Granville

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Granville
Le port et Notre-Dame
Le port et Notre-Dame
Blason de Granville
Héraldique
Granville
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Basse-Normandie
Département Manche
Arrondissement Avranches
Canton Granville (chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes de Granville, terre et mer (siège)
Maire
Mandat
Dominique Baudry
2014-2020
Code postal 50400
Code commune 50218
Démographie
Gentilé Granvillais
Population
municipale
12 999 hab. (2011)
Densité 1 313 hab./km2
Population
aire urbaine
33 011 hab. (2011)
Géographie
Coordonnées 48° 50′ 17″ N 1° 35′ 13″ O / 48.838056, -1.58694448° 50′ 17″ Nord 1° 35′ 13″ Ouest / 48.838056, -1.586944  
Altitude Min. 0 m – Max. 67 m
Superficie 9,90 km2
Localisation

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Granville

Granville (prononcé [ ɡʁɑ̃vil ] Prononciation du titre dans sa version originale Écouter) est une commune française du département de la Manche et de la région Basse-Normandie. Chef-lieu de canton et siège de la communauté de communes du Pays granvillais, c'est une station balnéaire et climatique de la baie du mont Saint-Michel à l’extrémité de la côte des havres, un ancien port morutier et le premier port coquillier de France. Elle est parfois surnommée la « Monaco du Nord » du fait de sa situation sur un promontoire rocheux.

Sur un terrain occupé par les Vikings, la ville fondée par un vassal de Guillaume le Conquérant au XIe siècle, ancienne cité corsaire et forteresse de défense du Mont Saint-Michel, devient dès le XIXe siècle une station balnéaire fréquentée par de nombreux artistes, équipée d’un golf et d’un hippodrome. Patrie de la famille d'industriels Dior, commune importante qui absorbe en 1962 le village de Saint-Nicolas-près-Granville, port et aéroport du sud-Manche, c’est aussi depuis 1991 la ville du « Douzelage », jumelée avec vingt villes européennes et l’une des rares communes de France à disposer d’un quartier insulaire, les îles Chausey.

La commune est peuplée de 12 999 habitants[Note 1] (les Granvillais[1]).

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Granville est située au bord de la Manche à l’extrémité de la région naturelle du Cotentin, elle ferme par le nord la baie du Mont-Saint-Michel et par le sud la côte des havres. La ville haute est installée sur une presqu'île bordée de falaises schisteuses, appelée pointe du Roc ou cap Lihou. Le reste de la ville s’étend vers l’est sur le continent, délimité au nord par le Boscq, court fleuve côtier, et au sud par une alternance de falaises et de plages jusqu’au ruisseau La Saigue. La commune dispose de quatre plages de sable, une au nord entre la presqu'île et la rivière, trois au sud sur la baie. Elle occupe neuf cent quatre-vingt-dix hectares[2], pour la plupart territoire urbanisé mais cette urbanisation est maintenant limitée par la directive européenne Natura 2000 et la loi de préservation du littoral. La commune fait partie de l’association des Plus Beaux Détours de France. L’Institut national de l'information géographique et forestière donne les coordonnées géographiques 48° 50′ 17″ N 1° 35′ 13″ O / 48.83806, -1.58694[2]. Elle est le centre de l’aire urbaine de Granville.

Fermant au nord la baie du mont Saint-Michel et son estran à la pente très faible, elle bénéficie des plus fortes marées d’Europe, pouvant atteindre quatorze mètres par fort coefficient. Cette situation entraîne aussi des modifications parfois importantes du trait de côte sur les plages à proximité[3].

Au large, l’archipel des îles Chausey est administré par la commune de Granville. C’est un des seuls quartiers insulaires de France. Il se compose de cinquante-deux îles de granite à marée haute et plus de trois cent soixante-cinq à marée basse pour près de cinq mille hectares.

Granville est située à dix-sept kilomètres au sud-est de son quartier insulaire de Chausey, deux cent quatre-vingt-huit kilomètres à l’ouest de Paris-Notre-Dame, point zéro des routes de France, quarante-neuf kilomètres au sud-ouest de Saint-Lô, vingt-quatre kilomètres au nord-ouest d’Avranches, vingt-sept kilomètres au sud-ouest de Coutances, quatre-vingt-onze kilomètres au sud de Cherbourg-Octeville, vingt-trois kilomètres au nord du Mont-Saint-Michel, vingt-six kilomètres au nord-est de Cancale, quatre-vingt-dix-neuf kilomètres au sud-ouest de Caen.

Héritage des générations de marins partis de la commune[réf. nécessaire], elle est aussi située à 5 356 kilomètres de Granville dans l’État de New York, 6 053 kilomètres de Granville en Virginie-Occidentale et 6 196 kilomètres de Granville en Ohio, entre autres.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Granville dispose de limites naturelles matérialisées par la rivière Le Boscq au nord et le ruisseau La Saigue au sud. Durant quelques années, une rivière artificielle fut percée entre le continent et la presqu'île. Elle a été comblée et est aujourd’hui remplacée par la place du Maréchal Foch.

Relief[modifier | modifier le code]

La commune est pour une grande partie au niveau de la mer. Elle ne s’élève que peu vers l’intérieur des terres, un peu plus sur la presqu'île de la pointe du Roc pour atteindre soixante-sept mètres[2].

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Granville, située sur la Pointe du Roc est baignée du nord au sud et à l’ouest par La Manche. Au nord-est se trouve la commune de Donville-les-Bains, à l’est le village d’Yquelon et au sud-est la petite station balnéaire de Saint-Pair-sur-Mer et le village de Saint-Planchers. Le quartier insulaire de Chausey est situé au large au nord-ouest et Le Mont-Saint-Michel au sud.

Rose des vents La Manche,
au large, les Îles Chausey
La Manche Donville-les-Bains Rose des vents
La Manche N Yquelon
O    Granville    E
S
La Manche,
au large, Cancale
La Manche,
Le Mont-Saint-Michel
Saint-Pair-sur-Mer,
et Saint-Planchers

Climat[modifier | modifier le code]

Granville est située sur la côte de la Manche, elle est donc soumise à un climat océanique. Toutefois son positionnement abrité sur la baie du Mont-Saint-Michel au fond du golfe formé par la Normandie et la Bretagne lui permet d’être relativement protégée des tempêtes et du vent (même si elle peut être exposée au suroît), et de bénéficier de températures clémentes. En moyenne annuelle, la température s’établit à 11,4 °C avec une maximale de 14,2 °C et une minimale de 8,6 °C. Les températures nominales maximales de 21 °C en juillet-août et 3 °C en janvier-février montrent bien la douceur du climat et le peu d’amplitude thermique. En 2006, Granville fut qualifiée de « station balnéaire où il fait le plus moche » par Le Nouvel Observateur à cause de son relatif faible ensoleillement[4] qui totalise pourtant 1 763 heures par an. Et contrairement à une idée répandue, le total de 606 millimètres de précipitations démontre que la Normandie n’est pas une région plus arrosée que d’autres.[style à revoir] Ainsi, le record de précipitations par période de vingt-quatre heures a été établi lors d’un orage le 11 juillet 1977 avec 57,2 millimètres d’eau.

Lors de la tempête de 1987, le vent culmina à 220 km/h en rafales, ce qui est l'actuel record absolu pour la ville.

Données climatiques à Granville.
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 3 3 5 7 9 12 14 15 13 11 7 4 8,6
Température moyenne (°C) 5 6 8 10 13 16 18 18 16 13 9 6 11,4
Température maximale moyenne (°C) 7 8 10 12 16 19 21 21 20 16 11 9 14,2
Ensoleillement (h) 70,2 88 137,7 170,5 204,6 210,9 226,7 209,5 168,9 127,6 84,2 64,8 1 763,6
Précipitations (mm) 57 53,2 49,9 39,7 50,5 40,8 36,8 36,3 50,8 59 68,5 64,3 606,8
Source : Climatologie mensuelle à la station départementale de Granville de 1948 à 2002[5].


Transports[modifier | modifier le code]

Plusieurs axes routiers desservent la commune notamment les routes nationales déclassées N 171 (aujourd’hui RD 971 depuis Carentan), N 24bis (aujourd’hui RD 924 vers Villedieu-les-Poêles) et N 173 (aujourd'hui RD 973 depuis Avranches). Granville se situe à vingt-cinq kilomètres de l’A84 (E401). Elle est aussi traversée du nord au sud par l'ancienne N 811, aujourd'hui RD 911, la route du littoral jusqu'à Avranches.

La ligne Paris - Granville au départ de la gare de Paris-Montparnasse a son terminus à la gare de Granville, elle est utilisée par le Intercités Normandie et le TER Basse-Normandie. Le projet du tronçon nord de la LGV des Estuaires devrait accroître les possibilités de liaison depuis et vers Granville.

