Gaillon

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49° 09′ 40″ N 1° 20′ 12″ E / 49.1611111111, 1.33666666667

Gaillon
La ville vue depuis le château
La ville vue depuis le château
Armoiries
Détail
Administration
Pays France
Région Haute-Normandie
Département Eure
Arrondissement Les Andelys
Canton Gaillon
Code commune 27275
Code postal 27600
Maire
Mandat en cours
Bernard Ledilavrec
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes Eure-Madrie-Seine
Démographie
Population 7 224 hab. (2009)
Densité 709 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 09′ 40″ Nord
       1° 20′ 12″ Est
/ 49.1611111111, 1.33666666667
Altitudes mini. 8 m — maxi. 144 m
Superficie 10,19 km2

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Gaillon est une commune française, située dans le département de l'Eure et la région Haute-Normandie.
Ses habitants sont les Gaillonnais.

Sommaire

[modifier] Géographie

[modifier] Toponymie

  • Hydrographie : la Seine ; ruisseau de Grammont ; fontaine de la Colonie.
  • Bois : bois de Grammont ; bois de Rouen ; bois Saint-Paul.
  • Hameaux et écarts : Angreville ; les Artaignes ; l'Aunaie (ferme) ; le Clos Morice ; les Douaires (ferme) ; Gailloncel ; la Garenne ; les Granges Dîmes ; Mont Martin ; la Muette ; Notre-Dame de la Garenne ; les Sables ; le Val d'Any (ferme).
  • Autres toponymes : les Carreaux ; les Crayons ; Croix Gilles Philippe ; les jardins du Bas (ancien parc) ; le Pot à l'Eau ; ravin des Préaux (vallon) ; les Trente Acres (sablière).

[modifier] Étymologie

Le village de Gaillon est attesté en latin médiéval au XIIe siècle sous les formes Gaillo, Guaillum, Wallio et Gaallonii.

Albert Dauzat et Charles Rostaing[1] considèrent qu'il s'agit du nom de personne germanique *Wadal (Förstemann (de) cite l'anthroponyme Wadilus) suivi du suffixe -o /-one de localisation. Cependant, François de Beaurepaire[2] indique que ce mode de composition est tout à fait inusuel avec un nom de personne germanique.

Il suggère donc un rapprochement avec Wail (Pas-de-Calais, Wadhil 1066), Gaël (Ille-et-Vilaine, Wadel 816) que Maurits Gysseling considère comme issus de wadellu(m) « passage à gué ». Il est lui-même dérivé du vieux bas francique *wad que certains spécialistes[3] considèrent aussi comme probable étymologie du terme gué.

Il serait dans ce cas suivi du suffixe -o / -one et signifierait « lieu du gué ». D'ailleurs, Gaillon est traversé par un ruisseau en provenance de Sainte-Barbe-sur-Gaillon. On note près de Gaillon, le hameau de Gailloncel désigné sous sa forme normande de Waillonchel en 1231.

Homonymie avec Gaillon-sur-Montcient dans le département des Yvelines.

[modifier] Histoire

[modifier] Une ville gallo-romaine ?

Château de Gaillon
La place de l'église. En arrière plan, le château
Façade de l'église

Sans remonter à la Préhistoire qui laissa pourtant quelques traces en notre contrée, c’est au cours de l’époque romaine qu’il faut commencer à voir un appréciable regroupement de populations dans la vallée et surtout sur les hauteurs la dominant[réf. nécessaire].

Saint-Aubin-sur-Gaillon est peut-être la ville gallo-romaine d'origine, puisque l'archéologie y a exhumé des bains publics et des fana[4]. D'ailleurs avec l’avènement du christianisme, Saint-Aubin fut longtemps paroisse mère de Gaillon. Par contre, l'archéologie moderne n'a pas révélé de trace d'un oppidum celtique sur le site du château de Gaillon. De même, on ne sait rien du nom ancien de l'endroit.

