Vincent Peillon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Vincent Peillon
Vincent Peillon, en juin 2012.
Vincent Peillon, en juin 2012.
Fonctions
Ministre de l’Éducation nationale
En fonction depuis le 16 mai 2012
Président François Hollande
Gouvernement Jean-Marc Ayrault I
Jean-Marc Ayrault II
Prédécesseur Luc Chatel
Député européen du Nord-Ouest puis du Sud-Est
20 juillet 200415 mai 2012
Élection 13 juin 2004
Réélection 7 juin 2009
Législature VIe et VIIe Parlements européens
Successeur Karim Zéribi
Député de la 3e circonscription de la Somme
12 juin 199718 juin 2002
Prédécesseur Jérôme Bignon
Successeur Jérôme Bignon
Biographie
Date de naissance 7 juillet 1960 (1960-07-07) (52 ans)
Lieu de naissance Suresnes (Hauts-de-Seine, France)
Nationalité française
Parti politique PS
Diplômé de Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Profession Enseignant-chercheur

Vincent Peillon, né le 7 juillet 1960 à Suresnes (Hauts-de-Seine), est un homme politique français.

Député européen et membre dirigeant du Parti socialiste (PS). Il est nommé ministre de l'Education nationale le 16 mai 2012 dans le gouvernement Ayrault[1].

Sommaire

Biographie [modifier]

Origines familiales [modifier]

Vincent Benoît Camille Peillon est issu du côté maternel d'une famille alsacienne[2]. Sa mère, Françoise Blum, née en 1930, fut directrice de recherche à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), spécialiste en physiopathologie de l'hypophyse et de la prolactine, son grand-père était le professeur Léon Blum (1878-1930)[3], grand spécialiste de la physiopathologie rénale à Strasbourg, initiateur de l'insulinothérapie en France, fils aîné du rabbin Félix Blum (1847-1925) et de Jeannette Lederman, et sa grand-mère Thérèse Lion (1894-1985), née à Caen, fille d'un assureur de Moselle, avocate et féministe, dont le militantisme marqua particulièrement le jeune Vincent[4]. Son oncle maternel est Étienne-Émile Baulieu (né Étienne Blum), coinventeur de la pilule RU 486, professeur honoraire de médecine au Collège de France, président de l'Académie des sciences en 2003 et 2004, et sa tante maternelle est Suzanne de Brunhoff, née en 1929, économiste au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), belle-fille du créateur de Babar[5].

Son père Gilles Peillon (1928-2007) était banquier et communiste, il fut directeur général de la première banque soviétique hors d'URSS[6], la Banque Commerciale pour l'Europe du Nord – Eurobank, puis de la banque franco-algérienne Union méditerranéenne de banque[7].

Vincent Peillon est le frère du journaliste Antoine Peillon, né en 1959[8].

Il est père de quatre enfants : 2 filles, Salomé et Maya, nées de son premier mariage, et deux fils, Elie et Izaak, nés de son union en secondes noces avec la journaliste Nathalie Bensahel[9], rédactrice en chef adjointe au service « Notre Époque » de l'hebdomadaire du Nouvel Observateur[10].

Études et profession [modifier]

Bachelier à 16 ans, Vincent Peillon est ensuite étudiant en philosophie à la Sorbonne (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne). Il fréquente rarement les bancs de l'université et obtient sa licence à vingt ans. Après une agression, « Vincent plaque tout et part à l'aventure »[11]. Il travaille pour la Compagnie des wagons-lits sur la ligne Paris - Copenhague et importe en cachette du saumon fumé. Il fonde alors l'Office de ventes d’import-export et de diffusion avec comme slogan « du saumon norvégien pour tous », société spécialisée notamment dans la vente de saumon fumé aux comités d'entreprise[12]. Il prépare ensuite le concours pour le certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement du second degré en philosophie. Nommé professeur certifié stagiaire à la rentrée 1984 au lycée Édouard Herriot à Lyon 6e, il est affecté comme titulaire à la rentrée 1985 au lycée Pierre de Coubertin à Calais. Il enseigne aux élèves de terminale scientifique, économique et sociale, et technique. Il prépare parallèlement le concours de l'agrégation de philosophie et deviendra professeur agrégé après une première tentative infructueuse[13]. Il reste deux années à Calais, puis est muté pour être formateur à l'école normale primaire de la Nièvre[14]. Repéré alors par Pierre Moscovici, il est détaché en 1992 au cabinet du président de l'Assemblée nationale Henri Emmanuelli, dont il écrit les discours. Il obtient également en 1992 le doctorat en philosophie à l'université Paris-I Panthéon-Sorbonne avec une thèse sur Merleau-Ponty. Après le changement de majorité en 1993, il enseigne au lycée Joliot-Curie à Nanterre et au lycée La Folie-Saint-James à Neuilly-sur-Seine. Député de 1997 à 2002, à la suite de sa non réélection il est accueilli en détachement durant deux ans au CNRS sur un poste de directeur de recherche, poursuivant ses travaux sur Ferdinand Buisson et les origines de la laïcité et de la philosophie républicaine. Il est élu député européen en 2004 et réélu en 2009. Spécialiste du socialisme pré-marxiste et d’auteurs tels que Jean Jaurès, Edgar Quinet, ou Pierre Leroux, il a publié plusieurs ouvrages relatifs à l’histoire de la pensée socialiste et républicaine.