Plusieurs lignes d’autobus officient à Granville dont le réseau manchot Manéo avec les lignes 3, 7, 116, 122, 202, 300, 302 et 305, le réseau Néva communal exploités par Veolia Transport.


L'aérodrome de Granville permet des atterrissages d’avions de tourisme et l'aéroport de Caen - Carpiquet assure les liaisons interrégionales.

En bateau, le port de Granville dessert les îles Chausey et Anglo-Normandes (44 100 passagers) et accueille des activités de fret (197 000 tonnes).

Un réseau de transport urbain est projeté pour 2014 et devrait sillonner toute la communauté de communes[6].

Quartiers et lieux-dits[modifier | modifier le code]

La ville est découpée en plusieurs quartiers, la Haute Ville, cœur historique derrière les remparts, Couraye, La Tranchée qui occupe l’ancien emplacement d’un bras de mer creusé par l’homme, Le Calvaire, Le Centre, centre-ville actuel et Saint-Nicolas, qui correspond à l’ancienne commune de Saint-Nicolas-près-Granville, rattachée en 1962. Le quartier de l’Agora a été classé prioritaire au titre de la politique de la ville[7].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Carte de la Gaule romaine, établie au XVIIIe siècle ; Grannonũ [lire Grannonum] apparaît au-dessus du territoire des Abrincates.

Le nom de la ville est mentionné sous les formes Grandivilla en 1054[8], de Grande villa en 1056[8], Grandvilla en 1172[8], Granville en 1175[8].

Tous les toponymistes modernes s'accordent sur l'origine de l'élément Gran- : Albert Dauzat et Charles Rostaing classent Granville parmi les toponymes du type Grandvelle / Grandville, dont le premier terme s'explique tout simplement par l'ancien français grant « grand »[9]. François de Beaurepaire[10] leur emboite le pas, ainsi qu'Ernest Nègre[11] et René Lepelley[12].

Selon d'autres, l'origine du toponyme s'explique par un personnage nommé Grant qui reçut le fief de Guillaume le Conquérant en 1066.[réf. nécessaire]

Si les spécialistes conviennent tous qu'il s'agit d'une formation médiévale en -ville, le sens exact à donner à cet élément varie entre « village, hameau » (Albert Dauzat et Charles Rostaing, François de Beaurepaire, Ernest Nègre) et « domaine » (René Lepelley) qu'il faut sans doute prendre au sens de « domaine rural », valeur initiale qu'avait le gallo-roman VILLA.

Quelques historiens et géographes du passé ont tenté de relier Granville à Grannonum / Grannona, toponyme attesté dans la Notitia dignitatum relative au litus Saxonicum du Bas Empire : tribunus cohortis primae novae Armoricanae, Grannona in litore Saxonico. Ceci explique que certaines cartes du XVIIIe siècle décrivant l’ancienne Gaule romaine font apparaître le nom de Grannonum à l’emplacement de Granville (cf. carte ci-contre). Cette hypothèse est aujourd'hui abandonnée par les spécialistes contemporains.

À la Révolution, la ville prit temporairement l'appellation de Granville-la-Victoire (après le siège des Vendéens qu'elle avait enduré victorieusement en 1793), sans que l'ajout de ce déterminant complémentaire ne soit officialisé[13].

Selon la graphie normande normalisée élaborée dans la seconde moitié du XXe siècle, le nom de la commune s’écrit Graunville (prononcé [ ɡʁɑɔ̃vil ]).

Le Cap Lihou est nommé à partir du mot norrois holm signifiant « île, ilot »[Informations douteuses] et qui a dans certains cas évolué en -hou, comme terminaison.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines de la cité[14][modifier | modifier le code]

Granville sur la carte de Cassini.
Granville en 1846.

Selon la légende concernant la baie du mont Saint-Michel, Granville et le quartier insulaire de Chausey se seraient trouvés englobés dans la forêt de Scissy, engloutie en 709. Granville, au cœur des terres, serait alors devenue comme Dinard ou Saint-Malo une ville côtière sous le nom de Roque de Lihou.

En 1066, Guillaume le Conquérant, dans sa conquête de l’Angleterre, sollicita l’aide de la famille Grant. En gage de reconnaissance, il lui attribua les terres de la Roque de Lihou. Les Grant sont donc les premiers seigneurs de la ville après les Vikings[15]. En 1143 fut créée la paroisse de Notre-Dame. En 1252, faute de descendant mâle, Jeanne de Granville se maria avec Raoul d’Argouges, seigneur de Gratot. En 1424, l'affaire criminelle Pierre Le Maçon se déroula à Granville, puis fut jugée par la chancellerie d'Henri VI d'Angleterre en février 1425, à Paris[16]. En 1439 débuta la construction de l’église Notre-Dame-du-Cap-Lihou.

1439, le 26 octobre, c’est aussi la date où Sir Thomas de Scales, sénéchal de Normandie, officier anglais de la guerre de Cent Ans acheta la Roque à Jean d’Argouges. Sur ordre du roi Henri VI d'Angleterre, afin d’isoler le Mont-Saint-Michel, dernière tête de pont française en territoire normand, il fit édifier l’enceinte de Granville. En 1440 commença la construction de la forteresse. Pour protéger encore cette ville, Thomas de Scales fit creuser un fossé entre la presqu’île et le continent, de sorte que la mer et les eaux du Boscq fassent de la pointe une île.

Mais, le 8 novembre 1442, par ruse, Louis d'Estouteville reprit le château qui resta dès lors définitivement aux mains des Français. Charles VII décida de faire de Granville une ville fortifiée et signa en 1445 une charte octroyant armoiries et exemptant d’impôts les habitants. Dès 1450, les navires pêchaient à Terre-Neuve. En 1470, Louis XI visita la ville pour s’assurer de sa fidélité dans le conflit qui l’opposait aux Bretons et Bourguignons. En 1492, les Juifs d’Espagne chassés par le Décret de l'Alhambra arrivèrent en France. Une communauté s’installa à Granville, leur droit de commercer et de prêter de l’argent permit à la ville d’armer une flotte importante.

Des corsaires aux bains de mer[modifier | modifier le code]

Le port de Granville au début du XIXe siècle

En 1562 débuta la réfection des remparts et une garnison s’installa dans les casernes. Puis en 1593 les clefs de la ville furent présentées à Henri IV, marquant l’importance de la cité pour le royaume. Sous Louis XIII, les fortifications furent adaptées à l’artillerie. À partir du règne de Louis XIV, les navires granvillais eurent aussi le droit de pratiquer la course. Dès lors, entre soixante-dix et quatre-vingts bâtiments furent armés et Granville donna quinze amiraux à la France, dont le plus connu est Georges-René Pléville Le Pelley. En 1688, Louvois fit raser une partie des défenses de la ville. Louis XIV nomma en 1692 le premier maire de Granville : Luc Leboucher de Gastagny. Mais en 1695, durant la guerre de la Ligue d'Augsbourg, les Anglais bombardèrent la cité, détruisant vingt-sept maisons. Vauban aurait alors étudié des améliorations à apporter à la place forte sans avoir le temps de les réaliser.

À la suite de cette attaque, les remparts furent relevés et augmentés en 1720. Puis, à partir de 1749, des travaux d’aménagement et d’agrandissement du port furent entrepris, avec, en 1750, la pose du môle toujours présent aujourd’hui. Ces travaux s’achevèrent en 1757, entre-temps, une nouvelle caserne fut construite. En 1763, un incendie ravagea les faubourgs. En 1777, une nouvelle caserne fut ajoutée, la caserne Gênes toujours présente aujourd’hui. Le 20 juillet 1786, un nouvel incendie se déclara, cette fois dans le quartier de la Tranchée, aux portes de la citadelle.

Du 14 novembre 1793 au 24 brumaire de l’An II eut lieu le siège de Granville par les Vendéens au cours de la virée de Galerne. Repoussés par la population, ayant perdu deux mille hommes, ils durent abandonner l’assaut mais partirent en incendiant la rue des juifs. Le 14 septembre 1803, les Anglais bombardèrent à nouveau la ville après avoir imposé un blocus des côtes.

La Plage
(Eugène Isabey, 1863)

À partir de 1815, après des années de conflits militaires, en pleine Restauration, Granville sembla vouloir prendre une nouvelle orientation. La Chambre de commerce et d'industrie fut créée ; en 1816, les rives du Boscq furent baptisées cours Jonville ; en 1823, le môle fut joint à la terre, et, en 1827, fut posée la première pierre du phare du Roc. Le port obtint son aspect actuel après 1856 et l’inauguration du bassin à flot et de l’écluse. En 1860, le premier casino en bois construit par l’ancien maire Méquin fut inauguré. En 1865, il fut suivi par l’hospice saint-Pierre. En 1866, Victor Chesnais composa un hymne pour sa ville, « La Granvillaise », adapté en 1868 au théâtre.

