Elbeuf
| Elbeuf-sur-Seine | ||||||
Quartier du Puchot |
||||||
Blason |
||||||
| Administration | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Pays | ||||||
| Région | Haute-Normandie | |||||
| Département | Seine-Maritime | |||||
| Arrondissement | Rouen | |||||
| Canton | Elbeuf (chef-lieu) | |||||
| Intercommunalité | CREA | |||||
| Maire Mandat |
Djoudé Merabet 2008 - 2014 |
|||||
| Code postal | 76500 | |||||
| Code commune | 76231 | |||||
| Démographie | ||||||
| Gentilé | Elbeuvien, Elbeuvienne | |||||
| Population municipale |
17 251 hab. (2009) | |||||
| Densité | 1 057 hab./km2 | |||||
| Population aire urbaine |
88 292 hab. | |||||
| Géographie | ||||||
| Coordonnées | ||||||
| Altitude | Min. 2 m — Max. 133 m | |||||
| Superficie | 16,32 km2 | |||||
| Localisation | ||||||
|
Géolocalisation sur la carte : Seine-Maritime Géolocalisation sur la carte : Seine-Maritime Géolocalisation sur la carte : France Géolocalisation sur la carte : France |
||||||
| Liens | ||||||
| Site web | www.mairie-elbeuf.fr | |||||
| modifier |
||||||
Elbeuf (/ɛlbə/) est une commune française, située dans le département de la Seine-Maritime et la région Haute-Normandie. La commune est parfois dénommée Elbeuf-sur-Seine[1], pour faire la distinction avec les deux autres Elbeuf de Seine-Maritime.
La ville a le label « Villes et pays d'art et d'histoire ».
Sommaire |
Géographie [modifier]
Elbeuf est un chef-lieu de canton situé en Seine-Maritime sur un méandre de la Seine, à 18 kilomètres de Rouen. Cette ville est répartie sur une surface de 1600 hectares.
Du fait de sa position sur le fleuve, la ville a été périodiquement sujette aux inondations. La plus importante d'entre elles se produisit en 1910.
Les digues ont été relevées et les routes surélevées en bordure du fleuve. Deux ponts franchissent la Seine en direction de Saint-Aubin-lès-Elbeuf et la ville a pour principale commune limitrophe Caudebec-lès-Elbeuf.
Histoire [modifier]
À la fin du Xe siècle, un village portant le nom de Wellebou se développe. On trouve aussi les formes Guellebo 1021-25 (forme francisée avec [g] au lieu de [w] des dialectes du nord de la France) et Wellebuoht 1070-81.
Formé des appellatifs anglo-scandinave wella « source, cours d'eau » et scandinave both « établissement ». Comme c'est souvent le cas dans les toponymes de l'est de la Normandie en /w/, devant /e/ ou /i/, il s'amuit, d'où Elbeuf[2].
Ce nom est cité dans une charte de Richard Ier de Normandie. Wellebou était centré sur l'église toujours actuelle de Saint-Étienne.
L'industrie drapière [modifier]
Vers 1514, les premières draperies d'Elbeuf voient le jour. Après la corporation des tisserands, Jean-Baptiste Colbert donnera en 1667 un élan supplémentaire à l'industrie drapière avec la Manufacture royale de draps d'Elbeuf.
Le 3 novembre 1802, Napoléon visite les manufactures.
La concurrence étrangère aura raison de cette activité économique de la ville qui chutera pendant le contrôle allemand lors de la Seconde Guerre mondiale. Les bombardements de 1944 détruisent une partie du centre ville. La ville se reconstruit mais dans les années 1950, l'industrie drapière doit faire face à l'apparition des textiles synthétiques. Cette concurrence va amener la disparition progressive de cette industrie. La firme Prudhomme est la dernière à fermer en 1990[3].
