Mariage homosexuel
- Aucune information
- Homosexualité légale
- Mariage reconnu
- Autre type d'engagement reconnu
- Mariage à l'étranger reconnu
- Pas de reconnaissance des couples homosexuels
- Homosexualité illégale
- Délit non poursuivi par la justice
- Délit
- Crime
- Prison à vie
- Peine de mort
- Aucune information sur la peine
Le mariage homosexuel, ainsi qu'il est généralement nommé, est la possibilité pour les couples de même sexe de contracter un mariage, ce qui peut aussi, dans certains cas, donner accès à une forme de parentalité et à l'adoption. Il est rendu possible par des législations autorisant le mariage aux personnes de même sexe, par opposition aux législations qui considèrent que ne peuvent être mariés que deux personnes de sexe opposé, c'est-à-dire un homme et une femme. Après avoir été criminalisée ou considérée comme maladie mentale[N 1], l'homosexualité est plus acceptée par les sociétés contemporaines. Depuis la fin du XXe siècle, les demandes des couples homosexuels conduisent un nombre croissant d'États à faire évoluer leur législation pour que la reconnaissance légale d'unions civiles ou de mariages n'exclue pas deux personnes de même sexe.
Au 18 mai 2013, dix-sept pays disposent d'une législation rendant accessible le mariage aux couples de même sexe – dont deux sur une partie de leur territoire seulement.
Si la légalisation du mariage homosexuel concerne d'abord le mariage civil, le mariage religieux est également pratiqué dans certains cas. Les pays ayant accordé un statut légal au mariage homosexuel ont pour la quasi totalité d'entre eux également légalisé l'adoption par les couples homosexuels[N 2].
Terminologie [modifier]
Dans le langage juridique, on parle de « mariage civil » ouvert aux « personnes de même sexe »[1],[2]. Dans les médias, les termes couramment utilisés sont « mariage homosexuel » ou « mariage gay » (anglicisme)[3]. Cette dernière expression peut toutefois être considérée comme restrictive car elle exclut « les lesbiennes, les bisexuels et les transgenres »[3].
Le « mariage entre personnes de même sexe » ne concerne pas seulement les couples homosexuels, c'est-à-dire, littéralement, les couples de personnes ayant une attirance pour des actes sexuels entre personnes de même sexe. Il est en effet ouvert, ainsi que ses avantages juridiques[4],[5], à tous les couples de personnes de même sexe auxquels ne s'appliquent pas les empêchements légaux à mariage, quelle que soit leur orientation sexuelle, et donc, par exemple, aux couples de personnes de même sexe d'orientations sexuelles divergentes (mixed-orientation marriages)[6],[7],[8],[3]. Par ailleurs, selon glbtq.com et un rapport parlementaire britannique, considérer qu'un couple de personnes de même sexe est obligatoirement composé d'homosexuel(les) et qu'un couple formé par un homme et une femme est obligatoirement composé d'hétérosexuels est une forme de biphobie (discrimination à l'égard des personnes bisexuelles)[9],[10].
En France, les mouvements LGBT et le gouvernement Ayrault préfèrent parler de « mariage pour tous »[3], indiquant ainsi que leur revendication n'est pas une nouvelle forme de mariage, mais l'extension aux couples de même sexe d'un droit dont bénéficient déjà les couples de sexe différent[citation nécessaire]. Ce terme de « mariage pour tous » est considéré comme « impropre » par la sociologue Nathalie Heinich[11] voire, pour le directeur de la revue Études, Pierre de Charentenay, « fallacieux »[12], arguant que le « mariage pour tous » n'est en réalité pas ouvert « à tous », puisqu'il reste interdit dans certains cas en France, notamment aux personnes mineures ou au sein d’une famille[13].
Situation générale [modifier]
Pays autorisant le mariage homosexuel [modifier]
En date du 23 mai 2013, dix-sept pays autorisent les couples de même sexe à se marier (dont deux sur une partie de leur territoire seulement). D'autre part, des projets de loi visant à ouvrir le mariage aux couples de même sexe sont en cours de discussion, de vote ou d'application au Luxembourg[14], au Royaume-Uni[15], au Népal, à Taïwan, au Vietnam, au Chili, en Slovénie, en Finlande, dans plusieurs États australiens, et aux États-Unis au niveau fédéral[16].
Voici la liste par ordre alphabétique, vous pouvez aussi consulter la même liste par ordre chronologique.
Afrique du Sud (depuis novembre 2006)
Argentine (juillet 2010)
Belgique (janvier 2003)
Brésil (mai 2013)
Canada (juin 2005)
Danemark (mariage civil, 1989 ; religieux, 2012)
Espagne (juillet 2005)
États-Unis, dans les États suivants :
Connecticut (2008)
Delaware (mai 2013)
Iowa (2009)
Maine (2012)
Massachusetts (2004)
Maryland (2012)
Minnesota (mai 2013)[17]
New Hampshire (2010)
New York (2011)
Rhode Island (mai 2013)
Vermont (2009)
Washington (2012)
Washington D.C. (2010)
France (mai 2013)
Islande (juin 2010)
Mexique, dans les États suivants :
District fédéral (2011)
Quintana Roo (2011)
Norvège (janvier 2009)
Nouvelle-Zélande (avril 2013[18])
Pays-Bas (avril 2001)
Portugal (mai 2010)
Suède (avril 2009)
Uruguay (mai 2013[19])
Tous ces pays ont également légalisé l'adoption par les couples homosexuels, à l'exception de deux provinces et de deux territoires canadiens (Île-du-Prince-Édouard, Nouveau-Brunswick, Nunavut et Yukon). L'adoption est en outre possible, soit conjointe en Australie (Australie-Occidentale, Territoire de la capitale australienne) et au Royaume-Uni, soit d'un des membres du couple envers les enfants naturels du partenaire en Australie (Tasmanie), Allemagne, Islande, Israël et Norvège. Le Portugal autorise depuis mai 2013, l'adoption d'un enfant naturel ou adopté par l'autre conjoint.
Le Royaume-Uni a adopté un partenariat civil semblable au mariage pour tous les aspects pertinents de la vie courante et administrative et permettant notamment l'adoption.
Historique [modifier]
Dans beaucoup de pays, l'homosexualité a été pendant longtemps criminalisée ou considérée comme une maladie mentale. Certains États commencent à abroger ces lois partir des années 1960, puis, dans les années 1970 et 1980, à introduire des législations protégeant les homosexuels des discriminations. Le 17 mai 1990, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) supprime l’homosexualité de la liste des maladies mentales. C'est avec l'affaire Baehr v. Miike en 1993 que la première revendication d'un mariage homosexuel abouti à Hawaï (procès commencé en 1990). Le mouvement pour la reconnaissance des couples homosexuels prend forme à partir des années 1990 par la reconnaissance du concubinage ou la création du statut d'union civile (ou « partenariat enregistré », « pacte civil de solidarité ») ouverts aux couples de même sexe et offrant certaines garanties juridiques. Après l'union civile obtenue à Hawaï en 1993, le premier pays à autoriser les homosexuels à se marier sont les Pays-Bas en 2001. En 2003, la Belgique reconnaît le mariage homosexuel, mais sans effet sur la filiation et l’adoption. Au Canada, le mariage est ouvert aux couples de même sexe en Ontario et en Colombie-Britannique par des décisions de justice. L'année suivante, en 2004, le Massachusetts est le premier État des États-Unis à reconnaître le mariage aux couples homosexuels. Au Canada il est ouvert à six nouvelles provinces, dont le Québec.
