Léon Blum

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Léon Blum
Léon Blum, au congrès socialiste de 1927.
Léon Blum, au congrès socialiste de 1927.
Fonctions
Président du Gouvernement provisoire de la République française
et Affaires étrangères
(127e chef du gouvernement)
16 décembre 194616 janvier 1947
Président Vincent Auriol (président de l'Assemblée)
Gouvernement Blum III
Législature Ire législature de la Quatrième République
Prédécesseur Georges Bidault
Successeur Vincent Auriol (Président de la République)
Paul Ramadier (Président du Conseil)
105e & 107e président du Conseil des ministres français
(117e et 119echef du gouvernement)
4 juin 193629 juin 1937
Président Albert Lebrun
Gouvernement Blum I
Législature XVIe législature
Prédécesseur Albert Sarraut
Successeur Camille Chautemps
13 mars 193810 avril 1938
Président Albert Lebrun
Gouvernement Blum II
Législature XVIe législature
Prédécesseur Camille Chautemps
Successeur Édouard Daladier
Vice-président du Conseil des ministres
29 juin 193718 janvier 1938
Président Albert Lebrun
Gouvernement Camille Chautemps
Prédécesseur Édouard Daladier
Successeur Édouard Daladier
Vice-président du Conseil des ministres
26 juillet 19485 septembre 1948
Président Vincent Auriol
Gouvernement André Marie
Successeur André Marie
Biographie
Date de naissance 9 avril 1872
Lieu de naissance Paris (France)
Date de décès 30 mars 1950 (à 77 ans)
Lieu de décès Jouy-en-Josas (France)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique SFIO, SFIO
Conjoint 1896-1931 Lise Blum
(née Bloch, † 1931)

1932-1938 Thérèse Blum
(née Pereyra, † 1938)

1943-1950 Jeanne Blum
(née Levilliers-Humbert, † 1982)
Enfant(s) Robert (1902)
Profession Écrivain
Haut fonctionnaire
Religion Juif agnostique

Léon André Blum, né le 9 avril 1872 à Paris, dans le 2e arrondissement, et décédé le 30 mars 1950, à Jouy-en-Josas, est un homme d'État français et une figure du socialisme.

Blum fut l'un des dirigeants de la section française de l'Internationale ouvrière (SFIO, parti socialiste), et président du Conseil des ministres, c'est-à-dire chef du gouvernement français, à deux reprises, de 1936 à 1937, puis de mars à avril 1938.

Il a marqué l'histoire politique française pour avoir refusé l'adhésion à la Troisième Internationale communiste en 1920, et pour avoir été le président du Conseil des ministres du Front populaire en 1936. Il a refusé d'aider militairement les républicains espagnols (pendant la guerre civile en Espagne), ce qui a entraîné le retrait des communistes du Front Populaire (qui était composé à la base du Parti communiste, de la SFIO, des radicaux et de Divers gauche). En juin 1937, Léon Blum démissionne une première fois du poste de président du Conseil. Il retrouve ses fonctions de chef du gouvernement, brièvement, du 13 mars au 10 avril 1938. Lors de l'occupation de la France par les armées du Troisième Reich, il est emprisonné par le régime de Vichy, traduit en justice lors d'une parodie de procès, puis déporté à Buchenwald.

Chef du Gouvernement provisoire de la République française de décembre 1946 à janvier 1947, son cabinet sera chargé de mettre sur les rails les institutions de la IVe République.

Ses réformes auront représenté de grandes avancées sociales (congés payés, femmes au gouvernement, réduction du temps de travail, etc.), et il est considéré, encore aujourd'hui, comme l'une des grandes figures du socialisme français.

Naissance, études et progression politique[modifier | modifier le code]

Les parents de Léon Blum se sont mariés dans le 1er arrondissement de Paris le 4 mars 1869[1]. Son père, Abraham Blum, né à Westhoffen en Alsace le 22 juillet 1831, tient un commerce prospère de rubans et de soieries. Sa mère, Adèle Marie Alice Picart, est née à Paris, dans l'ancien 6e arrondissement, le 7 novembre 1841.

Léon André Blum[2] est né le 9 avril 1872 au 243 rue Saint-Denis à Paris (2e arrondissement)[3]. Élève de différentes pensions (pensions Roux, rue d'Aboukir ; Pignerol, puis Kahn, rue des Francs-Bourgeois), des lycées Charlemagne puis Henri-IV, où il rencontre l'écrivain André Gide[4], il publie ses premiers poèmes à l'âge de 17 ans dans un journal créé avec celui-ci. Bachelier en 1889, année où il obtient le second prix au concours général de philosophie, il est admis en juillet 1890 à l'École normale supérieure23e sur 25 — où il est influencé par Lucien Herr. Mais il se désintéresse des cours et est exclu de l'ENS à la fin de sa première année, ayant échoué à l'examen de la licence (un échec entraînait alors l'exclusion de l'École). Il hésite alors entre le droit et la littérature et entreprend finalement les deux à l'université de Paris, en visant une carrière de fonctionnaire. Il fut licencié en lettres en 1891 et en droit en 1894[5].

Léon Blum est reçu à sa deuxième présentation du concours du Conseil d'État[4] à l'âge de 23 ans et nommé auditeur au Conseil d'État en décembre 1895[5]. Il y fait une brillante carrière de près de 25 ans, seulement interrompue par ses fonctions de chef de cabinet de Marcel Sembat, ministre socialiste des Travaux publics en 1914 dans le Cabinet Viviani. Il a été commissaire du gouvernement dans des affaires célèbres jugées par le Conseil, comme l'arrêt « Granits porphyroïdes des Vosges » de 1912, « Époux Lemonnier » de 1918 ou encore « Compagnie générale française des tramways » de 1910, qui ont contribué à forger la jurisprudence administrative.