La « ville aux cent cheminées », telle qu'elle fut surnommée, s'est tournée vers une activité industrielle plus moderne : industrie chimique et mécanique avec notamment les usines Renault et Rhône-Poulenc.
-
Le Viaduc de l'Hospice, sur la ligne de Rouen à Orléans, vers 1905
Une forte immigration alsacienne [modifier]
Après la guerre de 1870 un grand nombre d'Alsaciens qui refusaient l'annexion ont choisi Elbeuf pour s'y installer. Beaucoup de ces nouveaux habitants travaillaient dans l'industrie textile en Alsace. Or les clauses douanières du traité de Francfort leur fermaient dorénavant le marché français[4].
Paul Lévy écrit : « Des 4 000 Bischwillerois qui ont quitté leur ville natale entre 1869 et 1874 — dont 75 fabricants sur 96 et plus de 3 000 ouvriers sur 5 000 — plus de la moitié s'est retrouvée à Elbeuf, où ils continuaient à former un groupement original au sein de la population autochtone. D'abord beaucoup d'entre eux étaient luthériens au milieu d'une population catholique. Leur pasteur leur faisait un sermon en allemand tous les quinze jours et, l'office terminé, s'entretenait avec eux en dialecte. Car le dialecte a subsisté, parlé couramment chez tous les vieux, fidèlement conservé par beaucoup de jeunes[5] » et il cite Delahache : « Je les ai entendus [en 1914], entre eux ou avec les patrons, et d'entendre ce langage ici, dans une petite ville normande, à 500 km. de l'Alsace..., je me croyais là-bas, chez eux, chez moi... Ils se sont longtemps mariés entre « pays », et cette tradition non plus n'est pas perdue[6] ».
Parmi cette communauté d'origine alsacienne se trouvaient les familles Blin, Fraenckel et Herzog[7]. L'écrivain André Maurois, de son vrai nom Émile Herzog, appartenait à cette dernière famille. Il est né à Elbeuf.
Héraldique [modifier]
| Image | Nom de la commune et blasonnement |
|---|---|
| Elbeuf
Parti, au premier d'or à la croix patriarcale de gueules, posée sur une terrasse de sinople, supportant une vigne du même fruitée de pourpre, au second d'azur à une ruche d'or, posée sur une terrasse de sinople, entourée d'abeilles sans nombre du même |
|
| Elbeuf (Seine-Inférieure)
Pendant le Premier Empire : d'argent, à une ruche d'azur, posée sur une terrasse de sinople et entourée d'un essaim, au chef de gueules, chargé de trois abeilles d'or[8]. |
Administration [modifier]
Démographie [modifier]
La population en doubles comptes est de 8 393 habitants (Elbeuviens) pour un budget principal seul. Elbeuf se situe dans la strate des communes de 5 000 à 10 000 habitants appartenant à un groupement fiscalisé (TPU).
Elbeuf s'appuie aussi sur les communes de son agglomération dont la démographie se situe dans les mêmes ordres : Caudebec-lès-Elbeuf (10 000 habitants), Saint-Aubin-lès-Elbeuf (8 000 habitants) et Saint-Pierre-lès-Elbeuf (8 000 habitants).
Économie [modifier]
Elbeuf est le siège de la Chambre de commerce et d'industrie d'Elbeuf. Elle gère le CFA, le port fluvial d'Elbeuf, la Zone Angot, le Bâtiment 3 et l'Hôtel des Compétences.
La compétence économique d'Elbeuf et de son agglomération est gérée par l'agglomération d'Elbeuf.
Transports [modifier]
La gare d'Elbeuf-Saint-Aubin est desservie par les TER Basse et Haute-Normandie.
Les transports publics sont assurés par TAE. Le réseau de bus comprend 7 lignes régulières, 5 lignes de cars scolaires et un système de transport à la demande.
Ancien tramway [modifier]
En 1898, la cité drapière, récemment raccordée à Rouen par voie ferroviaire (1883), se dota d'un tramway. Après seulement quelques décennies, le tramway d'Elbeuf fut fermé le 8 janvier 1926.
