Élisabeth Guigou

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Guigou.
Élisabeth Guigou
Élisabeth Guigou en avril 2013.
Élisabeth Guigou en avril 2013.
Fonctions
Députée de la sixième circonscription de la Seine-Saint-Denis
En fonction depuis le 20 juin 2012
Législature XIVe
Prédécesseur Claude Bartolone
Députée de la neuvième circonscription de la Seine-Saint-Denis
19 juin 200219 juin 2012
Législature XIIe et XIIIe
Prédécesseur Véronique Neiertz
Successeur Claude Bartolone
Ministre de l'Emploi et de la Solidarité
18 octobre 20006 mai 2002
Président Jacques Chirac
Gouvernement Lionel Jospin
Prédécesseur Martine Aubry
Successeur François Fillon
Garde des Sceaux, ministre de la Justice
21e garde des Sceaux, ministre de la Justice de la Ve République
4 juin 199718 octobre 2000
Président Jacques Chirac
Gouvernement Lionel Jospin
Prédécesseur Jacques Toubon
Successeur Marylise Lebranchu
Députée de la première circonscription de Vaucluse
12 juin 19974 juillet 1997
Législature XIe
Prédécesseur Marie-Josée Roig
Successeur Cécile Helle
Député européen
19 juillet 19945 juillet 1997
Élection 12 juin 1994
Législature IVe
Ministre déléguée, chargée des Affaires européennes
2 octobre 199029 mars 1993
Président François Mitterrand
Gouvernement Michel Rocard II
Édith Cresson
Pierre Bérégovoy
Prédécesseur Édith Cresson
Successeur Alain Lamassoure
Biographie
Nom de naissance Élisabeth Vallier
Date de naissance 6 août 1946 (68 ans)
Lieu de naissance Marrakech (Maroc)
Nationalité Française
Parti politique Parti socialiste
Conjoint Jean-Louis Guigou
Diplômée de Université Paul-Valéry Montpellier 3
Université d'Aix-Marseille
Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence
École nationale d'administration

Élisabeth Vallier, épouse de Jean-Louis Guigou, est une femme politique française, née le 6 août 1946 à Marrakech (Maroc)[1],[2].

Membre du Parti socialiste, elle a été plusieurs fois ministre. Elle a été la première femme nommée à la tête d'un ministère régalien en France lorsqu'elle est devenue garde des Sceaux, ministre de la Justice, en 1997. Elle est actuellement députée de Seine-Saint-Denis, et préside la commission des Affaires étrangères.

Biographie[modifier | modifier le code]

Élisabeth Guigou est issue d'une famille provençale originaire d'Apt. Elle a passé son enfance et son adolescence à Marrakech où elle est née. Son père Georges Vallier, né à Beaucaire (Gard) en 1920, horticulteur et propriétaire au Maroc d'une usine agroalimentaire[3], a épousé Jeannine Flecchia (1920-2010) à Marrakech en 1943. Après l'indépendance du Maroc, la famille revient en France.

Élisabeth Guigou a épousé Jean-Louis Guigou en 1966, ancien conseiller technique de Michel Rocard, agrégé d'économie, professeur d'université, ayant également occupé diverses fonctions publiques (dont délégué de la DATAR). Ils ont un enfant (Édouard), né en 1980.

Formation[modifier | modifier le code]

