Édit de Fontainebleau (1685)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur les redirections « Édit de Fontainebleau » redirige ici. Pour les autres significations, voir Édit de Fontainebleau (homonymie).
Première page de l’édit de Fontainebleau, Archives nationales (Paris).

L’édit de Fontainebleau, signé par Louis XIV le 18 octobre 1685[1], révoque l’édit de Nantes par lequel Henri IV, en 1598, avait octroyé une certaine liberté de culte aux protestants. Cet édit de Fontainebleau est plus connu sous l'appellation non officielle de « Révocation de l'édit de Nantes ».

Dès le début de son règne, Louis XIV, cherchant à unifier son royaume sur les plans religieux, administratif et politique, souhaite extirper le protestantisme. S'appuyant sur une interprétation étroite de l'Édit, il fait accumuler les enquêtes, les dénonciations, les interdictions, voire les destructions d'écoles et de temples. Après des années de persécutions et de conversions forcées, le protestantisme français ayant pratiquement disparu, le pouvoir royal décide que l'édit de Nantes, devenu caduc, peut être révoqué. La conséquence la plus concrète de l'édit est l'accélération de l'exil définitif d'environ un pour cent de la population appartenant à l'élite, principalement au profit de l'Angleterre, des Pays-Bas, de l'Amérique et de la Prusse.

Les prémices de la Révocation[modifier | modifier le code]

De la paix d’Alès au règne personnel de Louis XIV (1629-1661)[modifier | modifier le code]

Il était dans l’intérêt de la politique extérieure de Richelieu de faire respecter l’édit de Nantes.

Soixante ans plus tôt, après la révolte protestante, la paix d'Alès de 1629 accordée par Louis XIII, avait déjà considérablement rogné les libertés acquises par les protestants. Les clauses militaires de l’édit de Nantes y étaient pratiquement annulées. La « Religion Prétendue Réformée » (R.P.R., telle était la dénomination utilisée par les catholiques de l’époque) perdura pendant une trentaine d’années, moyennant une bataille juridique permanente. Cependant, le parti catholique pouvait déjà se targuer de nombreuses conversions dans l'aristocratie protestante. Le cardinal de Richelieu, premier ministre de 1624 à 1642, réussit à faire respecter l’édit de Nantes pour affermir sa politique extérieure : allié avec les princes protestants allemands et la couronne suédoise pendant la guerre de Trente Ans, il devait ménager les huguenots de France. La mort du cardinal en 1642, puis celle de Louis XIII en 1643, remettait en cause un hypothétique statu quo. Si les années Richelieu avaient garanti la sécurité des réformés, les années Mazarin, successeur « donné » au roi par Richelieu, beaucoup moins.

Élisabeth Labrousse a pu démontrer que la révolution anglaise de 1641 a compliqué la situation des huguenots français. En effet, les catholiques eurent vite fait de leur imputer la décapitation de Charles Ier en 1649. Par une fallacieuse association d'idées, les coreligionnaires français du Parlement puritain passèrent pour complices implicites. Les huguenots s'empressèrent de condamner leurs frères presbytériens régicides, proclamant leur attachement à la monarchie.

Il n'en demeure pas moins que Mazarin se montra favorable aux huguenots français pour s’assurer de la neutralité de Cromwell dans la guerre franco-espagnole. En mai 1652, le pouvoir royal alla jusqu'à remercier les réformés de leur soutien à la Couronne pendant la Fronde.

Après avoir obtenu l’alliance commerciale et militaire des Anglais en 1655 et 1657, le Cardinal se montra plus intransigeant, revenant sur les concessions accordées. Son but était de réduire progressivement la R.P.R. Il décide d'abord que le synode national des Églises réformées de France (E.R.F.), réuni à Loudun en 1659, sera le dernier autorisé. Or, les synodes nationaux sont vitaux pour les réformés puisqu’ils font autorité en matière de droit et de théologie. De plus, Mazarin interdit de faire appel à des pasteurs étrangers, notamment ceux de Genève, la « Rome » réformée. Autre coup grave porté aux religionnaires, les commissions chargées par le Cardinal de faire respecter l’édit de Nantes « à la lettre » : tout ce qui n’est pas contenu expressément dans l’édit devient interdit. Des commissions composées de deux juristes, un catholique, souvent l’intendant de la généralité ou son subdélégué, et un protestant, doivent statuer sur l'utilité du temple local. Les consistoires doivent leur prouver juridiquement et par écrit leurs droits sur le fonctionnement des temples de leur ville. Pour Didier Boisson, il s’agit là d’un tournant de la politique royale. Cette vague de textes législatifs contraignants s’accélère jusqu'à atteindre son paroxysme dans la décennie 1660. Plusieurs autres mesures violent les accords de l’édit de Nantes. Si les réformés ont foi en l’avenir, la Cour et la justice du roi, les plus hautes autorités de l’État jouent un double jeu : ils ménagent les alliés protestants de la France par une politique apparemment favorable aux huguenots français, tout en réduisant leurs privilèges pour mieux les contrôler.

Contrairement à l’affaire du Béarn, il n’y eut pas de soulèvements. Les nobles protestants, pour mieux plaire au roi en servant leurs ambitions s’étaient convertis au catholicisme depuis 1630 ; la paix d’Alès avait privé les huguenots de leurs places fortes et de leurs troupes. Comment s’étonner que des historiens protestants comme Émile G. Léonard aient qualifié la période entre la paix d’Alès et la Révocation de « léthargie » ? Les protestants, d'après lui, défendaient mieux leurs privilèges que leur foi.

