Louviers

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Louviers
Canaux à Louviers
Canaux à Louviers
Blason de Louviers
Blason
Louviers
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Haute-Normandie
Département Eure
Arrondissement Les Andelys
Canton Louviers-Nord (chef-lieu)
Louviers-Sud (chef-lieu)
Intercommunalité Communauté d'agglomération Seine-Eure
Maire
Mandat
François-Xavier Priollaud
2014-
Code postal 27400
Code commune 27375
Démographie
Gentilé Lovériens
Population
municipale
17 697 hab. (2011)
Densité 654 hab./km2
Population
aire urbaine
42 338 hab.
Géographie
Coordonnées 49° 12′ 58″ N 1° 09′ 59″ E / 49.2161111111, 1.16638888889 ()49° 12′ 58″ Nord 1° 09′ 59″ Est / 49.2161111111, 1.16638888889 ()  
Altitude Min. 11 m – Max. 149 m
Superficie 27,06 km2
Localisation

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Liens
Site web www.ville-louviers.fr

Louviers est une commune française située dans le département de l'Eure et la région Haute-Normandie.

La ville fut chef-lieu de district entre 1790 et 1795, et chef-lieu d'arrondissement de 1800 à 1926.

Devise[modifier | modifier le code]

« Louviers le Franc », nom donné selon la légende par Charles VII en 1441, en référence à la fidélité de la ville pour son roi.

Géographie[modifier | modifier le code]

La ville est traversée par sept bras de l'Eure.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Locos veteres au IXe siècle (Annales de Saint Bertin) ; Loviers en 962-996 ; Lotvers en 1025[1].

La forme Locos veteres « lieu ancien » ainsi que la poétique transposition Locus veris « lieu du printemps » ne sont pas à retenir[2], car elles ne correspondent pas aux formes anciennes romanes et de plus, aucun élément du latin classique n'est attesté dans la toponymie normande.

Albert Dauzat et Charles Rostaing, qui ne citent qu'une seule forme ancienne, Loviers, y ont vu un *Luparia « endroit hanté par les loups », du latin lupus avec le suffixe -aria qui explique les toponymes du type La Louvière et Louvières[3]. Cependant, ils excluent à priori la forme Lotvers, difficilement compatible avec cette hypothèse et négligent le fait que la terminaison -iers peut difficilement être issue de -aria, car l'évolution de la finale aurait dû se faire en -ière comme les autres noms de lieux représentant ce type toponymique.

Par contre, on peut rapprocher Louviers d'autres formations en -viers, communes au nord de la France : Reviers (Basse-Normandie); Grand-Laviers (Picardie) ou Verviers (Belgique)[2].

-viers est un élément issu du celtique uer- / uar-, thème hydronymique au sens probable d'« eau » ou de « rivière » qui a justement été utilisé comme nom de rivière (cf. la Vire, la Vière ou le Var), ainsi que dans le composé Varinna > Varenne, commun en France et le nom du peuple celtique Trévires (Trèves) « les passeurs » de trē-uer-o (cf. vieil irlandais treóir « passage ou lieu de passage d'un cours d'eau »)[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Sur le territoire de Louviers, ont été découvertes des pierres taillées de l'époque paléolithique dont quelques-unes ont été placées dans le musée de la ville, auprès de fragments d'une défense de mammouth trouvée non loin du cimetière[5]. De même, le menhir de la Basse Crémonville, le tombeau néolithique qui en était proche, des armes, vases, outils de pierre ou de bronze recueillis sur le territoire de la ville et de ses alentours témoignent de la présence humaine aux différentes époques de la préhistoire[6].

Époques gauloise et gallo-romaine[modifier | modifier le code]

Peu d'éléments remontant à l'époque gauloise ont été retrouvés à Louviers : une sépulture celtique trouvée en 1863 contre le mur de l'église Notre-Dame, et quelques pièces de monnaies gauloises[6]. L'hypothèse d'un village fortifié gaulois a été formulée mais n'a pas été prouvée[7]. Le Louviers gallo-romain est en revanche mieux connu. Il était peut important car ne figurait pas sur l'Itinéraire d'Antonin, ni dans la Table de Peutinger. Le berceau de Louviers à l'époque gallo-romaine fut probablement sur la colline du Châtel[8],[Note 1].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Église Notre-Dame et sa tour-beffroi.

