Louviers

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher

49° 12′ 58″ N 1° 09′ 59″ E / 49.2161111111, 1.16638888889

Louviers
Canaux à Louviers
Canaux à Louviers
Armoiries
Détail
logo
Administration
Pays France
Région Haute-Normandie
Département Eure
Arrondissement Les Andelys
Canton Louviers-Nord (chef-lieu)
Louviers-Sud (chef-lieu)
Code commune 27375
Code postal 27400
Maire
Mandat en cours
Franck Martin
2008 - 2014
Intercommunalité Communauté d'agglomération Seine-Eure
Site web [2]
Démographie
Population 18 195 hab. (2008[1])
Densité 672 hab./km2
Aire urbaine 42 338 hab. ()
Gentilé Lovériens, Lovériennes
Géographie
Coordonnées 49° 12′ 58″ Nord
       1° 09′ 59″ Est
/ 49.2161111111, 1.16638888889
Altitudes mini. 11 m — maxi. 149 m
Superficie 27,06 km2

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Église Notre-Dame et sa tour-beffroi

Louviers est une commune française, située dans le département de l'Eure et la région Haute-Normandie.

Sommaire

[modifier] Devise

« Louviers le Franc » nom donné selon la légende par Charles VII en 1441, en référence à la fidélité de la ville pour son roi.

[modifier] Géographie

La ville est traversée par sept bras de l'Eure.

[modifier] Toponymie

Le nom de la localité est attesté sous les formes Locos veteris au IXe siècle (Annales de St Bertin); Loviers en 962-996; Lotvers en 1025[2].

La forme locos veteres ainsi que la poétique transposition Locus veris, le lieu du printemps, ne sont pas à retenir[3]. De même, pas de rapport avec le nom du loup « lupus » comme le montrent les formes anciennes.

Par contre, on peut rapprocher Louviers d'autres formations en -viers, communes au nord de la France : Reviers (Basse-Normandie); Grand-Laviers (Picardie) ou Verviers (Belgique)[3].

L'élément celtique uer- / uar- est un terme hydronymique au sens probable d'« eau » ou de « rivière »[4]qui a justement été utilisé comme nom de rivière (cf. la Vire, la Vière ou le Var), ainsi que dans le composé Varinna > Varenne, commun en France[3] et le nom du peuple celtique Trévires (Trèves) « les passeurs » de trē-uer-o (cf. vieil irlandais treóir, passage ou lieu de passage d'un cours d'eau)[5].

[modifier] Histoire

Le 10 février 856 à Louviers, le père du roi Louis II le Bègue lui arrange des fiançailles avec une fille d'Erispoë, roi de Bretagne, qui lui concède alors le duché du Mans. Déplaisant énormément aux vassaux bretons, cet arrangement est peut-être une des raisons du mécontentement et du complot qui entraînent la mort du roi breton l'année suivante[6]

Le 12 juillet 1380, le connétable de la garnison de Louviers, inspectant les murailles vers minuit, trouve un guetteur endormi, alors que la ville est menacée par des ennemis, et, de colère, lui heurte violemment la tête contre une guérite de bois et le tue.

La ville fut chef-lieu de district entre 1790 et 1795, et chef-lieu d'arrondissement de 1800 à 1926.

En juin 1940, Louviers a terriblement souffert de bombardements liés au combat de la bataille de France[7].

[modifier] Histoire politique récente

Louviers a connu une histoire politique singulière dans la deuxième partie du XXe siècle. Ville ouvrière, l'héritage de Pierre Mendès France y entretenait une effervescence politique qui porta à la magistrature municipale, en 1965, le docteur Ernest Martin, étiquette divers gauche... (extrême gauche antiautoritaire, une liste autogestionnaire allant du PSU aux anarchistes). Les évènements de Mai 68 eurent un retentissement particulier à Louviers, qui se détermina résolument pour un fonctionnement auto-gestionnaire, avec comités de quartier, politique culturelle avant-gardiste, etc. Le retour de bâton ramena la droite au pouvoir en 1969. Pendant huit ans, les débats municipaux furent houleux et en 1977, Henri Fromentin reprit les rênes de la commune pour remettre en selle le programme révolutionnaire du docteur Martin[8]. Cet épisode mouvementé de la vie locale aura un retentissement national.

