Dives-sur-Mer

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Dives-sur-Mer
L'église Notre-Dame
L'église Notre-Dame
Blason de Dives-sur-Mer
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Basse-Normandie
Département Calvados
Arrondissement Lisieux
Canton Dozulé
Intercommunalité Communauté de communes de l'Estuaire de la Dives
Maire
Mandat
Pierre Mouraret
2014-2020
Code postal 14160
Code commune 14225
Démographie
Gentilé Divais
Population
municipale
5 940 hab. (2011)
Densité 920 hab./km2
Population
aire urbaine
38 401 hab. (2010)
Géographie
Coordonnées 49° 17′ 11″ N 0° 06′ 00″ O / 49.2863888889, -0.1 ()49° 17′ 11″ Nord 0° 06′ 00″ Ouest / 49.2863888889, -0.1 ()  
Altitude Min. 0 m – Max. 135 m
Superficie 6,46 km2
Localisation

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Liens
Site web www.dives-sur-mer.com

Dives-sur-Mer est une commune française, située dans le département du Calvados en région Basse-Normandie, peuplée de 5 940 habitants[Note 1] (les Divais).

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

La commune de Dives-sur-Mer est située au bord de l'estuaire de la Dives et de la Manche sur la Côte Fleurie[1]. De plus, elle est l'une des communes les plus peuplées du pays d'Auge. Dives-sur-Mer est limitrophe de Cabourg et Houlgate. Elle est située à vol d'oiseau à 14 km de Deauville, 22 km de Caen, 28 km de Lisieux et 29 km du Havre[2].

Communes limitrophes de Dives-sur-Mer[3]
Cabourg Cabourg (estuaire de la Dives) Houlgate
Cabourg Dives-sur-Mer[3] Gonneville-sur-Mer
Varaville (par un angle),
Périers-en-Auge
Périers-en-Auge Grangues

Dives-sur-Mer est également le centre d'une unité urbaine (ou agglomération au sens de l'Insee) avec Cabourg et Houlgate de 12 498 habitants[4].

Topographie et relief[modifier | modifier le code]

Le territoire de Dives-sur-Mer s'étend de la cuesta de la Dives à l'ouest jusqu'au plateau du pays d'Auge à l'est. L'altitude varie de 0 m au niveau de l'estuaire de la Dives à 135 m pour le point culminant au niveau du lieu-dit de Trousseauville.

La géologie de Dives-sur-Mer se rattache à une formation cénozoïque dite en « pile d'assiettes » du bassin sédimentaire de la région parisienne, bruxelloise et londonienne[5] et par une période glaciaire quaternaire dans une zone de distension qui survient au Trias et donne naissance à la Manche[6].

En arrivant à la mer, la Dives forme une vallée de déblaiement de formation glaciaire quaternaire. Ce déblaiement a attaqué la « pile d'assiettes » marno-calcaire que constitue la superposition des étages géologiques du bassin anglo-parisien, composée d'une partie des étages du Jurassique inférieur (Lias), moyen (Dogger et supérieur (Malm) et du Crétacé inférieur et supérieur[7]. Ce même déblaiement est la cause de la création d'une cuesta qui sépare la vallée du pays d'Auge.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Dives.
Plan du port de Dives-sur-Mer.

La Dives sépare la commune de Cabourg en formant la limite ouest et nord où elle forme un estuaire qui devient plus ou moins important selon les marées[3]. Les marais de la Dives, non loin de la commune, ont commencé à être asséchés dès le Moyen Âge par les moines de l'abbaye Saint-Martin de Troarn puis ont été assainis par creusement de canaux[8]. Le lit de la Dives a été amélioré par les Ponts et Chaussées pour faciliter son écoulement dans la Manche, elle forme maintenant une boucle avant de se jeter dans la mer[9].

Climat[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Caen#Climat.

En raison de sa proximité directe à la mer, Dives-sur-Mer bénéficie d'un climat océanique tempéré, des hivers doux et des étés frais grâce au vent marin qui rafraîchit les terres de la commune. L'amplitude thermique est assez faible et les précipitations sont plutôt fortes car Dives-sur-Mer est située dans une région bocagère. Il pleut moins qu'à Nice sur la Côte d'Azur, le climat normand est assez similaire de celui de Paris.


