Bayonne

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Bayonne
Mairie de Bayonne.
Mairie de Bayonne.
Blason de Bayonne
Blason
Bayonne
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Aquitaine
Département Pyrénées-Atlantiques
Arrondissement Bayonne (chef-lieu)
Canton Chef-lieu de 3 cantons
Intercommunalité Agglomération Côte Basque-Adour
Maire
Mandat
Jean-René Etchegaray (UDI)
2014-2020
Code postal 64100
Code commune 64102
Démographie
Gentilé Bayonnais
Population
municipale
44 331 hab. (2011)
Densité 2 045 hab./km2
Population
aire urbaine
284 485 hab. (2010)
Géographie
Coordonnées 43° 29′ 37″ N 1° 28′ 30″ O / 43.4936, -1.475 ()43° 29′ 37″ Nord 1° 28′ 30″ Ouest / 43.4936, -1.475 ()  
Altitude Min. 0 m – Max. 52 m
Superficie 21,68 km2
Localisation

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Bayonne
Liens
Site web bayonne.fr

Bayonne est une commune française située dans le département des Pyrénées-Atlantiques en région Aquitaine.

Proche de la frontière nord de l'Espagne, Bayonne est située au confluent de l'Adour et de la Nive, et aux confins des Landes et du Pays basque.

Bayonne joue le rôle de capitale économique du bassin de l'Adour. L'industrie moderne (métallurgies, produits chimiques) a pu s'y implanter, grâce aux possibilités d'approvisionnement et d’expéditions par mer de son port, mais ce sont surtout les activités de service qui, aujourd’hui, représentent le plus grand gisement d’emplois.

Bayonne est également une capitale culturelle qui a su marier les influences gasconnes et basques. Forte d’un riche passé historique, son patrimoine réside tant dans son architecture et la diversité des collections de ses musées que dans la manifestation de ses différences culturelles traditionnelles au travers de ses fêtes et de ses spécialités gastronomiques.

Sa devise est nunquam polluta (« jamais souillée »), en référence aux nombreuses tentatives infructueuses de prise de la ville au cours des siècles avec pas moins de 14 sièges.

Sommaire

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Bayonne fait actuellement partie de la province basque du Labourd, à la frontière occidentale entre le Pays basque et la Gascogne. Elle s'est développée à la confluence de l'Adour et de son affluent en rive gauche, la Nive.

Rose des vents Boucau (Pyrénées-Atlantiques) Tarnos (Landes) Rose des vents
Anglet N Lahonce
O    Bayonne    E
S
Bassussarry Villefranque
Saint-Pierre-d'Irube
Mouguerre

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Bayonne occupe un territoire marqué par un relief plat à l'ouest et au nord (zone de la forêt landaise), tendant à s'élever légèrement en allant vers le sud et l'est, c'est-à-dire vers la zone pyrénéenne basque. Elle s’est fixée et a grandi à la confluence de l’Adour et la Nive, située à 6 kilomètres de l’océan[1]. Ce point de rencontre des deux cours d’eau coïncide avec un rétrécissement de la vallée de l’Adour. En amont de ce point, la plaine alluviale s’étend sur près de trente kilomètres de long et trois de large jusqu’à Tercis-les-Bains et Peyrehorade, et se caractérise par des barthes[Note 1] marécageuses, soumises à l’influence des crues et des fortes marées. En aval de ce point, le fleuve a façonné un large lit dans les sables dunaires. Le goulet situé à la confluence prend donc toute son importance.

L’occupation de la butte qui domine ce rétrécissement de la vallée, s’est développé par la conquête progressive des basses terres, par l’intermédiaire de remblaiements et de l’aggradation[Note 2] du sol inondable[1].

La Nive a joué un rôle prépondérant dans la mise en place du réseau hydrographique de Bayonne, au cours des temps géologiques récents, ainsi que dans la formation des quatre terrasses alluviales qui constituent le sous-sol bayonnais, situées sous les accumulations superficielles de limons et de sables éoliens[1]. En effet, le réseau de drainage du piémont pyrénéen occidental évolue fortement au Quaternaire, et d’une direction sud-est - nord-ouest s’orienta d’est en ouest. L’Adour fut capturé par les gaves et le système Adour-gaves par la Nive, d’où le nouveau tracé du bas-Adour et la confluence Adour - Nive[1].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La confluence de l'Adour et de la Nive depuis la rive droite de l'Adour.

La ville est traversée par un fleuve, l'Adour[2] (ainsi que par les affluents de celui-ci, les ruisseaux de Portou et du moulin Esbouc), dans lequel se jette, précisément à Bayonne, la Nive. Des tributaires de celle-ci, les ruisseaux de Hillans et d'Urdaintz, arrosent également le territoire de la commune.

Climat[modifier | modifier le code]

La station météorologique la plus proche est celle de Biarritz - Anglet[3].

Le climat de Bayonne, localité située à peu de distance du littoral, est relativement semblable à celui de sa voisine immédiate Biarritz, ci-dessous, avec des précipitations assez importantes : le climat océanique est dû à la proximité de l'océan Atlantique. La moyenne des températures en hiver se situe aux alentours de °C et avoisine les 20 °C en été. La température la plus basse relevée a été -12,7 °C le 16 janvier 1985, et la plus élevée 40,6 °C le 4 août 2003. Les pluies sur les côtes basques sont rarement persistantes, excepté durant les tempêtes hivernales. Elles se manifestent souvent sous forme d'averses orageuses intenses et de courte durée.

Relevé météorologique de Biarritz et sa région
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 4,8 5 7 8,5 11,6 14,6 16,7 17 14,5 11,9 7,7 5,5 9,9
Température moyenne (°C) 8,1 9 10 11,7 14,6 17,3 19,8 19,9 18,6 15,6 11 8,5 13,7
Température maximale moyenne (°C) 12 12,8 15 16,2 19,6 22,1 24,1 24,7 23,2 20 15,1 12,5 17,4
Record de froid (°C) −12,7 −11,5 −7,2 −1,3 3,3 5,3 9,2 8,6 5,3 0,8 −5,7 −8,5 −12,7
Record de chaleur (°C) 23,4 28,9 29,7 28,6 34,8 38,7 39,8 37,3 37 32,2 26,1 25,1 39,8
Précipitations (mm) 143,2 122,7 121,7 132,9 121 90,9 65,1 102,3 124,6 135,7 174,2 148,7 1 482,9
Source : Climatologie mensuelle Biarritz, 69 m (période 1961-1990)
Infoclimat et Météo France
, consultés le 27 juillet 2014.


Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Carte des lignes de transport en commun autour de Bayonne
Lignes ferroviaires (en noir), interurbaines des Pyrénées-Atlantiques (en teintes de vert) et des Landes (en teintes de violet) autour de Bayonne. La mer est en bleu, et le PTU (périmètre des transports urbains, où circule le réseau Chronoplus non cartographié ici) est délimité par un trait rouge (version sans erreurs d'affichage).

Voies de communication[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des voies de Bayonne.

Bayonne se trouve à l'intersection de l'autoroute A63 (section Landes - Biriatou) et de la voie rapide D1 qui, prolongée par l'autoroute A64, relie Bayonne à Toulouse. Trois sorties de l'autoroute A63 desservent Bayonne. La sortie no 6 (Bayonne Nord) dessert les quartiers nord de Bayonne mais permet également un accès rapide au centre. La sortie no 5.1 (Bayonne Mousserolles) rejoint le quartier du même nom mais aussi les communes voisines de Mouguerre et Saint-Pierre-d'Irube et la RD 1. La sortie no 5 (Bayonne Sud) permet un accès par le sud et dessert aussi Anglet.

Bayonne est traversée par la route nationale 10, aujourd'hui déclassée en route départementale 810, qui relie Paris à Hendaye.

La RN 117 reliait Bayonne à Toulouse, elle a été déclassée en route départementale 817.

Ponts[modifier | modifier le code]

Construite à la confluence de l’Adour et de son affluent, la Nive, Bayonne présente un ensemble de ponts, qu’ils soient routiers ou ferroviaires, qui relient et désenclavent les différents quartiers.

En venant de l’amont, on trouve sur l’Adour, le pont de l’A63, puis le pont Saint-Frédéric sur lequel passe la RD 810, le pont ferroviaire qui a remplacé le pont Gustave-Eiffel, le pont Saint-Esprit et enfin, le pont Grenet. Le pont Saint-Esprit, sur l’Adour, relie le quartier Saint-Esprit au quai Amiral-Bergeret, en amont de la confluence avec la Nive. En 1845[4], l’ouvrage initialement en bois, est reconstruit en maçonnerie, sur sept arches supportant un tablier de 230 mètres. Après s’être appelé pont de Nemours en l’honneur de Louis d'Orléans, seizième duc de Nemours, qui avait posé la première pierre, le pont est finalement baptisé Saint-Esprit. Jusqu’en 1868[4], le pont possédait une travée mobile, proche de la rive gauche. Il est élargi en 1912 pour faciliter la circulation hippomobile et déjà automobile.

De l’amont vers l’aval, la Nive est traversée par le pont de l’A63, le Pont Blanc, les ponts ferroviaire puis de la RD 810, les ponts du Génie (ou pont Militaire), Pannecau, Marengo[Note 3] débouchant sur les halles, et Mayou[Note 4]. Le pont Pannecau, longtemps nommé pont Bertaco[4] fut reconstruit en maçonnerie sous Napoléon III. Selon François Lafitte Houssat[4], « une ordonnance municipale de 1327 prévoyait l’enfermement de toute femme querelleuse et de mauvaise vie dans une cage de fer plongée dans l’eau de la Nive depuis le pont. La pratique perdura jusque vers 1780 ».

Transport[modifier | modifier le code]

Le pont Saint-Esprit, sur l'Adour.
Réseau urbain[modifier | modifier le code]

Les lignes du réseau de bus Chronoplus[Note 5], géré par Transdev agglomération de Bayonne, desservent Bayonne en la reliant aux autres communes de l'agglomération, Anglet, Biarritz, Bidart, Boucau, Saint-Pierre-d'Irube et Tarnos[5].

Réseaux interurbains[modifier | modifier le code]

Bayonne est reliée à de nombreuses villes de la moitié ouest du département comme Saint-Jean-de-Luz ou Saint-Palais par les bus du réseau interurbain des Pyrénées-Atlantiques, géré par le conseil général. Depuis la restructuration du réseau à l'été 2013, les lignes convergent vers la ville[6],[7]. Bayonne est également desservie par les lignes du réseau départemental des Landes, XL'R[8].

Transport ferroviaire[modifier | modifier le code]

La gare de Bayonne, située dans le quartier Saint-Esprit, est une gare importante de la ligne Bordeaux - Irun. C'est également le terminus des lignes de Toulouse à Bayonne et de Bayonne à Saint-Jean-Pied-de-Port. Elle est desservie par des trains TGV, Intercités, Intercités de nuit et TER Aquitaine (vers Hendaye, Saint-Jean-Pied-de-Port, Dax, Bordeaux, Pau ou Tarbes).

Transport aérien[modifier | modifier le code]

Bayonne est desservie par l'aéroport de Biarritz-Anglet-Bayonne situé sur le territoire des communes d'Anglet et Biarritz.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

La mairie de Bayonne distingue sept quartiers :

  • Polo-Beyris / Saint-Amand sur la rive gauche de l'Adour et de la Nive ;
  • Saint-Léon / Marracq sur la rive gauche de l'Adour et de la Nive ;
  • Grand Bayonne sur la rive gauche de l'Adour et de la Nive, qui contient le Château-Vieux et la cathédrale Sainte-Marie ;
  • Petit Bayonne / Mousseroles entre l'Adour et la Nive ;
  • Arènes / Allées Marines sur la rive gauche de l'Adour et de la Nive ;
  • Saint-Esprit / Saint-Bernard / Saint-Frédéric sur la rive droite de l'Adour, surplombée par la citadelle ;
  • Habas / Sainte-Croix / Arroussets sur la rive droite de l'Adour.

Le Grand Bayonne[modifier | modifier le code]

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Ce quartier renferme les origines de la ville de Bayonne puisqu'il est le lieu où le castrum romain fut implanté. C'est le centre-ville et le quartier commerçant de la ville. La place de la Liberté est la plus ancienne de la ville et le dallage reproduit les blasons d'Aquitaine, du Labourd et de Gascogne. Une soixante de caves gothiques subsistent[9],[Note 6].

La ville était jusqu'au XVIIe siècle couverte de voies d'eau qui servaient au commerce. La rue du Port-Neuf était un ancien canal d'où son nom. Les maisons à arcades encadrant cette rue sont construites sur pilotis et sont les plus belles de la ville. Leurs pans de bois et leurs volets à persiennes sont peints en rouge, marron, vert ou bleu. Les quais de la Nive étaient autrefois le lieu de débarquement du poisson après la pêche. Au bout du quai, on retrouve deux tours de l'enceinte romaine dans la rue Tour-de-Sault.

La rue d'Espagne est typique avec ses maisons hautes et étroites disposant de deux fenêtres avec des balcons en fer forgé, de colombages et de heurtoirs aux portes. C’est rue des Faures (forgerons) qu’aurait été inventée la première baïonnette[9].

