Avranches

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Avranches

Place Patton
Place Patton

Armoiries
Administration
Pays France
Région Basse-Normandie
Département Manche
Arrondissement Avranches (chef-lieu)
Canton Avranches (chef-lieu)
Code Insee abr. 50025
Code postal 50300
Maire
Mandat en cours
Guénhaël Huet
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes du canton d'Avranches
Site internet www.ville-avranches.fr
Démographie
Population 8 239 hab. (2006)
Densité 1 831 hab./km²
Géographie
Coordonnées
géographiques
48° 41′ 06″ Nord
         1° 21′ 20″ Ouest
/ 48.685, -1.355556
Altitudes mini. 7 m — maxi. 108 m
Superficie 4,50 km²

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Avranches (prononcer /avʁɑ̃ʃ/ ou mieux /avɾɑ̃ʃ/) est une commune française située dans le département de la Manche en région Basse-Normandie.

Sommaire

[modifier] Géographie

Perspective sur la Sée et le Mont Saint-Michel

La ville d'Avranches se situe sur le littoral sud du département de la Manche. Elle est bâtie sur une colline face à la baie du Mont-Saint-Michel. Elle a donné son nom à ses alentours, le pays de l'Avranchin.

Elle est limitrophe des communes de Marcey-les-Grèves, Saint-Jean-de-la-Haize, Ponts, Saint-Senier-sous-Avranches, Saint-Martin-des-Champs (Manche), Le Val-Saint-Père.

[modifier] Histoire

[modifier] Toponymie

Avranches vient du nom du peuple celte des Abrincates (en latin Abrincatui : formé du mot "aber" : estuaire et "catui" : guerriers ; ce qui fait des Abrincates "les guerriers des estuaires") ; la zone littorale que ces Gaulois Abrincates occupent est désignée par le nom Ingena[1]. La ville gallo-romaine est appelée Legedia avant de perdre cette appellation à la fin du Bas-Empire au profit du nom Abrinca issu du peuple dont elle est la capitale ; ce phénomène peut être observé pour de nombreux autres cas : Nantes, Poitiers, Paris, etc.).

[modifier] Eléments historiques

  • Antiquité

Le peuple des Abrincates est mentionné très tradivement dans les sources antiques. Pline l'Ancien nomme ce peule Abrincatui au premier siècle de notre ère[2]. En revanche, un siècle plus tôt, Jules César, dans La Guerre des Gaules, mentionne une tribu celte, les Ambibarii[3], dans le sud de l'actuel département de la Manche.

L'étude archéologique de la ville d'Avranches, menée depuis plus de trente années par l'archéologue Daniel Levalet, laisse apparaître qu'Avranches est bel et bien une création romaine consécutive la conquête de César et, plus particulièrement, à la célèbre bataille remportée par Quintus Titurius Sabinus sur Viridovix, chef gaulois à la tête de la coalition des tribus celtes d'Armorique, en 56 avant J.C.. Certains historiens pensent que cette fameuse bataille eut lieu sur la communne du Petit-Celland, au lieu dit le Chatellier[4] ; cet oppidum fut fouillé en 1938 et 1939 par Sir Mortimer Wheeler[5], célèbre archéologue britannique. Ces fouilles ont livré la preuve d'une occupation gauloise du site et d'un incendie qui occasionna son abandon. Cette fortification de l'Âge du Fer était ceinte d'un murus gallicus. Toutefois, l'archéologue britannique Colin Wells formule de sérieux doutes concernant le déroulement de cette bataille au Petit-Celland. S'il est d'accord pour faire du camp du Chatellier l'oppidum principal des Abrincates, il est convaincu que le lieu du combat entre Quintus Titurius Sabinus et Viridovix reste à découvrir[6].

La conquête romaine se traduit par la création d'une agglomération nouvelle sur le site actuel d'Avranches : Cette ville porte le nom de Legedia comme l'indique la table de Peutinger. A la fin du IIIe siècle, vers 280, Legedia fut détruite par les pirates saxons qui déferlent alors sur les rivages septentrionaux de l'Empire Romain. Au IVe siècle, la ville accueille un préfet militaire qui dirige une garnison de cavaliers Dalmates, sans doute contonnée sur la côte, probablement sur le site du Grand Dick[7], au lieu-dit "le Camp" sur la commune de Vains. Ainsi Avranches participe à la mise en oeuvre du Litus Saxonicum, système défensif côtier du bas-Empire contre les incursions saxonnes.

  • Haut Moyen Âge

A la fin du Ve siècle, Avranches devient le siège d'un évêché [8]. D’après la liste dressée au XIIe siècle par Robert de Torigni, alors abbé du Mont Saint-Michel, vingt prélats se succèdent entre la fin du Ve siècle et l’an Mil. Malheureusement cette liste semble parfois douteuse à l’image du contexte si obscur du Haut Moyen Âge. Parmi ces évêques, certains semblent purement "légendaires" comme Léontius, qui inaugure la liste, ou Théodovic qui aurait accueilli Charlemagne (rien ne prouve que l’empereur soit vraiment venu à Avranches ). En revanche, l’existence de certains autres est avérée en raison de leur présence lors de conciles tenus à Orléans, Tours, Reims ou Soissons ; c’est le cas de Népus, attesté en 511. Et puis quelques-uns sont entrés dans l’Histoire pour diverses raisons, comme Pair qui, venu du Poitou pour évangéliser la région et présent en 557 au concile de Paris, fonde les monastères d’Astériac (entre Couesnon et Sélune) et de SessiacSaint-Pair-sur-Mer). Au VIIe siècle, vient Ragestranus chargé par l’archevêque de Rouen d’affirmer la frontière religieuse de son diocèse face aux ambitions du clergé de Dol. Son successeur, Aubert, 12ème de la liste, est sans aucun doute le plus célèbre des évêques d’Avranches : il est l’instigateur du premier sanctuaire à l’origine du Mont Saint-Michel, après en avoir reçu l’ordre de l’Archange venu le visiter [9]. Puis, il faut attendre l’an 990 pour qu’apparaisse Norgod, attesté par des sources historiques indiscutables. Certains évêques dont saint Pair, ou encore ses successeurs saint Senier et saint Sever, ont donné leurs noms aux paroisses homonymes.

  • Les incursions scandinaves

Dans le contexte troublé des incursions vikings, du milieu du IXe siècle à 933, l'ouest de l'actuelle Basse-Normandie passe sous domination bretonne sans que l'on sache vraiment ce qu'il advint de ce territoire. Seule certitude, plus aucun évêque n'est mentionné à Avranches au cours de cette période ; il est probable que les évêques du diocèse voisin de Dol de Bretagne aient purement et simplement annexé l'Avranchin.