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

  • 1974-1979 : administratrice civile au ministère des Finances, au sortir de l'ENA.
  • 1979-1981 : attachée financière auprès de l'ambassade de France en Grande-Bretagne,
  • 1981-1982 : chef de bureau des États d'Europe, d'Amérique et d'Asie à la direction du Trésor, secrétaire générale du Club de Paris.
  • 1982 : conseillère technique au cabinet de Jacques Delors, ministre de l'Économie et des finances,
  • 1982-1988 : conseillère technique au secrétariat général de l'Élysée, chargée de l'économie internationale, du commerce extérieur, des affaires européennes et des sommets économiques internationaux.
  • 1985-1990 : secrétaire générale du Comité interministériel pour les questions économiques de coopération européenne (SGCI), auprès du Premier ministre, poste dans lequel elle va coordonner les positions françaises à Bruxelles.
  • 1988-1990 : chargée de mission auprès du président de la République, pour l'Europe et l'Économie internationale.
  • 1990-1993 : ministre déléguée chargée des Affaires Européennes
  • 1994-1997 : députée au Parlement européen,
  • Depuis 1994 : présidente de l'association Europartenaires, puis coprésidente
  • 1997-2000 : garde des Sceaux, ministre de la Justice
  • 2000-2002 : ministre de l'Emploi et de la Solidarité
  • Depuis 2002 : députée de Seine-Saint-Denis
  • 2007-2009 : vice-présidente de la Commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale
  • 2008-2010 : adjointe au Maire de Noisy-le-Sec
  • 2008-2012 : secrétaire nationale au PS, chargée de la réforme de l'État et des collectivités territoriales

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Élisabeth Guigou s'est engagée en politique dès les années 1960 à la Convention des institutions républicaines, puis au PSU de Michel Rocard dans les années 1970 et enfin au PS à partir de 1973. Issue de la promotion « Simone Weil » de l'ENA, elle entre au cabinet de Jacques Delors en 1982, avant de rejoindre celui de François Mitterrand à l’Élysée où elle est chargée des questions économiques et financières internationales. En 1986, outre ses fonctions à la présidence de la République, elle est nommée secrétaire générale du comité interministériel pour les questions économiques européennes. En 1988, elle est chargée par le président de la République de la coordination de la politique de la France à l'égard des pays de l'Est.

Elle est membre du conseil politique de la « Fondation Agir contre l'exclusion » de Martine Aubry.

À partir du 2 octobre 1990 et jusqu'en mars 1993, elle est nommée ministre déléguée aux Affaires européennes, où elle remplace Édith Cresson. Elle eut de grandes responsabilités dans la rédaction, la négociation et la mise en place du traité de Maastricht. Lors de la campagne pour le référendum de ratification du Traité à l'été 1992, elle parcourt la France et le grand public découvre cette nouvelle femme politique. Poussée par François Mitterrand, elle s'engage dans la campagne des régionales de 1992 en Provence-Alpes-Côte d'Azur, où elle conduit la liste dans le département de Vaucluse, la liste des Bouches-du-Rhône étant conduite par Bernard Tapie[4].

En 1994, elle fait la campagne des européennes, lors de laquelle elle est élue au Parlement européen. Elle devient présidente de la délégation socialiste française au Parlement européen et entre au Conseil national et au Bureau national du PS.

Elle représente le Parlement européen à la Conférence intergouvernementale qui négocie le traité d'Amsterdam.

En janvier 1996, elle entre au secrétariat national du PS, où elle est chargée des questions sociales par Lionel Jospin, 1er secrétaire.

En 1997, elle est élue députée de Vaucluse. En juin 1997, elle est nommée garde des Sceaux puis en octobre 2000, ministre de l'Emploi et de la Solidarité dans le gouvernement Lionel Jospin.

Au ministère de la Justice, elle affirme : « Le ministère de la Justice n'est plus celui des affaires, mais celui du droit ». Elle refuse d'intervenir dans les dossiers judiciaires individuels tout en conduisant une politique pénale autour de quelques grandes priorités : associer prévention-sanction-réinsertion contre la délinquance, respecter la présomption d'innocence, diminuer la surpopulation pénitentiaire et rénover les prisons, organiser le suivi social et judiciaire des délinquants sexuels.

Elle se bat contre la double peine et pour une meilleure indépendance de la Justice. Elle organise la fin du monopole des commissaires-priseurs sur les ventes publiques et la reforme de la carte judiciaire des tribunaux de commerce. À ce poste, elle défend aussi la parité en politique et fait réformer la Constitution en ce sens.

Elle défend l'adoption du PACS et se prononce à cette occasion contre le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels[5]. Elle fait faciliter les procédures de divorce. Elle fait aussi prévaloir les droits des jeunes issus de l'immigration mais nés en France, de devenir français automatiquement et se bat pour le droit de vote des étrangers non européens aux élections locales.