[modifier] Héraldique

blason

Les armes de la ville de Louviers se blasonnent ainsi [9]:

  • Parti, au 1) d'azur à une lettre L majuscule fleuronnée d'argent enfilée dans une couronne ducale d'or, au 2) aussi d'azur à un lion d'or et à la bordure cousue de gueules chargée de douze besants d'argent
  • Remarques:
    • Le Grand Larousse encyclopédique (1962) donne un blasonnement équivalent, mais avec seulement huit besants d'argent.
    • Malte-Brun, dans la France illustrée (1882) donne un très différent: D'azur, à deux loups passant l'un sur l'autre de sable, au chef d'azur chargé de trois fleurs de lis d'or. Bien que plus « parlant » (Louvier=voie des loups), ce blason est douteux: les loups étant de sable sur azur (émail sur émail, contraire à la règle de contrariété des couleurs)

[modifier] Administration

Comme toutes les communes de l'ancien canton de Louviers (scindé depuis en canton de Louviers-Nord et canton de Louviers-Sud), Louviers fut rattachée, jusqu'en 1926, à l'ancien arrondissement de Louviers, supprimé à cette occasion et jamais reconstitué.

En 2010, la commune de Louviers a été récompensée par le label « Ville Internet @ »[10].

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
juin 1995 2014 Franck Martin DVG puis PRG Journaliste
mars 1983 juin 1995 Odile Proust RPR  
mars 1977 mars 1983 Henri Fromentin DVG Imprimeur
mars 1971 mars 1977 Edouard Thiers CD  
1969 mars 1971 Rémy Montagne CD  
1965 1969 Ernest Martin DVG Médecin
1958 1965 André Vincelot   Directeur d'école honoraire
1953 1958 Pierre Mendès France radical Avocat
1935 1939 Pierre Mendès France radical Avocat
Toutes les données ne sont pas encore connues.

[modifier] Démographie

[modifier] Évolution démographique

D’après le recensement Insee de 2007, Louviers compte 18 120 habitants (soit une stagnation par rapport à 1999). La commune occupe le 500e rang au niveau national, alors qu'elle était au 474e en 1999, et le 3e au niveau départemental sur 675 communes.

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués à Louviers depuis 1793. Le maximum de la population a été atteint 1982 avec 19 000 habitants.

1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
9 520 6 819 8 472 9 892 9 885 9 927 9 998 10 295 10 577
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
10 611 10 841 11 707 11 360 10 973 10 753 10 553 9 979 10 199
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
10 219 10 302 10 209 10 345 10 340 10 357 10 239 9 624 10 746
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 -
13 160 15 326 18 333 19 000 18 658 18 328 18 259 18 120 -
Sources : base Cassini de l'EHESS pour les nombres retenus jusqu'en 1962[11], base Insee à partir de 1968 (population sans doubles comptes puis population municipale à partir de 2006)[12],[13]

[modifier] Pyramide des âges

La population de la commune est relativement âgée. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (22,3 %) est en effet supérieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (19,8 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (53,5 %) est supérieur au taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 46,5 % d’hommes (0 à 14 ans = 20,1 %, 15 à 29 ans = 22,5 %, 30 à 44 ans = 21 %, 45 à 59 ans = 17,8 %, plus de 60 ans = 18,7 %) ;
  • 53,5 % de femmes (0 à 14 ans = 18,7 %, 15 à 29 ans = 20,4 %, 30 à 44 ans = 18,7 %, 45 à 59 ans = 16,7 %, plus de 60 ans = 25,6 %).
Pyramide des âges à Louviers en 2007 en pourcentage[14]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,6 
90  ans ou +
1,5 
5,7 
75 à 89 ans
10,5 
12,4 
60 à 74 ans
13,6 
17,8 
45 à 59 ans
16,7 
21,0 
30 à 44 ans
18,7 
22,5 
15 à 29 ans
20,4 
20,1 
0 à 14 ans
18,7 
Pyramide des âges du département de l'Eure en 2007 en pourcentage[15]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,3 
90  ans ou +
1,0 
5,2 
75 à 89 ans
8,1 
12,1 
60 à 74 ans
12,8 
21,5 
45 à 59 ans
20,7 
21,5 
30 à 44 ans
20,9 
18,4 
15 à 29 ans
17,1 
21,1 
0 à 14 ans
19,5 