Ses rapports avec la religion[modifier | modifier le code]

Agnostique, il respectait la religion juive de sa mère, il se sentait juif et français, et, par la suite, s'engagea dans beaucoup de mouvements sionistes après la guerre. Pour une grande partie de la population juive, Blum était un homme politique comme les autres. En revanche, une autre partie de cette population voyait d'un mauvais œil son accession au pouvoir et craignait notamment une poussée de l'antisémitisme.

Blum souffrit très tôt de l'antisémitisme. Il en était déjà victime en tant que critique littéraire. Mais l'antisémitisme le frappa de plus belle dès le moment où il fut élu à la Chambre et où ses discours au Parlement commencèrent à remporter un immense succès. Il fut ainsi la cible de nombreuses attaques dans les quotidiens d'extrême droite. Par exemple, Léon Daudet se déchaîne contre cet « hybride ethnique et hermaphrodite » dans L'Action française du 2 septembre 1933.

Blum, critique littéraire[modifier | modifier le code]

Léon Blum, au début du XXe siècle, écrivit des critiques de livres et pièces de théâtre. Ses chroniques données à la Revue Blanche où il collabore à partir de 1892[6], établissent sa réputation dans le milieu littéraire parisien. Le metteur en scène et professeur Jean-Laurent Cochet estime, pour sa part, qu'il est « le critique le plus intelligent de son époque ». Il côtoie les auteurs de l'époque (Anna de Noailles par exemple) et fait partie de la vie parisienne (se battant même en duel en 1912 pour une critique avec Pierre Veber, l'auteur de Une Loge pour Faust et ce duel fut filmé). Il se prononce pour la liberté amoureuse avant le mariage dans son ouvrage Du mariage (1907).

Voici, en exemple, la critique du Veilleur de nuit de Sacha Guitry, par Léon Blum en 1911 (date de création de la pièce) :

« Le Veilleur de nuit est une des meilleures comédies de Sacha Guitry. Elle a de la gaîté, de l'esprit, de l'exubérance, de l'émotion, de l'ironie. Beaucoup d'intelligence. Elle a la désinvolture et l'audacieuse assurance de la jeunesse. Il y a du comique, et même du bouffon, et une facilité soudaine à envisager les choses sous leur aspect sérieux et quasi mélancolique. Sacha Guitry a de l'aplomb, mais il n'a pas de toupet. Il n'est jamais effrayé, jamais arrêté par les sujets qu'il aborde, par les types qu'il entrevoit, par les mots qui lui viennent à l'esprit. Et cette liberté n'est jamais affectée ni cynique ; même si on a pu évoquer à son propos le grand nom d'Henry Becque. René Benjamin a très joliment dit de lui qu'il était notre Molière. »

Son entrée en politique[modifier | modifier le code]

Léon Blum
Portrait par Félix Vallotton
paru dans La Revue blanche en 1900.

Léon Blum se lance réellement en politique durant l'affaire Dreyfus de 1894 à 1906, y jouant un rôle actif dans la coordination des « intellectuels », ce qui provoqua sa rupture avec Maurice Barrès, qu'il considérait jusqu'alors comme son maître en littérature et surtout, sa rencontre avec Jean Jaurès en 1897. Dès lors, son action militante à la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) commence vraiment. C'est en compagnie de Jaurès qu'il participe à la fondation de L'Humanité en 1904.

Si Jaurès laisse à Blum un grand héritage idéologique, ce n'est pas tant la mort de celui-ci que le début de la Première Guerre mondiale qui pousse Léon Blum à entrer en politique. C'est en effet en août 1914 qu'il devient chef de cabinet du socialiste Marcel Sembat dans le cadre de l'Union Sacrée, après avoir été réformé pour cause de myopie. Le conseiller d'État y apprend le quotidien de l'action gouvernementale. Il quitte le cabinet avec la démission de Sembat en décembre 1916 et retourne travailler au Conseil d'État.

Blum ne cessa pas de soutenir l'effort de guerre et la politique de l'Union sacrée. Et même si le parti socialiste français était divisé sur la question de la guerre, Blum restait convaincu qu'il s'agissait de la bonne option. Toutefois, en s'opposant aux pacifistes, il ne s'identifiait pas pour autant à l'aile droite du parti.

Le dirigeant socialiste[modifier | modifier le code]

Les élections législatives de 1919[modifier | modifier le code]

Ce n'est qu'un peu avant les élections législatives de 1919 que Léon Blum accède au cercle dirigeant de la SFIO. Lors du congrès d'avril 1919, Blum tente de préserver les acquis démocratiques et républicains de Jaurès et d'insuffler aux socialistes une approche progressive de la révolution dans les domaines sociaux, économiques et politiques[7]. C'est grâce à lui que le parti socialiste conserve une apparence d'unité lors de ces élections. La droite l'emporta néanmoins. Blum est élu pour la première fois député de la Seine ; il démissionne alors du Conseil d'État. Il devient ensuite secrétaire, puis président du groupe parlementaire socialiste. Député de la Seine de 1919 à 1928 - dans la circonscription Charonne - Père Lachaise de Paris[8] - et de l'Aude de 1929 à 1940, circonscription de Narbonne.

La scission du congrès de Tours[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Congrès de Tours (SFIO).

