Forges-les-Eaux

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Forges-les-Eaux
Maison d'angle à Forges-les-Eaux
Maison d'angle à Forges-les-Eaux
Blason de Forges-les-Eaux
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Haute-Normandie
Département Seine-Maritime
Arrondissement Arrondissement de Dieppe
Canton Canton de Forges-les-Eaux (chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes du Canton de Forges-les-Eaux
Maire
Mandat
Michel Lejeune
2014-2020
Code postal 76440
Code commune 76276
Démographie
Population
municipale
3 502 hab. (2011)
Densité 671 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 36′ 48″ N 1° 32′ 44″ E / 49.6133333333, 1.5455555555649° 36′ 48″ Nord 1° 32′ 44″ Est / 49.6133333333, 1.54555555556  
Altitude Min. 124 m – Max. 171 m
Superficie 5,22 km2
Localisation

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Forges-les-Eaux

Forges-les-Eaux est une commune française, située dans le département de la Seine-Maritime en région Haute-Normandie, célèbre pour son casino. Les habitants de Forges-les-Eaux s'appellent les Forgions.

La législation sur les maisons de jeux a longtemps empêché qu'elles soient trop près de Paris (d'où Deauville) avec cependant une tolérance pour les stations thermales. Le casino de Forges-les-Eaux est donc celui où l'on joue à la roulette le plus proche de Paris à part Enghien-les-Bains.

C'est aussi l'unique station thermale de toute la région de Haute-Normandie.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune est traversée par l'Andelle. Elle abrite également plusieurs lacs, alimentés par ladite rivière. Au nord-est de la ville se trouve le bois de l'Épinay, qui abrite quelques lieux connus des habitants (notamment la source de La Chevrette, l'une des 4 sources de la ville), et qui est le théâtre annuel d'un concours de chiens de traineaux. Au nord de la ville près de Serqueux débute sur l'ancien tracé de la voie ferrée l'Avenue Verte, une piste cyclable qui s'arrête au sud de Dieppe.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1631, Louis XIII buvait de l'eau de Forges. Une cure sur place lui fut cependant recommandée. Il arriva à Forges le 15 juin 1633, Anne d'Autriche et Richelieu le rejoignant quelques jours plus tard. Ils logèrent dans la maison d'un gentilhomme verrier, Vincent Le Vaillant. La cour royale et ses artistes allaient ainsi goûter les eaux "claires, lumineuses et bienfaisantes". La Grande Mademoiselle, Mademoiselle de Montpensier, nièce de Louis XIII contribua elle aussi à la renommée de Forges. Entre 1656 et 1681, elle effectua de très nombreuses visites, soignant ainsi ses maux de gorge. Sa présence entraîna la fréquentation de la ville thermale par la Cour et la haute bourgeoisie. La vie quotidienne de ces "buveurs d'eau" était rythmée de fêtes, spectacles et jeux et ceux-ci prirent une place prépondérante sous le règne de Louis XVI. D'illustres personnages dont le duc de Saint-Simon, Voltaire, Marivaux, Buffon ont participé à la renommée de Forges-les-Eaux.

Pendant la Révolution, la ville de Forges-les-Eaux était privilégiée par les émigrés. Sous couvert de prendre les eaux, ceux-ci passaient en Angleterre par le biais d’une organisation clandestine tandis que la municipalité complice leur délivrait de faux certificats de résidence[1]. Pâris, l’assassin royaliste de Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau, courut s’y réfugier une fois son forfait commis, avant de s’y suicider, le 31 janvier 1793, d’une balle dans la tête, lorsqu’il se vit sur le point d’être arrêté.

En 1797, Christophe Potter s'associe avec son bras droit, George Wood et finance l'installation d'une faïencerie "façon d'Angleterre". Cette manufacture emploie dès l'année suivante une quarantaine de personnes et contribuera à asseoir la renommée de Forges-Les-Eaux au-delà du département[2])

Forges-les-Eaux fut en outre le siège du premier concours beurrier de France, en 1906. Organisé par la Société centrale d'agriculture de Seine-Inférieure, sur le modèle des concours britanniques, celui-ci se déroula sous la halle au beurre du 31 mai au 4 juin. Il avait pour but d'améliorer les performances laitières et beurrières de la race normande élevée notamment dans le pays de Bray. Pour la petite histoire, la gagnante du concours en première catégorie fut la vache « Princesse » appartenant à un éleveur de Thil-Riberpré qui produisit 3,105 kg de beurre pendant le concours et reçut une prime de 300 F. À la suite de ce concours, un syndicat de contrôle laitier fut mis en place dans le pays de Bray.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Forges-les-Eaux

