Innovation

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1984. Les premières souris d'ordinateur.
Une invention : le vélo en libre service. Une innovation : le Vélib' à Paris (2007)
Steve Jobs, présentant l'Pad en 2010.
1980. Le Post-it. Une preuve que l'innovation nécessite une organisation agile favorisant la rencontre. Le post-it est un exemple d'innovation inattendue, conçue par accident (certains diront par sérendipité) et commercialisée en dehors d'un processus traditionnel de création de nouveau produit
1986. Les dosettes du système Nespresso. Un bon exemple d'innovation stratégique de business-model et de commercialisation (au sens où l'entend l'OCDE).
2007. L'Airbus A380 . Un exemple d'innovation stratégique produit programmée avec création simultanée d'un écosystème.

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L'innovation est le processus consistant à innover, c'est-à-dire à chercher à améliorer constamment l'existant de façon radicale. C'est un changement dans le processus de pensée visant à exécuter une action nouvelle.

Une innovation est une amélioration radicale d'un produit, d'un service, d'un procédé ou d'une de leur composantes et qui remporte un succès commercial rapide. Elle se distingue d'une invention ou d'une découverte dans la mesure où elle s'inscrit dans une perspective applicative. Elle est généralement l'œuvre d'un innovateur.

Sommaire

Étymologie et particularités sémantiques des mots de l'innovation[modifier | modifier le code]

" L’innovation vient du mot latin “innovare” qui signifie revenir à, renouveler. Innovare quant à lui est composé du verbe « novare » de racine « novus », qui veut dire changer, nouveau, et aussi du préfixe « in », qui indique un mouvement vers l’intérieur. L’innovation est avant toute chose un « mouvement », donc un processus.

Pour Philippe Schoen, « Innover, c’est le fait de rentrer dans quelque chose de “nouveau”. Alors qu’on dirait aujourd’hui qu’innover, c’est sortir du cadre, l’étymologie nous indique qu’on pénètre dans quelque chose. » Cette pensée s'inscrit dans le courant d'idées de Hector Guimard, qui a rédigé des écrits sur l'innovation en architecture[1].

Histoire du mot innovation[modifier | modifier le code]

Une histoire de l'idée d'"innovation"[1] tend à montrer comment le sens de ce terme a évolué dans le sens d'une singulière restriction sous le coup de l'appropriation par les milieux économiques et la sphère publique.

On comprend mieux le sens de ce mouvement dans l’utilisation du mot innovation dans la terminologie juridique au Moyen Âge : “ introduire quelque chose de nouveau dans une chose établie ”. Innover, c’est entrer dans le quotidien pour mieux le changer, d’où l’acception de renouveler. Jusqu’au XIIème siècle, le mot désignait ce qui était jeune. Puis vers le XVIème siècle, le sens dérive vers ce qui est singulier, inattendu, surprenant. C’est à cette même période que le mot innover signifie faire preuve d’inventivité, créer des choses nouvelles, sens qu’il a encore aujourd’hui. »

L’étymologie du mot innovation nous apprend trois choses sur l’innovation :

  • 1-l’innovation est un mouvement que l’on peut qualifier de processus
  • 2-l’innovation génère un changement qui doit être accepté par le système de valeurs des individus concernés
  • 3- « l’innovation est féconde, créatrice de nouvelles richesses » P. Schoen 2006."

« Innovation »[modifier | modifier le code]

C'est un mot qui renvoie à une action, celle d'innover, c'est l'innovation, et au résultat, au produit de cette action, c'est une ou des innovations concrètes. L'invention (ou sur le plan scientifique, la découverte d'un phénomène) ne suffit pas, la mise en place avec un résultat économique tangible est essentielle pour parler d'innovation.

La définition qu'en propose le Manuel d'Oslo d'une innovation est : « la mise en œuvre (the implementation) — la commercialisation ou l’implantation — par une entreprise, et pour la première fois, d’un produit (bien ou service) ou d’un procédé (de production) nouveau ou sensiblement amélioré, d’une nouvelle méthode de commercialisation ou d’une nouvelle méthode organisationnelle dans les pratiques d’une entreprise, l’organisation du lieu de travail ou les relations avec l'extérieur ».

Plus concrètement, en stratégie d'entreprise et en marketing-management, le concept d'« innovation » se réfère à des innovations « spécifiques », concrètes, qui sont des offres commerciales, des produits, des services, des procédés, etc. innovants, c'est-à-dire qui apportent — ou permettent — pour la première fois au marché quelque chose que n'apportaient — ou ne permettaient pas — les offres commerciales existantes.
Ce sont elles qui mobilisent l'entreprise et justifient la mise en place d'un processus de management de l'innovation.

« Innover »[modifier | modifier le code]

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« Innover » est un mot difficile qui présente la particularité, (comme deux auteurs l'avait déjà fait remarquer en 2004 [2]) d'être un verbe intransitif.

On ne peut pas innover quelque chose. « Innover » est une action abstraite qui ne porte sur rien. Alors que l'on peut améliorer quelque chose.
Aussi proposaient-ils donc de définir l'innovation en partant de l'amélioration — une innovation est une amélioration significative et même,  radicale et non l'inverse.

« Amélioration » versus innovation[modifier | modifier le code]

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Harley-Davidson, 100 ans d'améliorations sans véritables innovations sinon celle du moteur Porsche.

Harley-Davidson, fondée en 1903, n'a jamais vraiment innové. Mais d'amélioration en amélioration, face à Honda et à sa Gold Wing, la marque est encore là.

Le mot « innovation » n'est pas synonyme d'amélioration. Il est plus ou moins un buzzword, avec plus de cinquante expressions composites dénombrées, dont par exemple : innovation ouverte, innovation participative, innovation frugale[3], innovation inclusive, innovation incrémentale, innovation radicale, innovation révolutionnaire, innovation évolutive, innovation associative, innovation spasmodique, etc. — alors que le mot « amélioration » semble moins médiatique hormis dans quelques expressions telles que l'amélioration continue.

« Nouveau »[modifier | modifier le code]

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Un autre mot difficile est « nouveau », adjectif qualificatif polysémique aux multiples sens subjectifs et qui, en particulier, n'a pas le même sens quand il est placé avant le nom qu'il qualifie et après. Ce qui fait qu'il est difficile de faire la différence entre un « nouveau produit » et un « produit nouveau »

« Nouveauté »[modifier | modifier le code]

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Le Manuel d'Oslo insiste sur le caractère de « nouveauté » que doit présenter toute innovation.

Définitions[modifier | modifier le code]

Il n'existe pas de définition consensuelle de l'« innovation ». Celles qui sont données diffèrent suivant qu'elles proviennent du monde des économistes, du monde des affaires ou du monde de l'entreprise.
L'innovation possède par ailleurs plusieurs sens :

  • pour certains, il s'agit d'une démarche,
  • pour d'autres, d'un processus, l'innovation
  • et enfin pour d'autres encore, d'un résultat, une innovation

Pour les économistes classiques[modifier | modifier le code]

Pour les économistes classiques, l'innovation (le processus) est l'un des moyens d'acquérir un avantage compétitif en répondant aux besoins du marché et à la stratégie d'entreprise.
Innover, c'est par exemple être plus efficient, et/ou créer de nouveaux produits (biens ou services, matériels ou immatériels), ou de nouveaux moyens d'y accéder.
Pour autant l'innovation est trop souvent rattachée à l'unique domaine technologique, limitant ainsi notre potentiel de développement notamment dans le domaine des innovations sociétales, organisationnelles, etc..

Pour le Manuel d'Oslo[modifier | modifier le code]

Le Manuel d'Oslo[4] de l'OCDE propose la définition suivante de ce qu'est pour lui une innovation :

« Une innovation est la mise en œuvre (implementation) d’un produit (bien ou service) ou d’un procédé (de production) nouveau ou sensiblement amélioré, d’une nouvelle méthode de commercialisation ou d’une nouvelle méthode organisationnelle dans les pratiques d’une entreprise, l’organisation du lieu de travail ou les relations extérieures. »

— p. 54

Il précise ce qu'il entend pour chacune de ces quatre catégories (types) d'innovation :

  • Une innovation de produit correspond à l’introduction d’un bien ou d’un service nouveau ou sensiblement amélioré sur le plan de ses caractéristiques ou de l’usage auquel il est destiné.
Cette définition inclut les améliorations sensibles des spécifications techniques, des composants et matières, du logiciel intégré, de la convivialité ou autres caractéristiques fonctionnelles. (§ 156).
  • Une innovation de procédé (process innovation) est la mise en œuvre (implementation) d’une méthode de production ou de distribution nouvelle ou sensiblement améliorée.
Cette notion implique des changements significatifs dans les techniques, le matériel et/ou le logiciel (§ 168).
  • Une innovation de commercialisation (marketing innovation) est la mise en œuvre (implementation) d’une nouvelle méthode de commercialisation ou de rupture impliquant des changements significatifs de la conception ou du conditionnement, du placement, de la promotion ou de la tarification d’un produit (§ 169).
  • Une innovation d’organisation (organisationnal innovation) est la mise en œuvre d’une nouvelle méthode organisationnelle dans les pratiques, l’organisation du lieu de travail ou les relations extérieures de la firme (§ 177)[5].

