Selon elle, un membre important de l'opposition chiite à Bahreïn a rencontré récemment Hassan Nasrallah au Liban. Elle a estimé que cela prouvait que « le Hezbollah interfère dans les affaires intérieures de Bahreïn ». Selon L'Orient-Le Jour, le Hezbollah a « affiché son soutien à la révolte populaire de l'opposition chiite au royaume depuis 2011 » ce qui a « affecté les relations bilatérales entre le Liban et Bahreïn », en particulier suite aux attaques de Nasrallah à l'encontre du royaume sunnite[89].
Implication et soutien du Hezbollah à Bachar el-Assad dans la guerre civile syrienne [modifier]
La position du Hezbollah sur « les exactions du pouvoir de Damas en territoire libanais » et qui prétend incarner « la résistance du Liban » a été critiquée, soulevant des interrogations sur sa « conception de la souveraineté » considérée comme étant « arbitraire » [90]. Adnan Mansour, ministre libanais des affaires étrangères issu du Hezbollah a refusé de convoquer l'ambassadeur syrien, comme le lui avait demandé le chef de l'État libanais, Michel Sleiman suite à une incursion de l’armée syrienne de plus de 500 mètres en territoire libanais dans la région de Qaa. Selon des témoignages recueillis par la télévision libanaise MTV des soldats syriens auraient commis des destructions et de vols entraînant la fuite des habitants de la région. Des incidents similaires avaient provoqués la « colère » des habitants du Qaa, « outrés que l'armée, présente sur place, ne les ait pas protégés »[91]. La ligne officielle du Hezbollah est que la Syrie est « victime d'un complot ourdi par les États-Unis, avec la complicité d'États du Golfe, pour servir les intérêts d'Israël ». Bachar el-Assad est qualifié de « résistant », ayant appuyé « politiquement, matériellement et moralement » le Hezbollah ainsi que le Hamas et Jihad islamique. Le 18 juillet 2012, Hassan Nasrallah révèle que la majorité des 4 500 roquettes et missiles tirés sur Israël lors de la guerre de juillet 2006 « ont été livrés par la Syrie » et que « l'Occident veut la punir pour cela. » [92].
Le Hezbollah, est accusé de prendre part au conflit syrien de 2011-2012 afin de soutenir le régime chiite- alaouite de Bachar el-Assad. La milice chiite libanaise aurait envoyé près de 7 000 combattants dans le but de « mater les rebelles sunnites ». Le 27 juillet 2012, le quotidien libanais An Nahar rapporte que le Hezbollah aurait envoyé en Syrie son "unité 910 ", considérée comme une unité de combat, indiquant que des membres de cette unité combattraient avec l'armée syrienne à Homs, Al-Qusayr et Rastane et appuieraient aussi l'armée syrienne dans les combats à Alep en lui apportant un soutien opérationnel[93]. Le quotidien koweïtien Al Seyasseh indique, selon un officier de l’armée syrienne ayant fait défection, qu'avant cette bataille, plus de 147 combattants du Hezbollah et 85 Basij iraniens auraient été tués en Syrie[94],[95].
L'analyste libanais Djihad al Zein souligne que le Hezbollah et la « famille Assad » sont liés par une alliance stratégique et que le Hezbollah « restera avec le régime jusqu'à la dernière minute » du fait de l'alliance existante entre l'Iran et la Syrie dont le Hezbollah fait partie. Selon Le Nouvel Observateur citant un responsable libanais « Ce qui importe pour le Hezbollah, c'est que la ligne d'approvisionnement de Damas lui reste ouverte. Et il est prêt à faire tout ce qui sera nécessaire pour préserver cela. ». Haim Waxman, ambassadeur adjoint d'Israël auprès des Nations unies considère que « le Hezbollah et l'Iran font partie de la machine à tuer d'Assad et qu'ils franchiront toutes les lignes pour maintenir le régime Assad au pouvoir » [96].
Selon Libération, Hassan Nasrallah, aurait admis en 2012 que des membres Hezbollah combattaient les rebelles syriens, « mais à titre individuel ». Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, des libanais « sont membres des comités populaires syriens, pro-régime, et ont été entraînés par le Hezbollah »[97].
Le 20 février 2013, le général Selim Idriss, chef d'état-major de l'Armée syrienne libre (ASL) a menacé le Hezbollah de représailles contre le village libanais de Zeita. Il a accusé le parti chiite libanais de bombarder des villages syriens dans les environs de Qousseir [98].