Lors du congrès de Tours de 1920, Blum refusa de suivre la majorité en faveur de l'adhésion à la Troisième Internationale. Il prononça à cette occasion un discours resté célèbre, qu'il conclut ainsi :

« Nous sommes convaincus, jusqu’au fond de nous-mêmes, que, pendant que vous irez courir l’aventure, il faut que quelqu’un reste garder la vieille maison. [...] Dans cette heure qui, pour nous tous, est une heure d’anxiété tragique, n’ajoutons pas encore cela à notre douleur et à nos craintes. Sachons nous abstenir des mots qui blessent, qui déchirent, des actes qui lèsent, de tout ce qui serait déchirement fratricide. Je vous dis cela parce que c’est sans doute la dernière fois que je m’adresse à beaucoup d’entre vous et parce qu’il faut pourtant que cela soit dit. Les uns et les autres, même séparés, restons des socialistes ; malgré tout, restons des frères qu’aura séparés une querelle cruelle, mais une querelle de famille, et qu’un foyer commun pourra encore réunir[9]. »

Blum montre une réelle divergence vis-à-vis des idées de Lénine, de Staline et du bolchevisme. Selon des propos relatés par Jean Lacouture dans la biographie consacrée à Léon Blum, celui-ci aurait dit : « Le bolchevisme s'est détaché du socialisme comme certaines hérésies se sont détachées de religions pour former des religions nouvelles... [...] C'est parce que le bolchevisme a confondu la prise du pouvoir avec la Révolution, le moyen avec la fin, qu'il oriente toute sa tactique vers cette conquête du pouvoir, sans tenir compte ni du moment, ni des circonstances, ni des conséquences, qu'aujourd'hui encore toute la volonté du gouvernements des Soviets est tendue vers la conservation du pouvoir politique absolu, bien qu'il se sache hors d'état d'en tirer la transformation sociale. » Blum se montre alors favorable aux idées de Rosa Luxemburg qui critiquait le système bolchevique du fait de son absence d'institutions démocratiques.

Avant le Front populaire[modifier | modifier le code]

Après l'épisode du congrès de Tours, Blum n'exclut pas des ententes préélectorales avec les radicaux, la SFIO soutenant d'ailleurs en 1924 le gouvernement radical d'Édouard Herriot sans y participer[10]. La SFIO connut des fortunes électorales variables durant les années 1920, mais ne pâtit pas de la division avec le parti communiste. Blum est cependant battu aux élections législatives de 1928 dans le département de la Seine par Jacques Duclos et il doit attendre une élection partielle en 1929, à Narbonne, pour retrouver le Parlement grâce à l'appel de la fédération de l'Aude dirigée par Eugène Montel.

Au début des années 1930, la France entra dans la crise économique. C'est aussi à ce moment, après la défaite de la droite parlementaire en 1932, que l'extrême droite prit un nouvel essor. Celle-ci était constituée d'organisations diverses, formées au début des années 1920, qui avaient de nombreux points communs, comme la dénonciation du régime parlementaire[11].

Parmi les socialistes, deux grandes tendances se dessinaient sur le plan international pour lutter contre le fascisme. D'une part une frange plus à droite, incarnée par les Britanniques, les Scandinaves, les Tchèques et les Polonais qui voulaient adapter le socialisme aux classes moyennes ; et d'autre part une tendance de gauche incarnée par l'Italie, la Suisse, la France et la Belgique qui proposait « une tactique révolutionnaire de lutte prolétarienne pour la conquête du pouvoir […] ». Blum préconisait aussi d'insister sur les intérêts communs des classes moyennes avec les classes ouvrières.

Début juin 1934, des contacts se nouèrent entre la SFIO et le PCF, les négociations avancèrent vite grâce à des concessions mutuelles (le PCF étant poussé dans certains cas par l'IC). Pour la première fois depuis la scission de Tours, ils sont liés par un engagement politique mutuel. L'accord conclu le 27 juillet n'avait pas de finalité électorale directe, mais était orienté vers l'action. Durant les élections cantonales d'octobre 1934, le désistement réciproque accepté pour la première fois fit progresser les deux partis alors que les radicaux régressaient.

En 1935, notamment au moment de la signature de l'alliance franco-soviétique, les tensions entre les tenants d'une guerre antifasciste et ceux qui attachaient une importance primordiale à la paix s'intensifièrent encore.

L'homme d’État[modifier | modifier le code]

Le Front populaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Front populaire (France).

C'est le dirigeant communiste Maurice Thorez qui, par des articles dans L'Humanité, appela à la formation d'un large « Front populaire » (citant Eugen Fried, représentant de l'IC en France), après que l'ancien leader communiste et futur collaborationniste Jacques Doriot l'eut lui aussi proposé deux années auparavant (le projet avait alors été rejeté par Moscou et Doriot exclu du PCF). Thorez présenta d'ailleurs son projet quelques semaines plus tard devant la Chambre des députés. Il proposa aussi d'associer à ce Front populaire les radicaux, qui étaient à l'époque liés à la droite et le parti le mieux représenté à la Chambre.

Les accords du Front populaire permirent la victoire aux Élections législatives françaises d'avril/mai 1936 et débouchèrent sur le premier gouvernement à dominante socialiste de la IIIe République. Blum devint président du Conseil à partir du mois de juin. Il «ne se chargeait d'aucune responsabilité particulière pour se consacrer tout entier à la direction du gouvernement». Le gouvernement était alors composé seulement de socialistes et de radicaux, les communistes le soutenant de l'extérieur. Ce gouvernement de Front populaire fut aussi le premier à comprendre des femmes, alors qu'à cette époque elles n'avaient pas encore en France le droit de voter.

