Fleury-sur-Orne

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Fleury-sur-Orne
Image illustrative de l'article Fleury-sur-Orne
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Basse-Normandie
Département Calvados
Arrondissement Caen
Canton Caen-8
Intercommunalité Communauté d'agglomération Caen la Mer
Maire
Mandat
Marc Lecerf
2014-2020
Code postal 14123
Code commune 14271
Démographie
Gentilé Fleurysiens
Population
municipale
4 208 hab. (2011)
Densité 623 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 08′ 49″ N 0° 22′ 31″ O / 49.1469444444, -0.375277777778 ()49° 08′ 49″ Nord 0° 22′ 31″ Ouest / 49.1469444444, -0.375277777778 ()  
Altitude Min. 2 m – Max. 66 m
Superficie 6,75 km2
Localisation

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Liens
Site web www.fleurysurorne.fr

Fleury-sur-Orne est une commune française, située dans le département du Calvados en région Basse-Normandie, peuplée de 4 208 habitants[1] (les Fleurysiens).

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune est en plaine de Caen et est limitrophe au sud-est de Caen. Son centre, autour de l'église Saint-Martin de Haute-Allemagne, est à 5 km du centre de la capitale régionale[2].

Carte de la commune.
Communes limitrophes de Fleury-sur-Orne[3]
Louvigny Louvigny Caen
Louvigny Fleury-sur-Orne[3] Ifs
Saint-André-sur-Orne Saint-Martin-de-Fontenay Ifs

Toponymie[modifier | modifier le code]

Fleury-sur-Orne est mentionné sous la forme latinisée Alemannia en 1077[4], en français Allemagnes puis Allemagne jusqu’en 1916[5].

Elle doit sans doute son nom à une garnison d’Alamans de l'armée romaine préposée à la garde du gué qui franchissait l’Orne à l’époque du Bas-Empire dans le cadre du tractus Armoricanus et Nervicanus.

Un village de l'Orne, près de Mortrée s'appelle Almenêches, issu d'une forme *Alemanniska qui désigne également un établissement d'Alamans[6]. La proximité dans l'espace (62 km à vol d'oiseau) et le temps de deux toponymes se référant aux Alamans laisse penser qu'il existe une relation entre les deux communautés, mais on ignore selon quelles modalités.

Le 23 août 1916, en pleine guerre entre l'Allemagne et la France, le conseil municipal décide un remplacement du nom pour celui de Fleury, en commémoration de Fleury-devant-Douaumont, commune martyre de la Meuse intégralement détruite cette même année lors de la bataille de Verdun au cours de la Première Guerre mondiale. Par décret du 12 avril 1917, le nom de Fleury-sur-Orne devient officiel.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

On a mis au jour une nécropole datant de l'Âge du fer comprenant une centaine de sépultures ainsi que des enclos de pierres[7]. Le site a livré un mobilier diversifié d'une cinquantaine d'objets (outillage, parure, serrurerie et quincaillerie)[8].

Le massacre du gué d’Athis[modifier | modifier le code]

En 1047, le jeune Guillaume, duc de Normandie (qui n'est pas encore Guillaume le Conquérant), aidé par Henri Ier roi de France, et grâce à la soumission in extremis de l'un des insurgés, Raoul Tesson fondateur de l'abbaye Saint-Étienne de Fontenay (Saint-André-sur-Orne), mit fin à la révolte des barons normands à la bataille du Val-ès-Dunes, près des villages de Chicheboville, Secqueville et Bourguébus. Peu d’informations nous sont parvenues sur cette bataille, mais il semblerait qu’il n’y ait eu ni infanterie ni archers, seuls des groupes de cavaliers se seraient affrontés de manière désordonnée.

À l’issue de ces échauffourées, les barons rebelles s’enfuirent. Ils tentèrent de franchir l’Orne au gué d'Athis entre Saint-André-sur-Orne et Fleury-sur-Orne (« entre Fontenay et Allemagnes », comme il est raconté dans le Roman de Rou en 1160) et y furent décimés. Emportés en grand nombre par le courant, les corps des chevaliers massacrés bloquèrent le moulin de Bourbillon au niveau de l’actuelle « Île enchantée ». Guillaume devint alors le maître incontesté du duché de Normandie.

Les carrières[modifier | modifier le code]

Au XIe siècle, le « carreau d'Allemagnes » était l'un des principaux lieux d'extraction de la pierre de Caen. L'exploitation se faisait alors à ciel ouvert. Elle servit à la construction de nombreux édifices en Normandie (par exemple les abbayes de Caen) ou en Angleterre (tour de Londres).

Dans un premier temps, l'exploitation s'est faite à partir de boyaux à flanc de coteaux. Puis à partir du XIVe siècle, on exploita les carrières souterraines ; on creusa plus profondément grâce à des puits creusés à l'est de la route d'Harcourt vers la Grâce de Dieu.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les habitants de l'agglomération caennaise trouvèrent refuge dans ces carrières souterraines pendant les bombardements. L'activité des carrières exploitant la pierre de Caen cessa à la fin des années 1950, après la reconstruction de Caen, le béton étant alors le matériau le plus utilisé dans la construction.