Relevé météorologique de Caen-Carpiquet
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 1,8 1,9 3,2 4,9 7,7 10,4 12,3 12,3 10,6 7,9 4,6 2,7 6,7
Température moyenne (°C) 4,5 4,9 6,9 8,8 12 14,8 17 17 15,1 11,9 7,7 5,4 10,5
Température maximale moyenne (°C) 7,3 8 10,5 12,7 16,3 19,2 21,6 21,7 19,7 15,9 10,9 8,1 14,3
Précipitations (mm) 63,5 57,6 56,3 45,6 58,4 52,3 47,7 46,5 61,4 67,7 84,9 69 710,8
Source : Infoclimat[10]


Transport et accès[modifier | modifier le code]

Dives-sur-Mer est située à 10 km de l'autoroute A13 (accès à Dozulé) reliant Paris à Caen.

Les Divais disposent de deux accès au transport ferroviaire : la gare de Dives-Cabourg (sur le territoire de Dives) et la halte de Port Guillaume située au cœur du quartier du port[11]. La gare est un terminus de la ligne Dives-Cabourg - Trouville-Deauville depuis la fermeture de la section Dives - Mézidon en 1938.

Dives-sur-Mer est desservi par la ligne 20 des Bus verts du Calvados qui passe environ quinze fois par jour vers Caen ou Deauville, Honfleur et Le Havre[12].

L'aérodrome de Carpiquet est à 30 km, celui de Deauville à 20 km.

Le port de Ouistreham se situe à 20 km de Dives.

Histoire[modifier | modifier le code]

Extrait de la feuille Lisieux de la carte dite de Cassini. Dives est représentée par un point rouge.

C'est du port de Dives-sur-Mer que Guillaume le Conquérant appareilla, avec sa flotte, pour conquérir l'Angleterre à la bataille de Hastings, en 1066.

Une plaque commémorative avec la liste des noms des compagnons de Guillaume le Conquérant est apposée à l'intérieur de l'église, au-dessus des portes d'entrée principales. L'histoire de Dives-sur-Mer est aussi marquée par la présence sur la commune de l'usine Tréfimétaux qui cédera sa place bien plus tard au port de plaisance Port Guillaume.

Le lien à la mer[modifier | modifier le code]

Depuis sa lointaine origine, l’histoire de Dives-sur-Mer est étroitement liée à la mer. La cité de Dives était connue à l’époque romaine où son port avait une grande importance. Dès 858, le fleuve est emprunté par les Vikings qui remontent la Dives pour aller saccager Chartres.

En l’an 1001, Dives-sur-Mer entre dans la légende avec la pêche en mer d’un Christ miraculeux. Plus tard, l’église de Dives deviendra le lieu de pèlerinage du Christ Saint-Sauveur.

Mais, la grande page de l’histoire est écrite quand Guillaume le Conquérant rassemble ses troupes à Dives en 1066. C’est en effet dans l’estuaire de la Dives qu’il prépare ses troupes et fait construire une partie de sa flotte pour partir à la conquête de l’Angleterre. Les historiens s’accordent aujourd’hui sur les chiffres de 1 000 navires et 7 à 8 000 hommes dont 2 à 3 000 cavaliers. Devenu roi d’Angleterre, le duc Guillaume fait embellir l’église. Cet édifice roman garde la trace de cette époque avec notamment deux somptueux chapiteaux à entrelacs du XIe siècle.

L’activité maritime est importante : Dives a une société de baleiniers ou walmanni et on pêche la baleine et le craspois sur les côtes de la Manche. L’activité commerciale se développe : les moines de la baronnie de Dives-sur-Mer ont un droit de marché.

Aux XIVe et XVe siècles, l’église de Dives est agrandie dans le style gothique. Les halles médiévales sont datées de cette époque. Dives-sur-Mer est aussi un relais de poste sur la route de Caen à Rouen par les grèves. L'hostellerie a vu séjourner de nombreuses célébrités dès le XVIe siècle. En 1562, avec les guerres de religion, le Christ Saint-Sauveur est brûlé et le pèlerinage prend fin.