On retrouve tout autour du quartier les anciens fossés et fortifications successives de la ville. La rue Orbe, où Louis XIV logea au numéro 9[Note 7], la rue de la Salie et le boulevard du rempart Lachepaillet ont pris la place de l'ancien fossé asséché de la ville qui a disparu au XIIe siècle. Par endroit, on retrouve aussi les fortifications de François Ier puis celles de Vauban comme dans la rue des Augustins ou encore dans le boulevard du rempart Lachepaillet.

Le Château-Vieux (Castel Bilh), ainsi nommé après le début de la construction du Château-Neuf au Petit Bayonne sous le règne de Louis XI, est adossé depuis le XIIe siècle sur deux côtés à l’enceinte romaine qui forment un angle droit, et fermé par deux autres courtines de 35 mètres de long.

Le Petit Bayonne[modifier | modifier le code]

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Article détaillé : Petit Bayonne.

Appelé également Bourg Neuf, c'est le quartier le plus vivant et populaire de la ville. Ce quartier fut concédé aux évêques en 1152 comme zone franche. Vauban l'engloba dans ses fortifications. Là aussi, le quartier disposait de nombreux canaux qui servaient de voies de communication.

Les maisons sont typiques de la ville de Bayonne, telles celles des quais des corsaires et Galuperie[Note 8]. Ce quartier aux rues étroites, sensiblement perpendiculaires aux quais, fut le refuge de nombreux Basques espagnols chassés par la montée du franquisme.

On y trouve également le musée basque, le musée Bonnat-Helleu, le Château-Neuf, la porte de Mousserolles, vestige des remparts construits par Vauban, et l'un des plus anciens trinquets du Pays basque. La rue Marengo aboutit à l’église néo-gothique Saint-André.

La place Paul-Bert accueille les courses de vaches lors des fêtes de Bayonne.

Saint-Esprit[modifier | modifier le code]

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Il s’agit d’un quartier ancien, créé au XIIe siècle sur la rive droite de l’Adour. Il est relié au reste de la ville par le pont Saint-Esprit qui enjambe le fleuve.

Son nom vient de ses premiers occupants, les religieux de l'ordre des hospitaliers du Saint-Esprit, à l’origine d'un hospice sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Par la suite, il accueille les juifs séfarades portugais ou marranes fuyant l'Inquisition au XVIe siècle. Ceux-ci introduisent à Bayonne le chocolat, que la France découvre en 1615, à l'occasion du mariage de l'infante espagnole Anne d'Autriche avec Louis XIII. Ces familles d'origine portugaise, parmi lesquelles de nombreux apothicaires, armateurs ou négociants, seront considérées comme citoyennes après la Révolution et s'intègreront à la population bayonnaise.

Bâti à la fin du XVIIIe siècle entièrement sur des pilotis de chêne[4], l’hôtel Loustau symbolise la réussite économique des familles juives portugaises installées dans le quartier.

Commune autonome, appelée Saint-Esprit-lès-Bayonne, rattachée en 1790[4] à l'arrondissement de Dax du département des Landes, Saint-Esprit est intégré à Bayonne en 1857. Le quartier est resté longtemps populaire, accueillant étrangers et immigrants. L’atmosphère particulière du quartier s’est également élaborée suite à l’installation des abattoirs, de la prison et de divers entrepôts.

C'est à Saint-Esprit-lès-Bayonne qu'a lieu le 21 août 1853, la première course espagnole en France[10], valant aujourd'hui à Bayonne le titre de « plus vieille place taurine de France »[11].

La gare de Bayonne y est installée depuis le milieu du XIXe siècle. Initialement construite de bois et de métal, elle est remplacée au début du XXe siècle par l’édifice monumental actuel.

Sur la colline surplombant le quartier se dresse la citadelle de Bayonne[12] dessinée par Vauban en 1680 et construite à la fin du XVIIe siècle.

Deux autres monuments historiques de Bayonne sont situés dans le quartier, l'église Saint-Esprit[13], élevée au rang de collégiale par Louis XI à la fin du XVe siècle et la synagogue[14] construite en 1837 sur les plans de l'architecte Capdeville, à l’emplacement de la maison de Rébecca Louis Nounès, datant du XVIIIe siècle.

Habas / Sainte-Croix / Arroussets[modifier | modifier le code]

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Ce quartier, récemment appelé les Hauts de Bayonne, mais également la ZUP lorsqu’on voulait désigner les résidences Marcel Breuer[Note 9], édifiées à la fin des années 60, a fait l’objet d’une rénovation importante depuis 2008[15], dans le cadre du programme national de rénovation urbaine (PNRU)[16].

Ce quartier accueille également les églises Saint-Étienne et Sainte-Croix.

Ville de garnison[modifier | modifier le code]

Bayonne est une ville de garnison qui a accueilli jusqu'à 18 000 militaires[17].

Diverses unités ont tenu garnison à Bayonne tels l’état-major de la 36e division d'infanterie en 1939 et 1940 et le 18e régiment d'infanterie durant la même période, le 49e régiment d'infanterie, pour les périodes allant de 1906 à 1914 et de 1939 à 1940, ainsi que le 18e régiment de chasseurs parachutistes et le 61e bataillon de commandement et de transmissions.

Actuellement c’est le 1er régiment de parachutistes d'infanterie de marine (1er RPIMa) qui tient sa garnison à Bayonne.

Logement[modifier | modifier le code]

Façade d’un édifice du Petit Bayonne.

En 2009, le nombre total de logements dans la commune était de 25 107, alors qu'il était de 22 250 en 1999[Insee 1].

Parmi ces logements, 91,4 % étaient des résidences principales, 3,3 % des résidences secondaires et 5,3 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 15,5% d'entre eux des maisons individuelles et pour 83,1 % des appartements[Insee 2].

La proportion des résidences principales, propriétés de leurs occupants était de 35,1 %, en hausse sensible par rapport à 1999 (30,6 %). La part de logements HLM loués vides était de 19,4 % contre 24,3 %, leur nombre étant en diminution 4 463 contre 4 735[Insee 3].

Bayonne est, avec Tarnos, l’une des rares communes de l’agglomération de Bayonne et du sud des Landes à atteindre le seuil des 20 % de logements locatifs sociaux fixé par l’État au regard de la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains[18].

Le style architectural de la commune est représentatif du style urbain de la maison labourdine, aux façades chaulées aux pans de bois apparents peints le plus souvent en rouge brun, mais aussi en vert, gris ou bleu.

Projets d’aménagement[modifier | modifier le code]

Le schéma de cohérence territoriale (ou SCOT) de l’agglomération de Bayonne et du sud des Landes a été approuvé, à l’unanimité, par le conseil syndical du jeudi 6 février 2014[19]. Il concerne, depuis septembre 2010, 48 communes et 6 intercommunalités[20], soit 212 000 habitants, plus de 90 000 emplois et plus de 120 000 logements sur un territoire de 95 500 hectares[18]. L'agglomération concentre 22 % des emplois des deux départements des Pyrénées-Atlantiques et des Landes, pour 20 % de la population[18].

Le SCOT s’est fixé pour objectif principal de pouvoir accueillir 35 000 habitants supplémentaires à l’horizon 2025, ce qui équivaut à une population de 250 000 habitants[21]. Il doit donc donner les moyens à l’agglomération de se pourvoir en 31 500 logements supplémentaires. Pour répondre à cet objectif, il propose d’agir sur l’offre foncière à vocation économique et d’assigner 200 hectares aux besoins des entreprises actuelles et futures du territoire, soit 17 hectares par an. Il adjoint la contrainte de réduire de 50 % la consommation foncière par le recentrage du développement et l’évolution des formes urbaines et l’urbanisation prioritaire des zones permettant d’optimiser les équipements existants, dont le réseau d’assainissement collectif.

En conséquence, le développement s’appuiera sur celui des communes dites du cœur d’agglomération et sur celui des petites villes de l’intérieur, en coordonnant le développement urbain et celui des transports publics, ce qui se traduit pour la zone littorale, à laquelle Bayonne appartient, par la promotion du transport ferroviaire et d’une offre routière performante. Ces objectifs s’accompagnent de contraintes de développement durable, en particulier en ce qui concerne la gestion de l’eau et des milieux aquatiques et de l’assainissement collectif[21].

Un des axes retenus aboutit à développer la fonction économique du port de Bayonne, et à assurer son intégration dans la ville, son intégration environnementale et son accessibilité[21]. D’autre part, l’agglomération doit organiser le développement et l’accueil de grands équipements culturels, sportifs, médicaux, administratifs, commerciaux, touristiques et scientifiques. Enfin des zones commerciales de rayonnement supra-territorial doivent être confortées, concernant en premier lieu l’offre existante sur la zone Bayonne - Anglet - Biarritz par l’intermédiaire du BAB2 et des centres-villes correspondant[21].

L’objectif d’aboutir à une population de 250 000 habitants implique également une démarche d’amélioration du cadre de vie et d’adaptation de l’offre en logements[21].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Attestations anciennes[modifier | modifier le code]

Les noms de la province basque du Labourd et de la localité de Bayonne sont historiquement attestés depuis une période ancienne, sous les formes In provincia Novempopulana tribunus cohortis Novempopulanæ in Lapurdo (Ve siècle[22], d'après la Notitia Dignitatum Imperii datant de 340-420)[23], Lapurdum (VIe siècle[22], Grégoire de Tours), Sancta Maria Lasburdensis (vers 980[22], titres du chapitre de Bayonne[24]), baiona (1063[25] et 1122[25]), baione (1130[25], 1160[25] et 1198[25]), Sancta Maria Baionensis, civitas de Baiona et Baione (respectivement début XIIe siècle[22], vers 1140[22] et début XIIIe siècle[22], cartulaire de Bayonne[26]), Bayona, et Bayone (respectivement 1248[22] et 1253[22], titres de la Camara de Comptos[27]), Bayonne (1650, carte du Gouvernement Général de Guienne et Guascogne et Pays circonvoisins), Baïonne (XIVe siècle[22], Gu. Guiart, vers 1864) et Baiona[28] au XIXe siècle.

L'attribution à Bayonne de la Civitas Boatium a été abandonnée, puisque la cité des Boates correspondrait peut-être à la Teste de Buch, mais certainement pas à Bayonne[29].

Le nom Baiona n'apparaît donc qu'au début du XIIe siècle[30].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Comme l’écrit Hector Iglesias[31] « le nom de Bayonne pose toute une série de problèmes à la fois historiques et linguistiques qui n’ont toujours pas été élucidés ». Différentes interprétations ont été données à la signification du nom de Bayonne.

La terminaison -onne de Bayonne peut renvoyer à celle des nombreux hydronymes en -onne ou aux toponymes qui en sont issus. L'élément -onne procède, dans certains cas, du thème indo-européen *ud-r/n- (grec húdōr > hydro-, gotique watt « eau »), d'où *udnā « eau » > unna, donné onno dans le glossaire de Vienne[32]. Unna se réfèrerait donc à l'Adour. Ce type toponymique évoquant un cours d'eau traversant une localité, voire transféré à cette même localité, est commun. L'appellatif unna semble se retrouver dans le nom de la Garonne (Garunna Ie siècle, Garonna IVe siècle). En revanche, on reconnaît plutôt un suffixe préceltique -ona dans le nom de la Charente (Karantona en 875) ou la Charentonne (Carentona en 1050)[33].

Il pourrait également s'agir d'un augmentatif gascon à partir du radical d'origine latine Baia-, suivi du suffixe -ona au sens de « vaste étendue d'eau », ou d'un nom dérivé du basque bai « rivière » et ona « bonne », d'où « la bonne rivière ».

La proposition d'Eugène Goyheneche reprise par Manex Goyhenetche, et soutenue par Jean-Baptiste Orpustan[25], est bai una, le lieu de la rivière, ou bai ona « colline de la rivière ».

« C'est peut-être perdre de vue les nombreux toponymes urbains qui en France, du nord au sud, sont nés de l'élément Bay-, Bayon-, tels Bayons, Bayonville, Bayonvillers et qui posent le problème hors des sentiers battus, gascon ou basque » ajoute Pierre Hourmat[34]. Cependant, les formes les plus anciennes de Bayonne, Baiona, indiquent clairement un féminin ou un thème en -a, alors que ce n'est pas le cas pour la série des Béon, Bayon. En outre, Bayon- dans les Bayonville ou Bayonvilliers du nord de la France est manifestement le nom de personne germanique Baio[35].

Autres toponymes[modifier | modifier le code]

L’ancien moulin dit Balichon apparaît très dans la topographie de Bayonne. Ainsi le cartulaire de Bayonne[26] le mentionne-t-il en 1198[22] (Molendinum de la Mufala, Balaisson) et en 1259[22] (Balaichon, molin de le Muhale, molin de la Muffale et lo pont de Balaischon). De même on trouve dans les rôles gascons Baleyson (1331[22]) et Baleychoun (1334[22]).

Bénac désignait une ferme de Bayonne, tout comme Bouroutchourry, Glain qui est mentionné sous les graphies fons de Coquoanhes (1387[22], titres du chapitre de Bayonne[24]) et Camps (XVIIe siècle[22], archives de Bayonne).

Jean-d’Amou et Les Lauriers étaient des hameaux de la commune (1863[22]).

Le quartier Lachepaillet (le portau de Lachepailhet en 1516[22], titres du chapitre de Bayonne[24]) porte le nom d'une ancienne porte de Bayonne, précédemment appelée portail de Tarride.

