André Marie

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André Marie
Fonctions
114e président du Conseil des ministres français
(130e chef du gouvernement)
26 juillet 19485 septembre 1948
Gouvernement Gouvernement André Marie
Législature Ie législature
Prédécesseur Robert Schuman
Successeur Robert Schuman
Vice-président du conseil
5 septembre 194811 septembre 1948
Président Vincent Auriol
Gouvernement gouvernement Robert Schuman (2)
Prédécesseur Léon Blum
Vice-président du conseil et ministre de la Justice
11 septembre 194813 février 1949
Président Vincent Auriol
Gouvernement gouvernement Henri Queuille (1)
Successeur Robert Lecourt
Parlementaire français
Député 1928-1940
puis 1945-1962
Gouvernement IIIe République-IVe République-Ve République
Groupe politique RRRS (1928-1958)
FANI (1958-1962)
Prédécesseur Louis Dubreuil
Successeur André Chérasse
Biographie
Nom de naissance André Marie
Date de naissance 3 décembre 1897
Lieu de naissance Honfleur (Calvados)(France)
Date de décès 12 juin 1974 (à 76 ans)
Lieu de décès Barentin (Seine-Maritime), (France)
Nationalité française
Parti politique RRRS puis CR
Profession avocat
Résidence Seine-Maritime
Présidents du Conseil des ministres français

André Marie est un homme politique français né à Honfleur (Calvados) le 3 décembre 1897 et mort à Rouen (Seine-Maritime) le 12 juin 1974. Il a été président du Conseil en 1948 et plusieurs fois ministre entre 1947 et 1954.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Honfleur en 1897, le jeune André Marie y fait ses études primaires, poursuivies au collège de Honfleur et au lycée Corneille de Rouen, où ses parents s'installent en 1908. Alors qu'il y prépare Normale lettres, il est mobilisé à la fin de l’année 1916. À la fin de la guerre, il est commandant d’une batterie de 75. Il a reçu deux blessures légères et de nombreuses citations. Il est décoré de la Croix de guerre avec palmes.

En 1922, il embrasse la carrière d’avocat. À neuf reprises, il est élu député radical de la Seine-Inférieure (aujourd'hui Seine-Maritime) et siège au Palais Bourbon de 1928 à 1962. En 1933, André Marie entre au gouvernement comme sous-secrétaire d’État auprès d’Albert Sarraut, chargé de l’Alsace-Lorraine. Il sera plusieurs fois sous-secrétaire d’État, puis représentant de la France à la Société des Nations.

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, André Marie, capitaine de réserve, fait partie des parlementaires qui s'engagent comme volontaires. Capitaine d'artillerie décoré d'une nouvelle croix de guerre, il est fait prisonnier et est interné à l'Oflag de Sarrebourg. Il ne prend donc pas part au vote du 10 juillet 1940 donnant les pouvoirs constituants au maréchal Pétain et instituant le régime de Vichy.

André Marie est libéré en 1941, comme officier combattant des deux guerres. Refusant la politique vichyste à son retour en Seine-Maritime, il se démet de tous ses mandats et, dans une lettre à ses électeurs, explique qu'il ne peut exercer ces derniers tant que le peuple n'est pas librement consulté. Résistant appartenant au réseau Georges-France, il est dénoncé et arrêté le 12 septembre 1943 par les autorités d'occupation[1],[2], interné à Compiègne, puis déporté au camp de Buchenwald le 16 décembre 1943 où il demeure jusqu'à la Libération du camp par les troupes américaines le 11 avril 1945. Il a perdu trente kilogrammes, souffre d'une affection pulmonaire et d'une affection hépatique.

Rentré en France, André Marie reprend rapidement place dans la vie politique, tant au plan départemental que national.

En 1947, il devient garde des Sceaux dans le ministère Ramadier et a la responsabilité des derniers procès en Haute Cour des collaborateurs. Le président de la République l’appelle pour devenir chef du gouvernement en remplacement de Robert Schuman, le 27 juillet 1948, mais il est obligé de démissionner un mois plus tard.

Il accepte la vice-présidence du cabinet Queuille en 1948 et est ensuite nommé à la Justice où il refuse de poursuivre les communistes à la suite des grèves minières de 1948. Le 3 février 1949, le garde des sceaux est pris à partie à l'Assemblée dans le cadre de l'affaire de collaboration économique Pierre Brice. Le député progressiste Emmanuel d'Astier de la Vigerie déclare : « Les hommes qui ont amassé des fortunes grâce à la collaboration jouissent maintenant pour une bonne part tranquillement de leur trahison tandis que le gouvernement, indulgent aux collabos, a mené une politique de répression contre la classe ouvrière. » Affaibli par cette affaire, André Marie démissionne le 13 février 1949.

Il est ensuite ministre de l'Éducation nationale, d’août 1951 à juin 1954. Il fait voter les lois Marie et Barangé d’aide à l’enseignement libre. Mais, ardent défenseur de l'école publique, il fait appliquer la loi qui octroie la qualité de fonctionnaires stagiaires aux élèves des écoles normales supérieures[3].

Il quitte en 1957 le Parti radical et rejoint le Centre républicain, constitué par des animateurs de l'aile droite du Parti.

Maire de Barentin (Seine-Maritime) de 1945 à 1974, c’est lui qui amène dans cette ville toutes les statues du célèbre « musée dans la rue ».

Les papiers personnels de André Marie sont conservés aux Archives nationales sous la cote 445AP[4].

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Autres mandats[modifier | modifier le code]

  • Maire de Barentin (Seine-Maritime) (1945-1974)
  • Député (radical) de la Seine-Inférieure (1928-1940, 1945-1951, 1951-1956, 1956-1958)
  • Député (non-inscrit) de la Seine-Maritime (1958-1962)

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Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gontran Pailhès (préf. Pierre Varenne), Rouen et sa région pendant la guerre 1939-1945, Rouen, Henri Defontaine,‎ 1949, 309 p., p. 171
  2. René-Gustave Nobécourt (préf. Jean de La Varende), Rouen désolée 1939-1944, Paris, Médicis,‎ 1949, p. 160
  3. Loi n° 48-1314 du 26 août 1948 attribuant aux élèves des écoles normales supérieures le traitement et les avantages afférents à la condition de fonctionnaire stagiaire
  4. https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/rechercheconsultation/consultation/pog/consultationPogN3.action?nopId=c614y15bdrn-36ul4ux1ylqt&pogId=FRAN_POG_06&search=

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire des parlementaires de Haute-Normandie 1871-1940, Université de Rouen, 2000
  • Mathieu Bidaux et Christophe Bouillon, André Marie (1897-1974). Sur les traces d'un homme d'État, Paris, Autrement, 2014

Liens externes[modifier | modifier le code]