L’œuvre de démantèlement de l’édit de Nantes par l’État (1661-1685)[modifier | modifier le code]

Premières mesures discriminatoires (1661-1679)[modifier | modifier le code]

L’édit de Nantes ambitionnait de se servir du parti protestant comme d’un pendant naturel à la Ligue. Cependant, l’affaiblissement progressif jusqu'à la disparition du parti huguenot, la transformation de la Ligue en un parti dévot, plus religieux que politique, finit par priver la communauté protestante de son « utilité ». Il sembla alors justifié à l'Église et aux dévots de la Cour de supprimer l'édit de Nantes, trop favorable à la R.P.R., afin de réaffirmer le catholicisme comme religion officielle. La minorité huguenote, affirme Ernest Labrousse, ne représentait plus un réel danger pour l’État depuis la disparition du parti protestant.

Jules Mazarin, un légat du pape passé au service de la « Couronne de France ».

Minoritaires, inoffensifs, bons sujets loyaux, financiers et commerçants dynamiques, le sort des religionnaires n’était plus entre les mains des consistoires mais entre celles du pouvoir royal. Il ne s'agissait plus de tolérer la présence d’une minorité religieuse hérétique, mais de réduire des huguenots jugés méprisables à l’insignifiance. En fait Louis XIV, depuis la Fronde, détestait les factieux et les minorités. Les huguenots constituaient une tache sur la majesté royale. Toute l’œuvre des rois de France depuis François Ier visait à établir une autorité toute puissante et incontestable, assurer le bien-être sous « une foi, une loi, un roi ». L’unique était une règle ; qui contestait cette unanimité, cette unité, était considéré comme dissident ou rebelle. L'Église réformée de France (E.R.F.), brisant l’unité confessionnelle, allait ainsi à l’encontre des principes absolutistes louis-quatorziens. Il fallait donc mettre au pas les religionnaires. La seule voie possible était le rétablissement du catholicisme dans ses prérogatives.

Alors que Mazarin tente d'imposer l’application à la lettre de l’édit de Nantes dès 1656, cette décision n’est réellement effective qu’en 1661. Entre 1661 et 1679, on ne compte pas moins de douze édits restrictifs émanant du Conseil du roi. En 1665, un arrêt attribue à un commissaire catholique la maîtrise de l’instruction des dossiers. Certains temples, jugés trop bien placés, sont détruits (tel à Metz où il est remplacé par une église jésuite). Plusieurs déclarations et arrêts royaux entre 1661 et 1669 accentuent l'oppression contre la prédication des pasteurs auxquels il est interdit de prêcher ailleurs que dans les temples et dans les villes dépourvues de temple. Le chant des psaumes est lui aussi prohibé à l'extérieur des lieux de culte. En matière d'obsèques, en 1663 les funérailles ne sont autorisées qu'au lever du jour ou à la tombée de la nuit ; le nombre de participants est fixé à trente, puis à dix en 1664, avant que ce « numerus clausus » ne soit levé en 1669.

De fait, la déclaration du 1er février 1669 annule ou modère plusieurs textes précédents. Cependant cette « pause » dans la législation anti-protestante n'est qu'un répit pour les réformés. D’autres mesures touchent les institutions elles-mêmes : on interdit de tenir des colloques et les synodes provinciaux doivent délibérer en présence d'un commissaire royal ; en 1663 les Églises de provinces différentes n'ont plus le droit de communiquer par contacts épistolaires. Plusieurs décisions concernent les individus eux-mêmes : les religionnaires ne peuvent plus postuler à de hautes charges et il leur est interdit d’exercer un certain nombre de métiers. Loin d'être exhaustive, cette interminable suite de textes juridiques suffit à elle seule à montrer l'acharnement anti-huguenots en cette décennie 1660.

La réaction des protestants est d’abord juridique : les procès se multiplient pour répondre aux attaques portées contre les E.R.F. dont la cause sort rarement victorieuse. Face à une situation qui aurait pu les revigorer, les pasteurs s’engoncèrent dans une orthodoxie et un rigorisme théologique qui enfonça encore plus la communauté dans la passivité et la peur de sanctions plus sévères.

C’est une fois de plus la situation internationale qui fait obtenir un sursis aux protestants français. Au printemps 1672, les armées du roi envahissent les Provinces-Unies. Le traité de Nimègue, six ans plus tard, marque la fin de la guerre de Hollande, l’apogée de la puissance française en Europe et vaut à Louis XIV à son retour à Paris le titre de « Grand ». En 1675, alors qu’une partie de l’Europe et la France sont plongées dans la guerre, les abjurations huguenotes individuelles se font plus nombreuses, avec le soutien de la Cour. Les nouveaux convertis sont essentiellement des notables, mais on compte aussi des marchands, des artisans, soucieux de s’attirer des faveurs. 1675 est aussi l’année de la création de la Caisse des conversions par Paul Pellisson financée par la caisse des Économats, qui percevait auparavant les revenus des abbayes vacantes. L’idée en est simple mais pas nouvelle : on donne de l’argent en échange d’une conversion. Depuis 1598, l’Assemblée du clergé de France avait attribué une certaine somme d’argent pour les ministres huguenots qui se convertiraient au catholicisme. La Caisse de Pellisson séduisit surtout des gens du peuple aux revenus modestes, mais aussi des escrocs, des gens peu scrupuleux qui se convertissaient plusieurs fois. Les résultats furent peu satisfaisants : à peine dix mille conversions sur trois ans sur l’ensemble du royaume. En outre, la plupart des conversions n'étaient pas véritables. Les polémistes huguenots n’hésitèrent pas à condamner le peu de scrupules de l’Église catholique, qui, disaient-ils, usaient d'un procédé rappelant celui des Indulgences au début du XVIe siècle pour racheter les péchés contre de l’argent destiné à la construction de Saint-Pierre de Rome.