Sous les Mérovingiens, Louviers eut au moins deux cimetières[8],[Note 2] mais ce n'est qu'à partir du IXe siècle que l'ont peut dater certains événements historiques.

  • Le 10 février 856, le roi Charles II, père du futur Louis II, arrange les fiançailles de son fils avec une fille d'Erispoë, roi de Bretagne, qui lui concède alors le duché du Mans. Déplaisant énormément aux vassaux bretons, cet arrangement est peut-être une des raisons du mécontentement et du complot qui entraînent la mort du roi breton l'année suivante[9]. Le Roi Charles fait la paix avec le breton Hérispoé, et fiance à la fille de celui-ci, son fils Louis, auquel il donne le duché du Mans, jusqu’à la route qui conduit de Paris à Tours.
  • En 965, Richard Ier, duc de Normandie, cède « les églises de Louviers et Pinterville, les pêcheries des moulins de Louviers et quarante sols de rente sur ces moulins » à l'abbaye de Saint-Taurin qu'il vient de fonder à Évreux[10],[Note 3]. C'est la première fois, à la fin de l'époque carolingienne, qu'apparaît le nom de Louviers dans un acte officiel.
  • En 1026, cette donation est confirmée par Richard II.
  • En 1184, les « moulins du roi » brûlent puis sont reconstruits. En 1195, Richard Cœur de Lion confirme la charte de ses prédécesseurs.
  • En 1196, Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion signent la Trêve de Louviers, confirmation écrite de la paix d'Issoudun.
  • En 1197, Richard Cœur de Lion remet Louviers à l'archevêque de Rouen, Gautier de Coutances, afin de recevoir de ce dernier Andeli et de pouvoir édifier Château-Gaillard[11]. À partir de cette date et jusqu'à la Révolution française, les archevêques de Rouen furent comtes de Louviers[Note 4].
  • Au cours des premières années du XIIIe siècle est édifiée l'église Notre-Dame. Dès 1240, elle est terminée dans ses parties essentielles : chœur, nef et transept surmonté d'une tour-lanterne[12].
  • Jusqu'au milieu du XIVe siècle, la prospérité de la ville ne cesse de croître grâce à l'industrie drapière et il est possible que sa population ait alors dépassé les dix mille habitants. Témoignent de cette richesse la construction d'un manoir épiscopal sur le Châtel[Note 5], de maisons de bois et de torchis mais aussi de demeures en pierre pour les maîtres drapiers et marchands riches[12].
  • En 1346 puis en 1356, la ville est de nouveau prise et pillée. Elle est occupée pendant quatre ans jusqu'en 1360. Le 16 mai de cette année, le Prince noir, prononce solennellement, au nom de son père Édouard III, la ratification du traité qui, en échange du quart du royaume de France, rend la liberté à Jean II le Bon, fait prisonnier à Poitiers[13].
  • En 1364, les Lovériens demandent à Charles V l'autorisation de fortifier les remparts[13],[Note 6].
  • De 1379 à 1385, l'église est réparée : les voûtes de la nef sont surélevées et on érige sur le clocher une flèche de cinquante mètres, qui pendant trois siècles, sera sujet d'admiration[Note 7].
  • Le 12 juillet 1380, , le connétable de la garnison, inspectant les murailles vers minuit, trouve un guetteur endormi, et, de colère, lui heurte violemment la tête contre une guérite de bois et le tue.
  • En 1409, les Lovériens reprennent les fortifications, négligées après les victoires de Bertrand Du Guesclin contre les Anglais et ils entreprennent d'édifier au flanc de leur église une tour-beffroi dont le style est plus militaire que religieux[14].
  • En 1418, la ville est assiégée par les Anglais : la lutte fut farouche et la répression sans pitié. La ville fut prise au bout de vingt-six jours (quinze selon les sources anglaises) : 120 bourgeois furent passés au fil de l'épée et les autres n'obtiennent la vie sauve que contre le versement d'une forte rançon (15 000 écus). Il s'ensuivit une occupation de onze ans.
  • En 1429, au mois de décembre, La Hire, compagnon de Jeanne d'Arc reprend la ville. Les Anglais ne pouvant accepter ce fait, investissent la ville en mai 1431 avec douze mille hommes. Le nouveau siège dure près de six mois. La ville capitule le 22 octobre après avoir perdu la plus grande partie de ses défenseurs[15]. Après avoir promis des conditions honorables aux survivants, les Anglais rasent la ville[16].
  • En 1440, la ville est à nouveau libérée et les habitants peuvent la reconstruire. Les Anglais tenteront une dernière fois de prendre la ville en 1441[Note 8]. Cette même année, Charles VII, par une charte datée de Lusignan, exempte les Lovériens à perpétuité de la plupart des impôts royaux, notamment la taille, le plus lourd de tous. La ville reçoit, incorporée dans ses armoiries le titre de « Loviers le Franc » et les habitants obtiennent le droit de porter la lettre L couronnée « en broderie, orfèvrerie et ainsi qu'il leur plaira ». Dans les années 1440, partent de Louviers, où Charles VII établit un temps son quartier général, de nouvelles attaques pour la plupart réussies et qui contribueront à la libération de la Normandie[17].
  • Au XVe siècle, l'industrie du drap dans la ville de Louviers conservait la protection royale par le roi Louis XI, tout comme d'autres villes normandes[18].