Largenté désignait une ferme[22] de Bayonne. Le toponyme est toujours vivant à l’heure actuelle (collège et lycée Largenté). Lesperon ou L’Esperon est une ferme que le cartulaire de Bayonne[26] signale en 1246 à Saint-Esprit. Montaigu est une autre ferme de la ville, citée par le dictionnaire de 1863[22], tout comme Les Murailles et Pé-de-Navarre.

Le toponyme Panecau (le pont Panecau sur la Nive) apparaît sous la forme Port de Bertaco (XIIIe siècle[22], cartulaire de Bayonne[26]).

Le dictionnaire topographique Béarn-Pays basque de 1863[22] mentionne le château Weymann.

Graphie en langues locales[modifier | modifier le code]

Son nom basque actuel est Baiona[36] et son nom occitan gascon actuel est Baiona.

Le Réduit, système de fortifications détruit au début du XXe siècle, vu depuis le quai de l'Amiral-Lesseps.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

À défaut d’informations précises, quelques raisons objectives accréditent l'existence probable d'un village de pêcheurs sur le site à une période antérieure à l'Antiquité. En effet, des traces nombreuses d’occupation humaine sont attestées dans la région bayonnaise au Paléolithique moyen notamment avec les découvertes faites à Saint-Pierre-d’Irube [Note 10]. D’autre part, on relève la présence d’une butte d’environ 14 m de haut, surplombant la Nive, cernée de terres inondées, formant une protection naturelle et un port d'échouage utilisable sur la rive gauche de la Nive. En effet le mamelon sur lequel Bayonne est fondée (quartier de la cathédrale) est presque isolé. Cette butte est à l’époque cernée au nord et à l’ouest par les marécages de l’Adour. À ses pieds s’étend la fameuse « mer de Bayonne » — jonction des deux cours d'eau — qui peut avoir douze cent mètres de large environ entre Saint-Esprit et le Grand Bayonne et couvre totalement l’emplacement du Bourg-Neuf (quartier du Petit Bayonne). Au sud, le dernier coude de la Nive s’élargit jusqu’aux collines de Saint-Léon[37],[38]. Malgré cela, le rétrécissement de la vallée de l’Adour permet un franchissement nulle part plus aisé sur toute la longueur de l’estuaire[39].

En conclusion, l’importance stratégique de cette hauteur était d’une telle évidence, qu’il est à présumer qu’elle a toujours été habitée[38].

Les dernières découvertes archéologiques d'octobre et novembre 1995 apporteraient un début de preuve à l'appui de cette projection raisonnable. Dans les quatre couches du sous-sol (établissant une chronologie allant du XII au XVIIIe siècles), le long des fondations de la cathédrale gothique (zone « chevet de la cathédrale ») on a trouvé à 2 mètres de profondeur des objets antérieurs à la fin du Ier siècle, en particulier de la céramique sigillée (rouge brique, au décor en relief obtenu, avant cuisson, par application de poinçons) gauloise de Montans imitant les productions italiques, des bols à parois fines et des fragments d’amphores. Dans la zone « secteur sud / porte du cloître » ce sont des objets de la deuxième moitié du Ier siècle et une monnaie de la première moitié du IIIe siècle[40] qui ont été mis à jour.

Une conclusion provisoire mène à supputer une très forte probabilité de présence humaine, pas uniquement militaire, et l’occupation du site au moins autour du IIIe siècle.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Le site d'occupation humaine le plus ancien reconnu est sis sur une butte qui domine la Nive et son confluent avec l'Adour.

Au Ier siècle av. J.-C., sous l'occupation romaine, Bayonne présente déjà quelque importance, puisque les conquérants entourent la ville d'une enceinte fortifiée. Les Tarbelli, peuple aquitain ou proto-basque, en occupent le territoire[41].

Un castrum romain est avéré vers la fin du IVe siècle comme place fortifiée de Novempopulanie. Nommé Lapurdum[Note 11], elle a laissé son nom à la province du Labourd, Lapurdi en basque. Selon Eugène Goyheneche, le nom de Baiona désignait la ville, le port et la cathédrale et celui de Lapurdum n'était rien d’autre qu'une désignation territoriale[31]. Cette implantation romaine est stratégique car elle permettait de surveiller les routes trans-pyrénéennes et les populations locales insoumises au pouvoir romain. La construction couvre de 8 à 10 ha selon les auteurs[42],[43].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La cité est tour à tour romaine, vasconne puis anglaise durant trois siècles (XII au XVe siècles).

Les Romains se retirent de la cité au IVe siècle, le peuple vascon, toujours présent sur place, domine alors la Novempopulanie, province comprise entre Garonne, océan et Pyrénées. De ce fait la Novempopulanie est rebaptisée Vasconie, puis Gasconie après déformation germanique (invasions wisigothiques puis franques). Mais la basquisation de la région des plaines est trop faible face à la romanisation avancée. Du mélange entre vascon et latin naît la langue gasconne[44].

Lorsque le Labourd est créé en 1023, Bayonne en est la capitale. En 1130 le roi d'Aragon Alphonse Ier le Batailleur fait le siège de la ville, sans succès. Bayonne passe sous domination anglaise lorsque la duchesse d'Aquitaine (Aliénor) épouse le roi d'Angleterre en 1152. Cette alliance confère à Bayonne de nombreux privilèges commerciaux. Les Bayonnais deviennent les transporteurs des vins de Bordeaux et d'autres produits du Sud-Ouest comme la résine, le jambon ou le pastel vers l'Angleterre. Bayonne est aussi une base militaire importante détenant des chantiers navals et de nombreux marins. Richard Cœur de Lion la sépare en 1177 de la vicomté de Labourd dont la capitale devient alors Ustaritz. Comme bien des villes à l'époque, Bayonne obtient en 1215 l'octroi d'une charte communale et s'émancipe des pouvoirs féodaux.

Renaissance[modifier | modifier le code]

La place du Réduit, depuis la citadelle.
L’échauguette du Réduit, restaurée en 2005.
Les remparts de Bayonne.

Dunois (ex-compagnon d'arme de Jeanne d'Arc) enlève la ville le 20 août 1451 et l'annexe à la Couronne sans trop faire de victimes grâce à la présence d'esprit de l'évêque qui assura avoir vu une grande croix blanche surmontée d'une couronne qui se transforme en fleur de lys dans les cieux pour dissuader les Bayonnais de se battre contre les troupes royales.

La ville continue d'être fortifiée par les rois de France face aux dangers liés à la proximité de la frontière espagnole. En 1454, Charles VII érige en circonscription judiciaire particulière la sénéchaussée des Lannes[45] — simple subdivision de la Guyenne pendant la période anglaise — compétente sur une vaste région couvrant Bayonne, Dax et Saint-Sever pour y exercer la justice civile, la juridiction criminelle restant de la compétence de l'échevinage. Au fil du temps, le « sénéchal d'épée », qui demeure à Dax perd tout rôle autre que protocolaire et Bayonne (en même temps que Dax et Saint-Sever) devient de facto le siège d'une sénéchaussée distincte, sous l'autorité d'un « lieutenant-général du sénéchal ».

En mai 1462, le roi Louis XI autorise deux foires annuelles[Note 12], par ses lettres patentes, après avoir signé le traité de Bayonne[46] tandis qu'il confirme les coutumes des habitants en juillet 1472, à la suite de la mort du duc de Guyenne, son frère[47].

L'âge d'or de la ville s'achève au XVe siècle avec la perte des échanges commerciaux avec les Anglais et l'ensablement du port de Bayonne provoquée par le déplacement du cours de l'Adour vers le nord.

Le début du XVIe siècle en Labourd est marqué par l'apparition de la peste. La lecture des Registres[48] permet de suivre son expansion. En juillet 1515, la ville de Bayonne fait « défense d'accueillir les gens des lieux pestiférés » et le 21 octobre, « l'on fait inhibition et défense à tous les manants et habitants de la présente cité (...) d'aller en la paroisse de Bidart (...) à cause de la contagion de la peste ». Le 11 avril 1518, la peste sévissant à Saint-Jean-de-Luz, la ville de Bayonne « fait inhibition et défense à tous les manants et habitants de la cité et autres étrangers d'aller entretenir des relations au lieu et paroisse de Saint-Jean-de-Luz où les gens sont morts de la peste ». Le 11 novembre 1518, la peste est présente à Bayonne, au point que le Conseil de ville s'installe en 1519 au quartier de Brindos (Berindos à l'époque) à Anglet[49].

En 1523, le maréchal de Lautrec force, par une résistance héroïque, les Espagnols à lever le siège de Bayonne.

Au XVIe siècle, les ingénieurs du roi sont dépêchés sur place pour réaménager l'Adour et lui creuser un estuaire pour fixer son lit. Le port de Bayonne reprend alors une plus grande activité. La pêche à la morue et à la baleine assurent les richesses des pêcheurs et des armateurs.

Au moment où Christophe Colomb découvre l'Amérique, l'Inquisition sévit dans la péninsule ibérique et des Juifs, quittant l'Espagne et surtout le Portugal, s'installent à Saint-Esprit. Ils importent le chocolat en France.

En 1565, une rencontre entre Catherine de Médicis et l'envoyé de Philippe II d'Espagne, le duc d'Albe est connue sous le nom d'entrevue de Bayonne. À l’époque où catholiques et protestants s’entre-déchirent dans certaines parties du royaume de France, Bayonne semble relativement épargnée par ces troubles[50]. La main de fer des dirigeants de la ville ne semble pas y être étrangère. En effet, ces derniers n’ont jamais hésité à utiliser sanctions pénales et violence pour faire régner l’ordre au nom du « bien public »[51].

Deux frères, Saubat et Johannes Sorhaindo, tous deux lieutenants du maire de Bayonne dans la seconde moitié du XVIe siècle, incarnent parfaitement cette période. Ils ont souvent hésité entre catholicisme et protestantisme mais ont toujours voulu assurer l’unité et le prestige de la ville[52].

De 1611 à 1612, le collège de Bayonne a pour Principal un homme de 26 ans plein d’avenir, Cornélius Jansen dit Jansénius, futur évêque d’Ypres. Ainsi Bayonne devient-elle un temps le berceau du jansénisme austère et savant qui agitera si fortement la monarchie de Louis XIV[53],[54].

Au cours des conflits sporadiques qui agitent les campagnes françaises du milieu du XVIIe siècle, les paysans de Bayonne se trouvent à court de poudre et de projectiles. Ils fichèrent leurs longs couteaux de chasse dans les canons de leurs mousquets, confectionnant des lances improvisées que l'on appellera par la suite baïonnettes.

Ce même siècle, Vauban est chargé par Louis XIV de fortifier la ville. Il lui adjoint une citadelle bâtie sur une éminence surplombant le quartier de San Espirit deou Cap do Pount.

Les Gramont[modifier | modifier le code]

La famille de Gramont a fourni des capitaines puis des gouverneurs à Bayonne de 1472 à 1789[55], ainsi que des maires, charge qui devient héréditaire à partir du 28 janvier 1590, par concession d’Henri IV à Antoine II de Gramont. Ils résident dès le XVe siècle au Château-Neuf, puis au Château-Vieux à partir de la fin du XVIe siècle[55],[56] :

  • Roger de Gramont, (1444-1519), seigneur de Gramont, baron de Haux, sénéchal de Guyenne, maire héréditaire de Bayonne. Il est conseiller et chambellan de Louis XI en 1472, puis de Charles VIII en 1483[55]. Il est ambassadeur de Louis XII à Rome en 1502. Il devient gouverneur de Bayonne et de ses châteaux le 26 février 1487[55]. Il meurt de la peste en 1519[55] ;
  • Jean II de Gramont, seigneur de Gramont, maire et capitaine de Bayonne depuis le 18 mars 1523[55]. Le 15 septembre 1523, lieutenant de la compagnie du maréchal de Lautrec, il secourt Bayonne assiégée par les forces de Charles Quint, sous le commandement du prince d’Orange[55]. Il meurt durant les guerres d'Italie ;
  • Antoine 1er de Gramont, né en 1526, est nommé à l’âge de neuf ans (1535) maire et capitaine de Bayonne[55]. En 1571, Il charge Louis de Foix de l'aménagement de l’embouchure de l’Adour, en même temps que des fortifications de la ville ;
  • Antoine II de Gramont (1572-1644), comte de Gramont, de Guiche et de Toulonjon, vicomte puis comte de Louvigny, souverain de Bidache, vicomte d'Aster, seigneur puis baron de Lescun. Duc à brevet en 1643, non vérifié auprès du Parlement. Le 28 janvier 1590, Henri IV lui concède, ainsi qu’à ses descendants, la charge de maire perpétuel de Bayonne[55]. Il le fera ensuite vice-roi de Navarre. En 1595, Antoine II de Gramont chargera Jean Errard (1599), puis Louis de Millet (1612) de renforcer les défenses de la ville ;
  • Antoine III de Gramont-Touloujon (1604-1678), comte puis (1648), duc de Gramont, prince de Bidache, comte de Guiche de Toulonjon, de Louvigny, vicomte d'Astern baron d'Andouins et d'Hagetmau et seigneur de Lesparre, pair de France en 1648, maréchal de France en 1641. Ambassadeur de Louis XIV, il sollicite en 1660 la main de l’infante Marie-Thérèse. Le roi lui donne procuration pour le représenter au mariage célébré à Madrid. C’est encore lui qui accueille à Bayonne, Louis XIV, Anne d’Autriche, Mazarin et le reste de la Cour[55]. Il meurt le 12 juillet 1678 au Château-Vieux ;
  • Antoine IV Charles de Gramont (1641-1720), duc de Gramont, prince de Bidache, comte de Guiche, de Louvigny, vicomte d'Aster, baron d'Andouins et d'Hagetmau et seigneur de Lesparre, pair de France, vice-roi de Navarre. En 1689, il suit les travaux de fortification entrepris par Vauban à Bayonne, où il demeure de 1706 à 1712[55]. Il soutient Philippe V durant la guerre de Succession d'Espagne, faisant, de Bayonne, parvenir à ses troupes, armement, renforts et subsides. En représailles, les adversaires de Philippe V organisent deux attentats en 1707 (dont l’un au Château-Vieux), dont Antoine III sortira indemne[55].

