Michel Durafour

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Michel Durafour
Image illustrative de l'article Michel Durafour
Fonctions
Ministre d'État, ministre de la Fonction publique et des réformes administratives de la France
19891991
Ministre de la fonction publique et des réformes administratives de la France
19881989
Président du Conseil régional de Rhône-Alpes
19801981
Ministre délégué chargé de l'économie et des finances de la France
Ministre du Travail de la France
19741976
Député de la 1re circonscription de la Loire
3 avril 1967 – 22 mai 1981
Législature IIIe, IVe, Ve, VIe (Cinquième République)
Prédécesseur Bernard Muller
Successeur Paul Chomat
Maire de Saint-Étienne
Successeur Joseph Sanguedolce
Sénateur de la Loire
Biographie
Date de naissance (94 ans)
Nationalité Française
Parti politique UDF

Michel Durafour
Maires de Saint-Étienne

Michel Durafour, né le 11 avril 1920 à Saint-Étienne (Loire), est un homme politique français. D'abord membre du Parti républicain, radical et radical-socialiste puis du Parti radical valoisien, il a été membre des gouvernements de Jacques Chirac puis de Raymond Barre, entre 1974 et 1977. Il s'est rapproché en 1988 de la gauche en entrant au gouvernement Michel Rocard et devenant ainsi une personnalité symbolique de l'ouverture. Il est le fils d'Antoine Durafour, autre homme politique.

Michel Durafour mène également une carrière de romancier sous son patronyme et sous les pseudonymes de Pierre Jardin, Cécil Viborg et Rémi Sibel[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Diplômé de la faculté de droit et de l'École libre des sciences politiques, il rejoint tout d'abord l'Union démocratique et socialiste de la Résistance avant d'en être exclu en 1948 par Eugène Claudius-Petit. Il devient alors membre du Parti radical-socialiste.

Adjoint au maire de Saint-Étienne de 1947 à 1964 puis maire de cette commune de 1964 à 1977, il prend ainsi la suite de son père, Antoine Durafour. À cette date, les électeurs lui reprochant un manque de présence locale[2], il est battu aux municipales par le communiste Joseph Sanguedolce. Très attaché au développement de la culture à l'échelle locale, alors adjoint à la mairie de Saint-Étienne, il décide de créer systématiquement un adjoint délégué à la culture. Cette initiative pionnière dans les années 1960 sera suivie ensuite par d'autres villes.

Sénateur de la Loire CR de 1965 à 1967, il est député de ce département de 1967 à 1974.

Président du groupe Réformateurs démocrates sociaux de l'Assemblée nationale de 1973 à 1974, il remplit les fonctions de ministre du Travail de 1974 à 1976 puis de ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de l'Économie, des Finances et du Budget de 1976 à 1977. Il laisse alors son siège de député à son suppléant, Pierre-Roger Gaussin.

Lors des législatives de 1978, il est réélu député de la Loire sous l'étiquette de l'UDF et préside la commission de la production et des échanges de l'Assemblée nationale en 1978. Il est battu en 1981 par le candidat communiste, Paul Chomat.

De 1980 à 1981, il préside le Conseil régional de Rhône-Alpes et poursuit une carrière universitaire en tant que professeur à l'université de Paris IX, de Paris I et de Lyon III.

Sénateur de la Loire de 1983 à 1988, il est inscrit au groupe de la Gauche démocratique.

Ministre d'État puis ministre de la Fonction publique et des Réformes administratives de 1989 à 1991, il constitue, aux côtés d'autres personnalités d'« ouverture », le Mouvement des réformateurs. Après une longue négociation avec les fédérations de fonctionnaires, il conclut avec cinq d'entre elles (FEN, CFDT, FGAF, CFTC et CGC) un accord sur la réforme de la grille de la Fonction publique le . Il devient Conseiller d'État en service extraordinaire à partir de 1992.

Son nom gagne une importante notoriété médiatique quand ayant lancé un appel public à « exterminer le Front national »[3], Jean-Marie Le Pen réplique le en déclarant « M. Durafour et Dumoulin, obscur ministre de l'ouverture, dans laquelle il a d'ailleurs immédiatement disparu, a déclaré : "Nous devons nous allier, aux élections municipales, y compris avec le Parti communiste, car le PC, lui, perd des forces tandis que l'extrême droite ne cesse d'en gagner." M. Durafour-crématoire, merci de cet aveu ! ». Poursuivi pour « injure publique envers un ministre », le président du FN est condamné en 1re instance à 10 000 F d'amende pour ce calembour, puis relaxé par la Cour d'appel de Versailles le 3 juillet 1991[4]. Le jugement est réformé le 20 octobre de la même année ; Jean-Marie Le Pen est de nouveau condamné à 10 000 F d'amende par la cour d'appel de Paris, le 3 juin 1993[5]. Cette affaire conduit également à l'exclusion du Front national de François Bachelot, Pascal Arrighi et Yann Piat après qu'ils eurent « exprimé leur désaccord avec ce « calembour »[6] ».

Dans les années 1950, il publie quelques romans. Il a été par la suite auteur de nombreux romans policiers et romans d'espionnage dans un style humoristique qui rappelle celui de Charles Exbrayat, notamment sous le pseudonyme de Pascal Jardin. Sous son nom, il a également signé à partir des années 1980 des thrillers et des romans policiers historiques.