  • Epoque Ducale (933-1204)

Un évêque normand, nommé Norgod, apparaît dans les sources vers 990 ; il est installé par le duc de Normandie Richard Ier. Simultanément, un comte est placé à la tête d'Avranches et de sa région. Mentionné dans quatre chartes du début du XIe siècle, Robert est en quelque sorte le premier « homme politique » connu et attesté par des actes officiels. Il porte le titre de comte et contrôle un territoire dont les contours demeurent assez flous ; seules certitudes : toutes les terres qu’il offre, usurpe ou occupe sont situées entre le littoral de la baie du Mont-Saint-Michel et le Mortainais, et tous ces actes indiquent son omniprésence politique entre 1015 et 1025. Dans la plus ancienne de ces chartes, rédigée vers 1015, Robert donne aux moines du Mont Saint-Michel une propriété du nom de « Thesiacum ». Comme la coutume le veut alors, le document précise que Robert concède ce bien pour le salut de son âme, celui des âmes de ses deux épouses (l’une vivante, Asceline, et l’autre décédée, Billehilde) et de ses trois fils, Guillaume, Robert et enfin Richard qui succéda à son père en devenant le deuxième comte d’Avranches. Parmi les co-souscripteurs de ce document très officiel, figure l’évêque d’Avranches Norgod mais aussi une série de témoins dont les noms fleurent bon l’époque romane : Geraldus, Radulfus, Erembertus, Gauterius, Petrus, Niellus, Drogo, Hasgerius, Griphus, Garmundus, Hutbertus, Gosfridus, Osmundus et Rainaldus. La terre de Thesiacum est facilement localisable : il s'agit d'un petit hameau situé sur la commune de Dragey et aujourd'hui appelé Tissey ; jusqu’à la Révolution, ce village dépendait de la baronnie de Genêts tenue par les moines du Mont.

Trois comtes se succédèrent à Avranches dans la première moitié du XIe siècle[10] : Robert, suivi de son fils Richard, lui-même remplacé par son cousin Guillaume Guerlenc. C'est certainement dans ce contexte de cette prise en main normande des limites occidentales des anciennes frontières de la province ecclésiastique de Rouen que le donjon d'Avranches fut édifié[11] Mais, visiblement, ces comtes étaient assez remuants et attirèrent sur eux les foudres de leur duc ; Richard d'Avranches fut contraint de s'exiler, à la façon scandinave, pour ses écarts et notamment pour avoir usurpé deux domaines appartenants à l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire[12]. Après la bataille de Val-ès-Dunes, en 1047, Guillaume le Batard transfert de siège comtal d'Avranches vers Mortain. L'objectif du duc est clair : ces premiers comtes ont de fortes ambitions et pourraient être tentés de faire passer leurs propres intérêts avant ceux du duché de Normandie, alors en pleine constitution. Pour éviter que ce comté d’Avranches ne mute en principauté, Avranches est rabaissé au rang de vicomté. Guillaume Guerlenc reste cependant comte et apparaît alors dans les sources avec le titre de comte de Mortain. Cependant, peu après, vers 1050, Guerlenc tombe en disgrace. Bannipar le duc, il est aussitôt remplacé par un nouveau comte, le demi-frère de Guillaume : Robert de Mortain. C’est alors qu’entre en scène la famille Goz. Vers 1055, Richard Goz est choisi afin de diriger la vicomté d’Avranches. Une nouvelle ère de stabilité et de coopération avec le pouvoir ducal s’ouvre. Le duc Guillaume trouve en cet homme un véritable « serviteur de la cause ducale » qui remplit à merveille son rôle de fonctionnaire du duché. Richard assura aussi, après la Conquête de l’Angleterre à laquelle il participa, le commandement du château de Saint-James. Richard, de pure ascendance nordique était le fils de Turstain Goz, vicomte de Hiesmois, et petit-fils de Ansfrid le Danois. Et, preuve de ses liens étroits avec la famille ducale, il épousa Emma de Conteville, demi-sœur du Conquérant. De cette union naquit Hugues qui prit la suite de son père à la tête de la vicomté d’Avranches.

Hugues le Loup encore appelé Hugues d'Avranches, fils de Richard Goz, apparaît dans les textes en 1065 lorsqu’il fonde l’abbaye de Saint-Sever. Après la Conquête de l’Angleterre, en 1066, pour avoir fourni soixante navires au duc Guillaume, il obtint du nouveau monarque le comté de Chester, l’un des plus stratégiques d’Angleterre. Ce domaine royal avait en effet la particularité de se situer au contact du pays de Galles alors agité par des révoltes. Assumant pleinement son rôle de représentant du pouvoir anglo-normand, Hugues réprima avec une grande cruauté les agissements de ses turbulents voisins. Devenu le gardien des frontières nord-ouest du royaume, sa fortune immense le propulsa au sommet de l’aristocratie anglo-normande et lui permit de déployer à sa cour un faste hors du commun, digne d’un grand prince. Orderic Vital, moine de Saint-Evroult, n’hésita pas à dresser un portrait sans concession du comte : « soldat capable et dur », il apparaît comme un des plus sanguinaires barons normands ! Sa cruauté s’exerça non seulement sur ses ennemis, qu’il faisait mutiler ou torturer, mais aussi, parfois, sur ses paysans voire certains membres de sa famille. Orderic le dit également « plus chasseur qu’ami des moines », « adonné à la gloutonnerie et énormément gras », « père de nombreux bâtards ». En 1101, devenu impotent et voyant sa fin proche, il prit l’habit bénédictin de l’abbaye Sainte-Walburge à Chester dont il avait été le bâtisseur. Trois jours plus tard, le 27 juillet, il mourait.