L'engouement pour les bains de mer et le développement des transports[modifier | modifier le code]

L'engouement pour les bains de mer entraîne la création des lignes de chemin de fer Mézidon/Dives-sur-Mer et Deauville/Dives-sur-mer. On peut enfin venir de Paris à la plage. Un bateau à vapeur relie Dives-sur-Mer à Trouville et au Havre. Plus pittoresque encore, le Decauville relie Caen à Dives-sur-Mer. Les voyageurs rejoignent leur lieu de villégiature en voitures tirées par des chevaux.

C'est l'époque des visiteurs célèbres, Marcel Proust décrit la région, et en particulier l’église de Dives, dans son roman À la recherche du temps perdu. Parmi les premiers archéologues : Arcisse de Caumont remet à l'honneur l'histoire : on lui doit la liste de 475 noms des compagnons de Guillaume le Conquérant qui figure dans l’église.

Dives-sur-Mer reste un lieu de marché, de restauration, de villégiature aussi. On doit à cette époque, le château de Sarlabot, le manoir Foucher de Careil, Les Tilleuls, la villa des Bossettes et la transformation de l'ancien relais de poste en une hostellerie renommée "le village Guillaume Le Conquérant".

L'essor d'une vie industrielle[modifier | modifier le code]

L’ère industrielle va marquer en profondeur la ville et lui forger une nouvelle identité. Le chemin de fer et le port sont des atouts qui séduisent l’ingénieur Eugène Secrétan et en 1891 la création d’une usine métallurgique transforme Dives-sur-Mer en cité industrielle florissante. Elle exploite un brevet d’étirage du cuivre Elmore et Secrétan et deviendra la Société française d’électrométallurgie, plus tard Cegedur et Trefimetaux au fur et à mesure de la diversification de ses fabrications : cuivre, laiton, aluminium, duralumin, maillechort, plastique… Pendant la guerre, l’usine fournira les douilles d’obus. Des générations ont travaillé à la fonderie et dans les ateliers de laminage et d’étirage. Des familles de la côte, du pays d’Auge mais aussi du Maroc, de Pologne, de Russie se sont installées à Dives-sur-Mer. Leur histoire se lit encore dans les cités ouvrières « rouges » ou « blanches », les jardins ouvriers qui entourent la ville et dans la diversité des associations culturelles et sportives. L’usine emploiera jusqu’à 2 000 ouvriers et en comptera encore près de 1 000 lors de sa fermeture en 1986. Au début du XXe siècle, le développement de Dives-sur-Mer se traduit par la construction de nombreux équipements publics Les écoles publiques, la mairie et une première salle des fêtes, devenue aujourd’hui le cinéma Le Drakkar sont construites. Pendant de longues années, toute l’activité de la ville s’organise autour de l’usine. En 1975, le canal qui traverse la ville est couvert et un nouveau boulevard sépare la ville en deux quartiers distincts.

La fermeture de l'usine et la reconversion[modifier | modifier le code]

En 1986, avec la fermeture de l’usine, Dives-sur-Mer est confrontée à une nouvelle mutation et à un nouveau défi. Une conversion s’opère, la mono industrie cède la place à de nouvelles activités industrielles et commerciales qui s’implantent au sud de la ville. L’emplacement même de l’usine retrouve une vocation maritime : un port de plaisance de près de 1 000 emplacements y est aménagé et de nombreuses résidences construites. Sur l’ancien site industriel deux bâtiments sont préservés : le beffroi qui fait l’objet d’un projet de rénovation et les anciens bureaux transformés en médiathèque. Le port de pêche et la halle à poissons gardent leur activité. Des vieux gréements témoignent également de la tradition maritime locale. Après avoir été un port depuis l’antiquité, puis plus récemment une cité ouvrière, la ville a réussi sa reconversion : elle trouve son équilibre, entre mer et terre, en développant les activités qui ont fait son histoire : le commerce, l'industrie, les services et le tourisme.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Dives-sur-Mer

Les armes de la commune de Dives-sur-Mer se blasonnent ainsi :
De gueules à la tour crénelée d'argent ouverte, ajourée et maçonnée de sable, au chef d'azur chargé d'une couronne ducale d'or, accompagnée de deux besants de même.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

La mairie
Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
mai 1953 mars 1983 André Lenormand PCF Député (1946-1958)
puis conseiller général du canton de Dozulé (1955-1984)
mars 1983 mars 2008 Francis Giffard PCF  
mars 2008 en cours Pierre Mouraret[13] PCF Éducateur spécialisé, conseiller régional
Les données manquantes sont à compléter.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 5 940 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 2],[Note 3]. Le maximum de la population a été atteint en 1968 avec 6 299 habitants.

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
370 349 409 418 589 541 518 503 539
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
589 656 854 826 871 1 001 1 097 1 441 1 720
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 450 3 453 3 614 4 233 4 460 5 577 5 300 5 046 5 893
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
6 258 6 299 5 872 5 508 5 344 5 812 5 881 5 864 5 935
2011 - - - - - - - -
5 940 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[14] puis Insee à partir de 2004[15].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement âgée. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (27,2 %) est en effet supérieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (21,4 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (52,7 %) est supérieur au taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 47,3 % d’hommes (0 à 14 ans = 18,7 %, 15 à 29 ans = 19 %, 30 à 44 ans = 17,1 %, 45 à 59 ans = 21,4 %, plus de 60 ans = 24 %) ;
  • 52,7 % de femmes (0 à 14 ans = 16,8 %, 15 à 29 ans = 16,8 %, 30 à 44 ans = 16,9 %, 45 à 59 ans = 19,4 %, plus de 60 ans = 30,2 %).
Pyramide des âges à Dives-sur-Mer en 2007 en pourcentage[16]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,3 
90  ans ou +
1,4 
8,4 
75 à 89 ans
12,1 
15,3 
60 à 74 ans
16,7 
21,4 
45 à 59 ans
19,4 
17,1 
30 à 44 ans
16,9 
19,0 
15 à 29 ans
16,8 
18,7 
0 à 14 ans
16,8 
Pyramide des âges du département du Calvados en 2007 en pourcentage[17]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,3 
90  ans ou +
1,1 
5,9 
75 à 89 ans
9,4 
12,3 
60 à 74 ans
13,7 
21,0 
45 à 59 ans
20,4 
20,5 
30 à 44 ans
19,2 
20,3 
15 à 29 ans
19,0 
19,7 
0 à 14 ans
17,3 

Enseignement[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Dives sur mer possède à la fois un centre historique médiéval, un magnifique Port de plaisance Port Guillaume, un port de pêche et différents quartiers ayant chacun une identité propre: les anciennes cités ouvrières, une zone commerciale et industrielle, des quartiers résidentiels, ...

L'église romane construite autour de la légende du Christ Saint-Sauveur[modifier | modifier le code]

L'église Notre-Dame.

Le 6 août 1001, des pêcheurs lèvent dans leur filet un Christ sans croix dont le genou se met à saigner sous les coups de hache d’un mécréant. Aucun artisan n’est capable de fabriquer une croix pour y déposer ce Christ. Trois ans plus tard, une croix retrouvée en mer s’adapte parfaitement au Christ miraculeux.

La légende du Christ Saint-Sauveur est née, on place ce Christ dans la chapelle, et Dives-sur-Mer devient un lieu de pèlerinage. Au fil des années, la chapelle se révèle être trop petite. Grâce à la générosité de Guillaume le Conquérant, un édifice de style roman est construit, dont il reste les quatre piliers du chœur, une arcade et une voûte.

Au XIVe siècle, on agrandit l’église dans le style gothique. Pendant les guerres de religion, le Christ disparaît et le pèlerinage prend fin. L'église offre au visiteur de nombreuses curiosités : au-dessus du fronton à l’entrée de l’église, une liste des compagnons de Guillaume le conquérant y figure depuis 1862 ; les vitraux retracent l'histoire du Christ Saint-Sauveur, à l'extérieur, un trou aux lépreux... L'église Notre-Dame fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 4 mai 1888[18].

Des halles du XIVe siècle[modifier | modifier le code]

L'intérieur des halles.

