Paul Ramadier

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Paul Ramadier
Paul Ramadier, député de l'Aveyron (1929).
Paul Ramadier, député de l'Aveyron (1929).
Fonctions
112e président du Conseil des ministres français
(128e chef du gouvernement)
22 janvier 194719 novembre 1947
Gouvernement Ramadier
Législature Ie législature
Prédécesseur Léon Blum
(Chef du gouvernement provisoire)
Successeur Robert Schuman
Ministre d'État
26 juillet 194828 août 1948
Président Vincent Auriol
Gouvernement Marie
Député de l'Aveyron
30 avril 192810 juillet 1940
22 octobre 19451er décembre 1958
Maire de Decazeville
8 décembre 191916 mars 1959
Successeur René Rouquette
Biographie
Nom de naissance Paul Ramadier
Date de naissance 17 mars 1888
Lieu de naissance La Rochelle, Charente-Maritime
Date de décès 14 octobre 1961 (à 73 ans)
Lieu de décès Rodez, Aveyron
Nationalité française
Parti politique SFIO (1928-1932)
PSdF (1932-1936)
USR (1936-1940)
SFIO (1945-1958)
Profession Avocat
Religion Catholique

Paul Ramadier, né à La Rochelle le 17 mars 1888 et mort à Rodez le 14 octobre 1961, est un homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un psychiatre, il devient avocat, docteur en droit romain. Défenseur des coopératives, il est militant socialiste dès 1904 et député socialiste de l'Aveyron de 1928 à 1940, de 1945 à 1951 et de 1956 à 1958.

Mobilisé en 1914 comme sergent d'infanterie, il est grièvement blessé. Sa conduite lui vaut la Médaille militaire et la Croix de guerre[1].

Favorable à la participation des socialistes au pouvoir, il quitte la SFIO pour rejoindre l’Union socialiste républicaine. Il fait partie du gouvernement Léon Blum en 1936 comme sous-secrétaire d’État (mines, électricité et combustibles liquides) puis du gouvernement Camille Chautemps comme sous-secrétaire d'État aux Travaux publics. Sous le Front populaire, il fait adopter d’importantes lois sociales. Il prépare notamment une loi sur les accidents du travail, la retraite et les 40 heures. Il est ministre du Travail de janvier à août 1938 dans le cabinet Édouard Daladier, puis démissionne quand celui-ci remet en cause la semaine de 40 heures qui est au cœur des réformes lancées par le Front populaire.

Il refuse avec véhémence de reconnaître les pleins pouvoirs à Pétain en juillet 1940 et participe à la Résistance. Il rejoint de nouveau la S.F.I.O. pendant l’Occupation. Son action en faveur des Juifs lui a valu d'être inscrit sur la liste des Justes parmi les nations à Yad Vashem.

À la Libération, il est ministre du Ravitaillement de novembre 1944 à mai 1945 (gouvernement de Gaulle) et se voit surnommé « Ramadan » ou « Ramadiète », bien qu'il donne l'exemple en travaillant dans un bureau non chauffé ; il occupe le ministère de la Justice en décembre 1946-janvier 1947 (ministère Léon Blum). En 1947, après l’adoption de la Constitution de la IVe République, il est le premier président du conseil. Il est ministre de la Défense en 1948-49 (gouvernement Henri Queuille) et des Affaires économiques et financières en 1956-1957 (gouvernement Guy Mollet). Il participe en mai 1948 au Congrès de La Haye.

Confronté à d'énormes difficultés dans tous les domaines comme chef de gouvernement, véritable bourreau de travail, il écarte les communistes de son gouvernement mettant ainsi fin au tripartisme (P.C.F., S.F.I.O., M.R.P.), fait voter le statut de l’Algérie et l’adhésion de la France au Plan Marshall. Il envoie l'armée pour mettre fin à l'insurrection malgache. Les crimes de guerre commis à cette époque (mille à deux mille victimes) ont été attribués par erreur au commandement militaire, voire au gouvernement Ramadier, alors qu'ils sont le fait de soldats incontrôlés[2].

Il se retire cette même année, officiellement en raison de la persistance des grèves. Sous le gouvernement Mollet, il a la lourde tâche de financer la politique sociale alors que la guerre d'Algérie vide les caisses publiques. Son nom est par ailleurs associé à la vignette automobile, introduite en 1956.

Maire de Decazeville de 1919 à 1959, il a également été franc-maçon[3] (initié le 22 février 1913 à la "Parfaite Union" de Rodez et vénérable de la "Nouvelle Cordialité" à Villefranche-de-Rouergue[4]).

Il est évoqué dans le 110e des 480 souvenirs cités par Georges Perec dans Je me souviens.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/biographies/IVRepublique/ramadier-paul-17031888.asp
  2. Jean Fremigacci, « La vérité sur la grande révolte de Madagascar », L'Histoire, no 318, mars 2007, p. 36-43
  3. Encyclopédie de la franc-maçonnerie (Sous la direction d'Eric Saunier)
  4. Histoire de la franc-maçonnerie en France - J.A Faucher A. Ricker - 1967

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Serge Berstein (dir.), Paul Ramadier, la République et le socialisme. Actes du colloque, éd. Complexe, 1990
  • Anne Fonvieille-Vojtovic, Paul Ramadier (1868-1961), élu local et homme d'État, Publications de la Sorbonne, 1993

Article connexe[modifier | modifier le code]

Chronologies[modifier | modifier le code]