Franciscus de le Boë

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Sylvius et sa femme par Frans Mieris l’Ancien.

Franz de le Boë, dit Franciscus Sylvius (Hanau, 15 mars 1614 - Leyde 16 novembre 1672) est un médecin anatomiste, chimiste et physiologiste d'origine allemande mais qui vécu aux Pays-Bas. Adepte des théories de Descartes, de Van Helmont et de William Harvey, il fut l’un des premiers aux Pays-Bas à soutenir la théorie de la circulation sanguine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d’une famille aisée originaire de Cambrai, « Sylvius » est une traduction latinisée de « de le Boë ». Quoique né en Allemagne, Sylvius a exercé et est mort aux Pays-Bas. Il étudia la médecine à l’Académie protestante de Sedan et, à partir de 1632-1634, à l’université de Leyde sous Conrad Vorstius et Otto Heurnius. En 1634, il soutint, sous la présidence de Vorstius, un débat intitulé Positiones variae medicae, dans lequel il défendait la thèse selon laquelle il devrait y avoir une circulation pulmonaire. Après avoir effectué un voyage d’étude à Iéna et Wittenberg, il obtint son titre en soutenant, le 16 mars 1637, une thèse intitulée De animali motu ejusque laesionibus à l’université de Bâle, sous la présidence d’Emmanuel Stupanus[1],[2]. Après avoir pratiqué la médecine dans sa ville natale d’Hanau, il revint, en 1639, à Leyde pour donner des conférences. C’est à cette période qu’il devint célèbre pour ses démonstrations sur la circulation. À partir de 1641, il entretint une pratique lucrative médicale à Amsterdam, où il rencontra Glauber, qui l’initia à la chimie. On peut considérer que Sylvius est l’un des pionniers de la chimie clinique moderne. Estimant que les processus chimiques jouaient un rôle important dans le corps humain, il en déduisait que l’étude de ces processus pouvait contribuer à la qualité du diagnostic et du traitement, point de vue très sujet à controverse à cette époque. Même si bien des collègues scientifiques critiquaient ses idées, il fut néanmoins nommé, en 1658, professeur de médecine à l’université de Leyde avec 1 800 florins d’appointements, ce qui représentait le double du salaire habituel. Il réunit autour de lui une équipe de chercheurs, parmi lesquels Reinier de Graaf et Jan Swammerdam. Il fut vice-chancelier de l’université en 1669-1670.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Gravure de J. Voort Kamp publiée en 1641 qui a contribué à faire donner le nom de Sylvius au sillon latéral.

En 1669, Sylvius fonda, à l’université de Leyde, le premier laboratoire universitaire de chimie en Europe[3] et rendit cette université mondialement connue par son enseignement de la iatrochimie (littéralement : « chimie du docteur »), selon laquelle tous les processus pathologiques et vitaux sont fondés sur des actions chimiques. Cette école de pensée tentait de comprendre la médecine en termes de règles universelles de physique et de chimie. Son enthousiasme attira de nombreux étudiants de nombreux pays. Les plus célèbres furent Burchard de Volder, Jan Swammerdam, Reinier de Graaf et Niels Stensen.

Sylvius fut le premier à établir un lien direct entre les nodules pulmonaires chez les patients tuberculeux et la maladie elle-même. Il étudia également l’influence des sels sur la digestion en introduisant le concept d’affinité chimique comme moyen de comprendre la façon dont le corps humain utilise les sels. Il a ainsi grandement contribué à la compréhension de la digestion et des fluides corporels.

Sylvius a a étudié la structure du cerveau et décrit le mince tube entre le troisième ventricule et le quatrième ventricule du cerveau, que l’on appelle maintenant « aqueduc de Sylvius » lequel se situe dans la « scissure de Sylvius » dont Caspar Bartholin lui attribue la paternité de la découverte dans son Casp. Bartolini Institutiones Anatomicae de 1641[4] Cependant, comme Caspar Bartholin est mort en 1629 et que Sylvius n’a commencé à pratiquer la médecine qu’en 1632, on a soutenu que les termes décrivant la scissure de Sylvius étaient dues soit à son fils Thomas Bartholin, voire à Sylvius Franciscus lui-même[4]. Dans son propre Disputationem Medicarum, Sylvius décrit, en 1663, sous son propre nom la scissure latérale : « Particulièrement remarquable est la profonde fissure ou scissure qui commence à la racine des yeux (oculorum radices) […] il va de l’arrière au-dessus des temples jusqu’aux racines du tronc cérébral (medulla radices). [...] Il divise le cerveau en une section supérieure, plus grande, et une inférieure, plus petite[4] ». Il aurait également décrit l'artère sylvienne aux alentours de 1645[5].

Série de timbres de la poste néerlandaise de 1937 où figure Sylvius.

La sylvine, dont il conseillait l’usage en gastro-entérologie, est également nommée d’après lui[6].

On affirme que Sylvius a été le premier à distiller du genièvre, sans que cela puisse être établi avec certitude. De toute manière, il était expert dans la composition de potions médicinales et en aurait baptisé l’une d’entre elles vers 1650 « genièvre » (en français dans le texte) comme précurseur de la boisson actuelle le Gin[7],[8]. En ce XVIIe siècle de peintres très chers et très appréciés, il possédait également une collection de 190 tableaux, neuf de Mieris l’Ancien et onze de Gérard Dou[9].

L’ouvrage le plus important qu’il ait publié est son Praxeos med Praxeos medicae idea nova icae idea nova (Idée nouvelle en pratique médicale, 1671).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Chrétien-Ferdinand Hoefer, Histoire de la chimie depuis les temps les plus reculés jusqu’à notre époque, Paris, Hachette,‎ 1843 (OCLC 14166162, lire en ligne), p. 222.
  2. (en) John M. S. Pearce, Neurological Eponyms, New York, Oxford University Press,‎ 2000 (ISBN 0-19-513366-8, OCLC 42969585, lire en ligne), p. 51.
  3. Le bâtiment dans lequel sont situés une grande partie des facultés de chimie et de sciences naturelles de l’université de Leyde porte le nom de « laboratoire Sylvius » pour cette raison.
  4. a, b et c La préface note que « Nous pouvons tous mesurer la noblesse et le talent du cerveau de Sylvius par la merveilleuse, nouvelle structure du cerveau » Et : « Dans les nouvelles images du cerveau, le graveur a suivi la conception et le scalpel le plus approfondi de Sylvius Franciscus, à qui nous devons, dans cette partie, tout ce que le cerveau a de plus, ou le plus merveilleux. » M. Collice, R Collice, A. Riva, « Who discovered the sylvian fissure ? », Neurosurgery, no 63(4), p. 623-8 DOI:10.1227/01.NEU.0000327693.86093.3F PMID 18981875
  5. (en) Jacob Edward Schmidt, Medical discoveries : who and when, Charle C Thomas,‎ 1959 (ISBN 978-1258422950, lire en ligne), p. 35
  6. (en) « Webmineral » (consulté le 5 octobre 2011).
  7. (en) « Origins of Gin », Bluecoat American Dry Gin (consulté le 5 avril 2009).
  8. (en) « Gin », tasteoftx.com (consulté le 5 avril 2009).
  9. (nl) Eric J. Sluijter, Marlies Enklaar, Paul Nieuwenhuizen, Leidse fijnschilders: van Gerrit Dou tot Frans Mieris de Jonge, 1630-1760, Zwolle, Waanders, 1988, 269 p.

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