La plage du Plat Gousset au début du XXe siècle
Les Chemins de fer de la Manche font circuler des tramways sur les lignes de Granville à Sourdeval et de Granville à Condé de 1908-1909 à 1936

En 1867, la ville s’équipa du premier canot de sauvetage à aviron, le Saint-Thomas-et-Saint-Joseph-de-Saint-Faron. En 1869, le journal Le Granvillais fut créé et, en 1870, la Ligne Paris - Granville et la gare furent inaugurées le 3 juillet. La ville devint alors réellement une station balnéaire accueillant les Parisiens et des hôtes de marque comme Stendhal, Jules Michelet ou Victor Hugo, ou les parents de Maurice Denis, qui naquit « accidentellement » à Granville.

À partir de 1875, de grands travaux reprirent, avec la construction d’un réservoir de 1 200 m, des casernes Polotsk et Solférino, de la halle à la criée. La ville continua de s’équiper avec l’ouverture en 1884 de la bibliothèque municipale, en 1886 du groupe scolaire saint-Paul, en 1887 de la forme de radoub et en 1897 d’un corps de sapeurs-pompiers. Pour divertir les estivants, la Société des Régates Granvillaises fut fondée en 1889, l’hippodrome et la Société des Courses de Granville en 1890, le golf en 1912. Le 22 octobre 1895 eut lieu l’accident du train Granville - Paris en Gare de Paris-Montparnasse. Enfin, en 1898, l’église saint-Paul fut inaugurée.

Le XXe siècle débuta avec l’incendie du château de la Crête en 1900. En 1908, la ville se dota d’un syndicat d’initiative. Elle devint aussi un centre de communication avec l’ouverture en 1908 de la ligne de chemin de fer et tramway de Granville à Sourdeval en passant par Avranches, celle vers Condé-sur-Vire en 1910. En 1911, le nouveau casino fut inauguré, comme la maternité et la Caisse d'épargne par le ministre Jules Pams. En 1912, l’électricité fut installée dans la commune et le Normandy-Hôtel fut inauguré. 1914 fut une sombre année pour Granville avec la perte de quatre marins dans l’accident du canot de sauvetage l’Amiral-Amédée-Roze et le départ pour la guerre des soldats des 2e et 202e régiment d'infanterie.

La guerre passée, les régates reprirent en 1919, le carnaval en 1920 et l’enfant du pays, Lucien Dior, devenu ministre du Commerce dans le septième gouvernement Aristide Briand vint visiter la ville en 1921. En 1925, une nouvelle gare fut inaugurée, Granville devint une station climatique et l’Hôtel des Bains ouvrit en 1926. En 1931, le dernier navire de pêche revint de Terre-Neuve.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La une du journal Le Granvillais du 21 septembre 1940 sur laquelle figure l’article signé « Camille » dénonçant les lois racistes du gouvernement de Vichy.

Ville de garnison et cité côtière fermant la Baie du Mont-Saint-Michel, Granville a toujours été convoitée lors des conflits armés. Le 17 juin 1940, les Allemands entrèrent dans Granville. Le 21 septembre 1941, un article parut dans Le Granvillais signé du nom de « Camille », où l’auteur alertait les lecteurs sur les dangers et le manque de fondement des prochaines lois sur le statut des Juifs du Régime de Vichy. Malgré cette marque de résistance, huit Granvillais juifs furent déportés vers Auschwitz : Léon Bobulesco et ses deux fils Armand et Rodolphe, Simon Goldenberg, sa femme Minka et leurs enfants Henri et Ruben, Smil Weesler. Trois communistes subirent le même sort : Léon Lamort, René Loncle et Charles Passot.

L’ensemble de la population subit les contraintes de l’Occupation. Dès le début, les Allemands construisirent des fortifications sur la pointe du Roc et interdirent l’accès au port. Le 20 mai 1942, un nouveau conseil municipal fut installé par le préfet. Le 1er avril 1943, la totalité de la Haute-Ville dut être évacuée, des barrières et des barrages antichars en empêchèrent l’accès. L’hôtel Normandy fut transformé en kommandantur et en antenne de la Gestapo.

Un nom marque cette période : Maurice Marland. Né le 12 février 1888 à Falaise, professeur d’anglais, de français et d’instruction civique, il dirigea un réseau de résistance. Notable de la ville, en 1939, il organisa l’accueil des réfugiés belges et l’évacuation des soldats britanniques. Plus tard, avec Jules Leprince, ils mirent en place des évasions vers Jersey. Tout au long de l’occupation, ses relations lui permirent de monter un réseau clandestin de renseignements sur les installations portuaires et ferroviaires et sur le dispositif ennemi dans les îles Anglo-Normandes. Arrêté puis relâché en 1941 et 1943, il continua malgré tout son action jusqu’au 22 juillet 1944 où il fut arrêté et abattu en forêt de Lucerne à la demande de collaborateurs. Le 23 juillet 1994, son fils Serge Marland déposa une plainte pour crime contre l'humanité, l’enquête conclut à l’assassinat par des soldats allemands. Aujourd’hui, le lycée hôtelier de la commune porte son nom[17].

Le 6 juin 1944, le « Plan Vert » de sabotage des lignes ferroviaires fut mis en œuvre avec la coupure de la ligne Paris - Granville. Libérée sans combats le 31 juillet 1944, elle vit passer pendant deux jours les troupes du général Patton, qui descendirent vers le centre ville par la route de Coutances et remontèrent la rue Couraye pour sortir par la route d'Avranches : les vibrations provoquées par le passage des blindés pendant deux jours firent tomber pour plusieurs maisons les plaques de façade qui portaient leur nom.

Granville fut réoccupée quelques heures le 9 mars 1945 par des soldats allemands débarqués de Jersey. Le 9 mars 1945, alors que la France était libérée et que les troupes alliées, à huit cent kilomètres de là, avaient commencé à franchir le Rhin, des troupes allemandes basées à Jersey encore occupée lancèrent un raid commando audacieux contre Granville. Bien que repéré par le radar de Coutainville, les Allemands à bord d’embarcations légères réussirent à débarquer de nuit dans le port de Granville. Ils dynamitèrent des installations portuaires et coulèrent quatre cargos. Quinze soldats américains, huit britanniques et six français furent tués, soixante-dix prisonniers allemands furent libérés et cinq américains et quatre britanniques furent capturés avant que le commando allemand ne prenne la fuite[18].

Histoire contemporaine[modifier | modifier le code]

Pendant la guerre d'Algérie, le quartier abrita, de 1956 à 1961, la 3e demi-brigade, puis le 21e bataillon de chasseurs à pied. C’était un centre d’instruction pour plusieurs milliers de recrues du contingent avant de partir en Kabylie ou dans la région de Tiaret.

En 1957, la ville accueillit le Tour de France.

En 1962, la ville de Granville absorba la commune de Saint-Nicolas-près-Granville ; cette dernière, au cours de la période révolutionnaire de la Convention nationale (1792-1795), avait porté le nom de Champ-Libre[19].

Le 4 juin 1965, Granville accueillit le Premier ministre Georges Pompidou[20].

En 1970, le Centre Régional de Nautisme s’installa à Granville et en 1975, le port fut complété d’un bassin de plaisance. En 1972, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Granville fondée en 1815 prit le nom de CCI Granville-Saint-Lô, pour devenir en 2000 la Chambre de commerce et d'industrie de Centre et Sud-Manche. En 1973, Heudebert ouvrit une usine de production de biscottes toujours en activité. Dans les années 1980, les dons de Richard Anacréon permirent l’ouverture du musée d’art moderne, de nombreux bâtiments de la commune furent classés ou inscrits aux Monuments historiques.

En 1984, les régiments militaires quittèrent les casernes, permettant le réaménagement de la pointe du Roc. En 1982, la ville se dota d’un nouvel hôpital.

En 1991 ouvrit le Musée Christian-Dior et fut signée la Charte du Douzelage.

En 2000, la pépinière d'entreprises vit le jour. En 2003, l’autoroute A84 rapprochait Granville des autres agglomérations et capitales.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 12 999 habitants. Depuis 2004, les recensements des communes de plus de 10 000 habitants ont lieu au moyen d'enquêtes annuelles par sondage[Note 2].

