Eu (Seine-Maritime)

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Eu
Le château d'Eu.
Le château d'Eu.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Haute-Normandie
Département Seine-Maritime
Arrondissement Dieppe
Canton Eu (chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes interrégionale de Bresle maritime
Maire
Mandat
Yves Derrien
2014-2020
Code postal 76260
Code commune 76255
Démographie
Gentilé Eudois
Population
municipale
7 351 hab. (2011)
Densité 410 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 02′ 53″ N 1° 25′ 14″ E / 50.0480555556, 1.42055555556 ()50° 02′ 53″ Nord 1° 25′ 14″ Est / 50.0480555556, 1.42055555556 ()  
Altitude Min. 2 m – Max. 140 m
Superficie 17,93 km2
Localisation

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Liens
Site web www.ville-eu.fr

Eu est une commune française, située dans le département de la Seine-Maritime en région Haute-Normandie.

Ses habitants sont les Eudois. Le nom de la ville d'Eu se prête à quelques jeux de mots. Ainsi, la bienséance veut qu'on dise et écrive : « le maire de la ville d'Eu ». Les Eudois peuvent ainsi prendre le train à la « gare d'Eu-la Mouillette ». Les cruciverbistes reconnaissent Eu comme étant le « trou normand » en deux lettres.

Avec Le Tréport et Mers-les-Bains, elle est l'une des trois principales villes de l'unité urbaine d'Eu qui fait entièrement partie de l'intercommunalité dénommée Communauté de communes interrégionale de Bresle maritime.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Le port vers 1900.

Située tout au nord du département, et avec un territoire formant une protubérance sur la rive droite, Eu est un chef-lieu de canton bordé par la forêt d'Eu et traversé par la Bresle, fleuve côtier dont l'embouchure dans la Manche est à 4 km, au Tréport.

Eu est située à 4 km du Tréport, à 5 km de Mers-les-Bains, à 7 km d'Ault, à 12 km de Friville-Escarbotin, à 13 km de Gamaches, à 22 km de Blangy-sur-Bresle, à 24 km de Saint-Valery-sur-Somme, à 25 km d'Envermeu, à 28 km de Londinières, à 31 km d'Abbeville, à 32 km de Dieppe et à 42 km de Neufchâtel-en-Bray, à 102 km de Rouen à 179 km de Paris et à 957 km de Marseille

L'habitat et les activités s'étant concentrés au fond de la vallée, autour du château d'Eu et du port, Eu fait partie, avec Le Tréport et Mers-les-Bains, d'une même agglomération, les « trois villes sœurs » empiétant sur deux départements.

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Le tramway devant la collégiale

Eu est desservie par les gares d'Eu (trains TER Haute-Normandie et TER Picardie des lignes du Tréport - Mers à Beauvais et à Abbeville).

Les dimanche et fêtes, elle est également desservie directement par les trains reliant Paris-Nord au Tréport - Mers.

Eu était autrefois également reliée à Dieppe. La ligne Eu-Dieppe a été coordonnée le et partiellement transformée en sentier de randonnée : le chemin vert du Petit-Caux. De même, le tramway d'Eu-Le Tréport-Mers reliait de 1902 à 1934 la ville aux deux stations balnéaires.

Environnement[modifier | modifier le code]

La Basse forêt d'Eu présente une caractéristique particulière[1]. C'est une des très rares zones qui au nord de la France ait été conservée enforestée depuis la préhistoire, tout en étant sise sur une zone de limons riches. Ailleurs, hormis trois massifs du Nord-Pas-de-Calais (forêt de Mormal, forêt de Nieppe, forêt d'Hesdin), les forêts de sols riches ont toutes été déboisées au profit de l'agriculture au Moyen Âge ou pendant l'Antiquité. Il est possible et probable qu'elle contienne des arbres qui sont des descendants directs de la forêt préhistorique.

Eu est classée 4 fleurs avec la distinction Grand Prix au Concours des villes et villages fleuris[2].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la commune est lié à celui du fleuve qui la traverse : avant de s'appeler la Bresle, ce petit cours d'eau était connu au Moyen Âge sous le nom d'Ou, puis Eu. La forme Eu qui a prévalu est plutôt picarde, la forme Ou plutôt caractéristique des dialectes de l'ouest. Un texte du XIIe siècle écrit par le chroniqueur Orderic Vital ne laisse pas le moindre doute : « Aucum flumen quod vulgo dicitur Ou »[3]. On trouve, toujours pour désigner le fleuve, diverses formes présentant des variations de la consonne intervocalique : Auvae (à lire peut-être Awae) au IXe siècle, puis Aucia ou Auga au Xe siècle, enfin Aucum au XIIe siècle[4].