Carrière politique [modifier]

Homme de cabinet [modifier]

Il entre en 1992 au PS et au cabinet d'Henri Emmanuelli, alors président de l’Assemblée nationale, puis devient secrétaire du groupe des experts du PS l'année suivante.

Bien que n'ayant pas les trois ans d'ancienneté requis par les statuts du PS, il présente la motion 2 au congrès de Liévin en 1994, aux côtés de Christophe Clergeau. Il devient membre du bureau national et délégué auprès du premier secrétaire, Lionel Jospin, de 1995 à 1997.

Député de la Somme [modifier]

En 1997, il est élu député de la Somme, dans la 3e circonscription (région du Vimeu). Il devient parallèlement secrétaire national aux études du Parti socialiste de 1997 à 2000, date à laquelle il devient porte-parole du parti sous la direction de François Hollande.

Le 30 mars 2000, Vincent Peillon présente le rapport d'information de la mission d'information qu'il préside et dont le rapporteur est Arnaud Montebourg, relative aux obstacles au contrôle et à la répression de la délinquance financière et du blanchiment des capitaux en Europe[15].

En 2002, il perd son siège de député avec 47,54 % des voix au second tour. Il fut en conflit violent avec les chasseurs de sa circonscription.

Député européen et cadre du parti [modifier]

Il est élu en 2003 par les militants socialistes premier secrétaire de la fédération socialiste de la Somme, fonction qu’il avait déjà occupée de 1997 à 2000.

En juin 2004, troisième de la liste PS dans la circonscription Nord-Ouest, il devient député européen.

En mai 2005, il défend le « non » lors du référendum sur la ratification du traité établissant une Constitution pour l’Europe.

À la suite du congrès du Mans de 2005, il se sépare de certains fondateurs du courant Nouveau Parti socialiste tels Arnaud Montebourg, Thierry Mandon ou Yvette Roudy, et accepte un compromis avec la motion majoritaire de François Hollande.

Vincent Peillon en juin 2009

Lors des élections législatives de juin 2007 dans la 3e circonscription de la Somme, il est battu (49,89 %) par Jérôme Bignon (UMP).

Lors de la campagne présidentielle de 2007, il est un des porte-paroles de Ségolène Royal. En septembre 2007, Vincent Peillon décide de créer l'Institut Edgar Quinet.

Lors du congrès de Reims du PS de 2008, il rejoint la motion E portée par Ségolène Royal, candidate au poste de Première secrétaire du Parti socialiste. Après la défaite contestée de celle-ci, il s'éloigne peu à peu de l'ancienne candidate à l'élection présidentielle.

En juin 2009, il est réélu député européen, cette fois dans la circonscription du Sud-Est. Sa liste obtient, à l’issue des élections du 7 juin 2009, un score de 14,49 % des voix et deux élus. Elle se classe troisième, derrière la liste UMP de Françoise Grossetête (29,35 % des voix, cinq élus), et également derrière celle d’Europe Écologie, conduite par Michèle Rivasi, adjointe au maire de Valence (18,27 % des voix, trois élus).

En novembre 2009, il s'oppose à Ségolène Royal au sein de la motion E et crée son mouvement, le « rassemblement social, écologique et démocrate » et organise avec succès, fin août, une université d'été à Marseille qui aura des répercussions une semaine plus tard sur le discours de Martine Aubry à La Rochelle.