De 6 649 âmes au début du recensement des personnes en 1793, la commune atteignit son apogée démographique en 1861 avec 17 180 habitants, avant d’être durement touchée par la guerre de 1870 en perdant près de 1 000 de ses enfants. Commença alors un lent déclin accentué encore par la Première Guerre mondiale pour ne plus accueillir que 10 130 habitants en 1946. La deuxième moitié du XXe siècle - avec l’absorption de Saint-Nicolas-près-Granville en 1962, l’exode des campagnes et la construction de nombreux grands ensembles en périphérie - permit à la commune de gagner à nouveau des résidents pour atteindre en 2006 13 022 habitants. Cette même année, seuls 0,5 % des Granvillais étaient étrangers, avec la présence de petites communautés portugaises, espagnoles et marocaines représentant chacune 0,1 % de la population[21], loin de la moyenne régionale de 8,8 %, et 16,9 % des foyers étaient composés de familles monoparentales, dix points sous cette même moyenne régionale[22].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
6 649 5 454 7 834 7 030 7 350 7 581 8 347 12 191 11 035
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
13 568 17 180 15 622 14 747 12 527 11 040 11 620 12 721 12 005
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
11 667 11 940 11 347 9 489 10 497 10 229 10 329 10 132 10 368
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
9 827 12 715 13 330 13 546 12 413 12 687 13 022 12 999 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[13] puis Insee à partir de 2004[23].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Comme en témoigne la pyramide des âges, Granville est une commune exemplaire en termes de répartition des âges de ses habitants, chaque catégorie représentant entre 15 et 20 % de la population. Seuls les centenaires sont faiblement représentés, comme sur l’ensemble du territoire. Toutefois, un taux moins important d’enfants de moins de quinze ans en 2006 traduit un vieillissement des familles granvillaises et un possible déficit démographique à venir. Cette même année, seulement 25,9 % de la population était âgée de moins de vingt-cinq ans[22].

Pyramide des âges à Granville en 2007 en pourcentage[24].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,8 
90 ans ou +
1,7 
11,5 
75 à 89 ans
17,5 
18,2 
60 à 74 ans
18,9 
18,8 
45 à 59 ans
19,2 
16,2 
30 à 44 ans
16,0 
19,1 
15 à 29 ans
14,3 
15,5 
0 à 14 ans
12,3 
Pyramide des âges dans la Manche en 2007 en pourcentage[25].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,4 
90 ans ou +
1,3 
7,6 
75 à 89 ans
11,8 
14,3 
60 à 74 ans
15,6 
21,7 
45 à 59 ans
20,1 
19,9 
30 à 44 ans
18,7 
17,3 
15 à 29 ans
15,3 
18,8 
0 à 14 ans
17,3 

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Politique locale[modifier | modifier le code]

Granville est le chef-lieu du canton représenté par le conseiller général centre droit Jean-Marc Julienne. La commune est rattachée à la deuxième circonscription de la Manche représentée par le député Guénhaël Huet (UMP).

Trente-trois élus siègent au conseil municipal, répartis en vingt-quatre membres de la majorité municipale issus d'une liste sans étiquette, un groupe de cinq conseillers d'une liste UDI, trois élus de gauche dont l'ancien maire PRG Daniel Caruhel, et un élu frontiste[26],[27]. Le conseil est présidé par une femme, Dominique Baudry, assistée de neuf adjoints[27].

Granville est rattachée aux tribunaux d’instance et de grande instance d’Avranches, aux tribunaux de commerce et de prud’hommes de Coutances, à la cour d'appel de Caen. L’Insee lui attribue le code 50 1 15 218[28].

En 2008, la commune disposait d’un budget de 30 041 000 euros dont 22 080 000 euros de fonctionnement et 7 961 000 euros d’investissement[29], financés pour 38,39 % par les impôts locaux[30], la dette municipale s’élevait la même année à 15 318 000 euros[31]. Les taux d’imposition en 2008 s’élevaient à 13,12 % pour la taxe d'habitation, 22,06 % et 47,53 % pour la taxe foncière (bâti et non bâti), 14,30 % pour la taxe professionnelle fixées par la Communauté de communes du Pays granvillais[32]. Deux Foyers de jeunes travailleurs sont installés dans la commune, une société de gestion d’HLM gère 1 563 logements sur la commune, un centre communal d'action sociale assure les aides aux personnes en difficultés.

La ville adhère à la communauté de communes de Granville, terre et mer pour l’aménagement du territoire, le développement économique et du logement, la valorisation de l’environnement, l’organisation des secours. Elle dirige aussi le SMBCG (Syndicat mixte des bassins côtiers granvillais) pour la protection des eaux côtières contre les risques microbiologiques[33].

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Soixante-huit maires se sont succédé à la tête de l’administration municipale de Granville depuis l’élection du premier en 1692.

Liste des maires successifs[34].
Période Identité Étiquette Qualité
1945 1947 Jules Desmonts PRRS Directeur honoraire du Collège Ferdinand-Buisson
1947 1959 Roger Maris RPF puis Modéré Administrateur colonial à la retraite
1959 1961 Marius Beaumois PRRS Receveur-percepteur à la retraite
1961 1977 Henri Baudouin UNR puis FNRI Agréé près le tribunal de commerce
1977 1983 Rémy Derubay PS Professeur de mathématiques
1983 1989 Henri Baudouin UDF Agréé près le tribunal de commerce
1989 1990 Jean-Claude Lecossais RPR Chirurgien
1990 1994 Bernard Beck UDF Magistrat honoraire-Premier président de la Cour des comptes de 1978 à 1982
1994 2008 Marc Verdier RPR, UMP Retraité de banque
2008 2014 Daniel Caruhel PRG Horticulteur-paysagiste
avril 2014[27] en cours Dominique Baudry SE Gérante d’entreprise
Pour les données antérieures, dérouler la boîte ci-dessous.

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Dans le cadre des élections, la population de Granville se montre relativement conservatrice et vote régulièrement comme l’ensemble de la population nationale, suivant ainsi la « vague rose » lors des élections régionales de 2004 mais au contraire votant à une large majorité pour le traité constitutionnel européen. Un groupe d’opposition édite un journal, Le Sans-culotte de Granville et Coutances. Des comités de quartier sont répartis dans la commune pour l’animation du débat local. En 2008, la liste menée par le conseiller général divers gauche sortant, Daniel Caruhel, ex-socialiste mais soutenu par le maire UMP sortant, Marc Verdier, et abritant neuf membres divers droite de la majorité sortante, emporte le scrutin municipal contre le candidat officiel du Parti socialiste. Le canton revient à Jean-Marc Julienne, adjoint de Marc Verdier et colistier de Daniel Caruhel, appartenant au Nouveau Centre mais élu sans étiquette. Ainsi, contrairement à ce que pourraient laisser penser les étiquettes, les électeurs granvillais ont une nouvelle fois fait le choix du conservatisme.

Élections présidentielles, résultats des deuxièmes tours 
Élections législatives, résultats des deuxièmes tours 
Élections européennes, résultats des deux meilleurs scores 
Élections régionales, résultats des deux meilleurs scores 
Élections cantonales, résultats des deuxièmes tours 
Élections municipales, résultats des deuxièmes tours 
Élections référendaires 

Enseignement[modifier | modifier le code]

La commune est rattachée à l’académie de Caen. Quatre groupes scolaires maternels et élémentaires publics accueillent les élèves de la commune : groupe du Docteur-Lanos, groupe Jean Macé, groupe Jules Ferry, groupe Pierre & Marie Curie.

La commune dispose aussi du collège André Malraux d’enseignement général et SEGPA.

La ville accueille deux lycées : le lycée Léon Julliot de la Morandière pour l’enseignement général, technologique et professionnel, et le lycée hôtelier Maurice-Marland.

S’ajoutent à ces établissements publics l’Institution Sévigné[50], école privée avec internat de la maternelle au lycée, et les écoles Notre-Dame et Saint-Paul pour l’enseignement maternel et élémentaire.

La commune étant l’un des sièges de la CCI Centre et Sud-Manche, elle accueille un GRETA, le groupe de Formation Inter-consulaires de la Manche (FIM), un Institut de formation en soins infirmiers et la Maison familiale et rurale, dispensant des formations agricoles et commerciales.

Enfin, la commune dispose d’un centre de loisir pour l’accueil des enfants hors périodes scolaires, d’une crèche familiale et d’un centre multi-accueil pour les jeunes enfants.

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Santé[modifier | modifier le code]

La commune dispose sur son territoire, en association avec Avranches d’un centre hospitalier d’une capacité d’accueil de 742 lits, proposant des services de médecine générale, chirurgie, gynécologie-obstétrique, cardiologie et SMUR[51]. Le centre est aussi équipé d’un scanner. En 2007, une décision ministérielle a entériné la fermeture de la maternité de l’hôpital communal[52] qui réalise 410 accouchements par an[53].