Les raisons de la victoire du Front populaire sont multiples : crise économique, montée d'Adolf Hitler (p.e. Remilitarisation de la Rhénanie le 7 mars 1936), scandales financiers, instabilité du gouvernement de la [[législature de 1932, existence des ligues d'extrême droite, armées et de plus en plus nombreuses, émeutes du 6 février 1934. Tous ces éléments ont participé à son émergence.

Les résultats donnant le Front populaire vainqueur aux élections donnèrent beaucoup d'espoir au sein du prolétariat, qui déclencha une grève générale spontanée. Le socialiste Marceau Pivert (1895-1958) exhorta Blum à prendre le pouvoir immédiatement, en se basant sur cette mobilisation populaire et sans attendre la passation de pouvoir officielle. Mais Blum préféra attendre et présente son premier gouvernement à l'Assemblée nationale le 6 juin 1936[12]. Ces grèves obligèrent néanmoins le patronat à négocier avec les salariés et leurs syndicats, et à accorder des congés payés et une baisse du temps de travail. Les Accords de Matignon étaient signés dans la nuit du 7 au 8 juin 1936.

Dans la guerre d'Espagne, Léon Blum fut empêché d'intervenir ouvertement par l'opposition des radicaux et du Royaume-Uni, principal allié de la France, sans oublier l'activisme de l'extrême droite et d'une partie de la droite. Il dut choisir, contre l'avis des communistes, la non-intervention. Il y eut cependant une aide clandestine, organisée par Pierre Cot et Jules Moch. On peut noter que les rapports avec l'Italie furent beaucoup plus difficiles qu'avec l'Allemagne (→Relations entre la France et l'Italie).

Sur le plan intérieur, le gouvernement Blum parvint à résoudre la crise sociale. Mais dès l'été 1936, il dut faire face à diverses difficultés, parmi lesquelles la dévaluation du franc français à cause de la situation monétaire et la politique financière en général, qui transformèrent l'inquiétude de la droite en opposition résolue.

Les calomnies de l'extrême droite visaient toutes les personnalités du Front populaire. Elles eurent notamment pour conséquence le suicide du ministre de l'Intérieur Roger Salengro, proche ami de Léon Blum. L'arrivée de Blum au pouvoir s'accompagna également d'une vague d'antisémitisme d'une très grande ampleur. Il fut haï et injurié comme rarement ce fut le cas dans une vie politique française, pourtant de tous temps agitée. Charles Maurras écrit dans L'Action française du 15 mai 1936 : « C'est en tant que juif qu'il faut voir, concevoir, entendre, combattre et abattre le Blum. Ce dernier verbe paraîtra un peu fort de café : je me hâte d'ajouter qu'il ne faudra abattre physiquement Blum que le jour où sa politique nous aura amené la guerre impie qu'il rêve contre nos compagnons d'armes italiens. Ce jour-là, il est vrai, il ne faudra pas le manquer. » Et Pierre Gaxotte dans Candide du 7 avril 1938 : « Il [Blum] incarne tout ce qui nous révulse le sang et nous donne la chair de poule. Il est le mal, il est la mort. »

Dans la presse française se formèrent deux camps bien distincts, d'une part les partisans du Front populaire (L'Humanité, Le Populaire, L'Œuvre, Vendredi, Marianne, etc.), d'autre part les opposants (L'Action française, L'Écho de Paris, L'Ami du peuple, Le Jour, Candide, Gringoire, Je suis partout, etc.). Entre ces deux positions, très peu de journaux ou d'hebdomadaires jouèrent la carte de la neutralité. La presse allant dans le sens du Front populaire était largement plus faible que la presse d'opposition, et l'une comme l'autre contribuèrent à l'échec du gouvernement de Front populaire. C'est dans la presse étrangère, notamment anglo-saxonne, que parurent les analyses les plus objectives.

Blum remit sa démission en juin 1937 et fut remplacé par un gouvernement radical. En mars 1938, il forma son deuxième gouvernement avec la participation de Pierre Mendès France comme sous-secrétaire d'État au Trésor, mais il fut renversé 3 semaines plus tard par le Sénat. La défaite définitive du Front populaire eut lieu en septembre-décembre 1938 avec l'arrivée au pouvoir d'Édouard Daladier.

Le bilan du Front populaire est mitigé, mais cette brève expérience permit tout de même un nombre important d'avancées dans de nombreux domaines, en particulier dans le domaine social : congés payés (obtenus à la suite de grèves, mais ils figuraient déjà dans la profession de foi de Jean-Baptiste Lebas, futur ministre du Travail[13]), semaine de quarante heures, établissement des conventions collectives, prolongement de la scolarité à 14 ans, etc. La relance des dépenses d'armement, priorité absolue devant les dépenses sociales, est également à mettre à son crédit. Le 25 septembre 1936, Blum signe avec Londres et Washington un accord monétaire plaçant la valeur du franc entre 43 et 49 milligrammes d'or contre 65,5 milligrammes précédemment[14].

Blum face à la conférence de Munich[modifier | modifier le code]

Lors de la signature des accords de Munich (fin septembre 1938), Léon Blum n'exerçait aucune fonction gouvernementale. Il était président du groupe SFIO à la Chambre des députés et principal éditorialiste du journal Le Populaire. Son attitude a longtemps été controversée : il est tantôt qualifié de munichois, tantôt (le plus souvent) d'antimunichois. Il apparaît aujourd'hui comme acquis qu'étant intimement opposé aux accords, il a cédé à l'ivresse générale qui s'est alors emparée de l'opinion publique ainsi que de l'écrasante majorité de la classe politique (dont son propre parti), et les a finalement approuvés publiquement le jour de leur signature ainsi que dans les quelques jours suivants. Néanmoins, peu de temps après, il se ravise et plus rien n'entrave ses positions de fermeté face aux fascismes, et dans la poursuite de son combat pour le réarmement de la France, au prix de la division de son propre parti[6].