En 2005, les députés espagnols votent en faveur de la législation autorisant le mariage entre personnes du même sexe. Le premier mariage homosexuel du pays a lieu en juillet de la même année. Le Parlement canadien modifie la loi sur la mariage et la définition qu'elle contient afin de permettre des mariages entre personnes de même sexe à travers tout le pays. En 2006, l’Afrique du Sud devient le premier État d’Afrique à légaliser l’union civile et le mariage homosexuels. Le 30 juin, entre en vigueur en Belgique la loi modifiant le Code civil et permettant ainsi l’adoption aux couples mariés ou cohabitant dans les mêmes conditions et cela quel que soit leur sexe. 2008 : le 15 mai, la Cour suprême de Californie autorise le mariage homosexuel dans l'État, mais cette décision est invalidée par référendum le 4 novembre 2008. Le Connecticut autorise les mariages homosexuels le 10 octobre de la même année. 2009 : la Suède et la Norvège accordent le droit au mariage aux homosexuels (l'adoption par un couple homosexuel était déjà possible en Suède depuis 2002). Aux États-Unis, l'Iowa, le Vermont, le New Hampshire font de même, ainsi que Mexico et le Quintana Roo au Mexique[20]. Le 28 décembre, en Argentine, est célébré le premier mariage entre personnes du même sexe, à Ushuaïa, en Terre de Feu[21]. Au Nigeria, les députés votent à l'unanimité un projet de loi interdisant le mariage ou toute autre forme d'union entre deux personnes du même sexe.
En 2010, les parlements portugais[22], islandais[23] et argentin[24] adoptent des lois légalisant le mariage homosexuel. Aux États-Unis, le mariage des couples homosexuels est autorisé dans le District de Columbia[25]. En 2011, en France, le Conseil constitutionnel déclare conforme à la Constitution la définition hétérosexuelle du mariage (articles 75 et 144 du Code civil), et renvoie au législateur, seul compétent, l'initiative et la responsabilité d'un éventuel changement du Code civil[26]. Aux États-Unis, l'État de New York[27] légalise le mariage des homosexuels alors que le président des États-Unis Barack Obama décide que la loi fédérale, qui interdit explicitement le mariage des couples de même sexe, ne sera plus invoquée par l'administration américaine en cas de litige devant les tribunaux. Au Brésil, un juge de l'État de São Paulo autorise les couples homosexuels à convertir leur union civile en mariage. En 2012, le Parlement danois adopte une loi permettant aux couples homosexuels de contracter un mariage civil ou religieux[28]. Aux États-Unis, les États du Maine, de Washington et du Maryland autorisent, après référendum, le mariage des homosexuels. Dans l'État de Bahia au Brésil, la justice autorise les couples homosexuels à se marier. En France et au Royaume-Uni, les gouvernements respectifs déposent chacun un projet de loi dans le même sens.
Aux mois de mars, avril et mai 2013, l'Uruguay, la Nouvelle-Zélande, le Brésil et la France légalisent à leur tour le mariage.
Situation et évolution par aires géographiques [modifier]
Afrique [modifier]
Afrique du Sud [modifier]
L’Afrique du Sud est le seul État du continent africain à inclure dans sa Constitution de 1996 toute interdiction de discrimination vis-à-vis de l’orientation sexuelle. À la suite d'une plainte déposée par un couple lesbien, la Cour constitutionnelle est saisie et juge la loi sur le mariage, défini comme l’union d’un homme et d’une femme, anticonstitutionnelle car discriminatoire. Fin 2005, la Cour donne un an au Parlement pour régler la question, le gouvernement présente alors un projet de loi au Parlement et ce dernier organise une vaste consultation publique, où la plupart des organisations religieuses ont fermement condamné cette loi (seules l’Église anglicane et l’Église hollandaise réformée ne s’y sont pas opposées).
Le 14 novembre 2006, le parlement sud-africain adopte par 230 voix pour et 41 contre et 3 abstentions le Civil Union Bill[29], qui permet l’union civile et le mariage (contrairement à ce qui était prévu dans le texte initial) entre deux personnes, quel que soit leur sexe. Pour entrer en vigueur, il ne reste plus que la consultation du Conseil national des provinces (chambre haute à pouvoir consultatif) et la promulgation du président Thabo Mbeki. Ce dernier en voyage à l’étranger, laisse à sa vice-présidente, Phumzile Mlambo-Ngcuka, le soin de promulguer la loi, ce qui est fait le 30 novembre 2006, l’Afrique du Sud devient ainsi le premier État d’Afrique à légaliser l’union civile et le mariage homosexuel[30].
Burkina Faso [modifier]
Au Burkina Faso, la Constitution définit dans son article 23 le mariage comme « fondé sur le libre consentement de l’homme et de la femme[31] », interdisant ainsi le mariage en personnes du même sexe.
République démocratique du Congo [modifier]
En République démocratique du Congo, la Constitution de la Troisième République définit, dans l’article 40, le mariage comme le droit de se « marier avec la personne de son choix, de sexe opposé, et de fonder une famille[32] », interdisant ainsi le mariage homosexuel.
Amérique du Nord [modifier]
Canada [modifier]
Au Canada, le mariage entre conjoints de même sexe est légal sur l’ensemble du territoire canadien, depuis juillet 2005. Les mariages homosexuels, déjà permis dans plusieurs provinces et territoires à la suite de décisions judiciaires, furent étendus à l'ensemble du territoire en supprimant la restriction de sexe dans la définition du mariage — une compétence fédérale. Cette situation a évolué, en raison de décisions judiciaires qui ont poussé le gouvernement fédéral à ajuster sa loi jugée inconstitutionnelle. Étendre la définition du mariage à tous fut une amélioration aux unions libres qui avaient été étendues par plusieurs provinces aux conjoints de même sexe. La définition du mariage est une compétence fédérale, et la loi fédérale définissait avant 2005 le mariage comme l’union de deux personnes de sexe différent. Avant l’adoption du projet de loi C-38, les cours d’appel de huit provinces et un territoire ont toutes jugé cette définition discriminatoire comme contraire à la Charte canadienne des droits et libertés, et donc de nul effet (selon le système en vigueur au Canada, la justice assure l’équivalent d’un contrôle constitutionnel sur les lois).
Depuis ces décisions, les mariages homosexuels sont permis dans ces provinces et territoires :
- l’Ontario depuis le 10 juin 2003,
- la Colombie-Britannique depuis le 8 juillet 2003,
- le Québec depuis le 18 mars 2004,
- le territoire du Yukon depuis le 14 juillet 2004,
- le Manitoba depuis le 16 septembre 2004,
- la Nouvelle-Écosse depuis le 24 septembre 2004,
- la Saskatchewan depuis le 5 novembre 2004,
- Terre-Neuve-et-Labrador depuis le 21 décembre 2004,
- le Nouveau-Brunswick depuis le 23 juin 2005.
Ce dernier jugement, avec 9 provinces et territoires sur 13, rendait inconstitutionnelle l’ancienne disposition du code fédéral et il était devenu impératif de redéfinir le mariage afin de le relégaliser constitutionnellement. Aussitôt, le gouvernement fédéral a déposé le projet de loi C-38, intitulé Loi sur le mariage civil, visant à légaliser le mariage entre conjoints de même sexe sur l’ensemble du territoire canadien, en supprimant la restriction de sexe.
Ce projet de loi a été adopté (par 158 votes contre 133) par la Chambre des communes le 28 juin 2005, il a été approuvé par le Sénat (par 47 voix contre 21) le 19 juillet 2005 et a reçu le lendemain la sanction royale. Ainsi, le 20 juillet 2005, la loi est définitivement adoptée et le Canada devient le troisième pays dans le monde à autoriser partout sur son territoire les mariages de conjoints de même sexe, et le premier en Amérique.