Intensification des persécutions (1679-1685)[modifier | modifier le code]

En 1679 débute la seconde vague de textes anti-protestants. La caisse de conversions a donc obtenu des résultats limités. Soumise au « bon désir du roi », la France, à l’apogée de sa puissance en Europe n’a toujours pas réglé le sort des religionnaires du royaume. Affaiblies, les E.R.F. affichent toujours leur fidélité à la monarchie, mais leur résistance et les vestiges subsistants de l’édit de Nantes sont anéantis dans les années 1679-1685 par les arrêts du Conseil. On compte plus de quatre-vingts arrêts dans cette période ! En octobre 1679, les synodes réformés doivent accepter la présence d'un commissaire nommé par la cour. À Lyon, c’est Jean-Baptiste Dulieu, lieutenant de la sénéchaussée et Présidial de Lyon qui assiste aux séances du Consistoire, à partir du 18 mars 1685. Un autre arrêt accentue les peines à l’encontre des relaps protestants. En 1680, un nouvel édit exclut les protestants de certaines professions et on interdit aux catholiques de se convertir au protestantisme. D’autres mesures sont prises : le 17 juin 1681, l’âge de la conversion au catholicisme passe à 7 ans, en juillet 1681 un arrêt supprime l’académie de Sedan, suivent celles de Die en septembre 1684, de Saumur en janvier 1685 et de Puylaurens en mars 1685.

L'ordonnance du 11 avril 1681 est à l’origine des dragonnades. Elle permet :

Les « dragons missionnaires » : Qui peut me résister est bien fort.

« L’exemption de logement des gens de guerre et contribution d’iceux pendant deux ans en faveur de ceux qui, étant de la RPR se sont convertis et faits catholiques depuis le 1er janvier dernier et qui se convertiront ci-après »

Les dragonnades mises en œuvre à partir du mois de mai 1681 dans le Poitou par l’intendant Marillac sont un moyen de persuasion brutal pour les populations. Les soldats du roi logent chez l’habitant protestant et tentent par tous les moyens de le faire abjurer car « le roi le veult ». Les moyens employés sont proportionnels à la résistance de l’habitant : d’une simple démonstration de force jusqu’au pillage, au viol et au meurtre. Une fois qu'un village s'est converti, les soldats passent à un autre.

Cette première dragonnade fut la plus spectaculaire et la plus efficace pour les gens de la Cour. Les réformés poitevins se convertirent massivement et les temples encore debout fermèrent. Les conversions obtenues le sont plus par peur que par réelle adhésion à la foi catholique, mais les résultats sont là : elles sont massives même si les premiers fugitifs tentent de s'échapper par les ports de l’Atlantique. Dans les pays protestants, grande est l’émotion qu'ils suscitent. Les princes protestants d’Europe proposent leur aide aux huguenots français : ils les accueillent et facilitent leur installation. L’Électeur de Brandebourg les exonère de charges fiscales sur ses terres.

Après une pause de trois ans les dragonnades reprennent dans le Sud-Ouest à partir de mai 1685. Partant du Béarn, elles gagnent le Languedoc et la vallée du Rhône à l’Est, puis la Saintonge au Nord.

La législation renforce l’impact des dragonnades. En août 1684, les biens des Consistoires sont transférés aux hôpitaux. En septembre 1684, un arrêt interdit aux réformés d’aider les religionnaires pauvres et malades ; les hôpitaux sont tenus par des ordres religieux. En décembre 1684, l’exercice du culte est prohibé là où il y a moins de 10 familles protestantes. En mai 1685, les réformés fugitifs encourent les galères en cas d'arrestation.

Au mois d’octobre 1685, sous prétexte que la plupart des réformés sont convertis et que l’Église réformée a presque totalement disparu, « l’hérésie » est déclarée extirpée. Il ne reste plus au roi qu’à révoquer l’édit de Nantes, symbole inutile d’un temps révolu.

La Révocation de l'Édit de Nantes[modifier | modifier le code]

De multiples causes[modifier | modifier le code]

Après mûre réflexion, le Conseil du roi se prononce en faveur de la révocation. Louvois, secrétaire d'État de la Guerre et principal artisan des Dragonnades, le Chancelier Le Tellier, le Contrôleur général des finances Le Peletier sont favorables à la réunification religieuse du royaume. Le Grand Dauphin, lui, aurait préféré une mort lente et sans heurts de l'hérésie. Quelques intendants influents, Marillac, Bâville, Foucault considèrent le protestantisme comme une menace contre l'absolutisme. À ces raisons politiques viennent s'ajouter des raisons spirituelles invoquées par le Père Lachaise, confesseur du roi, les jésuites et la Compagnie du Saint-Sacrement. Le roi est présenté comme Defensor Fidei, « défenseur de la foi catholique », comme le fut avant lui Henri VIII en 1521.

De son côté, Bossuet, grand théoricien de la monarchie de droit divin, ne cesse de présenter l'absolutisme dans son unicité : tous les sujets sont indissolublement liés à le servir comme ministre de Dieu auquel il doit seulement rendre compte. Intérêt divin, intérêt royal et intérêt public sont parfaitement confondus. Supprimer le protestantisme apparaît comme une garantie de l'ordre et de la stabilité d'un régime voulu par Dieu lui-même. Bossuet n'avait-il pas affirmé dans un Sermon : Désobéir au roi, c'est désobéir à Dieu lui-même.