Ce monument imposant est l’œuvre de charpentiers de marine des XIVe et XVe siècles. Il repose à même le sol sans fondation sur 66 piliers en chêne, dont la base est en pierre, véritable isolant face à l’humidité. Le bâtiment est dans son état d’origine : on y trouve rassemblés les matériaux et les techniques caractéristiques du pan de bois. C’est le style typique du Pays d’Auge. Pour sa construction, les matériaux du cru ont été utilisés comme le bois pour l’ossature et l’argile mêlée de paille entre les colonnes. Le toit est constitué de tuiles anciennes en argile locale. Fraîches en été, les halles devenaient glaciales en hiver. Quelques modifications ont donc été apportées. L’un des côtés a été fermé, le sol pavé, et trois fenêtres de la toiture ouvertes pour laisser pénétrer le jour. La halle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 3 janvier 1918[19]. Un marché s'y tient traditionnellement le samedi matin.

Le « village de Guillaume le Conquérant », dit « village d'Art Guillaume le Conquérant »[modifier | modifier le code]

Situé au cœur de la ville de Dives-sur-Mer, ce lieu dit Village d’Art, très riche de l’histoire, de l’architecture et des traditions, est singulier sur toute la Côte Fleurie en Normandie. En 2000-2004 le lieu est devenu un village d'artistes et a vécu son âge d'or. Il a gardé aussi l’habitude d’auberge. Il abrite également le Syndicat d'initiative. En 2009-2010, le village d'art a accueilli le musée-nomade intitulé Le plus petit Musée du Livre, unique en France. C'est un lieu de création et d'exposition permanente consacré au livre d'artiste qui représente une branche précise de l'art contemporain.

L'historique du village[modifier | modifier le code]

Bâtiment et sculptures du Village d'Art.

La partie la plus ancienne date du XVe siècle. La façade est austère et protège des cours intérieures qui abritaient les voyageurs et les écuries du relais de poste. L'architecture est typique de l'auberge normande avec sa vaste cuisine, sa cour intérieure et ses galeries extérieures pour accéder aux chambres. De nombreuses célébrités y séjournèrent : Louis XIV, qui serait venu prendre les eaux de Grangues, ainsi que la duchesse de Chaulnes et Madame de Sévigné, Alphonse Karr, Alexandre Dumas, Raymond Poincaré président de la République…

Avec l'apparition, à la fin du XIXe siècle, de la mode des bains de mer, une clientèle riche s'installe sur la « Côte Fleurie » afin de profiter des plages entre Cabourg et Honfleur. L'auberge va connaître son époque de splendeur grâce à Monsieur Le Remois, l'aubergiste qui, par son talent assure à l'établissement une exceptionnelle réputation. Nombreuses seront les célébrités artistiques, littéraires ou politiques qui, à la Belle Époque, ont séjourné dans cette résidence.

Amateur d'art, Le Remois transforme cette simple auberge et fait orner les bâtiments normands à colombages de sculptures sur bois de style médiéval ou Renaissance. Il acquiert et installe dans les trois cours d'authentiques statues, bustes et vases du XVIIe siècle et XVIIIe siècle. Les bas-reliefs qui décorent la cour Louis XIV sont des reproductions (réalisées au XIXe siècle) des chapiteaux romans de l'abbaye de Boscherville.

Fin XXe siècle, le lieu s'est peu à peu transformé pour accueillir artistes, artisans et antiquaires.

L’histoire artistique du village[modifier | modifier le code]

Depuis les années 1980, l'hostellerie Guillaume le Conquérant est devenue le Village d’Art. Le petit neveu du célèbre graveur et décorateur Félix Bracquemond (1833-1914), Jacques Bracquemond (1930-2006) y a ouvert un petit atelier artistique essayant de suivre dans son travail de copiste le style de gravure de XIXe siècle. À partir de l'an 2000, plusieurs artistes plasticiens professionnels se sont installés dans le village pour ouvrir leurs ateliers de création. Représentants de différentes écoles et effectuant des diverses démarches, ces artistes ont créé par leur présence toute l'année un lieu unique sur la Côte Fleurie. Sept artistes y ont travaillé jusqu'en 2010. Parmi eux, quatre sont membres de la Maison des Artistes de Paris : Anne Arc, Serge Chamchinov, Frédéric Lecaime, Tristan Morlet.