La victoire des conservateurs aux élections générales de 2006 du 23 janvier avait temporairement ouvert une période d’incertitude sur l’avenir du mariage homosexuel au Canada. Le premier ministre Stephen Harper considérait qu’il n’y avait jamais eu de vote vraiment libre à ce sujet, étant donné que les membres du cabinet libéral, ainsi que le caucus néodémocrate en entier, avaient été obligés de voter en faveur du projet de loi (un ministre libéral fut obligé de démissionner afin de voter contre le projet de loi, et la seule députée néodémocrate à voter contre se voyait enlever ses fonctions de porte-parole, et perdait par la suite la nomination de son association de circonscription). Il avait donc promis que son gouvernement reviendrait sur la question à l’automne 2006 en tenant un vote libre sur une motion proposant le rétablissement de la définition traditionnelle du mariage.
Le 7 décembre 2006, il a introduit une motion dont le texte était : « Que cette Chambre demande au gouvernement de déposer une loi visant à rétablir la définition traditionnelle du mariage sans toucher les unions civiles et tout en respectant les mariages existants entre personnes de même sexe. » La motion a été rejetée avec 175 votes contre et 123 votes pour. Plusieurs députés ayant voté contre la loi C-38 introduisant le mariage homosexuel en 2005 ont voté contre la motion pour le rétablissement du mariage traditionnel en 2006. Deux des partis d’opposition, soit le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique, ont forcé leurs députés à voter selon la ligne du parti, c’est-à-dire contre la motion ; le vote n’était donc pas plus libre que la dernière fois. Toutefois, Stephen Harper a indiqué qu’il ne tiendra plus jamais de vote sur le sujet. La plupart des analystes estiment que la motion n’avait été présentée que pour respecter l’engagement électoral pris lors de l’élection de 2006 et que le premier ministre espérait perdre le vote afin de pouvoir laisser la question derrière lui avant la prochaine élection fédérale[33],[34].
États-Unis [modifier]
Le débat sur la question du mariage homosexuel est particulièrement vif aux États-Unis et au cours des années 2000, les positions des deux camps se sont durcies ; du moins cette question est devenue un enjeu politique majeur.
Le Massachusetts est le premier État à autoriser le mariage des couples de même sexe, et sa position a été renforcée en 2007[35]. Le mariage des couples de même sexe est aussi admis au Connecticut, au Vermont, dans l'Iowa et dans la capitale fédérale, Washington. Des lois ont été votées dans le Maine, en 2009, et en Californie avant d'être annulées, puis rétablies pour le Maine en 2012[36]. Le 6 novembre 2012, trois nouveaux États adoptent par référendum le mariage pour les couples homosexuels : le Maryland, le Maine et l'État de Washington. En mai 2013, c'est au tour des États du Rhode Island, du Delaware et du Minnesota, pour une application en août ou en juillet de la même année[37],[38].
Mexique [modifier]
Depuis le 22 décembre 2009, le mariage homosexuel est légal à Mexico. Administrée par le PRD (social-démocrate), la capitale mexicaine a autorisé le mariage homosexuel, ce qui constitue une première en Amérique latine. Les députés de l'Assemblée du District fédéral mexicain ont ainsi modifié l'article du code civil local qui spécifiait jusqu'à présent que « le mariage est l'union librement consentie entre un homme et une femme ». Le PAN (chrétien-démocrate) invoque cependant la Loi fédérale de Sécurité sociale pour affirmer que « le conjoint est nécessairement du sexe opposé à celui de l'assuré ». La ville de Mexico, qui avait déjà autorisé l'union civile homosexuelle – et non le mariage – en novembre 2006 et dépénalisé l'avortement en avril 2007, s'affirme ainsi à nouveau à la pointe des réformes, dans un pays très catholique et où l’Église s'oppose fermement à ces initiatives. Le premier mariage d'un couple de lesbiennes en Amérique latine se déroule le 9 mars 2010. Les deux pionnières ont été suivies par un autre couple féminin et deux masculins, dans une cérémonie collective retransmise à la télévision. Tous avaient pour témoin le maire de Mexico, Marcelo Ebrard.
La décision de la ville de Mexico de légaliser le mariage homosexuel a fait polémique au Mexique, et notamment à la Cour suprême où le Parquet fédéral a déposé un recours le 27 janvier 2010 contre ce qui a constitué une « première » spectaculaire en Amérique latine. Selon le Parquet général de la République, la légalisation du mariage homosexuel est « anticonstitutionnelle », tout comme l'autorisation d'adoption également accordée aux couples homosexuels par la mairie autonome de la capitale en décembre 2009. Le parti conservateur mexicain, PAN, actuellement au pouvoir derrière le président Felipe Calderón, s'oppose fermement au mariage des couples homosexuels ainsi qu'à l'adoption par ces derniers. L'initiateur de la loi sur le mariage homosexuel, David Razu, député du PRD au Parlement de la capitale, a exprimé à la télévision son « indignation » contre le recours, une initiative « lamentable, contre les droits et les libertés, et sans aucune base juridique ». Le maire de Mexico, Marcelo Ebrard, a également dénoncé une « grave erreur » du Parquet. Le procureur fédéral, équivalent au Mexique du ministre de la Justice, « est l'avocat du pouvoir exécutif fédéral et il n'est pas de son ressort de décider des lois de la capitale », a-t-il déclaré à la presse.
En août 2010, la Cour suprême du Mexique a déclaré que l'ouverture du mariage aux homosexuels est entièrement légale au regard de la constitution mexicaine[39]. Depuis 2011, l'État du Quintana Roo, en raison d'une loi qui ne précisait pas expressément un mariage entre une homme et une femme, fait célébrer deux mariages homosexuels qui finissent par être validés par les autorités, ce qui ouvre cette perspective à tous ceux qui en feraient la demande.
Amérique du Sud et Caraïbes [modifier]
L’homosexualité a été dépénalisée dans la majorité des États des Amériques. Toutefois, l'homosexualité reste pénalement réprimée au Guyana, au Belize et dans une partie des îles caribéennes (en Jamaïque, en Dominique, à Sainte-Lucie, à la Barbade, à Saint-Vincent-et-les-Grenadines, à Grenade, à Trinité-et-Tobago, à Antigua-et-Barbuda et à Saint-Christophe-et-Niévès). Des unions civiles ouvertes aux couples de même sexe sont prévues dans les législations de la Colombie et de l'Uruguay[36]. Dans les Antilles et les Caraïbes, les couples homosexuels sont reconnus en fonction du cadre législatif territorial local, dans les territoires d’outre-mer néerlandais (Aruba,Saint-Martin et Curaçao) et britanniques. En vertu de quoi les territoires d'outre-mer néerlandais ne pratiquent pas le mariage homosexuel mais reconnaissent comme étant des couples mariés les personnes engagées dans un mariage homosexuel célébré et enregistré aux Pays-Bas (mais pas ceux célébrés dans d'autres pays) et leur accordent les mêmes droits qu'aux autres couples mariés. Dans les collectivités territoriales françaises (Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin, Saint-Barthélemy et Guyane) c'est la législation française qui s'applique, permettant le mariage des couples de même sexe.
Argentine [modifier]
En 2002, la capitale argentine Buenos Aires a reconnu l'union civile homosexuelle, qui accorde aux LGBT autant de droits qu'aux couples hétérosexuels, hormis l'adoption d'enfants. La province de Río Negro (Sud du pays) a également reconnu l'union civile homosexuelle quelques mois plus tard. Lors de sa campagne présidentielle en 2007, Cristina Fernandez de Kirchner avait promis l'égalité des droits aux couples homosexuels. Cependant, après son élection, Fernandez n'avait toujours pas résolu le problème de l'égalité entre hétérosexuels et homosexuels en Argentine. En 2008, selon le site Touristiquement Gay, près de 80 % des Argentins se disaient pour le mariage homosexuel, et ce dans un pays pourtant très catholique.
