Lyons-la-Forêt
| Lyons-la-Forêt | ||
Les halles du XVIIe siècle |
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Blason |
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| Administration | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Région | Haute-Normandie | |
| Département | Eure | |
| Arrondissement | Les Andelys | |
| Canton | Lyons-la-Forêt (Chef-lieu) | |
| Intercommunalité | Communauté de communes du canton de Lyons-la-Forêt | |
| Maire Mandat |
Thierry Plouvier 2008-2014 |
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| Code postal | 27480 | |
| Code commune | 27377 | |
| Démographie | ||
| Gentilé | Lyonsais | |
| Population municipale |
751 hab. (2009) | |
| Densité | 28 hab./km2 | |
| Géographie | ||
| Coordonnées | ||
| Altitude | Min. 67 m — Max. 178 m | |
| Superficie | 26,99 km2 | |
| Localisation | ||
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Lyons-la-Forêt (prononciation [liɔ̃s] « lionss ») est une commune française, située dans le département de l'Eure et la région Haute-Normandie. Elle compte parmi « Les Plus Beaux Villages de France ».
Sommaire |
Géographie [modifier]
Lyons-la-Forêt est situé pratiquement au centre de la forêt domaniale de Lyons qui donna son nom au village et à cette région du Vexin normand, le pays de Lyons. C'est aujourd'hui l'extrême nord-est du département de l'Eure mais jusqu'à la Révolution le pays de Lyons s'étendait jusqu'à Beauvoir-en-Lyons au nord et Neuf-Marché-en-Lyons au nord-est, communes désormais situées en Seine-Maritime.
La Lieure coule en contrebas du bourg, après avoir pris sa source dans la commune voisine de Lorleau (littéralement « Lieure l'eau »), ensuite elle accueille le Fouillebroc (vieil anglais fūl brōc « ruisseau sale » Cf. Fulbrook) à la Bretèque (Ménesqueville). Ce dernier prend sa source, dite de Sainte-Catherine, dans la forêt de Lyons et traverse l'abbaye de Mortemer. Augmentée des eaux du Fouillebroc, la Lieure se jette alors dans l'Andelle après Charleval.
Toponymie [modifier]
Le village s'appelait à l'origine Saint-Denis, d'ailleurs l'église du village est placée sous le vocable de saint Denis. Lyons était jadis uniquement le nom de la forêt, comme semblent le montrer les attestations antérieures au XIIIe siècle.
Parmi les mentions anciennes, on trouve : Leons en 1015-1025 ; saltus Leonis en 1050 ; sylvam Leonum en 1051-1066 ; Leones in foresta en 1259[1] ; Lihons en Normandie en 1352 et 1481 et même Lions le chastel en 1391.
On note la présence de plusieurs toponymes similaires en France: Lihons (Leontium 1100), Liéhon (Liehons 1290), le Lion (Leontio 1166), etc[2].
Les latinisations d'après leo/leonis, lion, ne sont pas à prendre en considération et il convient de proposer *Licontio ou *Ligontio avec le suffixe -(o)nti-[3], attesté par ailleurs (Cf. : Mayence < Mogonti-acum ; Ressons < Rosontio et Besançon < Vesontio ou Sigonce < *Segontia). L'évolution phonétique de Lico-/ ligo- en Lio- représente une lénition de la consonne intervocalique c [k], phénomène régulier dans la formation de la langue française.
Le premier élément semble être l'hydronyme indo-européen (celtique [?]) lic / lig, bien identifié, et dont dérive aussi le nom de la rivière de Lyons : la Lieure (Loiris 1032 de *Licoris)[4]. Il peut être reconnu également dans le nom de la Loire, autrefois Liger, et dans le nom de lieu britannique Beverley du celtique bibro, castor et lic, rivière.
Héraldique [modifier]
Le blason de la commune de Lyons-la-Forêt se décrit :
de gueules aux deux lions affrontés d’or soulevant un sauvage de carnation habillé d’argent et tenant de sa senestre une massue renversée aussi d’or, à la bordure aussi d’argent chargée de six mouchetures d’hermine de sinople posées dans le sens de la bordure, au chef chargé de trois fleurs de lys d’or brochant sur le tout.