Renaissance[modifier | modifier le code]

XVIIe et XVIIIe siècles[modifier | modifier le code]

Au XVIIe siècle, des épidémies de peste frappèrent la ville (1619, 1620, 1624, 1648, 1694) faisant de nombreuses victimes[22].

  • En 1620, les franchises accordées par Charles VII furent supprimées par Louis XIII.
  • En 1681, l'administration royale installa à Louviers une manufacture[Note 9]. Dirigée pendant plus de cinquante ans par François Le Camus, elle redonna à la ville une certaine prospérité à l'activité drapière de la ville. Mais la minutie des règlements de Jean-Baptiste Colbert conduisit Louviers, spécialisé dans les draps de très hautes qualité, à sa voir concurrencé par Elbeuf.

Au XVIIIe siècle, de nombreux fléaux naturels touchèrent la ville : de terribles hivers (1709, 1740, 1776) ; un ouragan (1705) ; des inondations (1740, 1776, 1784) ; de grands incendies (1782, 1783).

  • En 1707, l'établissement de l'impôt du tarif, consistant en le rachat global de la taille par le produit par d'autres redevances, essentiellement celles de l'octroi théoriquement payées par tous fut accueilli par des démonstrations de joie[23].
  • En 1709, loup enragé pénétra dans la ville, mordit quinze personnes dont cinq succombèrent[24].
  • En 1785, une première usine possédant des mécaniques fut installée à Louviers, c'est-à-dire des métiers à filer le coton selon les nouvelles méthodes anglaises[24].

De 1789 à 1945[modifier | modifier le code]

Modérés dans leurs cahiers de doléance, royalistes constitutionnels au temps des deux premières assemblées révolutionnaires, Girondins au début de la Convention, Thermidoriens après l'exécution de Robespierre, les Lovériens firent preuve pendant la Révolution française de modération et suivirent les courants de pensée et d'action qui entraînèrent le pays[25].

Le maintien de la disette sous la Révolution et le fait qu'elle ait empiré sous le Directoire favorisa le ralliement au gouvernement fort et la constitution consulaire fut acceptée à l'unanimité des votants. Le Premier consul visita Louviers le 30 octobre 1802[26]. Il y revint le 1er juin 1810 avec son épouse Marie-Louise et en profita pour visiter les usines de la ville[27]. La ville fut occupée par les Prussiens en 1815.

Les règlements de Colbert ayant conduit les fabricants lovériens à se spécialiser dans les draps d'extrême finesse et la Révolution, peu favorable à la confection et vente d'étoffes de luxe fut à l'origine d'une crise aiguë dans l'industrie lovérienne[28]. Le recours à des procédés nouveaux et l'action d'hommes énergiques dont Guillaume Petit, maire, député et historien de Louviers, permit de maintenir la qualité tout en abaissant les prix. On assista alors à une véritable renaissance de la vielle activité et à une prospérité retrouvée, prospérité qui s'est maintenue jusqu'au milieu du XXe siècle. Ce fut l'époque où Louviers compta le plus d'entreprises et d'ateliers.