Le Manuel d'Oslo ne donne pas d'exemple, à l'exception de quatre innovations génériques, le baladeur numérique MP3, le freinage ABS, le système GPS et le RFID. Il ne précise pas ce qu'il faut entendre par « objectivement nouveaux » et par « améliorés ». La troisième édition introduit la notion d'« activités innovantes » au sein de l'entreprise.

Autres[modifier | modifier le code]

  • Patrick Brézillon. « L'innovation est la concrétisation d'une idée nouvelle que s'approprie un public car correspondant à ses besoins ou attentes explicites ou insoupçonnés jusqu'alors. »
  • Arnaud Groff propose une autre définition, directement issue de la racine du mot, « innovare ». C'est, pour une entreprise, la « capacité à créer de la valeur en apportant quelque chose de nouveau dans le domaine considéré tout en s’assurant que l’appropriation de cette nouveauté se fasse de manière optimale »
Il détermine ainsi les trois piliers de l'innovation qui ouvrent alors beaucoup plus de champs d'innovation :
* la créativité (création de nouveautés relative) ;
* la valeur (valeur d'estime, valeur d'usage et valeur d'échange) ;
* la socialisation (maîtrise de la conduite du changement).
Cette définition a été adoptée à la place de celle de l'OCDE par un institut tel que l'Inria [réf. nécessaire], car elle permet d'appréhender toutes les formes d'innovations (sociale, sociétale, processus..) nécessaires au développement économique durable d'une entreprise.
Ainsi dans le cadre d'une démarche de croissance à l'export, cette définition permettrait une meilleures prise en compte des paramètres sociaux-culturels des pays cibles dans l'adaptation des paramètres de conception du produit et dans l'acceptation de cette innovation par ce marché étranger.
  • L'innovation est un phénomène polymorphe et complexe qui se manifeste au travers de produits, de composants, de services, de procédés, de pratiques sociales ou sportives, de logiciels, de technologie, de business model, etc.. C'est un phénomène subjectif. Si l'on prend un échantillon aléatoire d'« innovations », certains les catégorisent comme « innovation », d'autres comme « nouveaux produits »
La caractéristique commune à tous ces produits, composants, services, procédés, pratiques sociétales ou sportives, logiciels, de technologie, de business model — leur « PGCC[6] » — est qu'ils ont apporté, au moment de leur lancement, face à la concurrence, et pour la première fois, un avantage décisif pour le marché, le client, l'utilisateur ou le consommateur, décisif au sens de « qui fait prendre une décision », celle de changer d'habitude ou de préférence d'achat.
Autre caractéristique commune : le succès. Une innovation est un nouveau produit qui a eu du succès.
Autre caractéristique commune : la créativité : Une innovation est un nouveau produit créatif, c'est-à-dire, pour reprendre la définition de la créativité d'Edward de Bono, à l'efficience inattendue, surprenante (« on n'y avait pas pensé).
  • Henri Bergson. Postulat : l'impulsion qui pousse l'homme à innover se nourrit de la nature humaine, c'est-à-dire la caractéristique d'être toujours insatisfait
Ainsi donc l'innovation se base sur le désir d'innover, ce désir de faire toujours mieux.
Cet « élan vital », au sens du philosophe Henri Bergson (cf. L'Évolution créatrice), est alors à la base du désir d'innover, inhérent à l'esprit entrepreneurial, tel que Joseph Schumpeter le définit.
Par ailleurs, Bergson développe dans ce livre l'idée d'une “création permanente de nouveauté” par la nature.

Les concepts proches[modifier | modifier le code]

Innovation et invention[modifier | modifier le code]

Super cocotte décor SEB, 1973 : corps en aluminium, laque en polyamide embossé, étrier en acier inoxydable.

Le concept d'invention est très proche de celui d'innovation, mais distinct : une innovation est construite sur une invention, mais toute invention ne donne pas lieu à une innovation.

Denis Papin a inventé l'autocuiseur en 1679 avec son digesteur, sans l'exploiter commercialement, SEB a lancé en 1953 sa super-cocotte sur le marché français, c'est un succès (innovation).

Alistair Pilkington a inventé le procédé de fabrication du verre plat sur bain d'étain (procédé float) innovation technologique majeure qui a révolutionné l'industrie du verre. Le procédé float est une invention, son adoption par l'industrie du verre est une innovation.

La distinction majeure est qu'une invention est la concrétisation isolée d'une idée créative, alors qu'une innovation est un nouveau produit introduit avec succès sur un marché.

Une innovation ne se protège pas : c'est la ou les inventions sous-jacentes qui sont brevetées.

Innovation et amélioration[modifier | modifier le code]

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On oppose souvent le kaizen, amélioration continue interne, à l'innovation de rupture. En fait, ce sont les deux pôles d'un continum (discontinu).

Statut quo Amélioration incrémentale Innovation incrémentale Amélioration 50 % Amélioration 75 % Amélioration radicale
Ancien produit Fausse innovation Produit amélioré Nouveau produit Innovation Innovation de rupture

Innovation et créativité[modifier | modifier le code]

L'innovation et la créativité sont souvent associées.
La créativité est un processus intellectuel ou psycho-sociologique, individuel ou en petit groupe, qui produit des idées, des concepts, d'innovation.
L'innovation est un processus entrepreneurial ou managérial qui produit et commercialise des innovations concrètes.

D'après Marc Giget, Professeur au Cnam, "l’innovation est un phénomène aux facettes multiples, qui s’intègrent en une synthèse créative. Entre le monde des connaissances et des technologies, riche de multiples potentialités, et celui des attentes très vastes de la société, la phase de conception est un instant magique où la vision et le projet se concrétisent en une proposition, fruit de la sensibilité, de l’imaginaire et de l’inspiration du créateur".

D'après Guillaume Nanot, conférencier et consultant en stratégie, "la recherche est une démarche organisée qui facilite la création d'inventions ; l'innovation est un processus consistant à favoriser la synthèse créative en rapprochant inventions et besoins consommateurs".

Innovations génériques et innovations spécifiques[modifier | modifier le code]

On qualifie souvent par erreur des inventions comme celle de l'automobile d'innovation (de rupture).

Innovations génériques[modifier | modifier le code]

En économie politique (Joseph Schumpeter, etc.), en sociologie (Everett Rogers, etc.) et en économie (l'OCDE et son Manuel d'Oslo), le concept d'« innovation » se réfère à de plus ou moins « grandes » innovations, innovations « génériques » comme l'automobile, le stylo à bille, la machine à laver le linge, les couche-culottes jetables, le four à micro-ondes, la photographie numérique, le GPS, les conteneurs et les porte-conteneurs, les jeux vidéo, le téléphone mobile, la liseuse, le smartphone, la tablette, etc.
Elles sont l’équivalent actuels des «« grandes » inventions d’hier et correspondent à des nouveaux secteurs d'activité, marchés ou à des catégories de produits.
Ce sont de nouvelles catégories générales de biens et de services.
Elles sont le plus souvent qualifiées d'« invention ».
Elles correspondent à des secteurs économiques d'activité (en anglais : industry), comme, par exemple, l'industrie vidéoludique.
Elles sont le résultat, au départ d'une innovation spécifique, et, ensuite, de plusieurs innovations spécifiques.

Innovations spécifiques[modifier | modifier le code]

En stratégie d'entreprise et en marketing-management (Théodore Levitt, Philip Kotler[7], etc.), le concept d'« innovation » se réfère à des innovations « spécifiques », concrètes, qui sont des offres commerciales, des produit, des services, des procédés, etc. innovants, c'est-à-dire qui apportent — ou permettent — pour la première fois au marché quelque chose que n'apportaient — ou ne permettaient pas — les offres commerciales existantes.
Les innovations spécifiques sont des produits, services, etc. concrets lancées ou commercialisées par des entreprises existantes ou des entreprises ad-hoc créées par des innovateurs pour les lancer ou les mettre en œuvre.
Ces nouveaux produits vont être, suivant leur degré d’innovativité, de nouveauté, et d'avantage compétitif hors-prix, de « fausses » innovations, gadgets, produits « me too », nouveautés , nouveaux modèles ou nouveaux produits jusqu'aux innovations innovantes, les « vraies » innovations comme la Ford T (1910), la 2 CV (1948), la DS (1955), le Bic Cristal (1950), les Pampers de Procter & Gamble (1961), le système Nespresso de Nestlé (1988), l'iPhone d'Apple, Wikipedia, la Kindle d'Amazon, l'iPad, etc.
Ce sont elles qui justifie la mise en place d'un management de l'innovation et l'adoption d'un processus d'innovation.