  • Des intellectuels italiens à Avranches

Les liens entre la Normandie et l’Italie sont à la fois multiples et précoces. Au commencement du XIe siècle, si des chevaliers normands quittent la région à la recherche de nouveaux profits en Méditerranée (c'est peut-être le cas des deux fils aînés de Robert 1er comte d'Avranches), plusieurs clercs italiens arrivent en Normandie afin d’en assurer le renouveau spirituel et intellectuel. À la suite de Guillaume de Volpiano, réformateur du monachisme normand, de nombreux clercs italiens arrivèrent en Normandie dès les premières années du XIe siècle. Vers 1027, ce furent ses disciples qui réformèrent la vie religieuse à l'abbaye du Mont Saint-Michel : l'italien Suppo (de 1027-1048) joua un rôle capital dans la construction de l'abbatiale romane et dans le développement de la bibliothèque et du scriptorium. Lanfranc de Pavie, clerc et juriste italien formé à Bologne, se rend à Avranches en 1039. Peut-être venu retrouver son compatriote Suppo, alors abbé du Mont Saint-Michel, il enseigne jusqu’en 1042 à l'école épiscopale d'Avranches. Le passage de Lanfranc à Avranches marque, au sein de l’évêché, la naissance d’un foyer intellectuel nécessaire à la bonne instruction des futurs évêques et du clergé du diocèse. C’est encore Lanfranc, très proche ami du duc, qui plaida en 1049 la cause de Guillaume et Mathilde, dans le différent lié au mariage de ces derniers, face au pape Léon IX. Peu de temps après, en 1058, Anselme d’Aoste, originaire du Piémont, séjourne lui aussi à Avranches avant de devenir l’élève de Lanfranc, devenu prieur et écolâtre à l'abbaye du Bec-Hellouin. Sous l’impulsion de ces deux hommes, devenus archevêques de Cantorbéry, la Normandie acquit un rayonnement intellectuel international. De 1069 à 1094, Michel, un autre clerc italien, occupe le siège épiscopal d’Avranches. Présent à plusieurs reprises dans l’entourage proche de Guillaume le Conquérant, lors des événements importants du duché, Michel était réputé pour sa grande instruction.


En 1154, Henri II Plantagenêt, comte d’Anjou, duc de Normandie et d’Aquitaine, devient roi d’Angleterre. La Normandie constitue la clef de voûte d’un vaste domaine territorial qui s’étend de l’Écosse aux Pyrénées. En 1162, afin de restaurer la monarchie, Henri II nomme en toute confiance un de ses proches, Thomas Becket, chancelier d’Angleterre et archevêque de Cantorbéry. Mais, deux ans plus tard, le roi tente de limiter l’autorité de l’Église et Thomas, fidèle à Rome, abandonne ses fonctions politiques et choisit l’exil. Cette dispute véhémente oppose les deux hommes pendant plusieurs années, puis, sur la promesse d’une réconciliation, Thomas rentre en Angleterre ; mais la querelle ne tarde pas à se réveiller. Le roi Henri aurait alors incité quatre chevaliers normands à assassiner l’archevêque dans sa cathédrale de Cantorbéry, le 29 décembre 1170. Ce meurtre secoue l’occident chrétien et le pape Alexandre III n’a d’autre choix que d’excommunier le monarque. Afin de lever l’humiliante sanction, le souverain se soumet à plusieurs pénitences publiques ; l’une d’elles eut lieu à Avranches le 21 mai 1172 : reçu sur le seuil de la cathédrale, le roi déchu fait amende honorable et implore le pardon du pape représenté par Albert et Thédouin, deux légats dépêchés pour l’occasion. D’un point de vue logistique, la pénitence d’Henri II à Avranches génère quelques questions : une escorte nombreuse, peut-être deux cents personnes, devait accompagner le souverain et dû se loger à proximité, établissant un campement ou occupant des demeures existantes. Situé à quelques pas seulement de la cathédrale, le vaste manoir des Subligny (aujourd'hui appelé Doyenné), tenu à l’époque par Foulque Paisnel et son épouse Lesceline, aurait pu permettre d’accueillir le roi et une partie de sa suite. Gilbert de Subligny, le frère de Lesceline, était un proche d’Henri II Plantagenêt et il est tentant de croire que celui-ci puisse avoir séjourné en ce « manoir » lors de son passage à Avranches[13].

  • Avranches ville royale

En Normandie, la fin du XIIe siècle est marqué par la volonté constante des monarques anglo-normands d’unir la Bretagne à leur vaste empire. Ce rêve est à deux doigts d’aboutir puisque Ranulf (Ranulph de Blondeville), comte de Chester, vicomte d’Avranches et de Bayeux, devient duc de Bretagne en 1188, par son mariage avec Constance de Bretagne, l’héritière du duché breton. Mais cette union est de courte durée et la Bretagne recouvre rapidement son indépendance. De son côté, Philippe Auguste, le roi de France, ne pense qu’à subtiliser la Normandie aux Plantagenêt. En 1199, meurt Richard Cœur de Lion, le célèbre souverain du royaume anglo-normand. À la même époque, son neveu Arthur, duc de Bretagne, prête hommage à Philippe Auguste ; furieux de cette alliance, Jean Sans Terre, frère et successeur de Richard, emprisonne Arthur à Rouen avant de la faire assassiner en 1203. C’est alors son beau-père, Guy de Thouars, qui prend les commandes de la Bretagne. Le roi de France, profite de cette nouvelle crise pour convaincre ses vassaux Bretons de l’aider à reconquérir la Normandie occidentale ; en 1204, à la tête de 400 chevaliers et de nombreux fantassins, le duc breton franchit le Couesnon et fait main basse sur l'Avranchin. Le retour du duché de Normandie à l'obédience française, ne se passe pas sans heurts pour Avranches : la cathédrale est saccagée par Guy de Thouars, la ville pillée et les remparts démantelés. La vicomté d’Avranches est arrachée au comte de Chester impuissant ; comme tous les seigneurs anglo-normands refusant de reconnaître l’autorité nouvelle du roi de France, Ranulf perd toutes ses prérogatives et possessions normandes. De 1226 à 1234, l’Angleterre refuse cette annexion forcée et tente de reprendre pied sur le sol normand en exerçant un harcèlement constant depuis les marches de Bretagne en direction des places fortes de Saint-James et Pontorson. Puis, en 1232, saint Louis obtient de la noblesse du Cotentin, et plus particulièrement la famille Paisnel d’Avranches, qu’elle se ligue contre une Bretagne orientale sous domination militaire anglaise. En 1236, afin de verrouiller définitivement ce secteur de Normandie et surtout de se prémunir contre d’éventuelles agressions étrangères, le roi de France rachète la vicomté d’Avranches ; le roi, qui séjourne à deux reprises dans la cité en 1256 et 1269, s'attache à lui redonner l’apparence d’une place forte désormais royale en la dotant de nouveaux remparts entourés de fossés.