Innocent XI, le pape des pauvres, béatifié le 7 octobre 1956.

Contre l'avis de la Marquise de Maintenon à qui l'on a prêté à tort une opinion contraire, — jusqu'à ce qu'à la suite du biographe François Bluche l'ensemble des historiens ait presque unanimement rétabli la vérité —, Louis XIV révoque l’édit de Nantes, le 18 octobre 1685, décision enregistrée par le Parlement de Paris le 22 octobre. Plusieurs raisons aident Louis XIV à prendre cette décision. Le roi s'en explique lui-même dans le préambule de l'édit :

« Dieu ayant enfin permis que nos peuples jouissent d’un parfait repos et que nous-mêmes, n’étant pas occupés des soins de les protéger contre nos ennemis [...] nous voyons présentement, avec la juste reconnaissance que nous devons à Dieu, que nos soins ont eu la fin que nous nous sommes proposés, puisque la meilleure et la plus grande partie de nos sujets de ladite R.P.R. ("Religion Prétendument Réformée") ont embrassé la Catholique. Et d’autant qu’au moyen de ce l’exécution de l’édit de Nantes et de tout ce qui a été ordonné en faveur de ladite R.P.R. demeure inutile, nous avons jugé que nous ne pouvions rien faire de mieux, pour effacer entièrement la mémoire des troubles, de la confusion et des maux que le progrès de cette fausse religion a causés dans notre royaume et qui ont donné lieu audit édit et à tant d’autres édits et déclarations qui l’ont précédé ou ont été faits en conséquence, que de révoquer entièrement ledit édit de Nantes. […] »

Le début du texte, s'il ne justifie en rien cette mesure drastique, éclaire les circonstances dans lesquelles elle a été prise. La situation politico-religieuse liée à des événements extérieurs a favorisé la promulgation de l'édit en un moment jugé opportun. Si, jusque là, Louis XIV avait semblé respecter la paix d’Alès à défaut de la totalité de l'édit de Nantes, le contexte en était davantage cause que le respect d'accords antérieurs jugés, de toute façon, provisoires.

D'une part, sur le plan purement politique, la France semble ne plus être menacée. La guerre de Hollande (1672-1679) s'est terminée par la paix de Nimègue, signée le 10 août 1678 avec les Provinces-Unies. Suivront les signatures de l'Espagne le 17 septembre, de l'empereur, 5 février 1679, suivie, la même année de celles de l'Électeur de Brandebourg (20 juin), du roi du Danemark (2 septembre) et de la Suède (26 novembre). Si ce traité sonne comme le triomphe de « Louis le Grand », ce n'est en réalité qu'une victoire en demi-teinte dans la mesure où la République des marchands calvinistes n'est ni vaincue ni démembrée.

En outre, le pape et le monde catholique avaient été outrés par l’absence de la France en Autriche lors de la percée turque en Europe centrale en 1683. Seuls Charles V de Lorraine, Léopold Ier du Saint-Empire et Jean III Sobieski, roi de Pologne, pouvaient tirer gloire de la levée du siège de Vienne et de la victoire de Kalhenberg. Les troupes impériales et ses alliés avaient vaincu l’armée des Köprülü de Kara Mustafa, sans l'aide de la Fille aînée de l'Église qui avait sous-estimé les conséquences de sa non-participation à la défense des terres catholiques de l’est. Le fait est que Louis XIV n'avait cessé de commercer avec les ottomans, essayant, par la même occasion, de retenir l’appétit de l’empereur à l’est. En somme, la guerre austro-turque arrangeait les affaires de Louis XIV dans les Flandres et le Brabant. Il s'agissait donc de faire oublier ce manquement par une révocation censée combler une absence française et démontrer sa catholicité aux princes catholiques.

D'autre part, comme le prouve la suite de l'extrait, il devenait plus qu'urgent de prouver sa fidélité à Innocent XI. Le gallicanisme semblait avoir pris de nouvelles formes avec l'absolutisme d'un roi de droit divin qui avait multiplié les causes de conflit avec la papauté dès le début des années 1680. L’administration royale eut fort à faire avec la régale. Le concordat de Bologne en 1516 avait convenu que le roi était maître des biens temporels des évêchés. Si l'un se trouvait vacant, ses bénéfices revenaient à l'État. Or, le concordat ne visait pas les évêchés annexés depuis 1516. Cependant, en 1673, Louis XIV décide de régler unilatéralement la question. Il étend le concordat à ces diocèses. S'il n'obtient pas l'assentiment du pape, il est suivi par le haut-clergé du royaume, à l'exception de deux évêques. L'Assemblée du clergé d'octobre 1681 réagit contre l’ingérence du pape Innocent XI dans les affaires françaises. La « déclaration des quatre articles de 1682 », rendue publique le 19 mars 1682 proclame alors que le Saint-Père doit respecter les us et coutumes de l’Église de France. Ce manifeste pour l’église gallicane est reçu par Rome comme un outrage.

Les sanctions papales sont immédiates : Innocent XI refuse d’investir les évêques nommés par le roi. Dans la mesure où les évêques constituent des relais du pouvoir central, leur absence provoque une rupture dans la transmission des ordres par voie hiérarchique. Avant même que l’affaire ne soit réglée en 1692 et qu'Innocent XII n'apaise les tensions avec le roi de France, il convient que Louis XIV donne des preuves de sa bonne volonté. Les participants de l’Assemblée du clergé de 1682 regrettent publiquement leur publication et Louis XIV ordonne de ne plus enseigner la Déclaration des Quatre articles de la même année.