Innovation et compétitivité[modifier | modifier le code]

L'innovation est un facteur clé de la compétitivité, compétitivité hors-prix et compétitivité par les prix. Selon The Global Competitiveness Report 2012-2013, rapport du Forum économique mondial, l'innovation, définie comme la capacité à innover, est un des douze piliers de la compétitivité nationale[8].

Au plan de l'entreprise, elle permet une compétitivité hors-prix par l'inclusion d'avantages compétitifs dans son offre.

Compétitivité hors-prix[modifier | modifier le code]

La « compétitivité hors-prix » consiste à faire valoir des avantages compétitifs décisifs - autres que le prix de vente - pour l'acheteur et le consommateur potentiel. Elle repose sur la capacité d'innovation et l'amélioration constante de la productivité et de la qualité.

Cette forme de compétitivité entraîne généralement une hausse des prix de vente des biens ou services de l'entreprise, mais incite les consommateurs désireux d'une meilleure qualité, qui veulent « monter en gamme », à acheter ses produits. En général, le taux de marge est plus élevé pour les produits les plus coûteux.

Innovation et durabilité (soutenabilité)[modifier | modifier le code]

Selon Ram Nidumolu, C.K. Prahalad et M.R. Rangaswani, la durabilité est un facteur clé d'innovation[9]. En effet :

  • l'atteinte d'objectifs de respect de l'environnement peut baisser les coûts et augmenter les revenus ;
  • dans l'avenir, seules les entreprises qui font du développement durable un objectif obtiendront des avantages compétitifs, ce qui signifie repenser les modèles économiques, les produits, les techniques, et les processus ;
  • devenir durable est un processus en cinq étapes, et chaque étape comporte ses propres défis.

Philippe Bihouix et Benoît de Guillebon ont effectué avec l'association des centraliens une analyse approfondie des effets de l'innovation technique sur la consommation des métaux. La recherche de rendement et d'efficacité dans le développement des produits électroniques, des technologies de l'information et de la communication et de l'aéronautique a conduit à une surconsommation de métaux de toutes sortes depuis les années 1970. Ils concluent que pour rendre nos sociétés réellement durables, « il faudra sérieusement les orienter vers l'économie de ressources à moyen terme plutôt que vers la recherche de profit à court terme ». Toutes les parties prenantes devront être impliquées : le grand public, l'administration, les pouvoirs politiques, les entreprises et les experts techniques, pour parvenir à la transformation de notre modèle[10].

Innovation et sérendipité[modifier | modifier le code]

Pour Peter Drucker, Alan Robinson & Sam Stern, Mark de Rond, etc. la sérendipité est la première source d'innovation. La sérendipité est un ingrédient essentiel des processus d'innovation dans le sens où les innovations viennent souvent des rencontres imprévues entre différents acteurs.

Les consultants d'entreprise Alan Robinson et Sam Stern ont effectué une enquête[11] « Comment les innovations surgissent vraiment dans les entreprises ? ».
Le quatrième clé : la sagacité dans les heureuses coïncidences (Serendipity). Ils analysent en particulier le processus de la découverte du Téflon par Roy Plunkett, celle de son application par Bob Gore (Gore & Associates), le nylon, Nutrasweet, Canon et la technologie du Bubble-Jet.

Pour eux, comme pour Walter Cannon, la sérendipité se produit lorsque des accidents favorables arrivent à des individus perspicaces. C'est la conjonction d'un évènement imprévu et de la sagacité de l'observateur qui fait la découverte par sérendipité. Il y a trois façons pour une entreprise de la promouvoir :

  1. Accroître la fréquence des coïncidences qui pourraient s'avérer fécondes en encourageant un penchant pour l'action, le bricolage, le travail de recherche empirique ;
  2. Améliorer la prise de conscience des accidents qui se produisent ;
  3. Étendre le champ de sagacité de l'entreprise pour provoquer un plus grand nombre de coïncidences heureuses.
Faire la liste de tout le personnel avec, en regard de chaque nom, ce que chacun sait des opérations de l'entreprise et que personne d'autre ne sait.

Procter & Gamble en ont fait un des éléments clés de leur politique d'innovation ouverte.

On peut valoriser la sérendipité en entreprise de plusieurs façons[12],[13] : créer les conditions de la sérendipité, par exemple en mettant en place des lieux de rencontre entre acteurs qui ne se côtoient généralement pas dans le quotidien, peut être un facilitateur d'innovation[14].

Les classifications des innovations[modifier | modifier le code]

On doit distinguer :

— les innovations entrepreneuriales

— les innovations sociales

Les grandes catégories (ou formes) d'innovation entrepreneuriales[modifier | modifier le code]

La classification généralement adoptée est celle proposé par le Manuel d'Oslo (2005).

Larry Keeley, vient, après une recherche d'une dizaine d'années, d'en proposer une beaucoup plus complète, mais beaucoup plus complexe.

D'après le Manuel d'Oslo[modifier | modifier le code]

Les innovations de produit

Par exemple : le moteur à réaction (qui a bouleversé l'industrie aéronautique), l'hydrojet (1954), le conteneur (1960), l'ABS (1980), les écrans tactiles, les diodes électroluminescentes (DEL ou LED) , la technologie Hybrid Synergy Drive de Toyota, la technologie Dual Cyclone de Dyson (1986), les winglets, etc..

Les innovations de procédé (process innovations)

Cette innovation se focalise sur la mise en œuvre d'un nouveau type de business model pour un produit et service existant.

Il s'agit d'une innovation interne (réingénierie) et externe.

Par exemple, le low cost dans l'aviation (Southwest Airlines, EasyJet, HOP !, etc.) est une innovation de business model. Dans ce cas, le service évolue un peu mais c'est surtout le mode de commercialisation (en direct sur internet) et la tarification qui change (des prix bas pour les premières places vendues).

L'innovation de business model nécessite souvent une modification importante des méthodes de production.

Ouigo, le premier TGV low cost (2013).

Les chaînes de boutiques en propre comme les Apple Store d'Apple (2001).

Les innovations de commercialisation (marketing innovations)

Exemple : Red Bull et le concept de sports extrêmes.

Les innovations d'organisation

Il s'agit d'une innovation interne à l'entreprise. Ce type d'innovations se caractérise sous la forme de création d'un nouveau mode de production (une nouvelle machine plus performante) ou d'une nouvelle façon d'organiser la production (mise en place de la flexibilité.

Exemples : le Toyota Production System (TPS) de Toyota (1962), Dell, la réorganisation de sa chaîne de production par Boeing, etc.

D'après Larry Keeley (2013)[modifier | modifier le code]

Quatre catégories et dix formes (types)

Finance
Modèle d'affaire
Réseau et alliances
Processus
Culture et ressources humaines (Enabling Process) (Zappos)
Compétences clés (Core processing)
Offre
Performance produit
Éco-système produit (Apple iTunes)
Service
Livraison (Delivery)
Circuit de distribution (Pfizer Viagra)
Communication (Brand) (Red Bull)
Expérience consommateur (Apple Store, Harley Dadidson HOG, Louis Vuitton, Nespresso Shop)


Les types d'innovation. Le spectre de l'innovation[modifier | modifier le code]

On entend par là des typologies soit linéaires, soit matricielles

Au Canada francophone[modifier | modifier le code]

Au Canada francophone, on classe souvent l’innovation en trois grandes catégories (qui correspondent à trois grands degrés de nouveauté, d'impact ou d'innovativité)[réf. nécessaire].

L’innovation cumulative

Elle suppose l’introduction d’un produit qui se caractérise par un certain degré de nouveauté et une certaine création de valeur. Elle correspond à ce que l'on désigne dans d'autres typologies comme de l'innovation incrémentale. Un exemple serait un type de détergent à lessive « nouveau et amélioré ».

L’innovation importante

Elle suppose un degré considérable de nouveauté du produit et une création de valeur substantielle pour le client. Exemples : le distributeur automatique de billets (1967), le baladeur Walkman de Sony, qui a permis pour la première fois aux gens d’écouter de la musique à l’aide d’un lecteur de cassettes portatif, a été en 1979 un exemple d’innovation importante, l'hydrojet qui permet de construire des jetboats comme ceux permettant de faire parcourir les rapides de Lachine à Montréal aux touristes.