Principaux équipements [modifier]
La ville dispose de l'antenne de l'IUT de Rouen, axées sur les NTIC.
Lieux et monuments [modifier]
- Le Musée de l'hôtel-de-ville
- L'église Saint-Jean (classée monument historique en 1992)
- L'église Saint-Étienne (classée monument historique en 1930)
- Les manufactures Delarue, Clarenson et Charles Houiller (draperies)
- Le Cirque-théâtre d'Elbeuf (1892)
- Quartier du Puchot, quartier « dit » créé dans les années 1960
- La synagogue, 29, rue Grémont, classée aux monuments historiques le 25 mai 2009[15]
- La Fabrique des Savoirs qui regroupe le musée d'Elbeuf, le Centre d'archives patrimoniales, le Centre d'interprétation de l'architecture et du patrimoine et la MJC d'Elbeuf.
Personnalités liées à la commune [modifier]
Voir aussi la Catégorie:Naissance à Elbeuf.
- Argentin, acteur (de son vrai nom Christian Argentin)
- Georges Chauvel, sculpteur
- Pierre Coulibeuf, cinéaste et plasticien
- Franz-Olivier Giesbert, journaliste, biographe et romancier
- Raoul Grimoin-Sanson, inventeur
- Marianne Hardy, actrice
- Auguste-Léopold Hervieux, avocat et littérateur (romans, poésies) est né à Elbeuf le 10 mars 1831. Obtint en 1884 le prix Jules-Janin décerné par l'Académie française
- Auguste Houzeau, chimiste
- Roger Knobelspiess, délinquant, devenu acteur et écrivain après sa libération
- René Le Senne, philosophe
- André Maurois (né Émile Salomon Wilhelm Herzog), romancier, membre de l'Académie française
- Charles Muller, journaliste et écrivain
- Raylambert (Raymond Gabriel Lambert), peintre et illustrateur d'un grand nombre d'ouvrages scolaires
- Blanche Toutain, comédienne
- Albert Vaguet, ténor de l'Opéra de Paris
- Jean-Philippe Dojwa, ancien coureur cycliste professionnel
Jumelage [modifier]
Lingen (Allemagne), voir Lingen (de)
Notes, sources et références [modifier]
- Site officiel de la ville d'Elbeuf, le site lui même indique « Bienvenue à Elbeuf sur Seine »
- François de Beaurepaire (préf. Marianne Mulon), Les Noms des communes et des anciennes paroisses de la Seine-Maritime, Paris, A. et J. Picard, 1979, 180 p. (ISBN 978-2-7084-0040-5) (OCLC 6403150).
Ouvrage publié avec le soutien du CNRS
- Emmanuel de Roux, Patrimoine industriel, p. 166-177, Éditions Scala, Paris, 2007 (ISBN 978-2-86656-406-3)
- Connaissance du patrimoine de Haute-Normandie..
- Paul Lévy, Histoire de la langue allemande en France, Éditions IAC, 1952, Tome II, p. 153.
- Georges Delahache, L'Exode, Paris, 1914
- Site de la mairie d'Elbeuf.
- http://www.euraldic.com/txt_vbh058_elbeuf.html
- Charles Brisson, Elbeuf, histoire de ses rues..., éditions du Pt'it Normand, 1980
- Recensement de 2006 des communes de la Seine-Maritime
- base Cassini
- Résultats du recensement de la population - Elbeuf, sur le site de l'Insee. Consulté le 1er janvier 2012.
- Recensement de la population au 1er janvier 2006, sur le site de l'Insee. Consulté le 1er janvier 2012.
- Populations légales 2009 en vigueur le 1er janvier 2012, sur le site de l'Insee. Consulté le 1er janvier 2012.
- Notice no PA76000086, base Mérimée, ministère français de la Culture