Historique [modifier]
- 936 Première mention d'une résidence ducale à Lyons
- Milieu du XIe siècle, construction de la forteresse de Lyons par Henri Ier. Le château avait quatre grosses tours, quatre portes, chacune d'entre elles gardée par un seigneur différent[5]
- 1135 Mort du roi d'Angleterre et duc de Normandie, Henri Ier Beauclerc, au château de Lyons autrement appelé Saint-Denis-en-Lyons
- 1189 Première cour de Noël du roi Richard Ier d'Angleterre dit Cœur de Lion
- 1193 Philippe Auguste occupe la ville et son château
- 1194 Rentré de captivité, Richard Cœur de Lion obtient la restitution de Lyons
- 1194-1198 Nombreux séjours de Richard dans sa résidence de Lyons, avant sa mort en 1199.
- 1er juillet 1202 Philippe Auguste s'empare définitivement de la ville fortifiée et la rattache au Royaume de France.
- de 1202 à 1298, Nombreux séjours des rois de France à Lyons. Trois séjours attestés pour Philippe Auguste, quatre pour Louis IX et dix pour Philippe le Bel. Passionnés de chasse, les rois capétiens considèrent alors la forêt de Lyons comme l'une des plus belles du royaume.
- 1240 Roger de Lyons donne des terres aux Templiers
- 1359-1398 La châtellenie de Lyons fait partie du douaire de Blanche de Navarre, veuve du roi Philippe VI de Valois
- 1403-1422 Douaire de Isabeau de Bavière, reine de France
- 1419 Les Anglais s'emparent de Lyons au terme de leur conquête de la Normandie
- 1436 Démantèlement du château par les Anglais.
- 1737 Le vicomté de Lyons est compris dans le comté de Gisors, devenu duché en 1742 pour Charles Louis Auguste Fouquet de Belle-Isle.
- 1762 Le duché de Gisors passe à Louis Charles de Bourbon(-Maine), duc d'Aumale en échange de la principauté des Dombes.
- 1775 À sa mort, le duché de Gisors passe à son cousin le duc de Penthièvre.
- 1793 Louise Marie Adélaïde de Bourbon, Madame Égalité, hérite de son père.
- 1821 Entrée dans l'héritage du Duc Louis-Philippe III d'Orléans, futur Louis-Philippe Ier, Roi des Français.
- 1940 - 1944 La ville est totalement préservée des destructions liées au second conflit mondial.
- Aujourd'hui, le « vicomte de Lyons-la-Forêt » est implicitement, le comte Henri de Paris[6]
Administration [modifier]
Démographie [modifier]
En 2010, la commune comptait 752 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].
Graphique de l'évolution de la population 1794-1999
Lieux et monuments [modifier]
- Vestiges d'un ancien théâtre rural d'époque romaine (propriété privée)
- Vestiges de l'ancienne résidence fortifiée des rois d'Angleterre et des rois de France de Philippe Auguste à Philippe le Bel (ISMH, propriété privée)
- Église Saint-Denis (ISMH) XVe siècle avec éléments XIIe et XVIe siècles. Façade et nef en damier de grès et de silex
- Ancien hôtel de la Maréchaussée XIIe et XVIIIe siècles (ISMH, propriété privée s'appuyant sur l'ancienne porte du château de Lyons (XIIe siècle, ISMH) et conservant les vestiges de l'ancien rempart (XIIe siècle, ISMH), voir ci-dessus)
- Ancien couvent des Cordeliers XVIIe siècle. Créé en 1624, le couvent est utilisé jusqu'à la Révolution. Déclaré bien national en 1793, il accueille alors une manufacture de toiles imprimées puis une verrerie. Lors de l'incendie en 1852, l'église est détruite. Il reste aujourd'hui un bâtiment conventuel et le cloître (ISMH, propriété privée).
- Hôtel de ville (ISMH) reconstruit en 1782 sur des fondations plus anciennes abritant jadis les cachots de la ville. Au premier étage, ancienne salle d'audience du bailliage.
- Halles (ISMH) XVIIe siècle, restaurées en 1776 par le dernier seigneur de Lyons, le duc de Penthièvre.
- Chapelle Saint-Jean-Baptiste[10]. Construite pour Jean de Nolléval en 1635, l'avant nef, la tribune et le campanile sont du XVIIIe siècle. Elle se trouve au lieu-dit de l'Essart Mador.
- Ancien prieuré bénédictins Saint-Aubin de Villaine. Existant déjà au XIIe siècle, il dépendait de l'abbaye Sainte-Catherine du Mont de Rouen[11]. Aujourd'hui, il reste une chapelle du XVIIe siècle et le logis, remanié au XVIIIe siècle. C'est devenu une ferme[12].
- Ancien couvent des bénédictines de Saint-Charles, adossé sur les vestiges de l'enceinte du château. Il abrite aujourd'hui l'école communale[13].