L’innovation transformatrice

Elle est la moins courante et suppose des produits entièrement nouveaux qui engendrent une valeur substantielle pour le client. Exemples : le scooter des neiges, le courrier électronique (1966), la carte de paiement. Au sens large, on peut considérer que l’automobile a été une innovation transformatrice puisqu’elle a complètement révolutionné au début du XXe siècle la manière dont les gens se déplacaient. Le scooter des neiges a transformé la vie au Canada et chez les lnuits.

Innovation cumulative Innovation importante Innovation transformatrice
Un détergent nouveau et amélioré Le baladeur Walkman de Sony Le scooter des neiges la carte de paiement le courrier électronique l'automobile


D'après Rebecca Henderson et Kim Clark[modifier | modifier le code]

Une typologie des formes d'innovation
Une typologie des quatre grandes formes d'innovation[15]

Il s'agit d'une typologie matricielle célèbre présentée par Rebecca Henderson du MIT et Kim Clark d'Harvard en 1990.

Au sein d'un produit ou d'un service, l'innovation impactera :

  • le concept utilisé
  • et/ou les liens entre les composants du produit/service[15] :
Avantage sensible Innovation importante Innovation radicale
Avantage faible Innovation incrémentale Innovation modulaire
Même technologie Autre technologie

Les innovations incrémentales et radicales sont présentées comme des cas situés aux extrémités de chacune des dimensions. L’innovation architecturale apparaît comme une innovation basée sur les liens entre composants mais qui ne modifie pas radicalement le concept à la base du produit.

Innovation incrémentale

Modestes, graduelles, continuelles améliorations de techniques ou de produits existants ; l'innovation incrémentale ne change généralement pas fondamentalement la dynamique d'une industrie, ni ne requiert un changement de comportement des utilisateurs finaux.

L'innovation incrémentale ne bouleverse ni les conditions d'usage ni l'état de la technique, mais y apporte une amélioration sensible. Elle est souvent le fruit de la volonté de l'entreprise de conserver son avance technologique sur ses concurrentes.

On parle aussi pour désigner une légère innovation incrémentale, d'« amélioration de produit ».

Innovation radicale

L'innovation est dite « radicale » lorsqu'elle modifie profondément les conditions d'utilisation par les clients et qu'elle s'accompagne d'un bouleversement technologique.

Exemple d'innovation radicale : l'apparition de l'imprimerie, le passage du moteur à vapeur au moteur à explosion, du télégraphe au téléphone (fixe) (1877), du téléphone fixe au téléphone mobile (1983) ou encore le passage de la cassette vidéo VHS au disque DVD (1995) en attendant le passage du disque DVD (1995) au disque Blu-ray, etc.

Innovation architecturale

Le produit est considéré comme un ensemble de composants où chaque élément a une fonction spécifique et est lié avec les autres composants.

Il est donc nécessaire d'avoir une connaissance

  • sur les composants eux-mêmes et la façon de les intégrer dans un système
  • sur les liens entre les composants ou architecture qui existe au sein du produit.

Cette architecture-produit peut faire l'objet de l'innovation, qu'on qualifiera alors d'innovation architecturale[15].

Innovation modulaire

Pour Henderson et Clark, une amélioration est une innovation incrémentale alors que l'on s'accorde aujourd'hui à définir l'innovation comme une amélioration radicale.

Pour Clayton Christensen[modifier | modifier le code]

La technologie « de rupture », telle que définie par Clayton M. Christensen (en) dans Innovator's Dilemma (1997) est initialement sous-performante par rapport aux besoins du marché principal, mais ses progrès la conduisent finalement à y répondre, tandis que la technique dominante devient sous-performante. C'est une technologie « dormante » qui peut mettre longtemps à progresser

Les innovations de rupture (Disruptive innovations)
Article détaillé : Technologie de rupture.

Pour Costas Markides et Paul Geroski[modifier | modifier le code]

Professeur à la London Business School.

Consacrent un livre à l'innovation radicale définie (p. 4) comme une innovation qui, premièrement, introduit une nouvelle et importante (major) proposition de valeur qui change (disrupt) les habitudes et les comportements existants des consommateurs et, deuxièment, dont les marchés qu'elle crée sapent (undermine) les compétences et les actifs complémentaires sur lesquels les concurrents existants ont bati leurs succès.

À la base d'une matrice.

Leur innovation radicale bien que parlant de rupture n'a aucun rapport avec l'innovation de rupture de Christensen

Pour Peter Scott-Morgan[modifier | modifier le code]

Consultant britannique naturalisé américain. Voir Wikipedia. De tout autres dimensions qui définissent des cultures d'innovation

Les quatre types d'innovation pour Scott-Morgan
Fréquence faible Fréquence forte
Amélioration forte Innovation spasmodique Innovation incessante
Amélioration faible Innovation incrémentale Innovation répétitive

Les innovations sociales[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Innovation sociale.

Cette forme d'innovation se définit par sa finalité qui vise son inclusion dans un environnement entrepreneurial, social, écologique, économique et humain.

Exemples : la Grameen Bank, ou Reinvent the Toilet Challenge de la Fondation Bill-et-Melinda-Gates[16].


Les théoriciens de l'innovation[modifier | modifier le code]

Citons, parmi les grands théoriciens de l'innovation qui ont renouvelé nos conceptions de l'innovation  :

Au plan macro-économique[modifier | modifier le code]

Au plan de l'entreprise[modifier | modifier le code]

Les sources d'innovations[modifier | modifier le code]

Pour Schumpeter[modifier | modifier le code]

Joseph Schumpeter distinguait dans Capitalisme, Socialisme et Démocratie, publié en 1942, cinq sources d'innovation que l'on peut considérer par ailleurs comme des catégories :

  1. La fabrication de biens nouveaux ;
  2. Les nouvelles méthodes de production ;
  3. L'ouverture d'un nouveau débouché ;
  4. L'utilisation de nouvelles matières premières ;
  5. La réalisation d'une nouvelle organisation du travail.

Pour Drucker[modifier | modifier le code]

Peter Drucker dans son livre Les entrepreneurs (1985), p. 57 et suivantes, en distingue sept :

  • Au sein de l'entreprise
  1. L'imprévu
  2. La contradiction
  3. Les besoins structurels
  4. Le changement
  • À l'extérieur de l'entreprise
5. Les changements démographiques
6. Les changements de perception
7. Les nouvelles connaissances

Pour Robinson & Stern[modifier | modifier le code]

Alan Robinson & Sam Stern, dans leur livre : L'entreprise créative. Comment les innovations surgissent vraiment (2000), en distinguent six.

  1. L'adhésion aux objectifs
  2. L'initiative individuelle
  3. Les expérimentations officieuses (bootlegging) (Exemples : Google : Gmail, Google Actualités, Orkut, AdSense, Google X Lab ; 3M ; Hewlett-Packard ; etc.)
  4. La sérendipité
  5. Les stimulations créatives
  6. La communication interne

Ces sources sont typiques de l'innovation participative.

Pour von Hippel[modifier | modifier le code]

Pour Eric von Hippel, la source d'innovation à privilégier est l'utilisateur pilote (lead user) ce qui donne naissance à l'innovation utilisateur (user innovation).

Les lead users[modifier | modifier le code]

Méthode employée par Salomon, Décathlon

L'innovation dans l'entreprise[modifier | modifier le code]

Le management de l'innovation[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Le management de l'innovation est la mise en œuvre des techniques et dispositifs de gestion destinés à créer les conditions les plus favorables au développement d'innovations.

En management de l'entreprise (Peter Drucker, etc, ) le concept de '« L'innovation », qui est, elle, une des fonctions de l'entreprise, la fonction transverse qui cherche à assurer la production d’un maximum d'innovations, c'est-à-dire d'offres innovantes.

L'innovation est, dans ce dernier cas, un processus managérial, celui consistant à innover, c'est-à-dire à chercher à améliorer constamment l'existant de façon radicale au travers d’un processus dit d’innovation.

Les techniques du management de l'innovation[modifier | modifier le code]

Les techniques de gestion de l'innovation (IMT), les techniques d'organisation et les outils de travail permettent à une entreprise d'optimiser sa capacité à innover.
Citons :

  • La co-idéation
  • Le crowdsourcing
  • Les Living Labs[24](en).
  • La méthode TRIZ (Théorie de résolution de problèmes inventifs), particulièrement adaptée à l'innovation en conception de produit.
  • Les lead-users
  • L'innovation ouverte
L’innovation ouverte est un concept promu par Henry Chesbrough, professeur et directeur du Center for Open Innovation à Berkeley.
C'est un mode d'innovation basé sur le partage, la coopération entre entreprise,
Article détaillé : Innovation ouverte.