Cette nouvelle prospérité se refléta dans de multiples travaux[29].

  • sous la Restauration : suppression des anciens remparts, remplacés par des boulevards plantés ;
  • sous la Monarchie de Juillet : création de la bibliothèque, de la caisse d'épargne, de la première véritable école publique de garçon et restauration de Notre-Dame ;
  • sous le Second Empire : ouverture et pavage des rues, amélioration des écoles, du port, des ponts, de l'éclairage ; importants travaux à l'Hôtel de ville et à l'hospice ; inauguration de la gare de chemin de fer.

Les deux révolutions de 1830 et 1848 passèrent presque inaperçues à Louviers[30].

La gare, dans les années 1920.
La ville était desservie, de 1872 à 1950, par la ligne de Saint-Georges-Motel à Grand-Quevilly, qui permettait de relier Rouen à Orléans.

En 1870, la guerre avec la Prusse fit 16 morts, 13 blessés et 23 prisonniers. La ville fut évacuée au début de mars 1871 puis la vie reprit son cours normal sous la Troisième République. En 1885 fut créée l'école primaire supérieure (devenue collège puis lycée). En 1899, l'électricité éclaira les rues de Louviers. Un théâtre municipal, un musée et diverses sociétés, savantes, sportives, musicales, mutualistes s'épanouirent avant la Première Guerre mondiale[31].

En juin 1940, Louviers a terriblement souffert de bombardements liés au combat de la bataille de France[32]. La ville compta des groupes de résistants dont plusieurs furent arrêtés et déportés. Le 25 août 1944, les Américains puis les Britanniques libérèrent la ville après quelques bombardements. Le 8 octobre 1944, Louviers reçut la visite du général de Gaulle et, le 26 juin 1949, la ville fut décorée de la Croix de Guerre[33].

Histoire récente[modifier | modifier le code]

L'après-guerre fut marquée par la reconstruction de la ville et la création de nouveaux quartiers : Saint-Lubin, Saint-Germain, la Roquette, la Côte de Paris, Saint-Jean[34].

Ville ouvrière, marquée par l'héritage de Pierre Mendès France, Louviers a connu une histoire politique singulière dans la deuxième partie du XXe siècle. Une effervescence politique se traduisit par l'accès à la magistrature municipale, en mars 1965, du docteur Ernest Martin, étiquetté divers gauche mais réunissant dans son sillage une extrême gauche antiautoritaire, avec une liste autogestionnaire allant du PSU aux anarchistes. Les évènements de Mai 68 eurent un retentissement particulier à Louviers, avec la mise en place d'un fonctionnement auto-gestionnaire, avec comités de quartier, politique culturelle avant-gardiste, etc.

La droite gagna les élections municipales en 1969. Pendant huit ans, les débats municipaux furent houleux et en mars 1977, Henri Fromentin reprit les rênes de la commune pour remettre en selle le programme révolutionnaire du docteur Martin[35]. Cet épisode mouvementé de la vie locale aura un retentissement national.

Héraldique[modifier | modifier le code]

blason

Les armes de la ville de Louviers se blasonnent ainsi[36] :

  • Parti, au 1) d'azur à une lettre L majuscule fleuronnée d'argent enfilée dans une couronne ducale d'or, au 2) aussi d'azur à un lion d'or et à la bordure cousue de gueules chargée de douze besants d'argent
  • Remarques :
    • Ces armes datent du XIVe siècle. Elles ont pour origine un signet que l'archevêque de Rouen et comte de Louviers, Philippe d'Alençon, neveu de Philippe VI, accorda en 1368 aux drapiers pour marquer leurs marchandises, afin d'aider au relèvement de la ville. Ce signet reproduisait les armes de la maison d'Alençon, à bordure de gueules chargées de besants d'argent.
    • Le Grand Larousse encyclopédique (1962) donne un blasonnement équivalent, mais avec seulement huit besants d'argent.
    • Malte-Brun, dans la France illustrée (1882) donne un très différent: D'azur, à deux loups passant l'un sur l'autre de sable, au chef d'azur chargé de trois fleurs de lis d'or. Bien que plus « parlant » (Louvier=voie des loups), ce blason est douteux : les loups étant de sable sur azur (émail sur émail, contraire à la règle de contrariété des couleurs).

