Assouan

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Assouan
أسوان
Vue de la ville moderne.
Vue de la ville moderne.
Administration
Pays Drapeau de l'Égypte Égypte
Gouvernorat Assouan
Démographie
Population de l'agglomération 275 000 hab.
Géographie
Coordonnées 24° 05′ 10″ N 32° 53′ 31″ E / 24.086111, 32.891944 ()24° 05′ 10″ Nord 32° 53′ 31″ Est / 24.086111, 32.891944 ()  
Localisation

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Assouan

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Assouan

Assouan ou Syène (en grec : Συήνη Syène, en copte : Souan (ou Swan), en arabe : أسوان Assouan) est une ville d'Égypte située à environ 843 km au sud du Caire, sur la rive droite du Nil, près de la première cataracte.

Faisant naguère partie de la Haute-Égypte, dans le premier nome, celui du « Pays de l'arc » (ou du « Pays de Nubie » - tA-sty), son nom en égyptien ancien était Souenet (ou Swenet ou Souentet) qui signifie « Commerce ».

Elle est actuellement le chef-lieu du gouvernorat d'Assouan et compte aujourd'hui près de 250 000 habitants[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Assouan, en 1857

À l'époque des Ptolémées, elle se divisait en quartiers très différenciés, Éléphantine bénéficiant d'un caractère résidentiel et la rive orientale constituant une agglomération d'ouvriers et artisans.

Cette cité, la plus méridionale d'Égypte a longtemps été l'une des principales entrées et sorties de l'Afrique noire, donnant naissance à un commerce prospère sur la route des caravanes. Ville-frontière, les Coptes la nommèrent Souan mot signifiant « négoce ».

Cette ville est aussi connue sous le nom de Syène qui, à l'époque chrétienne, était le siège d'un évêché.

Elle fut rendue célèbre par l'expérience d'Ératosthène visant à déterminer la circonférence de la Terre, puisque le savant l'avait choisie en raison de sa proximité avec le tropique du Cancer : le Soleil se trouvant alors à la verticale de la ville lors du solstice d'été.

Climat[modifier | modifier le code]

Assouan bénéficie d'un climat propre au domaine hyper-aride avec des précipitations annuelles nulles. Les températures connaissent d'importantes variations diurnes et saisonnières. En hiver les nuits sont fraîches tandis qu'en été la chaleur est torride dans la journée.

Relevé météorologique d'Assouan-altitude: 193 m latitude: 23°58'N
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 8,1 10,3 13,8 19,1 23 25,2 26,3 26 23,6 20,3 14,7 10,8 18,4
Température moyenne (°C) 15,3 17,5 21,8 27 31,4 33,5 33,6 33,2 31,2 27,7 21,5 16,9 25,9
Température maximale moyenne (°C) 21 24,9 29,5 35 38,7 41 41 40,3 38,5 38,2 28,3 24,2 33,4
Précipitations (mm) 0 0 0 0 0 0 0 0,5 0 0,25 0 0 0,85
Source : Le climat à Alexandrie (en °C et mm, moyennes mensuelles) climate-charts.com


Économie[modifier | modifier le code]

L’une des richesses d’Assouan venait du Nil qui fournissait, outre ses sédiments, son poisson, avant que le barrage d'Assouan ne perturbe l'écologie du fleuve.

Une autre des richesses d’Assouan dès l’Antiquité fut l’exploitation des carrières de granit, qui pouvait être transporté par le Nil. L'obélisque inachevé en est un vestige.

Assouan possède un aéroport (code AITA : ASW).

Tourisme[modifier | modifier le code]

La ville tire une bonne partie de son activité économique du tourisme, notamment des croisières sur le fleuve depuis Louxor ou sur le lac Nasser.

C'était la ville préférée de François Mitterrand qui y passait Noël chaque année. La légende veut que ce soit dans cette ville — dont il appréciait la « sérénité »[2] — qu'il ait pris la décision de se représenter à l'élection présidentielle de 1988[3]. Le président français séjournait au Old Cataract, palais royal reconverti en hôtel de luxe, situé en face des ruines des temples de l'île Éléphantine et à proximité du musée de la Nubie. Il y passa son dernier réveillon du nouvel an, en 1995. Winston Churchill séjourna également dans ces murs[4],[3]. Ce même hôtel reçut la visite d'Agatha Christie, qui y écrivit une partie de son roman Mort sur le Nil[3], et dont l'adaptation cinématographique fut tournée sur les lieux. L'écrivain en donne la description suivante dans son roman :

« Le fleuve offrait un aspect sauvage. Des deux côtés, des masses rocheuses, dénudées, descendaient jusqu'au bord de l'eau. Çà et là, quelques vestiges d'habitations abandonnées et minées par les inondations. Panorama mélancolique, presque sinistre. »

L'écrivain Amelia Edwards, dans A Thousand Miles Up the Nile (1877), décrit les berges du fleuve où elle a vu « de grands paquets de peau de lion et de léopard, des balles de coton, des sacs de feuilles de henné et des défenses d'éléphants »[3]. Gustave Flaubert et son ami Maxime Du Camp y commencent leur voyage en Égypte. L'écrivain et photographe Hervé Guibert consacrera à la ville une partie de son récit de voyage Lettres d’Égypte : du Caire à Assouan[5].

Barrages[modifier | modifier le code]

Assouan est également connue pour ses barrages, le premier construit par les Britanniques en 1908, et le haut barrage inauguré par le président Sadate en 1971 créant un vaste réservoir en amont de la ville, le lac Nasser. À l'époque de Nasser s'est accompli le vieux rêve des pharaons : maîtriser le flot du dieu du Nil.

On y trouve au milieu du Nil l'île Éléphantine et l'île Kitchener.

Sur le bief entre les deux barrages, l'île de Philæ, sur laquelle se trouvait un temple d'Isis, fut submergée lors de la construction du haut barrage, entraînant la reconstruction du temple par l'Unesco sur l'île d'Aguilkia, 300 m plus au nord.

Transports[modifier | modifier le code]

La ville est notamment desservie par l'aéroport international d'Assouan.

Culture[modifier | modifier le code]

Porte du royaume de Nubie, l'ancienne Syène renoue depuis quelques années avec cette culture. Le musée de la Nubie, inauguré en 1997, accueille les vestiges d'une civilisation dont les terres ont été englouties par le lac Nasser. Il s'attache à présenter ses aspects anthropologiques et sociaux, tout en exposant des statues et des objets pharaoniques sauvés des eaux[6].

Sport[modifier | modifier le code]

La ville possède une équipe de football, l'Assouan Sporting Club.

Divers[modifier | modifier le code]

Sous le nom de Zzuéné ou Zzeuene, c'était le dernier article de l'Encyclopédie de Denis Diderot et Jean d'Alembert.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes[modifier | modifier le code]

  1. 191 461 habitants au recensement de 1986, 219 017 habitants au recensement de 1996, 245 955 habitants prévus en 2007.
  2. Comment François Mitterrand a vecu sa mort.
  3. a, b, c et d Quand Mitterrand passait les fêtes dans un hôtel à Assouan
  4. La double vie de François Mitterrand
  5. Hervé Guibert et Hans Georg Berger, Lettres d’Égypte : du Caire à Assouan, Arles, Actes Sud, 1995
  6. Le musée nubien

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]