Galerie [modifier]
-
Maison où vécut Maurice Ravel
-
Maison natale d'Isaac de Benserade
Personnalités liées à la commune [modifier]
- Henri Ier Beauclerc, roi d'Angleterre et fils de Guillaume le Conquérant, y meurt le 1er décembre 1135
- Enguerrand de Marigny[14]. Issu de la famille Le Portier qui durant le XIIe siècle détenait la garde héréditaire de la porte (vestiges encore visibles sur la « motte ») du château ducal de Lyons.
- Isaac de Benserade (1612-1691), poète et membre de l'Académie française.
- Maurice Ravel y séjourna à l'occasion dans les années 1917-1922 (il y acheva Le Tombeau de Couperin et y travailla l'orchestration des Tableaux d'une exposition, de Modeste Moussorgski).
- Monique de La Bruchollerie grande pianiste internationale (1915-1972) y vécut toute sa vie avec sa famille. Elle aimait à y revenir entre ses tournées en résidence secondaire, habitant au « Vieux Logis » une des plus vieilles maisons de Lyons appartenant à la famille Ronseray.
- Le chanteur Gérard Souzay élu domicile un temps, pendant la Seconde Guerre mondiale à la Fontaineresse, au bord de la Lieure.
- Vincent Delannoy, fondateur du journal Pof Pof Pof Polofscope, ainsi que brillant joueur de poker.
- Jacques-Émile Ruhlmann décorateur et ensemblier français, connu notamment pour la qualité de ses meubles. Sa propriété, L'Herbage, se retrouve décrite dans plusieurs publications retraçant sa vie et son œuvre. Dans la maison principale se trouve une coursive ressemblant à celle d'un bateau, la salle à manger a été reconstituée lors de l'Exposition internationale des Arts Décoratifs et industriels modernes de 1925. Il fait construire sur la propriété deux autres maisons dont l'une est appelée maison du pêcheur à la truite.
- Jules Alexandre Le Vert, maire de Dieppe de 1879 à 1882.
- Paul-Émile Pissarro y vécut quelques années à partir de 1922, date à laquelle il y achète une propriété dont il fait dessiner le jardin par son parrain Claude Monet.
- Claude Chabrol y a tourné de nombreuses scènes du film Madame Bovary à l'automne 1990.
- Guy Langlois y a écrit "Mort et passion d'un amateur de jardins", roman de jeunesse et "Le fond de l'âme effraie", Prix du Quai des Orfèvres 2001, deux romans dont bien des scènes ont pour cadre Lyons la Forêt
Bibliographie [modifier]
- Daniel Delattre, Emmanuel Delattre, L'Eure, les 675 communes, Grandvilliers, Éditions Delattre, 2000, 296 p. (OCLC 52820568)
- Commission régionale de Haute-Normandie. Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France. Eure, canton de Lyons-la-Forêt. Paris: Imprimerie Nationale, 1976, 372 pages.
- Auguste Le Prévost, Mémoires et notes pour servir à l'histoire du département de l'Eure., tome 2. Évreux: A. Hérissey, 1862-1869. [lire en ligne]
- Michel Toussaint Chrétien Duplessis, Description géographique et historique de la Haute Normandie, Paris, P.-F. Giffart, 1740, p 228-230. [lire en ligne]
- Geneviève Bailly, Ravel à Lyons-la-Forêt, Paris, éditions Freylin, 2007 puis réédité en septembre 2012.
Liens externes [modifier]
- Office de tourisme du Pays de Lyons
- Société historique Les Amis de Lyons
- Lyons-la-Forêt sur le site de l'Institut géographique national
- Lyons-la-Forêt sur le site de la préfecture de l'Eure
Voir aussi [modifier]
Notes et références [modifier]
Notes [modifier]
- Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
- Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.
Références [modifier]
- François de Beaurepaire (préf. Marcel Baudot), Les Noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, Paris, A. et J. Picard, 1981, 221 p. (ISBN 2-7084-0067-3) (OCLC 9675154), p. 134
- François de Beaurepaire, Op. cit.
- François de Beaurepaire, Op. cit.
- François de Beaurepaire, Op. cit.
- Michel Toussaint Chrétien Duplessis, Description géographique et historique de la Haute-Normandie : Le Vexin, P.-F. Giffart, Paris, 1740, lire sur Google Livres
- Titres du comte de Paris
- [1]
- Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
- Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010
- Chapelle Saint-Jean de l'Essart Mador
- [2]
- Notice no IA00016910, base Mérimée, ministère français de la Culture
- Notice no PA27000011, base Mérimée, ministère français de la Culture
- Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France, des pairs, grands officiers de la Couronne, de la Maison du Roy et des anciens barons du royaume.... Tome 6