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Comme toutes les communes de l'ancien canton de Louviers (scindé depuis en canton de Louviers-Nord et canton de Louviers-Sud), Louviers fut rattachée, jusqu'en 1926, à l'ancien arrondissement de Louviers, supprimé à cette occasion et jamais reconstitué.

En 2010, la commune de Louviers a été récompensée par le label « Ville Internet @ »[37].

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2014 François-Xavier Priollaud UMP-UDI-dvd Administrateur de l'Assemblée nationale, Conseiller régional
juin 1995 mars 2014 Franck Martin dvg puis PRG Journaliste
mars 1983 juin 1995 Odile Proust RPR  
mars 1977 mars 1983 Henri Fromentin DVG Imprimeur
mars 1971 mars 1977 Édouard Thiers CD Avocat
1969 mars 1971 Rémy Montagne CD  
mars 1965 1969 Ernest Martin dvg Médecin
1958 mars 1965 André Vincelot   Directeur d'école honoraire
mai 1953 1958 Pierre Mendès France radical Avocat
1939  ? Auguste Fromentin    
mai 1935 1939 Pierre Mendès France radical Avocat
mai 1929 mai 1935 Raoul Thorel radical Entrepreneur de travaux publics
décembre 1919 mai 1929 Julien Lefevre Parti républicain Avocat
1906 décembre 1919 Raoul Thorel radical Entrepreneur de travaux publics
1887 1906 Jules Ernest Thorel Centre Gauche Chef d'entreprise, Sénateur
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 17 697 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements des communes de plus de 10 000 habitants ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[Note 10],[Note 11].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
9 520 6 819 8 472 9 892 9 885 9 927 9 998 10 295 10 577
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
10 611 10 841 11 707 11 360 10 973 10 753 10 553 9 979 10 199
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
10 219 10 302 10 209 10 345 10 340 10 357 10 239 9 624 10 746
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
13 160 15 326 18 333 19 000 18 658 18 328 18 259 17 697 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[38] puis Insee à partir de 2004[39].)
Histogramme de l'évolution démographique


Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement âgée. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (22,3 %) est en effet supérieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (19,8 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (53,5 %) est supérieur au taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 46,5 % d’hommes (0 à 14 ans = 20,1 %, 15 à 29 ans = 22,5 %, 30 à 44 ans = 21 %, 45 à 59 ans = 17,8 %, plus de 60 ans = 18,7 %) ;
  • 53,5 % de femmes (0 à 14 ans = 18,7 %, 15 à 29 ans = 20,4 %, 30 à 44 ans = 18,7 %, 45 à 59 ans = 16,7 %, plus de 60 ans = 25,6 %).
Pyramide des âges à Louviers en 2007 en pourcentage[40]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,6 
90  ans ou +
1,5 
5,7 
75 à 89 ans
10,5 
12,4 
60 à 74 ans
13,6 
17,8 
45 à 59 ans
16,7 
21,0 
30 à 44 ans
18,7 
22,5 
15 à 29 ans
20,4 
20,1 
0 à 14 ans
18,7 
Pyramide des âges du département de l'Eure en 2007 en pourcentage[41]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,3 
90  ans ou +
1,0 
5,2 
75 à 89 ans
8,1 
12,1 
60 à 74 ans
12,8 
21,5 
45 à 59 ans
20,7 
21,5 
30 à 44 ans
20,9 
18,4 
15 à 29 ans
17,1 
21,1 
0 à 14 ans
19,5 

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Le patrimoine lovérien a fortement souffert des destructions de la Seconde Guerre mondiale. Malgré tout, certaines maisons ont subsisté, notamment un magnifique hôtel particulier du XVIIIe siècleNapoléon III a passé quelque temps.