Le 13 novembre 2009, un tribunal de Buenos Aires a ouvert la voie aux mariages homosexuels dans la capitale argentine en autorisant un couple de deux hommes à se marier. Cette décision de premier degré peut être cassée en cas d'appel. Mais le maire de Buenos Aires, Mauricio Macri (Conservateur), a déclaré à la presse que pour sa part son gouvernement n'allait pas faire appel et a même encouragé à relancer un projet de loi de mariage homosexuel, actuellement en discussion à la chambre des députés en Argentine, en déclarant que « le monde va dans cette direction », selon lui[40]. En décembre 2009, un couple se marie en Terre de Feu, puis un autre en mars 2010 à Buenos Aires. Ce deuxième mariage est immédiatement annulé par la justice[41].
Le 6 mai 2010, les députés approuvent le mariage homosexuel en Argentine à 126 voix pour, 109 contre et 5 abstentions[42]. Le 15 juillet 2010, le Sénat argentin accepte à son tour le mariage homosexuel[43], également appelé mariage égalitaire (matrimonio igualitario)[44],[45]. La loi change le Code civil de façon que l'expression « les contractants » remplace les mots « mari et femme ». Elle accorde les mêmes droits (allocations, congés, succession, héritage) aux mariés de même sexe qu'aux mariés de sexe différent, y compris pour l'accès à l'adoption[46].
Brésil [modifier]
Au Brésil, la justice a autorisé des couples homosexuels à convertir leur union civile en mariage, d'abord dans certains États fédérés, puis le 14 mai 2013 dans l'ensemble des juridictions. Le 26 novembre 2012, la cour de l'État de Bahia a autorisé les couples homosexuels à se marier, en faisant le premier État du Brésil à autoriser le mariage homosexuel[47]. En décembre 2012, la justice des États de Piauí et São Paulo autorise les notaires de ces États à délivrer des licences de mariage sans l'autorisation d'un juge[48],[49]. Depuis janvier 2012, l'État d'Alagoas autorise les couples homosexuels à se marier, mais seulement avec l'autorisation d'un juge. Depuis le 15 juillet 2012, l'État de Sergipe autorise également les couples homosexuels à se marier[50]. Le 15 août 2012, le Corregedoria Geral da Justiça de l'État d'Espírito Santo a publié une circulaire indiquant que tous les registres civils de l'État devraient aborder le mariage homosexuel de la même manière qu'en ce qui concerne les couples de sexes opposés, ce qui en fait le troisième État brésilien à traiter de ce sujet dans sa juridiction de l'État[51]. Le 1er décembre 2012, la Cour des registres publics du District Fédéral (Brésil), a jugé que, dès maintenant, les licences de mariage de même sexe devraient être accordés sans l'intervention d'un juge[52].
Le 7 mars 2013, le procureur général, Francisco Sales Neto, de l'État de Ceará, a décidé que tous les notaires de l'État sont tenus d'accepter les mariages homosexuels. La décision prend effet à partir du 15 mars 2013[53]. Le 26 mars 2013, l'État de Paraná autorise les mariages homosexuels et les convertions des simples unions homosexuelles en mariages par décision du procureur général de l'État[54]. Le 2 avril 2013, la cour de l'État du Mato Grosso do Sul autorise les mariages homosexuels dans l'État[55],[56]. Le 26 avril 2013, l'État de Rondônia accepte également le mariage entre deux personnes de même sexe[57],[58].
Le 14 mai 2013, le Conseil national de justice, à l'unanimité moins une voix, présidé par le président de la Cour suprême du Brésil, Joaquim Barbosa annonce que tous les tribunaux publics qui célèbrent des mariages ne pourront plus refuser les unions entre personnes de même sexe. Cette décision intervient alors qu'au Parlement fédéral une proposition en ce sens était examinée mais traînait en longueur.
« La Cour affirme que l'expression de la sexualité et des sentiments homosexuels ne peut servir de fondement à un traitement discriminatoire, qui ne trouve aucun support dans le texte de la Constitution fédérale de 1998 » a déclaré M. Barbosa, le premier président noir de cette Cour, sur le site du CNJ.
Avant cette décision, le mariage homosexuel était possible dans treize États brésiliens : Alagoas, Bahia, Ceará, District Fédéral, Espírito Santo, Mato Grosso do Sul, Paraíba, Paraná, Piauí, Rondônia, Santa Catarina, Sao Paulo, Sergipe.
Uruguay [modifier]
La chambre basse, le 12 décembre 2012, puis le Sénat le 2 avril 2013 ont adopté en première lecture une loi légalisant le mariage pour les couples homosexuels[59],[60]. Le projet de loi a été adopté définitivement le 10 avril 2013[19].
Asie [modifier]
République de Chine (Taïwan) [modifier]
Plus libéral que la Chine, Taïwan a aussi introduit un projet de loi portant sur les droits de l’Homme ayant pour effet la légalisation des mariages des conjoints de même sexe.
République populaire de Chine [modifier]
En Chine, des débats sont actuellement en cours sur le mariage homosexuel. Une cérémonie de mariage a été organisé le 20 novembre 2010 dans la ville de Changzhou, dans le Jiangsu, réunissant 300 invités. Le but est de faire reconnaître le mariage homosexuel. La population homosexuelle est particulièrement touchée par le VIH en Chine continentale, selon certains experts, un mariage homosexuel reconnu serait un des moyens de réduire la propagation de la maladie[61].
Israël [modifier]
Le mariage homosexuel n’est pas légal en Israël. Entre autres raisons, c’est le rabbinat qui contrôle l’institution du mariage (et du divorce). Cette question est donc liée à celle du rapport entre judaïsme et homosexualité. Cependant, le 21 novembre 2006, la Cour suprême d’Israël a ordonné au gouvernement de reconnaître des mariages de couples de même sexe célébrés au Canada. Cette décision ne constitue pas pour autant une reconnaissance par l’État du mariage homosexuel, qui nécessitera un changement de la législation par la Knesset (l'assemblée législative israélienne). Un député religieux a déjà suggéré qu’il présentera une proposition de loi pour essayer de contourner la décision de la Cour[62].
En avril 2008, la reconnaissance officielle de l’adoption à l’étranger d’enfants « non biologiques » pour des couples de même sexe vient alors élargir les droits des homosexuels, alors que l’adoption était jusque-là réservée aux couples homosexuels dont l’un des membres était père (ou mère) biologique. Le 16 mars 2009, le gouvernement israélien vote une loi permettant le droit au « congé paternité » pour couple du même sexe, permettant à l'un des deux parents d'accorder du temps au nourrisson. Ce congé est de 64 jours et est financé par la Caisse nationale d'assurance israélienne[63].
Europe [modifier]
La situation à l’échelle européenne est disparate. Au niveau de l'Union européenne (27 membres) :
- 7 États reconnaissent le mariage homosexuel : les Pays-Bas (depuis 2001), la Belgique (2003), l'Espagne (2005), la Suède (2009, avec une disposition obligeant l’Église à trouver un pasteur pour célébrer les mariages religieux), le Portugal (2010), le Danemark (2012) et la France (2013).
- 9 pays sans permettre le mariage homosexuel, autorisent une forme d'union civile (« partenariat enregistré »/« partenariat civil ») pour les couples homosexuels : l'Allemagne (eingetragene Partnerschaft spécifique aux couples homosexuels, accordant des droits similaires à ceux du mariage, sauf en matière fiscale et d'adoption, depuis 2001), la Hongrie (depuis 2007, le statut de « concubin » permet d’obtenir un crédit, de faire valoir des droits à un héritage et accorde des abattements fiscaux), la République tchèque (2006), le Royaume-Uni (depuis 2004, le « partenariat civil » spécifique aux couples homosexuels accordant des droits équivalents à ceux des hétérosexuels), la Finlande (2002), le Luxembourg (2010), la Slovénie (2010), l'Irlande (2010) et l'Autriche (2010). Un projet de loi est en discussion en Grèce.
- 11 pays ne reconnaissent aucune forme d'union légale pour les couples homosexuels (Italie, Grèce, Chypre, Malte, Slovaquie, Lettonie, Lituanie, Estonie, Roumanie, Bulgarie, Pologne)[64] dont quatre l’interdisent explicitement dans leurs textes (Pologne, Bulgarie, Lettonie et Lituanie).