Les armes de la commune de Forges-les-Eaux se blasonnent ainsi :
de gueules à la fasce d’or chargée d’une enclume de sable, accompagnée de douze marteaux d’argent posés en fasce et ordonnés 2,2,2 en quinconce, 6 en chef, 6 en pointe.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
    Jean Baptiste Gambu    
    Antoine Crespin    
    Decaux    
    Etienne alexandre eléonor Herbel    
1881   François thomas Guignant    
    Antoine Désiré Gosset   Officier d'Académie
    Joachim Marie Cuel   Officier du Mérite Agricole
    Marcel Lemarié    
1936   Jules Lefebvre    
    Albert Digeon    
    G. Duquesne    
1963   Jean Metadier    
    André Bertrand    
  1995 Pierre Blot    
1995 en cours Michel Lejeune UMP  
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 3 502 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 200 1 070 1 149 1 258 1 455 1 500 1 653 1 637 1 592
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 510 1 625 1 739 1 659 1 684 1 706 1 776 1 867 1 849
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 956 1 975 2 056 2 176 2 196 2 289 2 369 2 870 2 836
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
2 914 2 974 3 211 3 611 3 376 3 465 3 542 3 502 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Calvaire route de Neufchâtel, construit en 1944 d'après les plans de l'architecte Pierre Chirol (1881-1953)
  • Casino
  • Porte du pavillon de chasse de Madame de Maintenon venant de Versailles
  • Porte du couvent des Carmélites de Gisors. Ces deux portes furent déplacées par Jacques Hébertot, alors propriétaire du casino.
  • Grange dans le bois de l'Épinay, datant du XVII siècle.
  • 4 Sources thermales, dont 3 dans le jardin du Grand Casino.
  • Statue en bronze de Richelieu dans ledit jardin.
  • Statue en bronze "Les Trois Grâces" au lac.
  • Gare thermale.
  • Espace Jean Bauchet
  • Église Saint-Éloi
  • Piscine Hugues Duboscq

Activités associatives, festives, culturelles, touristiques et sportives[modifier | modifier le code]

La commune est classée « trois fleurs » au Concours des villes et villages fleuris.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Louis-Henri Brévière (1797-1869), graveur.
  • Christophe Potter (1751-1817) : Homme politique britannique, chef d'entreprise français, agent secret. Il s'associe et finance l'installation de la manufacture de Forges et place George Wood à la direction. Après sa mort survenue en Angleterre en 1817, son fils ainé Thomas Mills Potter héritera de ses actions dans la manufacture de faïence anglaise, puis vers 1818, après le décès de Thomas, le cadet, George Charles Potter, héritera à son tour de ces actions. Une profonde amitié liait Madame Wood-Ledoux à George Charles Potter. Aussi, lors du mariage de ce dernier en Angleterre en 1820, elle n'hésita pas à faire le déplacement afin d'être témoin[5].
  • George Wood (1754 ou 1755- 1811) : faïencier britannique, fondateur d'une manufacture à Forges-les-Eaux. Époux d'Isabelle Bagnall, fille d'un faïencier, M. Samson Bagnall. Celui-ci, venu d'Angleterre, travailla d'abord à Paris (en 1793 comme faïencier), puis à Chantilly, où George Wood travailla aussi à la manufacture de porcelaine. Les Britanniques, une fois en France, se retrouvaient dans des faïenceries qui recherchaient leur savoir-faire (Douai, Chantilly, Creil, Forges-les-Eaux par exemple) À la mort de George Wood, sa veuve, Isabelle née Bagnall, ne peut diriger seule la faïencerie, de plus, elle a neuf enfants à charge. C'est Pierre Ledoux, (à noter un Philippe Ledoux fut témoin au mariage d'une des filles du couple Wood en 1827 : Antoinette Wood avec Étienne Herbel, notaire royal) qui reprend la direction de l'établissement. La jeune veuve et M. Ledoux se marièrent quelque temps plus tard et eurent des enfants ensemble. Des objets en faïence et du mobilier ayant appartenu à ces Bagnall sont exposés au musée de Creil[6].
  • L'abbé Nicolas, Napoléon Feret, né à Esteville le 12 avril 1806 : il fut à l'origine de l'édification de l'église actuelle. Il mourut le 28 février 1878 avant la fin de la construction de l'église.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. La Revue des deux mondes, nos 1-4, La Revue, 1953, p. 490.
  2. Patrice Valfré, C. Potter, le potier révolutionnaire et ses manufactures de Paris, Chantilly, Montereau..., Bagneaux sur Loing, 2012, p. 281-283.
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  5. Patrice Valfré, C. Potter le potier révolutionnaire et ses manufactures de Paris, Chantilly, Montereau.., Bagneaux sur Loing 2012, p. 281-283.
  6. Amis du musée Gallé-Juillet et de la faïence de Creil et site GeneaNet

Ouvrages[modifier | modifier le code]