Alain (philosophe)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Alain et Emile Chartier (homonymie).

Alain, de son vrai nom Émile-Auguste Chartier (Mortagne-au-Perche, Orne, 3 mars 1868 - Le Vésinet, Yvelines, 2 juin 1951), est un philosophe, journaliste, essayiste et professeur de français[1].

L'auteur utilisa différents pseudonymes entre 1893 et 1914, tels Criton (1893), Quart d'œil ou encore Philibert, pour signer différentes chroniques dans "La Dépêche de Lorient" (jusqu'en 1903) puis dans "La Dépêche de Rouen et de Normandie" et ses pamphlets dans "La Démocratie rouennaise"[2].

L'adjectif utilisé et dérivé de son nom est alinien[3].

Sommaire

[modifier] Biographie

La maison du Vésinet où vécut Alain de 1917 à 1951.

En 1881, il entre au lycée d'Alençon où il passe cinq ans[4]. Se destinant d'abord à l’École polytechnique, il opte finalement pour une préparation littéraire qu'il effectue comme externe au lycée Michelet. Là, il fait la rencontre décisive de Jules Lagneau, qui l’oriente vers la philosophie.

Après l'École normale supérieure, il est reçu à l'agrégation de philosophie puis est nommé professeur successivement au lycée Joseph-Loth à Pontivy, Dupuy de Lôme à Lorient, Rouen (lycée Corneille de 1900 à 1902) et à Paris (lycée Condorcet puis au lycée Michelet). À partir de 1903, il publie (dans La Dépêche de Rouen et de Normandie) des chroniques hebdomadaires qu'il intitule « Propos du dimanche », puis « Propos du lundi », avant de passer à la forme du Propos quotidien. Plus de 3000 de ces « Propos » paraîtront de février 1906 à septembre 1914. Devenu professeur de khâgne au lycée Henri-IV en 1909, il exerce une influence profonde sur ses élèves (Raymond Aron, Simone Weil, Georges Canguilhem, André Maurois, etc.).

À l'approche de la guerre, Alain milite pour le pacifisme. Lorsque celle-ci est déclarée, sans renier ses idées, et bien que non mobilisable, il s'engage pour satisfaire ses devoirs de citoyen. Brigadier au 3e régiment d'artillerie[5], il refuse toutes les propositions de promotion à un grade supérieur. Le 23 mai 1916, il se broie le pied dans un rayon de charrue lors d'un transport de munitions vers Verdun[6]. Après quelques semaines d'hospitalisation, il est affecté pour quelques mois au service de météorologie, puis il est démobilisé en 1917. Ayant vu de près les atrocités de la Grande Guerre, il publie en 1921 son célèbre pamphlet Mars ou la guerre jugée. Sur le plan politique, il s’engage aux côtés du mouvement radical en faveur d'une république libérale strictement contrôlée par le peuple. En 1927, il signe la pétition (parue le 15 avril dans la revue Europe) contre la loi sur l’organisation générale de la nation pour le temps de guerre, qui abroge toute indépendance intellectuelle et toute liberté d’opinion. Son nom côtoie ceux de Lucien Descaves, Louis Guilloux, Henry Poulaille, Jules Romains, Séverine... et ceux des jeunes normaliens Raymond Aron et Jean-Paul Sartre. Jusqu'à la fin des années 1930, son œuvre sera guidée par la lutte pour le pacifisme et contre la montée des fascistes.

En 1934, il est cofondateur du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes (CVIA). En 1936, alors qu'il est depuis longtemps atteint de crises régulières de rhumatismes qui l'immobilisent, une attaque cérébrale le condamne au fauteuil roulant. Décédé en 1951, il est enterré au cimetière du Père-Lachaise (division 94).

Trois associations contribuent aujourd'hui à faire connaitre et à diffuser son œuvre en se chargeant de la réédition et de la publication de textes inédits. L'Institut Alain[7] est dirigé par l'administrateur littéraire de l'œuvre. L'Association des Amis d'Alain[8] et l'Association des Amis du Musée Alain et de Mortagne (laquelle a pour centre le musée Alain de sa ville natale)[9] perpétuent le souvenir au travers de leurs Bulletins et manifestations diverses.

[modifier] Œuvres

[modifier] Les Propos

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources. Merci d'ajouter en note des références vérifiables ou le modèle {{Référence souhaitée}}.

Alain met au point à partir de 1906 le genre littéraire qui le caractérise, les "Propos". Ce sont de courts articles, inspirés par l'actualité et les événements de la vie de tous les jours, au style concis et aux formules séduisantes[évasif], qui couvrent presque tous les domaines. Cette forme appréciée du grand public[réf. nécessaire] a cependant pu détourner certains critiques d'une étude approfondie de son œuvre philosophique[réf. nécessaire]. Beaucoup de "Propos" sont parus dans la revue "Libres Propos" (1921-1924 et 1927-1935) fondée par un disciple d'Alain, Michel Alexandre. Certains ont été publiés, dans les années trente, dans la revue hebdomadaire L'École libératrice publié par le Syndicat national des instituteurs.

