Delphine Batho

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Delphine Batho
Delphine Batho lors d'un débat sur la transition écologique à l'Agora lors de la Fête de l'Humanité 2013.
Delphine Batho lors d'un débat sur la transition écologique à l'Agora lors de la Fête de l'Humanité 2013.
Fonctions
Députée de la 2e circonscription des Deux-Sèvres
En fonction depuis le 2 août 2013
Prédécesseur Jean-Luc Drapeau
20 juin 200721 juillet 2012
(5 ans, 1 mois et 1 jour)
Élection 17 juin 2007
Réélection 10 juin 2012
Prédécesseur Ségolène Royal
Successeur Jean-Luc Drapeau
Ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie
21 juin 20122 juillet 2013
(1 an, 0 mois et 11 jours)
Président François Hollande
Gouvernement Jean-Marc Ayrault II
Prédécesseur Nicole Bricq
Successeur Philippe Martin
Ministre déléguée auprès du Garde des Sceaux, ministre de la Justice
16 mai 201218 juin 2012
(1 mois et 2 jours)
Président François Hollande
Gouvernement Jean-Marc Ayrault I
Biographie
Date de naissance 23 mars 1973 (41 ans)
Lieu de naissance Paris (France)
Nationalité Française
Parti politique PS
Père John Batho
Mère Claude Batho
Profession Cadre territoriale

Delphine Batho, née le 23 mars 1973 à Paris 12e, est une femme politique française.

Leader syndicale étudiante, puis vice-présidente de SOS Racisme, elle devient ensuite cadre du Parti socialiste où elle est spécialiste de la sécurité. En 2007, elle succède à Ségolène Royal comme députée de la 2e circonscription des Deux-Sèvres. Porte-parole de François Hollande lors de la campagne présidentielle de 2012, elle est tout d'abord nommée ministre déléguée à la Justice dans le premier gouvernement Jean-Marc Ayrault, avant de devenir ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie en juin 2012, dans le deuxième gouvernement Ayrault.

Le 2 juillet 2013, à la suite d'un désaccord sur la politique budgétaire du gouvernement, elle est relevée de ses fonctions de ministre par le président de la République sur proposition du Premier ministre.

Carrière[modifier | modifier le code]

Jeunesse militante à la FIDL et SOS Racisme[modifier | modifier le code]

Fille des photographes John Batho (ancien ouvrier relieur CGT dans une imprimerie des Deux-Sèvres, puis aux Archives nationales) et Claude Batho, une mère qu'elle perd à huit ans[1], Delphine Batho commence à militer au collège dans des opérations humanitaires[2] et lors des manifestations lycéennes de 1986 contre le projet de loi Devaquet[3], politiquement influencée par des artistes comme Daniel Balavoine et Coluche[2].

Bachelière au lycée Henri-IV à Paris, où elle a fréquenté les mêmes bancs que Mazarine Pingeot[2], elle adhère en 1988 à SOS Racisme et à la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL), dont elle prend la présidence deux ans plus tard[3]. Elle se fait connaître en 1990 lors des manifestations étudiantes et lycéennes contre la réforme du ministre de l'Éducation nationale Lionel Jospin. Après près de deux mois de grève, le mouvement obtient du ministre 4,5 millions de francs[4] pour rénover les lycées et des avancées en matière de droits lycéens (création des conseils académiques de la vie lycéenne, droit de réunion et d’affichage...). Durant le mouvement, un passage de Delphine Batho au journal télévisé de 20 heures lui vaut d'être repérée par Julien Dray[5].

Le baccalauréat en poche en 1992, elle entame à Paris 7 des études d’histoire qu'elle abandonne par la suite. Alors qu'elle vient de quitter la FIDL, elle devient vice-présidente de SOS Racisme en septembre 1992, représentante de la « deuxième génération de SOS », selon l'expression du Monde[6], au côté du nouveau président Fodé Sylla, après le départ de Harlem Désir.