En 2007, il reprend des activités politiques en prenant la tête du comité de soutien de Ségolène Royal dans la Loire.

Mandats électoraux[modifier | modifier le code]

Sénateur
Député
Conseiller régional
  • 16/03/1986 - 21/03/1992 : membre du conseil régional de Rhône-Alpes
  • 22/03/1992 - xx/xx/1997 : membre du conseil régional de Rhône-Alpes
  • Il a été membre du conseil régional de 1974 à 1986 et en a assuré la présidence en 1980-1981. Cependant, il ne s'agissait pas alors d'un mandat électoral.
Conseiller général
Conseiller municipal / Maire

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages politiques[modifier | modifier le code]

  • Les Finances communales, Saint-Étienne, Centre départemental de documentation pédagogique, 1968
  • Saint-Étienne, métropole d'équilibre, un gigantesque atelier au centre de la France, Saint-Étienne, Centre départemental de documentation pédagogique, 1970
  • Michel Durafour : Le Feu sous la cendre, Saint-Étienne, Actes graphiques, 1998 (Propos recueillis par Christian Soleil)
  • Michel Durafour : Le Vent du large, Saint-Étienne, Actes graphiques, 1999 (Propos recueillis par Christian Soleil)
  • Ciel Cocasse, Paris, Edilivre, 2009 (en collaboration avec Christian Soleil)
  • La Trace de l'aigle dans les cieux : les quatre vérités de Michel Durafour, Paris, Edilivre, 2011 (Propos recueillis par Christian Soleil)

Romans[modifier | modifier le code]

  • Japy et le Chien-Fou, Paris, Dumas, 1948
  • Bettina, Paris, Éditions du Carrousel, 1950
  • Jus de citron, Paris, Éditions Segep, 1951
  • Notre rêve qui êtes aux cieux, Paris, Éditions du Carrousel, 1952
  • Des fourmis sur la terre, Givors, A. Martel, 1952 (en collaboration avec Yves Denaux)
  • Le Juif du ciel, Paris, Éditions Le Jour se lève, 1955
  • Les Moutons du ciel, Paris, Fayard, 1973
  • Ma baïonnette de Mirabeau, Paris, Jean-Claude Lattès, 1987
  • La Métisse, Paris Albin Michel, 1996 (en collaboration avec Jacqueline Dauxois)
  • Marais salaces, Paris, Salvy, coll. « Noire », 2001

Romans signés Pierre Jardin[modifier | modifier le code]

  • Pascaline mène l'enquête, Paris, Éditions La Vague, coll. Les Grands Romans policiers no 3, 1960
  • Dites-le... avec des pastèques, Paris, Librairie des Champs-Élysées, coll. Espionnage, 2e série no 2, 1961 ; réédition, Paris, Librairie des Champ-Élysées, Le Club des Masques no 195, 1973
  • Pascaline contre Pascal, Paris, Éditions La Vague, coll. Les Grands Romans policiers no 7, 1961
  • Bagarres et Franfreluches, Paris, Librairie des Champs-Élysées, coll. Espionnage, 2e série no 14, 1962
  • Agnès et les Vilains Messieurs, Paris, Librairie des Champs-Élysées, coll. Espionnage/Charles Exbrayat no 3, 1963
  • Une Chinoise dans la mêlée, Paris, Librairie des Champs-Élysées, coll. Service secret, 2e série no 3, 1964
  • Excusez-moi, Dorothy..., Paris, Librairie des Champs-Élysées, coll. Espionnage/Charles Exbrayat, 1964

Romans signés Rémi Sibel[modifier | modifier le code]

  • Un cadavre dans le coffre-fort, Paris, Éditions La Vague, coll. Les Grands Romans policiers no 2, 1960
  • La Mort au 421, Paris, Éditions La Vague, coll. Les Grands Romans policiers no 6, 1961

Romans signés Cécil Viborg[modifier | modifier le code]

  • Lieux de pêche, Paris, Éditions La Vague, coll. Les Grands Romans policiers no 1, 1960
  • Un pendu dans le vent, Paris, Éditions La Vague, coll. Les Grands Romans policiers no 5, 1961

Autres publications[modifier | modifier le code]

  • Il neige sur la mer, Paris, Les Cahiers de la Table ronde, 1945

Prix et distinctions littéraires[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Christian Soleil, Michel Durafour : Le feu sous la cendre, tome 1, Actes Graphiques, 1997.
  • Christian Soleil, Michel Durafour : Le Vent du large, tome 2, Actes Graphiques, 1998.
  • Michel Durafour, Christian Soleil, Ciel Cocasse, Edilivre, 2009.
  • Christian Soleil, La Trace de l'aigle dans les cieux : les quatre vérités de Michel Durafour, Edilivre, 2011.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source BnF
  2. Le coup d'éclat de Dubanchet, Henri Haget, L'Express, 28 avril 1994
  3. La vérité sur le Front National !, L'Humanité, Arnaud, webmaster du forum socialiste
  4. Le Pen relaxé pour son "Durafour crématoire", dans Le Soir,
  5. «  Devant la cour d'appel de Paris Jean-Marie Le Pen est de nouveau condamné pour son calembour “Durafour-crématoire” », Le Monde, 5 juin 1993.
  6. Michel Wieviorka, La tentation antisémite, Robert Laffont, 2012, 521 p. (ISBN 9782221136140)

Liens externes[modifier | modifier le code]