Révolution française et Empire[modifier | modifier le code]

Au XVIIIe siècle, l'activité de Bayonne atteint son apogée. La chambre de commerce est fondée en 1726. Les échanges avec l'Espagne, la Hollande, les Antilles, la pêche à la morue sur les bancs de Terre-Neuve, les chantiers de constructions entretiennent une grande activité dans le port.

En 1792, le quartier de Saint-Esprit, partie de Bayonne située sur la rive droite de l'Adour est séparé de la ville et renommé Jean-Jacques Rousseau[57]. Il ne revient dans le giron de Bayonne que le 1er juin 1857. Pendant 65 ans, la commune autonome a dépendu du département des Landes.

En 1808, au château de Marracq, est signé sous « l'amicale pression » de l'Empereur l'acte d'abdication du roi d'Espagne Charles IV en faveur de Napoléon Ier. Dans la foulée, est paraphée la constitution de Bayonne, première constitution espagnole.

Le commerce qui faisait la richesse de la ville au XVIIIe siècle souffre considérablement à cette époque, durement sanctionné par les conflits avec l'Espagne, partenaire commercial historique de la région.

Le siège de Bayonne marque la fin de cette période, avec la reddition des troupes napoléoniennes du Maréchal Soult, face à la coalition menée par Wellington, le 5 mai 1814.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

La seconde gare de Bayonne, photographiée ici dans les années 30[Note 13].

En 1854, le chemin de fer arrive de Paris amenant de nombreux touristes désirant goûter aux plages de Biarritz. Bayonne se tourne plutôt vers la sidérurgie avec les forges de l'Adour. Le port prend alors une allure industrielle mais son déclin est inexorable et lent au XXe siècle. La découverte du gisement de Lacq lui redonne un certain dynamisme.

Le traité de Bayonne est conclu le 2 décembre 1856. Il remédie aux difficultés rencontrées dans la zone s'étendant de l'embouchure de la Bidassoa jusqu'à la limite entre la Navarre et l'Aragon.

La ville se dote de trois lignes de chemin de fer secondaire qui la relient à Biarritz au début du XXe siècle. La ligne la plus directe, celle du tramway Bayonne-Lycée–Biarritz, est exploitée de 1888 à 1948. D’autre part, une ligne située plus au nord dessert Anglet, par l’exploitation du chemin de fer Bayonne-Anglet-Biarritz de 1877 et 1953. Enfin une ligne suivant l'Adour jusqu'à son embouchure, puis la côte de l'océan Atlantique par la barre à Anglet, est exploitée par les VFDM réseau basque de 1919 à 1948.

Le matin du 23 décembre 1933, le sous-préfet Anthelme reçoit Gustave Tissier, directeur du Crédit municipal de Bayonne. Il répond ainsi - avec un peu d’étonnement - à sa demande pressante d’entretien. Quelle n’est pas sa surprise de voir l’homme lui déballer ce qui va devenir l’escroquerie du siècle.

« Tissier, directeur du Crédit Municipal, a été arrêté et écroué à la maison d’arrêt, sous l’inculpation de faux, d’usage de faux et de détournement de deniers publics. Il a été émis pour plusieurs milliers de faux bons de Crédit Municipal (…) »

C’est en ces termes que le journal Le Courrier de Bayonne relate l’événement quelques jours plus tard. C’est le début de l’affaire Stavisky qui de scandales en crises politiques aboutira à l’émeute parisienne du 6 février 1934[58],[59].

Après avoir fait sauter, le 21 août 1944, une vingtaine de navires dans le port[60], les troupes allemandes se retirent. Le 22, un ultime convoi de cinq véhicules traverse la ville. Il transporte des agents de la Gestapo de la douane et quelques éléments de la Feldgendarmerie. Un ou plusieurs Allemands ouvrent le feu à la mitraillette faisant trois victimes (au carrefour Saint-Léon, près de la gare et aux abords de la citadelle)[61]. Le 23, c'est l'installation immédiate et informelle d’une « délégation municipale spéciale » par le tout jeune sous-préfet Guy Lamassoure, représentant le gouvernement provisoire de la République française (instauré à Alger depuis juin)[62].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Située au Pays basque, Bayonne présente un profil politique contrasté, privilégiant les candidats de gauche aux élections présidentielles et aux élections régionales mais plébiscitant les candidats de droite aux élections législatives (à l’exception de l’élection de 2012) et municipales. Les électeurs ont également plus voté pour les candidats de gauche que le reste du département lors des dernières élections régionales (50,77 % pour Alain Rousset dans les Pyrénées-Atlantiques[63] contre 53,67 % à Bayonne) et européennes. D’autre part, les partis politiques basques ne sont pas plébiscités lors des scrutins locaux.

Résultats des scrutins français depuis 2000.
Élections présidentielles, résultats des deuxièmes tours.
Année Élu(e) Battu(e) Participation
2002 86,45 % Jacques Chirac RPR 13,55 % Jean-Marie Le Pen FN 77,50 % [64]
2007 45,60 % Nicolas Sarkozy UMP 54,40 % Ségolène Royal PS 81,50 % [65]
2012 59,26 % François Hollande PS 40,74 % Nicolas Sarkozy UMP 77,99 % [66]
Élections législatives, résultats des deuxièmes tours.
Année Élu(e) Battu(e) Participation
2002 56,89 % Jean Grenet UMP 43,11 % Jean Espilondo PS 59,06 % [67]
2007 53,67 % Jean Grenet UMP 46,33 % Jean Espilondo PS 55,31 % [68]
2012 56,57 % Colette Capdevielle PS 43,43 % Jean Grenet UMP 56,05 % [69]
Élections européennes, résultats des deux meilleurs scores.
Année Élu(e) Battu(e) Participation
2004 29,09 % Kader Arif PS 23,28 % Alain Lamassoure UMP 41,06 % [70]
2009 28,74 % Dominique Baudis UMP 17,06 % José Bové LVEC 38,14 % [71]
Élections régionales, résultats des deux meilleurs scores.
Année Élu(e) Battu(e) Participation
2004 54,89 % Alain Rousset PS 36,12 % Xavier Darcos UMP 58,86 % [72]
2010 53,67 % Alain Rousset PS 29,15 % Xavier Darcos UMP 44,56 % [73]
Élections cantonales, résultats du second tour.
Année Élu(e) Battu(e) Participation
Bayonne est chef-lieu de plusieurs cantons, cf. les résultats de .
2001  %  %  % [74]
2004  %  %  % [75]
2008  %  %  % [76]
2011  %  %  % [77]
Élections municipales, résultats des deux meilleurs scores du second tour.
Année Élu(e) Battu(e) Participation
2001  %  %  % [78]
2008 44,23 % Jean Grenet UMP 25,29 % Jérôme Aguerre PS 56,80 % [79]
Référendums.
Année Oui (national) Non (national) Participation
1992 56,51 % (51,04 %) 43,49 % (48,96 %) 67,80 % [80]
2000  % (73,21 %)  % (26,79 %)  % [81]
2005 50,96 % (45,33 %) 49,04 % (54,67 %) 60,93 % [82]


Liste des maires[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des maires de Bayonne.
Liste des maires successifs à partir de 1830
Période Identité Étiquette Qualité
    Charles Chégaray    
1830 1832 Bernard Lanne    
1832 1833 Eugène Basterreche    
1833 1848 François Balasque    
1848 1849 Eugène Boutoey    
1849 1850 Alexandre Dubrocq    
1852 1869 Jules Labat    
1871 1876 Jules Chateauneuf    
1876 1881 Théodore Plantié    
1881 1884 Séraphin Haulon    
1884 1885 Jacques Portes    
1885 1888 Édouard Viard    
1888 1908 Léo Pouzac    
1908 1919 Joseph Garat    
1919 1925 Prosper Castagnet    
1925 1934 Joseph Garat    
1934 1935 Jules Lafourcade    
1935 1941 Pierre Simonnet    
1941 1944 Marcel Ribeton    
1944 1945 Jean Labourdique    
1945 1947 Jean-Pierre Brana    
1947 1958 Maurice Delay   Chirurgien
1958 1959 Georges Forsans    
1959 1995 Henri Grenet UDF Chirurgien
1995 2014 Jean Grenet UMP puis PR puis UDI Député, président de l'agglomération Côte Basque-Adour de 2008 à 2014
2014 en cours Jean-René Etchegaray UDI Président de l'agglomération Côte Basque-Adour
Les données manquantes sont à compléter.

Cantons de Bayonne[modifier | modifier le code]

À l'origine (décret du 22 décembre 1789), Bayonne donnait son nom à deux cantons :

le canton de Bayonne-Nord-Est

le canton de Bayonne-Nord-Ouest

En 1973 une première refonte des cantons a lieu :

le canton de Bayonne-Nord

  • Bayonne (en partie)
  • Boucau
  • Saint-Pierre-d'Irube
  • Lahonce
  • Mouguerre
  • Urcuit

le canton de Bayonne-Est

  • Bayonne (en partie)

le canton de Bayonne-Ouest

  • Bayonne (en partie)
  • Arcangues
  • Bassussarry

En 1982 une nouvelle refonte configure les cantons actuels :

le canton de Bayonne-Nord

  • Bayonne (en partie)
  • Boucau

le canton de Bayonne-Est

  • Bayonne (en partie)

le canton de Bayonne-Ouest

  • Bayonne (en partie)

Instances judiciaires et administratives[modifier | modifier le code]

Dans le ressort de la cour d'appel de Pau, Bayonne est le siège d'un tribunal de grande instance, d'un tribunal d'instance, d’un tribunal pour enfants, d'un conseil de prud'hommes et d'un tribunal de commerce[83].

Bayonne dépend du tribunal administratif de Pau, de la cour d’appel de Pau et de la cour administrative d'appel de Bordeaux.

Politique environnementale[modifier | modifier le code]

Eau et assainissement[modifier | modifier le code]

La gestion de l’eau et des près de 15 000 abonnés est assurée depuis 1924 par la Régie des eaux de Bayonne[84], un service dépendant de la municipalité[85]. Des captages d’eaux souterraines effectués dans le massif de l’Ursuya assurent 40 % des besoins en eau potable, les 60 % restants étant fournis par un autre captage d’eau souterraine d’une source située sur la commune d’Itxassou, le Laxia, affluent de la Nive[85].

L’ensemble du réseau représente 260 km de conduites en fonte[85]. Quatre sites de stockage assurent une réserve correspondant à une journée et demie de consommation intensive[85].

Déchets ménagers[modifier | modifier le code]

La collecte des déchets sur la commune est assurée par la communauté d'agglomération, le traitement étant quant à lui pris en charge par le syndicat mixte Bil Ta Garbi. Le service propreté de la ville de Bayonne comprend près de 50 agents, chargés du nettoyage du centre ville et des quartiers[86].

2 000 tonnes annuelles sont regroupées sur la déchèterie communale de la rue de la Cale[86] pour être retraitées.

Finances locales[modifier | modifier le code]

Bayonne appartient à la strate des communes ayant une population comprise entre 20 000 et 50 000 habitants, dans laquelle elle se situe dans la partie supérieure (46 237 habitants en 2012). Le tableau ci-dessous montre le résultat comptable par habitant sur la période 2000 - 2012, ainsi que le solde de financement des investissements, toutes données comparées à la moyenne de la strate.

Comptes de la commune de Bayonne de 2000 à 2012.
Résultats exprimés en €/habitant.

Années Résultat comptable (Besoin) ou capacité de
financement des investissements
Capacité
d'autofinancement (CAF)
Bayonne Moyenne de
la strate
Bayonne Moyenne de
la strate
Bayonne Moyenne de
la strate
2000
178 122 10 0 181 154
2001
108 103 (63) (7) 140 134
2002
146 102 5 (22) 185 136
2003
144 116 15 6 184 151
2004
133 120 (16) (6) 182 160
2005
136 116 4 (2) 172 152
2006
152 111 (27) 3 183 148
2007
138 101 (22) (4) 191 141
2008
99 91 2 (10) 149 133
2009
119 100 (1) (15) 174 142
2010
151 126 14 (1) 170 171
2011
158 141 (10) 4 212 186
2012
152 130 (127) (18) 214 180
Sources des données : les comptes des communes - Bayonne[87].

Strate : communes de 20 000 et 50 000 habitants.

Taux de fiscalité directe en 2012.

Taxe Taux voté à Bayonne Taux moyen de la strate
d'habitation 26,44 % 17,98 %
foncière sur le bâti 19,32 % 23,66 %
foncière sur le non-bâti 48,97 % 59,04 %
Sources des données : les comptes des communes - Bayonne[87].

Taxes en pourcentage de la valeur locative cadastrale.

Strate : communes de 20 000 à 50 000 habitants appartenant à un groupement fiscalisé.


Les remarques suivantes sont toujours faites en comparant Bayonne aux autres communes de la même strate (communes de 20 000 à 50 000 habitants)[Note 14] :

  • la séquence des données de 2000 à 2012 montre une situation financière régulièrement meilleure que la moyenne de la strate ;
  • le solde des investissement traduit une gestion dynamique ;
  • le taux de la taxe d’habitation est supérieur au taux moyen de la strate ;
  • le poids de l'impôt foncier, tant pour les propriétés bâties que non-bâties, est inférieur à la moyenne ;
  • l'annuité de la dette par habitant (170 €) est supérieure de 23 % à la valeur de la moyenne de la strate.

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

La ville de Bayonne fait partie de l'agglomération Côte Basque-Adour qui regroupe également Anglet, Biarritz, Bidart et Boucau.

Elle fait partie de six autres structures intercommunales[88] :

  • le syndicat d'énergie des Pyrénées-Atlantiques ;
  • le syndicat intercommunal pour la gestion du centre Txakurrak ;
  • le syndicat intercommunal pour le soutien à la culture basque ;
  • le syndicat mixte de l'usine de la Nive ;
  • le syndicat mixte de la Nive maritime ;
  • le syndicat mixte du Musée basque et de l'histoire de Bayonne.

Bayonne accueille le siège de onze structures intercommunales :

  • l’agglomération Côte basque - Adour ;
  • le syndicat des transports de l'agglomération Côte basque - Adour (STACBA) ;
  • le syndicat intercommunal pour la gestion du centre Txakurrak ;
  • le syndicat intercommunal pour le soutien à la culture basque ;
  • le syndicat mixte Bil Ta Garbi ;
  • le syndicat mixte de la Nive maritime ;
  • le syndicat mixte du Musée basque et de l’histoire de Bayonne ;
  • le syndicat mixte études pour l’élaboration et suivi du SCOT de l’agglomération de Bayonne et sud des Landes ;
  • le syndicat mixte Kosta Garbia ;
  • le syndicat mixte pour l’aménagement du centre européen de fret de Bayonne - Mouguerre - Lahonce ;
  • le syndicat mixte pour le fonctionnement du conservatoire à rayonnement régional Maurice-Ravel.

En outre, Bayonne fait adhère à l'Eurocité basque Bayonne - San Sebastián, qui est un groupement européen d'intérêt économique (GEIE).

Jumelages[modifier | modifier le code]

La ville de Bayonne est jumelée avec les villes de[89] :

Bayonne est homonyme d'une ville américaine avec laquelle elle tisse d'importants liens :

Le Grand Bayonne, depuis la rive droite de l’Adour.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Le gentilé est Bayonnais[91] (Baiones[92] ou Baionar[92] en basque).

En 2011, la commune comptait 44 331 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements des communes de plus de 10 000 habitants ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[Note 15],[Note 16].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
12 578 13 190 14 006 13 248 14 773 15 912 17 303 18 120 18 870
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
26 187 25 611 26 333 27 173 27 416 26 261 27 289 27 192 26 918
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
27 601 26 488 27 886 28 215 31 436 31 727 31 350 32 620 32 575
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
36 941 42 743 42 938 41 381 40 051 40 078 44 406 44 331 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[57] puis Insee à partir de 2004[93].)
Histogramme de l'évolution démographique

À partir de 1870, la population atteint un plateau stable de 27 000 habitants qui durera 50 ans, puis progresse lentement à partir de 1920, pour atteindre les 40 000 âmes à partir du milieu des années 60 et jusqu’à la fin du XXe siècle, elle va stagner, voire se tasser légèrement à l'instar du solde migratoire, pour repartir par un bond de croissance de 10 %, le solde migratoire s’étant inversé, vers un nouveau plateau situé à 44 000 habitants, alors que le solde naturel des naissances et des décès reste étale.

Analyse des soldes de variation annuelle de la population[Insee 4].
1968 - 1975 1975 - 1982 1982 - 1990 1990 - 1999 1999 - 2009
Taux de variation annuel de la population + 0,1 - 0,5 - 0,4 + 0,0 + 1,1
Solde naturel + 0,6 + 0,1 + 0,1 + 0,0 + 0,1
Solde migratoire - 0,5 - 0,6 - 0,5 + 0,0 + 1,0
Pyramide des âges à Bayonne en 2009 en pourcentage[Insee 5].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,6 
90 ans ou +
1,8 
7,3 
75 à 89 ans
12,8 
12,1 
60 à 74 ans
14,9 
18,5 
45 à 59 ans
18,8 
22,6 
30 à 44 ans
19,2 
23,6 
15 à 29 ans
19,5 
15,4 
0 à 14 ans
12,9 
Pyramide des âges dans les Pyrénées-Atlantiques en 2009 en pourcentage[94].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,5 
90 ans ou +
1,5 
8,1 
75 à 89 ans
11,9 
15,1 
60 à 74 ans
16,2 
21,3 
45 à 59 ans
20,8 
20,1 
30 à 44 ans
19,0 
17,5 
15 à 29 ans
15,4 
17,4 
0 à 14 ans
15,2 

La population de la commune demeure dans les moyennes du département, voire légèrement plus jeune. Le taux d’activité[Note 17] local (70,8 % en 2011) est plus faible que celui du département (72,4 % en 2011) et plus particulièrement dans la tranche d’âge 25 - 54 ans (87,9 % comparé à 91,1 %). Ce taux s’est amélioré de 160 points de base entre 2009 (69,2 %[Insee 6]) et 2011 (70,8 %) dans toutes les tranches d’âge.

Activité et emploi de la population de 15 à 64 ans par âge en 2011[95].
Population Actifs Taux d’activité en % Actifs ayant un emploi Taux d’emploi en %
Ensemble 29 007 20 538 70,8 17 505 60,3
15 à 24 ans 5 958 2 612 43,8 1 888 31,7
25 à 54 ans 17 888 15 732 87,9 13 611 76,1
55 à 64 ans 5 161 2 194 42,5 2 005 38,9

L'aire urbaine de Bayonne, comprenant notamment Biarritz et Anglet, comptait 230 012 habitants en 2006[96], contre 213 969 en 1999[97]

Bayonne fait partie des 96 espaces urbains de France. Elle dispose d'un plan de déplacements urbains depuis le 1er décembre 2004.

Enseignement[modifier | modifier le code]

La commune de Bayonne est rattachée à l’académie de Bordeaux[98]. Elle dispose d’un centre d'information et d'orientation (CIO).

Maternelles et écoles primaires[modifier | modifier le code]

Bayonne compte 10 écoles maternelles et 22 écoles élémentaires ou primaires, parmi lesquelles 12 établissements publics et 10 écoles primaires privées, dont deux Ikastolas[98].

Collèges et lycées[modifier | modifier le code]

La ville compte deux collèges publics, le collège Albert-Camus et le collège Marracq, et cinq collèges privés, les collèges La Salle-Saint-Bernard, Saint-Joseph, Saint-Amand, Notre-Dame et Largenté.

Bayonne dispose de trois lycées publics, le lycée René-Cassin (enseignement général), le lycée Louis-de-Foix (enseignement général, technologique et professionnel), le lycée professionnel Paul-Bert, auxquels s’ajoutent quatre lycées privés, le lycée Saint-Louis-Villa-Pia (enseignement général), les lycées Largenté et Bernat-Etxepare (enseignement général et technologique) et le lycée professionnel Le Guichot.

Enseignement supérieur[modifier | modifier le code]

L’UFR pluridisciplinaire de Bayonne - Anglet - Biarritz, dépend de l'université de Pau et des Pays de l'Adour. Le site de Bayonne accueille 2 500 étudiants dans 2 UFR (sciences et pluridisciplinaire) et un IFSI (institut de formation en soins infirmiers) dans les locaux de l'ancien IUT. L'IAE des Pays de l'Adour, basé à Pau et Bayonne, offre des formations en gestion et management.

L’école supérieure des technologies industrielles avancées (ESTIA) est située sur la technopole Izarbel à Bidart.

Enseignement artistique[modifier | modifier le code]

La commune dispose d'une antenne du conservatoire à rayonnement régional Maurice-Ravel et d'une école d'art (école d'art de la Communauté d'agglomération de Bayonne - Anglet - Biarritz).

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

Fêtes de Bayonne 2004, le roi Léon.
Les arènes de Bayonne.
Aviron bayonnais, section aviron.

Chaque jeudi, vendredi et samedi saints, depuis 550 ans[99], la foire du jambon auquel la ville a donné son nom vient marquer le début de la saison.

Les fêtes de Bayonne reviennent chaque année scander le milieu de la période estivale de la commune depuis 1932 pour cinq jours, organisée autour de défilés, de courses de vachettes, de feu d’artifice et de musique dans la tradition banco-gasconne. Ces fêtes, qui drainent un nombre toujours croissant de visiteurs, sont devenues l’événement festif le plus important de France en termes de fréquentation.

Article détaillé : Fêtes de Bayonne.

Bayonne s’honore de la plus ancienne tradition taurine française. Un arrêté municipal réglementant l'encierro date de 1283 : vaches, bœufs et taureaux sont lâchés chaque année dans les rues du Petit Bayonne durant les fêtes estivales. Les arènes actuelles, inaugurées en 1893, sont les plus grandes du Sud-Ouest et offrent plus de 10 000 places. Une douzaine de corridas y sont proposées chaque année, attirant les plus grands noms de la tauromachie. Tout l'été, plusieurs novilladas ont également lieu. La ville est membre du l'Union des villes taurines françaises.

Créé par la Scène nationale Bayonne Sud-Aquitain, le festival Jazz aux remparts rythme l’été bayonnais depuis 2000.

Santé[modifier | modifier le code]

Bayonne concentre une grande partie des services hospitaliers de l’agglomération de Bayonne et du sud des Landes[18]. Dans cette zone, les habitants se trouvent à moins de 35 km d’un équipement hospitalier proposant des services de médecine, d’obstétrique, de chirurgie ou des soins psychiatriques. L’offre du centre hospitalier de la Côte Basque, principalement établi sur Bayonne mais également à Saint-Jean-de-Luz, se complète de plusieurs cliniques.

Il y a deux hôpitaux à Bayonne, l'hôpital Saint-Léon et l'hôpital Cam-de-Prats.

Sports et équipements sportifs[modifier | modifier le code]

Aviron[modifier | modifier le code]

L'aviron est un sport pratiqué depuis longtemps sur la Nive et l'Adour par les Bayonnais. Deux clubs s'affrontent, la Société nautique de Bayonne (SNB) (créée en 1875) et l'Aviron bayonnais (créé en 1904 par d'anciens membres de la SNB), qui deviendra par la suite un club omnisports.

Basket-ball[modifier | modifier le code]

Denek Bat Bayonne Urcuit est un club de basket-ball dont la section masculine évolue en NM1 (3e échelon national du championnat français). Le club est basé dans la ville d'Urcuit, mais évolue au palais des sports de Lauga à Bayonne.

Football[modifier | modifier le code]

Le football est représenté par l'Aviron bayonnais football club qui évolue à domicile au stade Didier-Deschamps en CFA 2 (5e division française) lors de la saison 2013-2014, après une année passée en CFA et trois années consécutives en National. Didier Deschamps a commencé sa carrière à l'Aviron bayonnais. Le stade (ex stade du Grand Basque) porte aujourd'hui le nom de ce joueur.

Il existe aussi trois autres clubs bayonnais de football, les Croisés de Saint-André évoluant en division supérieure régionale, les Étoiles portugaises de Bayonne (première division district) et l'association Bayonne rive droite (3e division district).

Omnisports[modifier | modifier le code]

L'Aviron bayonnais, créé en 1904, regroupe de nombreuses sections sportives[Note 18] et un grand nombre de licenciés. L'Aviron bayonnais rugby pro et l'Aviron bayonnais football club sont deux des sections les plus connues de ce club.

Les installations du Club olympique bayonnais, créé en 1972, sont situées dans le quartier des Hauts de Sainte-Croix. Le club propose un large panel de disciplines sportives dont la pelote, la gymnastique, les sports de combat ainsi qu'une section billard. Le club comptait près de 400 licenciés pour l'année 2007.

Pelote basque[modifier | modifier le code]

Bayonne est un lieu important de la pelote basque. La Fédération française de pelote basque a d'ailleurs son siège au Trinquet moderne, près des Arènes[100]. De nombreux titres ont été remportés par les pelotaris de la ville. Des championnats du monde y ont eu lieu en 1978, en association avec la commune de Biarritz[101].

Rugby[modifier | modifier le code]

L'Aviron bayonnais en 1914.

Le rugby est apparu au Pays basque à la fin du XIXe siècle[17], avec l'arrivée en 1897 au lycée de Bayonne d'un Landais de 20 ans qui convertit ses camarades au football-rugby, qu'il avait lui-même découvert à Bordeaux. Pratiquant dans les espaces de la porte d'Espagne, ils communiquèrent leur engouement aux autres collèges de Bayonne et de Biarritz, conduisant à la création du Biarritz Sporting Club et du Biarritz Stade qui fusionneront en 1913 pour devenir le Biarritz olympique.

Bayonne a deux clubs de rugby. L'équipe masculine de la section rugby du club omnisports l'Association sportive bayonnaise (ASB) évolue à ce jour en Fédérale 3, alors que l'Aviron bayonnais rugby pro joue pour la saison 2014 - 2015 en Top 14, et ce sans discontinuer depuis la saison 2005 - 2006. L'Aviron bayonnais, fondé en 1904, a remporté trois titres de champion de France (1913, 1934 et 1943). Il fut le premier club d'une petite ville à devenir champion de France, créant de surcroît la légende du jeu à la bayonnaise, allusion à son jeu basé sur l'évitement et l'attaque à outrance.

Son stade est le stade Jean Dauger. L'ambiance qui y règne et la ferveur de tout le Pays basque pour l'Aviron bayonnais lui ont rapporté le prix du « Meilleur Public du Top 14 » pour la saison 2005 - 2006.

Il existe également une équipe féminine au sein de l'ASB, évoluant en Division Nationale 1B. Cette équipe a remporté en 2014 le challenge Armelle Auclair.

Sports de glace[modifier | modifier le code]

Les sports de glace se pratiquent à la patinoire de la Barre à Anglet, unique équipement de ce type pour toute l'agglomération Côte Basque-Adour.

Tennis[modifier | modifier le code]

Le tournoi de Bayonne était un tournoi de tennis féminin du circuit professionnel WTA. (en sommeil depuis 1992).

Cultes[modifier | modifier le code]

Le groupe sculpté dit l'âne de saint Bernard : la fuite en Égypte[102].
Église Saint-Esprit.
Chaire à prêcher, en bois, enchassée dans une cuve en fonte.
Temple protestant.
Réquisition de la synagogue par la Wehrmacht en 1942.

Culte catholique[modifier | modifier le code]

L'évêché (diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron) est situé place Monseigneur Vansteenberghe.

Outre la cathédrale Sainte-Marie (quartier du Grand Bayonne), Bayonne dispose des églises Saint-Esprit, Saint-André (rue des Lisses), des arènes (avenue de la Légion-Tchèque), Saint-Étienne, et Saint-Amand (avenue Maréchal-Soult).

Le carmel de Bayonne, situé dans le quartier Marracq, accueille une commuanuté de carmélites depuis 1858.

La voie du Baztan (ruta del Baztan ou camino Baztanés) est la voie du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, qui traverse les Pyrénées le plus à l'ouest et par le col le plus bas (col de Belate, 847 m). C'est la voie antique qu'empruntaient les pèlerins descendus à Bayonne, soit le long de la côte sur la voie de Soulac, soit parce qu'ils y débarquaient depuis l'Angleterre par exemple, pour rejoindre le camino francés le plus rapidement possible, à Pampelune.

La voie de Bayonne (es) rattrape le camino francés plus en aval, à Burgos.

Culte israélite[modifier | modifier le code]

La synagogue[103] est construite en 1837 dans le quartier Saint-Esprit, au nord de la localité.

La communauté juive de Bayonne est ancienne. Elle est constituée de différents groupes de fugitifs de Navarre et du Portugal, établis à Saint-Esprit-lès-Bayonne après l'expulsion des Juifs d'Espagne en 1492 et du Portugal en 1496. En 1846, un consistoire est installé à Saint-Esprit, qui sera intégré à Bayonne en 1857.

Culte musulman[modifier | modifier le code]

La mosquée de Bayonne est située rue Joseph-Latxague. Elle est le siège de l'association culturelle des Musulmans de la Côte basque[104].

Culte protestant[modifier | modifier le code]

Le temple protestant se situe à l'angle de la rue Albert-Ier et de la rue du Temple[105].

Culte évangélique[modifier | modifier le code]

L'église évangélique est située dans le quartier Saint-Esprit.

Une église appartenant à l'Église évangélique tzigane, de la fédération protestante de France, est située dans le même quartier[106].

Économie[modifier | modifier le code]

Rue de la Salie.
Rue Poissonnerie.

Revenus de la population et fiscalité[modifier | modifier le code]

En 2011, le revenu fiscal médian par ménage était de 22 605 €, ce qui plaçait Bayonne au 3 474e rang parmi les 31 886 communes de plus de 49 ménages en métropole[107].

En 2009, 51,8 % des foyers fiscaux n'étaient pas imposables[Insee 7].

Emploi[modifier | modifier le code]

En 2009, la population âgée de 15 à 64 ans s'élevait à 29 632 personnes, parmi lesquelles on comptait 69,2 % d'actifs dont 59,0 % ayant un emploi et 10,3 % de chômeurs[Insee 8].

On comptait 30 106 emplois dans la zone d'emploi, contre 26 494 en 1999. Le nombre d'actifs ayant un emploi résidant dans la zone d'emploi étant de 17 632, l'indicateur de concentration d'emploi est de 170,7 %, ce qui signifie que la zone d'emploi offre un près de deux emplois pour un habitants actifs[Insee 9].

Entreprises et commerces[modifier | modifier le code]

Bayonne est la capitale économique de l'agglomération de Bayonne et du sud des Landes.

Le tableau ci-dessous détaille le nombre d'entreprises implantées à Bayonne selon leur secteur d'activité[Insee13 1] :

Structure de l’économie à Bayonne au 1er janvier 2013.
Nombre d’établissements concernés
TOTAL 4 665
industrie 270
construction 375
commerce, transport et services divers 3 146
administration publique, enseignement, santé, et action sociale 874
Champ : activités marchandes hors agriculture.


Le tableau ci-dessous détaille les établissements actifs par secteur d'activité au regard du nombre de salariés[Insee13 2] :

Établissements actifs par secteur d'activité au 31 décembre 2011.
Total  % 0
salarié
1 à 9
salariés
10 à 19
salariés
20 à 49
salariés
50 salariés
ou plus
Ensemble 5 946 100,0 3 797 1 708 213 155 73
Agriculture, sylviculture et pêche 46 0,8 38 6 0 2 0
Industrie 292 4,9 150 101 23 15 3
Construction 428 7,2 299 84 26 15 4
Commerce, transports, services divers 3 953 66,5 2 390 1 346 117 73 27
dont commerce et réparation automobile 1 115 18,8 579 457 38 32 9
Administration publique, enseignement, santé, action sociale 1 227 20,6 920 171 47 50 39
Champ : ensemble des activités.

Les deux tableaux précédents amènent les remarques suivantes[Note 14] :

  • l'essentiel de l'activité économique est assuré par des entreprises du secteur tertiaire ;
  • l'agriculture n'est pratiquement pas représentée ;
  • moins de 5 % de l'activité est assuré par des entreprises du secteur industriel, qui reste concentré sur des structures de moins de 50 salariés, tout comme les activités liées à la construction ;
  • l'administration publique, enseignement, santé et action sociale forment une activité qui regroupe plus de 20 % des entreprises, confirmant en cela, l'importance du pôle administratif et de santé bayonnais au sein de l'agglomération de Bayonne et du sud des Landes. Ainsi Bayonne est le siège de la chambre de commerce et d'industrie de Bayonne Pays basque.

En 2011, 502 entreprises ont été créées à Bayonne[Insee 10], dont 260 par des autoentrepreneurs[Insee 11].

Agriculture[modifier | modifier le code]

La commune fait partiellement partie de la zone d'appellation de l'ossau-iraty[108], mais ne fournit actuellement pas de producteur.

Artisanat et industrie[modifier | modifier le code]

Bayonne regroupe peu d’industries, comme l'indiquent les tableaux précédents. On citera tout de même Plastitube, spécialisée dans les emballages plastique (190 employés)[109].

L’entreprise Izarra, dont la distillerie s’installe en 1912 quai Amiral-Bergeret, a longtemps symbolisé la richesse économique de Bayonne.

Les activités industrielles se sont concentrées dans les communes voisines de Boucau, Tarnos (Turbomeca), Mouguerre et Anglet.

Activités de service[modifier | modifier le code]

Le secteur tertiaire très actif regroupe quelques grandes enseignes de la distribution, telles celles détaillées par le géographe Roger Brunet[109] : BUT (240 salariés, Carrefour (150 salariés), E.Leclerc (150 salariés, Leroy Merlin (130 salariés) ou encore les Galeries Lafayette (120 salariés). Les banques, des sociétés de nettoyage (Onet, 170 employés) ou de gardiennage (Brink's, 100 salariés) sont également des grands employeurs de la commune, tout comme les transports urbains qui occupent près de 200 employés.

Cinq cliniques représentant plus de 500 lits emploient chacune de 120 à 170 salariés[109].

Le port de Bayonne[modifier | modifier le code]

Le cargo BBC-Magellan dans le port de Bayonne, en 2014.
Entrée du Belem dans le port de Bayonne, en août 2006.
Article détaillé : Port de Bayonne.

Le port de Bayonne est situé à l'embouchure de l'Adour, en aval de la ville. Son emprise concerne également les communes d'Anglet et Boucau dans les Pyrénées-Atlantiques et Tarnos dans les Landes. Il a considérablement bénéficié de l'exploitation du gisement de gaz naturel de Lacq, auquel il est relié par un oléoduc.

C'est le 9e port de commerce français, son trafic annuel est d’environ 4,2 millions de tonnes dont 2,8  exportées. Il est également le premier port français d’exportation de maïs[109].

Les produits métallurgiques représentent un mouvement sur Tarnos de plus d’un million de tonnes et les exportations de maïs vers l’Espagne varient entre 800 000 et 1 000 000 tonnes. Le port reçoit également des hydrocarbures raffinés de la raffinerie Total de Donges (800 000 tonnes). Les engrais représentent un trafic de 500 000 tonnes annuelles et le soufre en provenance de Lacq, quoiqu’en net déclin, 400 000 tonnes[109].

Le port reçoit également en stockage des véhicules Ford et General Motors en provenance d'Espagne et du Portugal[109], ainsi que des bois tropicaux et landais.

Il abrite une aciérie électrique productrice de billettes, sur Boucau et Tarnos (Celsa France[110]), ainsi qu’un terminal de stockage de produits chimiques et pétroliers liquides.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Bayonne se caractérise par son urbanisme médiéval, marqué par le tracé des rues, la subsistance de nombreux vestiges plus ou moins complets de bâtiments de l'époque (fortifications, cathédrale, cloître, caves) et par l’importance économique des voies fluviales tout au long de son histoire.. La période allant du XVI au XIXe siècles a vu la construction de nombreuses demeures nobles, souvent fondées par les membres des corporations, très actives à Bayonne, et témoignant de la vitalité de la ville et de son activité commerçante et portuaire.

Bayonne compte 22 monuments répertoriés à l'inventaire des monuments historiques[111] et 4 lieux et monuments répertoriés à l'inventaire général du patrimoine culturel[112]. Par ailleurs, elle compte 68 objets répertoriés à l'inventaire des monuments historiques[113].

Patrimoine civil[modifier | modifier le code]

Le Château-Vieux[114], du XIe siècle, fut construit par les vicomtes du Labourd. La rançon de François Ier (retenu par Charles Quint à Madrid après avoir été capturé à la défaite de Pavie en 1525) y fut collectée. Du Guesclin y fut prisonnier en attendant le paiement d'une rançon de 100 000. Le château accueillit de nombreux invités de marque comme Louis XI, François Ier, Charles IX ou encore Louis XIV. Il est aujourd'hui occupé par le 1er régiment d'infanterie de marine.

Le Château-Neuf[115], fut élevé sous Charles VII au XVe siècle sur d’anciennes enceintes anglaises du XIIIe siècle.

La résidence dite de Marrac[116], actuellement connue sous le nom de « château de Marracq », fut achetée en mai 1808 par Napoléon Ier sur sa cassette personnelle. Il fut construit au début du VIIIe siècle par Marie-Anne de Neubourg.

L’ensemble formé de la citadelle[12], renommée en 1999 Citadelle Général Georges Bergé, et des fortifications[117], s’élève au nord de l’Adour, sur une colline dominant le quartier Saint-Esprit. Il s’agit d’un ouvrage fortifié dessiné par Vauban[Note 19] en 1680 et construit à la fin du XVIIe siècle, à la demande de Louis XIV. L’ensemble est percé de sept portes, dont la porte d'Espagne, la porte de Mousserolles et la poterne.

Le château du Vigneau[118] est un ancien domaine viticole situé au nord-ouest de la citadelle. Racheté en 1848 et restauré par la famille Fonsèque, éminente parmi la communauté juive de Bayonne, il accueillera Pierre Mendès France à plusieurs reprises[119]. L’édifice est à nouveau restauré et embelli en 1918 après avoir été le témoin de violents combats durant le siège de Bayonne en 1814.

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

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La cathédrale Sainte-Marie[120] est classée dans la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1998, au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France. Cette cathédrale ogivale, de style gothique fleuri, commencée en 1213 et achevée au XVe siècle, est surmontée de deux clochers de 85 mètres de haut, ajoutés au XIXe siècle. Elle renferme la châsse de saint Léon, patron de la ville. Un cloître datant de 1240 lui est attenant au sud. Le cloître a longtemps servi de cimetière ; des niches et des tombeaux y subsistent.

L’église Saint-Esprit[13] a été édifiée sur les bases d'un prieuré roman dont quelques éléments subsistent dans l'édifice actuel. Cette église est élevée au rang de collégiale par Louis XI à la fin du XVe siècle. Les très belles voutes gothiques du chœur ornées d'entrelacs et de médaillons propres au style flamboyant datent de cette époque[121]. On y trouve un groupe sculpté dit l'âne de saint Bernard : la fuite en Égypte[102] et une relique de sainte Irène.

Le Grand Séminaire possède des bas-reliefs[122] classés, de la fin du XVIIIe siècle ; la pose de la première pierre date de 1914, la bâtiment ayant été achevé en 1919, année de l'arrivée des premiers séminaristes[123]. L'année précédente, bien qu'inachevé, le bâtiment était loué par le diocèse aux soldats américains[124]. En 1940 il est réquisitionné par les Allemands[125]. L’édifice a été construit pour remplacer l'ancien Grand Séminaire, démoli par la suite, qui était situé au quartier Lahubiague[125]. Le Gand Séminaire a été désaffecté et accueille depuis 1975 le conservatoire de musique.

La cérémonie de pose de la première pierre de la synagogue de Bayonne[14] eut lieu le 25 mai 1836. Construite sur les plans de l'architecte Capdeville, elle est achevée l’année suivante. Depuis lors, l’édifice a subi peu de transformations. Le bâtiment est construit sur deux niveaux. Sa façade est de style néo-classique. L'arche qui date du début du XVIIIe siècle, provient de l'ancien oratoire démoli pour construire la synagogue. Tout en bois, de pur style Louis XVI rococo, l'arche comporte deux portes centrales permettant d'accéder aux rouleaux de Torah.

Équipements culturels[modifier | modifier le code]

Le théâtre de Bayonne partage le bâtiment de droite avec la mairie.

Scènes[modifier | modifier le code]

Le théâtre de Bayonne a reçu, avec la salle Paul-Vaillant-Couturier, à Boucau, le label scène nationale du ministère de la Culture en 1990 et porte donc le nom de Scène nationale Bayonne - Sud-Aquitain[126]. Il est situé place de la Liberté, dans le même bâtiment que la mairie.

Outre le complexe Méga CGR, qui propose des films grand public, la localité propose également deux scènes de cinéma Art et Essai, l’Atalante et l'Autre Cinéma, toutes deux situées dans le quartier Saint-Esprit[127].

Musées[modifier | modifier le code]

La maison dite de Dagourette ou musée basque.

Trois musées sont à découvrir dans la localité. Le musée basque et de l'histoire de Bayonne propose une collection historiographique et ethnographique consacrée au Pays basque français. Il a reçu en 2003 le label Musée de France. Il est installé depuis 1924 au Petit Bayonne, dans la maison Dagourette, demeure bourgeoise de la fin du XVIe siècle, elle-même protégée par les monuments historiques depuis 1991[128].

Le musée Bonnat-Helleu est également situé dans le quartier du Petit Bayonne, dans un bâtiment du XIXe siècle dû à l'architecte Charles Planckaert. La collection du musée doit son origine à un leg du peintre Léon Bonnat à la ville de Bayonne, en 1891[129],[130]. Musée des beaux-arts de la commune, il recèle une remarquable collection de peintures, de dessins anciens et de sculptures constituée de 1880 à 1900, et, suite à des legs successifs, il conserve à l'heure actuelle près de 7 000 œuvres.

Le muséum d'histoire naturelle, également Musée de France, fut créé fondé en 1856[131], grâce à un leg de son premier conservateur, Ulysse Darracq. Après avoir été fermé durant près de 60 ans, il s'offre de nouveau au public depuis 2010, auquel il propose 430 m² d’expositions permanente et temporaire et 20 000 objets du patrimoine naturel régional[131]. Il est situé dans la plaine d‘Ansot, sur la rive droite de la Nive.

Outre ces trois musées, trois autres espaces communaux proposent des expositions temporaires[131] : la médiathèque (sur des thèmes liés à la littérature et à l'écrit[132]), la Poudrière (expositions d'art contemporain), et le Centre communal d'action sociale (peintures et photographies d'artistes locaux).

Patrimoine culturel[modifier | modifier le code]

Langues[modifier | modifier le code]

Panneau trilingue sur le pont Marengo.

Bayonne a parlé le gascon du Moyen Âge, date de l'apparition de cette variante de la langue d'oc, jusqu'au début du XXe siècle, et on le trouve usité dans tous les textes officiels médiévaux de la ville. La Carte des Sept Provinces Basques éditée en 1863 par le prince Louis-Lucien Bonaparte nous montre ainsi que Bayonne ne fait pas partie de l'aire linguistique basque.

Lors de la création des départements, Bayonne a été incluse dans le département des Basses-Pyrénées (devenues Pyrénées-Atlantiques le 10 octobre 1969). Ce département est formé de la réunion du Béarn, des provinces basques de Soule, de Labourd et de Basse-Navarre, et d'une mince frange gasconne suivant le cours inférieur de l'Adour, ceci malgré l'opposition des membres du biltzar du Labourd (de population rurale), qui avaient déjà refusé que Bayonne (population bourgeoise) votât avec eux pour l'élection des représentants aux États généraux.

En faisant de Bayonne le chef-lieu d'un des cinq arrondissements du département nouvellement créé (les quatre autres étant ceux de Pau, d'Orthez, d'Oloron et de Mauléon), la Révolution transforma Bayonne en un centre urbain primordial pour le Pays basque intérieur. Auparavant, les Labourdins et les Navarrais voyaient Bayonne comme une ville portuaire de débouchés pour leurs productions, et se rendaient occasionnellement dans cette cité marchande qui avait été détachée du Labourd par Richard Cœur de Lion en 1177.

La langue basque se développa alors plus significativement à Bayonne, avec l'arrivée de Basques venus de l'intérieur et même du Pays basque espagnol. Elle cohabita longtemps avec la langue vernaculaire de la ville, le gascon dit « maritime », utilisé depuis le Moyen Âge. Ce gascon est apparu par un mélange de vocabulaire et de syntaxe du bas-latin avec un substrat euskarien (i.e. basque). Il fut langue officielle, on ne sera donc pas étonné si la toponymie bayonnaise rappelle encore cette époque et cette tradition linguistique où Bayonne parlait officiellement gascon : le pont Mayou, la rue Pannecau, la rue des Graouillats, la rue Pusterle, la rue Passemillon, la rue Gosse, la rue de l'Abesque, le passage des Menouns, sans compter les rues dont les noms anciennement gascons ou basques gasconnisés furent francisés ou modifiés (rue Charcutière, rue Poissonnerie).

Avec l'inclusion dans le département des Basses-Pyrénées, Bayonne devint le principal centre urbain à la périphérie immédiate du Pays basque et renoua pour ainsi dire avec l'antique substrat basque latinisé ou romanisé, duquel la conquête romaine, puis franque, puis navarraise, anglaise et enfin française l'avaient peu à peu éloignée. Bayonne tourna de ce fait en partie le dos à la Gascogne à laquelle elle s'était construite et donnée une partie de son visage actuel. La francisation grandissante au XXe siècle marqua un recul du gascon à Bayonne qui n'est guère plus compris ou parlé que par une frange assez mince de la population. La même francisation menaça l'euskara, soutenu par l'action de collectifs de défense de la langue et de la culture basques. Les drapeaux gascon et basque continuent ainsi de flotter côte à côte sur la façade de l'hôtel de ville. Des panneaux de signalisation trilingues (français/basque/gascon) sont visibles dans la commune.

Il y avait en 2001, 8,8 % de bilingues actifs et 8,3 % de bilingues passifs en basque dans l'agglomération Côte Basque-Adour[133]. Concernant le gascon, l'étude précise pour la même zone un chiffre de 12 % de la population déclarant parler de un peu à bien la langue et 17% déclarant la comprendre[134].

Citations[modifier | modifier le code]

Lors de la dernière séance du biltzar, le 18 novembre 1789, consacrant la création d’un district et la disparition dudit biltzar, le délégué Mundutéguy soulignait que Basques et Bayonnais réunis dans une instance politique, ne purent s’entendre « à cause de la différence des langues »[135].

« Bayonne (…) place forte frontalière, port maritime et fluvial, ville épiscopale et religieuse d’un diocèse de population en majorité basque, ville de tradition et de langue gasconnes (…) », selon Pierre Hourmat, professeur d'histoire.

« Bayonne est la capitale d’une région, le bas-Adour, avec les trois provinces basques et une partie de la Gascogne ; (…) », selon Eugène Goyhenèche, historien du Pays basque.

Musique[modifier | modifier le code]

La culture musicale à Bayonne offre plusieurs facettes contrastées. En effet si la musique classique s'offre une place de choix dans les programmes grâce aux prestations de l'orchestre régional Bayonne-Côte basque et si la musique traditionnelle est très vivante, représentée en particulier par les interventions des bandas, la scène de la musique populaire moderne est très dynamique, comme le prouve le certificat de naissance de nombreuses formations de rock bayonnaises.

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

Bayonne a été récompensée[136] de quatre fleurs au concours des villes et villages fleuris depuis 1998, soulignant les efforts accomplis dans les domaines de la décoration florale, de l’environnement, de la propreté et de l'assainissement, de l’affichage et de l’habitat. En 2008, la ville se désengageait cependant du Conseil national des villes et villages fleuris pour des divergences sur les méthodes d'obtention du fleurissement. La commune organise en revanche un « concours des jardins et balcons fleuris »[137]

La commune entretient 180 hectares de parcs, jardins, terrains de sports et autres espaces verts[138]. Sont en particulier l'objet de soins attentifs les parcs et des jardins de qualité tels le parc de Caradoc, le jardin public et le jardin botanique, ainsi que la promenade des remparts.

Elle dispose également de plusieurs espaces naturels[139], dont un milieu remarquable d'une centaine d'hectares, la plaine d'Ansot[140], situé au sud de la ville et au bord de la Nive[141], où l'Angélique des estuaires (Angelica heterocarpa), espèce menacée et protégée au niveau européen, a trouvé refuge[140].

Philatélie[modifier | modifier le code]

Deux timbres mettent à l'honneur la ville de Bayonne. Le René-Cassin a été vendu en 1er jour d'émission à Bayonne le 25 juin 1983, portant le no 2283[142]. Il fait partie de la série des personnages célèbres. D'autre part, le timbre en l'honneur du chocolat figure une carte de France mentionnant Bayonne 1609 ; il a été émis uniquement en petites feuilles de dix timbres parfumés au chocolat. La feuille a été vendue en 1er jour d'émission à Bayonne le 23 mai 2009. Le timbre porte le no 4361[142].

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Chocolat noir au piment d'Espelette.

Le jambon de Bayonne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Jambon de Bayonne.

Bayonne est souvent associée au jambon du même nom. Aujourd'hui, le jambon de Bayonne est protégé par une IGP[143]. Les principaux critères pour prétendre à l'appellation sont d'une part une sélection assez large de l'aire d'élevage des porcs (22 départements dans une zone allant des Deux-Sèvres aux Pyrénées-Orientales) ; transformé dans la vallée de l'Adour, le jambon doit être salé au sel sec dans les salines du bassin de l’Adour ; la période d'affinage est de sept mois au minimum.

Le porc, et en particulier le porc noir, n'a été introduit dans le Pays basque que dans les années 60 pour faire face à une grave crise agricole. Le foehn, vent sec de cette région, permet lors du séchage de faire pénétrer le sel à l'intérieur du jambon.

En 1672, Louis de Froidour[144] note que les jambons de Soule étaient appelés jambons de Bayonne parce qu'ils étaient exportés par le port de Bayonne[Note 20].

Le chocolat[modifier | modifier le code]

Bayonne est à l'origine de l'introduction du chocolat en France, importé par les Juifs portugais chassés par l'Inquisition.

Cette tradition a perduré, et sept artisans continuent aujourd'hui encore à élaborer localement un chocolat noir qui se distingue par une forte teneur en cacao et un goût amer[145].

L’académie du chocolat, association militant pour le rayonnement du chocolat de Bayonne, organise chaque année à l'Ascension, la fête de la gourmandise[145].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

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De nombreuses personnalités ont eu un attachement particulier à la ville de Bayonne, notamment celles appartenant à la liste ci-après (classement par année de naissance).

Edmond de Lancastre ou Edmond Plantagenêt, comte de Lancastre, né en 1245 à Londres et mort en 1296 à Bayonne, est un prince anglais. Second fils survivant du roi Henri III d'Angleterre et de Éléonore de Provence, il est le 1er comte de Lancastre, fondant ainsi la Maison de Lancastre.

Marguerite Brunet, dite Mademoiselle Montansier, née en 1730 à Bayonne et morte en 1820 à Paris, est une actrice et directrice de théâtre. Sa maison natale existe encore, rue des Faures, à Bayonne.

François Batbedat, né à Bayonne en 1745 et mort à Vicq en 1806, est un négociant, armateur, maire de Bayonne sous le Consulat, littérateur gascon.

Dominique Joseph Garat, né en 1749 à Bayonne et mort en 1833 à Ustaritz, est un avocat, journaliste et philosophe français ; ministre de la Justice de la Convention, c'est lui qui notifie à Louis XVI sa condamnation à mort. Il est élu à l'Académie française en 1803.

Pierre Firmin Bédat, né en 1774 à Bayonne et mort en 1851 dans la même commune, est anobli par Napoléon Ier et élevé au titre de baron d'Empire ; il est aussi donataire en Westphalie et nommé chevalier de la Légion d'honneur.

Charles Martial Lavigerie, né à Bayonne en 1825 et mort en 1892 à Alger (Algérie), est un cardinal du XIXe siècle. Il est le fondateur de la Société des missionnaires d'Afrique, plus connue sous le nom des Pères blancs.