Elle fait adopter une loi contre la corruption, et avec Dominique Strauss-Kahn la première liste des paradis fiscaux. Elle est élue « femme de l'année » par le Trombinoscope en 1999.

Candidate aux élections municipales de mars 2001 à Avignon, elle est largement battue au second tour par Marie-Josée Roig, RPR, maire sortante. Elle décide alors de se présenter en Seine-Saint-Denis en 2002, où elle est élue députée de la neuvième circonscription de la Seine-Saint-Denis. Elle est réélue en 2007. En 2008, elle participe à la victoire du PS à la mairie de Noisy-le-Sec, dont elle devient maire-adjointe chargée de l'intercommunalité, mais des discordes dans la majorité municipale amènent à des élections anticipées en 2010 remportées par la droite.

Elle est présidente fondatrice et coprésidente avec Jean-Noël Jeanneney de l'association Europartenaires, son propre cercle patronal, et son lobby féministe Femmes d’Europe. En outre, elle siège au conseil d’administration de la fondation de Jacques Delors, Notre Europe. Elle a défendu le « oui » au référendum du 29 mai, avec bonheur dans sa fédération socialiste en 2004, mais sans succès envers ses électeurs l'année suivante. Élisabeth Guigou est aussi membre du conseil d'administration du think tank Les Amis de l'Europe. En 1990, elle entre au club Le Siècle.

Elle copréside avec Abderahmane Hadj Nacer le comité de pilotage politique du Think Tank Ipemed qui se consacre à la coopération euro-méditerranéenne. Elle est encore membre de la Commission Trilatérale[6]. Par ailleurs, depuis avril 2011, elle est membre d'honneur du Think tank « Des femmes au service de l'Homme »[7], un Think Tank exclusivement féminin. Son nom circule pour être nommé chef de la diplomatie européenne mais celui de Catherine Ashton est retenu[8],[9].

Après la démission de la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie pour des propos maladroits et sa proximité avec le régime Ben Ali en Tunisie, Élisabeth Guigou est mise en cause pour sa proximité avec Aziz Miled, qui est alors vice-président du conseil de surveillance et l'un des financiers de l'Institut de prospective économique du monde méditerranéen (Ipemed), une association créée en 2006 parrainée par l'ancienne ministre de la Justice, dont son mari, Jean-Louis Guigou est alors délégué général[10]. Elle en démissionne le lendemain[11].

Lors de l'investiture pour les élections législatives de 2012, la sixième circonscription a été réservée pour la parité par le PS[12]. Sa circonscription étant remodelée lors du redécoupage électoral de 2009, elle se présente sur la nouvelle sixième circonscription, qui regroupe les deux villes Aubervilliers et Pantin, après s'être soumise au vote des militants[13]. Après avoir été réélue, elle se déclare candidate à la présidence de l’Assemblée nationale[14], mais est devancée lors du vote interne au groupe socialiste par Claude Bartolone et Jean Glavany.

Elle annonce en mars 2014 son intention de briguer la succession de Catherine Ashton après les élections européennes de mai 2014[15].

Mandats électifs[modifier | modifier le code]

Conseil régional

Parlement européen

Assemblée nationale

  • 1er juin 1997 - 4 juillet 1997 : députée de Vaucluse (1re circonscription)(démission en raison de son retour au gouvernement)
  • 16 juin 2002 - 19 juin 2007 : députée de la Seine-Saint-Denis (9e circonscription)
    • membre de la commission des affaires culturelles
    • vice-présidente de la délégation de l'Assemblée nationale pour l'Union européenne
    • membre de la Mission d'information sur la question des signes religieux à l'école
    • vice-présidente du groupe d'amitié entre la France et les États-Unis
    • vice-présidente du groupe d'amitié entre la France et le Maroc
    • membre du groupe d'amitié ou du groupe d'études à vocation internationale entre la France et la Chine
    • membre du groupe d'amitié ou du groupe d'études à vocation internationale entre la France et Cuba
    • membre du groupe d'amitié ou du groupe d'études à vocation internationale entre la France et l'Égypte
    • membre de la commission d'enquête parlementaire sur l'Affaire d'Outreau
  • 17 juin 2007 - 19 juin 2012 : députée de la Seine-Saint-Denis (9e circonscription) (XIIIe législature, 2007-2012)
    • 28 juin 2007 - 1er juillet 2009 : vice-présidente de la commission des Affaires étrangères
    • 5 octobre 2010 - 2 octobre 2011 : Vice-présidente de l'Assemblée nationale
    • membre de la Commission d'enquête sur les conditions de libération des infirmières et du médecin bulgares détenus en Libye et sur les récents accords franco-libyens
    • membre de la délégation de l'Assemblée nationale pour l'Union européenne
    • vice-présidente du groupe d'amitié entre la France et le Maroc
  • Depuis le 19 juin 2012 : députée de la Seine-Saint-Denis (6e circonscription) (XIVe législature, 2012-2017)