Le 29 avril 2013, le chef du Hezbollah reconnaît officiellement la participation de son organisation aux combats en Syrie[99]. Il avait averti que son mouvement et l’Iran « ne permettraient pas que le régime d’Assad tombe et qu’il pouvait compter sur ses vrais amis »[100].
Le 9 mai 2013, le quotidien libanais al-Akhbar rapporte que Bachar el-Assad a déclaré que la Syrie allait « tout donner au Hezbollah en reconnaissance de son soutien et qu'il allait suivre son modèle de "résistance" contre Israël » ajoutant « Pour la première fois, nous avons senti que nous et eux vivions la même situation et qu'ils ne sont pas seulement des alliés que nous soutenons » il aussi exprimé « sa confiance, satisfaction et grande gratitude envers le Hezbollah »[101].
Raids israéliens contre le transfert d'armements à partir de la Syrie à destination du Hezbollah [modifier]
Le 31 janvier 2013, Selon le quotidien libanais L'Orient-Le Jour l’aviation israélienne a mené un raid sur le territoire syrien contre « un convoi se dirigeant vers le Liban ». Des sources sécuritaires libanaises ont affirmé qu’il s’agissait d’un « convoi armé en direction du Liban qui a été touché du côté syrien de la frontière vers 23h30 GMT » ». Dans le même temps des missiles avaient touché un « centre de recherches sur les armes non conventionnelles » proche de Damas provoquant « un incendie et faisant au moins 2 morts » selon des témoins. Un diplomate occidental en poste au Liban a déclaré que « la cible était un camion transportant des armes, se dirigeant de Syrie vers le Liban » et que les armes à destination du Hezbollah « comprenait probablement des missiles antiaériens et antichars sophistiqués ». Des responsables israéliens avaient avertis à plusieurs reprises que Tsahal attaquerait des convois susceptibles de transporter des armes chimiques ou d’autres types d’armement équipant l’armée syrienne, tels que des missiles Scud ou des missiles antiaériens vers le Liban pour le Hezbollah. Selon la chaîne d'information saoudienne, Al-Arabiya qui citerait « un expert militaire israélien » le convoi ciblé transportait des missiles SA-17. Israël n'a fait aucun commentaire officiel[102] ,[103],[104].
Les 4 et 5 mai 2013, l’aviation israélienne a mené deux raids prés de Damas. Le premier aurait eu pour cible un entrepôt situé sur l'aéroport de Damas contenant des missiles sol-sol de fabrication iranienne Fateh-110 ayant une portée de 200 à 300 km, ce qui lui permettrait d'atteindre l'essentiel du territoire israélien. Le second, aurait visé un « centre de recherches scientifiques » à Jamraya considéré comme étant le principal centre de développement d'armes biologiques et chimiques, , déjà touché fin janvier ainsi que deux objectifs militaires. Selon des sources américaines citées par les cibles visées étaient sous la protection de miliciens du Hezbollah et de la Force Al-Qods iranienne. CNN a précisé que selon « un haut responsable américain » le raid visait probablement des systèmes de lancement d'armes chimiques. Un bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'homme fait état de « la mort de 42 soldats » et ajoute que « le sort d'une centaine d'autres reste inconnu. ». Les autorités syriennes n'ont pas fourni de bilan officiel. Une chaine de télévision proche du Hezbollah a affirmé que la Syrie était désormais prête à fournir au Hezbollah des « armes de haute qualité » qu'elle n'avait pas fourni auparavant et qu'une décision de principe de riposter avait été prise par la Syrie, l'Iran et le Hezbollah [105],[106],[107], [108].
Le 9 mai 2013, Hassan Nasrallah a déclaré que la Syrie allait fournir à sa milice des armes "changeant les règles du jeu" comme réponse de la Syrie aux frappes israéliennes précisant dans un discours télévisé que « La Syrie fournira à "la résistance" des armes sophistiquées que "la résistance" n'a jamais obtenu auparavant ». Il a aussi annoncé que la Syrie allait permettre à des "groupes de résistance" de combattre Israël sur le plateau du Golan précisant que « ceux qui veulent une guerre contre la Syrie auront pour réponse l'ouverture d'un front sur le Golan pour tous les groupes de "la résistance populaire" »[109].
