Valognes
| Valognes | ||
Place Vicq d'Azir, avec en arrière plan l'église Saint Malo |
||
| Administration | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Région | Basse-Normandie | |
| Département | Manche | |
| Arrondissement | Cherbourg-Octeville | |
| Canton | Valognes (chef-lieu) | |
| Intercommunalité | Communauté de communes du Bocage valognais | |
| Maire Mandat |
Jacques Coquelin 2008-2014 |
|
| Code postal | 50700 | |
| Code commune | 50615 | |
| Démographie | ||
| Gentilé | Valognais | |
| Population municipale |
7 190 hab. (2010) | |
| Densité | 460 hab./km2 | |
| Population aire urbaine |
8 325 hab. (2009) | |
| Géographie | ||
| Coordonnées | ||
| Altitude | Min. 19 m – Max. 87 m | |
| Superficie | 15,63 km2 | |
| Localisation | ||
| modifier |
||
Valognes est une commune française, située dans le département de la Manche et la région Basse-Normandie, peuplée de 7 190 habitants[Note 1] (les Valognais).
Sommaire |
Géographie[modifier]
Valognes est située au cœur de la péninsule du Cotentin, à 20 km au sud-est de Cherbourg-Octeville, dans la vallée du Merderet. La ville est sur un nœud routier important.
Transport[modifier]
Inter-urbain[modifier]
La commune est associée au transport en commun départemental par bus (Manéo) via les lignes :
- 001 : Cherbourg-Octeville - Valognes - Carentan - Saint-Lô
- 101 : Valognes - Saint-Vaast-La-Hougue - Barfleur
- 104 : Valognes - Bricquebec - Cherbourg-Octeville
- 105 : Portbail - Barneville-Carteret - Bricquebec - Valognes
- 105a : Rauville-la-Bigot - Sottevast - Négreville - Valognes
- 106 : Montebourg - Valognes - Périers - Coutances
- 300 : Mortain - Saint-Hilaire-du-Harcouët - Avranches - Cherbourg-Octeville
- 302 : Granville - Coutances - Cherbourg-Octeville
Routier[modifier]
Valognes se trouve sur l'axe de la route nationale 13 (qui est aussi à cet endroit route européenne 3 et route européenne 46) avec un contournement de celle-ci sur l'ouest.
Ferroviaire[modifier]
Héraldique[modifier]
|
Les armes de la commune de Valognes se blasonnent ainsi : Sous le Premier Empire, le blason de Valognes était identique, Napoléon ayant ajouté simplement un franc canton des villes de seconde classe[2]. |
La ville de Valognes est décorée de la croix de guerre 1939-1945.
Histoire[modifier]
La ville est construite près de l’ancienne colonie gallo-romaine de Alauna ou Alaunia d'où dérive le nom « Valognes ». De cette période restent les ruines des thermes gallo-romains d’Alleaume. La cité détruite par les invasions normandes, ses habitants se déplacent sur les rives du Merderet.
La ville se développe, devenant une résidence ducale. En 1355, un traité est signé entre Charles le Mauvais et le roi de France Jean le Bon (voir traité de Valognes). La ville abrite à partir du XVe siècle plusieurs congrégations religieuses : des Franciscains de 1469 à la Révolution, des Capucins de 1630 à la Révolution, des Bénédictines de 1626 à 1792, puis à nouveau en 1810. Fortifiée au Moyen Âge, la ville a été pillée par Édouard III d'Angleterre.
En 1649, le comte de Matignon fait le siège du château de Valognes pour le compte des Frondeurs. À la tête de six à huit mille hommes, il débute le siège le 20 mars, soutenu par la milice des bourgeois de Cherbourg dirigée par Callières, le 23 mars, et l'artillerie le 24. Le gouverneur de la place, le marquis de Belfond, se rend le 5 avril avec ses deux cents soldats[3]. Le château a été démantelé sous le règne de Louis XIV.
La ville prospère durant le XVIIe et le XVIIIe siècle et devient la ville principale du Cotentin. Elle est alors « fertile en beaux esprits ». Les aristocrates y construisent de beaux hôtels. Alain-René Lesage dans sa pièce Turcaret (1807) en parle comme d’un Versailles normand. Mme de Turcaret déclare : « Savez-vous bien qu’il faut trois mois de Valognes pour achever un homme de cour ? ». La croissance de Cherbourg lui fera perdre peu à peu son influence territoriale.