La consonne intervocalique s'est rapidement amuïe dans la prononciation courante, ce qui peut expliquer les mauvaises latinisations des formes plus récentes. L'origine doit être le germanique *awa « eau » (cf. allemand Au, Aue « pré inondable »), à rapprocher du latin aqua. Ils remontent l'un et l'autre à l'indo-européen *akʷā- « eau ».

Le même processus de transfert du nom de la rivière au nom du village s'observe plusieurs fois en Seine-Maritime, comme par exemple dans Fécamp ou Dieppe[5].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Les armes de la ville d'Eu sont les suivantes :

Blason d'argent au lion passant de gueules. L'écu est timbré de la couronne murale d'or à trois tours crénelées. Il est supporté par une aigle au vol abaissé d'argent.

Histoire[modifier | modifier le code]

La ville d'Eu n'a rien à voir avec l'agglomération romaine appelée Augusta, située un peu plus au sud-est, qui a laissé son nom à la commune voisine d'Oust-Marest, dans la Somme. Les archéologues y ont retrouvé les traces d'un théâtre et d'un temple gallo-romains.

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • En 996, le comté d'Eu est créé par Richard, petit-fils de Rollon, dans le but de protéger la Normandie.
  • En 1050, Guillaume (futur Guillaume le Conquérant), épouse sa cousine Mathilde, la fille du comte de Flandres au château d'Eu.
  • En 1180, Laurent O’Toole, archevêque de Dublin et légat du pape, tente de rencontrer Henri II Plantagenêt (roi d'Angleterre et duc de Normandie) à Rouen. Il tombe malade à Eu, où il décède. Il a été béatifié en 1186 et canonisé en 1225. La collégiale, dont les travaux débutent en 1186, porte le nom Notre-Dame-et-Saint-Laurent. Saint Laurent est le saint patron de la ville d'Eu. Une partie de ses reliques sont encore conservées dans la collégiale. Richard Cœur de Lion fit construire des remparts autour de la ville.
  • Le , durant la guerre de Cent Ans, assiégée par les Anglais, la ville d'Eu capitule[6].
  • En 1430, Jeanne d'Arc, faite prisonnière à Compiègne par les Anglais, est conduite à Rouen en passant par Eu ; elle y passe une nuit.
  • Le , le roi de France Louis XI fait incendier la ville de peur que ses habitants ne la livrent aux Anglais. Ce jour restera dans les mémoires sous le nom de « Mardi Piteux ». Seuls les établissements religieux furent épargnés.
  • En 1578, Henri le Balafré, duc de Guise, mari de Catherine de Clèves, 26e comtesse d’Eu, fait construire l’actuel château et fonde le collège des Jésuites (1580). Mais son assassinat à Blois, le , contrarie l'évolution des travaux.
  • Au XVIIe siècle, les épidémies font des ravages réguliers. La peste de 1636 est si dévastatrice que la ville commande à l’orfèvre eudois Avril une Vierge votive en argent et fait le vœu, à perpétuité, d’une procession annuelle pour mettre un terme à l’épidémie (cette procession existe encore de nos jours).
Conséquence directe de la peste de 1636, l’Hôtel-Dieu sera construit en 1658. Les sœurs hospitalières de la Miséricorde de Jésus s’en occupèrent jusqu’en 1967.
  • Eu devient résidence royale en 1830 et se réjouit des séjours réguliers de Louis-Philippe, roi des Français (1830-1848) et de sa famille.
Arrivée de la Reine Victoria au château en 1843.
Une rame du tramway d'Eu-Le Tréport-Mers, peu après sa mise en service en 1902, devant la halle du marché, place de l'Hôtel de Ville.
Dans les glacières du château (actuellement le bar Le Bragance), des blocs de glace importés de Norvège servaient à conserver la nourriture.
  • À partir de 1873, Eugène Viollet-le-Duc le remania pour le Philippe d'Orléans (1838-1894) comte de Paris, prétendant au trône. Un incendie détruisit l'aile sud en 1902. L'ancienne famille impériale du Brésil (les Orléans-Bragance) le posséda de 1905 à 1954.
  • En 1914, l'hôpital temporaire n° 20 est installé dans le château. Grâce au travail ingénieux et persévérant de Denis Sauzéat, pharmacien aide major de 1ère classe et au précieux concours qu'il a su s'assurer avec notamment l'aide de Marie Curie et l'utilisation de la voiture du Prince Pierre d'Orléans-Bragance, un poste de radiologie est installé dans l'une des salles du château. Ce poste, commencé avec les ressources les plus minimes, était muni des plus utiles perfectionnements au départ pour le front du major Sauzéat, début septembre 1915. Cet équipement rendra les plus grands services pour la guérison des blessés.
  • Depuis 1973, le château d'Eu est devenu musée Louis-Philippe. L'Association des Amis du musée Louis-Philippe du château d'Eu fut créée en 1985 par Madame, comtesse de Paris, née Isabelle d'Orléans et Bragance (1911-2003), pour promouvoir l'enrichissement de cet édifice qui est classé musée de France. Une partie de l'ancien domaine royal appartient toujours aux Orléans, héritiers d'Isabelle d'Orléans et Bragance.