Le même jour, le vice-ministre des affaires étrangères syrien, Fayçal Moqdad, a qualifié de « mensonges » les informations selon lesquelles des armes en provenance d'Iran sont fournies au Hezbollah par la Syrie. Il a affirmé « qu'il n'y a pas d'Iran et de Hezbollah en Syrie et qu'il n'y a pas de voitures qui transféraient des armes vers le Hezbollah au Liban »[110].
Ces attaques ont été condamnées par la Ligue arabe mais pas par l'ONU. Le Conseil de sécurité de l'ONU n'a pas été convoqué, l'appel de la Ligue arabe pour « une action immédiate de l'organe exécutif des Nations unies » pour mettre fin à ce qu'elle qualifie de « violation dangereuse de la souveraineté d'un État arabe » est resté sans écho[111].
Un responsable israélien a déclaré le 5 mai que « chaque fois que des informations parviendront à Israël sur un transfert de missiles ou d'armements de Syrie au Liban, ils seront attaqués »[112].
Terrorisme international [modifier]
En 1992 [modifier]
Le 7 mars 1992: Le responsable de la sécurité à l'ambassade d'Israël à Ankara est tué dans un attentat contre sa voiture. Les autorités turques tiennent le Hezbollah pour responsables [113].
En 1994 [modifier]
Cinq membres de l'administration iranienne sont formellement accusés par la justice argentine d'avoir commandité une attaque à la voiture piégée qui eut lieu le 18 juillet 1994 et a détruit un bâtiment abritant plusieurs associations ou organisations juives (dont l'Association mutuelle israélite argentine AMIA), faisant 84 morts[114] et 230 blessés à Buenos Aires. Cet attentat aurait été perpétré par le Hezbollah par mesure de rétorsion contre l'Argentine qui n'avait pas rempli les obligations d’un contrat prévoyant un transfert de technologie nucléaire à Téhéran[115]. Suite à l’enquête, Interpol a émis des notices rouges ces suspects. Aucun n'a été traduit en justice. Certains d'entre eux ont été récompensés par l'Iran. Ahmad Vahidi, l'ancien chef de la Force Al-Qods du Corps des Gardiens de la révolution islamique a été nommé ministre de la Défense en Iran par Mahmoud Ahmadinejad et qui est responsable de la supervision de son programme nucléaire[116].
Le lendemain de l'attentat de l'AMIA en Argentine, le Hezbollah est soupçonné d’être impliqué dans un attentat-suicide contre un avion de ligne intérieur à Panama, 21 passagers ont été tués, douze d'entre eux étaient Juifs [117].
En 2008 [modifier]
En juin 2008, les forces américaines annoncent avoir capturé le n°2 de la branche militaire du Hezbollah durant la guerre en Irak en train d'entraîner l'armée du Mehdi[118].
En 2009 [modifier]
En avril 2009, l'Égypte accuse le Hezbollah de préparer un attentat contre des touristes israéliens dans une station balnéaire du Sinaï. Des membres du Hezbollah sont arrêtés en territoire égyptien, les services secrets égyptiens affirmant que ces membres avaient en leur possession des explosifs et des armes. Neuf personnes ont été inculpées par un procureur égyptien[119]. Dans un journal d'État, Nasrallah est traité de « criminel qui ne connaît aucun remords » et de « cheikh-singe ».[réf. nécessaire]
Nasrallah a déclaré que le libanais arrêté le 19 novembre 2008 avec des égyptiens et des palestiniens était accusé de s'occuper « de contrebande d'armes et d'équipements pour la bande de Gaza ainsi que l'acheminement d'hommes par la frontière égyptienne » pour aider la « résistance à l'intérieur de la Palestine. Il a nié les accusations selon lesquelles le « Hezbollah cherche à nuire à la sécurité égyptienne ou envisage des attaques contre des cibles égyptiennes ». Il a accusé le régime égyptien de « travailler jour et nuit à la destruction des tunnels de Gaza et qu'il devrait être inculpés pour le siège de Gaza ». Le quotidien égyptien Al-Ahram, rapporte que parmi les personnes arrêtées se trouvaient deux employés d'une station de télévision iranienne ayant des bureaux au Caire [120].
Le 28 avril 2010, 26 hommes dont 4 en fuite sont condamnés à des peines allant de la perpétuité à six mois de prison pour avoir projeté des assassinats et planifié des attentats contre des sites touristiques et des navires empruntant le canal de Suez. Hassan Nasrallah déclare que « Ces jugements sont un honneur pour ces nobles frères de la résistance »[121].