Aujourd'hui, ces carrières sont fermées au public sauf pour les journées du patrimoine. Certaines sont utilisées pour la culture du champignon de Paris[9].

La libération de Fleury-sur-Orne en 1944[modifier | modifier le code]

Durant la nuit du 18 au 19 juillet, les neuf régiments des trois brigades de la 2e division d’infanterie canadienne (en) se préparent à libérer le sud de Caen avec pour objectif la cote 67.

Les régiments Royal Black Watch (régiment créé à Montréal en 1862) et Calgary Highlanders (originaire de la province canadienne d'Alberta) traversent l’Orne puis escaladent les hauteurs de Vaucelles sous le feu des obus et des balles allemandes. Pendant ce temps, les troupes de la 6e brigade opèrent plus à l’est. Le 19 juillet, au lever du jour, alors que les combats font rage sur les hauteurs de Vaucelles, le régiment de Maisonneuve principalement composé de Québécois, se prépare à son baptême du feu.

Quittant leur retranchement près de la prison vers 10 heures, les hommes du régiment de Maisonneuve traversent le pont Bailey mis en place quelques heures auparavant par le génie canadien.

Le docteur Robert installe son poste de soins à la croisée des routes 158 et 162 (actuel carrefour rue de Falaise-Boulevard Lyautey). À 13 heures, sous la supervision du commandant Bisaillon, les compagnies A (major Dugas) et C (major Ostiguy) prennent la route de Thury-Harcourt alors que les compagnies D (major Léon Brosseau) et B (major Massue) utilisent une petite route secondaire sur la droite (l’actuel chemin des coteaux ?) avec pour objectif la partie basse de Fleury-sur-Orne.

Sous une pluie d’obus et de mortiers, les troupes canadiennes disputent aux Allemands l’occupation des maisons bordant la route. Les rafales des mitrailleuses déchirent l’air, les blessés attendent les premiers soins, près d’eux gisent leurs camarades morts. Sur la gauche, le village d’Ifs est en feu, alors que le Royal Back Watch arrive à Saint-André-sur-Orne qu'il réussira finalement à libérer après des combats acharnés et héroïques qui feront de nombreux morts parmi les jeunes soldats canadiens. À 16 heures, la compagnie C du major Ostiguy, aidée des lieutenants Mathieu et Robert, atteint l’objectif, chaque maison de Fleury est inspectée. Le curé Saussaye et les habitants de Fleury, réfugiés depuis début juin dans les carrières, apprennent avec soulagement la fin de leur exil souterrain tandis que les Allemands se replient sur Étavaux. Gérard Marchand, aumônier du régiment de Maisonneuve, dit une prière avant l’ensevelissement des soldats canadiens tués au combat.

Le 24 juillet, le régiment québécois participe avec les autres régiments canadiens à l’opération Spring. Le vendredi 29 juillet, vers 16 h, une attaque surprise, dirigée par le major Vallières suivie d’une autre attaque dans la nuit de vendredi à samedi entraîne la capitulation des troupes allemandes stationnées à Étavaux.

Le 9 août, la 2e division canadienne s’empare de la crête de Verrières.

De l'après-guerre à nos jours[modifier | modifier le code]

Un secteur de la commune de Fleury-sur-Orne a été rattaché à la commune de Caen par arrêté du 20 juillet 1962[10]. Cette partie non urbanisée connue sous le nom de la Grâce de Dieu est devenu un quartier de Caen.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

En 2010, 2011, 2012 et 2013 la commune de Fleury-sur-Orne a été récompensée par le label « Ville Internet @@@ »[11]. Elle est la première Ville Internet du Calvados. En 2013, en partenariat avec le Ministère de l’Egalité des Territoires et du Logement, le jury attribue également à la ville pour la première fois la mention « ruralité » pour saluer la commune qui « souvent, arrive à un niveau d’initiatives égal aux plus grands territoires ».

La commune adhère à la communauté d'agglomération Caen la Mer.

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

La mairie
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
1876 1896 Louis Cauvet    
1896 1904 Edouard James[10]    
1904 1907 Amédée Boisvenel    
1907 1910 Adrien Gouget    
1910 1912 Victor Rolland    
1912 1917 Victor Vivien    
1917 1919 Victor Rolland    
1919 1945 Alfred Boisvenel    
1945 1956 Armand Porquier   Directeur d'école primaire
1956 1978 Serge Rouzière PCF Employé SNCF
1978 1989 Jane Tillard PCF Institutrice
1989 1992 Jean-François Richard PS Directeur de CAT
1992 2010 Claude Leclère PS Linotypiste
2010[12] en cours Marc Lecerf[13] PS Directeur d'agence Pôle emploi
Les données manquantes sont à compléter.