  • La Guerre de Cent Ans
  • Epoque moderne
  • Les Guerres de Religion

Avranches fut dévastée par les huguenots en 1562. À la fin du XVIe siècle, l’évêque François Péricard dirigeait la cité avec son frère Odoard qui occupait les fonctions de gouverneur de la place forte. Originaires de Rouen, les frères Péricard appartiennent à la « Sainte Ligue » et font basculer Avranches dans le camp des catholiques qui refuse de reconnaître le roi Henri IV. Entre les mois de novembre 1590 et février 1591, en plein hiver, la ville est assiégée par les troupes royales. Dirigée par le duc de Montpensier, l’artillerie royale bombarde la vieille ville où la population s’est retranchée ; les dommages causés par ce harcèlement sont tels que la capitulation est inévitable. Tandis que son frère quitte la ville, François Péricard conserve ses prérogatives épiscopales et tente de réorganiser son diocèse.

  • La révolte de Nu-pieds, 1639

La production du sel dans la baie du Mont-Saint-Michel remontaient à des temps immémoriaux et les salines, petites entreprises réparties sur tout le littoral, faisaient vivre depuis des siècles une grande partie des populations du littoral de l’Avranchin : les « Nu-pieds ». Si leur activité a hélas laissé peu de traces, ces sauniers sont cependant entrés dans l’Histoire lorsqu’en 1639 ils se révoltèrent contre Richelieu. Sous l’Ancien Régime, l’actuel territoire de la Basse-Normandie n'était pas soumis à la gabelle mais bénéficiait d'un impôt beaucoup plus léger, le quart bouillon : un quart de la production revenait au roi, qui le revendait après l’avoir taxé, les trois quarts restants étaient commercialisés à bon marché par les producteurs puisque dépourvu de taxe. Au XVIIe siècle, la Normandie est l’une des plus riches provinces de France et la royauté, fortement endettée, soumet ce pays à de fortes et régulières contributions. À chaque nouvelle pression fiscale des troubles se produisent en divers points de l’ancien duché. Depuis le mois de janvier 1639, on ne parle plus que d’une chose dans notre région : le quart bouillon doit être définitivement supprimé et remplacé par la gabelle. Au quotidien cette décision est lourde de conséquences : le prix du sel est multiplié par trois et sa vente intégralement contrôlée par les greniers à sel royaux. Toutes les catégories sociales de la population confondues, paysans, laboureurs, sauniers, clercs et nobles, s’agitent un peu plus avant de se soulever avec force au mois de juillet ; le 16 de ce mois, Charles Le Poupinel, officier de justice du roi, est assassiné à Avranches car on pense qu’il porte sur lui l'édit de la gabelle. Des barricades s'élèvent dans les faubourgs de la ville. Les Nu-pieds tiennent le pays, conduits par Jean Quétil, membre de la petite noblesse de l'Avranchin. Rapidement la jacquerie avranchaise prend de l’ampleur et se propage à l’ensemble du territoire bas-normand concerné : Coutances, Saint-Lô, Mortain, Domfront s’enflamment à leur tour. Mais, la répression est impitoyable. L'armée royale envoyée par Richelieu et les troupes en garnison à Avranches, lâchées par le gouverneur Gassion, prennent en tenaille puis massacrent la population. Les meneurs de la révolte sont pendus ou condamnés aux galères. Une centaine d'Avranchinais, sympathisants de la cause, sont bannis. Cependant les Nu-pieds ne sont pas morts pour rien. Richelieu renonce à imposer la gabelle et maintient le privilège du quart bouillon, qui restera en vigueur jusqu'en 1789.


  • Epoque contemporaine
  • la seconde Guerre Mondiale

Dès le lendemain du débarquement allié du 6 juin 1944, sur les côtes de la Manche et du Calvados, Avranches connaît le sort de dizaines de villes normandes. De violents bombardements, ayant pour but de couper la route aux renforts allemands, plongent la ville dans le chaos. Des tracts alliés ont été lâchés au-dessus de la région d’Avranches quelques jours avant le 6 juin, invitant les habitants « à s’éloigner pendant quelques jours » et à « se disperser dans la campagne, autant que possible », mais sans véritablement convaincre la population. Le mercredi 7 juin, vers 14 heures 30, une escadrille de six bombardiers alliés déverse sur Avranches son funeste chargement ; dans l’espace d’une heure trois vagues meurtrières anéantissent plusieurs secteurs de la ville : la gare, la rue Louis Millet, la rue d’Orléans, la vieille ville, la rue des Fontaines Couvertes et d’autres encore sont frappées de plein fouet. Des incendies ravagent la ville en divers points et les pompiers, mal équipés, sont impuissants face à l’ampleur des destructions ; les bombes ont éventré les conduites d’eau et très vite les pompes sont inopérantes. Malgré les renforts des pompiers de Ducey et Sartilly, arrivés vers 22 heures, qui parviennent à acheminer l’eau de la citerne des Halles jusqu’à la place Littré, les flammes se propagent d’immeuble en immeuble, inexorablement. Dans la soirée, les toitures de l’église Notre-Dame-des-Champs sont atteintes par l’incendie des maisons de la rue du jardin des plantes. Immédiatement après les premiers impacts, les secours se sont organisés pour tenter de soigner les blessés. Mais déjà, en fin de journée, on compte plus de 80 victimes civiles. De nouveaux bombardements de produisent les jours suivant augmentant encore un bilan qui ne cessera de s’alourdir jusqu’à la libération d’Avranches à la fin du mois de juillet.

Sources : extraits de la chronique historique "il était une fois" paraissant depuis 2006 dans l'hebdomadaire La Manche Libre.

[modifier] Héraldique

blason

Voici la façon officielle dont se blasonnent les armes d'Avranches : « D’azur, au château ou porte de ville entre deux tours crénelées d’argent, maçonnées de sable, surmontées d’un dauphin d’or posé en fasce, entre deux croissants d’argent aussi en fasce, avec trois fleurs de lis d’or, une en chef et les autres des deux côtés du château ». La porte ou château renvoie au passé militaire de la ville qui, jusqu’au XVIIIe siècle, demeura une place forte importante ; les trois fleurs de lis d’or évoquent la royauté et le rachat de la ville par saint Louis au XIIIe siècle. L’apparition des croissants sur les armes de la ville remonterait aux guerres de religion, sous le règne d’Henri II, et rappellerait l’appartenance d’Avranches à la Ligue, c’est-à-dire au parti catholique. Le poisson visible sur l’écu est un « dauphin versé », selon la terminologie héraldique ; sa présence a été interprétée comme une allusion à la mer toute proche et aux eaux poissonneuses de l’estuaire de la Sée.

