Léon de La Sicotière

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Léon de La Sicotière

Description de l'image  Leon de La Sicotière02.jpg.
Alias
« Le bon La Sicotière »
Naissance 3 février 1812
Valframbert
Décès 28 février 1895 (à 83 ans)
Alençon
Nationalité Drapeau de la France France
Profession Avocat
Activité principale Homme politique
Autres activités
Formation
Distinctions

Pierre-François-Léon Duchesne de La Sicotière, né le 3 février 1812 à Valframbert et mort le 28 février 1895 à Alençon, est un homme politique et historien local français.

Biographie[modifier | modifier le code]

D’une vieille famille française, dont les membres avaient occupé des postes honorables, mais n’avaient jamais été des courtisans sous l’Ancien Régime, ni des parvenus sous le nouveau, La Sicotière fut mis de bonne heure au collège d’Alençon, où il se montra un écolier modèle, sage et studieux, dont son professeur de philosophie, l’abbé Roger, disait que c’était « une des colonnes de sa classe. » Il y eut pour condisciple le futur Supérieur du Grand-Séminaire et vicaire général, de Fontenay, avec qui il resta ami jusqu’à sa mort.

À la fin de ses études de droit à l’Université de Caen, en 1834, il endossa, à l’âge de vingt-deux ans la profession d’avocat au barreau d’Alençon, dont il fut élu bâtonnier, et se maria bientôt après. Entré en politique comme conseiller municipal d’Alençon, puis conseiller d’arrondissement, il démissionna de ses fonctions lors du coup d'État du 2 décembre 1851. Redevenu conseiller général en 1862 pour le canton ouest de cette ville jusqu’à la chute de l’Empire, il fut élu, le 8 février 1871, député de l’Orne à l’Assemblée nationale, le deuxième sur huit, par 57 820 voix, et prit place au centre droit. Il fut chargé de plusieurs rapports par les commissions dont il était membre. Il s’abstint lors du vote de l’amendement Wallon et adopta l’ensemble des lois constitutionnelles. Aux élections sénatoriales du 30 janvier 1876, candidat de « l’Union conservatrice », il publia une profession de foi constitutionnelle, fut élu, au troisième tour de scrutin, le premier sur trois, par 374 voix sur 595 électeurs, et reprit sa place au centre droit.

La Sicotière présenta au Sénat, en 1878, un projet de loi fort en avance sur son temps visant à empêcher la destruction des oiseaux insectivores dans les campagnes, projet qui fut rejeté après une vive et spirituelle passe d’armes avec son collègue Testelin. Réélu au renouvellement triennal du 8 janvier 1882, le deuxième sur trois par 552 voix sur 584 volants, il le fut aussi, à celui du 4 janvier 1891, le premier sur trois, par 524 voix sur 951 votants. Au milieu des passions qui s’agitaient autour de lui, La Sicotière resta cependant homme d’études, et sa carrière législative fut assez effacée. Il n’aborda jamais la tribune, mais ses travaux, ses rapports étaient sérieux et étudiés. Celui sur le projet de loi concernant la protection des oiseaux, par exemple, ne touchait pas aux grands intérêts de l’État, mais offrait le mérite de la méthode et de la clarté qui en résulte. Par ailleurs, La Sicotière avait fait un autre rapport de plus de neuf cents pages in-4° sur la situation de l’Algérie pendant la guerre. La grand compétence qu’il y démontra fit dire au président du Sénat, Challemel-Lacour, dans son éloge funèbre, à la mort de l’auteur, que ce travail volumineux était toujours consulté avec utilité.

Bibliophile et collectionneur, La Sicotière se passionna pour l’histoire et c’est dans la rédaction de nombreux ouvrages d’érudition que réside sa célébrité. Son titre de gloire en tant qu’historien est d’avoir jeté une lumière qui n’existait pas avant lui sur la mystérieuse histoire du jeune Louis XVII avec son Louis XVII en Vendée. La Sicotière était également passionné pour l’histoire de ses compatriotes émigrés au Canada mais son chef-d’œuvre a été l’Histoire de Frotté et des insurrections normandes, qui fut, à son époque, pour le monde savant lui-même, une grande découverte. Autant la chouannerie bretonne était célèbre, autant la chouannerie normande était obscure et inconnue. C’est à La Sicotière qu’on doit d’avoir comblé une lacune considérable dans l’histoire de la Révolution avec ses recherches sur la chouannerie normande des Frotté et des Puisaye, historiquement aussi intéressante que les guerres de Bretagne, et même de Vendée.