Au niveau des pays hors UE, membres du Conseil de l'Europe (soit 20 membres), la Norvège, en 2008, et l'Islande, en 2010, autorisent le mariage homosexuel. En Croatie, une loi adoptée en 2003 reconnaît le droit au « soutien mutuel » au sein du couple et le droit à la succession. La Suisse a également adopté une forme d'union civile pour les couples homosexuels en 2007. En Albanie, un projet de loi est en discussion.
Législation européenne [modifier]
Conseil de l'Europe [modifier]
La Cour européenne des droits de l'homme a estimé que le fait de réserver le mariage aux couples constitués d’un homme et d’une femme relève des prérogatives des lois nationales et ne constitue pas une discrimination[65].
Union européenne [modifier]
En revanche, plusieurs résolutions du Parlement européen demandent aux États de l'Union européenne de mettre en place une législation pour en finir avec les discriminations à l'égard des couples homosexuels en termes d'union, de mariage civils ou d'accès à l'adoption et à la parentalité. Par la résolution du 8 février 1994 (qui fait suite au rapport Claudia Roth), le Parlement européen demande clairement aux États membres de mettre fin à « l'interdiction faite aux couples homosexuels de se marier ou de bénéficier de dispositions juridiques équivalentes », recommande de « leur garantir l'ensemble des droits et des avantages du mariage, ainsi qu'autoriser l'enregistrement des partenariats » et de supprimer « toute restriction au droit des lesbiennes et des homosexuels d'être parents ou bien d'adopter ou d'élever des enfants[66] ». Dans la résolution votée le 5 juillet 2001[67] (faisant suite au rapport Cornillet de 2000), le Parlement européen recommande aux États membres de l'Union européenne « la modification de leur législation dans le sens d'une reconnaissance des relations non maritales entre personnes du même sexe ou de sexes différents et l'attribution de droits égaux à ces personnes » ainsi que « l'inscription à l'ordre du jour de l'Union européenne de la question de la reconnaissance mutuelle des relations non maritales reconnues légalement ».
Dans un rapport adopté fin 2002[68], le Parlement recommande « de reconnaître les relations non maritales, tant entre personnes de sexe différent qu'entre personnes du même sexe, et d'associer à ce type de relations des droits égaux à ceux qui découlent du mariage, tout en inscrivant à l'agenda politique la reconnaissance mutuelle des relations non maritales et du mariage entre personnes du même sexe ». Dans une résolution de 2003[69], le Parlement européen réitère sa demande « d'abolir toute forme de discrimination - législatives ou de facto - dont sont encore victimes les homosexuels, notamment en matière de droit au mariage et d'adoption d'enfants ». Ces différentes résolutions n'ont cependant aucun effet contraignant pour les États.
Albanie [modifier]
Les couples homosexuels ne sont actuellement pas reconnus en Albanie bien qu'en 2009 le Premier ministre Sali Berisha ait indiqué soutenir l'autorisation du mariage pour les couples de même sexe[70]. La loi adoptée en 2010 protège les homosexuels contre les discriminations, mais ne leur ouvre pas le mariage[71].
Allemagne [modifier]
La question fait débat en Allemagne. Le parti des Verts (Die Grünen) milite pour l'ouverture du mariage aux homosexuels[72], tandis que les partis conservateurs (CDU, CSU) sont opposés à une assimilation sur le plan juridique entre le mariage et le contrat ouvert aux personnes homosexuelles[73].
Autriche [modifier]
En Autriche, le mariage homosexuel n'est pas autorisé. En revanche, il est possible pour les couples homosexuels de signer un partenariat ayant une valeur juridique, y compris pour les couples étrangers, mais ce partenariat est en vigueur uniquement à Vienne. De plus, depuis le 1er janvier 2010, une loi sur le « concubinage officiel » permet aux couples de même sexe de créer un cadre juridique pour leur union, sans toutefois permettre l'adoption d'un enfant par les deux concubins solidairement ou séparément, ni permettre le recours à l'insémination artificielle pour la conception d'un enfant.
Une requête introduite le 5 août 2004 par deux concubins masculins auprès de la Cour européenne des droits de l'homme, visant à faire condamner l'Autriche pour « violation de l'article 12 » (sur le mariage) de la convention européenne des droits de l'homme, ainsi que pour « violation de l'article 14 » (interdiction de discrimination) combinée avec une « violation de l'article 8 » (droit au respect de la vie privée et familiale), a été rejetée le 24 juin 2010 par la CEDH[74].
Belgique [modifier]
En Belgique, il est autorisé depuis le 30 janvier 2003 mais la filiation (reconnaissance de l’un des conjoints comme parent des enfants de l’autre) et l’adoption n’y étaient au départ pas possibles. L’ouverture du mariage aux couples de même sexe fut votée par une coalition translinguistique socialiste-libérale-écologiste. Les libéraux et les sociaux-chrétiens n’acceptèrent cependant de donner leur accord qu’à la condition que le texte n’inclue pas le droit à la filiation et à l’adoption. Ce droit refusé aux homosexuels fut à l’origine de l’avis négatif rendu par le Conseil d’État, qui considérait que le but premier du mariage était de servir de cadre à la procréation. Le gouvernement passa outre, jugeant, à l’instar de nombreuses associations, que si l’on ne refusait pas le droit au mariage aux personnes stériles ou ménopausées, il n’y avait pas lieu de le refuser aux homosexuels. Un projet de loi ouvrant l’adoption aux couples mariés ou cohabitant dans les mêmes conditions quel que soit leur sexe est adopté par la Chambre des représentants le 2 décembre 2005 et par le Sénat le 20 avril 2006, la loi, après sanction royale le 18 mai, entre en vigueur 10 jours après sa publication officielle le 20 juin au Moniteur belge, soit le 30 juin 2006[75]. Aujourd’hui, les homosexuels peuvent se marier et adopter légalement en Belgique.
Danemark [modifier]
Le Danemark a été le premier pays au monde à rendre légal le partenariat enregistré en juin 1989 (en vigueur depuis le 1er octobre 1989)[76].
Le mariage entre personnes de même sexe au Danemark est autorisé depuis le 15 juin 2012. Cette loi s'applique sur tout le territoire métropolitain du Danemark c'est-à-dire tout le Danemark sauf le Groenland et les îles Féroé et permet le mariage religieux à l’Église luthérienne d’État.
La loi a été adoptée le 7 juin 2012 et a reçu la sanction royale le 12 juin 2012.
Espagne [modifier]
Le 30 juin 1998, le parlement de la communauté autonome de la Catalogne a adopté à la quasi-unanimité (100 voix pour et 12 contre) le projet de loi sur les formes de vie commune autres que le mariage. La loi qui en résulte (la première de ce type adoptée dans un pays de l’Europe du Sud), dite loi sur les couples stables, permet aux couples non mariés, hétérosexuels ou homosexuels, d’avoir un statut aussi proche que possible de celui des couples mariés dans toutes les matières relevant de la compétence de la communauté autonome. En 2004, les gouvernements régionaux de la Catalogne, de la Navarre, du Pays basque et de l’Aragon ont autorisé l’adoption par les couples homosexuels. La loi qui existait avant 2004 en Catalogne autorisait déjà l’adoption par les homosexuels, mais ne permettait aux couples que « d’accueillir » des enfants. Finalement, sur un projet de loi du gouvernement socialiste, les députés espagnols ont voté le 30 juin 2005, par 187 voix pour, 147 contre et 4 abstentions, en faveur d’un projet de loi autorisant le mariage et l’adoption homosexuels. La loi entra en vigueur avec sa signature par le chef de l’État, le roi Juan Carlos, et sa publication dans le Boletín Oficial del Estado, le 2 juillet 2005; les mariages homosexuels sont permis depuis le 3 juillet.