Le conseil municipal est composé de vingt-sept membres dont le maire et huit adjoints[13].

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 4 208 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2]. Peuplée de 585 habitants en 1793, Allemagne avait compté jusqu'à 1 030 habitants en 1861 puis la population était redescendu à 819 (1881). Le précédent maximum fut dépassé en 1911 (1 048 habitants).

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
585 664 686 764 890 921 976 1 025 981
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 007 1 030 1 024 993 914 819 921 960 912
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
969 992 1 048 1 205 1 252 1 194 1 255 1 331 1 751
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
2 344 2 817 2 861 3 650 3 861 4 231 4 039 4 014 4 208
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2004[14].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Le parc de Fleury-sur-Orne doit se développer sur 80 hectares de terrain. Les commerces s'implanteront sur 60 hectares et 13 hectares sont réservés aux activités tertiaires. L'ouverture d'un magasin Ikea y est prévue pour le premier semestre 2011[15].

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • L'église Notre-Dame de Basse-Allemagne. Son clocher, classé monument historique[16] (CLMH, 22/10/1913), date du XIeXIIe siècle, alors que le reste du bâtiment, construit en 1845 dans un style néogothique, est moins intéressant. Ce lieu de culte destiné aux habitants de Basse-Allemagne fut construit à flanc de coteau à proximité de l'ancienne route d'Angers et du bac d'Athis.
  • Le bourg de Haute-Allemagne s'est développé autour de l'église Saint-Martin ; celle-ci est plus récente que l'église de Basse-Allemagne (XIXe siècle). Le centre-ville, peu touché par les bombardements de 1944, est composé de quelques rues aux vieilles maisons en pierre de Caen.
  • Maison sur l'avenue d'Harcourt. Cette maison offre un bon exemple d'une toiture à la Philibert de l'Orme.
  • Maison rue Saint André du XVIIIe siècle qui fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 11 septembre 2009[17].
  • L'Île enchantée, petite île dans un coude de l'Orne qui serpente dans les marais.
  • Les ponts ferroviaires. Ces ponts métalliques permettaient au train du chemin de fer de la Suisse normande, reliant Caen et Laval (via Flers), de franchir l'Orne. La ligne a été fermée en 1970. Les ponts sont aujourd'hui à l'abandon ; seule la passerelle orientale est accessible, la passerelle occidentale étant en mauvais état.

Culture, animation, sports, loisirs[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs associations dans lesquelles s’investissent bon nombre de Fleurysiens telles que l'UFAC (Union fleurysienne d'action culturelle), le comité des fêtes, la JSF (Jeunesse sportive fleurysienne), l’association de jumelage avec le Sénégal Fleury/Ouonck Dieba, l’association Lire à Fleury qui participe à la vie littéraire de la commune en proposant des activités pour les enfants et pour les adultes toujours autour du livre, le comité fleurysien du secours populaire. L’espace Nicolas Oresme permet d’accueillir des spectacles musicaux, théâtraux, des expositions de peinture. Différentes manifestations se déroulent dans la commune : sortir à Fleury, le Folklofleury, les soirs d'été, les journées du patrimoine, la fête des Coteaux, la fête du sport, des vide-greniers…

Sports[modifier | modifier le code]

La Jeunesse sportive fleurysienne fait évoluer deux équipes de football en divisions de district[18].

Jumelages[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

Altitudes, superficie : IGN, Répertoire géographique des communes.
  1. Population municipale 2011.
  2. Distance routière la plus courte selon Viamichelin.fr
  3. « Géoportail (IGN), couche « Limites Administratives » activée »
  4. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Paris, Larousse,‎ 1963
  5. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Albert Dauzat et Charles Rostaing citent les toponymes de ce type à l'entrée Alamands (les) p. 10 de leur ouvrage, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Librairie Guénégaud 1989.ISBN 2-85023-076-6.
  7. AdlFI: Archéologie de la France: Fleury-sur-Orne
  8. Archéopole: Fleury sur Orne
  9. Pour plus d'informations, notamment photographiques, voir le site de la Lithothèque de Normandie
  10. a et b Archives Départementales du Calvados, délibérations municipales en ligne
  11. Palmarès 2010 des Villes Internet sur le site officiel de l'association. Consulté le 18/12/2009.
  12. « Tendanceouest.com - Marc Lecerf intronisé maire de Fleury-sur-Orne » (consulté le 16 novembre 2010)
  13. a et b Réélection 2014 : « Fleury-sur-Orne (14123) - Municipales 2014 », sur elections.ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 26 avril 2014)
  14. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  15. La Manche Libre, 17 août 2009
  16. « Eglise d'Allemagne-la-Basse », base Mérimée, ministère français de la Culture
  17. « Maison », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  18. « Site officiel de la Ligue Basse-Normandie – JS Fleury S/Orne » (consulté le 13 septembre 2009)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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