Dans ce climat d'extrême tension avec la Papauté, le succès des dragonnades passe pour un moyen d'apaisement. Il arrive à point nommé pour prouver l’inéluctabilité de la conversion des réformés au catholicisme. Mais il faut une preuve encore plus grande de la sincérité royale, qui n'entame pas l'autorité de la fonction et redonne du prestige à la monarchie : l'édit de révocation doit y contribuer.

Le contenu de l'Édit de Fontainebleau[modifier | modifier le code]

Par ailleurs, le préambule de l'édit de Fontainebleau présente l'édit de Nantes sous un jour assez différent des leçons historiques traditionnelles :

« Le Roi Henry le Grand, notre aïeul de glorieuse mémoire, voulant empêcher que la paix qu’il avait procurée à ses sujets, après les grandes pertes qu’ils avaient souffertes par la durée des guerres civiles et étrangères, ne fut troublée à l’occasion de la Religion Prétendue Réformée, comme il était arrivé sous les règnes des Rois ses prédécesseurs, aurait par son édit donné à Nantes au mois d’avril 1598, réglé la conduite à tenir à l’égard de ceux de ladite religion, les lieux dans lesquels ils en pourraient faire l’exercice, établi des juges extraordinaires pour leur administrer la justice, et enfin pourvu même par des articles particuliers à tout ce qu’il aurait jugé nécessaire pour maintenir la tranquillité dans son royaume, et pour diminuer l’aversion entre ceux qui étaient de l’une et l’autre religion, afin d’être plus en état de travailler comme il avait résolu de faire réunir à l’Église ceux qui s’en étaient si facilement éloignés. »

Le Temple réformé de Caen détruit en 1685.

L’édit de Nantes est ici présenté comme une mesure provisoire, un compromis politique d'apaisement au sortir des guerres de religion. Le but de Henri IV n'aurait consisté, selon son descendant, qu'à rétablir la paix publique par la résolution des rivalités religieuses du royaume. Cette politique d'unification étant demeurée inchangée depuis 1598, le Roi n'ayant pu mener son véritable projet à son terme à cause de son assassinat survenu en 1610, de multiples conflits intérieurs et extérieurs avait empêché ses successeurs de révoquer l’édit. Or, la paix revenue en France et la multiplication des conversions dans les dernières années, Louis XIV peut et doit révoquer l’édit, comme Henri IV en aurait eu l'intention initiale, pour asseoir définitivement l'autorité royale dans un pays unifié.

C'est dans cet esprit lié au régime de la monarchie absolue de droit divin, qu'il faut considérer les articles de l'édit de Fontainebleau :

  • l’article 1 révoque l’édit de Nantes et présente les modifications apportées au texte pour le faire accepter par les parlements ; il ordonne la destruction de tous les temples ;
  • l’article 3 interdit l’exercice du culte réformé et l'enseignement dans les écoles pour enfants protestants ;
  • les articles 4 et 5 donnent le choix aux « ministres » (pasteurs) de la conversion ou de l’exil ;
  • l’article 10 interdit aux protestants non-convertis de quitter le royaume sous peine de galères pour les hommes, de prison avec confiscation de corps et de biens pour les femmes ; les protestants émigrés sont autorisés à revenir dans le Royaume et pourront recouvrer leurs biens ;
  • l’article 12 conclut l’édit royal de façon ambiguë :

« Pourront au surplus lesdits de la RPR, en attendant qu’il plaise à Dieu de les éclairer comme les autres, de demeurer dans les villes et lieux de notre royaume, pays et terres de notre obéissance, y continuer leur commerce et jouir de leurs biens sans pouvoir être troublés ni empêchés sous prétexte de ladite R.P.R. à condition, comme il est dit, de ne point faire d’exercices ni de s’assembler sous prétexte de prières ou de culte de ladite religion de quelque nature qu’il soit, sous les peines (...) de confiscation de corps et de biens. »

Cet article laisse bien des historiens circonspects. Ainsi, le pouvoir royal, contre toute logique, autoriserait les protestants à rester dans le royaume à condition de ne pas s’assembler pour exercer leur culte. Cette magnanimité douteuse tranche radicalement avec les mesures coercitives énoncées précédemment et qui seront mises en place dès les années 1680. Selon Elisabeth Labrousse cette clause qu’elle qualifie de « duperie » serait un moyen de modérer les réactions indignées des nations protestantes comme l’électeur palatin ou le prince-électeur de Brandebourg. Selon un certain B. Hours, il conviendrait de rapprocher cette mesure des Quatre Articles de 1682 : le Roi y aurait l'intention de marquer la séparation entre le pouvoir temporel permettant de légiférer sur l’organisation matérielle du culte protestant, et le pouvoir spirituel seul capable d'imprégner durablement les consciences de la foi catholique.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Réactions mesurées dans le camp catholique[modifier | modifier le code]

Certes, selon toute évidence, les catholiques français et pas seulement les dévots approuvent la décision du monarque dans leur grande majorité.

Châsse du Bx Innocent XI, pape, pilier de saint André, Saint-Pierre de Rome.

Un concert de louanges glorifie Louis XIV à l’image de la marquise de Sévigné : « Jamais aucun roi n’a fait et ne fera rien de plus mémorable. » Bossuet, lui, célèbre en Louis XIV le « Nouveau Constantin », le restaurateur de l’unité religieuse du Royaume.