La commune accueille aussi sur son territoire un centre de rééducation et réadaptation, un centre de thalassothérapie, trois maisons de retraites, deux centres médico-sociaux, quatre-vingt-onze médecins[54], huit chirurgiens-dentistes[55], sept pharmacies[56].

Plusieurs associations à but médical ou social sont implantées sur la commune, comme le Syndicat des orthophoniste de la Manche, la SNSM, le Rotary Club, la Croix-Rouge, le Secours populaire.

Services publics[modifier | modifier le code]

Granville accueille la CCI Centre et Sud-Manche, une antenne de la CAF, une subdivision de la DDE, un centre de Sécurité sociale, un hôtel des impôts et une trésorerie, une caserne de gendarmerie, un commissariat de police, un centre de secours et incendie, un bureau des douanes, une agence postale en centre-ville[57] et une dans le quartier Saint-Nicolas[58], des agences Assedic, Anpe et Afpa, un hôtel des ventes et trois offices notariales, deux avocats[59] rattachés au barreau d’Avranches et une étude d’huissier de justice[60]. La Sécurité civile dispose d’une base pour la surveillance de la Manche équipée d’un EC 145[61].

Jumelages[modifier | modifier le code]

Granville est jumelée avec une commune nord-américaine :

Granville est également l’une des villes fondatrices du douzelage. L’idée du douzelage est née en 1989, dans la foulée du jumelage des villes de Granville, en France, et de Sherborne, au Royaume-Uni. En 1991, les délégués de douze villes européennes signaient la charte à Granville. Henry Haffray, l'initiateur et le fondateur du douzelage fut le premier président de l'association Granville partenaire européen, il fut suivi pendant plus d'une douzaine d'années par Jean-Marc Julienne puis André Gendre et Pascale Vallée[réf. nécessaire].

Vie quotidienne à Granville[modifier | modifier le code]

Culture[modifier | modifier le code]

La ville dispose de nombreuses infrastructures culturelles, dont trois musées : musée Christian-Dior et son jardin situé dans la maison d’enfance du couturier qui permet de découvrir le contexte artistique et culturel de l’époque de Christian Dior sur l’histoire de la mode, le musée du Vieux Granville situé dans le logis du Roi qui offre un aperçu de l’histoire de la cité, le musée d'art moderne Richard Anacréon. Elle accueille aussi un aquarium situé sur la pointe qui expose de nombreuses espèces de poissons de mer chaude et trois espaces d’exposition : la Féerie des Coquillages, le Palais Minéral et le Jardin des Papillons.

Pour les loisirs culturels, la médiathèque Charles de la Morandière, en centre-ville, la salle de l’Archipel, salle polyvalente de six cents places et théâtre de plein air de quatre cents places est conventionné depuis 2006, le petit théâtre de la Presqu’île d’une capacité de soixante-cinq places, le cinéma Le Select récemment rénové offre trois salles, une école de musique et un espace public numérique animent la vie de la commune.

Soixante-quatre associations relayent et encouragent la vie culturelle communale.

Sports[modifier | modifier le code]

Granville est équipée de nombreuses structures sportives permettant de pratiquer de nombreuses activités, la Cité des sports équipé de deux terrains de football, deux terrains de rugby, deux terrains de basket-ball, une piste d’athlétisme en goudron, un boulodrome, un skatepark, une piste de bicross, quatre salles de judo et gymnastique, le stade Louis-Dior, équipé d’un terrain d’honneur de football de deux autres terrains et d’une piste d’athlétisme en cendrée, les gymnases André Malraux et Pierre de Coubertin, la piscine couverte, dix courts de tennis couverts, en terre battue ou green-set, un club d’aviron de mer, le Centre régional de nautisme pour les activités de voile, le golf vingt-sept trous construit en 1912 en bord de mer, le club hippique et l’hippodrome de trot et galop de plat et d’obstacles ouvert en 1890 et situé sur les communes de Bréville-sur-Mer et Donville-les-Bains, le ball-trap, l’École régionale de parachutisme et deux écoles indépendantes, l’Aéro-club et l’école d’ULM.

La Bisquine La Granvillaise.

Une école municipale des sports et une école municipale de natation assurent la formation des licenciés. Soixante-deux associations assurent le relais des services communaux.

En cyclisme, Granville a été ville-étape du Tour de France en 1957, et le Tour de la Manche se termine chaque année à Granville. Le départ de la troisième étape du Tour de France en 2016 y sera donné[63].

En voile, Granville est chaque année ville-étape du Tour de France à la voile. En août sont organisés : un tour du Roc à la nage, les régates de Chausey, la course des Bisquines où s’affrontent La Granvillaise et La Cancalaise, le raid de catamaran de la baie du Mont-Saint-Michel.

L’Union sportive granvillaise fait évoluer deux équipes de football en ligue de Basse-Normandie et une troisième équipe en division de district[64].

Granville fait également évoluer son équipe première de handball masculin en Nationale 3.

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Lieux de culte[modifier | modifier le code]

Les églises catholiques de Granville sont Notre-Dame-du-Cap-Lihou, Saint-Paul et Saint-Nicolas. Elles dépendent de la paroisse Saint-Clément du Doyenné du Pays de Granville-Villedieu dans le diocèse de Coutances et Avranches. L’évêque de ce diocèse est Stanislas Lalanne.

Granville a accueilli plusieurs congrégations religieuses, dont celles du Sacré-Cœur et de la Miséricorde. Ainsi les sœurs hospitalières de Saint-Thomas-de-Villeneuve entre 1839 et 2008 étaient en charge de l’hospice de Granville puis à partir de 1976 du centre de soins de Saint-Nicolas. La ville-haute abrite toujours des carmélites.

Un temple protestant de l’Église réformée de France et un autre de l’église évangélique accueillent les fidèles.

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Médias[modifier | modifier le code]

L’hebdomadaire La Manche libre et le quotidien Ouest-France disposent de locaux dans la commune et diffusent une édition locale spécifique au pays granvillais. Granville se trouve dans le bassin d’émission de la chaîne de télévision France 3 Normandie. Un correspondant local de la Gazette de l’Avranchin et du Mortainais officie sur la commune.

Économie[modifier | modifier le code]

Granville est le siège de la Chambre de commerce et d'industrie de Centre et Sud-Manche. Elle gère le port et l’aéroport de la commune. Elle est aussi le centre associé du bassin d'emploi d’Avranches-Granville[65]. C’est aussi une station touristique importante de la Baie du Mont-Saint-Michel. Accessible par la gare de Granville et située à vingt-cinq kilomètres de l’Autoroute des Estuaires, elle est un pôle économique important du sud du département de la Manche. Elle a mis en place une pépinière d'entreprises et dispose de trois zones d’activité ou industrielle : Le Mesnil, La Parfonterie et Le Pretôt. Les plus gros employeurs de la commune sont le centre de thalassothérapie Le Normandy, la Compagnie générale des eaux et l’usine de biscotterie Lu-Heudebert ouverte en 1973. En 2005, le taux de chômage était de 7,6 % pour une population active évaluée à 5 128 personnes, le revenu moyen par habitant de 14 864 €/an, 43,2 % des habitants étaient propriétaires de leur logement, la commune accueille 930 entreprises[66]. Granville était jusqu’en 1984 une ville de garnison avec la présence d’un contingent du 1er RIMa. Un marché se tient tous les samedis sur le cours Jonville.

Répartition des emplois par catégorie socioprofessionnelle en 2006.
  Agriculteurs Artisans, commerçants,
chefs d’entreprise
Cadres et professions
intellectuelles supérieures
Professions
intermédiaires
Employés Ouvriers
Granville 0,7 % 7,6 % 10,4 % 24,5 % 34,0 % 22,8 %
Zone d’emploi d’Avranches-Granville 6,9 % 8,4 % 7,3 % 19,2 % 28,3 % 29,8 %
Moyenne nationale 2,2 % 6,0 % 15,4 % 24,6 % 28,7 % 23,2 %
Répartition des emplois par secteur d'activité en 2006.
  Agriculture Industrie Construction Commerce Services aux
entreprises
Services aux
particuliers
Granville 2,6 % 10,9 % 6,1 % 14,4 % 8,5 % 9,0 %
Zone d’emploi d’Avranches-Granville 9,0 % 17,8 % 8,6 % 15,0 % 7,2 % 8,2 %
Moyenne nationale 3,5 % 15,2 % 6,4 % 13,3 % 13,3 % 7,6 %
Sources : Insee[67]

Port de Granville[modifier | modifier le code]

Panorama du port de Granville depuis la Haute-Ville.
De droite à gauche : le bassin d’échouage, la halle à marée, le port de pêche, en arrière-plan, l’embarcadère pour Chausey et le port de plaisance de Hérel.