Citations :

  • 8 septembre : avant la signature, pendant les négociations : « il n'est pas possible que la souveraineté et l'indépendance de la Tchécoslovaquie lui soient maintenant arrachées lambeau par lambeau. […] Ce qui est en cause, c'est le sort de l'Europe, le sort de la liberté en Europe, Grande-Bretagne et France comprises[15] »
  • 20 septembre, à l'approche de la conférence : « la guerre est probablement écartée. Mais […] je n'en puis éprouver de joie et me sens partagé entre un sentiment de lâche soulagement et de honte[15] »
  • 29 septembre, jour de la réunion de la conférence : « on commettrait une grave erreur si on contrariait en quoi que ce soit cet espoir et cette joie, car ils sont en eux-mêmes une puissance de paix et une chance de paix »[16] ; le 1er octobre, lendemain de la signature, il fait part de son « sentiment de délivrance[16] »
  • le 5 octobre (5 jours après la signature des accords), dans un éditorial, et à l'encontre de l'opinion dominante : « je demande un effort de surarmement plus intense et plus hâtif[16] »

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Procès de Riom.

Blum condamna l'attitude du PCF face au pacte germano-soviétique, attitude qui provoqua le départ d'un certain nombre de communistes qui se tournèrent vers la SFIO, avec l'aval de Léon Blum, mais contre l'avis d'autres socialistes. Léon Blum se mit aussi à dos une partie des socialistes en particulier Paul Faure à cause de ses positions non pacifistes.

Lors du vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain (10 juillet 1940), Léon Blum fit partie des quatre-vingts parlementaires de l'Assemblée nationale qui votèrent contre, mais il ne prit pas la parole[17]. La peur de Laval, Mers-el-Kébir et le pacifisme peuvent en partie expliquer que la quasi-totalité des 569 élus présents aient voté les pleins pouvoirs, mais Léon Blum est extrêmement affecté de la désaffection de nombre de siens : « [...] D'un autre côté, Léon Blum ne pouvait qu'être frappé par le fait que des centristes, chrétiens ou conservateurs, aient résisté et voté contre le projet Laval »[18].

La Cour suprême de justice fut instituée par Pétain en juillet 1940 pour rechercher les responsables politiques de la guerre. Un grand nombre d'hommes politiques furent condamnés. Blum s'en indigna. Réfugié à Colomiers chez son ami Eugène Montel, il y reçoit une invitation à partir aux États-Unis de Roosevelt, y rencontre de nombreux socialistes (Jules Moch, Vincent Auriol, Daniel Mayer…), y entend l'Appel du 18 juin mais il y est arrêté le 15 septembre 1940, interné au château de Chazeron, puis à Bourassol. Ces lieux de détention devinrent le lieu de ralliement des socialistes résistants, comme Jean Pierre-Bloch, Félix Gouin son avocat ou André Philip. L'ancien chef de gouvernement se tint consciencieusement au courant de la situation et exhorta ses camarades à résister.

Il fut traduit devant la cour de Riom mais sa défense, et celle de Daladier, fut si efficace et si courageuse que le procès fut suspendu sine die. Au-delà de Blum ou Daladier, ce sont les présidents du Conseil et les membres du Front populaire qui étaient visés. Vichy leur reprochait notamment d'être responsables de la défaite en ayant empêché le réarmement de la France par la mise en place de réformes sociales. Blum démontra avec brio que le réarmement ne fut jamais aussi intense que sous le Front populaire, au contraire des gouvernements l'ayant précédé, dont un qui avait eu pour ministre de la guerre le maréchal Pétain.

Blum fut transféré au fort du Portalet, puis livré par Pierre Laval aux Allemands et déporté en mars 1943 dans une petite maison forestière à Buchenwald séparée de quelques centaines de mètres du camp. Ses conditions de détention étaient plus acceptables que celles du camp, et il put s'y remarier avec Jeanne. Son frère René Blum, fondateur du Ballet de l'Opéra à Monte-Carlo, est mort à Auschwitz.

Durant sa détention, il entretint une importante correspondance et commença à écrire un ouvrage de réflexions qu'il termina en décembre 1944 et qui fut publié après la guerre sous le titre À l'échelle humaine.

L'après-guerre[modifier | modifier le code]

Le 24 avril 1945, Léon Blum et sa femme sont emmenés dans un convoi de plus de 130 prisonniers et le 28 avril 1945, ils se retrouvèrent dans un hôtel à Niederdorf en Tyrol du Sud, où, le 30 avril, ils aperçurent les premiers soldats américains[19].

Refusant un poste de ministre proposé par de Gaulle, il reprit ses articles quotidiens dans le journal Le Populaire.

Il fut chef de la délégation française, puis président de la conférence constitutive de l'Unesco, après avoir négocié l'annulation des dettes de guerre de la France auprès des États-Unis : les accords Blum-Byrnes de mai 1946 autorisèrent par la même occasion la diffusion des films américains dans les salles de cinéma françaises, introduisant une composante de l’American way of life dans la culture de masse à la française.