[modifier] Époque médiévale

Un château ducal destiné à défendre la frontière de Normandie contre le roi de France est édifié vers le XIe siècle et il fait alors partie de tout un système de fortifications majoritairement construites le long de l'Epte côté normand (Malassis, Gasny, Baudemont, Écos, Château-sur-Epte, etc.), mais aussi entre Eure et Seine (rive gauche) parmi lesquelles Gaillon.

En 1192, au terme d'un accord conclus entre Philippe Auguste, le roi de France et Jean Sans Terre, le roi d'Angleterre et duc de Normandie, Gaillon passe sous la domination du roi de France, au même titre que le Vexin normand et quelques autres places fortes, dont Évreux. Jean Sans Terre n'est qu'un roi suppléant pendant la captivité de son frère Richard Cœur de Lion, mais dès sa libération et son retour en terre normande en 1194, ce dernier récupère quelques-unes de ses possessions après avoir défait le Capétien à Fréteval, mais pas Gaillon et Vernon que Richard perd au terme d'un traité avec Philippe. C'est pourquoi il consolide ses positions en faisant construire Château-Gaillard aux Andelys sur l'autre rive de la Seine. Ce n'est cependant qu'en 1204, après la chûte de la place forte et la conquête de toute la Normandie qui s'ensuit, que Gaillon est définitivement rattachée au domaine royal français.

L’amitié entre deux hommes allait engendrer la célébrité de Gaillon. En effet, Saint Louis (Louis IX), roi de France, possédait le manoir féodal, vestige de l’ancien château fort des ducs de Normandie, attribué à Cadoc (ce même Cadoc à l'origine des armes de Gaillon). Le bon roi ne s’intéressait guère à cette propriété et c’est grand plaisir qu’il fit à son ami Eudes Rigaud, archevêque de Rouen, en lui cédant tours et murailles médiévales contre une rondelette somme d’argent et menus avantages.

[modifier] Georges d'Amboise

Les archevêques se succédèrent ensuite sur le siège épiscopal de Rouen mais en 1453, l’un d’eux, Guillaume d'Estouteville, célèbre bâtisseur normand, entreprit la construction de ce qu’il devenait convenable de nommer un château.

En 1494, son successeur, futur légat du Pape et premier ministre de Louis XII, grand mécène des arts, féru d’Italie, allait être la chance de Gaillon.

Georges d'Amboise entreprit, dès 1500 jusque vers 1509, la réalisation d’un palais, qui allait devenir le premier château de la Renaissance en France : vastes bâtiments accompagnés de galeries et de jardins, dont le Lydieu est alors la perle. IL dépense pour 50 000 livres pour la réalisation du chateau. Il reçoit en 1508 la visite du roi Louis XII et de sa femme Anne de Bretagne. Gaillon fonctionna comme une cour en miniature.

Les successeurs du Cardinal d'Amboise s’efforceront de maintenir le château dans le meilleur état possible, y apportant même des embellissements.

En 1563, Monseigneur de Bourbon fonde la chartreuse dans la plaine d’Aubevoye, en complément logique de son palais.

Détruite par un violent incendie en 1764, elle fut reconstruite et vécut en tant que monastère de l’ordre des Chartreux jusqu’en 1790, pour être démolie à l’occasion de sa vente à un fermier, en 1834. L’affiche de cette vente portait la mention : « Ce domaine est des plus beaux de France ».

La ville fut secouée par une violente révolte paysanne, une jacquerie d'une certaine ampleur (on trouve notamment référence à cet épisode dans les mémoires de Madame de Sarry): après que le seigneur ait décidé de pendre le "gueux" Pierre Deschamps pour braconnage, les paysans se révoltèrent pour protéger celui qui était considéré comme "l'idiot du village", et qui était normalement pris en charge par les moines.

Pendant ces temps, les visiteurs célèbres se succédaient à Gaillon : Henri III, Henri IV, Louis XIV, le chancelier Séguier, Monseigneur de Harlay, mécène des lettres, auteur du Mercure de Gaillon les recevait royalement, accompagnés qu’ils étaient de la fine fleur des gentilshommes du moment.

Le fils du ministre Colbert, à son tour archevêque, fera embellir les lieux par les soins qualifiés de Mansart et de Le Nôtre, tandis que le Cardinal de la Rochefoucauld y recevra Benjamin Franklin et Louis XVI.