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

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Patrimoine civil[modifier | modifier le code]

Patrimoine industriel[modifier | modifier le code]

Moulin de Louviers.
  • Usine de Jean-Baptiste Decrétot, en centre ville : première installation industrielle textile fondée vers 1780. Le site relaté dans les voyages en France d'Arthur Young tombe malheureusement en ruines, faute de restauration ;
  • Usine Jeuffrain et usine Vandevoorde qui témoignent du riche passé de l'industrie textile du drap de Louviers ;
  • Moulin de Bigard, situé rue des anciens combattants d'Afrique du Nord (anciennement 4 rue de la gare) sur le bras de Bigars de l'Eure : successivement moulin à tan au XVIIIe siècle, moulin à foulon (coton) en l'an XIII, filature de drap Jourdain-Ribouleau en 1824 (visitée par le prince Louis-Napoléon en 1849 et reconstruite après incendie en 1856), grand moulin à blé (minoterie) de la famille Lair en 1890 (actionnée par roue à aube métallique, puis par électricité), usine vétérinaire en 1962 puis enfin espace culturel municipal en 1978 ;
  • Médiathèque, ancienne usine drapière à vapeur faite de briques, de bois et de poutres métalliques. Le toit à dents de scie prouve son rôle précédent. La manufacture se compose de deux parties : la cheminée et les métiers à tisser puis le logement des ouvriers qui logent dans l'usine afin que le patron puisse mieux gérer l'entreprise, le stock de laine et de tissus ;
  • Quand Louviers était dans sa période drapière, elle fournissait des draps royaux en laine de mouton.

Économie[modifier | modifier le code]

Des implantations wisigothiques du VIIIe siècle ont été découvertes grâce à l'archéologie préventive en centre ville et au bord de l'Eure. L'habitat est donc fort ancien du fait de ses fortifications naturelles consistant en sept bras de l'Eure, le plus étroit de ceux-ci mesurant moins d'un mètre.

Jusqu'au XVIIIe siècle, ce sont les tanneurs qui font la richesse de la ville. Les greniers aérés par des ouvertures en anse de paniers témoignent de cette activité dans nombre de maisons. En parallèle, la culture du lin, fréquente dans la région, conduit à une architecture particulière : celles des ateliers familiaux de tissage de la batiste. Pour faire entrer le métier, les maisons peuvent avoir des plafonds de plus de quatre mètres de haut.