Après l'élection, le 11 novembre 1946, d'une nouvelle assemblée nationale, son président, Vincent Auriol, qui exerce en fait les fonctions de chef de l'État, sollicite Léon Blum le 12 décembre pour diriger le dernier Gouvernement provisoire de la République française, du 16 décembre 1946 au 16 janvier 1947 (C'est le gouvernement dit de la Saint-Sylvestre, premier (et unique) gouvernement uniquement composé de socialistes). Pendant cette période de transition Blum fait progresser les négociations avec les travaillistes anglais pour aboutir au traité d'alliance franco-britannique de Dunkerque du 4 mars 1947, première pierre d'une stratégie européenne de défense.

Il se retira ensuite dans sa maison de Jouy-en-Josas près de Versailles où il mourut le 30 mars 1950 d'un infarctus à l'âge de 77 ans. Il resta directeur politique du Populaire jusqu'à sa mort. Il dénonça notamment le danger que constituait selon lui le RPF pour le régime parlementaire.

Un constant avocat de la cause sioniste[modifier | modifier le code]

Léon Blum a été, tout au long de sa vie politique, notamment avec son ami et collaborateur André Blumel, un sympathisant actif du sionisme, n'y voyant « aucun heurt possible dans sa triple qualité de Socialiste, de Français et de Juif[20]. » Léon Blum lui-même a prononcé ce vibrant acte de foi : « Juif français, né en France d’une longue suite d’aïeux français, ne parlant que la langue de mon pays, nourri principalement de sa culture, m’étant refusé à le quitter à l’heure même où j’y courais le plus de dangers, je participe cependant à l’effort admirable miraculeusement transporté du plan du rêve au plan de la réalité historique, qui assure désormais une patrie digne, également libre à tous les Juifs qui n’ont pas eu comme moi la bonne fortune de la trouver dans leur pays natal […]. Je m’en suis toujours senti fier et j’en suis plus que jamais solidaire[21]. »

Dès 1919, il intervient pour infléchir la position diplomatique française sur le "Foyer National Juif" autorisé en Palestine par les autorités anglaises[21]. En 1928, en coopération avec de grands dirigeants inspirés comme Arthur Rubinstein et Edouard Bernstein, il a créé le "Comité Socialiste pour la Palestine"[21]. En 1929, il entre à l'Agence Juive pour la Palestine, comme représentant de la Gauche non-sioniste[22] et exalte, devant le congrès de Zurich de cette organisation, l'esprit de peuple juif[23]. En hommage à sa contribution à la cause sioniste, un kibboutz de Galilée fondé en 1943, est baptisé « Kfar Blum » (le village de Blum)[24].

Après 1945, il est, dans ses fonctions politiques et gouvernementales, un artisan actif de la reconnaissance d'Israël sur le plan international. Proche de Chaim Weizmann[25], premier président d'Israël, il participe à la construction de l'étroite alliance diplomatique, économique, militaire et technologique qui unit la France de la IVe République et l'État hébreu.

Décorations[modifier | modifier le code]

Léon Blum dans l'Histoire[modifier | modifier le code]

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L'héritage historique de Léon Blum est contrasté : brillant intellectuel, ayant marqué de son empreinte le Droit Administratif, auteur d'essais littéraires à succès, issu de la grande bourgeoisie mais sensible à la misère des classes populaires que l'on retrouve dans l’œuvre du Front Populaire, il n'a pas vu le danger que représentait Hitler. Au sujet de celui-ci, Léon Blum déclarait à la fin de l'année 1932 : « Hitler, c'est fini ! »[réf. nécessaire] ; néanmoins avec l'arrivée des Nazis au pouvoir en Allemagne en 1933, Léon Blum conçut l'alliance de forces de gauche contre le fascisme[réf. nécessaire], bientôt appelée Front populaire. D'autre part, en février 1936, alors qu'il était nullement aux responsabilités, informé par l'ambassadeur de France à Berlin, François-Poncet, du projet d'Hitler d'occuper la Rhénanie, en tant que chef de la coalition qui pouvait gagner les élections prévues pour le 26 avril, il refuse d'envisager une action militaire de la France et ne perçoit pas le bouleversement géopolitique que cette occupation représente en annihilant le réseau d'alliances avec la Tchécoslovaquie et la Pologne ; il s'oppose ensuite avec l'État Major et la majorité de la droite française à la stratégie des divisions blindées[27], proposées par le colonel de Gaulle et Paul Reynaud adoptée pourtant par la Wehrmacht et reste très attaché au régime parlementaire français, qui fonctionnait très mal et refuse les modifications constitutionnelles proposées par André Tardieu qu'il qualifie de "néo-boulangisme". À la tête du Front populaire, il lance un vaste plan de réarmement contre les dictatures, jugé par les historiens à la fois insuffisant et supérieur à ceux des gouvernements Flandin ou Laval.

Lucide et impuissant après la défaite de mai-juin 1940, il s'efforce d'empêcher, sans succès, la majorité des parlementaires socialistes de voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain dont il perçoit la dérive autoritaire. Enfin, en 1943, il fait parvenir une lettre au président Roosevelt par laquelle il se porte garant des options démocratiques du général de Gaulle.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Après la mort de sa première compagne Lise Bloch, épousée en 1896, décédée en 1931 dont il a eu un enfant, Robert (1902-1975), Léon Blum se marie à celle qui sera sa deuxième femme, Thérèse née Pereyra en 1932. Elle meurt en 1938, Léon Blum vit alors dès 1940, avec Jeanne Reichenbach, une amie de longue date. Née Jeanne Levylier, celle-ci a d'abord épousé l’avocat Henry Torrès (dont elle a eu deux enfants, Jean et Georges), puis l’industriel Henri Reichenbach, fondateur des magasins Prisunic. Deux fois divorcée, celle-ci épouse Léon Blum en 1943 à Buchenwald. Jeanne Léon-Blum se suicidera en 1982[28].