La Maison bleue[modifier | modifier le code]

Un jardin extraordinaire, rempli de petits monuments recouverts d’oiseaux, de serpents, de cerfs et autres motifs tout en mosaïque, des chapelles décorées de fragments d’assiettes, un mausolée à la mémoire de Laïka, le premier chien lancé dans l’espace…, … L'ensemble est composé d'une maison d'habitation et d'un jardin ayant appartenu à Euclides Da Costa Ferreira. En 1957, dans l'impossibilité de travailler, il crée dans son jardin un univers à la fois religieux, naïf et imaginaire. Les monuments sont recouverts de morceaux de céramique et de verre de récupération. Décédé en 1984, Da Costa nous laisse 27 années de création d'Art Brut. La Maison bleue fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 26 novembre 1991[20].

Le manoir de Bois-Hibout[modifier | modifier le code]

Le manoir de Bois-Hibout.

Cette maison de maître a été construite au XVIIe siècle par Leduc de la Falaise, valet de chambre de Louis XIV. Plus tard, elle est devenue la propriété d’un sieur de Bois-Hibout à qui elle doit son nom « le manoir de Bois-Hibout ». Restauré en 1975, le manoir domine la place de ses cinq niveaux construits en pierre de Caen. On dit qu’il existait autrefois un souterrain qui rejoignait l’église. Le manoir fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 18 mars 1927[21].

Le beffroi[modifier | modifier le code]

Batiment mémoire de l'usine, il abritait les services de la direction de l'usine. Un bâtiment d'anciens bureaux a été réhabilité et accueille la médiathèque depuis 2004. Inscrit aux Monuments Historiques.

Les cités ouvrières, témoins du passé industriel[modifier | modifier le code]

En 1891, l'ingénieur Secrétan construit sur les bords de la Dives, une usine de métallurgie spécialisée dans la fabrication du cuivre. Des cités sont construites à proximité pour accueillir les familles d'ouvriers français et étrangers. A l'entrée de chaque rue, la maison du contre-maître se distingue par ses dimensions plus importantes.

Port Guillaume, un port de plaisance de près de 1 000 emplacements à Dives-sur-Mer[modifier | modifier le code]

À 2 heures de Paris, le port de plaisance de port Guillaume offre aux bateaux un abri sûr naturellement protégé par le cordon dunaire de l’embouchure de la Dives. Bassin à flot d’une capacité totale de 600 postes d’amarrage sur catways, équipés en eau et en électricité, ce port de plaisance est accessible 6 heures consécutives par marée par un chenal balisé. Port Guillaume vous propose ses services : une équipe présente tous les jours de l’année à l’écoute des plaisanciers, la possibilité d’un avitaillement en carburant, une information météo quotidienne, 25 places visiteurs, une station SNSM, des sanitaires, un élévateur de 30 T et une zone de carénage, la présence d’un agent de port 24h/24, une surveillance de nuit. Une école de voile fonctionne toute l'année. Le port est relié aux plages des communes voisines : Cabourg à 300 m par une passerelle et Houlgate à 800 m par un chemin de bord de mer. Une Halle aux poissons ouverte le matin pendant toute l'année propose à la vente le produit de la pêche.

La zone industrielle[modifier | modifier le code]

Une zone industrielle et commerciale accueille les entreprises dans un site exceptionnel à moins de 10 min de l'autoroute.

Activité et manifestations[modifier | modifier le code]

Entourée de stations balnéaires, Dives-sur-Mer est une ville riche de son histoire et de ses monuments historiques, mais c’est surtout une ville qui vit toute l’année. Les établissements scolaires accueillent plus de 1 200 élèves, Dives possède de nombreux équipements sportifs, un stade, trois gymnases, un boulodrome, une piste d’athlétisme… Le centre des Tilleuls transformé en centre de vacances accueille de très nombreux enfants. Parmi les équipements culturels, la médiathèque Jacques-Prévert, le cinéma le Drakkar, le CREAM qui est un centre régional des arts de la marionnette. La vie associative est intense avec près de 70 associations qui offrent des activités dans tous les domaines participent activement à l’animation de la ville : le festival de la marionnette, les mascarades, festival country, fête de la mer…

Manifestations[modifier | modifier le code]

  • Festival de la Marionnette, chaque été en juillet.
  • Les Mascarades de Dives-sur-Mer, le week-end de la Pentecôte.
  • Festival Country en juin.
  • Fêtes de la mer en août. Les fêtes de la mer font partie du patrimoine des gens de mer. Elles puisent leur origine dans l’imaginaire collectif. Aujourd’hui, si elles restent des fêtes religieuses, elles sont également de véritables fêtes populaires.
  • Biennale internationale des livres d'artistes Biblioparnasse[22], éditions de septembre 2007, 2009, 2011, 2013 aux Halles.
  • Festival Drakkar'Toon (cinéma Le Drakkar) : festival du film d'animation pour petits et grands. Vacances de la Toussaint.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

C'est du port de Dives-sur-Mer que Guillaume le Conquérant est parti pour la conquête normande de l'Angleterre en 1066.