Le port de Granville date du XVIe siècle. Il est géré par la CCI de Centre et Sud-Manche et regroupe des activités de plaisance, pêche, commerces et trafic de passagers.

En 2005, il était placé au 32e rang national avec 197 000 tonnes de fret traitées et 44 100 passagers transportés. Il est aussi une station permanente de la SNSM qui y dispose d’un Canot Tous Temps (immatriculé SNS 074) et de deux canots pneumatiques.

D’un port morutier et ostréicole au XIXe siècle, il est devenu :

  • un port de transport de passagers avec les vedettes Douce France, Jolie France II et Joly France I à destination des îles Chausey et Anglo-Normandes ;
  • un port de commerce avec la capacité d’accueillir des navires de dix-huit mètres de large, 125 mètres de longs et cinq à six mille tonnes de capacité, principalement pour des cargaisons de ferrailles, sable et graviers équipé de deux grues pouvant soulever de cent à trois cents tonnes par heure, d’une sauterelle d’une capacité de 750 tonnes par heure ;
  • le premier port de pêche normand aux coquillages (praires, bulots, amandes, Saint-Jacques), crustacés (homards, tourteaux, étrilles, araignées) et poissons (dorades, raies, roussettes, soles, lieus jaune, bars, rougets, tacauds, seiches, encornets) pour la consommation locale avec une halle à marée, un terminal frigorifique et une vente informatisée des produits. Le tonnage débarqué (hors cultures marines) est de l’ordre de 16 000 tonnes par an. Une moyenne de soixante-quinze navires armés par près de 450 marins professionnels fréquentent le port. Les cultures marines présentes sur l’archipel de Chausey produisent près de 250 tonnes de palourdes, 5 000 tonnes de moules et 100 tonnes d’huîtres ;
  • un port de plaisance depuis 1975 de mille anneaux dans le bassin de Hérel[68]. Il accueille trois mille cinq cents passages par an, avec en moyenne trois plaisanciers par bateau. Aux 787 000 euros de retombées directes qu’ils représentent, s’ajoute un chiffre d’affaires annuel de vingt-cinq millions d’euros pour les quarante entreprises qui vivent du port de plaisance[69]. Situé à quelques minutes à pied du centre-ville, le port de plaisance de Hérel est l’un des poumons économiques locaux. La marina rassemble mille anneaux.
Vue aérienne du projet d’aménagement du port de Granville

Un projet d’extension et de réaménagement du port prévoit un ajout de sept cents places pour la navigation de plaisance, le creusement des bassins et de chenaux d’accès pour allonger les durées d’accès et la capacité d’accueil hors échouage, l’ajout d’un quai dévolu aux navires de croisière et d’exception, une nouvelle liaison ville-port, avec l’étude de projet d’un prolongement de la voie ferrée, un réaménagement des dessertes routières, en respectant et en valorisant le patrimoine environnemental et architectural, notamment les jetées des XVIIIe siècle et XIXe siècle[70].

Aéroport de Granville-Mont-Saint-Michel[modifier | modifier le code]

L’aéroport de Granville-Mont-Saint-Michel est spécialisé dans l’aviation de tourisme et de loisirs.

Tourisme[modifier | modifier le code]

La commune est classée station climatique depuis le 16 mars 1926, station touristique et balnéaire depuis le 12 mars 1979[71]. Le tourisme représente une part importante de l’économie locale. La commune dispose d’un office de tourisme qui assure la promotion des monuments, musées et sites naturels, adhère à l’association des Plus beaux détours de France. Elle propose de nombreuses infrastructures, dont certaines certifiées par le label Qualité Tourisme délivré par le ministère de l'Économie, des Finances et de l'Emploi[72] : deux hôtels trois étoiles, six hôtels deux étoiles et sept hôtels non classés pour un total de 213 chambres, deux campings trois étoiles pour un total de 145 emplacements, des gîtes communaux sur les îles Chausey et des chambres d’hôte, une auberge de jeunesse, un centre de thalassothérapie, trente-trois restaurants pour un total de 1 931 couverts.

Pour les divertissements, la ville propose un casino indépendant, quatre musées, un aquarium public, un patrimoine architectural et environnemental riche, quatre plages, et quatre bornes d’accès Wi-Fi[66]. 17,5 % des logements de Granville sont des résidences secondaires, à 54,1 % des appartements. Plusieurs croisières ont pour départ le port de Granville, à destination de Chausey, les îles Anglo-Normandes, l’île de Wight, les îles Scilly, et l’Irlande, notamment par les vedettes de Granville, le Lys Noir ou la Granvillaise.

Cette organisation et cette promotion du tourisme permet une fréquentation importante du site, avec 69 627 passagers à destination de Chausey en 2006[73], 54 301 visiteurs pour le musée Christian-Dior, 43 500 pour l’Aquarium du Roc en 2005.

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Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Patrimoine environnemental[modifier | modifier le code]

Granville est située à proximité du site protégé de la Baie du Mont-Saint-Michel, la falaise, la Haute-Ville et les îles Chausey, sont eux-mêmes inscrits dans la liste des sites protégés par la DIREN de Normandie[74]. Du nord au sud en passant par la presqu’île, la ville est traversée par le sentier de grande randonnée GR 223 qui parcourt la Normandie de Honfleur à Avranches en suivant la côte.

La commune a été récompensée par trois fleurs au concours des villes et villages fleuris[75] grâce notamment à ses parcs et jardins : jardin Christian-Dior, jardin Val-ès-Fleur de trois hectares agrémenté d’un parc animalier, les squares Marland, de l’Arsenal, Chartier, de la Bisquine, les promenades Charles VII, du port et du Plat Gousset et le golf paysagé construit en 1912 sur le territoire de Bréville-sur-Mer par Harry Colt.

Les îles Chausey ont été proposées en 1992 pour intégrer le Réseau Natura 2000, mais le Conseil de la communauté de communes a émis en 2003 un avis défavorable, bloquant la procédure à ce jour[76],[77]. En revanche, le Conservatoire du littoral a acquis la pointe du Phare[78].

En outre, la commune dispose sur son territoire d’une station d’épuration des eaux et d’une usine de traitement des déchets par incinération et recyclage. Elle a aussi mis en place le tri sélectif et dirige le Syndicat Mixte des Bassins Côtiers Granvillais pour la protection des côtes contre les risques microbiologiques.

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Patrimoine architectural[modifier | modifier le code]

Le patrimoine de Granville est riche de nombreux édifices religieux dont l’église Notre-Dame-du-Cap-Lihou, construite au XIVe siècle, le chœur de 1641, la nef de 1655, les chapelles de 1676 et 1688, la sacristie de 1771, classée monument historique[79] depuis 1930, elle est décorée de vitraux de Jacques Le Chevallier. On trouve aussi l’église Saint-Paul, l’église Saint-Nicolas et le temple protestant.

Du passé militaire de Granville subsiste l’enceinte constituée des remparts, du pont-levis (ou Grand’ Porte) et des maisons, construite au XVe siècle, détruite puis relevée en 1727, inscrite aux monuments historiques[80] depuis 2004 et sur la pointe du Roc dominant la ville, la caserne Bazeilles construite en 1758, la caserne Gênes-Champagne construite en 1788 et la batterie construite en 1942 par l’occupant allemand sont inscrites aux monuments historiques[81] depuis 1987 et 1994.

Le château de Grainville, construit au XVe siècle, inscrit aux monuments historiques[82] depuis 1980, le château de la Crête et le manoir Saint-Nicolas, construit en 1786 par l’armateur Nicolas Deslandes est inscrit aux monuments historiques[83] depuis 1986 témoignent de l’importance de certaines familles de la région.

La statue de Pléville le Pelley sur le port célèbre le personnage le plus illustre de la ville.

Le casino de style Art nouveau et Art déco, construit entre 1910 et 1925 par l’architecte Auguste Bluysen, inscrit aux monuments historiques[84] depuis 1992, l’hôtel des bains de 1926, la gare du XIXe siècle, le phare du Cap Lihou, construit en 1828 selon une étude d’Augustin Fresnel, haut de dix-huit mètres, le phare de Chausey, construit en 1844, haut de dix-neuf mètres, tous deux classés monuments historiques[85], le phare du Sénéquet sur le rocher de Sénéquet, à deux milles au large et le golf vingt-sept trous construit en 1912 par Harry Shapland Colt datent tous du début du caractère balnéaire de la commune.

Le marché couvert a été labélisé « Patrimoine du XXe siècle » par la DRAC. La tour résidentielle « Le Charme » située rue Jean Rostand domine la commune du haut de ses treize étages[86].

