Traité de Saint-Clair-sur-Epte

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Le duché de Normandie entre 911 et 1050.

Le traité de Saint-Clair-sur-Epte est conclu à l'automne de l'année 911[1] entre Charles III le Simple et Rollon, un chef viking. Il permet l’établissement des Normands en Neustrie à condition qu’ils protègent le royaume de Charles III de toute nouvelle invasion des « hommes du Nord ».

Contexte[modifier | modifier le code]

Depuis le règne de Charlemagne, les abbayes de la chrétienté font l'objet de raids vikings. La mise en place de commandements militaires (notamment la marche de Neustrie) et l’établissement de ponts fortifiés (comme à Pont-de-l'Arche sur la Seine) par les rois carolingiens n’arrêtent pas ces expéditions.

Vers 910-911, un chef scandinave du nom de Rollon entreprend une expédition à travers la marche de Neustrie mais il est battu sous les murs de Chartres par une coalition d’aristocrates francs. C’est le moment que choisit Charles le Simple pour négocier. Une négociation d’autant plus urgente que le roi voudrait mettre la main sur le royaume de Lotharingie sans être menacé par les Vikings.

Clauses du traité[modifier | modifier le code]

Nous n’avons pas le texte du traité mais un historiographe du début du XIe siècle, Dudon de Saint-Quentin, nous explique son contenu. Quelques doutes subsistent toutefois sur la véracité totale de son récit. Les clauses sont les suivantes :

  • Charles III concède à Rollon la région comprise entre « l’Epte et la mer ». Les historiens ne sont pas d’accord sur l’exacte étendue de la concession. En majorité, ils considèrent que la donation concernait les comtés ou évêchés de Rouen, Évreux et Lisieux. Ce qui correspond à l’actuelle Haute-Normandie, augmentée du Pays d'Auge. Pierre Bauduin émet l’hypothèse d’une concession encore plus réduite. Ce n’est pas la première fois qu’un roi cède une partie de son territoire aux Vikings pour avoir la paix. À la fin du IXe siècle, l’Angleterre du roi anglo-saxon Alfred le Grand avait ainsi accueilli plusieurs États scandinaves constituant ainsi le Danelaw.
  • Rollon accepte de recevoir le baptême.
  • Il doit assurer la protection du royaume, notamment contre ses compatriotes vikings qui seraient tentés de remonter la Seine. Le chef normand prête hommage au roi. Sur ce dernier point, Dudon de Saint-Quentin, prompt à flatter les Normands, raconte l’anecdote suivante : Rollon refusant de s’agenouiller devant le roi en signe d'hommage, afin de lui baiser le pied, un compromis est alors trouvé. Un des proches de Rollon doit effectuer le geste à sa place. Mais le Normand, sans s’agenouiller, lève si haut le pied du roi que ce dernier perd l’équilibre et tombe à la renverse.

Conséquences[modifier | modifier le code]

L’acte est primordial puisqu’il donne naissance au futur duché de Normandie. Rollon, puis son fils Guillaume Longue-Épée, s’attacheront à étendre la concession originale, notamment à l’ouest (la Basse-Normandie et la Bretagne).

Rollon respectera les clauses du traité et se gardera d’envahir les terres du royaume. Après l’emprisonnement de Charles le Simple, il lancera toutefois des raids en Picardie.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D. C. Douglas, « Rollo of Normandy », The English Historical Review, vol. 57, n°228 (oct. 1942), p. 417-436.