Administration[modifier | modifier le code]

Le château d'Eu

Liste des maires successifs[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
avril 2014 en cours Yves Derrien[7] Divers droite Ingénieur, ancien directeur d'Alcatel
mars 2008 avril 2014 Marie-Françoise Gaouyer PS Infirmière

8e Vice-Président du Conseil général de la Seine-Maritime

Sénatrice

mars 2008 François Gouet div.d Consultant juridique
1976 Jean Duhornay UDF-CDS ...
1976 Pierre Allard ... Notaire
Henri Franchet ... ...
1944 Jules Tellier ... ...
1937 1944 Henri Franchet ... ...
1937 Charles Morin ... ...
1892 Paul Bignon AD Sénateur et Président du Conseil général de la Seine-Maritime
1878 1890 Marcel Richebraque ... ...
1874 1878 Octave Delattre ... ...
1870 1874 Marcel Richebraque ... ...
1851 1870 Octave Leconte ... ...
1848 1851 Gustave Delattre ... ...
1842 1848 Louis François Rabion ... ...
1840 1842 Bonaventure Leconte ... ...
1835 1840 Louis François Rabion ... ...
1826 1830 Paul Duval de la Croix ... ...
1800 1804 Jean Laurent Guignon ... ...
1791 1792 Claude Antoine Delahuppe ... ...
1789 1791 Jean Roger Monceaux ... ...
1787 1789 Jean Laurent Guignon ... ...
1779 1783 François de Vadicourt ... ...
1773 1775 Baltazar de Vadicourt ... ...
1770 1772 Pierre Nicolas Anceaume ... ...
1766 1769 Baltazar de Vadicourt ... ...
1758 1763 Marc-Antoine Capperon ... ...
Les données manquantes sont à compléter.

Jumelages[modifier | modifier le code]

La ville d'Eu est jumelée avec : [8]

Elle entretient des relations d'amitié avec :

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 7 351 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
3 380 3 230 3 219 3 467 3 543 3 739 3 977 4 370 4 019
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
4 156 4 416 4 168 3 899 4 379 5 105 4 989 4 693 4 818
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
5 398 5 743 5 651 5 817 5 963 5 617 5 655 5 540 6 343
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
7 029 8 079 8 626 8 588 8 344 8 081 7 571 7 419 7 351
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2004[10])
Histogramme de l'évolution démographique


Monuments et lieux[modifier | modifier le code]

Le château : grand salon du rez-de-chaussée.
Bambous géant dans Le Jardin Jungle Karlostachys a Eu.
Article détaillé : Château d'Eu.
Place Carnot, vers 1910.

Personnalités liées à Eu[modifier | modifier le code]

Louis Sargent (XIXe Siècle), graveur sur bois né à Eu (Source: dictionnaire "Bénézit).

Économie[modifier | modifier le code]

La teinturerie au pied du château.
  • Téléphonie
  • Mobilier métallique
  • La vallée de la Bresle est le premier[11] centre de verrerie (flaconnage) au monde.


Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Dubois Jean-Jacques, 1989, Espaces et milieux forestiers dans le Nord de la France. Étude de biogéographie historique. Thèse d’État, université Paris-I Panthéon-Sorbonne, 2 vol., 1 023 pages
  2. Source : Villes et Villages fleuris
  3. Marianne Mulon, Dictionnaire des noms de lieux, éditions Le Robert
  4. François de Beaurepaire (préf. Marianne Mulon), Les Noms des communes et des anciennes paroisses de la Seine-Maritime, Paris, A. et J. Picard,‎ 1979, 180 p. (ISBN 978-2-7084-0040-5, OCLC 6403150), p. 75-76 commentaire = Ouvrage publié avec le soutien du CNRS
  5. François de Beaurepaire, op. cit.
  6. Épisodes de l'invasion anglaise. La guerre de partisans dans la Haute Normandie, 1424-1429; Bibliothèque de l'école des chartes. 1894, tome 55. pp. 259-305.
  7. Le Courrier picard, édition d'Abbeville, 8 avril 2014, p. 7.
  8. Présentation - Jumelages et partenariats
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  11. http://www.la-glass-vallee.com/index.php/fr/La-Glass-Vallee/

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Minard, La Ville d'Eu à la Belle Époque, Aquadec, 2005.
  • Désiré Lebeuf, Histoire de la ville d'Eu, La Vague verte,‎ 2003, 530 p.
  • Jules Périn, Eu et ses environs à la Belle Époque, La Vague verte,‎ 2011, 120 p.
  • Jean Calbrix, Mon cadavre se met en boîte à Eu, Condé-sur-Noireau, Charles Corlet,‎ 2009 (ISBN 978-2-84706-301-1, OCLC 664491850)
    Roman policier.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]