La Sicotière fonda, en 1881, de concert avec l’archiviste du département Louis Duval, la Société historique et archéologique de l'Orne en 1882, société qui a contribué puissamment au développement des études locales et auquel la composition de cette histoire lui doit beaucoup de documents. En 1847, il avait fondé la Société d’horticulture et, en 1857, le Musée des beaux-arts et de la dentelle d’Alençon, puis la Société d’histoire contemporaine en 1890.

Ce passionné de littérature n’écrivait jamais juste pour la beauté du style, voulant que sa pensée renferme toujours quelque chose d’utile, qu’il ornait ensuite avec une élégance d’autant plus méritoire qu’elle n’était pas chez lui le résultat de la facilité, mais d’un travail pénible et surtout raisonné, qui lui faisait mettre chaque chose à sa place, avec une méthode qui ne permettait pas de lire ses ouvrages sans acquérir sans cesse quelque connaissance nouvelle. Nul n’était, en privé, plus simple, plus cordial, plus éloigné de toute prétention que cet homme dont la bonté allait quelquefois jusqu’à la faiblesse. Tous ceux qui l’avaient connu attestaient ne s’être jamais vu refuser le prêt d’un volume assez souvent d’un grand prix, et même unique dans son genre. Quiconque se présentait en consultation, fût-ce à une heure indue, n’en était pas moins assuré de l’amabilité de La Sicotière, dont la chambre et le lit étaient encore en désordre, et de ressortir avec la réponse qu’il désirait avoir, aussi tout le monde appréciait-il celui que son ami Gustave Le Vavasseur appelait « le bon La Sicotière ».

En 1894, l’Institut le nomma membre correspondant en attendant l’admission complète qu’il n’obtint jamais étant mort au début de l’année suivante, à l’âge de quatre-vingt-trois ans. La Sicotière s’était signalé de bonne heure parmi les membres les plus zélés de la Société des antiquaires de Normandie, qui l’élut pour directeur à deux reprises, en 1843 et en 1893, et de la Société française d’Archéologie, dont il fut pendant de longues années, inspecteur pour le département de l’Orne. Il avait également fait partie, dès ses débuts, de l’Intermédiaire, apportant jusqu’à sa dernière heure, sous divers pseudonymes, une collaboration constante et ininterrompue aux Nouvelles de l’intermédiaire. Le 21 aout 1900, la ville d’Alençon lui rendit hommage en lui élevant un monument dans le jardin de l’Hôtel de Ville.

Bibliographie partielle[modifier | modifier le code]