L’Espagne est devenue ainsi le troisième pays en Europe et quatrième au monde, à approuver le mariage entre homosexuels et le premier à accepter l’adoption sans restriction. La loi avait modifié le Code civil pour introduire la phrase suivante : « Le mariage répondra aux mêmes conditions et aura les mêmes effets que les contractants soient du même sexe ou d’un sexe différent[77]. » Le 18 juin 2005, 166 000 personnes selon la police, et 1,5 million selon les organisateurs, manifestaient contre la loi autorisant le mariage homosexuel à Madrid. Cette manifestation a été initiée par le Forum espagnol de la famille (FEF). Des évêques espagnols et des représentants du Parti populaire (droite) ont participé au cortège. La communauté homosexuelle a répliqué le 2 juillet avec une manifestation et fête de la Fierté, estimé à 97 000 par les autorités (2 millions selon les organisateurs)[78],[79].
Estonie [modifier]
Le 28 juin 2011, dans une déclaration, le Conseil des Églises chrétiennes d'Estonie (EKN) déclare s'opposer à la légalisation du mariage homosexuel : « L'EKN ne soutient ni l'homosexualité, ni la reconnaissance légale d'unions civiles ou de mariages entre deux personnes du même sexe. La législation en vigueur en Estonie offre à ce genre de concubinage des garanties suffisantes s'il s'exerce sous forme de simple communauté », lit-on dans la lettre adressée par le Conseil au ministre estonien de la Justice, Kristen Michal. Selon l'EKN, des amendements à la loi sur la famille et à d'autres actes juridiques est susceptible de dénaturer la notion même de mariage et de détruire « l'institution de la famille, en tant que communauté reposant sur de solides liens de parenté et la continuité des générations ».
Le Conseil poursuit : « [il] ne reconnaît que le mariage entre un homme et une femme, qui est seul susceptible de garantir la viabilité de l'Estonie et de son peuple ». L'EKN réunit les églises des dix confessions sur le territoire estonien. Épaulées par les ONG européennes, les organisations d'homosexuels d'Estonie appellent le gouvernement à amender la loi sur la famille afin d'offrir le droit de se marier aux couples du même sexe.
Finlande [modifier]
En automne 2011, les autorités finlandaises envisagent l'introduction du mariage des personnes du même sexe. Le ministère de la Justice étudiera les possibilités de la transformation du code civil de manière à ce que tous les couples puissent contracter mariage, quel que soit le sexe des conjoints. L'étude portera également sur l'adoption homoparentale.
Les couples homosexuels ont déjà la possibilité d'adopter en Finlande, mais uniquement un enfant du cercle familial[80]'[81].
France [modifier]
Depuis décembre 1999, le pays a mis en place le pacte civil de solidarité (PACS), ouvert aux couples homosexuels comme hétérosexuels. Contrairement au mariage, le PACS ne permet ni l’adoption par un couple pacsé, ni un droit de séjour pour le conjoint étranger, ni une pension de réversion au conjoint survivant. Cependant la question du mariage des couples homosexuels fait son chemin dans les esprits. En 2010, 61 % de la population adulte résidant en France considérait que « deux personnes de même sexe devraient pouvoir s’unir civilement à la mairie »[82].
Le 16 novembre 2010, la Cour de cassation transmet au Conseil constitutionnel une question prioritaire de constitutionnalité sur le sujet. Dans sa décision rendue le 28 janvier 2011, le Conseil constitutionnel considère que les articles 75 et 144 du Code civil, qui expriment une conception exclusivement hétérosexuelle du mariage, ne sont pas inconstitutionnels[83]. Selon cette décision, c'est au législateur de décider de la justesse de l'ouverture, ou non, du mariage à tous les couples sans discrimination d'orientation sexuelle ; cette question appartient ainsi au domaine politique et ne relève pas du juridique. Deux propositions de loi, visant à ouvrir le mariage à tous les couples, sont déposées à l'Assemblée nationale en 2008[84] et 2010[85]. Lors de l'élection présidentielle de 2012, plusieurs candidats se déclarent favorables au mariage homosexuel : Eva Joly[86], François Hollande[86], Philippe Poutou[86], Nathalie Arthaud[87] et Jean-Luc Mélenchon[87]. C'est aussi le cas de Dominique de Villepin[86], un temps pressenti pour être candidat. François Bayrou et Nicolas Sarkozy sont quant à eux plutôt favorables à l'instauration d'une union civile ouvrant les mêmes droits que le mariage mais n'étant pas qualifiée de mariage[86]. De leur côté, Christine Boutin et Marine Le Pen sont opposées au mariage homosexuel[86].
Le 7 novembre 2012, conformément à la promesse de campagne de François Hollande[88], la garde des sceaux Christiane Taubira présente en Conseil des ministres le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe[89]. L'étude d'impact du projet de loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe est publiée sur le site de l'Assemblée nationale depuis le mois de novembre 2012[90]. Le 2 février 2013, l'Assemblée nationale adopte le premier article de la proposition de loi dite du « mariage pour tous », avec 249 voix pour et 97 contre, permettant ainsi le mariage aux couples homosexuels[91]. La loi dans son ensemble, incluant également la possibilité pour les couples homosexuels d'adopter, est votée par l'Assemblée nationale dès le 12 février avec 329 voix pour, 229 voix contre et 10 abstentions[92]. Examinée, amendée puis votée par le Sénat le 12 avril suivant[93], la loi est définitivement adoptée par l'Assemblée nationale le 23 avril. Sa promulgation par le président de la République est alors suspendue jusqu'à l'examen d'un recours pour contrôle de constitutionnalité déposé au Conseil constitutionnel, qui rend une décision favorable le 17 mai, lors de la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie. La promulgation est effective le lendemain[94],[95], rendant ainsi le mariage entre personnes du même sexe légal en France.
Grèce [modifier]
Le 13 mars 2008, l’Union grecque des homosexuels et lesbiennes (OLKE) a annoncé qu’un couple d’hommes et un couple de femmes se marieraient la semaine suivante respectivement à Thessalonique et Athènes[96]. Ce mariage a, effectivement, été célébré le 3 juin mais à Tilos. D’après l'OLKE, la loi de 1982 qui a établi le mariage civil dans le pays, ne mentionne pas le sexe des deux personnes qui s’unissent. L’annonce de l'OLKE est venue quelques jours après la déclaration du gouvernement grec qu’il établirait le contrat d’union civile mais uniquement pour les couples hétérosexuels. Cependant, le tribunal de Rhodes dans le Dodécanèse a annulé les deux mariages le 4 mai 2009[97], arguant que la loi nationale ne prévoit pas le mariage entre personnes de même sexe. La victoire des socialistes aux législatives d'octobre 2009, n'a pas amené de projet sur le sujet.
Islande [modifier]
Le 11 juin 2010, l'Althing, le Parlement islandais, vote l'ouverture du mariage aux couples homosexuels et devient ainsi le septième pays européen dans lequel les homosexuels peuvent se marier au même titre et dans les mêmes conditions que les couples hétérosexuels, avec 49 voix pour, et 14 abstentions[98]. La loi est entrée en vigueur le 27 juin, le même jour la Première ministre du pays a épousé sa compagne.
Italie [modifier]
Bien que sur la base de dispositions constitutionnelles non-discriminatoires, notamment celles de l'art. 3, dûment confirmées par la Cour de cassation et la Cour constitutionnelle qui ont enjoint le Parlement italien à rendre égales les conditions pour les couples de même sexe, il n'existe aucune disposition légale, après l'échec du projet de loi Di.Co (sorte de pacs) sous le gouvernement Prodi II. Le 9 mai 2013, Josefa Idem, ministre à l'Égalité des chances du gouvernement Letta déclare vouloir accorder rapidement les mêmes droits aux couples homosexuels, à l'exception toutefois de l'adoption, dans un premier temps[99].