Conseils municipaux

  • De mars 2008 à décembre 2010 : adjointe au maire de Noisy-le-Sec

Fonctions au PS[modifier | modifier le code]

  • Membre du bureau national du PS
  • Secrétaire nationale du PS, chargée de la réforme de l'État et des collectivités territoriales (décembre 2008 - 2012)
  • Secrétaire nationale du PS, chargée des questions sociales (1995 - 1997);
  • Responsable du pôle institutions et territoires au Parti socialiste (depuis juin 2009).

Publications[modifier | modifier le code]

  • « Pour les Européens », Flammarion, 1994.
  • « Être femme en politique », Plon, 1999.
  • « Une femme au cœur de l’État », 2000.
  • « Exclusion sociale et Pauvreté en Europe », La Documentation française, 2001.
  • « Le sacre du temps libre », L'Aube, 2002.
  • « Exclusion et liens financiers : Rapport du Centre Walras 2002 », Economica, 2002.
  • « Je vous parle d'Europe », Le Seuil, 2004.
  • « Rallumer les étoiles », Calmann-Lévy, 2006.
  • « Pour une Europe juste », Le Cherche Midi, 2011

Références[modifier | modifier le code]

  1. « GUIGOU (Élisabeth) », sur cvce.eu (consulté le 16 avril 2014).
  2. Yves Denéchère, Femmes et diplomatie : France, XXe siècle, Peter Lang,‎ 2004 (ISBN 9789052012339, lire en ligne), p. 167.
  3. "Histoire familiale des hommes politiques français", par Marie-Odile Mergnac (1997)
  4. L'apprentissage de Guigou sur les routes du Vaucluse, Le Figaro, 19 août 2012.
  5. Compte rendu des débats de l'Assemblée nationale 3 novembre 1998
  6. Liste des membres de la Commission Trilatérale.
  7. http://futureaufeminin.org/2011/05/02/composition-du-think-tank-membre-dhonneurs-et-invites/
  8. http://blogs.ec.europa.eu/neelie-kroes/a-woman-is-often-the-best-man-for-the-job/
  9. http://www.challenges.fr/europe/20091120.CHA9261/une_chance_pour_barroso_de_tirer_son_epingle_du_jeu.html
  10. « Tunisie : Elisabeth Guigou a elle aussi des liens avec Aziz Miled », Nouvel Obs.com,‎ 16 février 2011 (consulté le 24 novembre 2011)
  11. « Elisabeth Guigou démissionne du think tank lié à Aziz Miled », Libération,‎ 17 février 2011 (consulté le 24 novembre 2011)
  12. http://elisabeth-guigou.fr/legislatives-2012-le-bureau-national-du-ps-respecte-la-parite-votee-par-les-militants/
  13. http://elisabeth-guigou.fr/legislatives-en-seine-saint-denismiseaupoint/
  14. http://www.leparisien.fr/flash-actualite-politique/presidence-de-l-assemblee-elisabeth-guigou-declare-sa-disponibilite-18-06-2012-2054975.php
  15. http://www.lejdd.fr/Politique/Commission-europeenne-le-match-Moscovici-Guigou-a-commence-661305
  16. Sa biographie sur le site de l'assemblée

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :