Moulinex

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Moulinex

alt=Description de l'image Moulinex Logo.svg.
Création 1937
Disparition 7 septembre 2001
Personnages clés Jean Mantelet, fondateur
Forme juridique Société anonyme
Slogan « À vous de jouer »
anciennement :
« Moulinex libère la femme »
Activité Petit électroménager
Société mère Groupe SEB
Site web www.moulinex.fr

Moulinex est une ancienne société française de petit électroménager, installée en 1937 en Basse-Normandie, à Alençon, par Jean Mantelet sous le nom « Le moulin-légumes ». La société essaimera après la Seconde Guerre mondiale ses usines de production dans toute la Basse-Normandie et Pays de la Loire.

Depuis la liquidation de l'entreprise en 2001, Moulinex est une marque qui a été rachetée par l'entreprise SEB. Une association d'anciens cadres de Moulinex basée à Alençon continue de faire vivre le passé de la société....

Historique[1][modifier | modifier le code]

La création de la société[modifier | modifier le code]

En 1932, Jean Mantelet, cogérant de la Manufacture d'emboutissage de Bagnolet - Mantelet et Boucher -, invente le Moulin-Légume, appareil basé sur le principe et la rotation d'un disque profilé pivotant sur un axe entrainé par une manivelle et s'appuyant sur une crépine perforée qui écrase les légumes cuits, contenus dans une cuve circulaire, pour les transformer en purée. Il décide de commercialiser son produit en faisant le tour des foires, d'abord à Lyon puis à Paris, avec une distinction par le concours Lépine. La production de masse démarre et permet d'en réduire le prix. C'est le début du succès, avec deux millions d'appareils vendus entre 1933 et 1935.

En 1937 la petite usine de Bagnolet étant saturée, Jean Mantelet décide de s'installer en Normandie, à Alençon dans les anciens bâtiments d'une usine désaffectée située à la limite de Saint Paterne sur une parcelle de plusieurs hectares au bord de la voie ferrée Caen-Tours . Il peut ainsi profiter d'une main-d'œuvre féminine et rurale de bonne qualité. C'est à cette époque que la Manufacture d'emboutissage de Bagnolet Mantelet et Boucher est rebaptisée « Le Moulin-Légume ».

En 1957 la société prend le nom de « Moulinex ».

Multiplication des produits[modifier | modifier le code]

presse fruits Moulinex type PA1A

Le succès grandissant de l'entreprise repose sur des produits de qualité, où le design tient un rôle important, à usage facile et à des prix inférieurs au marché. Avec son slogan « Moulinex libère la femme », la marque accompagne à travers l'équipement ménager, l'émergence de la société de consommation des Trente Glorieuses. Jean Mantelet et son bureau d'études travaille en recherches et développement pour mettre au point en moyenne trois nouveaux produits par an, comme le hachoir électrique, les robots (Robot-Marie, Robot-Jeannette, Robot-Marinette…), l'aspirateur (1961), la centrifugeuse (1963), la rôtissoire, la yaourtière, la cafetière électrique (1971), le presse-agrumes, l'ouvre-boîtes électrique, le couteau électrique, le four à micro-ondes (1979), la machine à pâtes (1980)…

Au début des années 1980 Moulinex est le fabricant no 1 du petit électroménager en France. La production journalière atteint 180 000 appareils pour un effectif de 10 700 salariés répartis dans douze usines.

L'entreprise dispose d'usines à Alençon (Orne), Bayeux (Calvados), Cormelles-le-Royal (Calvados), Saint-Lô (Manche), Argentan (Orne) et Falaise (Calvados), Mamers (Sarthe), Fresnay-sur-Sarthe (Sarthe), Villaines-la-Juhel (Mayenne), Mayenne (Mayenne).