  • Mémoire sur le roman historique ; présenté au Congrès Scientifique de France, tenu au Mans, Sept. 1839, Le Mans, Richelet, 1839 ;
  • Histoire du Collège d’Alençon (France), Caen, H. Le Roy, 1842 ;
  • Notice sur les vitraux de l’église Notre-Dame d’Alençon, Caen, A. Hardel, 1842 ;
  • Notice sur la Cathédrale de Séez, (Orne), Alençon, Bonnet, 1844 ;
  • Le Château de Carrouges, Angers, 1844, in-18 ;
  • La Cour de la reine de Navarre à Alençon, Caen, 1844, in-4° ;
  • Notice sur L-A. Piel, architecte et dominicain, Caen, 1844, in-8° ;
  • Observations sur le symbolisme religieux, Poitiers, 1844, in-8° ;
  • Le Département de l’Orne archéologique et pittoresque, Laigle, Beuzelin, 1845 ;
  • Julien Riqueur, poète français du XVIe siècle, Caen, 1846, in-8° ;
  • Un atelier de fausse monnaie au XVIe siècle, Blois, 1847, in-8° ;
  • La Normandie illustrée, monuments, sites et costumes de la Seine-Inférieure, de l’Eure, du Calvados, de l’Orne et de la Manche, dessinés d’après nature, Nantes, Charpentier père, fils et cie., 1854 ;
  • Notes statistiques sur le département de l’Orne, Paris, Poulet-Malassis, 1861 ;
  • Bio-bibliographie de la reine Marie-Antoinette, Paris, 1863, in-8° ;
  • À propos d'autographes, MarieAntoinette. Mme Roland. Charlotte Corday, Rouen, 1864, in-8° ;
  • Documents pour servir à l’histoire des élections, Alençon, E. de Broise, 1865 ;
  • Monanteuil dessinateur et peintre, Caen, 1865, in-8° ;
  • Charlotte Corday et Fualdès, Paris, 1867, in-8° ;
  • Notes pour servir à l'histoire des jardins et de l'arboriculture dans le département de l'Orne, Alençon, 1867, in-8° ;
  • Coup d’œil sur les historiens du Perche, Rouen, 1874, in-8° ;
  • Rapport fait au nom de la Commission d’enquête sur les actes du gouvernement de la défense nationale. Commission d’enquête sur les actes du gouvernement de la défense nationale, Versailles, Cerf et fils, 1875 ;
  • Le Curé Cantiteau : Notes sur les Cathelineau, Angers, Germain et G. Grassin, 1877 ;
  • La mort de Jean Chouan et sa prétendue postérité, Mamers, G. Fleury et A. Dangin, 1877, 38 p., in-8° (tiré-à-part de la Revue historique et archéologique du Maine) ;
  • Le Curé Cantiteau, Notes sur les Cathelineau, Angers, 1877, in-8° ;
  • Pacification de la Vendée 1800 : conversation entre un officier envoyé par le général Hédouville et MM. de Chatillon et de Bourmont, Paris, Charavay, 1878 ;
  • Le Curé Pous : correspondance inédite d’un membre de l’Assemblée constituante, 1789-1791, Angers, Germain et G. Grassin, 1880 ;
  • René Chouan et sa prétendue postérité, Mamers, G. Fleury et A. Dangin, 1880, 18 p., (tiré-à-part de la Revue historique et archéologique du Maine) ;
  • René Thouar et sa prétendue postérité, 1881, in-8° ;
  • Les Faux Louis XVII, Paris, Palmé, 1882, in-8° ;
  • L’Association des étudiants en droit de Rennes avant 1790, Nantes, V. Forest et E. Grimsud, 1883 ;
  • Les Soumissions dans l’ouest (janvier-février 1800), Mamers, G. Fleury et A. Dangin, 1885 ;
  • L'Évasion du fort de Jouy, janvier 1805, 1885, in-8° ;
  • La Conversion de Rancé, 1885, in-8° ;
Statue de Léon de La Sicotière à Alençon.
  • L’Émigration percheronne au Canada pendant le XVIIe siècle : discours lu à la séance publique du la Société Historique et Archéologique de l’Orne, le 27 octobre 1887, Alençon, E. Renaut-de Broise, 1887 ;
  • Un essai de socialisme, 1793-94-95. Réquisitions, maximum, assignats, Paris, 1887 ;
  • Le Centenaire de 1789, le monument de la Révolution, Mayenne, Imprimerie de la Manutention, 1889 ;
  • Louis de Frotté et les insurrections normandes, 1889, 5 vol. gr. in-8°, ouvrage couronné par l'Académie française° ;
  • Étude historique et critique sur l’ouvrage de M. Port : La Vendée Angevine, les origines, l’insurrection, (janvier 1789-31 mars 1793), Angers, Germain et Grassin, 1889 ;
  • Louis de Frotté et les insurrections normandes, 1793-1832, Paris, Plon, 1889 ;
  • Hugues Guérin de Fléchelle, dit Gaultier-Garguille, comédien et chansonnier, Caen, H. Delesques, 1890, in-8° ;
  • Louis XVII en Vendée, Vannes, Lafolye, 1895, in-8°.

La Sicotière a donné à Paris une édition des Mémoires de Dulaure (1862, in-18) dont la notice a été tirée à part et, pour la Société des bibliophiles normands, la Vie de sainte Opportune, abbesse d’Almenêches au diocèse de Séez en Normandie, poème légendaire du Moyen Âge, publié pour la première fois avec une introduction et des notes, Rouen, H. Boissel, 1866, petit in-4°.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Louis Pierre Hommey, Histoire générale ecclésiastique et civile du diocèse de Séez, t. 5, Alençon, E. Renaut-De Broise, 1900.

Liens externes[modifier | modifier le code]