Le processus d'innovation de produit[modifier | modifier le code]

En marketing, l'innovation de produit correspond à la mise au point d'un produit nouveau ou à l'incorporation d'une nouveauté dans un produit existant. le processus correspondant s'appelle en France, conception de produit et, aux États-Unis, New Product Development Process (NPD)

Article détaillé : Conception de produit.
Article détaillé : Cycle de vie (commerce).

Aux États-Unis ; New Product Development Process (NPD). Huit étapes dont la première est celle de l'idéation (Fuzzy Front End).

L'innovation va permettre de toucher de nouveaux clients, de fidéliser les siens et de rendre « obsolètes » les produits de ses concurrents.

Mais elle va également permettre de faire grandir l'image de la marque et la capacité de l'entreprise à innover.

Les points de vue divergent quant à la nécessité et à l'efficacité d'un processus d'innovation produit.

  • Les opposants défendent que l'innovation, « la vraie », ne se laisse pas domestiquer et que tout repose sur la sérendipité (aspartame, Viagra, etc.), ce qui est particulièrement vrai dans le domaine de la chimie (nylon, kevlar, etc)
  • Les défenseurs, au contraire, soutiennent que, malgré le rôle important de la sérendipité et du hasard des « bonnes idées », il est possible de favoriser l'aboutissement des bonnes idées pour en faire une offre (commerciale ou non).

Les étapes du processus de l’innovation produit[modifier | modifier le code]

Parmi les défenseurs des processus d'innovation produit, de nombreux processus différents ont été proposés, — linéaires, bouclés, à plusieurs branches, etc. — mais la majorité commence par les idées et leur raffinement et finit par le lancement d'une offre et son suivi.

De nombreuses appellations et représentations existent : pipeline de l'innovation (innovation pipeline), innovation funnel (rarement traduit par « entonnoir » de l'innovation), etc.

Par exemple, voici un tel processus d'innovation produit :

  1. Idées. Production et sélection d’idées.
  2. Concept. Étude du potentiel, la définition de marchés cibles et le choix des projets.
  3. Faisabilité du projet. Création de l’équipe, conception technique, brief marketing à destination de la R&D, la validation financière et étude marketing du produit, essais sur le nouveau produit,
  4. Industrialisation. Essai sur les lignes, effectuer la phase d’industrialisation et la finalisation.
  5. Lancement. Pendant la phase de lancement il faut effectuer la présentation de produit, l’étude de marché, et la force de vente le produit.
  6. Contrôle

Pendant chaque étape du processus, il est nécessaire d’effectuer l’analyse : « Est-ce que nous voulons aller plus loin ou pas » (go/no go) ?

La chaîne d'innovation marketing et ses étapes[modifier | modifier le code]

L'innovation en matière de biens et services est le fruit d'une chaîne d'innovation marketing spécifique (innovation funnel).

Cette chaîne prend sa source dans les besoins non satisfaits des consommateurs (dans le cas de biens et services auprès du grand public) mais aussi auprès entreprises (dans le cadre de biens et services professionnels).

Elle comprend une série d’étapes dont chacune d’entre elle permet de filtrer (donc conserver ou éliminer) des pistes innovantes et de les enrichir.

Partant d’une série des besoins non satisfaits à partir d’insights consommateurs (ou Consumer insight), la chaîne d’innovation marketing vise à répondre aux besoins consommateurs par un concept de biens ou services qui, s’il est estimé appétant auprès de la cible et économiquement viable, est ensuite lancé.

Une chaîne d'innovation marketing est articulée autour des étapes suivantes :

  1. Collecte des idées (liées à des besoins non couverts)
  2. problématisation de ces idées (sous forme de Consumer insight)[25]
  3. création d'un concept de produit, c'est-à-dire un concept de bien ou de service
  4. évaluation du concept de produit
  5. étude du prix et de ce produit
  6. étude de la volumétrie de marché (quel volume de ventes peut-on escompter pour ce concept de bien ou service, pour un prix donné),
  7. étude du packaging (pour les biens matériels), de communication, de publicité
  8. lancement.

L'entreprise innovante. Mesure de la capacité d'une entreprise à innover, de son innovativité[modifier | modifier le code]

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Diverses actions et stratégies sont mises en œuvre par les entreprises pour faire face aux exigences de marchés et accroître leurs performances. Une bonne connaissance du processus d’innovation et de l’organisation de l’entreprise est nécessaire pour permettre aux managers de les gérer efficacement et les adapter aux défis et changements dans leur environnement. D’où la nécessité pour les entreprises de disposer d’outils et de méthodes pour réaliser en continu la mesure de leurs activités d’innovation.

L’évaluation dépend du niveau d'innovation considéré. Un processus cognitif (« penser différemment ») s'évalue différemment d'un processus d’entreprise (capacité à lancer des projets).

Une approche systémique permet d'évaluer :

  • ce qui rentre dans le processus d’innovation (les ressources qui y sont consacrées) ;
  • les activités (ce que font les entreprises : les pratiques de pilotage) ;
  • les résultats (ce que l’on obtient).

L’évaluation des ressources du processus d’innovation porte généralement sur les dépenses de R&D (ce qui donne une idée des investissements amont pour des innovations radicales mais n’aborde pas la majorité des innovations qui ne découlent de travaux de recherche). On évalue aussi le capital humain qui intervient sur le processus d’innovation (par exemple le nombre d’heures cumulées par catégories de personnel).

Plusieurs auteurs ont travaillé sur l’évaluation des activités d’innovation et divers logiciels d’évaluation fleurissent sur le net. Le principe consiste généralement à décrire le processus d’innovation sous forme de bonnes pratiques. L’hypothèse est alors que plus une entreprise entreprend ces bonnes pratiques, plus sa capacité à innover augmente. Les pratiques sont décrites dans l’entreprise grâce à des phénomènes observables (des faits). Par exemple, la pratique « l’entreprise manage des activités de R&D » est illustrée entre autres par le fait « l’entreprise a un contrat de recherche en cours avec une université ». Évaluer la capacité à innover d’une entreprise revient alors à recenser le nombre de bonnes pratiques et de phénomènes observables. Des Indices d’Innovation sont calculés de diverses façons en pondérant ou non les évaluations. L’intérêt est de disposer d’une évaluation qui permet de prendre des décisions pour faire progresser le pilotage de l’innovation. La limite étant que l’on ne peut assurer que l’entreprise ayant la meilleure capacité à innover sur ces activités est celle qui produira le plus de valeur ajoutée en innovant.

Enfin, l’évaluation peut porter sur les résultats du processus d’innovation. Dans ce cas les mesures abordent souvent le nombre de brevets ou le nombre de citations d’un brevet d’une entreprise. Cette mesure ne prend pas en compte les innovations non brevetées et les innovations non brevetables (exemple : recette d’un nouveau produit alimentaire). Les mesures sont aussi effectuées a posteriori sur les performances financières : pourcentage du chiffre d’affaires réalisé par l’entreprise sur des produits récemment lancés, marge assurée par les produits nouveaux… La mesure peut porter sur les résultats commerciaux : pourcentage de clients acheteurs de nouveaux produits, taux de renouvellement de la gamme de produits.

L'Innovation Premium Index[modifier | modifier le code]

Une enquête de huit ans. L'innovativité à long terme Les entreprises les plus innovantes du monde à long terme sont : 1. Salesforce.com 2. Amazon.com 3. Intuitive Surgical 4. Tencent Holdings 5. Apple 6. Hindustan Lever 7. Google 10. Monsanto 15. Infosys 18. Pernod Ricard

Embedded in each of these companies is a code for innovation, discernible in their people, processes and philosophies—what les auteurs refer to as a “3P” framework for understanding the DNA of innovative organizations. What does the average company need to achieve in these areas to spark an innovation premium ?

  1. Fundamental change within senior managers (some mastery of the five discovery skills);
  2. changes in how their innovation project teams work (processes that support innovation);
  3. changes in philosophies that foster the belief that innovation really is everyone’s job.''

L'innovation en pratique[modifier | modifier le code]

L'innovation est le fruit du travail de nombreuses compétences différentes. Un individu isolé sera donc très rarement « innovant » ; au mieux il sera inventif et créatif. C'est la conjonction de la créativité de toute une équipe (formelle ou non) qui conduit à l'innovation.

Par exemple, un ingénieur doit acquérir une conscience des rouages contribuant à la performance de l’innovation de son entreprise ainsi que se doter d’une bonne vision de l’écosystème de l’innovation de celle-ci. Cette compréhension holistique de l’innovation doit pallier le manque de concertation entre les fonctions de l’entreprise (recherche et développement, marketing stratégique, plan produit, projets de développement, achats, ressources humaines, …) dans la veille et la participation à la stratégie innovation.