Victor Adolphe Malte-Brun rapporte, dans La France illustrée (tome 3, Jules Rouff éditeur, Paris, 1882), deux blasonnements différents pour les armes d'Avranches :

  • « d'azur, au portail de ville d'argent, accosté de deux fleurs de lis d'or, et sommé d'un dauphin d'or surmonté d'ube fleur de lis du même » ;
  • « d'azur, à trois sautoirs alaisés d'argent posés en bande ».

[modifier] Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Parti Qualité
mars 2001 en cours Guénhaël Huet UMP Député
mars 1989 mars 2001 René André RPR Avocat, député
mars 1983 mars 1989 Fernand Le Prieur - -
1953 mars 1983 Léon Jozeau-Marigné RI Avoué, sénateur, président du CG 50
1945 1953 Victor Bindel - -
1944 1945 Edmon Laquère - -
1941 1944 Jean Simonin - -
1923 1941 Alphonse Briand - -
1902 1923 Maurice Chevrel - -
1902 1902 Léon Oberlin - -
1896 1902 Henri d'Aisy - -
1895 1896 Jean Desdouitils - -
1887 1895 Auguste Lenoir - -
1882 1887 Auguste Gautier - -
1881 1882 Gustave Frémin - -
1878 1881 Hippolyte Barbe - -
1861 1878 Victor Sanson - Docteur
1855 1861 Jean Jacques Lahouge - -
1852 1855 Victor Gauquelin - -
1841 1852 Jules Bouvattier - -
1830 1841 Aimé Anatole Olivier - -
1815 1830 Jean Auguste de Belle Etoile du Molet - -
1815 1815 Joseph Frain - Médecin, député, préfet des Ardennes
1810 1815 Jean Auguste de Belle Etoile du Molet - -
1807 1810 Jean Victor Tesnières de Bremesnil - Député, lieutenant général du bailliage d'Avranches
1800 1807 Blondel Duclis - -
1799 1799 Jean Victor Tesnières de Bremesnil - Député, lieutenant général du bailliage d'Avranches
1798 1799 M. Burdelot - -
1797 1798 Pierre Pinel - -
1796 1797 M. Blondel Duclis - -
1796 1796 M. Hullin - -
1796 1796 Alain Fleury - -
1795 1796 M. Le Moyne - -
1795 1795 M. Bournhonet - -
1794 1795 Jean Rioult de Montbray - -
1794 1794 M. Olivier - -
1793 1794 M. Morin - -
1792 1793 Félix Ebrard - -
1791 1792 Louis Guérin - Médecin
1791 1791 Joseph Frain - -
1790 1791 M. Boissel Dubuisson - -
1790 1790 M. Petit - -
1789 1790 Jean Victor Tesnières de Bremesnil - -
1786 1789 Joseph Mesle de La Bretèche - -
1783 1786 Louis Lottin - -
1773 1783 Pierre Le Sourd de Laiglerie - -
1758 1773 Jean Baptiste Guiton - -
1749 1758 Nicolas Guallet - -
1746 1749 René Le Masson - -
1742 1746 Louis Vivien - -
1736 1742 Jean René Vivien - -
1715 1736 Jean Angol - -

[modifier] Démographie

Évolution démographique
(Source : INSEE[14])
1962 1968 1975 1982 1990 1999
8 854 9 775 10 136 9 468 8 638 8 500
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes

[modifier] Lieux et monuments

Façade de l’église Notre-Dame-des-Champs
  • Le donjon d'Avranches probablement construit au commencement du XIe siècle[15] lors de l'installation d'un premier comte : Robert d'Avranches, fils illégitime du duc Richard Ier. Le donjon a été traversé en 1848 par une rue nouvelle prolongeant la rue d'Office (aujourd'hui rue de la Belle-Andrine), ce qui subsistait du donjon s'est effondré en 1883. Une portion de courtine, située entre le donjon roman disparu et la tour dite du promenoir, existe toujours ; cet élément défensif est souvent confondu avec le donjon.

A l'origine, au milieu du XIIe siècle lors de son édification, ce monument appartenait à la famille de Subligny ; il est clairement désigné par le terme manoir dans les sources. Vers 1170, par mariage de Lesceline de Subligny à Foulques Paisnel cette résidence seigneuriale tombe entre les mains de la famille Paisnel qui la conserve jusqu'en 1273. A cette date, l'évêque Raoul de Thiéville acquiert la résidence des Paisnel pour y loger son doyen. En fait, la grande salle seigneuriale devient probablement salle capitulaire tandis qu'un nouvel édifice est plaqué contre le pignon oriental : ce nouveau bâtiment appelé "petit doyenné" (disparu peu avant la Révolution) constitua alors la véritable résidence des doyens du chapitre cathédral d'Avranches[17].

  • La cathédrale Saint-André

La Cathédrale d'Avranches apparaît pour la première fois dans les textes, en 1025, au moment de sa reconstruction sous l’épiscopat de Maugis (1022-c. 1026). Á cette époque la Normandie assiste à la reconstruction de chacune des cathédrales de ses six diocèses. Si le duc de Normandie Richard II soutient le projet, financièrement et politiquement, il faut voir en Maugis le véritable promoteur de ce vaste projet architectural. La construction de la cathédrale romane d’Avranches s’échelonna sur près d’un siècle ; peut-être même y eut-il deux campagnes de construction. Après les premiers travaux initiés par Maugis, il faut attendre le 17 septembre 1121 pour voir la cathédrale enfin consacrée, sous l’épiscopat de Turgis (1094-1134). La principale faiblesse de la cathédrale résidait dans sa situation : exposé en première ligne, l’édifice fut la cible de toutes les attaques et, à diverses reprises, il fallut le consolider. En avril 1450, lors d’un ultime épisode avranchinais de la guerre de Cent Ans, François 1er, duc de Bretagne, allié du roi de France, dirige les troupes royales rassemblées au Pont-Gilbert, avec pour objectif de débarrasser la ville de l'occupant anglais. En mai, après un siège de trois semaines, l'artillerie a fait de tels ravages que le capitaine anglais John Lampet réclama la fin des combats. L’état pitoyable des fortifications, du palais épiscopal et de la cathédrale, nécessita des travaux colossaux. Au XVIe, pendant l’hiver 1590-1591, un nouveau siège meurtrit la cité : la population, guidée par le gouverneur Odoard Péricard et son frère l'évêque François Péricard, s'est ralliée à la « Sainte Ligue » catholique et refuse de reconnaître le roi Henri IV. Soixante jours de harcèlement et de bombardement permettent au duc de Montpensier, chef de l'artillerie royale, d'obtenir la capitulation de la cité. Une fois encore la ville doit penser ses plaies. Puis, arrive la Révolution. La cathédrale Saint-André n’est plus qu’une simple église paroissiale dont le curé constitutionnel se nomme Rioult de Montbray. Ce dernier effectue des travaux hasardeux et, le 20 germinal de l’an IV de la république (9 avril 1796), le voûte, à la croisée du choeur, de la nef et du transept, s’effondre. Par soucis de sécurité, le conseil municipal décide de faire abattre les derniers murs de la nef et de la tour horloge en 1802. Les deux tours romanes de la façade sont maintenues, malgré leur mauvais état, grâce à la volonté du maire Tesnière de Brémesnil qui espère les voir restaurées avec l’aide du gouvernement. Leur intérêt géodésique est mis en avant pour leur sauvegarde et le télégraphe aérien Chappe installé sur la tour nord lui offre un répit de quelques années. Puis, finalement, sur décision municipale, ces tours séculaires n'échappent pas aux mines et volent en éclats en 1812.