Elle fut chef-lieu de district de 1790 à 1795 et d'arrondissement de 1800 à 1811.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, un lieu d'internement y fut établi, dans lequel des femmes tsiganes furent stérilisées de force[4].
Valognes a beaucoup souffert au cours de la bataille de Normandie, particulièrement lors du bombardement du 21 juin 1944. L’église Saint-Malo du XIVe siècle, qui a abrité le seul dôme (1612) d’architecture gothique de France, a été partiellement détruite pendant la bataille. De même, sur les cinquante hôtels particuliers qui faisaient la renommée de la ville, seule une vingtaine a survécu, après restauration.
Administration[modifier]
Démographie[modifier]
En 2010, la commune comptait 7 190 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 2],[Note 3].
Économie[modifier]
- Zone d’activités d’Armanville.
- Deux stations d’épuration.
Lieux et monuments[modifier]
- Thermes d’Alleaume : ruines des thermes gallo-romains, dont les pierres furent réutilisées par les habitants.
- Hôtel de Beaumont : hôtel classique du XVIIIe siècle, construit par la famille Jallot, seigneurs de Beaumont.
- Hôtel de Grandval-Caligny : hôtel du XVIIe siècle, construit par Adrien Morel de Courcy, gouverneur de Valognes, et agrandi d'un pavillon latéral par son gendre, Anténor-Louis Hüe de Caligny, il loge Jules Barbey d'Aurevilly entre 1872 et 1887. Il est inscrit à l'inventaire des monuments historiques depuis 1982.
- Hôtel Sivard-de-Beaulieu : érigé vers 1782 par Charles Sivard de Beaulieu, lieutenant général du bailliage du Cotentin, il abrite les Sœurs carmélites anglaises à partir de 1830, puis les sœurs du Refuge de Caen en 1871. Bombardé en juin 1944, il est depuis 1995, propriété de l'association l'Espérance.
- Hôtel de Thieuville : hôtel classique du XVIIe siècle, inscrit à l'inventaire des monuments historiques depuis 1979. Ancien hôtel particulier les bâtiments accueillent aujourd’hui le musée de l'eau de vie et des vieux métiers.
- Ancienne abbaye bénédictine royale : créée en 1631, devenue hôpital-hospice sous la Révolution française, après l'expulsion des religieuses, elle est toujours le siège de l'hôpital actuel. Aujourd'hui Centre hospitalier public du Cotentin.
- Abbaye Notre-Dame de Protection : abbaye bénédictine fondée au XVIIe siècle et installée depuis 1810 dans l'ancien couvent des Capucins, chassés sous la Révolution.
- Manoir du Haut-Gallion ayant appartenu à Delle Claude Coysevox, fille du sculpteur Antoine Coysevox puis à la famille Mesnil de Valcanville.
Culture[modifier]
Patrimoine[modifier]
Valognes a été labellisée dans les Villes et pays d’art et d’histoire par le ministère de la Culture. Le plus bel hôtel particulier subsistant du « Versailles normand » est l’Hôtel de Beaumont.[réf. nécessaire]
Musées et bibliothèque[modifier]
La ville dispose de deux musées consacrés l’un au cidre et l’autre au calvados :
- Musée de l’eau de vie et des vieux métiers, rue Pelouze.
- Musée régional du cidre, rue du Petit Versailles.
- Bibliothèque municipale Jullien de Laillier : avec une section sur la Manche et la Normandie, 24 000 volumes pour le fonds ancien, 220 manuscrits, 205 incunables. Elle s’est enrichie, à la Révolution, avec la confiscation des bibliothèques des couvents et du séminaire de Valognes[7].
Valognes dans les arts[modifier]
Valognes a abrité plusieurs artistes qui ont placé la ville au cœur de leurs œuvres. Ainsi, en peinture, Félix Buhot a représenté plusieurs lieux valognais, tel que Nocturne à l’entrée de l’église de Valognes (vers 1872).
- Valognes en littérature
- Jules Barbey d'Aurevilly a placé plusieurs de ses intrigues à Valognes.
- Honoré de Balzac fait référence à la beauté des femmes de Valognes dans Les Chouans[8].
- Émile Zola, Au Bonheur des Dames, 1883 : l’héroïne, Denise Baudu, est originaire de Valognes.