[modifier] Patrimoine

Le patrimoine lovérien a fortement souffert des destructions de la Seconde Guerre mondiale. Malgré tout, certaines maisons ont subsisté, notamment un magnifique hôtel particulier du XVIIIe siècle où Napoléon III a passé quelque temps.

[modifier] Patrimoine religieux

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

[modifier] Patrimoine civil

[modifier] Patrimoine industriel

Moulin de Louviers
  • Usine de Jean-Baptiste Decrétot, en centre ville : première installation industrielle textile fondée vers 1780. Le site relaté dans les voyages en France d'Arthur Young tombe malheureusement en ruines, faute de restauration ;
  • Usine Jeuffrain et usine Vandevoorde qui témoignent du riche passé de l'industrie textile du drap de Louviers ;
  • Moulin de Bigard, situé rue des anciens combattants d'Afrique du Nord (anciennement 4 rue de la gare) sur le bras de Bigars de l'Eure : successivement moulin à tan au XVIIIe siècle, moulin à foulon (coton) en l'an XIII, filature de drap Jourdain-Ribouleau en 1824 (visitée par le prince Louis-Napoléon en 1849 et reconstruite après incendie en 1856), grand moulin à blé (minoterie) de la famille Lair en 1890 (actionnée par roue à aube métallique, puis par électricité), usine vétérinaire en 1962 puis enfin espace culturel municipal en 1978 ;
  • Médiathèque, ancienne usine drapière à vapeur faite de briques, de bois et de poutres métalliques. Le toit à dents de scie prouve son rôle précédent. La manufacture se compose de deux parties : la cheminée et les métiers à tisser puis le logement des ouvriers qui logent dans l'usine afin que le patron puisse mieux gérer l'entreprise, le stock de laine et de tissus ;
  • Quand Louviers était dans sa période drapière, elle fournissait des draps royaux en laine de mouton.

[modifier] Économie

Des implantations wisigothiques du VIIIe siècle ont été découvertes grâce à l'archéologie préventive en centre ville et au bord de l'Eure. L'habitat est donc fort ancien du fait de ses fortifications naturelles consistant en sept bras de l'Eure, le plus étroit de ceux-ci mesurant moins d'un mètre.

Jusqu'au XVIIIe siècle, ce sont les tanneurs qui font la richesse de la ville. Les greniers aérés par des ouvertures en anse de paniers témoignent de cette activité dans nombre de maisons. En parallèle, la culture du lin, fréquente dans la région, conduit à une architecture particulière : celles des ateliers familiaux de tissage de la batiste. Pour faire entrer le métier, les maisons peuvent avoir des plafonds de plus de 4 mètres de haut.

À partir du XVIIIe siècle, avec l'importation de la laine des moutons d'Angleterre, c'est le tissage du drap de laine qui enrichit la ville. La plus ancienne usine (établissement industriel se différenciant des ateliers familiaux) a laissé une friche en centre ville restaurée en bourse du travail. La crise du textile, dans les années 1960, met fin à cette activité (7 usines textiles en ville) et Louviers devient une banlieue résidentielle pour des migrations quotidiennes professionnelles vers Rouen ou vers Paris, phénomène accentué par l'arrêt des trains express en gare de Val-de-Reuil.