Premiers pas au Parti socialiste[modifier | modifier le code]

Delphine Batho adhère au Parti socialiste en 1994[7] et devient membre du courant la Gauche socialiste avec Julien Dray, aux côtés de qui elle commence à travailler les thèmes de la sécurité[3]. Lors du congrès de Grenoble de 2000, elle entre au Bureau national. En 2003, lors de l’éclatement de la Gauche socialiste, elle reste fidèle à Julien Dray dont elle est alors l'employée au conseil régional d'Île-de-France, chargée des questions de sécurité.

Elle rejoint la motion de François Hollande au congrès de Dijon (mai 2003) et devient l'année suivante, secrétaire nationale, chargée de la sécurité, dossier sur lequel elle travaille depuis 1998. Elle défend alors la ligne « prévention sanction ».

En 2006, elle suit les cours comme auditrice à l'Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ)[8].

Ségolène Royal, candidate à l'élection présidentielle de 2007, intègre ses réflexions en matière de sécurité dans le concept d'« ordre juste ». Dès lors, Delphine Batho est parmi les proches de la candidate[9] et la conseille[10].

Députée des Deux-Sèvres[modifier | modifier le code]

Aux élections législatives de 2007, Delphine Batho est candidate dans la 2e circonscription des Deux-Sèvres où Ségolène Royal ne se représente pas afin d'éviter le cumul de mandats[11]. Lors de l'investiture du PS, elle recueille 54,75 % des voix des militants contre 45,25 % à Éric Gautier, l'ancien suppléant de Ségolène Royal.

Au premier tour des élections, elle obtient 20 690 voix soit 44,55 % des suffrages. Au second tour, face à Jean-Pierre Griffault (UMP), elle l'emporte avec 57,42 % des suffrages (26 524 voix). Son suppléant est Jean-Luc Drapeau. Elle est, durant la législature 2007-2012, vice-présidente du groupe socialiste à l'Assemblée nationale chargée de la sécurité[12].

En 2012, elle est réélue dès le premier tour avec 53,18 % des suffrages exprimés dans la 2e circonscription des Deux-Sèvres aux législatives de 2012, modifiée à la suite du redécoupage des circonscriptions législatives françaises de 2010.

Ministre des gouvernements Ayrault I et II[modifier | modifier le code]

Delphine Batho en janvier 2013.

Responsable du projet de Ségolène Royal lors des primaires citoyennes de 2011, Delphine Batho devient, après la victoire de François Hollande à la primaire, l'une des quatre porte-parole du candidat socialiste pour l'élection présidentielle de 2012.

Le 16 mai 2012, elle est nommée ministre déléguée à la Justice dans le gouvernement Jean-Marc Ayrault I, auprès de la garde des Sceaux, ministre de la Justice, Christiane Taubira.

Avant sa nomination au gouvernement, elle annonce son départ[13], comme le réclamait au nom de l'exemplarité depuis l'automne 2009 la Régie immobilière de la ville de Paris, de son logement intermédiaire de 108 m2 dans le 19e arrondissement de Paris, loué pour 1 524 euros par mois[14], qu'elle occupait depuis 2001, par le biais du 1 % patronal comme salariée à l'époque du conseil régional d'Île-de-France[15].

Lors des élections législatives, elle est réélue députée dès le premier tour. Sans attributions suffisamment précises au sein du gouvernement Ayrault I, et après un mois de relations difficiles avec sa ministre de tutelle, elle obtient le portefeuille de plein exercice de ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie le 21 juin 2012 dans le 2e gouvernement Ayrault composé après les législatives[16]. Sous son autorité ont notamment été mis en place un texte de loi révisant le code minier au sujet de l’exploitation d'hydrocarbures conventionnels ainsi qu'un autre donnant à l’État, à l'instar d’EDF, le pouvoir de décider la fermeture de centrales nucléaires, la première devant être celle de Fessenheim[17].

Le 2 juillet 2013, le président de la République annonce qu'il met fin à ses fonctions en tant que ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie à la suite d'une interview dans laquelle elle qualifiait de « mauvais » le budget 2014 de son ministère et avouait « [sa] déception à l'égard du gouvernement »[18].