En 2011 [modifier]
En juillet 2011, le journal italien Corierre della Sera rapporte selon des sources américaines et turques, que le Hezbollah était derrière un attentat à Istanboul en mai 2011 ayant blessés huit civils turcs. Selon ce journal il s'agissait d'une tentative d'assassinat du consul d'Israël en Turquie qui avait pour but de venger la mort d'un scientifique iranien dans le domaine du nucléaire. L'Iran avait accusé le Mossad. Les services de renseignements turcs (MIT) ont démentis ces informations[122].
En 2012 [modifier]
En janvier 2012 un Libanais, présumé membre du Hezbollah, a été arrêté à Bangkok. Le ministre de la Défense thaïlandais, Yuthasak Sasiprapha, a estimé que les cibles probables visées étaient l'ambassade d’Israël ou des synagogues[123].
Le 13 février 2012, une bombe apposée sur la voiture d'un diplomate israélien à New Delhi par un motard explose blessant quatre personnes, un diplomate israélien et 3 indiens, l'Iran et le Hezbollah sont suspectés d’être derrière cet attentat[124]. Le même jour, la police azérie interpelle à Bakou un nombre indéterminé de personnes liées à l'Iran et au Hezbollah qui sont soupçonnées de préparer des attentats dans le pays. Selon la télévision d’État, AzTV, citant des sources du ministère de la sécurité intérieure, les suspects avaient récoltées des informations sur des cibles potentielles et achetés des explosifs, des armes et des munitions[125].
Le 14 février 2012 un employé de l'ambassade israélienne à Tbilissi trouve un engin suspect dans sa voiture. La bombe est désamorcée. Le Hezbollah et l'Iran sont pointés du doigt par Israël[126].
Le 16 février 2012, un complot visant à assassiner le ministre de la Défense israélien, Ehud Barak, a été déjoué par les services de sécurité singapouriens en coopération avec le Mossad selon, Al Jarida un journal koweïtien qui a affirmé que « trois membres d'une cellule terroriste du Hezbollah et l'Iran ont été arrêtés par les services de sécurité de Singapour »[127].
En juillet 2012, un Libanais a été arrêté par la police chypriote qui le soupçonnait de planifier des attaques contre des touristes israéliens. Selon des responsables sécuritaires locaux, le suspect a reconnu être un membre du Hezbollah. Il était en possession de photographies de cibles israéliennes et d'informations sur les les lieux fréquentés par des touristes israéliens et sur les autobus qu'ils utilisent ainsi que sur les vols de compagnies d'aviation israéliennes. Son objectif aurait été de planifier une attaque contre un autobus ou avion transportant ces touristes[128]. En février 2013, le suspect, Hossam Taleb Yaacoub, qui a aussi la nationalité suédoise, a admis lors de l'ouverture de son procès à Chypre être un membre de Hezbollah. Il a déclaré être venu dans ce pays pour un « voyage d'affaires » et qu'il n'avait pas eu l'intention de nuire. Il a avoué avoir été chargé de recueillir des informations sur des touristes israéliens de novembre 2011 à janvier 2012 et en juillet. Yaacoub a déclaré qu'avant qu'il quitte le Liban il avait rencontré « un homme masqué » qui lui a demandé de recueillir des informations « sur les vols en provenance d’Israël, les lignes d'autobus employées par les touristes israéliens, les restaurants cachers et d'autres endroits qu'ils fréquentent sur l'île ». Il a été inculpé d'appartenance à « une organisation criminelle dont le but est de frapper des citoyens israeliens dans le monde entier ». Il a reconnu avoir mené des missions similaires en Turquie, aux Pays-Bas et en France. Chypre étant membre de l'Union européenne, le verdict de la cour chypriote pourrait influencer le débat sur la qualification du Hezbollah comme organisation terroriste[129].
Le 18 juillet 2012 un attentat-suicide est perpétré par un terroriste à l’aéroport de Bourgas contre des autobus de touristes israéliens. Le bilan est de sept morts : cinq touristes israéliens, le chauffeur bulgare de l'un des autobus et le kamikaze. On compte aussi 32 blessés dont trois dans un état critique. L'attentat a visé l'un des bus transférant des vacanciers israéliens, peu après leur descente de leur avion-charter arrivé d'Israël avec 154 personnes à bord qui devaient se rendre à la station balnéaire de Slantchev Briag (Côte du Soleil), au nord de Bourgas.
