Daniel Mayer

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Daniel Mayer
Illustration.
Fonctions
4e président du Conseil constitutionnel français
Prédécesseur Roger Frey
Successeur Robert Badinter
Membre du Conseil constitutionnel
Prédécesseur Roger Frey
Successeur Georges Abadie
Secrétaire général de la SFIO
19431946
Prédécesseur Paul Faure
Successeur Guy Mollet
Parlementaire français
Député 1946-1958
Gouvernement Quatrième République
Groupe politique SFIO
Biographie
Date de naissance
Date de décès (à 87 ans)
Résidence Seine

Daniel Mayer, né le à Paris et mort le à Orsay, était un homme politique socialiste français, membre de la Résistance.

Militant socialiste d'avant-guerre[modifier | modifier le code]

D'origine juive alsacienne[1], il perd sa mère dès 1921, à douze ans, ce qui précipite son départ de l'école.

Ainsi contraint de travailler dès la sortie de la communale, il entre en politique à l'âge de dix-huit ans, révolté par l'exécution de Sacco et de Vanzetti. « Dynamique autodidacte, il poursuit son apprentissage intellectuel en adhérant à la Ligue des droits de l'Homme et aux Jeunesses socialistes », selon l'historien Max Lagarrigue[2].

Secrétaire de la 20e section des Jeunesses Socialistes, il y rencontre Cletta Livian, une juive roumaine, qu'il épouse en 1931.

Il rejoint le courant Bataille socialiste en 1932. Il est journaliste au Populaire (le quotidien socialiste fondé en 1916 par Jean Longuet) de 1933 à 1939.

Résistance[modifier | modifier le code]

Il entre dans la Résistance en juillet 1940. Convaincu par Blum, il reste en France. À Daniel Mayer et à son épouse Cletta qui lui faisait part de leur intention de partir pour Londres, il dit : « Vous serez là-bas deux bouches de plus à nourrir et sans compétences militaires. Ici, il y aura du travail à faire. il faut poursuivre la guerre, reconstruire le Parti, l'orienter dans la lutte contre l'occupant et contre Vichy. Vous serez plus utiles ici[3]. »

Il fonde dès mars 1941 le Comité d'Action Socialiste et anime les réseaux de résistants socialistes. Il fait reparaître clandestinement le Populaire en mai 1942 ; il en est rédacteur en chef de 1942 à 1944.

Il rencontre Léon Blum, alors détenu par Vichy, et l'informe d'activités socialistes, assurant ainsi un lien entre Blum, la SFIO et la Résistance de Londres. C'est lui qui transmet un document de Blum reconnaissant de Gaulle comme chef de la France libre.

Mayer s'installe à Marseille où son épouse l'aide dans son activité de Résistance ; elle-même organise des évasions.

Il est également secrétaire général du Parti socialiste SFIO de 1943 à 1946. Il représente la SFIO au Conseil national de la Résistance. Il participe à la libération de Paris en août 1944.

Parlementaire et ministre de la IVe république[modifier | modifier le code]

Membre de l'Assemblée consultative puis des deux Assemblées constituantes, il est député socialiste de la Seine de 1946 à avril 1958. Proche de Léon Blum, il est battu par Guy Mollet pour le poste de secrétaire général de la SFIO en 1946 et a des relations difficiles avec son successeur.

Il est ministre du Travail et de la Sécurité sociale de 1946 à 1949. Il défend la jeune Sécurité sociale, et provoque une crise politique en demandant une revalorisation des salaires. Le 14 novembre 1951, il dépose une proposition de résolution "tendant à inviter le Gouvernement à faire rechercher si l'Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain ne poursuit pas un objet illicite contraire aux lois et à la justice ce qui justifierait sa dissolution".

Il est président de la Commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale de 1953 à 1957. Daniel Mayer est très attaché à l'État d'Israël.

Opposant à la Communauté européenne de défense, il est exclu du comité directeur de la SFIO en 1954.

Socialiste anti-SFIO[modifier | modifier le code]

Il est sanctionné par son parti en 1957 pour son hostilité à la guerre d'Algérie et son refus de voter les pouvoirs spéciaux aux gouvernements Bourgès-Maunoury et Gaillard.

Il appartient à la minorité socialiste qui désapprouve le retour au pouvoir du général de Gaulle en 1958. Il participe à la fondation de l'Union des forces démocratiques puis du Parti socialiste autonome (PSA) devenu le Parti socialiste unifié (PSU) en 1960. Il quitte le PSU en 1967 et revient au PS en 1970 à la section Jean-Baptiste Clément dans le 18e arrondissement puis à Orsay.

Ligue des droits de l'homme[modifier | modifier le code]

Il démissionne de sa fonction de député en 1958 pour présider la Ligue des droits de l'homme (dont il est membre depuis ses 18 ans) jusqu'en 1975, puis la Fédération internationale des Droits de l'Homme de 1977 à 1983.

Nommé par François Mitterrand, il est le 4e Président du Conseil constitutionnel français du au , date à laquelle il est remplacé par Robert Badinter. Il reste membre de ce conseil jusqu'au . Il écrit que la "loi n'exprime la volonté générale que dans le respect de la Constitution".

Daniel Mayer apparaît comme un socialiste d'une grande rigueur morale. Lors de son décès, Lionel Jospin a relevé que "dans son engagement politique, il a choisi le courage, l'honneur et la justice".

Décédé le , il a fait don de son corps à la science, comme l'avait fait son épouse décédée en 1976.

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Socialisme : le Droit de l'Homme au bonheur, éd. Flammarion, 1976
  • Les Socialistes dans la Résistance, P.U.F., 1986


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Centre d'histoire de Sciences po
  2. Max Lagarrigue, 99 questions… La France durant l'Occupation, CNDP, 2007.
  3. Daniel Mayer, Les Socialistes dans la Résistance, souvenirs et documents., Paris, Presses universitaires de France, coll. « Esprit de la Résistance »,‎ 1968, 247 p. (OCLC 271753), p. 12

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Précédé par Daniel Mayer Suivi par
Roger Frey
Président du Conseil constitutionnel
1983 - 1986 démissionnaire
Robert Badinter