Le 4 juillet 2013, lors d'une conférence de presse, elle affirme : « Je n’ai commis ni une erreur ni une faute ». Le gouvernement, ajoute-t-elle, « marque un tournant par rapport à la volonté de mener à bien la transition écologique. C'est le tournant de la rigueur qui ne dit pas son nom et qui prépare la marche au pouvoir de l'extrême droite dans notre pays. [...] Certaines forces économiques [...] n'acceptaient pas le niveau d'ambition fixé pour la transition énergétique. [...] Est-il normal que le PDG de Vallourec, Philippe Crouzet, ait annoncé ma chute prochaine voilà des semaines aux États-Unis ? »[19],[20],[21].

Après son départ du gouvernement[modifier | modifier le code]

En octobre 2014, elle publie un livre, Insoumise, dans lequel elle relate son expérience au gouvernement et les circonstances de son départ : dans cet ouvrage, elle dresse un portrait à charge de décideurs qu'elle juge dépassés par les enjeux écologiques et sous influence des lobbys du secteur de l'énergie, et prône un changement de génération dans la classe politique. Dans un passage du livre, elle s'adresse directement à François Hollande et écrit : « Tu le sais bien, il n'y aura pas de deuxième mandat pour toi »[22],[23],[24]. En dépit du soutien marketing, le livre est un échec éditorial[25].

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Libération.
  2. a, b et c Eric Fottorino, « Delphine Batho, petite-fille de 1789 et 1981 », L'Hémicycle, 28 mars 2012.
  3. a, b et c Delphine Batho, déléguée à la Justice, lepoint.fr, 16 mai 2012.
  4. « 40 ans de contestation étudiante en France » de Constance Jamet dans Le Figaro du 21 novembre 2007. Cependant, FIDL, le syndicat étudiant, cite la somme de de 4,5 milliards de francs voir lien.
  5. Delphine Batho, le péché d'orgueil, Le Monde, 4 juillet 2013.
  6. Bernard Philippe, « Passage de témoin chez les « potes ». M. Fodé Sylla remplace M. Harlem Désir à la tête de SOS-Racisme », Le Monde, édition du 8 septembre 1992, page 13.
  7. Le Figaro.
  8. http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000608675&categorieLien=id.
  9. Cf. la série d'articles de Libération : Les 30 visages du réseau Ségolène Royal, dans la rubrique Les Nouvelles un article de Jacky Durant intitulé Delphine Batho, paru dans l'édition du 2 mai 2007, page 13.
  10. Cf. l'article du journal Le Monde du 27/03/2007, La dauphine de Royal, signé Isabelle Mandraud.
  11. « Royal : « Je n'ai pas l'intention de me représenter à la députation » », Libération, 11 mai 2007.
  12. Présentation du Groupe Socialiste à l'Assemblée.
  13. « Delphine Batho annonce qu'elle quitte son logement du parc social », Le Monde.fr, 18 mai 2012.
  14. Le Monde du 21 mars 2012, lemonde.fr, 21 mars 2012.
  15. Le Parisien du 21 mars 2012.
  16. http://lelab.europe1.fr/t/batho-taubira-la-separation-3448.
  17. Guillaume Malaurie, « Qui a eu la peau de Delphine Batho ? », in Le Nouvel Observateur n°2540, semaine du 11 juillet 2013, pages 44-45.
  18. « Hollande met fin aux fonctions de Delphine Batho », Libération, 2 juillet 2013.
  19. Delphine Batho met en cause les lobbies économiques sur lemonde.fr.
  20. Pourquoi Delphine Batho met en cause Vallourec sur bfmtv.com.
  21. Batho : « Je n’ai commis ni une erreur ni une faute », sur nouvelobs.com.
  22. La rage froide de Delphine Batho, Libération, 10 octobre 2014
  23. Batho : «Je ne soutiens pas la candidature de Hollande en 2017», Le Figaro, 14 octobre 2014
  24. Hollande, Ayrault et des SMS... Delphine Batho raconte les dessous de son limogeage, Le Nouvel Observateur, 15 octobre 2014
  25. Zemmour a-t-il tué les livres de gauche?, lexpress.fr, 23 octobre 2014

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]