En 2011, après avoir apporté son soutien à Dominique Strauss-Kahn en cas de candidature à la primaire citoyenne, il entre dans l'équipe de campagne de François Hollande où il s'occupe des questions d'éducation, de jeunesse, d'enseignement supérieur et de recherche.

Ministre de l'Éducation nationale [modifier]

Le 16 mai 2012, il est nommé ministre de l'Éducation nationale. Dès le lendemain de sa prise de fonction, il annonce la fin de la semaine de quatre jours dans l'enseignement primaire (mise en place en 2008) pour la rentrée 2013, et donc le retour à une semaine de cinq jours (en fait quatre jours et demi), ainsi que la réunion prochaine des recteurs d'académie pour discuter de l'affectation de 1 000 postes supplémentaires dans le primaire à la rentrée 2012 (avec une priorité donnée aux enseignants RASED)[16].

Orientations politiques [modifier]

Orientations au sein du PS [modifier]

En octobre 2002, le quotidien Libération publie une tribune intitulée Pour un nouveau Parti socialiste signée par Arnaud Montebourg, Julien Dray et Vincent Peillon. C’est le titre de cette tribune qui donnera son nom au courant Nouveau Parti socialiste qui présentera une motion au congrès de Dijon (2003) et à celui du Mans (2005). Ce nouveau courant prône alors une profonde rénovation du Parti socialiste.

Le 20 novembre 2005, durant le congrès du Parti socialiste au Mans, il vote avec Benoît Hamon et Henri Emmanuelli l’approbation de la synthèse générale au nom de la motion 5 du Nouveau Parti socialiste, l’autre chef de file de son courant, Arnaud Montebourg, s’abstenant. Cette scission marque la fin du NPS.

Alors que s’ouvre l’université d’été du Parti socialiste à La Rochelle fin août 2006, il exprime son soutien en faveur de Ségolène Royal à l’investiture du parti pour la présidentielle, dont il devient l’un des trois porte-parole durant la campagne de 2007.

Lors du congrès de Reims devant se tenir du 14 au 16 novembre 2008, Vincent Peillon soutient la motion E menée par Gérard Collomb et Ségolène Royal. Le 6 novembre, cette motion recueille la majorité des suffrages (29,59 %) devant celles de Bertrand Delanoë (25,35 %) et de Martine Aubry (24,67 %). Il se positionne alors pour succéder à François Hollande au poste de premier secrétaire du PS, avant que Ségolène Royal n’officialise sa candidature à ce poste. Celle-ci perd finalement de très peu et de façon contestée, avec 49,96 % des suffrages contre 50,04 % pour sa rivale Martine Aubry.

Vincent Peillon décide ensuite avec François Rebsamen, Jean-Louis Bianco et aux côtés de Ségolène Royal de structurer les valeurs de changement portées par la motion E et ses différents représentants au sein d’un courant, « L’Espoir à Gauche », officiellement créé le 31 janvier 2009. Comme durant le Congrès de Reims, ce courant continue d’appeler à des primaires ouvertes pour l’élection du candidat de la gauche aux élections présidentielles, ce que Martine Aubry valide lors de l’Université d’été du PS à la Rochelle en septembre 2009.

En novembre 2009, il se sépare politiquement de Ségolène Royal, se rapproche de l'aile social-démocrate du PS et crée le « rassemblement social, écologique et démocrate ». La motion E soutenait une alliance arc-en-ciel allant de l'extrême-gauche au centre gauche.

Engagements nationaux et européens [modifier]

Pendant son mandat à l'Assemblée nationale (1997-2002), il préside la mission parlementaire d’enquête sur le blanchiment d'argent en Europe dont Arnaud Montebourg est rapporteur.

Au Parlement européen, avec d'autres collègues eurodéputés (dont Kader Arif, Daniel Cohn-Bendit, Jean-Luc Bennahmias, Catherine Trautmann, Kartika Tamara Liotard, Miguel Angel Martinez, Proinsias de Rossa et Judith Sargentini), il a soutenu une « Taxe Tobin verte » sur les transactions financières pour financer l'effort des pays en développement dans la lutte contre le changement climatique. Il a ensuite été en charge d'un rapport sur l'Union pour la Méditerranée au sein de la commission des Affaires étrangères.