  • Square Thomas Becket, site de l'ancienne cathédrale Saint-André détruite entre 1796 et 1812. À l'entrée du square se trouve une dalle funéraire située à l'emplacement du portail nord de la cathédrale où Henri II Plantagenêt vint faire pénitence dans le but d'expier le meurtre de Thomas Becket, aucun vestige de la cathédrale Saint-André ne subsiste in situ.
  • Église Notre-Dame-des-Champs.

L’ancienne église Notre-Dame des Champs était située, comme son nom l’indique, à l’extérieur de la ville, au sud. Cette église d’une grande simplicité, connu grâce à une photo et quelques gravures, datait de la fin du XVIIe siècle. Devenue trop petite et des travaux devenant nécessaires, on admit l’idée, vers 1855, de construire un nouvel édifice. Des plans et un devis furent dressés par l’architecte Théberge, « enfant de la paroisse ». Toutefois, il fallut attendre le 12 avril 1863 pour assister à la pose de la première pierre par le préfet de la Manche en présence de Mgr Bravard évêque de Coutances et d’Avranches. Alors, les travaux commencent vraiment tout en suscitant de nombreuses interrogations ; le projet de Théberge est gigantesque et beaucoup se demandent comment le financement du projet sera possible. Le style « néo-gothique » décidé par l’architecte implique la réalisation d’un bâtiment aux proportions audacieuses qui rompent complètement avec celles de la modeste église que l’on souhaite remplacer. Les moyens de la ville et de la paroisse sont insuffisants, d’autant que la reconstruction de Saint-Gervais a coûté fort cher, et, en 1865 Le maire d’Avranches et l’archiprêtre se déplacent à Paris afin de solliciter l’aide financière de l’État. Cette aide longtemps réclamée ne sera finalement octroyée qu’en 1876 et la consécration de l’église, par l’évêque Mgr Germain aura lieu le 13 novembre 1892. La lente construction de l’édifice fut émaillée de nombreux évènements parfois tragique comme, en 1868, le décès d’un ouvrier maçon âgé de 27 ans tombé de la hauteur de la rosace où il travaillait. L’architecte Théberge, décédé en 1866, fut remplacé par Cheftel. Retardé par la première Guerre Mondiale, qui mobilisa toute la main d’œuvre, les deux tours de la façade sont achevées entre 1926 et 1937 ; à cette époque on installe également les grandes orgues dont la soufflerie bénéficie aussitôt de l’électricité. En juin 1944, l’église est gravement endommagée par un incendie consécutif au bombardement de la ville. Les travaux de restauration se prolongent plusieurs années et la réouverture au culte n’intervient qu’en février 1962.

  • Église Saint-Saturnin

L’église Saint-Saturnin et ses abords immédiats ont livré quelques traces ténues de leur lointain passé, dont les origines semblent remonter au haut Moyen Âge. En 1961, les vestiges de sépultures à sarcophages sont mis au jour rue Saint-Saturnin et complètent les renseignements apportés par la découverte, en 1959, de tombes mérovingiennes sous le chœur de l'église Notre-Dame des Champs. En 1988, de nouvelles sépultures à l'emplacement de l’actuel du Crédit Mutuel, découvertes lors de travaux, ont confirmé la présence d'un site religieux paléo-chrétien dans ce secteur de notre ville. Aujourd’hui, rien n’est visible de cette antique occupation ; et, hormis quelques maisons de l’époque Moderne, le quartier porte principalement l’empreinte des aménagements urbains du XXe siècle. L’église Saint-Saturnin elle-même est assez tardive puisque reconstruite à la fin du XIXe siècle. Avant cette ultime réfection, l’édifice présentait les caractéristiques de la fin du XVIIe et du commencement du XVIIIe siècle. Cependant, des éléments gothiques du XIIIe siècle, et notamment le porche occidental donnant sur l’actuelle rue Docteur Gilbert, subsistaient et faisaient de cet édifice religieux, aux dires de certains historiens, le plus ancien de la commune. Un rapport de 1836 fit état de l’excellent état de l’église, « il est solide et promet une longue durée ». Extérieurement comme intérieurement aucun travail d’entretien ni de réparation ne semblait nécessaire. Toutefois, la transformation de l’église fut décidée en raison de ses modestes dimensions ; en effet, le conseil paroissial affirma vers cette époque : « que la population avait augmenté d’un cinquième depuis 1789 et que les jours de marché l’église était bondée ». En 1846, l’abbé Caillemer disait de Saint-Saturnin : « l’église ne pouvait contenir la population de la paroisse qui s’était considérablement accrue par suite de nombreuses constructions élevées depuis vingt ans sur son territoire devenu ainsi le plus beau quartier de la ville ». D’importants travaux eurent alors lieu sous la conduite du prêtre. Commencés en mai 1846, les bas-côtés du choeur furent achevés en octobre 1947 ; puis, en 1852, les chapelles nord et sud du transept agrandirent encore l’édifice. En 1865, le chœur fut rehaussé afin de s’harmoniser aux nouveaux aménagements. En 1876, la commune d’Avranches sollicita de l’État un secours pour la reconstruction d’un clocher. Le projet architectural retenu fut celui de l’architecte Danjoy, ce dernier du toutefois simplifier une première étude jugée très coûteuse. Comme pour Notre-Dame des Champs, le style néo-gothique fut adopté. En 1944, l’église ne subit pas de dégâts majeurs et seuls ses vitraux furent soufflés par les explosions ; dès le 8 juin elle était rouverte au culte.