- Éric-Emmanuel Schmitt, La Nuit de Valognes, 1991.
- Didier Daeninckx, La Route du Rom (Le Poulpe), 2003 (Valognes est dépeinte sous le nom de Corneville.).
Jumelages[modifier]
Personnalités liées à la commune[modifier]
Natifs[modifier]
- Guillaume-Antoine Cabart, sieur du Longpré (v. 1640), avocat, membre de l’Assemblée provinciale de Basse-Normandie et de l’Assemblée d’élection de Valognes.
- Guillaume Mauquest de La Motte (1655-1737), chirurgien ;
- Jean-Gabriel Legendre (?-1770), ingénieur ;
- Bon-Joseph Dacier (1742-1833) philologue et helléniste ;
- Félix Vicq d'Azyr (1748-1794), médecin ;
- Pierre Letourneur (1737-1788), traducteur, entre autres, de Shakespeare ;
- Antoine Sivard de Beaulieu (1767-1826), homme politique français des XVIIIe et XIXe siècles.
- Georges Duval (1777-1853), dramaturge ;
- Edelestand du Méril (1801-1870), philologue, paléographe ;
- Prudence Boissière (1806-1885), lexicographe, auteur du Dictionnaire analogique de la langue française ;
- Théophile-Jules Pelouze (1807-1867), chimiste, membre de l’Académie des Sciences ;
- Édouard Le Héricher (1812-1890), archéologue et philologue ;
- Émile-Louis Burnouf (1821-1895) indologue et helléniste français, cousin d’Eugène Burnouf.
- Léopold Delisle (1826-1910), chartiste, administrateur général de la Bibliothèque nationale de France ;
- Edouard Hyacinthe Lucas (1827-1888), général d’armée ;
- Charles Canivet (1839-1911), chroniqueur, poète sous le nom de Jean de Nivelle ;
- Félix Buhot (1847-1898), peintre, aquafortiste et illustrateur, entre autres, des œuvres de Barbey d'Aurevilly ;
- Xavier de Florian (1850-1931), diplomate ;
- Gustave Le Rouge (1867-1938), écrivain et journaliste ;
- Camille Blaisot (1881-1945), homme politique, déporté pour fait de Résistance mort pour la France à Dachau.
- Alfred Noël (1883-1918), poète ;
- Paul Legentilhomme (1884-1975), général d’armée ;
- Anthony Caillot (1908-1994), évêque d'Évreux.
- Félix Lebuhotel (1932-2008), coureur cycliste ;
- Michel Motin (1945-2007), entrepreneur ;
- Jean-Marie Lequertier (1958-), grand-reporter ;
- Jean-Luc Dogon (1967-), footballeur ;
- Flavie Flament (1974-), animatrice de télévision.
Autres[modifier]
- Victor Levasseur (1772-1811 à Valognes), général des armées de la République et de l'Empire.
- Alexis de Tocqueville, (Verneuil-sur-Seine, 1805 - Cannes, 1859), penseur politique, historien, député de la Manche (Valognes) de 1839 à 1851.
- Jules Barbey d'Aurevilly, (Saint-Sauveur-le-Vicomte, 1808 - Paris, 1889), écrivain. Il a résidé dans la ville, à l’hôtel de Grandval-Caligny, et y a situé un certain nombre de ses récits.
- André Dhôtel, (Attigny (Ardennes), 1900 - Paris, 1991, écrivain, professeur au collège en 1938.
Notes et références[modifier]
Notes[modifier]
- Population municipale 2010.
- Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
- Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.
Références[modifier]
- Altitudes, superficie : répertoire géographique des communes (IGN).
- GASO, la banque du blason - Valognes Manche. Consulté le 6 juin 2013
- http://perso.numericable.fr/briantimms3/chf/05bassenormandie.htm
- Voisin La-Hougue, Histoire de la ville de Cherbourg, p. 105-106
- Martin Gilbert, Atlas de la Shoah, L’Aube, 1982 – préface de Bernard Kouchner, postface de Jean Kahn – carte 182, p. 141.
- Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
- Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010
- Présentation - Bibliothèque municipale de Valognes "Julien de Laillier". Consulté le 8 octobre 2010
- « C’était une fille d’environ vingt-six ans, blonde, d’une jolie taille, et dont le teint avait cette fraîcheur de peau, cet éclat nourri qui distingue les femmes de Valognes. » Les Chouans, éditions Furne, vol.13, p.60
Voir aussi[modifier]
Bibliographie[modifier]
- Abbé J. L. Adam, Quelques notes sur Valognes. Cherbourg, impr. Emile Le Maout, 1905
- Abbé J. L. Adam, Étude sur la ville de Valognes, considérée au point de vue géographique et historique, archéologique et monumental, économique et scientifique. Valognes ; Évreux, impr. de G. Poussin, 1912, VIII-503 p., fig., portraits et plan.[réimpression en 1988 de l’édition originale avec sept annexes (biographie de l’abbé Adam, errata, hôtels cités, nom des rues à diverses époques, mise à jour, index alphabétique et bibliographique) par la section de Valognes de la Société d’archéologie de la Manche].
- Abbé J. L. Adam, Chapelle de Notre-Dame de la Victoire, sise en la paroisse de N.-D. d’Alleaume (Valognes), Valognes : impr. de E. Marti.
- Abbé J. L. Adam, Le Collège de Valognes, Évreux, imp. de l’Eure, 1899, 33 p., Extrait de la Revue catholique de Normandie
- Valognes pendant la période révolutionnaire, 1789-1802 : Scènes et récits d’après les documents inédits de l’époque, Valognes, L. Luce, 1888.
- Valognes dans les écrits intimes de Jules Barbey d’Aurevilly, Saint-Lô, Cahiers de l’ODAC [Office départemental d’action culturelle] de la Manche, 1990
- Léopold Delisle, Notices historiques : Droit de pâturage et d’herbage reconnu dans la Haye de Valognes au profit des habitants de Valognes et d’Alleaume (mars 1415), La poterie à Valognes (juin 1465), La Ligue à Valognes(1589),Passage de Louis XVI à Valognes (juin 1786), Doléances des paroisses du bailliage à Valognes (1789), Bataillon de l’Égout, en garnison à Valognes (8 avril 1798), Valognes, Impr. du Journal de Valognes, 1913
- Léopold Delisle, Les Deux Sièges de Valognes en 1562 et 1574. Saint-Lô : impr. de F. Le Tual, 1890. 11 p. Extrait de l’Annuaire de la Manche, 62e année, 1890
- Jeanne-Marie Gaudillot, « Les textiles à Valognes de Colbert à la Révolution », Revue du Département de la Manche, 9(34), 1967, p. 118-135
- Valognes sous la direction de Élie Guéné avec la collaboration de Pierre Leberruyer. Valognes : Manche-Tourisme, 1975, 119 p. in 4°.
- Martin Gilbert, Atlas de la Shoah, Éditions de l’Aube/Samuelson, 1992
- Vikland n° 15 : Valognes, Heimdal, 1998
- Michel Hébert, Valognes, Joué-lès-Tours, A. Sutton, 1997, 128 p. (OCLC 2842530462)
- Christian Jouhaud et Judith Lyon-Caen, "La plaque. Mémoires de Valognes", Penser/Rêver, n°20 ("Le temps du trouble"), automne 2011, pp. 17-47.
- Maurice Lecœur, La Diligence de Valognes, éd. La Dépêche, 1989
- Maurice Lecœur, Week-end royal à Valognes, éd. Isoète, 2004
- Hugues Plaideux, Une loge maçonnique pour la noblesse d’épée : l'« Union Militaire » de Valognes (1786-1789), dans Les Normands et l’armée, Actes du XXXe Congrès des Sociétés historiques et archéologiques de Normandie (Coutances, 19-21 oct. 1995), Revue de la Manche, t. 38, numéro spécial, fasc. 150-151, [avril-juil] 1996, p. 222-232
- M. Renault, Valognes : Notes historiques et archéologiques sur les communes de l’ancien arrondissement, Paris: Res universis, 1992. (ca 200 p.). coll. « Monographies des villes et villages de France »
- Émile Sevestre, Valognes : De la préhistoire au moyen âge, par Charles-Louis Birette. Le Moyen âge, par Frédéric de Fontaine de Resbecq. Les Temps modernes, par Ém. Sevestre, L’Époque, contemporaine, par Ronchail. Caen : Impr. A. Mouville, Ozanne et Cie, Valognes, libr.-papeterie-éditeur Henri Brochard, 1926. (27 mars 1928)