Sources[modifier | modifier le code]

Les papiers personnels de Léon Blum sont conservés aux Archives nationales sous la cote 570AP[29]

Œuvres de Léon Blum[modifier | modifier le code]

  • Nouvelles conversations de Goethe avec Eckermann, 1901
  • Du mariage, 1907 (évoqué par André Gide dans Corydon)
  • Stendhal et le beylisme, 1914
  • Bolchévisme et socialisme, Librairie populaire, 1927.
  • Contre Apion, de Flavius Josèphe, texte établi et annoté par Théodore Reinach et traduit par Léon Blum, Paris, Les Belles Lettres, 1930.
  • Souvenirs sur l'Affaire, Paris, Gallimard, coll. "Folio Histoire", 1935.(ISBN 2070327523)
  • La Réforme gouvernementale, 1936.
  • Pour être socialiste.
  • À l'échelle humaine, 1945, Paris, Gallimard; éd. poche, Paris, Gallimard, 1971, coll. "Idées".
  • L'Histoire jugera, Montréal, Éditions de l'Arbre, 1943.
  • Le Dernier mois, Diderot, 1946.
  • Révolution socialiste ou révolution directoriale ?, Spartacus, 1947.
  • Discours politiques, 1997.

Hommages[modifier | modifier le code]

mémorial Léon Blum au kibboutz Kfar Blum

Blum dans la fiction[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Une amitié espagnole, Ilan Greilsammer, Grasset, 2010

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Registre d'état civil du 1er arrondissement de Paris, mariages, année 1869, Archives de Paris.
  2. Le patronyme Blum vient de l'allemand Blume : « fleur ». Nom porté par des Juifs originaires d'Allemagne ou d'Alsace. Sa valeur symbolique est évidente. On émet parfois l'hypothèse d'un autre symbole : le nom d'origine serait dans ce cas Bluma, doublon de l'espagnol paloma : « colombe ». De nombreux noms de familles sont formés à partir de Blum(e), notamment Blumenfeld (« champ de fleurs ») ou Blumenstein (« rocher fleuri »). On trouve aussi des variantes du patronyme avec la même signification : Blume, Bluem (Sources : Généanet.org/onomastique).
  3. Extrait du registre d'état civil du 2e arrondissement de Paris (1872) : Du onze avril mil huit cent soixante douze, à midi. Acte de naissance de André Léon, du sexe masculin, né avant hier matin à onze heures, rue Saint-Denis 243, à nous présenté ; fils de Abraham Blum, négociant, âgé de quarante et un ans, et de Adèle Marie Alice Picart, son épouse, âgée de trente ans, domiciliés susdite maison. Le tout en présence de Ernest Wormus, négociant, âgé de trente quatre ans, demeurant rue Saint-Denis 243 ; et de Célestin Lévy, négociant, âgé de quarante et un ans, demeurant même maison. Sur la déclaration faite à Nous, adjoint au maire, officier de l'état civil par le père présent qui a signé avec les témoins et Nous après lecture. Signé : Célestin Lévy, Wormus, A. Blum, Roger-Dhostel. (Archives de Paris).
  4. a et b Joël Colton, Léon Blum, Éditions Arthème Fayard,‎ 1967
  5. a et b Louis Bodin, Jean Touchard, Front Populaire, 1936, Librairie Armand Colin,‎ 1972
  6. a et b Ilan Greilsammer, Blum, Flammarion,‎ 1996
  7. Philippe Bauchard, Léon Blum, Le pouvoir pour quoi faire, Librairie Arthaud,‎ 1976
  8. « Léon Blum, député de l'Aude de 1929 à 1940 », sur Jean-Claude Perez, Confidences publiques (consulté le 30 décembre 2010)
  9. Compte rendu sténographique du 18e congrès national du Parti socialiste SFIO tenu à Tours, les 25, 26, 27, 28, 29 et 30 décembre 1920, publié en 1921 et republié en brochure à plusieurs reprises par la SFIO. In la Revue L'OURS « Pour la vieille maison »
  10. Éric Agrikociansky, Les partis politiques en France au XXe siècle, Librairie Armand Colin,‎ 2000
  11. Serge Wolikow, Le Front populaire en France, Éditions Complexe,‎ 1996
  12. http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/Leon_Blum.asp
  13. Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, éditions de l'Atelier, article « Lebas (Jean-Baptiste) ».
  14. Alfred Colling, La Prodigieuse histoire de la Bourse, Paris, Société d'éditions économiques et financières,‎ 1949, p. 385
  15. a et b cité dans Jean Lacouture, Léon Blum, édition du Seuil, 1977
  16. a, b et c cité dans Ilan Greilsammer, Blum, Flammarion, 1996
  17. in J. Lacouture, L. Blum, p. 458
  18. in Ilan Greilsammer, Blum - Grandes Biographies - Flammarion.
  19. Peter Koblank: Die Befreiung der Sonder- und Sippenhäftlinge in Südtirol. (fr.: La Libération des Prisonniers… en Tyrol du Sud)
  20. la formule est de Roland Schwob, dans un article consacré à "Léon Blum, un Juif", paru dans le Bulletin de nos Communautés, bulletin ancêtre de Tribune Juive article .
  21. a, b et c Cf. article « Léon Blum » de Lazare Landau (1993) (lire en ligne)
  22. « Non sioniste » est un vocable qui distingue les juifs partisans du sionisme qui n'avaient pas fait le choix du « retour » en Palestine, mais travaillaient au sein des structures institutionnelles de leur nation d'appartenance (la France et la Gauche française dans le cas de Léon Blum).
  23. source R. Schwob, cité ci-dessus
  24. décision qui a reçu l'accord de L. Blum lui-même. Lazare Landau, « Léon Blum », sur Site du Judaïsme d'Alsace et de Lorraine (consulté le 30 décembre 2010)
  25. Cf. notamment cet article publié par l'Union des Étudiants Juifs de France, Sionisme et socialisme : nous nous sommes tant aimés
  26. Base Leonore
  27. "Pour aider de Gaulle, ignoré des centres de décision, à faire avancer ses idées dans tous les courants politiques, Mayer lui organise un rendez-vous avec le socialiste Léon Blum. Sans effet puisque Blum expose aussitôt dans les colonnes du Populaire la crainte que lui inspirent les théories de De Gaulle" p94 du livre "De Gaulle et l'Eglise, Charles le Catholique" de Gérard Bardy, édité chez Plon
  28. "Je vous promets de revenir : 1940-1945, le dernier combat de Léon Blum" de Dominique Missika, éditions Robert Laffont, Paris, avril 2009 ; 324 pages + cahier photographique de 8 pages.
  29. Voir la notice dans la salle des inventaires virtuelle des Archives nationales