Synthèse des fonctions politiques [modifier]

Au Parti socialiste [modifier]

À l'Assemblée nationale puis au Parlement européen [modifier]

  • Député de la 3e circonscription de la Somme (1997-2002)
  • Député européen de la circonscription Nord-Ouest (2004-2009)
  • Député européen de la circonscription Sud-Est (2009-2012)

Dans le gouvernement de Jean Marc Ayrault [modifier]

  • Ministre de l'Éducation nationale (2012-)

Publications [modifier]

  • La Tradition de l'esprit : itinéraire de Maurice Merleau-Ponty, Grasset, Paris, 1994.
  • Jean Jaurès et la religion du socialisme, Grasset, Paris, 2000.
  • Pour un nouveau Parti socialiste : motion portée au vote des militants du PS au congrès de Dijon, 16-17-18 mai 2003 (avec Arnaud Montebourg), Denoël, Paris, 2003.
  • Pierre Leroux et le socialisme républicain, Éditions Le Bord de l'eau, 2003.
  • L'Épaisseur du cogito. Trois études sur la philosophie de Maurice Merleau-Ponty, Éditions Le Bord de l'eau, 2004.
  • Au cœur de la gauche (coécrit avec Arnaud Montebourg et Benoît Hamon), Éditions Le Bord de l'eau, Lormont (Gironde), 2004.
  • Les Milliards noirs du blanchiment, Hachette littératures, Paris, 2004[17].
  • La Révolution française n’est pas terminée, Le Seuil, Paris, 2008[18].
  • Peut-on améliorer l'école sans dépenser plus ?, en tant que contradicteur de Xavier Darcos, Magnard, Paris, 2009 (ISBN 978-2210747852).
  • Les politiques ont-ils une âme, Entretien avec Isabelle Dillmann, p. 255 à 276, Albin MIcheL, 2010 (ISBN 978-2-226-20615-2).
  • Une religion pour la République : la foi laïque de Ferdinand Buisson, Le Seuil, Paris, 2010 (ISBN 978-2020985215).
  • Éloge du politique : une introduction au XXIe siècle, Le Seuil, 2011
  • Conversations républicaines, avec François Bazin, Denoël, 2011
  • Refondons l'école, Le Seuil, 2013

Il dirige par ailleurs la collection « Bibliothèque républicaine » aux Éditions Le Bord de l'eau.

Références [modifier]

  1. www.education.gouv.fr
  2. Professeur Léon Blum, promoteur de l'insulinothérapie en France, par Paul Frank et Jean-Marie Brigard, extrait de HISTOIRE & PATRIMOINE HOSPITALIER, revue de l'Association Les Amis des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, no 21 - 2009
  3. Professeur Léon BLUM, Promoteur de l'insulinothérapie en France, Paul Frank, Jean-Marie Brogard, www.judaisme.sdv.fr, 2009
  4. Docteur Vincent et Mister Peillon, la double vie d'un intellectuel, Mathieu CASTAGNET, La Croix, 6 mars 2009
  5. Vincent Peillon, un candidat de longue date à l'éducation, Maryline Baumard, Le Monde, 16 mai 2012.
  6. Vincent Peillon, le nouvel homme-clé du PS, Candice Nedelec, Gala, juin 2009
  7. www.ufmsecretariat.org
  8. Source : Swissinfo.ch, 30 mars 2012
  9. Peillon, l'intellectuel à l'Education, Europe 1, 17 mai 2012.
  10. Source : Constance Jamet, "Le Nouvel Obs redéfinit le rôle de Madame Peillon", Le Figaro, 24/05/2012
  11. Source : Candice Nedelec, "Vincent Peillon, le nouvel homme-clé du PS", Gala, juin 2009
  12. « L’interview du mois », GQ, avril 2010 .[réf. incomplète]
  13. Valérie Trierweiler, « Vincent Peillon : itinéraire d'un enfant gâté », Paris Match, 2005 
  14. Jean-François Duquene, « Vincent Peillon : J'ai été forgé par Pierre de Coubertin », Nord Littoral, 26 mars 2011 .[réf. incomplète]
  15. http://www.assemblee-nationale.fr/rap-info/i2311-611.asp
  16. AFP, « Éducation. Le retour de la semaine de cinq jours programmé pour 2013 », Le Télégramme.com, 17/05/2012
  17. Les milliards noirs du blanchiment par Vincent Peillon, Christian Chavagneux, Alternatives Economiques, no 229, octobre 2004
  18. Savant ou politique ?, Laurent Bouvet, nonfiction, 14 octobre 2008

Voir aussi [modifier]

Articles connexes [modifier]

Sur les autres projets Wikimedia :


Liens externes [modifier]