Penser l’innovation aujourd’hui, c’est également penser en termes d’organisation innovante. Associer l’ensemble des fonctions de l’entreprise et de ses partenaires de l’innovation, dès l’amont du cycle, en raisonnant dans le monde des usages et des expériences clients, en développant enfin une culture de l’innovation et des incitations et valorisations claires pour changer et remettre en cause les habitudes chaque jour.

Les techniques pratiques de l'innovation produit peuvent être déployées selon 3 niveaux :

  • relever les défis de l'innovation dans la vision globale de l'entreprise : organisation, R&D, marketing ;
  • faire surgir et déployer des idées créatrices de valeur : open-innovation, utilisateurs et scénarii d'usages, outils, team-working ;
  • mettre en œuvre l'innovation à tous les stades de la conception : éco-innovation, création de valeur, systèmes complexes, etc. ;

Pour plus de détails, voir les fiches pratiques de l'ouvrage Déployer l'innovation « [3] » [26]

Développer son potentiel d’innovation par les réseaux[modifier | modifier le code]

Pour exploiter au mieux ce « capital innovation » souvent sous-estimé et peu pris en compte, il est nécessaire de structurer son processus d'innovation et son organisation de travail.

La gestion des ressources humaines est responsable de faciliter toute initiative de créativité et d'originalité dans l'entreprise et tenir compte de toutes les idées. L’organisation de l'entreprise doit permettre le suivi structuré de chaque projet, et la collaboration des différents secteurs de l'entreprise (Marketing, R&D etc…). Chaque secteur de l’entreprise doit avoir conscience de son savoir-faire technique et savoir l'exploiter, investir régulièrement dans ses outils de travail et former continuellement son personnel. L’entreprise élargie (fournisseurs, clients et autres parties prenantes) devrait être intégré aux différents processus (production, conception, logistique,...), par la participation à des réseaux pour rester à l'écoute et se faire connaître.

Les échecs de l'innovation[modifier | modifier le code]

L'innovation et la politique[modifier | modifier le code]

Les répercussions et l'impact économique et social de l'innovation[modifier | modifier le code]

L'introduction d'innovations, sur le marché, par les entreprises se répercute de multiples façons sur l'économie.
Par exemple, l'invention du motoneige et sa commercialisation par Bombardier Produits récréatifs inc. (BRP) a bouleversé la vie des Inuits.
L'invention par Alistair Pilkington, et la diffusion par la société Pilkington du procédé « Float » a bouleversé l'industrie du verre.
L'innovation, de produit ou de procédé, qu'elle soit radicale ou incrémentale, engendre une plus ou moins grande obsolescence des autres biens de même catégorie.

Économie de l'innovation[modifier | modifier le code]

Économie de l'innovation de l'idée à la pérennité.

Le financement : Le financement fait partie de l’effort courant d’une organisation pour assurer sa croissance. Une saine gestion financière permet à l’entreprise de diminuer son risque et, par le fait même, de se positionner avantageusement comme un partenaire intéressant aux yeux des bailleurs de fonds. Cependant, en plus des efforts de promotion auprès des investisseurs et des bailleurs de fonds, les organisations peinent à démontrer leur solvabilité et leur stabilité. Ces irritants majeurs freinent tout élan de développement, de projet d’expansion, car l’organisation a de la difficulté à être perçue par ses partenaires comme une possibilité de financement.

Idéation : À partir d’une idée, le but de la création, de l’idéation et du développement mènent au développement d’un produit ou d’un processus. Ces derniers peuvent être exprimés par un client ayant relevé une problématique, d’une idéation portant sur une modification d’un produit ou d’un processus existant ou d’un besoin qui a été préalablement détecté sur le marché.

Processus ou produit : L’étape d’idéation, nous amène à la sélection d’un produit ou d’un processus, car plusieurs éléments ou idées pourront être rejetés ou non retenus au cours du processus de sélection. À partir du moment où une idée sera retenue, certaines démarches logiques se doivent d’être envisagées. Il est essentiel d’impliquer le client dans le processus de développement de produit ou du processus afin de bien identifier ses besoins. Le client aura également un impact au niveau du développement, car il validera certaines portions en ce qui concerne le design du produit soient les couleurs, les textures, l’apparence du produit, etc. Ce qui exprime facilement l’importance de prendre en considération le client dès le commencement du processus d’idéation.

L’analyse du marché potentiel amènera à évaluer le coût de développement ainsi que le cycle de vie du produit. Le coût de développement oriente aussi vers la participation d’équipes de recherche, de partenaires internes ou les partenaires externes, pouvant apporter une expertise spécifique. Le coût de développement permettra également de juger de la faisabilité technique et financière du produit ou du processus. Le cycle de vie du produit apportera de l’information concernant le retour sur investissement que le produit ou le processus pourra engendrer lors de sa commercialisation.

L’analyse du développement dirigera vers le choix de produire le produit à l’intérieur ou à l’extérieur de l’organisation. L’évaluation des ressources disponibles sera un élément à prendre en considération lors du processus décisionnel de production.

Un autre questionnement devra être envisagé lors de l’analyse du développement soit la protection intellectuelle. En effet, est-ce qu’une protection intellectuelle est justifiable et quels seront les coûts rattachés à la protection par un brevet, une marque de commerce etc.? Il faudra se questionner afin de déterminer s’il est nécessaire d’investir dans la protection intellectuelle. Pour un produit à courte durée de vie, l’investissement sur un brevet sera difficilement justifiable ayant comme conséquence que les coûts et la protection ne donneront aucune valeur supplémentaire au produit ou au processus. De ce fait, le produit ou le processus sera remplacé par un produit ou processus substitut, dans l’espace seulement de quelques années. La protection de 20 ans apportés par le brevet, lui amènera alors aucune valeur ajoutée. Dans ce cas, la somme qui aurait été investie dans la protection intellectuelle devra être investit à l’étape de mise en marché dans le but d’accaparer le plus rapidement possible le marché, pour obtenir un retour sur investissement et développer un nouveau produit ou processus afin d’éloigner d’avantage la concurrence. Analyse de l’admissibilité au crédit d’impôt à la recherche et développement, tout développement devra être soumis au processus d’analyse et d’évaluation, par la suite selon le constat un responsable sera nommé pour prendre en charge le suivi de la démarche de collecte de donnée. Ce qui devra être considérer dans le processus de financement et le retour sur investissement du projet.

La mise en marché : À cette étape, l’évaluation de la mise en marché permettra d’évaluer la chaîne de valeur du produit ou du processus. En effet, la chaîne de valeur permet d’identifier quels seront les avantages concurrentiels du produit ou du processus par rapport à son secteur d’activité. De plus, il faudra être en mesure de traduire ses avantages concurrentiels en termes de valeur pour l’entreprise soit de création de valeur.

L’étude des ressources physiques et humaines existantes et nécessaires sera également des aspects à considération lors de l’étape de la mise en marché. Tout le processus de commercialisation allant des partenaires internes ou externes, le point de vente ainsi que le type de promotion qui sera rattachée à tout le processus de mise en marché devront être définis à ce stade.

Financement : L’étape de financement permet d’établir le type de financement qui sera envisagé pour passer de l’idée à la pérennité. En effet, l’idéation, le développement, la protection intellectuelle, la mise en marché comportent tous des coûts qui devront être évalués pour déterminer le financement requis.

Par la suite, Il faudra se demander si le financement proviendra de l’intérieur de l’entreprise ou de l’extérieur. Le financement interne découle des bénéfices non répartis, du fonds de roulement pourtant similaire au BNR pouvant également venir d’un prêt à terme, sous forme de fonds de roulement.

À l’externe, c’est par des partenaires sous forme de débentures, d’actions privilégiées ou d’actions participatives. Certains projets demandent des sommes importantes à financer qui pourraient affecter la viabilité ou la pérennité de l’entreprise.

Rentabilité : Nous venons de passer de l’idéation au produit, de la mise ne marché au financement. Ce sont des étapes assez distinctes formant toutefois un tout. Elles doivent également canaliser en parallèle.

Les quatre étapes : idéation, développement de produit, mise en marché et le financement doivent absolument nommé à une certaine rentabilité. Cette rentabilité doit être connue ou projetée. L’effet de levier de la rentabilité, nous amènera la possibilité de développement de nouveau produit et le financement de l’idéation, nous redirigeant à la case départ et par la fait même à l’innovation. La rentabilité conduit vers une certaine pérennité et nous donne l’occasion de faire des acquisitions pouvant quelquefois être énorme et encore une fois nous invite à adopter un cycle d’innovation circulaire, qui lui-même deviendra une pratique courante de l’organisation.