  • Église Saint-Gervais

L’ancienne église Saint-Gervais datait du milieu du XVIIe siècle. Dans les années 1825-1834, les couvertures des toits et du clocher étaient dans un piteux état et des réparations avaient été indispensables. Cependant, ces travaux n’avaient pas été suffisants et en 1843, grâce au dont de mademoiselle de la Champagne, une paroissienne, les travaux de reconstructions dirigés par monsieur Cheftel, architecte de la ville purent commencer. Entre 1843 et 1852, on reconstruit les murs de la nef, du chœur et des transepts en agrandissant l’église vers l’est. Ces travaux sont longs et onéreux et occasionnent d’importants retards dans l’aménagement intérieur de l’église. De nombreuses économies sont effectuées et aboutissent à un grand dépouillement de l’architecture. En 1886, la Préfecture transmet une demande au ministère de l’Instruction Publique et des Cultes en vue de la construction d’une tour et de l’achèvement de l’église. Les travaux ne commenceront pas avant 1892. Le dossier de demande de subvention fit l’objet de huit refus du ministère en raison du montant très élevé des travaux et des faiblesses architecturales du projet. Finalement le dossier aboutit après de nombreuses modifications et l’ancien clocher du XVIIe siècle (qui cohabitait avec l’église reconstruite) est démoli à la fin de l’année 1891. Les travaux de construction de la nouvelle tour sont achevés en 1898 et, le 9 mai 1899, les paroissiens assistent enfin à la bénédiction de cloches par Mgr Guérard, évêque de Coutances et d’Avranches.

  • Le Trésor de la basilique Saint-Gervais

L’église Saint-Gervais attire chaque année de nombreux visiteurs grâce à son « trésor » et à la relique de saint Aubert qui en constitue l’atout principal. La révolution française dispersa les richesses accumulées au fil des siècles par le clergé ; les reliquaires et vases sacrés furent fondus, les reliques détruites et la statuaire éparpillée. Au commencement du XIXe siècle, avec le « retour du culte », les paroisses se dotèrent de nouvelles richesses mais, en 1904, lors de la séparation de l’Église et de l’État, celles-ci furent à nouveau confisquées. Á Avranches, le clergé local prit une initiative originale en créant un petit musée paroissial qui allait devenir le « trésor de la basilique Saint-Gervais » ; Prospère Cornille, né à Courtils en 1864, devint Archiprêtre de Saint-Gervais en 1911 et fut le véritable artisan de cette entreprise. Entre 1913 et 1933, ce prêtre passionné rassembla dans une salle au sud du clocher-porche une multitude d’objets, parfois hétéroclites, au côté des pièces d’orfèvrerie liturgique confiées à la ville et n’étant plus indispensable au culte. Rapidement, cette collection devint une référence pour les amateurs d’« antiquités » et le père Cornille, faisant figure de « connaisseur, avisé et habile à réunir bien des objets anciens ou précieux », n’hésitait pas à ouvrir les portes de son antre et à en proposer la visite minutieuse vitrine par vitrine. En 1979, l’Inspection générale des Antiquités et Objets d’Art fit un constat assez mitigé de ce petit musée : « salle très haute, dans un état imparfait et contenant dans un coffre-fort, une armoire, des vitrines et aussi à l'extérieur des objets très variés de matière et de qualité » ; les temps ont changé et le « capharnaüm » de l’archiprêtre ne répond plus au exigences muséographiques modernes. En 1982 et 1983, l'inventaire du Trésor est mené par l’abbé Lelégard ; une étude générale est lancée afin de déterminer la provenance de diverses pièces car il s’avère que certaines d’entre elles ne sont pas la propriété de la ville d'Avranches : des statues notamment viennent de paroisses environnantes, Coulouvray, Ardevon, Les Chéris, ou encore Vains. Les travaux préconisés dès le début des années 80 n’aboutiront qu’une décennie plus tard. Une dalle béton intermédiaire est installée pour créer un étage et de nouvelles vitrines en rez-de-chaussée sont installées. Dès 1988, l'Abbé Lelégard essaya de lancer l'aménagement de la salle nord pour les objets inscrits mais son projet n’aboutit pas. Aujourd’hui, les collections amassées par le père Cornille sont sous le contrôle du service de conservation des Antiquités et Objets d’Art de la Manche (CAOA), qui inventorie régulièrement les collections et veille à leur bon état de conservation.


[modifier] Parcs et espaces verts

Le Jardin des Plantes

La commune est une ville fleurie ayant obtenu trois fleurs Image:Ville fleurie.svgFichier:Ville fleurie.svgImage:Ville fleurie.svg au concours des villes et villages fleuris[18].

Sur une colline à l'ouest de la ville, le Jardin des Plantes s'est développé à partir de celui d'un ancien couvent de Capucins. Autour d'une table d'orientation, il offre un large panorama sur le cours de la Sée et la baie du mont Saint-Michel. Cette vue sur la baie est décrite par Guy de Maupassant dans sa nouvelle Le Horla.

[modifier] Personnalités liées à la commune

Édouard Le Héricher et la Société d’Archéologie d'Avranches, Mortain et Granville

Depuis plus de 170 ans, la Société d’Archéologie d’Avranches œuvre pour la connaissance et la sauvegarde de ce que l’on appelle aujourd’hui « patrimoine » et que l’on nommait jadis « Antiquités ». Toujours active en 2009, cette association possède une histoire riche au cours de laquelle se sont illustrés de véritables figures locales.

