Jean-Marie Bockel

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Jean-Marie Bockel
Jean-Marie Bockel, en juin 2014.
Jean-Marie Bockel, en juin 2014.
Fonctions
Sénateur du Haut-Rhin
En fonction depuis le 14 décembre 2010
1er octobre 200419 juillet 2007
Secrétaire d'État à la Justice
23 juin 200913 novembre 2010
Président Nicolas Sarkozy
Gouvernement François Fillon II
Secrétaire d'État à la Défense et aux Anciens combattants
18 mars 200823 juin 2009
Président Nicolas Sarkozy
Gouvernement François Fillon II
Prédécesseur Alain Marleix
Successeur Hubert Falco
Secrétaire d'État chargé de la Coopération et de la Francophonie
18 juin 200718 mars 2008
Président Nicolas Sarkozy
Gouvernement François Fillon II
Prédécesseur Brigitte Girardin (indirectement)
Successeur Alain Joyandet
Maire de Mulhouse
mars 1989mai 2010
Prédécesseur Joseph Klifa
Successeur Jean Rottner
Ministre du Commerce, de l'Artisanat et du Tourisme
19 février 198620 mars 1986
Président François Mitterrand
Gouvernement Laurent Fabius
Prédécesseur Michel Crépeau
Successeur Gérard Longuet (Tourisme)
Secrétaire d'État au Commerce
23 juillet 198419 février 1986
Président François Mitterrand
Gouvernement Laurent Fabius
Prédécesseur André Delelis (indirectement)
Successeur Jean-Jacques Descamps
Député de la 5e circonscription du Haut-Rhin
Du Haut-Rhin de 1986 à 1988 (scrutin proportionnel)
1er juin 199718 juin 2002
Prédécesseur Joseph Klifa
Successeur Arlette Grosskost
23 juin 19881er avril 1993
Prédécesseur Scrutin proportionnel
Successeur Joseph Klifa
2 juillet 198123 août 1984
Prédécesseur Émile Muller
Successeur Joseph Klifa
Biographie
Date de naissance 22 juin 1950 (64 ans)
Lieu de naissance Strasbourg (Bas-Rhin)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique PS (1973-2007)
LGM (depuis 2007)
UDI (depuis 2012)
Profession Avocat

Jean-Marie Bockel, né le 22 juin 1950 à Strasbourg (Bas-Rhin), est un avocat et homme politique français.

Alors membre du Parti socialiste, il est secrétaire d'État auprès du ministre du Commerce entre 1984 et 1986, puis ministre du Commerce en 1986, dans le gouvernement Laurent Fabius. Sous cette étiquette, il est aussi élu plusieurs fois maire de Mulhouse, député et sénateur du Haut-Rhin.

À la suite de l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, en 2007, il quitte le PS pour fonder le mouvement La Gauche moderne au sein de la majorité présidentielle. Il devient l'une des personnalités d'« ouverture » dans le gouvernement François Fillon II où il est nommé, en juin 2007, secrétaire d'État chargé de la Coopération et de la Francophonie. Il est secrétaire d'État à la Défense et aux Anciens combattants de 2008 à 2009, puis à la Justice de 2009 à 2010.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après une jeunesse passée à Thann, il suit des études de droit à la Faculté de droit, sciences politiques et gestion de Strasbourg et obtient une maîtrise de droit puis le certificat d'aptitude à la profession d'avocat. En 1976, il ouvre son cabinet à Mulhouse. Parallèlement il entame une carrière politique et prend sa carte au Parti socialiste en 1973. En 1974 il devient secrétaire des Jeunesses socialistes du Haut-Rhin. Il est alors proche du CERES[1] de Jean-Pierre Chevènement, à l'aile gauche du PS. Il est élu député du Haut-Rhin à 30 ans en juin 1981. Il est réélu en 1986 et 1988. Battu lors de la « vague bleue » de 1993, il retrouve son poste en 1997 jusqu'en 2002.

Alors qu'il aurait dû entrer au gouvernement en octobre 1983[2], il devient Secrétaire d'État auprès du ministre du commerce, Michel Crépeau, en 1984, puis brièvement ministre du Commerce, de l'artisanat et du tourisme en 1986. À la fin du gouvernement Laurent Fabius, il devient porte-parole de Jean-Pierre Chevènement au sein du courant « Socialisme et République » en 1987. Mais, en 1991, il fait partie des partisans les plus affirmés de l'engagement de la France aux côtés des Américains dans la Guerre du Golfe, ce qui le conduit à une rupture orageuse et définitive avec Jean-Pierre Chevènement.

Jean-Marie Bockel est également conseiller général du Haut-Rhin pendant 10 ans et maire de Mulhouse depuis 1989.