À la fin de sa période d'émigration, en 1938, le poète russe Marina Tsvetaeva a séjourné à Dives-sur-Mer[Note 4].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Encyclopédie Bonneton, Calvados, la Normandie par excellence, Paris, Bonneton,‎ (1997)
  • Jean Dercourt, Géologie et géodynamique de la France, Paris, Dunod,‎ (1998), 3e éd., poche (ISBN 978-2-10-006459-5)
  • Jean-Louis Rosenthal, Eau et développement dans l'Europe moderne, Paris, Édition de la Maison des sciences de l'homme,‎ (2005) (ISBN 978-2-7351-1043-8), « Le drainage dans le pays d'Auge »
  • Marcel Miocque, Pêche et plaisance au port de Dives-sur-Mer, Cabourg, Cahiers du Temps,‎ 2011 (ISBN 9782355070341)
  • Vincent Carpentier, Un fleuve pour la liberté : la bataille de la Dives, OREP,‎ 2013, 208 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2011.
  2. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  3. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.
  4. En 2010, deux artistes-éditeurs Serge Chamchinov et Anne Arc résidant à Dives-sur-Mer et travaillant sur les écrits du poète Marina Tsvetaeva découvrent une incroyable coïncidence. Le célèbre poète d'avant-garde russe a résidé à Dives-sur-Mer l'été 1938 et mentionne cette ville dans plusieurs courriers. Véritable trouvaille pour la ville, ensuite, une des lettres les plus pittoresques du poète, traduite en français par Anne Arc, fait l'objet d'un livre d’artiste Les Démons. Folles feuilles dans la collection «  Laboratoire du livre d’artiste », éditions Serge Chamchinov, Dives-sur-Mer, 2010 (ex. n°2 se trouve dans le fonds de la médiathèque Jacques-Prévert de Dives-sur-Mer)

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Vue satellite de Dives-sur-Mer », sur annuaires-mairie.fr (consulté le 19 avril 2010)
  2. « Distance orthodromique des villes », sur lion1906.com (consulté le 19 avril 2010)
  3. a et b Dives-sur-Mer sur Géoportail.
  4. « Statistiques de l'unité urbaine de Dives-sur-Mer », sur statistiques-locales.insee (consulté le 19 avril 2010)
  5. J. Dercourt (1998) p. 172
  6. J. Dercourt (1998) p. 165
  7. Bonneton (1997) p. 233
  8. « Histoire des marais de la Dives », sur lesmaraisdeladives.com (consulté le 19 avril 2010)
  9. J-L. Rosenthal (2004) p. 211
  10. « Relevé météorologique de Caen-Carpiquet : 1961-1990 », sur Infoclimat (consulté le 30 mars 2010)
  11. Terminus ligne Cabourg-Dives - Trouville-Deauville sur Géoportail.
  12. « Bus verts du Calvados - Horaires de la ligne 20 » (consulté le 20 mai 2010)
  13. Réélection 2014 : « Le maire Pierre Mouraret reconduit dans ses fonctions », sur Le Pays d'Auge.fr (consulté le 30 mars 2014)
  14. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  15. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011
  16. « Évolution et structure de la population à Dives-sur-Mer en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 25 octobre 2010)
  17. « Résultats du recensement de la population du Calvados en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 25 octobre 2010)
  18. « Notice no PA00111283 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  19. « Notice no PA00111284 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  20. « Notice no PA00111835 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  21. « Notice no PA00111285 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  22. Voir l'historique de cet événement dans la Revue critique du livre d'artiste Ligature, numéro spécial, septembre 2013,140p. (ISBN 979-1091274210), éditions de l'association LAAC