[modifier] Personnalités

[modifier] Jumelages

[modifier] Annexes

Sur les autres projets Wikimedia :

[modifier] Notes, sources et références

  1. Populations légales 2008 de la commune : Louviers sur le site de l'Insee
  2. François de Beaurepaire (préf. Marcel Baudot), Les Noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, Paris, A. et J. Picard, 1981, 221 p. (ISBN 978-2-7084-0067-2) (OCLC 9675154) (LCCN 82137355), p. 137 
  3. a, b et c François de Beaurepaire, Op. cité.
  4. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, éditions errance 2003. p.300.
  5. Xavier Delamarre, Op. cité. p. 300.
  6. Sources: Annales de Saint-Bertin AD 856 Le Roi Charles fait la paix avec le breton Hérispoé, et fiance à la fille de celui-ci, son fils Louis, auquel il donne le duché du Mans, jusqu’à la route qui conduit de Paris à Tours.
  7. Conférence publié par la Société d'études diverses de Louviers [PDF][1]
  8. Voir : Louviers : Sur la route de l'autogestion Christophe Wargny, éd. Syros, 1976
  9. Source: "La Banque du Blason"
  10. Palmarès 2010 des Villes Internet sur le site officiel de l'association. Consulté le 19/12/2009.
  11. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur site de l'École des hautes études en sciences sociales. Consulté le 20 novembre 2010
  12. Évolution et structure de la population (de 1968 à 2007) sur Insee. Consulté le 20 novembre 2010
  13. Recensement de la population au 1er janvier 2006 sur Insee. Consulté le 20 novembre 2010
  14. Évolution et structure de la population à Louviers en 2007 sur le site de l'Insee. Consulté le 20 novembre 2010
  15. Résultats du recensement de la population de l'Eure en 2007 sur le site de l'Insee. Consulté le 20 novembre 2010
  16. Notice no PA00099471, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  17. Notice no PA00132693, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  18. Notice no PA00099473, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  19. Notice no PA00099472, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  20. Notice no PA27000050, sur la base Mérimée, ministère de la Culture

[modifier] Bibliographie

  • J. Dutens, Description topographique de l'Arrondissement communal de Louviers, An IX (1800), Imprimerie Lanoe à Evreux
  • Paul Dibon, Essai historique sur Louviers, 1836, chez N. Periaux à Rouen
  • Alphonse Levasseur, Louviers, Loviers le Franc : histoire de Louviers des origines à nos jours, 1914, Imprimerie Grateau à Pacy sur Eure (réédition augmentée en 1993 (ISBN 2-86743-181-6))
  • Abbé Delamare, curé d'Incarville, Histoire des rues de Louviers, 1930, Imprimerie de l'Eure à Evreux (réédition fac-similé circa 1980)
  • Abbé Delamare, Louviers le Franc, ses églises, son musée, sd (circa 1930), Imprimerie de l'Eure à Evreux
  • Louis Béquet, L’Histoire de Louviers évoquée par les choses, 1962, Imprimerie Fromentin à Louviers (nombreuses rééditions)
  • Christophe Wargny, Louviers : sur la route de l'autogestion ?, 1976, Syros
  • Robert Dauphin, Louviers, 4 années d'occupation 1940-1944, 1981
  • Jean-Michel Chaplain, La Chambre des tisseurs : Louviers, cité drapière (1680-1840), 1984 (ISBN 2-903528-40-3)
  • Dauphin et Marinier, Les rues de Louviers vous parlent..., 1986
  • Robert Dauphin, La vie quotidienne à Louviers sous l'occupation allemande, in VAN n°40, 1987
  • Collectif, Louviers, 1997, Société d'Études Diverses de Louviers, (ISBN 2-910704-12-2) (réédition mise à jour 2004, (ISBN 2-910704-20-3))
  • Yvette Petit-Decroix et autres, Les Moulins à eau du Pays de Louviers, 2005, Société d'études diverses de Louviers et sa région
  • Collectif, Fermes, manoirs & colombiers du Pays de Louviers, 2008, Société d'études diverses de Louviers et sa région

[modifier] Article connexe

[modifier] Liens externes

Outils personnels
Espaces de noms
Variantes
Actions
Navigation
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils
Autres langues