Depuis la fin des années 1990, il se fait l'apôtre d'une rénovation blairiste du Parti socialiste, dénonçant les « archaïsme[s] d'une partie du Parti socialiste »[3]. En 2001, il fonde ainsi le club « Gauche moderne » et rend un rapport sur les moyens de simplifier la création d'entreprises. Il présente une motion en ce sens au Congrès du Mans en 2005[4]; sa motion recueille 0,65 % des voix. Il est alors membre du Bureau national du Parti socialiste. Il avait déjà déposé une contribution générale « Pour un socialisme moderne » au congrès de Dijon en 2003.

Le 23 mai 2001, il est élu à la présidence de l'Association des maires de grandes villes de France présidence qu'il quitte début juillet 2007[5].

Aux élections législatives de juin 2002, il est battu par la candidate UMP Arlette Grosskost. Le 21 septembre 2004, il est élu sénateur du Haut-Rhin. Il continue pendant le même temps ses appels à la rénovation du PS : en décembre 2005, il annonce la création du courant Réformisme et Rénovation pour continuer la réflexion issue de sa motion présentée au Congrès du Mans. Le 14 septembre 2006, il signe un appel de soutien à l'investiture socialiste de Dominique Strauss-Kahn à l'élection présidentielle française de 2007, en compagnie de 15 autres sénateurs, de 8 députés et de 2 députés européens. Après l'investiture de Ségolène Royal pour l'élection présidentielle de 2007 il prend la direction du comité de soutien à Ségolène Royal dans le Haut-Rhin. D'une sensibilité politique minoritaire dans son parti, il entretient des relations avec François Bayrou depuis plusieurs années[6].

Après l'élection du président de la République Nicolas Sarkozy et la victoire de la droite aux élections législatives françaises de 2007 il accepte, au nom de l'ouverture demandée par le président de la République, sa nomination en tant que secrétaire d'État chargé de la Coopération et de la Francophonie auprès du ministre des Affaires étrangères du gouvernement Fillon (2) le 19 juin 2007. Exclu du PS, il déclare alors[7] :

« Ça fait dix ans que j'œuvre, que je milite sans grand succès pour la modernisation du PS, pour y prôner en tout cas des idées davantage sociales-libérales, blairistes, des idées qui peut-être nous auraient permis d'ailleurs de gagner la présidentielle si on avait su davantage les défendre »

Le 26 septembre 2007, il crée La Gauche moderne, mouvement libéral de centre-gauche. La Gauche moderne s'allie avec la majorité présidentielle lors des élections municipales de 2008[8]. Sa liste d'union La Gauche moderne-UMP-Nouveau Centre-MoDem l'emporte de peu le 16 mars 2008 lors du second tour de l'élection municipale de 2008 à Mulhouse, avec seulement 168 voix d'avance sur la liste PS dirigée par son ancien adjoint municipal Pierre Freyburger[9].

Alors qu'il est chargé de la Coopération, il demande publiquement le 15 janvier 2008 au Président, conformément aux promesses de celui-ci, d'accentuer la fin de la Françafrique[10].

Lors du remaniement ministériel du 18 mars 2008 du gouvernement François Fillon II, il passe du secrétariat d'État à la Coopération et à Francophonie au secrétariat d'État à la Défense et aux Anciens combattants. Plusieurs journalistes voient dans ce changement le résultat de pressions exercées par les présidents Omar Bongo et Denis Sassou-Nguesso, mécontents des positions de Bockel au sujet de la Françafrique[10],[11],[12]. Robert Bourgi, conseiller « Afrique » de Nicolas Sarkozy confirme cette thèse le 7 septembre 2009 lors d'une entrevue à RTL, expliquant que c'est Omar Bongo qui l'a appelé début 2008 pour demander son éviction, chose qui sera faite peu de temps après[13].

Le 23 juin 2009, il passe du secrétariat d'État à la Défense et aux Anciens combattants au secrétariat d'État à la Justice. Quatre mois après la fondation de Mulhouse Alsace Agglomération (M2A), dont il est président, il démissionne de son mandat de maire de Mulhouse en mai 2010, tout en restant conseiller municipal ; son premier adjoint, l'UMP Jean Rottner, lui succède à la mairie[14]. Jean-Marie Bockel occupe ses fonctions ministérielles jusqu'au 13 novembre 2010, date à laquelle il n'est pas reconduit dans le troisième gouvernement Fillon. Après son départ du gouvernement, il retrouve son mandat de sénateur ; il siège au groupe RDSE puis UCR à partir de 2011.

Il se prononce, le 6 janvier 2012, clairement en faveur de la candidature de Nicolas Sarkozy dès le premier tour de la présidentielle[15]. Le 28 février 2012, il lance le « Comité national pour une France moderne avec Nicolas Sarkozy »[16].

Le 18 juillet 2012, il dépose, au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat, un rapport intitulé « La cyberdéfense : un enjeu mondial, une priorité nationale » qui préconise le renforcement de la protection et de la défense des systèmes d'information au plus haut niveau de l'État et une véritable stratégie de l'Union européenne[17].