Ses maîtres à penser[non neutre] furent Platon, Descartes, Kant et Auguste Comte — mais il se réclama avant tout[citation nécessaire] de Jules Lagneau, qui fut son premier professeur de philosophie, au lycée de Vanves (actuel lycée Michelet). Il n'oublia jamais[réf. nécessaire], toute sa vie durant, celui qu'il appela « le seul Grand Homme que j'aie jamais connu », et dont il est permis de penser[Par qui ?] que la rencontre fut aussi décisive que celle de Platon avec Socrate : « Parmi les attributs de Dieu, il avait la majesté. […] Ses yeux perçants traversaient nos cœurs et nous nous sentions indignes. L'admiration allait d'abord à ce caractère, évidemment inflexible, inattentif aux flatteries, aux précautions, aux intrigues, comme si la justice lui était due. »[citation nécessaire]

Le but de sa philosophie est d'apprendre à réfléchir et à penser rationnellement en évitant les préjugés. Humaniste cartésien, il est un « éveilleur d'esprit », passionné de liberté[citation nécessaire], qui ne propose pas un système ou une école philosophique mais apprend à se méfier des idées toutes faites. Pour lui, la capacité de jugement que donne la perception doit être en prise directe avec la réalité du monde et non bâtie à partir d'un système théorique.

Alain perd la foi au collège[citation nécessaire] sans en ressentir de crise spirituelle. Bien qu'il ne croie pas en Dieu et soit anticlérical, il respecte l'esprit de la religion. Il est même attiré par les phénomènes religieux qu'il analyse avec beaucoup de pertinence[non neutre]. Dans Propos sur la religion et Propos sur le bonheur on sent transparaître[Qui ?], un peu comme chez Auguste Comte, une certaine fascination pour l'Évangile dans lequel il voit un beau poème[citation nécessaire] et pour le catholicisme qu'il perçoit, en en reprenant l'étymologie, comme un « accord universel ».[citation nécessaire]

[modifier] Mars ou la guerre jugée (1921)

Alain y explique que ce qu'il a ressenti le plus vivement dans la guerre, c'est l'esclavage. Il s'insurge contre le mépris des officiers pour les hommes de troupe lorsqu'ils « parlent aux hommes, comme on parle aux bêtes ». Il ne supporte pas l'idée de cette tuerie organisée, de ce traitement que l'Homme inflige à l'Homme.

Il se révolte quand il assiste à la mise au point d'une énorme machine destinée à tenir les hommes dans l'obéissance et explique pourquoi, soldat, il n'a jamais voulu d'autres galons que ceux de brigadier.

[modifier] Bibliographie

[modifier] Éditions

  • aux éditions Gallimard, coll. "Pléiade" :
    • Les arts et les dieux, 1488 p.
    • Les passions et la sagesse, 1480 p.
  • aux éditions Gallimard, coll. "Pléiade" :
    • Propos, tome I : propos de 1906 à 1936, 1424 p.
    • Propos, tome II : choix de propos 1906-1914-1921-1936, 1408 p.
  • aux éditions de La Table Ronde
    • Minerve ou la sagesse

[modifier] Études

  • Didier Gil, Alain, la République ou le matérialisme, Méridiens Klincksieck, 1989, 142 p. (ISBN 2-86563-257-1) 
  • Georges Pascal, Pour connaître la pensée d'Alain, Bordas, 1946 (réimpr. 1956 (3e), 1967 (4e)), 224 p. 
  • Olivier Reboul, L'homme et ses passions d'après Alain, vol. I : La passion, Paris, PUF, coll. « Publications de l'Université de Tunis. Faculté des Lettres et Sciences humaines / 6e série (Philosophie), III », 1968, in-octavo, broché, 385 p. 
  • Olivier Reboul, L'homme et ses passions d'après Alain, vol. II : La sagesse, Paris, PUF, coll. « Publications de l'Université de Tunis. Faculté des Lettres et Sciences humaines / 6e série (Philosophie), III », 1968, in-octavo, broché, 310 p. 
  • Olivier Reboul, L'élan humain ou l'éducation selon Alain, Paris : éd. J. Vrin ; Montréal : Presses de l'Université de Montréal, 1974, coll. L'Enfant no XVI.
  • Emmanuel Blondel, Philippe Monart et Cécile-Anne Sibout, Alain et Rouen 1900-1914, PTC, 2007 (ISBN 978-2-35038-025-4)
  • Thierry Leterre, Alain, le premier intellectuel, Paris, Stock, coll. « biographies », février 2006, 15x24 cm, 594 p. (ISBN 2-234-05820-1) [présentation en ligne] 
  • Ollivier Pourriol, Alain, le grand voleur, Le Livre de Poche, biblio essais no 4400 (ISBN 978-2-253-08380-1)

[modifier] Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

[modifier] Notes et références

  1. Philippe Foray, « ALAIN (1868-1951) », dans Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée, Paris, UNESCO: Bureau international d’éducation, vol. vol. XXIII, no 1/2, 1993, p. 21-36 [texte intégral [PDF] (page consultée le 2009-04-02)] 
  2. Alain, Philosophe et Humaniste Normand
  3. utilisé notamment par Roudinesco E dans philosophes dans la tourmente, Points essais
  4. Le 13 juin 1956, le lycée d'Alençon a pris le nom de son plus célèbre élève : lycée Alain
  5. Cf. T. Leterre, p. 331.
  6. Cf. T. Leterre, p. 349.
  7. l'Institut Alain à Paris
  8. Les Amis d'Alain
  9. Amis Du Musee Alain Et De Mortagne
Outils personnels
Espaces de noms
Variantes
Actions
Navigation
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils
Autres langues