Retour sur processus d’innovation : Ce processus fait la boucle et un retour. Dans le marché actuel, une entreprise doit absolument créer de nouveaux produits ou processus pour assurer sa présence sur le marché. On considère que ses revenus proviendront à 80 % de nouveaux produits ou processus qui auront été développés au cours de 5 dernières années, qui assurent sa pérennité et son avantage concurrentiel. Plus le cycle de développement et de création sera court, et plus l’entreprise creusera un écart avec la concurrence.

Le processus d’innovation doit être constant, structuré et être supporter par une équipe comprenant le mécanisme d’idéation. Le processus d’innovation doit faire partie prenante des fonctions d’une organisation.

Culture et transfert d’innovation : L’histoire nous fait voyager au travers les dimensions du concept global de l’innovation. La simplicité des textes et liens qui vous sont exposés vous permet de découvrir comment l’innovation est applicable dans votre organisation. Que ce soit pour un démarrage, expansion ou consolidation, le modèle sera adaptable a toute forme de gestion ou de culture d’organisation. De l’idée à la pérennité vous permettront d’identifier les personnes clés de l’organisation, les ressources disponibles pour votre développement de produits ou processus, les porteurs du changement et les pilote de l’innovation.

Sociologie de l'innovation[modifier | modifier le code]

Les innovations s’inscrivent toujours dans un cadre social bien déterminé, elles dépendent du contexte social de l’environnement dans lequel elles sont nées.
Le développement des petits pots pour bébés ne se comprend que dans un contexte comprenant l’existence du four à micro-ondes, de nombreuses femmes salariées et la notion d’acceptation sociale d’un « baby food » industriel.
Le baladeur, quant à lui, ne peut survivre que dans un monde individualisé (écouter seul « sa » musique, « se couper du monde »…), mobile (ne pas être à la merci d’un fil et ne pas être gêné par l’appareil…), polyvalent (on fait désormais plusieurs choses en même temps - se déplacer et écouter de la musique...) et miniaturisé (l’appareil tient dans la main, ou dans la poche...).

Ces objets techniques ne sont pas « transhistoriques », leur usage, ou leur fonction évolue dans le temps

Politiques gouvernementales envers la R&D et l'innovation[modifier | modifier le code]

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La plupart des grands pays industrialisés s’attachent à favoriser l’innovation.

Levier essentiel de la croissance à long terme de l'économie, elle profite à la collectivité d'une façon plus que proportionnelle à son rendement pour ceux qui la réalisent[réf. nécessaire]. La R&D et l'innovation sont, en outre, un atout stratégique essentiel : l'indépendance nationale dépend d'un socle de recherche solide et de la maîtrise des grandes filières technologiques, ce qui justifie une action des pouvoirs publics pour aider les entreprises à maintenir ou conquérir leur place en la matière.

La principale erreur de ses dix dernières années a été de focaliser 100 % des efforts d'innovation sur la technologie. Or comme le précise la Fondation Condorcet : « cela fait 15 ans que le Japon dépose la moitié des brevets dans le monde et cela fait 10 ans qu'il est en récession ». Ainsi, si tout miser sur la technologie permettait de sauver une économie, cela se saurait...

Pascal Lemasson, des Mines de Paris, nous a exposé les derniers analyses européennes mais également de cabinets privés qui démontrent qu'il n'y a aucun lien entre la quantité d'investissement en R&D d'une entreprise et son potentiel d'innovation. À travers ces études incontestée, y compris à la commission européenne, il faut reprendre le « paradigme de l'innovation » de von Hippel pour décrypter et comprendre que, l'innovation dans les services, l'innovation sociétale tout comme l'innovation technologique sont autant de stratégies porteuses, mais qu'aucune ne doit écraser l'autre

La politique européenne d'Innovation est à un tournant. Un groupe de pays piloté par l'Allemagne souhaite uniformiser les pratiques d'innovation en Europe et adopter une politique unique qui ne tirera pas profit de la richesse qu'apporte la diversité. Cela tuera le potentiel innovant des pays du Sud. Cette politique est contraire à tous les textes scientifiques sur le sujet (Richard Florida et sa classe creative, par exemple), ou encore contraire à toutes les réussites (Californie). Cette vision est en partie juste mais doit forcément s'accompagner d'une autre politique qui elle s'appuiera sur les diversité socio-culturelles de l'Europe pour dynamiser des marchés intérieurs, pour produire de l'agilité et de l'opportunisme indispensable en innovation.

Les marchés de capitaux sont frileux face à l’investissement à risque, dont dépend pourtant la moitié environ de la croissance économique dans les pays développés. Les pouvoirs publics ont donc un rôle d'incitation et de stimulation à jouer dans ce domaine.

Le cœur de l'innovation repose sur la R&D mais pas uniquement. Cette R&D n'est pas toujours immédiatement rentable, ce qui peut justifier un soutien public, sachant que le niveau technologique d'un pays influence son niveau de vie et sa place dans le concert des nations. Les efforts de R&D et d'innovation sont les premières victimes du ralentissement conjoncturel ; avec la baisse des profits et la montée des incertitudes, les entreprises sont tentées de réaliser d'abord des économies sur les dépenses en R&D et en innovation, dont la rentabilité est le plus souvent lointaine et incertaine. Une intervention des pouvoirs publics à contre-cycle peut aider à lutter contre cet effet pervers.

L'innovation ouverte provient de l'idée selon laquelle dans un contexte mondial où la connaissance est largement distribuée, les entreprises ne peuvent pas se permettre de se baser entièrement sur leurs propres activités de recherche, mais doivent au contraire acheter des procédés et des inventions ou acquérir auprès d'autres entreprises des licences pour leur utilisation. Les inventions internes à l'entreprise, non utilisées à des fins commerciales par celle-ci, gagnent à être sorties de l'entreprise par des licences, des coentreprises ou des sociétés dérivées.

Divers[modifier | modifier le code]

Notions diverses[modifier | modifier le code]

Innovation de process ou de procédés 
L'innovation de process concerne la mise au point ou l'adoption de méthodes d’organisation, de développement, de fabrication, de production ou de distribution nouvelles. Exemple : le passage du Minitel à l'Internet pour la vente à distance.
Intelligence innovation 
Le concept anglophone d'intelligence innovation concerne tout ce qui lie le « renseignement », « l'espionnage industriel » non délictueux - c'est-à-dire l'intelligence économique, les veilles qu'elle comprend (veille informationnelle, veille stratégique, veille technologique...) et certaines formes de gestion des connaissances - à l'innovation.
Politique d'innovation et plan d'innovation 
Ces expressions désignent de plus en plus des aides que les états et gouvernements mettent ou peuvent mettre en œuvre pour favoriser et promouvoir l'innovation (subventions, défiscalisation, prix, etc.). Dès lors, on n'emploie plus ces expressions (galvaudées par le côté politiques gouvernementales) pour désigner la politique interne de l'entreprise. On préférera utiliser les expressions management de l'innovation, stratégie d'innovation, tableau de bord de l'innovation, etc.
Systèmes d'innovation 
Les systèmes d'innovation, lorsqu'ils sont liés à la politique d'innovation, ou quand ils concernent l'économie, la sociologie ou la nation, désignent toutes les activités favorisant l'emploi, la création et le développement des entreprises, et donc la croissance, la compétitivité et la performance économique des nations ou des entreprises. Lorsque l'on parle des (ou du) systèmes d'innovation d'une entreprise, le terme désigne alors généralement les méthodologies, les processus et les techniques que cette entreprise peut mettre en œuvre pour améliorer sa compétitivité.
Innovation pull (venant de l'expression market pull
Innovation consécutive à la demande exprimée du marché qui « tire » le nouveau produit.
Innovation push (venant de l'expression technology push
Innovation consécutive à l'évolution d'une technique qui « pousse » à innover.
Il y a deux façons pour que la technologie force à innover :
  • À la suite d'une découverte scientifique ou du service recherche et développement (R&D), il semble impossible de ne pas appliquer cette nouvelle technique aux produits de l'entreprise (innovation de rupture).
  • On innove face à une loi de progrès continu, contre laquelle on ne peut quasiment rien. Exemple : la loi de Moore selon laquelle le nombre de transistors par puce double tous les 18 mois.
Innovation entrepreneuriale 
« L'entreprise a deux fonctions essentielles, et deux seulement : le marketing et l'innovation. Le marketing et l'innovation produisent des résultats, le reste n'est que dépenses (Peter Drucker) ». Cette vision de l'entreprise n'est pas à prendre au pied de la lettre (au sens strict, seule la fonction « ventes » rapporte de l'argent aux entreprises) mais dans une perspective de long terme, en tant que gage de vitalité : pour Drucker, une entreprise qui cesse d'innover signe son arrêt de mort à plus ou moins moyen terme.