Après une première candidature au début des années 1990, Granville postule en 2009 pour être labélisée Ville d’art et d’histoire[87].

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Festivités[modifier | modifier le code]

L’année festive de Granville tourne autour de diverses manifestations. Le carnaval se déroule chaque année durant la semaine précédant Mardi gras. Il célébrait autrefois le départ des marins qui profitaient de la fête avant de s’embarquer vers Terre-Neuve[88],[89]. Il a accueilli en 2007 plus de 130 000 spectateurs pour sa 134e édition. La fête du saint-patron de la commune est organisée à la Pentecôte. Chaque année, la troisième semaine de juillet est consacrée au festival de rue Sorties de Bains, dont la cinquième édition s’est déroulée en 2007. Des concerts en plein air sont organisés durant la saison touristique. La procession du Grand Pardon des Corporations et de la Mer est traditionnellement organisée le dernier dimanche de juillet. La Nuit des Soudeurs, festival regroupant les artistes travaillant le métal, se déroule le premier week-end d’août. Le même week-end est organisée la Journée du Livre durant laquelle des auteurs dédicacent leurs œuvres. Deux foires sont organisées le deuxième samedi d’avril et le troisième samedi de septembre, une brocante est organisée le week-end du 14 juillet et un salon des antiquaires le week-end précédant le 15 août. Le salon des collectionneurs est programmé le dernier dimanche d’octobre. En 2005, la commune a fêté le centenaire de la naissance de Christian Dior en organisant dans l’ensemble des sites de la ville des expositions et des rétrospectives sur l’œuvre et la vie du couturier. Le musée Christian Dior sert parfois de cadre à des évènements, comme ce fut le cas en 2008 pour l'exposition intitulée « Dandysmes — 1808-2008, de Barbey d'Aurevilly à Christian Dior »[90].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Statue monumentale de Georges-René Pléville Le Pelley, œuvre en bronze et granit de Serge Santucci sculpteur & François Pougheol architecte

Différents personnages publics sont nés, morts ou ont vécu à Granville :

Statue de Christian Dior dans le jardin de sa maison.

Héraldique et logotype[modifier | modifier le code]

Blason de Granville

Les armes de Granville se blasonnent : D’azur au dextrochère armé d’or mouvant d’une nuée du même et tenant une épée d’argent, les garde et poignée d’or, surmonté d’un soleil du même[91].

Le blason de Granville apparaît sur les locomotives n°X4791 et 8719C de la SNCF dans le cadre des parrainages du matériel par les communes[92].

La commune s’est en outre dotée d’un logotype.

Logotype de Granville
Blason Granville 50 1487.svg

Le blason de Granville a changé plusieurs fois au cours de son histoire. Le premier, accordé par Charles VIII en 1487 était ainsi :

L’épée symbolisant le patriotisme de la ville lors de l’occupation anglaise, les étoiles figurant la nuit du 8 novembre 1442Louis d'Estouteville leur repris la cité.
Blason Granville 50.svg

Le second blason fut mis en place en 1697 :

  • D’azur au dextrochère armé d’or mouvant d’une nuée du même et tenant une épée d’argent, les garde et poignée d’or, surmonté d’un soleil du même.
Le soleil a remplacé les étoiles, ce nouveau blason symbolisait l’importance de Granville dans la surveillance des côtes de la Baie.
Blason Granville 50 1793.svg

En 1793, l’influence de la Révolution modifie l’azur par le gueules, mais le bras n’est plus armé et l’épée devient une pièce honoraire, ce qui donne :

  • De gueules à un bras tendu d’argent sortant d’une nuée d’azur, tenant une épée d’argent à la garde d’or posée en pal.
Blason Granville 50 1811.svg

En 1811, le Premier Empire offre de nouvelles armes à la cité, Napoléon Ier ajoutant les signes distinctifs des villes de second ordre, le quartier chargé d’un N capital et d’une étoile d’or et l’ornement extérieur d’une couronne murale :

  • D’azur à la fasce nuagée d’argent, accompagné de trois étoiles d’or, deux en chef et une en pointe, chargée d’un dextrochère armé, de sable, mouvant du flanc senestre de l’écu et tenant une épée haute d’or franc, quartier et signes extérieurs des villes de second ordre.
Drapeau de Granville.

Enfin, en 1816 sous la Restauration, la ville revient à son blason de 1697, faute de pouvoir payer les droits d’enregistrement pour revenir au blason originel. Ce blason convient maintenant à la commune, l’azur et le soleil symbolisant son caractère balnéaire, l’épée rappelant son passé militaire de ville de garnison[93].

La commune dispose aussi d’un drapeau représentant un écartelé de bleu et blanc, avec une croix blanche resarcelée de bleu et chargée d’une représentation du blason au centre. Il est notamment utilisé sur les bisquines de la commune.

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Granville est réputée pour ses produits marins, notamment la galette granvillaise aux Saint-Jacques arrosée de crème, la dorade en croûte de sel et sa sauce vierge (moules, crevettes grises, bigorneaux, bulots), la sole à la granvillaise accompagnée de moules et de bouquets, la coquille Saint-Jacques à la crème. Une spécialité du quartier insulaire de Chausey lui est aussi attachée : la sauce verte de Chausey. Le samedi, un marché se tient en centre-ville permettant d’acheter des produits locaux. Enfin, le lycée hôtelier Maurice Marland de Granville garantit la transmission du savoir-faire de la cuisine normande.

Patois granvillais[modifier | modifier le code]

Au-delà du patois normand, il existe un patois du pays granvillais avec ses expressions. On peut citer pour exemple « achitrer » qui signifie « asséner un coup de poing »[94].

Granville dans les arts et la culture[modifier | modifier le code]

Granville est le sujet de plusieurs toiles dont Bateaux à Granville peint en 1889 par Maurice Denis[95], Les brisants à la pointe de Granville peint vers 1852 par Paul Huet et conservé au musée du Louvre[96], Plage de Granville peint en 1863par Eugène Isabey[97].

Mythes et légendes[modifier | modifier le code]

  • Les îles Chausey seraient une ancienne partie de la Forêt de Scissy, ancien lieu de culte païen, qui couvrait toute la baie et qui aurait disparu en 709 sous les flots.
  • Selon une croyance populaire, les îles Chausey se composeraient de 52 îles à marée haute et 365 à marée basse, comme le nombre de semaines et de jours comptés dans une année.
Vue sur la Manche depuis la haute ville de Granville (sentier du littoral)