Convictions politiques[modifier | modifier le code]

Jean-Marie Bockel était perçu comme incarnant l'aile droite ou sociale-libérale du parti socialiste. Il ne cache pas sa sympathie pour les méthodes pragmatiques du travailliste Tony Blair et se déclare lui-même social-libéral. Il estime que le socialisme et le libéralisme peuvent se fondre pour mieux s’accomplir. Il définit ainsi sa doctrine politique :

« Oui, nous sommes des socialistes libéraux. Socialistes, car nous devons opposer aux rapports de force et à l’injustice, la nécessité d’une émancipation partagée. Car nous nous donnons pour fin la justice et la protection sociale, la réduction des inégalités et la promotion des solidarités. Car nous travaillons au partage des biens et des droits à l’échelle du continent et du monde. Socialistes, car nous défendons l’esprit public, ce qui fait société. Car nous soutenons le principe d’une action collective et volontariste. »

« Libéraux, car nous comprenons l’émancipation comme accès à la liberté. Nous défendons la liberté et la responsabilité individuelle, l’autonomie de la société civile, la délimitation de la souveraineté de l’État. L’émancipation doit être le fruit des libertés mises en commun : réunies par le débat et la négociation contractuelle, réglées par les normes du droit et l’exercice de la justice. »

Fervent défenseur du Blairisme, il se déclare « Blairiste, plus que jamais » en 2006[18]. Il a traduit l'expression la Troisième Voie (The Third Way) / le Nouveau Centre (Die neue Mitte) du manifeste Blair/Schröder en « Troisième Gauche », en référence au clivage entre Première et Deuxième Gauches françaises établi par Michel Rocard.

Considéré comme un maire « sécuritaire de gauche »[19] pour l'accent qu'il a mis sur la lutte contre la délinquance à Mulhouse, Jean-Marie Bockel est partisan depuis longtemps, à la fois dans le discours et dans les actes, d'un "nécessaire" équilibre entre la prévention et la sécurité. Il est un défenseur convaincu du renforcement du rôle du maire dans les politiques d'animation des contrats locaux de sécurité[réf. nécessaire]. Il avait approuvé plusieurs mesures du ministre de l'Intérieur Sarkozy[6].

Synthèse des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Fonctions ministérielles[modifier | modifier le code]

Mandats parlementaires[modifier | modifier le code]

Mandats régionaux ou départementaux[modifier | modifier le code]

Mandats politiques locaux[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • La troisième gauche, petit manifeste social-libéral. Éditions Val de France, mars 1999.
  • Trajectoire plurielle, ministre de Mitterrand à Sarkozy, Alpharés, janvier 2014.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Bockel, du socialisme au blairisme, RTL2007, 19 juin 2007
  2. Zineb Dryef, « Gouvernement : « Allô ! Je vais te proposer le Budget. Je t’embrasse » », Rue89, 16 mai 2012
  3. Chat avec Jean-Marie Bockel, Debat2007, 7 novembre 2006
  4. [PDF]« Pour un socialisme libéral : vérité et action », motion présentée par Jean-Marie Bockel
  5. « Michel Destot, maire de Grenoble, élu président des maires de grandes villes de France », France Matin, 14 septembre 2007
  6. a et b « Jean-Marie Bockel, un libéral trop isolé au PS », Libération, 20 juin 2007
  7. « Bockel (PS) exprime sa lassitude », Le Journal du dimanche, 19 juin 2007
  8. Jean-Marie Bockel crée le parti de l'ouverture, Le Figaro, 26 septembre 2007
  9. Bockel toujours maire mais d'un cheveu - 20Minutes.fr, information en continu
  10. a et b « Bockel victime de ses positions sur la Françafrique ? », Samuel Laurent, Le Figaro, 20 mars 2008
  11. Vincent Hugeux, « Le piteux lâchage de Jean-Marie Bockel », L'Express', 19 mars 2008
  12. François Bonnet, « La politique étrangère de la France : c’est n’importe quoi ! », Marianne, n°577, du 10 au 16 mai 2008, p 19-20
  13. http://www.rue89.com/2009/09/07/virer-un-ministre-cest-simple-comme-un-coup-de-fil-de-bongo Virer un ministre ? C'est simple comme un coup de fil de Bongo, Rue89, 7 septembre 2009
  14. « Jean-Marie Bockel annonce qu'il va céder son fauteuil de maire de Mulhouse », Le Parisien, 1er mai 2010.
  15. Bockel : « J'apporte mon soutien net et clair à Sarkozy », Le Figaro, 6 janvier 2012.
  16. Bockel : comité de soutien à Sarkozy, Le Figaro, 28 février 2012.
  17. Jean-Marie Bockel, « Présentation du rapport La cyberdéfense : un enjeu mondial, une priorité nationale », Sénat (France),‎ 18 juillet 2012 (consulté le 22 mai 2013)
  18. Entretien avec Jean-Marie Bockel, Le Figaro, 26 juillet 2006
  19. À droite de la gauche ou à gauche de la droite ?, Arte, 10 juillet 2007

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]