Luxembourg [modifier]
Le Conseil de gouvernement luxembourgeois a annoncé[100] officiellement le 9 juillet 2010 l'adoption du projet de loi visant à ouvrir le mariage et l'adoption simple aux couples de même sexe. Ce projet de loi[101] a été déposé à la Chambre des Députés le 10 août 2010 et devait être débattu avant la fin de l'année 2010. Le gouvernement issu des élections législatives du 7 juin 2009 avait en effet inscrit à son programme l'ouverture du mariage aux couples de même sexe[102], volonté ensuite confirmée par le Premier ministre Jean-Claude Juncker lors de sa déclaration gouvernementale[103] à la Chambre des Députés le 29 juillet 2009.
Norvège [modifier]
Le 11 juin 2008, le Parlement norvégien a adopté un projet de loi autorisant le mariage homosexuel ainsi que l'adoption d'enfants et la possibilité de bénéficier d'une assistance à la fécondation. Le texte a été adopté par 84 voix contre 41[104]. Les deux seuls partis s'y opposant étaient les chrétiens-démocrates (Kristelig Folkeparti) et l'extrême droite (Fremskrittspartiet)[104]. À la suite de cette décision, la Norvège devient le quatrième pays européen, et le sixième dans le monde, à permettre le mariage aux couples de même sexe.
L'homosexualité était illégale jusqu'en 1972 en Norvège, un pays qui a depuis fortement évolué dans ce domaine[105].
Pays-Bas [modifier]
Le mariage homosexuel est autorisé depuis le 1er avril 2001. Les Pays-Bas ont été le premier pays à reconnaître le mariage homosexuel. Cette reconnaissance a donné lieu à de vifs débats. Cette législation avait été précédée par la loi du 5 juillet 1997 qui permettait déjà aux couples homosexuels de régler officiellement leur vie commune.
Dans le droit néerlandais, le mariage exige les mêmes conditions et produit les mêmes effets pour les unions hétérosexuelles et homosexuelles.
Cependant, le mariage homosexuel n’a pas les mêmes effets juridiques à l’égard des enfants du conjoint. En effet, si l’adoption d’enfants de nationalité néerlandaise est également possible, la filiation (reconnaissance de l’un des conjoints comme parent des enfants de l’autre) n’est pas automatique.
Portugal [modifier]
La loi portugaise reconnaît depuis 2001 les unions de fait des personnes vivant en couple depuis plus de deux ans, indépendamment de leurs sexes. Le Portugal est de plus actuellement le seul pays d’Europe dont la Constitution interdit explicitement la discrimination sur la base de l’orientation sexuelle[106]. Le 10 octobre 2008, le parlement portugais rejette deux propositions de lois déposées par les communistes et les Verts sur le mariage homosexuel. Le Parti socialiste, pourtant favorable au mariage homosexuel, affirme que le Portugal n'est pas encore prêt. La réélection lors des élections législatives de 2009 en septembre 2009 du Premier ministre socialiste sortant José Sócrates, favorable au mariage entre personnes du même sexe, change la donne, le sujet du mariage homosexuel étant inscrit dans son programme électoral. Un projet de loi légalisant le mariage homosexuel est donc élaboré par le gouvernement socialiste le 17 décembre 2009, il est adopté en première lecture par le Parlement le 8 janvier 2010, avec une très faible contestation par les opposants[107].
En mai 2010, la loi adoptée est présentée au président de République portugaise, Aníbal Cavaco Silva, de centre-droit. Celui-ci peut soit promulguer la loi, soit appliquer le droit de véto politique et renvoyer la loi devant le Parlement pour une nouvelle délibération. Bien que personnellement opposé au texte, le président annonce, le 17 mai 2010, sa décision de publier le texte. Le Portugal devient ainsi le sixième pays européen à légaliser le mariage homosexuel.
Royaume-Uni [modifier]
Le Royaume-Uni ne reconnaît pas le mariage homosexuel[108]. Les couples homosexuels peuvent néanmoins signer un civil partnership qui leur accorde la grande majorité des droits dont bénéficient les couples mariés ; ils peuvent en particulier adopter des enfants.
Angleterre et pays de Galles [modifier]
En mars 2012, le gouvernement britannique a lancé des consultations en vue de la légalisation du mariage pour les personnes homosexuelles en Angleterre et au pays de Galles, dans un contexte où l'opinion publique britannique semble y être favorable. Après des débats, un projet de loi autorisant le mariage homosexuel, y compris le mariage religieux sauf au sein de l'Église d'Angleterre, est déposé. La Chambre des communes vote ce projet en seconde lecture le 5 février 2013. Il doit encore être débattu en commission puis adopté en troisième lecture avant d'être envoyé à la Chambre des lords et éventuellement promulgué.
Écosse [modifier]
En décembre 2012 en Écosse, le gouvernement a soumis à consultation un pré-projet de loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe, y compris les mariages religieux pour les confessions religieuses qui le souhaitent[109].
Irlande du Nord [modifier]
Le 29 avril 2013, l'Assemblée d'Irlande du Nord rejette, par 53 votes contre 42, une motion visant à autoriser le mariage de personnes de même sexe dans le pays. Déposée par le parti Sinn Féin, la motion a été rejetée notamment par les partis unionistes, conservateurs. « [L]a principale opposition dans ce pays traditionnellement religieux est venue des Églises »[110].
Slovénie [modifier]
En 2010, le Parlement slovène a accepté de prendre en considération un projet de loi qui modifiera profondément le droit familial et devrait notamment ouvrir le mariage aux couples du même sexe. Il comprend également un volet permettant l'adoption par les couples homosexuels[111]. Le projet a été approuvé par 46 voix contre 38[réf. nécessaire], après de vifs débats dans un pays de tradition catholique. À noter que c'est le premier pays slave à l'autoriser.
Suède [modifier]
Le 1er avril 2009, la Suède a voté une loi autorisant le mariage homosexuel par un vote parlementaire (261 députés pour, 22 contre, 16 abstentions, 50 absents). Elle est entrée en vigueur le 1er mai 2009. Si la Suède n'est pas le premier pays à légaliser le mariage homosexuel, c'est le premier à inclure dans la législation l'interdiction de refus du mariage religieux pour les homosexuels. Les pasteurs ont le droit de refuser individuellement mais l'Église luthérienne (religion majoritaire du pays) a l'obligation de trouver un pasteur pour procéder au mariage homosexuel.
Océanie [modifier]
Australie [modifier]
Depuis 2004, une modification du Mariage Act, 1961 interdit la célébration ou la reconnaissance du mariage d'un couple homosexuel par le gouvernement fédéral australien.
Fidji [modifier]
En mars 2013, dans le contexte de la préparation d'une nouvelle Constitution comprenant une déclaration des droits, le Premier ministre fidjien Frank Bainimarama s'oppose à l'idée du mariage homosexuel. Répondant à une question à ce sujet lors d'une interview à la radio, il indique que le mariage pour personnes de même sexe « ne sera pas permis parce que c'est contraire aux croyances religieuses »[112].
Nouvelle-Zélande [modifier]
La proposition de loi Marriage Equality Bill ouvrant le mariage aux couples homosexuels a été adoptée en seconde lecture par le parlement le 13 mars 2013[113], puis en troisième lecture par 77 voix contre 44 le 17 avril[114]. La loi reçoit l'Assentiment royal le 19 avril 2013[115].
La proposition avait été déposée par la députée travailliste Louisa Wall, et soutenue par le Premier ministre conservateur John Key. Après avoir autorisé les unions civiles en 2005, la Nouvelle-Zélande devient ainsi le premier pays en Océanie à légaliser le mariage pour les couples de même sexe[116]. Au moment de l'adoption de la loi, les sondages d'opinion indiquaient que 70 % de la population y était favorable[114].