La fin[modifier | modifier le code]

Au printemps 1988, une reprise d'entreprise par les salariés (RES) est mise en place mais la succession mal préparée fait plonger la marque dans la crise. En 1991, Moulinex rachète pour 440 millions de francs la société Krups dont la restructuration sociale coûtera 360 millions et accentuera encore l'étranglement financier de Moulinex. Cette période correspond également au décès de Jean Mantelet, fondateur de l'entreprise survenu en Janvier 1991. La concurrence asiatique sur ses marchés fait chuter la marque populaire qui ne peut plus résister aux produits étrangers à faible coût, et son positionnement dans un segment de plus haute qualité ne colle pas avec son image.

En 1994, la société Euris de Jean-Charles Naouri prend le contrôle de Moulinex avec 33 % du capital et nomme Jules Coulon PDG. Le retour sur investissement ne se faisant pas assez vite sentir, Euris accélère la rentabilité avec des licenciements massifs, Pierre Blayau est nommé PDG de la société en 1996. Il ne parvient cependant pas à redresser l'entreprise malgré deux restructurations sévères (2400 postes supprimés en 1996, 2000 en 2000).

En août 2000, Moulinex est rachetée par El.Fi, filiale du groupe italien Elettro Finanziaria S.p.A, qui possède les marques d'électroménager De Dietrich, Brandt, Vedette et Thomson. Pierre Blayau quitte l'entreprise au bord du dépôt de bilan, avec une prime de plus de deux millions d'euros qui choque les salariés licenciés ou en sursis. En juillet 2004, il sera mis en examen pour « banqueroute par emploi de moyens ruineux et banqueroute par détournements d’actifs ».[réf. nécessaire]

Moulinex-Brandt dépose le bilan le 7 septembre 2001 et la liquidation de la société est prononcée. Le combat syndical autour du plan social met en avant le leader CGT Thierry Lepaon.

Reprise de la marque par SEB[modifier | modifier le code]

Le Groupe SEB reprend une partie des actifs de l'activité petit-électroménager : six sites et environ 1 800 salariés de Moulinex. Les administrateurs judiciaires procèdent à la fermeture des autres sites et au licenciement des salariés qui y étaient rattachés. La filiale gros-électroménager est reprise par le groupe électroménager israélien Elco (en).

Conscient du franc succès qu'a eu la marque, le groupe SEB a décidé de conserver la marque Moulinex, et les deux sites industriels de Saint-Lô et Mayenne. Les produits sont fabriqués dans les usines du groupe SEB présentes en France et en Chine.

La Compagnie générale des moteurs électriques (CGME) qui fournissait Moulinex et qui en était une filiale se retrouve en redressement judiciaire comme sa maison-mère, et est rachetée par quelques-uns de ses cadres sous le nom d'Euromoteurs. Largement soutenue par les finances publiques pour sauver les usines de Saint-Lô et Carpiquet, elle est en contrat avec SEB pour un approvisionnement sur quatre ans. Mais l'entreprise ne parvient pas à se relancer et sera mise en liquidation en mars 2007.

En avril 2008, cinquante ex-salariés d'Euromoteurs obtiennent gain de cause devant les prud'hommes d'Alençon. Le licenciement sans cause réelle ni sérieuse est reconnu. Les indemnités s'échelonnent de 27 636 à 60 216 euros, soit un coût de plus de 2 millions d'euros pour l'ensemble des 50 salariés.

Le nom "Moulinex" n'a pas totalement disparu car la marque est encore utilisée dans plusieurs pays dont la France sur des dizaines d'articles et robots culinaires.

Présidents-directeurs généraux[modifier | modifier le code]

  • Jean Mantelet
  • Roland Darneau : 1991-1994 (Directeur général depuis avril 1987)
  • Jules Coulon : 1994 - février 1996
  • Pierre Blayau : février 1996 - décembre 2000
  • Patrick Puy[2] : décembre 2000 - septembre 2001
  • Léo Guellec : septembre 2001 - ????

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire de la société Moulinex - boursilex.com
  2. Non-lieu général pour les ex-dirigeants de Moulinex, article du quotidien Le Monde, daté du 9 mars 2012.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]