À la Révolution, le château bien de l’Église devient bien national. Il est mis en vente en 1792. Son nouveau propriétaire le dépèce et met en vente les éléments sculptés. Alexandre Lenoir, conservateur du musée des Petits Augustins de Paris, fera remonter certaines pièces de l’édifice dans la cour des Beaux-Arts. Le reste du château allait devenir par les soins de Napoléon Ier un pénitencier, signant ainsi sa déchéance.

Le XIXe siècle voyait la région bouleversée par des affaires retentissantes secouant le monde de la bourgeoisie locale : affaire Tournebut, relative à la Chouannerie normande ou le drame du château de Jeufosse[5]. En 1840, on rendait hommage aux cendres de l’Empereur glissant par la Seine vers Paris.

On accueillait Louis-Philippe, mais bientôt, de décembre 1870 à mars 1871, Gaillon subissait la botte prussienne. En cette triste occasion, le mot de Victor Hugo resta célèbre: "les Gaillonnais sont à l'Allemagne ce que Cicéron était à Rome: peu d'amour, bien trop de dédain".

[modifier] Un Camp d'internement français pendant la Seconde Guerre mondiale

Gaillon dans l’Eure, pour les internés politiques et de droit commun, et de transit pour les Juifs raflés.

[modifier] Résumé de l’histoire de la ville en quelques dates

[modifier] Héraldique

Blason de Gaillon

De gueules à la tour d'or ouverte et maçonnée de sable[6].

[modifier] Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 mars 2008 Serge Champey UMP Maire
mars 2008 mars 2014 Bernard Ledilavrec PS Maire

Gaillon est chef-lieu du canton de Gaillon mais aussi d'un canton dont elle ne fait pas partie : le canton de Gaillon-Campagne.

[modifier] Démographie

[modifier] Évolution démographique

D’après le recensement Insee de 2007, Gaillon compte 6 880 habitants (soit une stagnation par rapport à 1999). La commune occupe le 1 413e rang au niveau national, alors qu'elle était au 1 331e en 1999, et le 9e au niveau départemental sur 675 communes.

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués à Gaillon depuis 1793. Le maximum de la population a été atteint 2007 avec 6 880 habitants.

1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 054 925 1 050 1 022 1 143 1 143 2 596 2 856 3 206
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 578 3 340 3 219 3 335 3 474 3 488 3 198 3 206 3 016
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 769 2 479 2 612 2 622 1 836 2 023 1 968 2 393 2 562
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2009 -
3 152 3 604 4 318 5 845 6 303 6 860 6 724 7 224 -
Sources : Base Cassini de l'EHESS jusqu'en 1962[7], base Insee à partir de 1968[8],[9],[10].

[modifier] Pyramide des âges

La population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (17,6 %) est en effet inférieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (19,8 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (50,6 %) est du même ordre de grandeur que le taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 49,4 % d’hommes (0 à 14 ans = 22,3 %, 15 à 29 ans = 24,5 %, 30 à 44 ans = 19,6 %, 45 à 59 ans = 17,2 %, plus de 60 ans = 16,5 %) ;
  • 50,6 % de femmes (0 à 14 ans = 18,6 %, 15 à 29 ans = 25,1 %, 30 à 44 ans = 18,8 %, 45 à 59 ans = 18,8 %, plus de 60 ans = 18,7 %).
Pyramide des âges à Gaillon en 2007 en pourcentage[11]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,3 
90  ans ou +
0,7 
4,3 
75 à 89 ans
7,0 
11,9 
60 à 74 ans
11,0 
17,2 
45 à 59 ans
18,8 
19,6 
30 à 44 ans
18,8 
24,5 
15 à 29 ans
25,1 
22,3 
0 à 14 ans
18,6 
Pyramide des âges du département de l'Eure en 2007 en pourcentage[12]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,3 
90  ans ou +
1,0 
5,2 
75 à 89 ans
8,1 
12,1 
60 à 74 ans
12,8 
21,5 
45 à 59 ans
20,7 
21,5 
30 à 44 ans
20,9 
18,4 
15 à 29 ans
17,1 
21,1 
0 à 14 ans
19,5 

[modifier] Monuments et lieux touristiques

[modifier] Économie

[modifier] Festival

  • Gaillon possède son propre festival de peinture, le Festival Aquarell'Eure [13], qui se déroule la première semaine de juin.

Les objectifs de ce Festival d'aquarelle sont multiples. D’une part, pour les artistes :

- Promouvoir l’aquarelle, faire mieux connaître ce médium

- Disposer d’un évènement important dans la moitié Nord de la France. Les grandes manifestations nationales liées à l’aquarelle sont exclusivement organisées dans la moitié Sud.

- Permettre les rencontres entre artiste internationaux et aquarellistes amateurs régionaux

Et d’autre part pour le public :

- Permettre au public Normand, Parisien, etc.,… d'avoir des expos de haut niveau à proximité

- créer un évènement phare afin de faire mieux connaître la ville et la région

- participer au développement de l’activité touristique.

[modifier] Personnages célèbres

[modifier] Jumelages

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens internes

[modifier] Liens externes

[modifier] Bibliographie

  • Evelyne Thomas, "Gaillon, chronologie de la construction", dans L'architecture de la Renaissance en Normandie, Actes du colloque de Cerisy-la-Salle (30 septembre - 4 octobre 1998), Presses universitaires de Caen, 2003, t.1, p. 153 à 161.
  • Monique Chatenet, Evelyne Thomas, "Le château de Georges Ier d'Amboise à Gaillon", dans L'architecture de la Renaissance en Normandie, Actes du colloque de Cerisy-la-Salle (30 septembre - 4 octobre 1998), Presses universitaires de Caen, 2003, t.2, p. 13 à 30.
  • Élisabeth Chirol, Le Château de Gaillon : un premier foyer de la Renaissance en France, M. Lecerf, Rouen, 1952.
  • Thierry Garnier, Mémoires de deux Cités, Gaillon historique et mystique (t.1 & 2), M2G éd., 2005.
  • Jean Mineray, "Gaillon, un château, des villages, des histoires..."Edit. Bertout (Luneray), (1984).
  • Jean Mineray, "Récits et documents pour servir à l'histoire de Gaillon et d'alentour",Edit. Bertout (Luneray),(1991).
  • Pierre Deschamps, "Histoire d'une enfance douloureuse: le calvaire eureux". 2009
  • Yvette Sémard; préf. de Gilles Perrault: En souvenir de l'avenir. Au jour le jour dans les camps de Vichy 1942-1944. La Petite Roquette, les camps des Tourelles, d'Aincourt, de Gaillon, de La Lande et de Mérignac. éd. L'Arbre verdoyant, Montreuil, 1991. 197 p. ISBN 9782867180224

[modifier] Notes et références

  1. Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, éditions Larousse, 1968.
  2. François de Beaurepaire (préf. Marcel Baudot), Les Noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, Paris, A. et J. Picard, 1981, 221 p. (ISBN 2-7084-0067-3) (OCLC 9675154) 
  3. Étymologie du terme gué :[1]
  4. Revue Persée : [2]
  5. http://www.ville-saintaubinsurgaillon.fr/Site/pages/Hameau%20de%20Jeufosse.htm
  6. Banque du Blason
  7. Notice communale de Gaillon sur la base Cassini. Consulté le 1er janvier 2012.
  8. Résultats du recensement de la population - Gaillon sur le site de l'Insee. Consulté le 1er janvier 2012.
  9. Recensement de la population au 1er janvier 2006 sur le site de l'Insee. Consulté le 1er janvier 2012.
  10. Populations légales 2009 en vigueur le 1er janvier 2012 sur le site de l'Insee. Consulté le 1er janvier 2012.
  11. Évolution et structure de la population à Gaillon en 2007 sur le site de l'Insee. Consulté le 20 novembre 2010
  12. Résultats du recensement de la population de l'Eure en 2007 sur le site de l'Insee. Consulté le 20 novembre 2010
  13. http://aquarelle-eure-festival.over-blog.com
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