À partir du XVIIIe siècle, avec l'importation de la laine des moutons d'Angleterre, c'est le tissage du drap de laine qui enrichit la ville. La plus ancienne usine (établissement industriel se différenciant des ateliers familiaux) a laissé une friche en centre ville restaurée en bourse du travail. La crise du textile, dans les années 1960, met fin à cette activité (sept usines textiles en ville) et Louviers devient une banlieue résidentielle pour des migrations quotidiennes professionnelles vers Rouen ou vers Paris, phénomène accentué par la création de la gare de Val-de-Reuil desservie par des trains express.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cette colline était alors plus dégagée et paraissait plus haute, entourée à l'est par une profonde dépression de la vallée, au nord et au sud par les ravines, et à l'ouest par le terrain actuellement occupé par l'hôtel de ville.
  2. L'un à l'emplacement de la rue du Mûrier, l'autre, sur le Châtel autour de de l'église Saint-Martin.
  3. La donation n'est pas datée mais cette date est souvent donnée.
  4. Un des ces comtes de Louviers sera élu pape en 1342 sous le nom de Clément VI.
  5. La rue du Châtel s'est longtemps appelé le chemin de l'Archvesque.
  6. La première pierre fut posée le 10 novembre 1366.
  7. Un ouragan la détruira en 1705.
  8. Leur plan est déjoué par Louis de Bigars et les assaillants sont massacrés. Le nom de la Rue Massacre serait dû à ce fait d'armes.
  9. Elle était située dans l'actuelle rue du Maréchal-Foch et dans la rue de l'Île mais les bâtiments restants furent détruits en 1940.
  10. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  11. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. François de Beaurepaire (préf. Marcel Baudot), Les Noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, Paris, A. et J. Picard,‎ 1981, 221 p. (ISBN 978-2-7084-0067-2, OCLC 9675154, LCCN 82137355), p. 137
  2. a et b François de Beaurepaire, Op. cité.
  3. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud,‎ 1979 (ISBN 2-85023-076-6), p. 380a
  4. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, éditions errance 2003. p. 300.
  5. Béquet 1978, p. 9
  6. a et b Béquet 1978, p. 10
  7. Guillaume Petit, Histoire de Louviers, 1877.
  8. a et b Béquet 1978, p. 11
  9. Annales de Saint-Bertin AD 856.
  10. Béquet 1978, p. 12
  11. Béquet 1978, p. 13
  12. a et b Béquet 1978, p. 14
  13. a et b Béquet 1978, p. 15
  14. Béquet 1978, p. 15-16
  15. Béquet 1978, p. 16
  16. Béquet 1978, p. 17
  17. Béquet 1978, p. 18
  18. Lettres patentes de Louis XI, Tours, le 11 novembre 1479, Lettres concernant les marchands drapiers, [lire en ligne]
  19. Béquet 1978, p. 20
  20. Béquet 1978, p. 21
  21. Béquet 1978, p. 42
  22. Béquet 1978, p. 24
  23. Béquet 1978, p. 26
  24. a et b Béquet 1978, p. 43
  25. Béquet 1978, p. 28
  26. Le Journal de Rouen, 2 novembre 1802
  27. Béquet 1978, p. 29
  28. Béquet 1978, p. 30
  29. Béquet 1978, p. 31-32
  30. Béquet 1978, p. 32
  31. Béquet 1978, p. 32-33
  32. Conférence publié par la Société d'études diverses de Louviers [PDF][1].
  33. Béquet 1978, p. 35
  34. Béquet 1978, p. 36
  35. Christophe Wargny, Louviers : Sur la route de l'autogestion,  éd. Syros, 1976.
  36. Source: "La Banque du Blason"
  37. Palmarès 2010 des Villes Internet sur le site officiel de l'association. Consulté le 19/12/2009.
  38. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  39. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  40. « Évolution et structure de la population à Louviers en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 20 novembre 2010)
  41. « Résultats du recensement de la population de l'Eure en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 20 novembre 2010)
  42. « Notice no PA00099471 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  43. « Notice no PA00132693 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  44. « Notice no PA00099473 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  45. « Notice no PA00099472 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  46. « Notice no PA27000050 », base Mérimée, ministère français de la Culture

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J. Dutens, Description topographique de l'Arrondissement communal de Louviers, An IX (1800), Imprimerie Lanoe à Évreux
  • Paul Dibon, Essai historique sur Louviers, 1836, chez N. Periaux à Rouen
  • Alphonse Levasseur, Louviers, Loviers le Franc : histoire de Louviers des origines à nos jours, 1914, Imprimerie Grateau à Pacy-sur-Eure (réédition augmentée en 1993 (ISBN 2-86743-181-6))
  • Abbé Delamare, curé d'Incarville, Histoire des rues de Louviers, 1930, Imprimerie de l'Eure à Évreux (réédition fac-similé circa 1980)
  • Abbé Delamare, Louviers le Franc, ses églises, son musée, sd (circa 1930), Imprimerie de l'Eure à Évreux
  • Louis Béquet, L’Histoire de Louviers évoquée par les choses, Imprimerie Fromentin à Louviers,‎ 1978, 3e éd. (1re éd. 1962)
  • Christophe Wargny, Louviers : sur la route de l'autogestion ?, 1976, Syros
  • Robert Dauphin, Louviers, 4 années d'occupation 1940-1944, 1981
  • Jean-Michel Chaplain, La Chambre des tisseurs : Louviers, cité drapière (1680-1840), 1984 (ISBN 2-903528-40-3)
  • Dauphin et Marinier, Les Rues de Louviers vous parlent..., 1986
  • Robert Dauphin, La Vie quotidienne à Louviers sous l'occupation allemande, in VAN no 40, 1987
  • Collectif, Louviers, 1997, Société d'Études Diverses de Louviers, (ISBN 2-910704-12-2) (réédition mise à jour 2004, (ISBN 2-910704-20-3))
  • Yvette Petit-Decroix et autres, Les Moulins à eau du Pays de Louviers, 2005, Société d'études diverses de Louviers et sa région
  • Collectif, Fermes, manoirs & colombiers du Pays de Louviers, 2008, Société d'études diverses de Louviers et sa région

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]