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Biographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Lacouture, Léon Blum, Paris, Le Seuil, 1977, rééd. Paris, Le Seuil, collection « Points », 1979.
  • Ilan Greilsammer, Blum, Paris, Flammarion, 1996.
  • Serge Berstein :
    • Léon Blum, Paris, Fayard, 2006.
    • « Léon Blum, un intellectuel en politique », in Histoire@Politique, no 5, Presses de Sciences Po, 2/2008, [lire en ligne].
  • Philippe Bauchard, Léon Blum, Le pouvoir pour quoi faire, Paris, Arthaud, 1976.
  • Joël Colton, Léon Blum, Paris, Arthème Fayard, coll. « Marabout Université »,‎ 1967
  • André Donneur, « Léon Blum et les leaders austromarxistes de l’internationale » in Liliane Perrein (ed.), Léon Blum, socialiste européen, Bruxelles, Complexe, 1995.
  • Georges Ferré, Blum, un Parisien dans les vignes, Éd. Loubatières.
  • Benoît Yvert (dir.), Premiers ministres et présidents du Conseil. Histoire et dictionnaire raisonné des chefs du gouvernement en France (1815-2007), Paris, Perrin, 2007.

La politique de Léon Blum[modifier | modifier le code]

  • Robert Frank, Le Prix du réarmement français. 1935-1939 (thèse de doctorat), Paris, Publications de la Sorbonne, 1982.
  • Jean-Michel Gaillard, Les 40 jours de Blum, Paris, Perrin, 2001.
  • Jules Moch, Rencontres avec Léon Blum, Paris, Plon, 1970 ; Le Front populaire, grande espérance, Paris, Perrin, 1971.
  • Pierre Renouvin et René Rémond (dir.), Léon Blum, chef de gouvernement. 1936-1937. Actes du colloque, Paris, Armand Colin, 1967.
  • Nicolas Roussellier, « La culture économique de Léon Blum : entre libéralisme juridique et socialisme », in Histoire@Politique, no 16, Presses de Sciences Po, 1/2012, [lire en ligne].
  • Philippe Bauchard, Léon Blum, Le pouvoir pour quoi faire, Paris, Arthaud, 1976.
  • Danielle Tartakowsky, Le Front populaire : la vie est à nous, Paris, Gallimard, 1996.
  • Michel Winock (dir.), Les Années trente. De la crise à la guerre, Paris, Le Seuil, coll. "Points", 1990.
  • Gilbert Ziebura, Léon Blum et le Parti socialiste, Paris, Presses de la Fondation Nationale des Sciences Politiques, 1967.

Le Front Populaire[modifier | modifier le code]

  • Louis Bodin, Jean Touchard, Front Populaire, 1936, Paris, Armand Colin, 1972.
  • Guy Bourdé, La défaite du Front Populaire, Paris, Maspero, coll. "Bibliothèque socialiste", 1977.
  • Jean-Paul Brunet, Histoire du Front populaire (1934-1938), Paris, PUF, 1991.
  • Jean-Pierre Rioux, Révolutionnaires du Front populaire, Paris, UGE, coll. "10-18", 1973.
  • Serge Wolikow, Le Front populaire en France, Bruxelles, Complexe, 1996.

Autres[modifier | modifier le code]

  • Éric Agrikociansky, Les partis politiques en France au 20e siècle, Paris, Armand Colin, 2000.
  • Pierre Birnbaum, Un mythe politique : « La République juive » de Léon Blum à Pierre Mendès France, Paris, Fayard, 1988.
  • Damon Mayaffre, Le poids des mots. Le discours de gauche et de droite dans l'entre-deux guerres. Maurice Thorez, Léon Blum, Pierre-André Flandin et André Tardieu (1928-1939), Paris, Honoré Champion, 2000, p. 166-219 et p. 483-544.
  • René Rémond, La République souveraine, Paris, Fayard, 2002.
  • Olivier Wieviorka, Les orphelins de la République, Paris, Le Seuil, 2001.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Chronologies[modifier | modifier le code]