En 2013 [modifier]
Le 5 février 2013, le gouvernement bulgare désigne le Hezbollah comme étant responsable de l'attentat de Bourgas. Selon le ministre de l'Intérieur bulgare, il existerait « des informations concernant des financements et une appartenance au Hezbollah de deux personnes, dont l'auteur de l'attentat. » Le numéro deux du Hezbollah, Naïm Kassem, a accusé Israël de « mener une campagne d'accusations, d'allégations et de calomnies » contre cette organisation. Le gouvernement libanais qui est dominé par le Hezbollah et ses alliés, a annoncé que son pays allait « coopérer avec Sofia pour élucider les circonstances de l'attentat »[130],[131]. Le 15 février, le ministre de l'Intérieur bulgare a affirmé que les « poseurs de bombes » ont apporté un soutien à une partie des structures du Hezbollah au Canada et en Australie et ont eu des contacts avec d'autres représentants de cette organisation[132].
Ce développement a relancé le débat sur une possible inscription de cette organisation sur la liste des organisations terroristes de l'Union européenne[133],[134]. Le 21 février, le président israélien Shimon Peres a appelé les pays européens à inclure le Hezbollah dans cette liste. Il a déclaré qu'il a été « prouvé que le Hezbollah a perpétré l'attentat terroriste en Bulgarie, sur le sol européen, et a tué des civils innocents » il a par ailleurs déclaré « qu'aujourd'hui, il y a de nouvelles preuves des activités de cette organisation et de ses mandants iraniens à travers le monde, y compris à Chypre et au Nigeria »[135]. Nasrallah a déclaré dans un discours diffusé en vidéo-conférence, durant lequel il a menacé de tirer des missiles sur des infrastructures civiles majeures en Israël « en cas d'attaque israélienne contre le Liban », « qu'il ne voulait pas aborder les accusations des autorités bulgares »[136].
Le 23 mars 2013 un tribunal chypriote a reconnu coupable Hossam Taleb Yaacoub, un libanais détenant un passeport suédois ayant reconnu être membre du Hezbollah, de cinq chefs d'accusation dont la participation à une organisation criminelle, la participation à une action criminelle, blanchiment d'argent et « préparation d'attaques contre des intérêts israéliens dans l'île »[137]. Il a été condamné à 4 ans de prison le 28 mars. Des diplomates européens ont considérés que cette condamnation pourrait « infléchir la balance » pour que le Hezbollah soit inscrit sur la liste des organisations considérées comme terroristes par l'Union européenne. Le porte-parole de l'ambassade allemande à Washington a déclaré que la « tendance générale » était d'y inscrire la branche militaire de cette organisation[138].
Annexes [modifier]
Articles connexes [modifier]
- Al-Manar, chaîne libanaise de langue arabe, appartenant au Hezbollah.
- Attentats du 23 octobre 1983 à Beyrouth
Liens externes [modifier]
- (fr) Site officiel francophone
- (en) Site officiel anglophone
- (ar) Radio Al-Nour
- (ar) (en) Site officiel d'actualité Al-Manar
- (fr) Charte du Hezbollah
- (ar) Hizbolla
- (fr) Discours de Hasan Nasrallah à propos des accusations d'ingérence en Syrie (sous-titres français)
Bibliographie [modifier]
- Walid Charara et Frédéric Domont, Le Hezbollah, un mouvement islamo-nationaliste, Fayard, 2004 (ISBN 978-2-2136-2009-1)
- Jean-Loup Samaan, Les Métamorphoses du Hezbollah, Karthala, 2007 (ISBN 978-2-8458-6878-6)
- Thierry Levy-Tadjine, Témoin au Liban avec le Hezbollah, L'Harmattan, 2008 (ISBN 978-2-2960 et 6619-9)
- Collectif, sous la direction de Sabrina Mervin, Le Hezbollah. État des lieux, Actes Sud, 2008 (ISBN 978-2-7427-7420-3)
Notes et références [modifier]
- http://www.lefigaro.fr/international/2013/02/06/01003-20130206ARTFIG00461-paris-hausse-le-ton-contre-le-hezbollah.php
- Emblème des gardiens de la Révolution islamique :
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