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2011.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc. et la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gentilé sur le site habitants.fr Consulté le 18/05/2008.
  2. a, b et c Répertoire géographique des communes 2013 (site de l'IGN, téléchargement du 19 mars 2014)
  3. Données d’érosion de la côte entre 1994 et 2006
  4. Dossier spécial destinations de vacances dans Le Nouvel Observateur du 29 juin 2006
  5. (fr) « Climatologie mensuelle à Granville - Cap Lihou », sur infoclimat.fr (consulté le 18 août 2009)
  6. « La Manche libre.fr - Granville : un service de transports urbain en 2014 » (consulté le 19 décembre 2012)
  7. Fiche du QPV de l’Agora sur le site de la mission interministérielle à la Ville.
  8. a, b, c et d François de Beaurepaire, Les noms des communes et anciennes paroisses de la Manche, éditions Picard 1986. p. 127.
  9. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Librairie Guénégaud, Paris, 1989 (ISBN 2-85023-076-6), p. 329.
  10. Ibidem.
  11. Ernest NègreToponymie générale de la France, Volume 1, Droz, p. 1424.
  12. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Presses Universitaires de Caen, 1996 (ISBN 2-905461-80-2), p. 138.
  13. a et b Notice communale sur la base de données Cassini. Consulté le 26/02/2009.
  14. Chronologie Granvillaise
  15. « Histoire de Granville », Mairie de Granville (consulté le 21/06/2007)
  16. Jean-François Miniac, Les Nouvelles Affaires criminelles de la Manche, de Borée,‎ 2012
  17. Mourir pour la Liberté, récit du combat de Maurice Marland sur le site du lycée hôtelier de Granville, Académie de Caen
  18. Chroniques de la Seconde Guerre mondiale, page 611, sous la direction de Jacques Legrand, éditions Chronique, novembre 1990.
  19. Notice communale de Saint-Nicolas-près-Granville sur le site Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui de l'EHESS, consulté le 25 juillet 2012.
  20. Archive vidéo de la visite de Georges Pompidou à Granville sur le site de l’INA
  21. Répartition de la population par nationalités sur le site de l’Insee. Consulté le 02/04/2009.
  22. a et b Fiche de synthèse démographique sur le site de la mission interministérielle à la Ville. Consulté le 06/04/2008.
  23. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  24. Pyramide des âges à Granville en 2007 sur le site de l’Insee. Consulté le 04/07/2010.
  25. Pyramide des âges de la Manche en 2007 sur le site de l’Insee. Consulté le 04/07/2010.
  26. « Élections municipales et communautaires 2014 - MANCHE (50) - Granville », sur elections.interieur.gouv.fr, ministère de l'Intérieur (consulté le 26 mai 2014)
  27. a, b et c « Granville (50400) - Municipales 2014 », sur elections.ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 26 mai 2014)
  28. Granville sur le site de l’Insee. Consulté le 19/09/2009.
  29. Comptes municipaux de Granville sur la base Alize du ministère des Finances. Consulté le 29/04/2009.
  30. Analyse financière de la commune sur la base Alize du ministère des Finances. Consulté le 29/04/2009.
  31. Dette communale sur la base Alize du ministère des Finances. Consulté le 29/04/2009.
  32. Taux de taxes sur le site taxe.com Consulté le 29/04/2009.
  33. Journal municipal no 69 octobre 2007 Consulté le 29/12/2007
  34. Liste des maires de Granville
  35. Résultats de l’élection présidentielle 2002 sur le site du Ministère de l’Intérieur.
  36. Résultats de l’élection présidentielle 2007 sur le site du Ministère de l’Intérieur.
  37. Résultats de l’élection présidentielle 2012 sur le site du ministère de l’Intérieur.
  38. Résultats de l’élection législative 2002 sur le site du ministère de l’Intérieur.
  39. Résultats de l’élection législative 2007 sur le site du Ministère de l’Intérieur.
  40. Résultats de l’élection législative 2012 sur le site du Ministère de l’Intérieur. Consulté le 28/06/2012.
  41. Résultats de l’élection européenne 2004 sur le site du ministère de l’Intérieur.
  42. Résultats de l’élection européenne 2009 sur le site du ministère de l’Intérieur.
  43. Résultats de l’élection régionale 2004 sur le site du Ministère de l’Intérieur
  44. Résultats de l’élection régionale 2010 sur le site du Ministère de l’Intérieur. Consulté le 22/03/2010.
  45. Résultats élection cantonale 2008 sur le site du Ministère de l’Intérieur. Consulté le 17/03/2008.
  46. Résultats de l’élection municipale de 2001 sur le site de Ouest France (1er tour)
  47. Résultats de l’élection municipale 2008 sur le site du ministère de l’Intérieur. Consulté le 17/03/2008.
  48. Résultats du référendum 2000 sur le site politiquemania.com Consulté le 09/05/2009.
  49. Résultats du référendum 2005 sur le site du Ministère de l’Intérieur.
  50. Site officiel de l’institution Sévigné.
  51. Données du Centre Hospitalier Avranches-Granville
  52. Article sur la fermeture de la maternité de Granville
  53. Statistiques maternité de Granville
  54. Annuaire des médecins granvillais sur le site du Conseil de l’Ordre
  55. Annuaire des Chirurgiens-dentistes
  56. Annuaire des pharmacies sur le site du Conseil de l’Ordre
  57. Coordonnées de l'agence postale de Granville Centre sur le site officiel de La Poste. Consulté le 13/11/2010.
  58. Coordonnées de l'agence postale de Granville Saint-Nicolas sur le site officiel de La Poste. Consulté le 13/11/2010.
  59. Annuaire des avocats sur le site du Conseil national des barreaux
  60. Annuaire des huissiers sur le site de la Chambre Nationale
  61. Base de la Sécurité civile de Granville sur le site de la préfecture maritime
  62. Fiche du jumelage avec Rivière-du-Loup sur l'atlas de la coopération décentralisée du ministère français des Affaires étrangères. Consulté le 06/06/2010.
  63. « Grand Départ du Tour de France 2016 : la Manche, première ! », sur Letour.fr,‎ 9 décembre 2014 (consulté le 9 décembre 2014)
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  67. Rapport statistique national sur le site de l’Insee. Consulté le 05/07/2009.
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  71. Liste des stations classées sur le site du ministère de l’Économie et des Finances. Consulté le 02/11/2008.
  72. Liste des établissements labelisés Qualité Tourisme en Basse-Normandie
  73. Rapport d’analyse touristique de la Manche
  74. Liste des sites inscrits au titre de la protection du département de la Manche
  75. Source : Villes et Villages Fleuris
  76. Natura 2000 à Granville
  77. La fiche des îles Chausey sur le site de Natura 2000
  78. Chausey sur le site du Conservatoire du Littoral
  79. « Fiche de Notre-Dame de Granville », base Mérimée, ministère français de la Culture
  80. « Fiche de l’enceinte de la Haute-Ville », base Mérimée, ministère français de la Culture
  81. « Fiche de la caserne de Granville », base Mérimée, ministère français de la Culture
  82. « Fiche du château de Grainville », base Mérimée, ministère français de la Culture
  83. « Fiche du manoir Saint-Nicolas », base Mérimée, ministère français de la Culture
  84. « Fiche du casino de Granville », base Mérimée, ministère français de la Culture
  85. « Trois phares classés Monuments historiques », Ouest-France, 25 juillet 2009[réf. insuffisante]
  86. Fiche de la tour Le Charme de Granville sur la base Emporis. Consulté le 23/08/2010.
  87. « Granville vise le label », Ouest-France.fr, 7 février 2009
  88. « Patrimoine », Site de la mairie de Granville (consulté le 21/06/2007)
  89. Site officiel du Carnaval de Granville.
  90. « Musée Dior : « Dandysmes » jusqu'au 21 septembre », sur www.granville.maville.com, Ouest-France (consulté le 11 avril 2014)
  91. Gaso, la banque du blason.
  92. Liste des blasons de parrainage des locomotives SNCF
  93. Histoire du blason de Granville sur le site de la commune.
  94. Louis Du Bois, Glossaire du patois normand.
  95. « Notice no 01610000009 », base Joconde, ministère français de la Culture. Consulté le 22/08/2010.
  96. « Notice no 000PE001501 », base Joconde, ministère français de la Culture. Consulté le 22/08/2010.
  97. « Notice no 00000065878 », base Joconde, ministère français de la Culture. Consulté le 22/08/2010.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Mordal, Hold up naval à Granville. Nuit du 8 au 9 mars 1945, France-Empire,‎ 1964
  • Rémy Villand, L'activité du port de Granville en 1619, Saint-Lô, Société d'archéologie de la Manche,‎ 1984
  • Pierre Cardot, Le clergé de Granville et des environs sous la Révolution,‎ 1990
    Illustrations originales par Ernest Cocar
  • M. Guidelou, Histoire de Granville, Lorisse,‎ 1990 (ISBN 9782877605069)
  • Michel Hébert et Maurice Ernouf, Granville, Joué-lès-Tours, Alan Sutton,‎ 1995
  • Emmanuel Hollande, Les ports de plaisance de Granville et de Barneville-Carteret : Mémoire de maîtrise, Université de Caen,‎ 1997
  • Édouard Marie dit Naour et Georges Fleury, Le Port de Granville : la vie des marins-pecheurs de 1930 à nos jours, Granville, Édouard Marie,‎ 1998
  • Isabelle Bordes et Jean-Michel Leligny, Pêcheurs à Granville : de la morue à la praire, Pays de Normandie,‎ janvier 2000
  • Claude Hurel, Curiosités linguistiques au Pays de Granville, Revue de l'Avranchin et du Pays de Granville,‎ décembre 2000
  • Antoine Reffuveille, La flotte corsaire de Granville pendant la guerre d'Indépendance américaine : 1778-1783,‎ 2001
  • Robert Sinsoilliez, Le siège de Granville, Saint-Lô, Société d'archéologie et d'histoire de la Manche,‎ 2001
  • Elizabeth Noël Le Coutour, Le Merle Blanc de la Monaco du Nord : Biographie de Richard Anacréon, L'Harmattan,‎ 2001 (ISBN 9782296003880)
  • Jacques Bougeard, Jean-Louis Goëlau et Jean-Marc Santier, Granville Mémoires de Carnaval, Eurocibles,‎ juin 2003
  • Jean-Louis Goëlau, Granville Ville de garnison, Eurocibles,‎ mars 2007
  • Edmond Thin, Granville, Citadelle de la Mer, Orep,‎ 2007 (ISBN 9782915762433)
  • Jean-Marc Santier, Granville 70 ans de fêtes et de sports, Patrimoines Médias,‎ 2010
  • Anne Cahierre, Dictionnaire des capitaines corsaires granvillais, Archives départementales de la manche,‎ 2009