En dehors des frontières, l'accueil est beaucoup plus mitigé. Innocent XI écrit un bref peu enthousiaste pour féliciter le roi le 16 novembre 1685. Il va même jusqu'à donner un Te Deum le 30 avril 1686. En fait, les tensions persistent entre le Saint-Siège et Versailles. La Cour espérait que le pape laisserait le roi exercer son droit de régale, mais le bref apostolique lui rétorque qu'il doit attendre sa récompense de la Miséricorde divine plutôt que du Saint-Siège. Quant aux princes catholiques, s'ils s'acquittent bien des félicitations d’usage, ils ne changent rien à leur politique à l’égard de la France.

C'est à tel point que certains catholiques, quelques années après la révocation, éprouveront encore le besoin de justifier la décision royale contre une majorité hostile :

« Quoi de plus opposé à l'opínion commune que d'assurer que la révocation de l'édit de Nantes fut un acte de sagesse très-réfléchie ; que cette résolution n'a fait de tort ni au commerce, ni aux finances, ni à la population ; que les principes des calvinistes n'ont été en aucun tems favorables aux monarchies ; que la France est aussi peuplée que l'Angleterre ; que le royaume de Chine ne l'est pas tant que celui-ci ; que le clergé, dont on verroit avec plaisir l’abaissement, parce que l'homme ne connoît pas ses véritables intérêts, parce qu'on n'a pas lu sans doute, dans L'Esprit des lois, ce qu'on devroit savoir par chœur : où en seroient l'Espagne etle Portugal, sans ce pouvoir qui arrête seul la puissance arbitraire. Le clergé, dis-je, contribue deux fois plus aux charges de l'État par ses dons, que ceux de qui on arrache des subsides. »

L'auteur de ces lignes écrites en 1753, un certain Novi de Caveirac, semble s'excuser à l'avance d'adopter un point de vue minoritaire. Plus loin, il soulignera tout le paradoxe que comporte son « apologie ». En réalité, il donne plutôt l'impression de s'acquitter d'un devoir que de défendre une cause enthousiasmante.

Levée de boucliers chez les protestants[modifier | modifier le code]

La persécution et la fuite des huguenots sont préjudiciables à la réputation de Louis XIV à l’étranger.

Guirlande de fleurs et de fruits avec le portrait de Guillaume III d'Orange, Vers 1661 - 1672, Huile sur toile, H. 134 ; L. 114 cm, Envoi de l'État, Inv. A 85, Musée des Beaux-Arts de Lyon.

L'édit de Fontainebleau a nui aux relations diplomatiques françaises notamment avec l'Angleterre : alors que les deux royaumes entretenaient des relations relativement paisibles avant 1685, ils deviennent, à partir de 1689, des ennemis acharnés enchaînant une série de guerres que certains historiens ont appelée « la Deuxième guerre de Cent Ans ».

Les protestants français éprouvent une gêne très compréhensible à l'égard de leurs coreligionnaires étrangers, alliés par la religion mais potentiellement ennemis du royaume dont ils demeurent sujets, au moins dans les premiers temps. Les princes allemands songent de plus en plus sérieusement à engager un conflit contre Louis XIV. Le Stathouder des Provinces-Unies, Guillaume III d'Orange-Nassau, futur roi d'Angleterre, n'attend qu'une opportunité pour engager les hostilités. Alors que la politique des Réunions (1678-1681), l’affaire des Pays-Bas espagnols (1683-1684) et de Gênes (1684), le soutien de Louis XIV à la princesse Palatine lors de la succession de l'électeur Palatin en 1685 n'ont pas été suffisants pour provoquer l'entrée en guerre, la révocation de l'Édit de Nantes finit par y parvenir. La Ligue d'Augsbourg devient progressivement opérante : alliance entre la Hollande et la Suède en 1686 ; entre l'empereur et l'électeur de Brandebourg, le 7 mai 1686 ; Alliance de la Ligue d'Augsbourg contre Louis XIV, le 9 juillet 1686 entre Guillaume III, empereur, l'Espagne, la Suède, la Bavière, les ducs de Saxe ; puis, en septembre, l'électeur palatin et le duc de Holstein-Gothorp. Si l'on ne peut imputer à la seule révocation cette coalition contre la France, — la présence de la très catholique Espagne nous l'interdit —, force est de constater qu'elle y a fortement contribué. Traités et alliances ne cesseront de renforcer la Ligue jusqu'en 1690, même si la Suède et le Danemark décident, cette année-là, de respecter la neutralité dans un conflit qui durera jusqu'en 1697.

Des conséquences durables[modifier | modifier le code]

L'édit de Fontainebleau est à l'origine d'une insurrection protestante dans les Cévennes qui prendra de l'ampleur à partir de 1702 et durera jusqu'en 1711.

Le roi commença par interdire la sortie du royaume, sans doute pour faciliter les conversions : l'émigration s'organisa ; on commença par laisser faire, puis on arrêta quelques fugitifs pour les envoyer aux galères ou bien on les tua. Les huguenots répondirent par un exode méthodique avec guides, pasteurs, faux passeports, etc. Vauban, fidèle mais lucide, évalue à 100 000 le nombre d'émigrés. Les historiens Didier Boisson et Hugues Daussy avancent entre 150 000 et 180 000 départs entre 1680 et 1715[2]. En réalité, l'exode est d'autant plus difficile à chiffrer qu'il se poursuivit pendant un demi-siècle.

Église Saint-Julien de Southampton, utilisée par les réfugiés huguenots aux XVIe siècle et XVIIe siècle.