Samoa [modifier]
Les Samoa sont un pays chrétien profondément conservateur[117]. En 2012, le Premier ministre Tuilaepa Sailele Malielegaoi rejeta « d'un ton moqueur » l'idée que le mariage homosexuel puisse être adopté dans le pays, et indiqua qu'il ne soutiendrait pas une telle initiative[118]. Il réaffirma ce propos l'année suivante, affirmant que le mariage pour personnes de même sexe était contraire aux croyances chrétiennes[119].
Les rapports sexuels entre deux hommes adultes consentants restent illégaux, et peuvent en principe être punis de cinq ans de prison (la loi est silencieuse concernant les rapports sexuels entre deux femmes adultes consentantes)[120].
Débats [modifier]
Arguments généraux [modifier]
Le mouvement LGBT s'oriente globalement à partir des années 1980 vers une démarche, parfois qualifiée d'intégrationniste, dans laquelle l'appel à la « libération homosexuelle » et la fin de l'« hétéropatriarcat » laisse place à des revendications plus concrètes de reconnaissance des droits civils et de l'égalité devant la loi entre les couples.
La volonté de couples d'hommes ou de femmes de se marier s'appuie alors sur la valeur d'égalité qui fondent les sociétés démocratiques[121],[122],[123]. Elle fait suite à une certaine normalisation de l'homosexualité à la fin du XXe siècle, passant de « la déviance » à « des comportements simplement qualifiés de "différents" » dans les sociétés démocratiques[124].
Les opposants au mariage entre personnes du même sexe considèrent eux le mariage homosexuel comme modifiant fondamentalement la nature du mariage et de la famille. Ils contestent la légitimité d'un tel mariage par traditionalisme dans la mesure où le mariage serait une institution ancienne et acceptée qui préexisterait l'État[125],[126].
En outre, certains opposants considèrent qu'ouvrir le mariage aux couples de même sexe peut conduire à des « dérives sociétales » telles que la polygamie ou l'inceste car « à partir du moment où on parle d'amour pour justifier le mariage entre deux hommes, pourquoi ne pas également demander le mariage entre un père et sa fille, entre un frère et une sœur, entre 3 ou 4 personnes qui s'aiment »[127],[128].
L' évolution des revendications du mouvement LGBT n'est par ailleurs pas unanime, certains dénonçant le conformisme bourgeois du mariage, l'opposant au caractère « sulfureux » de certains homosexuels[129],[130]. Certains préfèrent ainsi proposer l'abrogation du mariage dans sa forme actuelle[131].
Religions et mariage religieux [modifier]
La plupart des doctrines des religions monothéistes condamnent le mariage homosexuel. Dans les pays où un débat sur la question a lieu, les autorités religieuses font ainsi souvent partie des principaux opposants au mariage entre personnes du même sexe. Là où ce dernier est légal, des exemptions sont généralement créées pour autoriser les autorités religieuses à ne pas célébrer ces mariages[132]. Toutefois, des exceptions existent : par exemple en 2009, l'assemblée de l'Église luthérienne de Suède a voté en faveur du mariage homosexuel[133].
Homoparentalité [modifier]
Le débat sur la reconnaissance du mariage des couples de même sexe porte également sur la légitimité des couples homosexuels à fonder une famille et à être parents, notamment par l'adoption ou la procréation médicalement assistée. Les opposants au mariage des couples de même sexe considèrent souvent la famille composée d'un homme, d'une femme et d'enfants comme le cadre naturel et le plus (ou le seul) épanouissant pour les enfants. À l'inverse, les partisans de la reconnaissance des familles homoparentales estiment que rien ne démontre que les enfants élevés par des couples homosexuels soient moins bien ou mieux portants que les autres.
Toutefois, la question du mariage et celle de l'homoparentalité ne sont pas nécessairement liées. D'abord parce que dans de nombreux pays, des familles homoparentales existent indépendamment de la reconnaissance ou pas du mariage. Ensuite parce que les deux revendications, reconnaissance du couple et reconnaissance de la famille, ne sont pas forcément traitées en même temps, par exemple lorsque des proposition de création d'union civile sont faites, donnant aux couples de même sexe des droits équivalents à ceux du mariage sauf en matière de filiation.
Homophobie [modifier]
L'homosexualité reste interdite dans quatre-vingts États[134].
Dans les débats entourant l'instauration du mariage homosexuel, une partie de ses opposants revendique la défense d'un modèle familial mais récuse l'homophobie. À l'inverse, d'autres estiment que c'est bel et bien la question du regard porté sur l'homosexualité au sens large et les personnes LGBT que posent les manifestations d'opposition[135],[136].
Notes et références [modifier]
- Notes
- L'homosexualité a été classée dans la liste des troubles mentaux par l'Organisation mondiale de la santé jusqu'au 17 mai 1990. Voir : OMS, « Mettre fin à la discrimination contre les hommes et les femmes homosexuels », 17 mai 2011, lire en ligne, consulté le 3 décembre 2012.
- Le Portugal a accordé le droit à l'adoption pour les couples homosexuels, mais uniquement pour l'enfant d'un des deux conjoints, le 17 mai 2003, par 99 voix contre 96, tandis que quatre provinces canadiennes n'autorisent pour le moment aucune forme d'adoption : Île-du-Prince-Édouard, Nouveau-Brunswick, Nunavut et Yukon.
- Références
- Projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe, Assemblée nationale, consulté le 23 décembre 2012.
- Projet de loi C-38, Parlement du Canada, consulté le 23 décembre 2012.
- Guillaume Champeau, « Mariage "gay" ou "homosexuel" : le SEO influence-t-il le débat ? », sur numerama.com. Mis en ligne le 9 novembre 2012, consulté le 16 décembre 2012
- « Mariage gay: les raisons de mon oui », L'Express, 7 novembre 2012.
- Étude d'impact du Projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe (impacts sociaux, fiscaux, successoraux etc.) - Novembre 2012, Site de l'Assemblée Nationale française, consulté le 7 mars 2013.
- (en) Sean Cahill, Mitra Ellen, Sarah Tobias, Family policies, The Policy Institute of the National Gay & Lesbian Task Force
- (en) Lesbians, Gay Men, Bisexuals and Transgendered people, Benchmark Institute
- (en) Australian marriage equality
- Brett Genny Beemyn, article « Bisexuality » dans An Encyclopedia of Gay, Lesbian, Bisexual, Transgender, and Queer Culture, 2004 : « The process of coming out as bisexual is also complicated by the need to cope with both homophobia and biphobia. Examples of biphobia include the assumption that a same-sex couple is lesbian or gay and a mixed-sex couple is heterosexual, that bisexuals (…) by nature [are] equally attracted to women and men and cannot live monogamously »
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« Avec la montée en puissance de l’individu, le mariage est devenu l’événement social de la reconnaissance d’un lien affectif. Définition minimale et subjectiviste, qui donne en même temps la clef de ce qui est revendiqué, une reconnaissance. »
- (se) Maria Ringborg, « Kyrkomötet öppnade för enkönade äktenskap », sur dn.se. Mis en ligne le 22 octobre 2002, consulté le 12 décembre 2012
- « Communiqué Ligue des droits de l’homme » (Archive • Wikiwix • Que faire ?). Consulté le 2013-04-11
- « Mariage homo : "Le discours homophobe fait mal" », BFMTV, 23 janvier 2013.
- « Les mêmes propos homophobes qu'à l'époque du Pacs », La Nouvelle République, 20 janvier 2013.
Annexes [modifier]
Bibliographie [modifier]
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Articles connexes [modifier]
- Hétérosexisme, Homophobie
- Homosexualité, Homoparentalité
- Mariage, Union civile
- Principes de Jogjakarta
Liens externes [modifier]
- (fr) Étude de législation comparée no 134, juin 2004 - Le mariage homosexuel en Europe (Rapport parlementaire du Sénat français)