Plate-forme mutualisée Innovation[modifier | modifier le code]

Les plates-formes mutualisées d’innovation sont destinées à offrir des ressources mutualisées (équipements, personnels et services associés) en accès ouvert, principalement aux membres du ou des pôle(s) de compétitivité labellisateur(s) et en particulier aux PME. Elles doivent permettre de mener à bien des projets de recherche et développement à forte retombées économiques, pouvant aller jusqu’à leur phase d’industrialisation et de mise sur le marché. Elles ouvrent la possibilité de procéder à des projets d’innovation, des essais et des tests, de développer des prototypes et/ou des préséries, voire de servir de laboratoires d’usages ou « living labs ».

L'innovation dans les sports[modifier | modifier le code]

Des nouveaux sports ont été inventés dans les cinquante dernières années, tous des innovations et certains consacrés comme sports olympiques.

auxquels s'ajoutent les sports extrêmes

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Benoît Godin, Innovation. The history of a category
  2. Jean-Louis Swiners et Jean-Michel Briet, L'intelligence créative au-delà du brainstorming. Innover en équipe, Maxima, 2004, p. 77
  3. http://en.wikipedia.org/wiki/Frugal_innovation
  4. http://www.keepeek.com/Digital-Asset-Management/oecd/science-and-technology/manuel-d-oslo_9789264013124-fr
  5. Manuel d'Oslo - 3e édition (2005) - OCDE
  6. Plus Grande Caractéristique Commune
  7. Philip Kotler, Kevin Keller & Delphine Manceau, Marketing Management, 14e édition, Pearson, Paris, 2012 (traduit de : Philip Kotler & Kevin Keller, Marketing Management, 14th edition, Prentice Hall, 2011.
  8. (en) The Global Competitiveness Report 2012-2013 - Forum économique mondial, p. 8 [PDF]
  9. Ram Nidumolu, C.K. Prahalad et M.R. Rangaswani, «  »Why sustainability is now the Key Driver of Innovation, Harvard Business Review
  10. Philippe Bihouix et Benoît de Guillebon, Quel avenir pour les métaux ? Raréfaction des métaux, un nouveau défi pour la société, EDP Sciences, p. 61
  11. Alan Robinson & Sam Stern, « Quand l'encre explose » et « Les heureuses coïncidences » dans L'entreprise créative. Comment les innovations surgissent vraiment, Éditions d'Organisation, Paris, 2000, pp. 200-208 et 220-223. Traduit de : (en) Corporate Creativity. How Innovation and Improvement Actually Happen, Berrett-Koehler, San Francisco, 1997.
  12. Voir sur techtoc.tv.
  13. Voir sur internetactu.net.
  14. Pour une analyse de ces politiques de concertation au niveau européen dans le cadre de la politique des Médias, Europe créative, et la politique européenne en matière d'innovation, voir : Violaine Hacker, The EU media policy and the EU2020 Strategy: New roles and actions for players of the Creative Europe, European Union at the crossroads: The European perspectives after the global crisis, Attila Ágh (ed.), Budapest College of Communication, Business and Arts 2011 (ISBN 978-963-88943-2-8), (ISSN 1589-6781), pp. 123-152
  15. a, b et c (en) Clark Henderson, Architectural innovation : The reconfiguration of existing product technologies and the failure of established firms, Administrative Science Quaterly 35, 1990, pp. 9-30. Pour aller plus loin, une note de lecture de Ludovic Belz et le texte original sont disponibles ici.
  16. (en) Water, Sanitation & Hygiene : Areas of Focus - Fondation Bill-et-Melinda-Gates
  17. http://en.wikipedia.org/wiki/Bootlegging_(business)
  18. Les entrepreneurs, Pluriel, 1985
  19. http://en.wikipedia.org/wiki/Clayton_M._Christensen
  20. http://en.wikipedia.org/wiki/Eric_von_Hippel
  21. http://www.amazon.com/The-Innovators-DNA-Mastering-Disruptive/dp/1422134814/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1362476802&sr=8-1&keywords=The+Innovator%27s+DNA
  22. http://en.wikipedia.org/wiki/Henry_Chesbrough
  23. http://en.wikipedia.org/wiki/Outcome-Driven_Innovation
  24. http://en.wikipedia.org/wiki/Living_lab
  25. [1]
  26. Déployer l'innovation « [2] », publié par les Editions Techniques de l'ingénieur sous la direction de Bernard Yannou et Romain Farel, 2011, (ISBN 978-2-85059-129-7)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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1985-1997

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  • Robert Sutton, 11,5 idées décalées pour innover : Le guide pratique de l'innovation pour tous les managers qui veulent faire bouger les choses, Village Mondial, 2001 (traduit de : (en) Weird Ideas That Work: 11 1/2 Ways to Build Companies Where Innovation Never Stops, Free Press, 2001)
  • (en) Richard Foster and Sarah Kaplan, Creative Destruction: Why Companies That Are Built to Last Underperform the Market. And How to Successfully Transform Them, Currency Book, New York, 2001.
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  • (en) Clayton Christensen. The Innovator's Dilemma. HarperBusiness. 2001.
  • Nathalie Joulin, Les coulisses des nouveaux produits. Innover en s'inspirant de la grande consommation, Éditions d'Organisation, Paris, 2002.
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  • (en) Anthony Ulwick, What Customers Want: Using Outcome-Driven Innovation to Create Breakthrough Products and Services, McGraw-Hill, 2005.
  • Jean-Yves Prax, Bernard Buisson et Philippe Silberzahn, Objectif Innovation, Dunod, 2005
  • (en) Tom Kelley, The Ten Faces of Innovation : IDEO's Strategies for Defeating the Devil's Advocate and Driving Creativity Throughout Your Organization, Currency/Doubleday, 2005
  • (en) Eric von Hippel, Democratizing Innovation, The MIT Press, 2006.
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  • (en) Roland Berger, Soumittra Dutta, Tobias Raffel & Geoffrey Samuels, Innovating at the Top: How Global CEOs Drive Innovation for Growth and Profit, Palgrave Macmillan, 2008.

2009

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  • Jean-Louis Swiners, « Le conundrum de l’innovation. Des conditions et de la contingence du succès d’une innovation », Le Cercle des Entrepreneurs du Futur, 2009.
  • Arnaud Groff, Manager l'innovation », 100 questions, AFNOR, 2009.
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2011

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  • (en) Clayton Christensen, The Innovator's Dilemma: The Revolutionary Book That Will Change the Way You Do Business. HarperBusiness, 2011
  • (en) Jeff Dyer, Hal Gregersen et Clayton Christensen , The Innovator's DNA : Mastering the Five Skills of Disruptive Innovators, Harvard Business Review Press, 2011.
  • Bernard Yannou (sous la direction de —), Déployer l'innovation [4], Editions Techniques de l'ingénieur, 2011 (ISBN 978-2-85059-129-7)
  • Philip Kotler, Kevin Keller & Delphine Manceau, Marketing Management, 14e édition, Pearson, Paris, 2012 (traduit de : (en) Philip Kotler & Kevin Keller, Marketing Management, 14th edition, Prentice Hall, 2011)
  • Emmanuelle Le Nagard-Assayag & Delphine Manceau, Le marketing de l'innovation. De la création au lancement de nouveaux produits, 2e édition, Dunod, 2011.

2012

  • (en) Phil McKinney, Beyond the Obvious: Killer Questions That Spark Game-Changing Innovation, Hyperion, 2012.
  • Séverine Le Loarne et Sylvie Blanco, ouvrage collectif sous la direction de —, Management de l'Innovation , Éditions Pearson Education, 2e édition 2012
  • (en) Terry Jones, ON Innovation, Essental Ideas, 2012.
  • (en) Kenneth Kahn, PDMA Handbook of New Product Development, 3th Edition, Wiley, 2012
  • (en) Navi Radjou, Jaideep Prabhu & Simone Ahuja, Jugaad Innovation: Think Frugal, Be Flexible, Generate Breakthrough Growth, Jossey-Bass, 2012.
  • (en) Vijay Govindarajan & Chris Trimble, Reverse Innovation: Create Far From Home, Win Everywhere, Harvard Business Review Press, 2012.
  • DGCIS, Osez l'innovation. Guide pratique pour les activités de services, Direction Générale pour la Compétitivité des Industries de Service, 2012.
  • Claude Birraux et Jean-Yves Le Déaut, L'innovation à l'épreuve des peurs et des risques, OPECST, 2012

2013

  • (en) Larry Keeley and Helen Walters, Ten Types of Innovation: The Discipline of Building Breakthroughs, Wiley, 2013.
  • Anne Lauvergeon, Un principe et sept ambitions pour l'innovation, 2013.
  • Union de l'Innovation, Guide de poche sur une initiative Europe 2020, 2013

Liens externes[modifier | modifier le code]