On peut ainsi dresser la liste de quelques descendants de huguenots, que le Grand Électeur Frédéric-Guillaume Ier de Brandebourg avait invité à s’établir dans son royaume pour l’aider à reconstruire son pays ravagé par la guerre et sous-peuplé, élevés à des postes d’importance dans leur pays d'accueil. Plusieurs personnalités allemandes de premier plan, intellectuel, culturel, politique et militaire de l’histoire allemande, dont l’académicien Formey, le romancier August Lafontaine, l’écrivain Friedrich de La Motte-Fouqué, le poète Theodor Fontane, le général Hermann von François ou le capitaine Lothar von Arnauld de La Perière, sont d’origine huguenote. Le dernier Premier ministre de la République démocratique allemande, Lothar de Maizière, descend aussi d’une famille huguenote de Maizières-lès-Metz. La Suisse accueillit son contingent de familles huguenotes qui s'établirent dans le commerce et la finance. Parmi elles, au XIXe siècle, on parlera du célèbre « royaume Pourtalès ». De Hollande, beaucoup sont repartis pour la colonie néerlandaise du Cap, en Afrique du Sud, où les huguenots originaires de la région bordelaise ont contribué à l'implantation de la viticulture locale ; beaucoup d’autres suivront Pierre Minuit à la Nouvelle-Amsterdam. Aux États-Unis même, les huguenots comptent des descendants illustres comme John Jay, Paul Revere, Henry David Thoreau, Franklin Delano Roosevelt, Warren Buffett, Robert Duvall ou encore la famille DuPont.

En Europe, Pierre Gaxotte cite le cas d'un marchand de vin parisien arrivé en Hollande avec 600 000 livres, un libraire de Lyon avec 1 000 000[3]. Si la France du XIXe siècle est redevable de personnalités calvinistes du secteur bancaire d'origine française, ayant quitté la France au rythme des persécutions, elle ne retrouvera pas cette multitude d'artisans et de commerçants de valeur que le Colbertisme avait contribué à protéger et à faire prospérer.

L'exil n'était pas nécessairement définitif. Ainsi, il arrivait que, pour des affaires familiales ou commerciales, les réfugiés reviennent dans le royaume de France, en abjurant, provisoirement ou non, leur foi[4]. Ces retours étaient envisagés avec circonspection par l'État, y compris quand il s'agissait de descendants d'huguenots exilés. Ainsi, comme l'a montré Myriam Yardeni avec le cas de Suzanne Cappe, les roi de France renonçait difficilement à ses droits sur ceux de ses sujets à s'être exilés, même naturalisés ou nés à l'étranger[5].

Échec des visées prosélytes[modifier | modifier le code]

« Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Parce que vous courez la mer et la terre pour faire un prosélyte, et, quand il l’est devenu, vous en faites un fils de la géhenne deux fois pire que vous. »

(Matthieu 23,15)

Monument dédié aux Huguenots français venus s'installer à Franschhoek dans la province du Cap (Afrique du Sud) en 1688.

Cet extrait néotestamentaire ne vise pas les faux convertis mais les convertisseurs. Quand un bourgeois de Nérac est brûlé pour avoir craché une hostie, qui est vraiment sacrilège, se demande Pierre Gaxotte[6] ? Des voix finissent par s'élever de toutes parts dans les milieux catholiques : Vauban, Chamlay, le collaborateur de Louvois, Bégon, l'intendant de La Rochelle, d'Aguesseau, en Languedoc, les évêques et archevêques de Paris, Reims, Châlons, Soissons, La Rochelle et Saint-Pons. On continuera néanmoins à pratiquer la coercition, pendant des décennies, sans aucun succès. Le Père Tixier, bénédictin, ami du Grand Condé lui avouera qu'à son avis les « convertis » étaient plus huguenots après leur conversion qu'ils ne l'étaient auparavant et l'évêque de Grenoble renchérira : « Ils ne veulent entendre parler ni de messe ni de sacrement. »

Gaxotte avance l'explication suivante :

« L'Église de France avait des docteurs, des saints, des politiques, des prélats intelligents et habiles. Elle pouvait produire de grandes œuvres de controverse : Bossuet publie l'Histoire des variations en 1688 ; elle pouvait envoyer en terre rebelle de prestigieux missionnaires : Fénelon en Saintonge, Bourdaloue en Languedoc. Il lui manquait un clergé populaire, éclairé, patient, capable de gagner les cœurs par un travail insensible. »

La répression n'empêcha pas le protestantisme français de se reconstituer jusqu'en août 1789 quand la Constituante rédige la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Après que Rabaut-Saint-Étienne, protestant notoire, réclame « non la tolérance, mais la liberté », il obtient l’article 8 selon lequel « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions même religieuses ». La Constitution de 1791 déclarera tout citoyen « libre d’exercer le culte auquel il est attaché ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Didier Boisson, Hugues Daussy, Les protestants dans la France moderne, Paris, Belin, 2006, p. 218
  2. Didier Boisson, Hugues Daussy, op. cit., p. 232
  3. Pierre Gaxotte, Louis XIV, Paris, Flammarion, 1974
  4. Albane Cogné, Stéphane Blond, Gilles Montègre, Les circulations internationales en Europe, 1680-1780, Atlande, 2011, p. 315-316.
  5. Myriam Yardeni, Le Refuge protestant, Paris, Presses Universitaires de France, 1985, p. 164-165.
  6. Pierre Gaxotte, op. cit. Il est à noter que Gaxotte, journaliste et historien d'extrême-droite, n'est toutefois pas un spécialiste des questions protestantes

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

  • Boisson (Didier) et Daussy (Hugues), Les Protestants dans la France Moderne, Paris, Belin, 2006, 351 p.
  • Drévillon (Hervé), Les Rois absolus (1630-1715), Paris Belin, 2010, 450 p.
  • Lebrun (François), Le XVIIe siècle, Paris, Armand Colin, 1967, 375 p.
  • Léonard (Émile-Guillaume), Histoire générale du Protestantisme, Paris, Presses Universitaires de France, 1961-1964, vol. 2
  • Mayeur (Jean-Marie), Pietri (Charles & Luce), Vauchez (André), Venard (Marc) (dir.), Histoire du Christianisme, t. 9 : L’âge de raison (1620-1750), Paris, Desclée, 1997, 1214 p.

