Józef Rotblat

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Joseph Rotblat

Józef Rotblat (né le 4 novembre 1908 à Łódź en Pologne et décédé le 31 août 2005), était un physicien polonais. Il est le seul scientifique à avoir quitté le projet Manhattan avant la destruction d'Hiroshima en août 1945. Dans le but de sensibiliser l'humanité aux dangers de la bombe atomique, il a créé le Mouvement Pugwash, pour lequel il fut récompensé par le prix Nobel de la paix 1995.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il étudie la physique et obtient un doctorat de l'université de Varsovie en 1938. L’année suivante, il accepte une proposition de James Chadwick (1891-1974), le découvreur du neutron, de travailler à l’université de Liverpool où un cyclotron vient d’être construit. Il décide de rester à Liverpool et d’y faire venir sa femme Tola, mais celle-ci, malade, repousse son départ, une décision fatale, car l’invasion de la Pologne par l’armée allemande l’en empêchera par la suite, et Tola Rotblat décèdera dans un camp de concentration.

Rotblat prend conscience que les récentes observations sur la fission nucléaire rendent possible la fabrication d’une bombe, et obtient de Chadwick l’autorisation de travailler sur ce sujet, avec de faibles moyens, à Liverpool. En juin 1942, Roosevelt et Churchill conviennent d’un programme conjoint entre les États-Unis et la Grande-Bretagne pour la fabrication d’une bombe atomique : c’est le projet Manhattan, mené dans la ville nouvelle de Los Alamos (Nouveau-Mexique). Resté polonais, Rotblat n’est recruté pour le projet Manhattan qu’au début de 1944, sur l’intervention de Chadwick, et après un entretien avec le général Leslie R. Groves, responsable du projet. À la fin de l’année 1944, Rotblat est informé par Niels Bohr et James Chadwick que les Allemands, de leur côté, ont abandonné tout projet de fabrication d’une bombe atomique. En outre, les propos que tient en privé Leslie R. Groves lui ouvrent les yeux sur le fait que le projet Manhattan vise surtout à établir la prééminence des États-Unis sur son rival pressenti pour l’après-guerre : l’Union soviétique. Dès lors, Rotblat décide de quitter Los Alamos et de regagner Londres, ce qui ne se fera pas sans difficultés, car il est soupçonné d’espionnage au profit de l’Union soviétique.

Rotblat parvient à retourner en Angleterre et obtient la nationalité britannique en 1946. Il est professeur de physique à l'Université de Londres de 1949 à 1976.

Le 9 juillet 1955, il tient avec Bertrand Russell une conférence qui a pour objectif d’attirer l’attention sur le manifeste appelé « le manifeste Russell-Einstein ». Ce manifeste, signé par onze physiciens dont neuf prix Nobel (on relève les noms d’Albert Einstein, Frédéric Joliot-Curie, Hideki Yukawa, Max Born et Linus Pauling) met en garde contre les dangers de la course aux armements, et vise à mettre en place un programme de désarmement nucléaire. Un industriel milliardaire canadien, Cyrus Eaton, propose de financer une conférence internationale sur ce sujet, à la condition que celle-ci se tienne dans la petite ville de Nouvelle-Écosse où il a sa résidence : Pugwash. En juillet 1957, à la suite de la crise du canal de Suez, la conférence réunit 22 des plus hautes sommités concernées par les armes nucléaires, dont 3 prix Nobel. C’est de début du mouvement Pugwash, basé à Londres, dont Rotblat sera le secrétaire général pendant 14 ans, avant d’en devenir, en 1988, le président.

Il est membre du comité de parrainage de la Coordination internationale pour la décennie de la culture de non-violence et de paix (2001-2010).

En 1965, il est nommé Commandeur de l’Empire britannique, titre qui sera suivi de plusieurs autres titres honorifiques de différents pays (Pologne, Tchécoslovaquie, Bulgarie, Allemagne, France). En 2003, il est professeur invité au Conservatoire national des arts et métiers.

Il décède à Londres le 31 août 2005, à l’âge de 96 ans.

Il a été membre de la fondation PeaceJam.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Susan Landau – Joseph Rotblat : the road less traveled. In Bulletin of the atomic Scientists. Vol. 52. n°1. pp. 46-54.
  • Sciences et Avenir, octobre 2005
  • Portraits Parlés : entretien et portrait de Joseph Rotblat par Ariane Laroux, éditions de l'Âge d'homme (2006)



[1]Long métrage documentaire réalisé par Éric Bednarski relatant la vie de Joseph Rotblat.