La Société d’Archéologie Littérature, Sciences et Arts d’Avranches et Mortain fut fondée le 16 juillet 1835 avant d’être autorisée le 9 avril 1836. Ses principaux membres fondateurs, émules du caennais Arcisse de Caumont, père de l’archéologie française, avaient pour noms Gustave de Clinchamp, Hippolyte Sauvage, Fulgence Girard ou encore Jacques-François Boudent Godelinière. Motivés par une curiosité sans limites, ces hommes rassemblèrent avec obstination les sources historiques qui aujourd’hui encore constituent un socle d’érudition incontournable pour les deux arrondissements de Mortain et Avranches. Grâce aux Mémoires de la Société, dont le premier tome parut en 1842, ces érudits publièrent le résultat de leurs prospections archéologiques ou recherches documentaires. De nombreuses monographies cantonales et communales virent le jour ; des éléments significatifs du patrimoine historique et culturel de la région furent sauvés grâce à une présence assidue sur le terrain : de nombreuses excursions ou conférences permirent peu à peu de lever le voile sur de nombreux monuments sombrés dans l’oubli et menacés de disparaître faute d’être connus. Édouard Le Héricher, né à Valognes en 1812 et figure emblématique de l’érudition locale, anima la Société dès les années 1840, d’abord comme secrétaire, puis en tant que président jusqu’à son décès, en 1890. Homme charismatique, Le Héricher su attirer à lui élus, magistrats, notaires, négociants, commerçants, rentiers, fonctionnaires, professeurs, médecins, ecclésiastiques, ingénieurs ou encore artisans ; cette grande diversité témoigne d’un bel esprit d’ouverture qui impliquait nécessairement un détachement de chacun vis-à-vis des questions politiques et religieuses. Sous sa présidence, la Société compta près de 180 membres répartis dans l’Avranchin et le Mortainais, mais également plus de 160 correspondants résidants souvent à l’étranger. Pour se convaincre de son succès il suffit de parcourir la presse locale de ces années et de constater à quel point les activités de la Société d’Archéologie rythmaient la vie d’Avranches et de sa région. Véritable « passeur de savoirs », il initiât également plusieurs générations de collégiens du fait de ses fonctions de professeur de « Rhétorique » (la classe de rhétorique correspond à la classe de Seconde de nos jours) et publia de nombreux essais dans des domaines aussi variés que l’histoire, l’archéologie, la philologie, et la botanique ; de tous ses ouvrages l’« Avranchin Monumental et Historique » est incontestablement le plus fameux. Dans les années 80, la bibliothèque municipale, devenue intercommunale depuis peu, fut baptisée de son nom.

Source : chronique historique "il était une fois" paraissant dans l'hebdomadaire La Manche Libre[19]

[modifier] Naissances

[modifier] Autres


[modifier] Activité et manifestations

[modifier] Sports

[modifier] Économie

Avranches profite dans une large mesure du tourisme, de par sa situation géographique privilégée et grâce aux traces laissées par un riche passé. Elle profite également de l'attraction sur son arrière-pays (commerce, démarches administratives, éducation, médecins et service hospitalier).

[modifier] Transports

La ville d'Avranches se situe sur l'axe Caen-Rennes. Elle est reliée à ces deux villes :

[modifier] Jumelage

[modifier] Notes et références

  1. On trouve la même racine gen dans genêts (jadis Genecium ou Genitium) et Argennes (Jadis Aregenna à Saint-Quentin-sur-le-Homme ) que l'on trouve également ailleurs dans Genua (Genova, Genève) et Aregenua, ancien nom de Vieux-la-Romaine et qui est considérée comme celtique sur la base d'un archétype *genu- « bouche » Cf. pluriel breton genou, gallois genau. D'où sa signification toponymique d'« embouchure ». Voir François de Beaurepaire, Les noms des communes et anciennes paroisses de la Manche, éditions Picard 1986 et Pierre-Yves Lambert, La langue Gauloise, édition errance 1994.
  2. Pline, H.N. IV, 107
  3. César, B.G., 75, 4.
  4. Daniel Levalet, Guerre des Gaules : peut-on localiser le camp de Sabinus ?, dans Revue de l'Avranchin et du Pays de Granville, 2004, t. 81, p. 207-212
  5. Sir Mortimer Wheeler et K. M. Richardson, Hill-Forts pf Nothern France, dans Society of Antiquaries Research Reports, 1957, t. 19, p. 38-54
  6. Colin Wells, La bataille de Normandie, dans Revue de l'Avranchin et du Pays de Granville, 2009, t. 86, p. 165-175.
  7. Daniel Levalet, réf. biblio à compléter
  8. Cet évêché est supprimé en 1801, mais le 12 juin 1854, le pape Pie IX restaure par décret apostolique le titre d'évêque d'Avranches qui est conféré aux évêques de Coutances.
  9. référence, citation ou lien
  10. Claude Groud Cordray et David Nicolas-Méry, Des comtes aux vicomtes d'Avranches et comtes de Mortain, du début du XIe siècle à 1066, dans Revue de l'Avranchin et du Pays de Granville, 2007, t. 84, 359-374.
  11. David Nicolas-Méry, Le donjon d'Avranches, redécouverte d'un monument médiéval, dans Revue de l'Avranchin et du Pays de Granville, 2002, t. 79, p. 87-150.
  12. Robert-Henri Bautier et Gillette Labory, (ed.) André de Fleury, Vita Gauzlini abbatis Floriacensis monasterii (Paris, 1969 ; Sources d'histoire médiévale, 2) p. 48-51
  13. David Nicolas-Méry, Le " Grand Doyenné " à Avranches, résidence urbaine des seigneurs de Subligny, dans Revue de l'Avranchin et du Pays de Granville, 2004, t. 81, p. 135-165
  14. Avranches sur le site de l'Insee
  15. Voir l'étude en 2002 par David Nicolas-Méry
  16. Notice no  PA50000045, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  17. David Nicolas-Méry, Le " Grand Doyenné " à Avranches, résidence urbaine des seigneurs de Subligny, dans Revue de l'Avranchin et du Pays de Granville, 2004, t. 81, p. 135-165.
  18. Source : Villes et Villages Fleuris
  19. Cette chronique historique existe depuis début 2006 ; elle est rédigée par David Nicolas-Méry

[modifier] Voir aussi

[modifier] Bibliographie

  • (en) James Hairby, Descriptive and historical sketches of Avranches and its vicinity, Mme Vve Tribouillard, Avranches, 1841, 227 p.
  • (fr) Félix Jourdan, Avranches : ses rues et places, ses monuments, ses maisons principales, ses habitants, leurs professions pendant la Révolution, Lafitte Reprints, Marseille, 1977 (1re éd. 1909), 517 p.
  • (fr) Loïc Langouet, « La voie romaine Corseul-Avranches et son insertion dans le paysage », dans Les dossiers du Centre Régional Archéologique d'Alet, vol. 22, 1994, p. 47-70
  • (fr) Auguste François Lecanu, Histoire du diocèse de Coutances et Avranches, Coutances & C., 1877-78, 2 vol.
  • (fr) Édouard Le Hericher, Avranches, ses environs, son histoire et ses fêtes, Avranches, 1861 (2e éd.)
  • (fr) Victor Lottin (dir.), Avranches et ses environs. Guide du touriste, Avranches, Syndicat d’Initiative et des Intérêts Locaux, 1923, 72 p.
  • (fr) Joseph Toussaint, La Déportation du clergé de Coutances et d'Avranches à la Révolution, Éditions de l'Avranchin, 1979, 284 p.

[modifier] Liens externes

Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur Avranches.

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