Ouvrages et articles spécialisés[modifier | modifier le code]

  • Armogathe (Jean-Robert), Croire en liberté. L’Église catholique et la Révocation de l’Édit de Nantes, Paris, ŒIL/Histoire, 1985, 205 p.
  • Baubérot (Jean) (dir.), 1685-1985. La Révocation de l’Édit de Nantes, ou comment une minorité a résisté à la « normalisation religieuse », Paris, C.P.E.D., 1983.
  • Boisson (Didier), Les protestants de l’ancien colloque du Berry de la Révocation de l’édit de Nantes à la fin de l’Ancien Régime (1679-1789), ou l’inégale résistance de minorités religieuses, Paris, Honoré Champion, 2000, 799 p.
  • Boisson (Didier) et Lippold (Christian), « Subir ou partir. Le difficile choix des protestants du centre et du nord de la France après la Révocation de l’édit de Nantes », Cahiers d’Archéologie et d’Histoire du Berry, no 150 (2002), p. 19-36.
  • Bost (Hubert), « La Révocation, apocalypse des protestants ? », Études théologiques et religieuses, 65 (1990/2), p. 205-219.
  • Bost (Hubert), « Des porte-paroles protestants au chevet de l’édit de Nantes moribond », Revue de Synthèse, 5e série, 1 (2005), p. 67-89.
    • Bert, Paul, médecin, Histoire de la Révocation de l'Edit de Nantes à Bordeaux et dans le Bordelais : diocèse de Bordeaux. 1653-1715, Bordeaux, Marcel Mounastre-Picamilh,‎ 1908, 106 p. (lire en ligne)
  • Cottret (Bernard), « Révocation et prodromes de la tolérance : le parallèle des protestants français et des catholiques d’Angleterre », Bulletin de la Société de l’Histoire du Protestantisme Français, t. 126 (octobre-décembre 1980), p. 159-166.
  • Cottret (Bernard), Terre d’exil. L’Angleterre et ses réfugiés français et wallons de la Réforme à la Révocation de l’Édit de Nantes (1550-1700), Paris, Aubier, 1985, 337 p.
  • Cottret (Bernard), « Tolérance et constitution d’un espace européen. France - Angleterre - Pays-Bas à l’aube des Lumières (1685-1688) », Bulletin de la Société d’Histoire du Protestantisme Français, t. 134 (janvier-mars 1988), p. 73-86.
  • Cottret (Bernard), « Tolérance ou liberté de conscience ? Épistémologie et politique à l’aube des Lumières (Angleterre – Hollande – France vers 1685-1688) », Études théologiques et religieuses, no 3 (1990), p. 333-352.
  • Douen (Orentin), La Révocation de l’édit de Nantes à Paris, Paris, Fischbacher, 1894, 3 vol.
  • Krumenacker (Yves), Les protestants du Poitou au XVIIIe siècle (1681-1789), Paris, Honoré Champion, 1998, 521 p.
  • Labrousse (Élisabeth), « Le débat sur l’exil des pasteurs français en 1685 », Études théologiques et religieuses, 60 (1985), p. 205-220.
  • Labrousse (Élisabeth), « 1685 et 1688 », in La tolérance, Paris, Presses Universitaires de Paris Sorbonne, 1986, p. 25-31.
  • Labrousse (Élisabeth), La révocation de l’Édit de Nantes. Une foi, une loi, un roi ?, Paris, Payot, 1990, 222 p.
  • Posthumus (Guillaume Henri Marie) et Bots (Johannes Alphonsus Henricus) (dir.), La Révocation de l’Édit de Nantes et Les Provinces-Unies, colloque de Leyde (avril 1985), Amsterdam et Maarsen, APA-Holland University Press, Presses Universitaires de Lille, 1986, 223 p.
  • Magdelaine (Michelle) et Von Thadden (Rudolf) (dir.), Le Refuge huguenot, Paris, Armand Colin, 1985, 283 p.
  • Péronnet (Michel) (dir.), Tricentenaire de la Révocation de l’Édit de Nantes – La Révocation à l’extérieur du Royaume, 4e colloque Jean Boisset, Montpellier, Presses de l’Université Paul Valéry, 1985, 404 p.
  • Reverdin (Olivier), Sautier (Jérôme), Fatio (Olivier) (dir.), Genève et la Révocation de l’Édit de Nantes, Genève – Paris, Droz – Honoré Champion, 1985, 532 p.
  • von Stackelberg (Jürgen), « 1685 et l’idée de la tolérance. La réaction des « philosophes » à la Révocation de l’Édit de Nantes », Francia Forschungen zur westeuropäischen Geschichte, t. 3 (1986), p. 229-243.
  • Yardeni (Myriam), Le Refuge protestant, Paris, Presses Universitaires de France, 1985, 244 p.
  • Yardeni (Myriam), Le Refuge huguenot. Assimilation et culture, Paris, Honoré Champion, 2002, 232 p.
  • Zuber (Roger) et Theis (Laurent) (dir.), La Révocation de l’Édit de Nantes et le protestantisme français en 1685, Paris, Société de l’Histoire du Protestantisme Français, 1986, 392 p.