Léon Bonnat, né à Bayonne en 1833 et mort à Monchy-Saint-Éloi en 1922, est un peintre académique et portraitiste français. Ses divers legs à sa ville natale de ses collections personnelles ont permis, de son vivant, l'ouverture d'un musée, qui deviendra le musée Bonnat-Helleu. Son cabinet des dessins est un des plus prestigieux de France. On y trouve notamment les travaux préparatoires du Serment des Horaces de David.

René Cassin, né en 1887 à Bayonne et mort en 1976 à Paris, est un juriste, diplomate français. Il reçoit le Prix Nobel de la paix en 1968 pour son travail lors de l'élaboration de la Déclaration universelle des droits de l'homme, et prix des droits de l'homme des Nations unies la même année. Il repose au Panthéon (Paris).

Henri Grenet, né à Bègles en 1908 et mort à Bayonne en 1995, est un homme politique, maire de Bayonne de 1959 à 1995), et docteur en médecine.

Roger Lapébie, né en 1911 à Bayonne et mort en 1996 à Pessac, est un coureur cycliste, vainqueur de neuf étapes sur le Tour de France, entre 1932 et 1937.

Jean Dauger, né en 1919 à Cambo-les-Bains et mort en 1999 à Bayonne, est un joueur français de rugby à XV et de rugby à XIII. Le stade de rugby de Bayonne porte son nom.

Michel Camdessus, né en 1933 à Bayonne, est un économiste, président du Fonds monétaire international du 16 janvier 1987 au 14 février 2000. Il est gouverneur honoraire de la Banque de France.

Nicole Péry, née à Bayonne en 1943, est une femme politique socialiste, ex-vice-présidente du Parlement européen.

Katia et Marielle Labèque, nées respectivement en 1950 et 1952 à Bayonne, sont deux sœurs qui forment un des duos français de piano les plus célèbres de la fin du XXe siècle et du début du XXIe siècle.

Didier Deschamps, né à Bayonne en 1968, est un ancien footballeur. Champion du Monde 1998, puis entraîneur, il est actuellement le sélectionneur de l'Équipe de France[148].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
De gueule à la tour talutée d'or, ouverte, ajourée et maçonnée de sable, posée sur une mer au naturel, ondée d'or et de sable, accostée de deux lions d'or, affrontés, lampassés, brochant sur le fût de deux chênes au naturel englantés d'or, et surmontée d'une fleur de lys d'or, l'écu timbré d'une couronne comtale[Note 21].
Commentaires : Paul Raymond[22] note en 1863, que les armoiries de la ville sont d'azur à la tour crénelée et talusée d'argent, ondée au naturel sous le pied, cantonnée à dextre d'un N couronné d'or, avec deux pins de sinople, chargés chacun de sept fruits d'or et posés en pal derrière deux lions d'or.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Il existe une catégorie dédiée à ce sujet : Bayonne.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Ansoborlo, Histoire Militaire de Bayonne - 1789/1940, Société des Sciences Lettres & Arts de Bayonne,‎ 1995, 296 p.
  • Jules Balasque, Études historiques sur la ville de Bayonne, Bayonne, E. Lasserre,‎ 1862-1875, 496 p. (lire en ligne).
  • Gabriel-François de Blay de Gaïx, Histoire militaire de Bayonne. De l'origine de Bayonne à la mort d'Henri IV,‎ 1899.
  • Gabriel-François de Blay de Gaïx, Histoire militaire de Bayonne. De la mort d'Henri IV à la Révolution française, Harriet,‎ 1980.
  • Marie-France Chauvirey, La vie d'autrefois en Pays basque, Luçon, Éditions Sud Ouest,‎ 1994 (ISBN 2 87901 219 8).
  • René Cuzacq, Bayonne : Sous l'ancien régime, Bayonne,‎ 1933.
  • Guides Diamant, Biarritz, Bayonne, Saint-Jean-de-Luz, Hendaye, Fontarabie, Cambo, Saint-Jean-Pied-de-Port, Paris, Hachette,‎ 1921, 180 p. (lire en ligne).
  • Victor-Pierre Dubarat et Jean-Baptiste Daranatz, Recherches sur la ville et sur l'église de Bayonne. Manuscrit du chanoine René Veillet, Bayonne,‎ 1910.
  • Pierre Dubourt-Noves, Bayonne, Ouest France,‎ 1986 (ISBN 2 85882 609 9).
  • Édouard Ducéré, Histoire topographique et anecdotique des rues de Bayonne, Marseille, Laffitte Reprints,‎ 1978.
  • Édouard Ducéré, Dictionnaire historique de Bayonne, Jeanne Laffitte,‎ 1999, 340 p. (ISBN 978-2862763354).
  • Antoine Foltzer, Au temps jadis de Bayonne, Bayonne,‎ 1937.
  • Philippe Fournet, Les pêcheurs du quartier maritime de Bayonne, vol. 45, t. 4, Revue géographique des Pyrénées et du Sud-Ouest,‎ 1974.
  • Eugène Goyheneche, Bayonne et la région bayonnaise du XII au XVe siècle. Étude d’histoire économique et sociale, Bibliothèque municipale de Bayonne,‎ 1949.
  • Pierre Hourmat, Histoire de Bayonne des origines à la révolution française de 1789, Société des Sciences Lettres & Arts de Bayonne,‎ 1986.
  • Pierre Hourmat, Visiter Bayonne, Sud-Ouest,‎ 1989.
  • Hector Iglesias, Noms de lieux et de personnes à Bayonne, Anglet et Biarritz au XVIIIe siècle, Donostia-Saint-Sébastien, éditions Elkar,‎ 2000 (ISBN 2-913156-32-0, lire en ligne).
  • Fernand Jaupart, L'activité commerciale de Bayonne au XVIIIe siècle, Bayonne,‎ 1966.
  • Fernand Jaupart, L'activité maritime de Bayonne au XVIIIe siècle, Bayonne,‎ 1969.
  • Claude Labat, Bayonne, raconter la ville autrement, Donostia, Elkarlanean, coll. « Igela »,‎ 2007, 130 p. (ISBN 2913156800).
  • François Lafitte Houssat, Bayonne de Nive et d’Adour, Joué-lès-Tours, Alan Sutton,‎ 2001 (ISBN 2-84253-557-X).
  • Henry Léon et Édouard Ducéré, Histoire des Juifs de Bayonne, Paris, Laffitte Reprints,‎ 1893.
  • Gérard Nahon, Les "Nations" juives portugaises du sud-ouest de la France (1684-1791), Paris,‎ 1981.
  • Ouvrage collectif, Vauban et les fortifications des Pyrénées-Atlantiques, Société des Sciences Lettres & Arts de Bayonne,‎ 1984.
  • Ouvrage collectif, La cathédrale de Bayonne - Guide de l’étranger, Bayonne, Imprimerie de la Presse,‎ 1935.
  • Ouvrage collectif, IVe Centenaire du détournement de l'Adour 1578-1978 - Actes du Congrès de Bayonne 28/29 X 1978, Société des Sciences Lettres & Arts de Bayonne,‎ 1978.
  • Ouvrage collectif, Histoire de Bayonne, Toulouse, Privat,‎ 1991 (ISBN 2 70898 262 1).
  • Maurice Sacx, Bayonne et le Pays basque - Témoins de l’histoire, Biarritz, musée basque de Bayonne,‎ 1968.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En Gascogne et au Pays basque, on appelle barthe (du gascon barta) les plaines alluviales inondables longeant les cours d'eau.
  2. L’aggradation, ou exhaussement, est l'accumulation de sédiments dans le lit d'un cours d'eau et ses environs directs.
  3. Le pont Marengo fut maçonné sous Napoléon III.
  4. Le pont Mayou, anciennement nommé Major ou Maior, fut reconstruit en pierre en 1857.
  5. Les lignes A1, A2, B, C, 4, 5, 7, 8, 11, 14 et N (information à jour au 25 juillet 2014).
  6. Au sujet des caves gothiques du Grand Bayonne, Didron déclarait : « elles sont si belles que le peuple les prend pour de petites églises ou de grandes chapelles ».
  7. Louis XIV logea au numéro 9 de la rue Orbe, dans la maison Sorhaindo, à la veille de son mariage avec Marie-Thérèse d'Autriche infante d'Espagne le 9 juin 1660.
  8. Le quai Galuperie, aux nombreuses maisons à arceaux, était un port fluvial pour les galupes.
  9. Marcel Breuer (1902 - 1981), architecte et designer d’origine hongroise, a signé divers projets parmi lesquels, outre les Hauts de Bayonne, le siège de l’Unesco à Paris, le Whitney Museum of American Art de New York et l’ambassade d’Australie à Paris.
  10. Outils de pierre néandertaliens (- 80 000 / - 45 000 correspondant à la période Moustérien – Glaciations de Riss et de Würm II).
  11. D’après la Notitia dignitatum imperii romani datant de 340-420 après Jésus-Christ, de 1 120 mètres de périmètre renfermant un espace de six à sept hectares, les textes mentionnant ce siège du tribun de la cohorte de Novempopulanie en ces termes : « In provincia Novempopulana tribunus cohortis Novempopulanae Lapurdo ».
  12. Deux foires annuelles, l’une le premier jour du carême et l’autre le 1er août : « (…) leur octroyer à perpétuité des foires franches de toutes aydes, imposicions, impostz et de tous autres subsides quelxconques, dont l’une se tiendra le premier jour de karesme, et l’autre le premier jour d’aoust (…) », selon les lettres patentes de Louis XI établies à Montferrand en mai 1462.
  13. La seconde gare de Bayonne succède au début du XXe siècle au bâtiment provisoire en bois et métal construit pour la mise en service du chemin de fer, en 1854
  14. a et b Ces remarques ne résultent pas d'une étude statistique des données présentées ; elles n'ont qu'une valeur indicative.
  15. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  16. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.
  17. Le taux d’activité représente la part des actifs dans la population totale.
  18. 20 sections sportives en incluant l'Aviron bayonnais rugby pro et l'Aviron bayonnais football club, selon le site de l'association consulté le 29 juillet 2014.
  19. Dans son Mémoire de 151 articles, Vauban propose de rectifier certains ouvrages existants et de procéder à de nouvelles fortifications car « si le Roi prenait la résolution de fortifier Bayonne, il était indispensable de fortifier aussi le faubourg Saint-Esprit » et sur sa hauteur de Castelnau, de faire construire la Citadelle.
  20. Louis de Froidour : « Ce qu'il y a de plus commun sont les porcs qui y sont petits mais excellents, en telle sorte que les meilleurs jambons du Royaume, après ceux de Lahontan, sont ceux de Soule. Ils sont connus sous le nom de jambon de Bayonne et il n'est pas mal à propos de remarquer qu'encore que cette ville soit si fameuse et si renommée par ses jambons, néanmoins il ne s'y en fait presque point, mais on y débite ceux qui y sont portés du Labourd et de la Basse-Navarre, où il s'en fait quantité, et de la Soule, d'où l'on porte peu, parce qu'elle en est plus éloignée ».
  21. Ce blason est en vigueur depuis le 3 août 1919, sur délibération du conseil municipal de la ville de Bayonne, citée par René Broca en préface de l'ouvrage Histoire de Bayonne des origines à la révolution française de 1789 - Pierre Hourmat - Société des Sciences Lettres & Arts de Bayonne - 1986. La délibération citée est la suivante :
    Le Conseil Municipal,
    Vu le rapport présenté par M. Grimard vice-président de la Société des Sciences Lettres et Arts, au nom de la commission d'Études des Armoiries. Ouï le rapport de M. Simonet, conseiller Municipal, considérant que les armoiries actuellement usitées contiennent au point de vue historique et héraldique des erreurs qu'il importe de rectifier, au moment où divers édifices doivent porter les emblèmes de la ville,
    Délibère :
    I - À partir de ce jour, les armoiries de la ville de Bayonne seront blasonnées de la manière suivante :
    De gueule à la tour talutée d'or, ouverte, ajourée et maçonnée de sable, posée sur une mer au naturel, ondée d'or et de sable, accostée de deux lions d'or, affrontés, lampassés, brochant sur le fût de deux chênes au naturel englantés d'or, et surmontée d'une fleur de lys d'or, l'écu timbré d'une couronne comtale.
    Devise : Nunquam polluta
    Modifier en conséquence les sceaux et timbres de la Ville.
    II - Charger M. André Grimard, d'établir le projet en couleur des armoiries modifiées, dont deux exemplaires demeureront déposés aux Archives de la Ville et au Secrétariat Général de la Mairie, à la disposition des intéressés.
    Fait et délibéré en l'Hôtel de Ville de Bayonne le 3 août 1919. .

Références[modifier | modifier le code]

Insee[modifier | modifier le code]

  1. LOG T1M - Évolution du nombre de logements par catégorie.
  2. LOG T2 - Catégories et types de logements.
  3. LOG T7 - Résidences principales selon le statut d'occupation.
  4. POP T2M - Indicateurs démographiques.
  5. POP T3 - Population par sexe et âge en 2009.
  6. EMP T2 - Activité et emploi de la population de 15 à 64 ans par sexe et âge en 2009.
  7. REV T1 - Impôts sur le revenu des foyers fiscaux.
  8. EMP T1 - Population de 15 à 64 ans par type d'activité.
  9. EMP T5 - Emploi et activité.
  10. DEN T1 - Créations d'entreprises par secteur d'activité en 2011.
  11. DEN T2 - Créations d'entreprises individuelles par secteur d'activité en 2011.
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Autres sources[modifier | modifier le code]

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